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Yellow submarine (Ut queant laxis)

Je me suis souvent demandé pourquoi le clavier des clavecins et autre clavicorde était blanc sur noir.
Et pourquoi c'était l'inverse qui avait été retenu pour les pianos modernes.
J'avais supposé jusqu'ici que l'inversion de la couleur des touches avait consacré le passage au romantisme.
Le contraste permet de montrer au public les mains qui courent sur un clavier blanc, aux touches bien larges, plutôt qu'un clavier noir, étroit, fermé sur les côtés (cachant donc les mains), offrant un faible contraste et une faible résolution spatiale.

C'est ce soir, de retour d'une soirée amicale et, profitant de cette heure supplémentaire, suspendu hors du temps, que j'ai réalisé mon erreur.
Je me suis assis au piano.
Un rêve qui s'exauce régulièrement.
Jouer du clavier de 2 à 3h du matin, voir le temps passer sans en perdre une seule seconde.
Savoir qu'il n'y a pas âme que cela trouble.

Seul veillait l'ordinateur dont l'écran, bougie des temps modernes, empêchait que le noir fût total.
Les quelques inventions que je projetais de tête, dans la pénombre.
Plume(O.) ayant rapidement décidé, quant à lui, de bénéficier d'une heure supplémentaire de sommeil, j'ai poursuivi le jeu quelques minutes avant de me retourner vers le murmure du clavicorde.
C'est de retour à l'ordinateur et son clavier dont je distinguais mal les touches pourtant éclairées par l'écran que j'ai réalisé que Bach, lui, disposait forcément d'un clavier qui avait été pensé pour jouer dans le noir.
Il faisait nuit, les enfants étaient couchés, une bougie, la lune pour toute lumière.
Un clavier noir, émaillé de feintes blanches régulières, dans le noir.

Le clavicorde.
Prélude et fugue en Ut Majeur.
Dans cette quasi-obscurité, je distinguais parfaitement les 23 notes altérées, blanches.
1 sur 2 en moyenne et, pourtant réparties en 2 groupes, l'un de 2, l'autre de 3 qui, virgules, balisant une octave, la fréquence qui double de proche en proche, divisent inégalement le clavier dans l'espace.
Le prélude s'y découpait, comme dans un rayon de lune.
Parfaitement dessiné sur les 56 touches du clavier.
Les noires, naturelles, invisibles, se déduisant à l'oreille des blanches qui les entourent.
Par addition ou soustraction.
Il est aussi plus économe de mémoriser 2 groupes de notes, bien séparés, composés de 2 et 3 tons successifs plutôt que de partir des naturelles.
L'apprentissage naît de l'exception.
L'oeil est attiré par la lumière, par interférence.
La feinte attire l'attention du cerveau.
Ce sont donc les touches blanches qui focalisent l'apprentissage.

Noir et altération vont de pair sur un piano cependant qu'un clavicorde montre la voie, en chuchotant.
Le passage d'une musique introvertie à une expression extravertie.
C'est d'autant plus vrai que ces touches sont blanches et larges alors que les noires sont fines, noyées dans le décor, le brillant de la laque.
J'ai ainsi imaginé qu'il était plus facile de jouer, me repérant sur ces points blancs, 2 puis 3 façons de lire la partition, 3 puis 2, ... et qu'il m'importait peu qu'il fît noir.
Entendre la musique de Bach, dans le noir, permet d'apprivoiser sa peur.
Une autre inversion.

On n'a jamais vu un cheval remercier son jockey


Quand on a été jeune, on devrait être capable de ne pas l'oublier.
Le service public qui, pour une fois, fait son travail, avait consacré un film en deux épisodes à la longue carrière de Chirac.
La phrase-titre est tirée de ce reportage.
Je l'ai notée pour m'en souvenir.
Ledit cheval est néanmoins parvenu Président après avoir commis toutes les turpitudes possibles et imaginables (j'ai apprécié que le rôle de l'exécuteur des basses oeuvres fût laissé dans l'ombre).
C'était donc rafraîchissant d'avoir, mise bout à bout et d'un seul tenant, toute l'histoire.
Dans une des dernières phrases du film, on entend notre héros affirmer : "J'avais des idées quand j'avais 20 ans. J'ai toujours les mêmes".

