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La neurobiologie de la méditation


J'avais fait état de cet article il y a plus d'un an.
Ayant mis à profit une fouille domestique, j'ai retrouvé la revue et ai PDFié la chose
Cerveau & Psycho n°13, jan-fév 06, pp. 46-49 (3.7 Mo)
... et aussi http://www.dalailama.com/news.112.htm

Le meilleur des Mondes en marche

SAN FRANCISCO - Larry Page, co-fondateur de Google a une théorie : votre ADN comporterait quelques 600 Méga-octets compressés, ce qui en fait un système d'exploitation de taille bien plus réduite qu'un système d'exploitation moderne tel Linux ou Windows...

Les OGM sont ils dangereux pour la santé? L'étude qui accuse

Merci au Lévrier pour l'info.
http://video.google.fr/videoplay?docid=-1783600181213230759&q=ogm+dangereux

La désobéissance civile - Henry David Thoreau

Thoreau - La désobéissance civile

[...]
Dans la plupart des cas, il n'existe aucun libre exercice du jugement ou du sens moral ; mais ils se mettent au niveau du bois, de la terre et des pierres ; et l'on pourrait réaliser des hommes de bois qui rempliraient aussi bien cette fonction. Ils ne méritent pas plus de respect que des épouvantails ou un étron. Ils ont la même valeur que des chevaux ou des chiens. Pourtant, ce sont de tels êtres que l'on juge communément de bons citoyens.
D'autres - comme la plupart des législateurs, politiciens, juristes, ministres ou fonctionnaires - servent l'Etat surtout avec leur tête ; et, comme ils font rarement la moindre distinction morale, ils risquent tout autant de servir le Diable, sans en avoir l'intention, que Dieu. Un tout petit nombre - héros, patriotes, martyrs, réformateurs au sens fort, des hommes enfin, servent l'Etat avec leur conscience aussi et lui résistent nécessairement pour l'essentiel ; et il les traite souvent en ennemis. L'homme sage n'est utile qu'en tant qu'il reste un homme et refusera d'être de la "glaise" ou de "jouer les bouche-trous", et laissera cette mission à sa poussière :

"Je suis trop bien né pour être possédé,
Pour être un subalterne aux ordres,
Un serviteur ou instrument utile
De n'importe quel Etat souverain autour du monde."

[...]

p.14

Illuminations - Rimbaud


Nocturne vulgaire

Un souffle ouvre des brèches opéradiques dans les cloisons, brouille le pivotement des toits rongés, - disperse les limites des foyers, - éclipse les croisées. - Le long de la vigne, m'étant appuyé du pied à une gargouille, - je suis descendu dans ce carrosse dont l'époque est assez indiquée par les glaces convexes, les panneaux bombés et les sophas contournés. Corbillard de mon sommeil, isolé, maison de berger de ma niaiserie, le véhicule vire sur le gazon de la grande route effacée : et dans un défaut en haut de la glace de droite tournoient les blêmes figures lunaires, feuilles, seins ; - Un vert et un bleu très foncés envahissent l'image. Dételage aux environs d'une tache de gravier.
- Ici va-t-on siffler pour l'orage, et les Sodomes, - et les Solymes, - et les bêtes féroces et les armées.
-(Postillons et bêtes de songe reprendront-ils sous les plus suffocantes futaies, pour m'enfoncer jusqu'aux yeux dans la source de soie).
- Et nous envoyer, fouettés à travers les eaux clapotantes et les boissons répandues, rouler sur l'aboi des dogues...
- Un souffle disperse les limites du foyer.

p.41

Les traces d'un cerveau "altruiste"

Les scientifiques auraient découvert une zone du cerveau spécifiquement activée lors de comportements altruistes (article en anglais)

Eloge de la folie - Erasme

Eloge de la folie -Erasme

[...]
Que ne puis-je prendre aussi une autre figure, et paraître à vos yeux sous le ciel brillant harnois d'un docteur de Sorbonne ! Mais à propos, en m'entendant dégoiser tant de théologie, n'allez pas m'accuser d'avoir pillé les écrits de nos vénérables Maîtres. Songez, je vous prie, qu'ayant une liaison si intime et si ancienne avec les théologiens, il n'est pas suprenant que j'aie attrappé un peu de leur science, puisque Priape, ce dieu en bois de figuier, remarqua et retint quelques mots grecs qu'il avait entendu lire à son maître, et que le coq de Lucien, que vous connaissez sans doute, à force de vivre avec les hommes, apprit à parler comme eux.
Mais revenons à notre sujet, et commençons avec confiance.

