Heureux qui comme Ulysse...

Voilà, ce Vendée globe s’achève, et ce blog de pensées vagabondes, se referme avec lui. Vous avez été nombreux, bien plus que je n’aurais osé l’imaginer, à venir partager ces quelques réflexions. Vous m’avez souvent encouragé, parfois morigéné ; mais vous savoir à l’autre bout du clavier aura été une magnifique expérience.
De ce Vendée Globe, on retiendra bien sûr le bonheur de Michel Desjoyeaux, le courage de Yann Eliès, la folie joyeuse de Samantha Davis, la guigne de Roland Jourdain ou l’élégance de Vincent Riou. Il faudrait les citer tous. Nous avons eu notre lot d’images, de frayeurs, et de découvertes. Eux, les trente, sont allés au bout de leur rêve, même si tous n’ont pu rallier le port. Mais aboutie ou inachevée, une telle aventure leur a offert ce petit supplément d’âme qu’ils étaient, sans doute, venus chercher.
Pour nous accompagner tout au long de ce voyage immobile, j’en ai appelé aux mânes de Jules Vernes, d’Aristote, de Kipling, d’Homère, de Corneille ou d’André Gide. On peut naviguer en plus mauvaise compagnie. Alors, juste avant de poser le point final, c’est à celui qui fut autant un aventurier qu’un immense conteur que je vais laisser le mot de la fin. Il s’appelait Mark Twain et n’était pas marin ; mais nul doute que s’il avait connu les femmes et les hommes du Vendée Globe, c’est aussi pour eux, qu’il aurait écrit ces quelques mots :
« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait… »
Rendez vous dans quatre ans.
Lionel Cort
P.S. Un grand merci à Catherine, infatigable pourfendeuse de fautes, solécismes, tautologies, syllogismes, et autres barbarismes. Elle a su pallier avec indulgence et bonne humeur, tous mes manquements envers messieurs Bescherelle, Littré, Robert, et bien sûr, l’irremplaçable Monsieur Larousse.
22/02/09 :: Ma première catégorie :: un commentaire
D’un côté, un homme seul sur son bateau. De l’autre, des dizaines de milliers de passionnés venus lui témoigner leur admiration. La tête d’abord cachée sous sa capuche, comme une ultime protection, Michel Desjoyeaux s’est lentement dirigé vers la foule, le sourire
Pour tout dire, on serait le Sort, on ne serait pas très fier. Car s’en prendre ainsi à l’impeccable Roland Jourdain relève d’une malveillance coupable…
Ce qu’est en train de faire
Depuis près de trois mois, ils ont tout affronté, tout surmonté. Ils ne sont plus que douze et on pourrait les imaginer, épuisés, usés, plus enclins à rêver de repos qu’à jouir du moment présent. Mais les images qu’ils nous envoient disent tout autre chose. Il faudrait presque couper le son et
Ils sont tous, ou presque, sur le chemin du retour. Un moment ambiguë, ambivalent, où se mêlent souvent des sentiments contradictoires. Rentrer, c’est bien sûr, revoir ceux que l’on aime. C’est avoir réussi à achever son périple, à boucler sa boucle. Mais c’est aussi la tristesse d’assister à la fin d’une belle histoire, dont on a écrit chacun des chapitres
La mer est un univers peuplé de symboles. Dans toutes les civilisations elle est la matière primordiale, celle d’où a jailli la vie. Cela est vrai chez les Grecs, les Hindous ou les Celtes qui furent de sacrés navigateurs. Symboles aussi, les navires, les voyages et le vent.
Hoorn est une coquette petite cité hollandaise, située sur une presqu’ile, non loin d’Amsterdam. Le climat y est frais mais paisible ; loin, très loin des déchaînements météorologiques de ce Cap Horn auquel elle a pourtant donné son nom.
C’est la tradition, lorsqu’une année tire sa révérence, et qu’une autre