Caligula avait mis au service de son cheval Incitatus, outre une écurie de marbre et une mangeoire en ivoire, une troupe d’esclaves et du mobilier.
L'histoire conte qu'il l'aurait même fait nommer Consul.

Comment trouve-t-on une idée ?
Par association de malfaiteurs d'idées.
Le retour de l'enfant prodigue.
Je n'arrête jamais de chercher et de corriger mes erreurs.
J'en commets un paquet, une vraie expertise.
Le reste est venu de fil en idée, chemin faisant.

2011, tempête solaire + CEM possibles.
La plupart des centrales électriques et des appareils en fonction risquent de subir un court-circuit qui les détruira.
Il va falloir avoir fait des provisions, rendu la maison autarcique en énergie et fait provision d'eau, de nourriture, de médicaments, pour espérer tenir les 2-3 ans de pénurie prévisibles au cas où ce chat-là sort de sa boîte.

J'ai enchaîné, pour la première fois de ma vie, le premier prélude et fugue en Do Majeur.
Le prélude est connu de tout le monde. Gounod l'a popularisé en y collant un ave Maria qui chante en contrepoint.
La fugue est beaucoup moins connue.
Elle comporte 4 voix.
C'est ma première.
Je commence à entendre ces voix pendant le jeu.
Les doigts et la mémoire sont encore mal assurés.
C'est ainsi que j'ai compté penser en 4 quatre langues : français, arabe, anglais et en musique.
En fonction de la situation et des idées abordées, c'est tantôt l'une ou l'autre de ces langues qui est automatiquement employée.
Le fruit de 40 ans d'apprentissage et de bains quotidiens dans ces différentes sources culturelles.
Parfois, au bureau, en pleine discussion ou seul aux claviers, ma pensée dérive en arabe ou en anglais...
Il m'a fallu de longues années pour, en France, accepter de penser en arabe avant de trouver cela normal.
Le poids d'un racisme bourgeois.
Le plafond de verre auquel je me suis heurté et qui demeure là, immuable.
A moins de forcer mon attention pour émuler dans une langue une pensée qui y est mal adaptée.
Un concept qui se décline avec d'autres émotions.
C'est ainsi, par exemple, que je pense parfois en arabe.
C'est ce qui sort mécaniquement.
Je traduis ici ma pensée.
Je pense la famille en arabe aussi.
Elle est beaucoup plus chaleureuse qu'en français.
Et bien plus envahissante mais à toute qualité son défaut.
J'écris en français et, parfois en anglais mais je suis moins à l'aise par manque de pratique.
Il faut conduire les quatre voix en parallèle.
Egales mais différentes.

Bach n'apprend pas à jouer 15 morceaux de contrepoint à 2 et 3 voix dans ses inventions.
Il apprend à jouer de la musique. De façon générale.
Les 2 fois 15 morceaux sont l'algorithme qui permet d'y parvenir.
15^2+15^3=3600 comparé à 2^15+3^15=14381675.
Il y a plusieurs ordres de magnitude de différence entre ces deux nombres.
Je n'ai cependant, par paresse, pas encore réussi à lire correctement.
Progrès lents et réguliers.
Chevalier du clavier, disait Bach.
Ca voulait dire, dans sa bouche, besogneux.
Qui fait la guerre aux claviers.
J'ai craint, à un moment, que pour un adulte, l'algorithme d'apprentissage de la lecture fût devenu moins efficace.
Bach ayant inventé cette méthode pour un enfant de 8 ans dont les aires du cerveau sont en cours de maturation, alors que la plasticité d'un adulte, bien que non négligeable, est moindre.
Il n'en est rien.
Par ailleurs, l'apprentissage n'est pas commutatif .
Apprendre A puis B ne donne pas forcément le même résultat qu'apprendre d'abord B puis A.
La complexité est exponentielle en fonction du nombre de paramètres.
De l'importance du choix et des valeurs.