Il est écrit dans le premier chapitre de l'Ecclésiaste : Le nombre de fous est infini. Or ce nombre infini comprend tous les hommes, excepté quelques-uns, et ces quelques-uns, je doute qu'on les ait jamais vus. Jérémie s'explique plus clairement encore, lorsqu'il dit, au chapitre dixième : Tous les hommes sont devenus fous à force de sagesse. Il attribue la sagesse à Dieu seul, et laisse la folie à tous les hommes. Il avait dit un peu plus haut : Que l'homme ne se glorifie pas dans sa sagesse ! - Et pourquoi ne veux-tu pas, ô bon Jérémie, que l'homme se glorifie dans sa sagesse . - C'est, répond ce prophète, parce qu'il n'en a point.
[...]

p.158

Rapport De Mission De GlobalOrgasm.org

La mission de l'orgasme global est d'effectuer le changement du champ d'énergie de la terre par l'entrée de la plus grande possible vague de l'énergie humaine. Maintenant qu'il y a deux flottes supplémentaires des USA au golfe Persique avec l'équipement anti submersible qui peut seulement servir contre l'Iran, l'heure de changer l'énergie de la terre est MAINTENANT !

Lisez plus au sujet de l'habillage de flotte ici.

L'intention est que les participants concentrent toutes les pensées pendant et après l'orgasme sur la paix. La combinaison de la grande énergie orgasmique combinée avec l'intention consciente peut avoir un effet beaucoup plus grand que des méditations et des prières en masse précédentes.

Le but est de s'ajouter un grand afflux tellement positif et concentré dans le champ d'énergie de la terre qu'il réduira les niveaux dangereux courants de l'agression et de la violence dans le monde entier.

L'orgasme global est une expérience ouverte à chacun dans le monde.

Nous espérons que les résultats s'enregistreront sur le système mondial de moniteur du projet global de conscience.

C’est le premier orgasme global synchronisé annuel pour la paix, amenant au solstice de décembre de 2012, quand le calendrier maya finit avec un nouveau commencement.

Plus ! Les femmes ont la permission de séduire des hommes. Redéfinition du féminisme Info/workshops/book www.RedefiningSeduction.com

Sur le Net aussi, l'humanité est en guerre

Récemment, quelques étudiants de première année en philosophie à Paris- I planchaient sur le sujet suivant : « La pluralité des cultures empêche-t-elle de penser l'humanité comme une? », Les réflexes n'étant plus tout à fait ce qu'ils ont pu avoir été, ce n'est ni dans le Larousse, ni dans le Robert, ni dans le Littré, que l'un d'entre eux commença par chercher la définition du mot « humanité », mais sur le Net Plus précisément sur Wikipédia.

C'est un instrument étonnant Wikipédia. Le site serait entré dans le Top 12 des plus consultés sur le Web. Son nom emprunte tant au hawaïen wiki wiki, qui signifie « rapide, informel» qu'à la racine pedia, qui renvoie à « éduquer» en grec ancien. Wikipédia est un projet d'encyclopédie libre, une sorte de coopérative du savoir, qui permet aux internautes d'écrire et de modifier les articles du site: 5 millions à ce jour, rédigés en 250 langues, dont 400 000 en français.

Notre étudiant a donc tapé « humanité », pensant y trouver les fondements d'une première vérité. A son grand dépit, il en ressortit déconcerté : l'article de l'encyclopédie libre était verrouillé. Et pour cause. Depuis le 11 novembre, celui-ci fait l'objet d'une « guerre» : plus spécifiquement une «guerre d'édition », qui fait que l'article, dans l'attente d'un consensus, ne peut être modifié. Sur Wikipédia, depuis un mois, l'humanité est donc en guerre. Là aussi, est-on tenté de dire. Le conflit est vraiment une constante du genre humain.

Les wikipédiens, qui ont développé tout un wiki­langage, appellent « guerre d'édition» la controverse entre des éditeurs qui expriment un profond désaccord sur un sujet. Comme l'édifice encyclopédique tend à « la neutralité des points de vue» et rejette tout système de validation par des experts, les critiques sur la fiabilité, l'exactitude ou la partialité des contenus fusent parfois dans les pages dites de « discussion ». Il y eut, comme ça, apprend-on, de « pitoyables guerres d'édition» sur l'intitulé de la page « endive» (préférée à « chicon»), celui consacré à la « Wallonie» (disputée à « région wallonne »), ou encore sur la nationalité de Kafka ou la loi Fillon.

