Frederic Cavazza s'exprime sur l'évolution de la Télévision sur Plateautele

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Frederic Cavazza travaille dans les métiers du web depuis plus de 15 ans.  Consultant et conférencier, ce passionné du web partage ses réflexions sur son célèbre blog. Il est également l'auteur du livre qui vient de paraitre Social Business  - "Comment définir une stratégie viable pour votre marque sur les médias sociaux".

En 2009,  vous parliez de la télévision comme d’un: "gros boitier moche qui trône au milieu du salon et qui n'évolue pas depuis 20 ans. Êtes-vous satisfait aujourd'hui de son évolution ?

Il y a eu une évolution esthétique (écran plus fin et plus grand) mais d’un point de vu fonctionnel cela n’a pas évolué d’un pouce. Concrètement on reste sur un terminal de consultation de flux audio et vidéo passif. Aujourd’hui toute l’innovation vient essentiellement des box (service interactivité et autre). Mis à part la TNT qui rajoute quelques chaines, nous avons toujours le même fonctionnement. Après ça il y a vraiment eu des innovations à la marge avec HBBTV. Mais aujourd’hui qui possède un téléviseur qui supporte cette technologie ? Le parc installé aujourd’hui est vraiment très faible.

Vous reprochez donc essentiellement le manque d’évolution en terme d’ergonomie ?

Il y a un problème que l’on n’a pas réussi à résoudre. On est toujours bloqué sur la télécommande, ses 9 numéros et ses flèches. L’interface n’a pas été repensée pour les nouveaux usages. C’est très laborieux.  Même constat pour les box. Il y a  un nouveau vocabulaire ergonomique à inventer pour les commandes vocales et gestuelles notamment. Ces nouvelles pratiques ne sont pas rentrées dans les mœurs et je regrette d’autant plus qu’il n'y ait pas plus de couplages entre le Smartphone et la Télévision. Apple, Google pourrait peut être y remédier, je pense par exemple à la petite Appletv ou le Chromecast. Est-ce que c’est l’absence de nouveaux services qui brident l’arrivée de nouvelles ergonomies ou le contraire ? Je ne sais pas.

 Quelles sont tes perspectives pour la TV de demain ?

Je pense qu’il faut abolir la grille des programmes. Il y a  un acronyme dans le web qui est actuellement  ATAWAD qui veut dire « Any time Any where Any device ». Cet acronyme va accompagner la télévision. Le téléspectateur veut avoir ses contenus n’importe où n’importe quand. Ce qui veut dire qu’une chaîne de télévision va passer de diffuseur à créateur de contenus, la simple diffusion va être déléguée à d autres. Ce qui implique une réduction de la marge de manœuvre de la TV. En tout cas il va y avoir une espèce de ménage à trois (téléspectateur, diffuseur et le créateur de contenu). Mélanger de la vidéo avec de la donnée c’est un objectif essentiel. C’est par exemple ce qu’on a vu pour Roland Garros avec la technologie HBBTV. On avait une page web qui s’ouvrait qui nous permettait d’accéder à des informations supplémentaires comme des statistiques sur le nombre de médailles ou  rajouter de la donnée, des services, pouvoir voir des ralentis et ainsi de suite. Pour les évènements sportifs cela fonctionne très bien.  Il faut arriver à mélanger du flux audiovisuel et de la data. Pour de l'information aussi cela peut fonctionner, même pour des séries. Il faut proposer une expérience enrichie avec des contenus et des services. Cela peut fonctionner avec la télé-réalité. Il y a plein de choses à envisager, à imaginer.

Qu’en est-il de l’appropriation des médias sociaux par les chaines de télévision ?

Je trouve qu’il y a eu une bonne réactivité, aucune chaîne s’est laissé distancer dans ce domaine. Toutes ont su s'approprier les médias sociaux comme support de rediffusion, donc se servir de Facebook et Twitter pour donner une seconde vie au programme Tv ou pour créer des communautés en ligne souvent très actives. Il y a  des programmes qui permettent de créer des interactions assez fortes. Les séries Tv et les émissions de télé-réalité sont de très bon leviers. Les médias sociaux sont en l'occurrence des relais de visibilité qui fonctionnent très bien. Tout le monde s’en accommode très bien, même la ménagère de moins de 50 ans qui s'est habituée à voir des hashtags.

Parles-nous des réflexions que tu as voulu apporter avec ton livre "Social Business"

J’ai voulu expliquer ce que sont les médias sociaux et apporter des éléments de compréhension aux annonceurs, marques, institutions, pour pouvoir passer aux prochaines étapes. Cela fait 5-7 ans que les médias sociaux sont installés en France et on a vu pas mal d'expérimentations. Aujourd'hui, il est plus que temps de sortir de l’époque artisanale et de passer à une échelle industrielle. Ce qui veut dire qu'il faut de nouvelles organisations, implémenter de nouveaux outils, faire évoluer les processus, faire évoluer les mentalités.

Et un mot sur les annonceurs ?

Comment est ce que les annonceurs peuvent arriver à marier télévision et médias sociaux ? Certains ont réussi à relier les deux de manière assez efficace par le passé, je pense notamment aux applications de Second Screen. Après il y a une dimension technique non négligeable car il faut développer l'application et synchroniser les deux, mais aujourd'hui tout cela se généralise et se simplifie. Par exemple aux US on a des offres synchronisées qui sont tout à fait intéressantes et qui commencent par ailleurs à arriver en France. En fonction du comportement des internautes, on va déduire qu'un individu, internaute est friand de telle ou telle émission. On pourra ainsi le surveiller aux heures ou l'émission passe tout en recueillant des indications sur son profil. Et s'il est devant l'émission à cette heure là, on pourra placer à ce moment là des campagnes et bannières publicitaires qui seront synchronisées. Concrètement on sait qui est le téléspectateur, ce qui l'intéresse et on est capable de "pusher" quelques secondes après un point d'intérêt qui aura lieu devant son écran. C'est un vrai miracle technologique.

Ces technologies sont accessibles et changent beaucoup la donne. C'est vraiment une grosse révolution par rapport aux campagnes "à l'aveugle" qu'on faisait auparavant. On diffusait un message à 2 millions de personnes en croisant les doigts et en espérant que ce soit les bonnes cibles. Là, on saura dire "oui, c'est la bonne cible". D'un point de vue commercial c'est très intéressant.

Pour en savoir plus sur "Social Business"

Merci à Frederic Cavazza qui inaugure ce jour une série d'interviews sur le blog de FTVEN "Plateautele" #guestplateautele

@FredCavazza

 

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