Missi Dominici

Boire la paille dans l'oeil du voisin après avoir évoqué les affres dans lesquelles me plongeait le 10e commandement.
Ethique et connaissance.
Je me suis blessé à l'oeil ce we.
Une lentille trop vieille, portée jusqu'à 2 heures du matin dans une atmosphère enfumée, et voilà.
C'est bien entendu l'oeil gauche, mon oeil directeur, qui est touché.
J'ai ainsi dû aller à une pharmacie et proférer un pieu mensonge pour obtenir le collyre habituellement dispensé sur ordonnance.
Oui, je suis aussi mon propre médecin.
Qui veut voyager loin ménage sa monture et, dans l'attente de la mise au point d'un moyen de procéder à un upload général, je me sens un tantinet vulnérable, sans recours, dans ce corps qui enferme mon esprit (non, je ne suis pas englué dans un dualisme cartésien).
Il n'est donc pas question de déléguer la gestion de cette  mécanique de précision à un quelconque péripatéticien dont ce serait le travail de la garder en état de marche. Il me souvient en effet que ce mot vient du bas latin tripalium, instrument de torture formé de trois pieux (deux verticaux et un placé en transversale) auquel on attachait les esclaves pour les punir.
Cette prise de conscience a été aiguisée par les tribulations auxquelles a été soumise ma mère, subissant erreur médicale sur diagnostic discutable, avant que je me décide à jouer le factotum.
J'en ai conclu que la santé était un sujet trop sérieux pour qu'un ou, pis encore, plusieurs diafoirus s'ignorant superbement, s'en occupassent pleins d'une suffisance née de la certitude de ne jamais subir les conséquences d'une éventuelle incurie.
Je consulte donc en cas de besoin un collègue, habilité à signer des ordonnances, avec lequel je confronte mon diagnostic.
Vous comprendrez que je ne me sois pas longtemps posé la question d'un médecin référent *.

C'est, dans le RER qui me ramenait de Paris ce dimanche soir que, suivant un train coutumier de pensées incongrues, je me suis pris à sourire d'un air niais, suscitant la commisération de mes compagnons de voyage.
Il était cocasse que je payasse cette soif de savoir par de la poutre aux yeux (allitération).
Je me suis donc surpris, une semaine après avoir croisé un frêne malandrin, à me prendre pour un Wotan de pacotille.
Grenouille qui s'est prise pour un boeuf pendant 30s au cours desquelles j'ai imaginé échanger volontiers un oeil, fût-il gauche, contre le droit de m'abreuver à pareille source.
Le sourire niais a accompagné la réalisation que je m'y baignais en permanence.
La noosphère, achéron qui guide ma destinée, est la source où je poursuis mes connaissances réelles ou virtuelles, inépuisable.
Thésaurisant une somme d'enseignements en maths, physique, chimie, médecine, philosophie, langues, littérature, musique (ô combien), peinture, sculpture, dessin, architecture, ... plus d'informations, étalées à ma portée, que mon cerveau ne pourra jamais en accommoder.
Plusieurs siècles d'apprentissage sont désormais requis pour assimiler la substantifique moëlle, aujourd'hui jetée en pâture au premier quidam venu, moi en l'occurrence.
Il ne suffit donc pas d'accéder à la source du savoir ou même de s'en repaître.
Il est nécessaire de disposer de la puissance de calcul et de la mémoire pour intégrer ses enseignements.
Nous disposons pour l'heure de cette puissance dans un mode allogène.
Il est encore impossible de transduire les émotions stockées et codées par des processus physico-chimiques dans un cerveau (les premières puces hybrides neurone-silicium font leurs premiers sauts dans les laboratoires de recherche de pointe).
Il est en revanche possible d'y puiser tout son saoul.

J'avais rêvé enfant qu'il serait un jour possible de s'affranchir de ces encombrantes encyclopédies en 20 volumes pour, posant une question en l'air, obtenir une réponse instantanée.
A la transmission de pensée près - quoique - j'y suis rendu.
L'ordinateur ultra-portable qui me quitte rarement est connecté à la noosphère en permanence.
En mesure d'obtenir réponse à toute question que je me pose.

La prochaine étape, cruciale en termes d'évolution, sera celle de la disparition de l'unité centrale et le déport de toutes les fonctions d'entrée-sortie qui singeront les fonctions naturelles (voir, entendre, sentir, toucher, etc.).
J'ai estimé que l'intégration des premiers sens (ouïe, vue, parole) sera réalisée dans les 5 prochaines années.