Concernant l'humanité, ce sont Alceste et Idéalités, cachés derrière leurs pseudonymes, qui se sont sur plusieurs jours empoignés. Alceste voulait fusionner l'article avec« homo sapiens ». Idéalités trouvait l'approche trop biologique, insistant pour rendre sa part d'idéal et de philosophie à l'humanité. Appelé à la rescousse dans la nuit du 10 au 11 novembre, un médiateur a apporté les premiers secours pour mettre bon ordre à ce tapage nocturne. Il a « protégé» (verrouillé provisoirement l'article, en demandant aux belligérants qui venaient aux mots de respecter la wikipéthique les règles du savoir-vivre wikipédien.

Au-delà des interrogations sur la portée du savoir participatif, c'est bien ici le point innovant de la wikihumanité, qui rassemble tant différences, de pays, de cultures, de points de vue : ce corpus de procédures pour tenter de gérer les conflits, cette volonté de traiter l'avis des autres avec respect dans un esprit de non-violence. Dans cette forme de pédagogie de la paix, il y a quelque chose qui ressemble à de l'humanité et qui, dans le fond, ferait sans doute plaisir à Idéalités sans déplaire au misanthrope Alceste, à ce jour toujours non réconciliés.

Dans un article de la revue Etudes de décembre Anne Guibert-Lassalle, auteur illustrateur, regrette à juste titre que la littérature pour les moins de 12 ans, en France, n'aborde que très partiellement la complexité des guerres, dont l'examen méticuleux des causes pourrait conduire à une forme d'éducation précoce à la paix. Elle rappelle comment bien, souvent, ce sont d'abord les convictions de détenir la vérité qui déchaînent la violence. Tant il semble vrai que la pluralité des convictions, si elles ne s'expriment pas avec un esprit de tolérance, empêche assurément de vivre l'humanité comme une, avant même de pouvoir la penser.

 

Le Monde, édition du Dimanche 17- Lundi 18 décembre 2006
Jean-Michel Dumay

 

 

L'entraînement de l'esprit (et l'apprentissage de la bienveillance) - Chögyam Trungpa


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Deux activités :
une au début, une à la fin

Ce slogan propose de toujours commencer et finir la journée par le bodhichitta, sous ses deux aspects. Le matin, on se rappelle le bodhichitta et on adopte l'attitude de ne pas s'en séparer, et à la fin du jour on fait un examen de conscience. Si on ne s'est pas séparé du double bodhichitta, on se réjouit et on jure de reprendre la même attitude le lendemain, et si ce n'est pas le cas, on jure de rétablir le lien le lendemain.
Ce slogan est très simple. Dans le fond, notre vie est prise en sandwich entre notre voeu de faire passer les autres avant nous et notre engagement au double bodhichitta. En se levant le matin, ou même dès le réveil, pour bien démarrer la journée on se promet de travailler sur les deux aspects du bodhichitta et de cultiver la douceur envers soi-même et les autres. On jure de ne plus rejeter la faute sur le monde ou sur les autres et de prendre la douleur de tous les êtres sur soi, et on fait la même chose quand on se couche. De cette façon, aussi bien le sommeil que la journée qui démarre seront imprégnés de cet engagement. C'est assez évident.

p. 185

Tout l'Univers dans un atome (Science et Bouddhisme, une invitation au dialogue) - le dalaï-lama

Tout l'Univers dans un atome (Science et Bouddhisme, une invitation au dialogue) - le dalaï-lama

"Même après une discussion aussi brève, il est, je pense, évident que la méthode de la tierce personne - qui a si bien servi la science dans de nombreux domaines - est ici inappropriée. Si la science veut expliquer la conscience, et étudier sa nature, il ne faut rien de moins qu'un changement de paradigme. Que la perspective de la tierce personne, où les phénomènes sont mesurés du point de vue d'un observateur indépendant, soit intégrée à celle de la première personne. Alors entreront en ligne de compte la subjectivité et les qualités caractéristiques de l'expérience de la conscience. Ce que je suggère, c'est que la méthode d'investigation soit absolument appropriée à l'objet de l'investigation."
[...]

p. 158

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Le chaos et l'harmonie - Trinh Xuan Thuan

Le chaos et l'harmonie

Une faute de logique dans la constitution des Etats-Unis

Gödel émigra aux Etats-Unis en 1938. Pour cet homme à l'esprit totalement logique, la vie quotidienne se révèla parfois difficile à assumer. En témoigne l'anecdote suivante sur la naturalisation américaine du logicien de génie, en 1948.
Pour l'obtenir, il lui fallait étudier la Constitution américaine et montrer à un juge local qu'il en avait une bonne connaissance générale. Il devait aussi avoir à ses côtés deux témoins qui pourraient se porter garants de sa bonne moralité. Il ne pouvait en choisir de plus prestigieux, puisque l'un d'eux n'était autre qu'Einstein, son ami et collègue à l'Institut des études avancées, à Princeton. L'autre était l'économiste américano-autrichien Oskar Morgenstern (1902-1977). La veille de l'entrevue avec le juge, Morgenstern eut au bout du fil un Gödel tout excité qui lui annonça qu'il avait découvert une faille logique dans la Constitution des Etats-Unis, faille qui permettrait l'instauration d'un régime dictatorial en Amérique. Morgenstern le calma tant bien que mal, lui assurant que la chose était absurde, et le suppliant de ne mentionner en aucun cas sa "découverte" au juge pendant leur entretien.
Le lendemain, le juge commença l'entrevue par la remarque : " Vous êtes de nationalité allemande - Non, autrichienne", le corrigea Gödel. Nullement décontenancé, le juge poursuivit : " En tout cas, vous viviez sous une dictature... Heureusement que cela ne peut pas se produire en Amérique !". Le mot "dictature" était lâché, Gödel ne put se retenir : "Au contraire, je peux démontrer que cela peut arriver !".
Il fallut les efforts conjugués d'Einstein, de Morgenstern et du juge pour calmer Gödel et l'empêcher de se lancer dans une longue démonstration de la faille logique contenue dans la Constitution américaine.
[...]

pp. 542-3

BACH en son temps - Gilles Cantagrel

BACH en son temps - Gilles Cantagrel

Jamais compositeur ne fit de fugue qui se puisse comparer aux siennes. Celui qui ne connaît point les fugues de Bach ne peut même se faire une idée de ce qu'est une véritable fugue, et aussi de ce qu'elle doit être. Dans les fugues ordinaires on ne trouve guère qu'une routine insignifiante. On prend un thème auquel on donne un compagnon, on les transpose périodiquement dans les tons qui circulent autour du ton primitif, puis on les fait accompagner dans ces pérégrinations par d'autres parties munies de la basse continue. C'est bien là une fugue, mais de quelle espèce ? Il est tout naturel de voir les personnes ne connaissant que cette sorte de fugue professer le plus grand mépris pour le genre entier. Il est vrai que pour faire d'une pareille banalité un réel chef-d'oeuvre, l'artiste doit déployer une somme considérable d'art et d'imagination.

La fugue de Bach, elle, est bien d'une autre sorte. Elle remplit toutes les conditions que nous avons accoutumé d'exiger seulement de compositions d'un style beaucoup moins sévère. Un thème d'un caractère élevé, dont il extrait en entier une mélodie principale continue et caractéristique, l'aisance, la clarté et la facilité dans la progression des parties, une inépuisable variété de modulations combinée avec une parfaite pureté de l'harmonie, l'exclusion de toute note hasardée et n'appartenant point nécessairement à l'ensemble, l'unité et la diversité dans le style, dans le rythme et la mesure, enfin une vie répandue à travers le tout avec une surabondance telle que l'auditeur ou l'exécutant semble parfois apercevoir dans chaque note un être animé : telles sont les qualités de la fugue de Bach, qualités qui excitent l'étonnement et l'admiration de tout juge sachant la masse d'énergie intellectuelle requise pour la production de pareils ouvrages...