Je m'offre aussi le luxe de passer de longues heures déconnecté de la réalité.
C'est ainsi qu'à une question pourtant simple, "Dieu existe-t-il ?", un gogol m'a suggéré après 0.13s de réflexion, de dépouiller 367 000 réponses.
Procédant à une estimation pifométrique du temps nécessaire pour trancher cette question existentielle, j'ai calculé qu'il faudrait 612 jours à raison de 10 heures par jour et à une cadence d'un lien par seconde.
Avec une borne inférieure : 102 jours pleins.
La méthode paresseuse consisterait à en traiter 1000 par jour pendant un an.
Il faudrait de longues années de réclusion dans un monastère pour analyser les réponses à quelques questions de métaphysique élémentaire.
Il est donc inévitable que le quidam lambda procédât incontinent à quelque raccourci et se forge une opinion à partir d'informations dans lesquelles il sait s'être noyé, à la source, loin de toute connaissance.

Mots en musique

Eloge de l'erreur
Pièges du pouvoir
L'exercice en est toxique.
Tout processus connaît un pourcentage d'erreur qui accompagne le déroulé de ses actions.
Si ce pourcentage est égal à zéro, nous avons affaire à un être omnipotent qui n'est pas concerné par le propos courant.
De là à en déduire qu'un réseau d'ordinateurs chantât une phrase...
De façon cohérente.
J'ai, en dépit d'un quart de siècle de pratique, beaucoup de mal à me jouer de cette limite.
Cela aide, en revanche, à développer l'écoute.
Elargir le spectre des nuances.
C'est ainsi que je compare la nature du chant à la sémantique de la phrase énoncée.
Les deux interprétations sont-elles en accord ?
Le contrepoint produit par les émotions - même socialement voilées - et l'énoncé de la phrase est éloquent.
C'est cette fugue qui est évaluée pour interpréter une relation.
Les phrases de Bach étalonnent ainsi mon écoute.
Celle-ci contredit la précédente.
Il arrive cependant que je me trompe.
Que le doigt fourche.
Régulièrement.

Je n'en ai jamais rencontré jusqu'ici.
Quelles que soient les qualités et génie intrinsèques, chacun commettra donc un pourcentage d'erreur supérieur à zéro.
Quatre possibilités se présentent alors :
1 - il s'en rend compte de lui-même
2 - on le lui fait remarquer
3 - il ne s'en rend pas compte.
4 - l'erreur est fatale.

Dans les deux premiers cas, la possibilité d'apprendre de l'erreur existe.
Elle a été identifiée et, même si tous les détails ne sont pas compris, la prochaine occurrence sera traitée avec attention (bascule du cerveau postéro-antérieur au cerveau frontal).

C'est le troisième cas qui pose problème.
Le sujet croit de bonne foi être sur la bonne voie.
Le cerveau reste fourvoyé dans ses schémas précâblés.

C'est ainsi que dans les logiques arborescentes hiérarchiques, il devient de plus en plus malaisé pour le rang n+1 (le niveau en dessous) de signaler une erreur au rang n.
Le rang n parcourt alors une boucle postéro-antérieure dans un temps qui enfle et finit en kernel panic.
Son pouvoir exerce donc une énergie croissante pour que seules les plus graves perturbations soient diagnostiquées.
Pour économiser les moyens.
La communication entre n et n+2 devient, quant à elle, quasi-inexistante.
Le pourcentage d'erreur a donc tendance à croître dans le temps.
Mécaniquement, par manque de pratique.
Des décisions de plus en plus complexes à prendre dans un temps de plus en plus réduit, une sous-arborescence de moins en moins vigilante, offrant de moins en moins de contradiction, finissent par inhiber la correction d'erreur et le feedback direct.
Plus d'apprentissage.

Il est toujours possible d'espérer que la correction soit effectuée par le niveau n-1.
Cela implique que l'erreur soit flagrante et cette correction est généralement peu souhaitée, au vu du pouvoir discrétionnaire que détient le niveau n-1 sur le niveau n.
Le danger croît exponentiellement avec le pouvoir.
Il est maximal pour n=1, la racine de l'arbre.
C'est pour tenter de corriger cette dérive qu'il fut un temps où les rois gardaient précieusement un fou à leur côté, assuré d'une impunité totale.
Ce fou tendait un miroir au roi.
Il le voyait nu.
Il n'était donc pas inutile qu'il fût difforme.
Il y a néanmoins eu quelques fous qui furent occis.
La racine, qui détient le plus de pouvoir, se retrouve isolée et, rendue irrationnelle, invoque la transcendance.
L'arbre dévie alors par propagation d'erreurs.