Chacune a son caractère propre, parfaitement défini et précis, duquel dépendent les tours harmoniques et mélodiques qui la complètent. Savons-nous une fugue de Bach et pouvons-nous l'exécuter couramment, nous sommes sûrs de n'en savoir qu'une et de n'en pouvoir exécuter qu'une, à la différence de ce qui arrive avec les fugues des autres compositeurs du temps de Bach ; de celles-ci nous pourrons jouer des in-folio dès que nous en aurons compris une seule et que nous nous la serons rendue familière.

pp. 548-549 (Forkel, la première biographie, 1802)

10 leçons de psychologie et pédagogie - Olivier Houdé

Compte tenu de la structure spécifique de la procédure d'apprentissage utilisée dans nos expériences, tout porte à croire que cette région du cerveau est ici impliquée dans l'émotion et le « sentiment même de soi » associés à la prise de conscience de l'erreur de raisonnement et au conflit qui naît entre perception et logique déductive. Autant d'éléments « infralogiques », déclenchés par les alertes de l'apprentissage, qui semblent indispensables pour inhiber le biais d'appariement perceptif, comme en atteste l'absence systématique d'activation du cortex préfrontal ventromédian droit chez tous les individus du groupe logique avec apprentissage « froid », où l'erreur n'est pas corrigée.
Du point de vue de la psychologie évolutionniste, ce résultat neurofonctionnel est à rapprocher du rôle classiquement imputé à l'émotion dans la survie, à savoir que la peur face à un danger conduit les animaux, dont l'Homme, à fuir et à l'éviter. On peut dès lors avancer, en termes darwiniens, que l'évolution a dû façonner un cerveau qui ressent des émotions nécessaires pour inhiber les comportements inadaptés, y compris lorsqu'il s'agit de logique déductive. Contrairement à ce que pensait Piaget, le cerveau humain n'est pas, à l'image d'un ordinateur, un calculateur froid et logique.
Les résultats de cette seconde expérience d'imagerie cérébrale, associés à ceux de l'équipe de Damasio, indiquent que l'émotion peut aider le raisonnement. L'un des rôles essentiels de l'hémisphère droit, fortement impliqué ici, résiderait dans le « traitement spatial des émotions », c'est-à-dire dans une sensibilité aux relations entre les émotions qui détermine le comportement approprié à une situation particulière.

pp.72-73

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La Théorie du Chaos - James Gleick

La Théorie du Chaos - James Gleick

Il se pourrait que la physique décrite par Hawking achève sa mission sans répondre à certaines questions fondamentales sur la nature. Comment naît la vie ? Qu'est-ce que la turbulence ? Et par-dessus tout, dans un univers soumis à l'entropie, inexorablement attiré vers un désordre croissant, comment l'ordre apparaît-il ? Dans le même temps les objets de l'expérience quotidienne, comme les liquides et les systèmes mécaniques, en vinrent à paraître si élémentaires et si ordinaires que les physiciens tendirent naturellement à croire qu'ils étaient bien compris. Ce n'était pas le cas.

Alors que la révolution du chaos suit son cours, les meilleurs physiciens retournent sans complexes vers les phénomènes à l'échelle humaine. Ils étudient non seulement les galaxies, mais aussi les nuages. Ils effectuent des recherches fructueuses sur des Cray, mais aussi sur des Macintosh. Les revues les plus prestigieuses publient côte à côte des articles sur la mécanique quantique et sur la dynamique étrange d'une balle rebondissant sur une table. On découvre que les systèmes les plus simples posent des problèmes de prédicibilité extraordinairement difficiles. Pourtant, dans ces systèmes, l'ordre surgit spontanément - l'ordre et le désordre. Seule une nouvelle science pourrait commencer à franchir l'abîme qui sépare la connaissance du comportement d'un objet - une molécule d'eau, une cellule du tissu cardiaque, un neurone - de la connaissance du comportement de millions d'objets.

p. 23

Le Devoir de mémoire - Primo Levi


- Oui, mais il y a aussi autre chose. Je dois le dire : une des questions qui se répètent est celle du pourquoi de tout ceci, pourquoi les hommes se font la guerre, pourquoi on a créé les Lager, pourquoi on a exterminé les Juifs, et c'est une question à laquelle je ne puis répondre. Et je sais que personne ne peut y répondre ; pourquoi fait-on les guerres, pourquoi a-t-on fait la Première Guerre mondiale, puis la Seconde - et on parle d'une troisième -, cette question me tourmente car je ne sais y répondre. Ma réponse standard est que cela fait partie de notre héritage animal, que la conscience du territoire, la territorialité, est connue des chiens, des rossignols et de tous les animaux ; je le dis, mais je n'y crois pas. Et maintenant je voudrais vous demander : sauriez-vous répondre à cette question : pourquoi fait-on la guerre ? Pourquoi torture-t-on ses ennemis, comme le faisaient les Romains et comme l'ont fait les nazis ? Pourtant, durant un demi-siècle, on avait cessé de le faire, on avait du respect pour les prisonniers de guerre, mais cela n'a pas duré longtemps ; actuellement nous vivons dans une période cruelle. Eh bien, moi, je ne sais que répondre, sauf par des généralités vagues sur le fait que l'homme est mauvais, qu'il n'est pas bon. Sur cette question qu'on me pose souvent, de la bonté ou de la méchanceté humaine, comment répondre ? qu'il y a des hommes bons, d'autres qui ne le sont pas, que chacun est mélange de bon et de mauvais ?

pp. 40-41

L'Evangile de Judas - Rodolphe Kasser, Marvin Meyer, Gregor Wurst


Nous avons déjà noté certains des thèmes théologiques clés de cet évangile. Le créateur de ce monde n'est pas le seul et vrai Dieu ; ce monde est un lieu mauvais, d'où il faut s'évader ; le Christ n'est pas le fils du créateur ; le salut vient non par la mort et la résurrection de Jésus, mais par la révélation de la connaissance secrète qu'il prodigue. Ces thèmes sont diamétralement opposés aux conceptions théologiques qui devaient triompher lors des premiers débats entre chrétiens sur la croyance correcte qu'il convenait d'adopter - c'est-à-dire durant les guerres théologiques des IIe et IIIe siècles, lorsque différents groupes chrétiens soutenaient différents systèmes de croyance et différentes doctrines...
Ces débats nous sont depuis longtemps connus, mais l'Evangile de Judas éclaire tout particulièrement l'un des groupes qui devaient finir par perdre. Tous se réclamaient des livres sacrés ; tous affirmaient que leur vision émanait directement de Jésus, et, à travers lui, de Dieu. Mais seul un groupe l'emporta. Celui qui décida quels livres devaient être considérés comme canoniques, et qui écrivit les credo chrétiens qui nous sont parvenus.

pp. 124-125

Un Univers sans Temps (A World without Time) - Palle Yourgrau

A world without Time
En 1942, le logicien Kurt Gödel et Albert Einstein devinrent amis intimes (jusqu'à la mort d'Einstein en 1955). Ils prirent l'habitude d'accomplir la promenade bi-quotidienne domicile-université de Princeton ensemble, devisant de science, philosophie, politique et aussi nostalogiques de la disparition du monde scientifique et intellectuel Allemand qu'ils avaient tout deux fréquenté dans leur jeunesse.
En 1949, pour le 70è anniversaire d'Einstein, Gödel produisit ainsi une remarquable démonstration : Dans tout univers régi par les lois de la Théorie de la Relativité, le temps ne peut pas exister.
Einstein prit acte de cette démonstration à contre-coeur mais il ne put trouver aucun argument pour la réfuter et pendant le demi-siècle qui a suivi, à nos jours, personne n'a pu mettre cette démonstration à mal.
Encore plus remarquable est ce qui s'ensuivit : rien.
Les cosmologues, physiciens et philosophes réunis ont fait comme si cette démonstration n'avait jamais eu lieu.
Dans Un Univers sans Temps (A World without Time), Palle Yourgrau, pseudo de Harry A. Wolfson, professeur de philosophie à l'Université de Brandeis, entreprend de réhabiliter la mémoire de Gödel au Panthéon de l'Histoire.
Il raconte l'histoire de deux esprits éclairés dont les travaux et découvertes ont été figés par leur réputation et la vue étroite de leur époque et tente de sortir de l'ombre le fruit des travaux et réflexions qu'ils menèrent de concert.

Kurt Gödel est décédé le 11 janvier 1978 à l'hôpital de Princeton

Le cerveau de Mozart - Bernard Lechevalier

Le cerveau de Mozart - Bernard Lechevallier

"Dire non, c'est choisir et c'est une capacité primordiale des fonctions intellectuelles, mais il ne faudrait pas croire que le lobe frontal n'a qu'un rôle d'inhibition, ou si l'on préfère de "self control" ; bien au contraire, il apparaît à présent que, parmi ses multiples fonctions, la plus importante est sans doute la fonction d'exécution et de planification de l'action. Luria a postulé que pour chaque activité complexe les lobes frontaux appliquaient une stratégie en quatre phases : l'analyse des données, la programmation d'un plan, l'exécution du programme en découlant, la confrontation du résultat avec les données initiales. On pourrait ajouter l'inhibition des distracteurs éventuels, la programmation du geste dans l'espace et dans le temps, l'adaptation de la réponse à la situation en cas de changement imprévu, sans oublier ce qui revient à la mémoire à court terme : l'administrateur central de la mémoire de travail n'a-t-il pas été localisé avec certitude dans le cortex frontal ?"
p. 126

Le moulin et la rivière : air et variations sur BACH - Gilles Cantagrel

Le moulin et la rivière : air et variations sur BACH - Gilles Cantagrel

"Ses proches ont déploré qu'il n'ait jamais pris la plume pour exposer les fondements de sa théorie ou sa méthode d'enseignement. Ils n'ont pas compris que ce penseur de la musique contenait sa théorie et sa démonstration. A la fois le discours et la méthode. Apprendre à jouer d'un instrument, c'est se colleter à lui pour le faire sonner; apprendre à composer, c'est se mettre à la table et écrire. L'oeuvre du compositeur véritable se passe, de sa part, de tout commentaire sur ses procédures d'élaboration. Elle est, et le dit. Aux articles de théorie musicale qu'on attend de lui, Bach répond par des partitions."
p. 610

Excalibur - Leonard Wibberley

Excalibur

"Au Très Honorable Premier Ministre de Sa Majesté,
la Reine Maud 1er

Cher Sir,
Ces derniers temps, j'ai beaucoup réfléchi au sujet de mon travail, je n'en aime ni les conditions, ni le nombre d'heures de présence, ni l'avenir qui m'est offert. Je n'ai à me plaindre ni du salaire, ni du logement, mais les heures sont plus que je n'en peux supporter, il en va de même des restrictions apportées par cette position à ma vie personnelle.
J'ai décidé, dès lors, de vous remettre ma démission effective depuis ce jour et je vous fais confiance pour trouver quelqu'un de plus qualifié afin de me remplacer.
Respectueusement vôtre.
Pamela Windsor"

Glenn Gould - Journal d'une crise

Glenn Gould - Journal d'une crise suivi de Correspondance de concert
Autoportrait
Avis de recherche : Oiseau de nuit amical, reclus, de commerce agréable, socialement inacceptable, anti-alcoolique avéré, bavard impénitent, jalousement non-jaloux, spirituellement intense, abhorrant le monde, adorant l'extase, cherche papillon(s) de même nature en vue de séduction téléphonique, de délires tristanesques et de virevoltes incessantes autour de la flamme. Photo non requise, état de fortune indifférent, âge sans importance. Toute vocation non compétitive sera considérée. Prière de fournir échantillon de conversation sur cassette, certificat notarié de non-disposition au mariage, références vocales à faibles décibels, copies d'itinéraires de vols papillonesques préalablement accomplis hors la ville. Confidentialité assurée. Recommandations inutiles. Les auditions de toutes les candidatures prometteuses se dérouleront depuis la péninsule d'Anaton, Terre-Neuve.

On voit dans le Journal d'une crise un des pianistes les plus significatifs de l'histoire dans son atelier de torture, en proie au doute, mais surtout à la recherche effrénée d'une vérité qui semble momentanément lui échapper, et qui concerne l'essence même de son art. Il nous livre le récit émouvant, impitoyablement lucide, quasi proustien dans sa cruauté, de la conquête de son propre double : un Gould fragile et vulnérable qu'il essaye d'apprivoiser et dont la lumineuse perfection de ce qu'il nous a laissé ne nous permettait guère de deviner l'existence. Il s'agissait bien là d'un document capital sur un artiste lui-même capital. Jamais le cerveau d'aucun grand pianiste ne s'était attelé à un examen aussi obsessionnel des composantes physiques du jeu pianistique.
Le Journal est complété par un vaste éventail de lettres datant de l'époque de la vie publique de Gould, ayant pour thèmes principaux le piano, les concerts et les tribulations d'une vie de concertiste. Gould y apparaît souvent malheureux, et pourtant aussi plein de l'enthousiasme communicateur qui est la marque de ce conteur-né.

Ecoute : une histoire de nos oreilles - Peter Szendy

Ecoute : une histoire de nos oreilles - Peter Szendy
L'écoute est peut-être l'activité la plus discrète qui soit.
C'est à peine une activité : une passivité, dit-on, une manière d'être affecté qui semble vouée à passer inaperçue. Quelqu'un qui écoute, ça ne s'entend pas.
J'ai pourtant rêvé d'une archéologie de nos écoutes musicales : une histoire de nos oreilles de mélomanes, de maniaques de mélodies en tout genre.
J'ai voulu savoir d'où elles me venaient, ces oreilles que je porte et que je prête. Quel était leur âge ? Que devais-je, que pouvais-je faire avec elles ? De qui les tenais-je, à qui en étais-je redevable ?
J'ai donc traqué tous les indices possibles.
Il y a une
criminologie de l'écoute (des auditeurs se retrouvent au tribunal, accusés ou plaignants). Il y a des écritures de l'écoute (certaines oreilles laissent des traces durables de leur passage). Il a des instruments d'écoute (des prothèses enregistreuses, des machines à entendre). Enfin, il y a une polémologie de l'écoute, avec ses guerres, ses stratégies organisées ; bref, tout un champ de bataille où nos oreilles, plastiquement, se conforment à des lois et gardent, tel Don Juan face au Commandeur, l'empreinte de l'écoute de l'autre.
Et puis, il y a toi. Toi à qui mes écoutes sont adressées.
Toi qui parfois, c'est si rare,
m'écoutes écouter.

Glenn Gould, entretiens avec Jonathan Cott

Mais c'est un art pour les regardants. Pour les fous qui laissent la beauté pénétrer leurs pupilles, la beauté d'un monde, la musique, qui tient dans une main. Les autres veulent manger, boire et jouir, mourir plus vite. Et si l'appétit, la soif et le désir  les quittent, ils s'étonnent, se désespèrent. Ils n'étaient pas prévenus, personne ne les avait avertis. Car ils ont des oreilles et n'entendent pas.
Dans le monde antique, l'épilepsie, la folie, les maladies étaient considérées comme des manifestations divines. Ce qui s'y rattache, inspiration, imagination, sont des folies pour les uns, des maladies pour les autres. L'artiste nourrissait alors l'art universel, il l'entretenait, il participait de l'ordre des planètes. Aujourd'hui, l'art est à consommer, et tout de suite.
L'Âge d'or s'est mué en Auge d'art.

-- Jacques DRILLON (préface)

Bach, dernière fugue - Armand Farrachi

Bach, dernière fugue - Armand Farrachi
...Car le monde, par la grâce de la musique et jusque dans ses plus modestes manifestations, peut également être perpétuel sujet de joie et d'éblouissement, comme soudain lorsqu'on voit sur la table du repas, de gauche à droite, un petit verre, un grand verre, une bouteille, un grand verre, un petit verre, et que la Providence dans sa bonté a disposé ces objets sous la forme A B C B A c'est-à-dire de façon cyclique ou symétrique comme les deux parties du transcept flanquent la nef ou les deux bras de la croix, si bien que les deux thèmes se développeraient autour d'une section centrale plus longue et que la meilleure façon d'exalter cette forme pour la ramener à elle-même dans le da capo serait d'inverser le thème final par mouvement contraire pour l'accrocher au retour du thème initial, et dans sa hâte Bach retourne le grand verre de droite sur la nappe de façon à orienter le pied vers le plafond, ce qui fait taire les conversations de toute la famille, anxieuse d'une explication. Mais, indifférent à la surprise qu'il provoque sans la voir - comment n'y a-t-il pas pensé plus tôt ? - voici déjà qu'il oublie son assiette et la faim et qu'il brûle de courir au grenier pour étudier la disposition de la charpente et comment transposer musicalement de sorte que tous les thèmes concourent à l'harmonie de l'ensemble, chef d'oeuvre manifeste des diverses parties en vue de constituer un tout qui apparaîtra mieux que jamais sous l'angle de l'équilibre et de l'unité comme les chevrons et les fermes s'organisent en toit, ...

pp. 51-52

cf. rubrique France 3, un Livre, un jour

La petite chronique d'Anna-Magdalena BACH - Traduction Marguerite & Edmont Buchet

La petite chronique d'Anna-Magdalena BACH - Traduction Marguerite & Edmont Buchet

Gödel Escher Bach - Douglas Hofstadter

Gödel Escher Bach - Douglas Hofstadter

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