Tautologie.
Le choix des mots expose les rouages intimes et construit une prosodie.
Le chant qui est induit, différent et répétitif.
La république, démocratique, est intervenue pour renverser cette logique.
Nous pouvons en mesurer la dérive.
Une peur à l'imaginative qui naît ?
Les mots composés, phrasés, entonnent un chant aux développements inattendus.
Le soleil et la mer qui bercent les rêves méditerranéens préfigurent un verger chromatique.
Le timbre et le chant qui continuent à détonner.
Je surprends souvent mon interlocuteur impénitent, protestant de sa foi, en silence.
Porté méridional, l'accent annonce une voix chantante.
Sa neutralité, opposée au spectre exposé, apparaît troublante.
L'ambitus y est plus grand.
Le verbe haut.
Cela va de soi.

Colloque de rentrée

J'ai assisté à une journée du colloque de rentrée du Collège de France.
En auditeur libre, l'accès aux amphis se fait dans la limite des places.
Le thème de cette année était "L'Homme Artificiel".
J'ai donc écouté quelques sommités exposer.
Je reviendrai sans doute une autre fois sur l'intervention d'un crâne d'oeuf qui, schémas fonctionnels de réseaux de neurones à l'appui, persistait à s'interroger  "Le cerveau humain est-il une machine de Turing ?" (le titre de son intervention).
Tout ce qu'il a montré est mécanisable, il ne cherche que du mécanisable et continue à se poser la question d'être mécanisable.
Sic transit...

Je me suis intéressé au croisement de deux exposés.
La vue et l'ouïe.
Nous entendons 10 octaves et nous en voyons 2.
Ce sont les spectres sonores et visuels qui sont accessibles aux humains lambda.
J'ai donc commencé par imaginer ce qu'il serait possible de voir si l'oeil pouvait capter un spectre de 10 octaves
J'ai poursuivi ma réflexion en imaginant aussi qu'il était possible d'entendre une octave avec le même luxe de nuances et détails que nous la voyons.

Catharsis

J'ai été agressé ce dimanche soir.
Je m'étais levé au matin avec la toux de stress.
J'ai appris à reconnaître cette toux sèche depuis des années.
C'est mon signal d'alarme personnel.
Et, hier matin, sans aucune raison apparente, au petit déjeuner, la toux était là.
Après avoir passé la journée à en chercher vainement les raisons j'ai, de guerre lasse, fini par l'oublier.
J'ai donc poursuivi une très agréable après-midi où, hasard des rencontres parisiennes, j'ai fait la connaissance d'un amateur de Bach et de Wagner.
Un mariage suffisamment incongru pour exciter mes neurones.
J'étais donc enfermé dans mes rêves et le RER qui me ramenaient chez moi, en retard pour dîner, quand j'ai aperçu deux jeunes hommes montant dans le wagon à Châtelet.
Tenues de zy-va avec survet à capuche, braillant dans le wagon.
Rien qui ne relevât pas de comportements ordinaires.
Une fois le tronçon central passé, les deux jeunes hommes se sont séparés et ont occupé des places sur deux bancs qui entouraient celui où j'étais assis (le wagon était plein), continuant à s'interpeller pendant le reste du trajet.
Ma paranoïa légendaire me disait déjà qu'ils étaient en quête d'un mauvais coup.
Je l'ai faite taire, me traitant intérieurement de vieux con raciste doublé d'un anti-djeun primaire.
Je descends à mon arrêt laissant les deux jeunes assis et, sans plus m'en soucier, sors de la station.
Il était 21 heures et j'étais en retard.
C'est donc d'un pas alerte que j'ai traversé le pont et me suis engagé dans la rue qui longe la voie de RER et qui me conduit chez moi.
C'est au coin de cette rue que j'ai réalisé mon erreur en entendant un pas se presser à ma suite et s'y engager.
Il n'y a aucune raison de se presser pour prendre cette rue.
Pas un commerce, la voie de RER d'un côté et la première habitation à 100 mètres.
Je ne me suis pas retourné, je savais qui c'était.
En dépit de tout, j'ai persisté à faire taire ma raison qui me disait de piquer un sprint pour, calmement mais toujours d'un pas assuré, continuer à remonter la rue que croisait une voiture allant en sens contraire.
C'est une fois passée la voiture que notre rencontre a été consommée.
Le jeune homme (un des deux du RER, le plus grand, me dépassant d'une tête) s'est porté à ma hauteur pendant quelques mètres puis m'a dit,  la main droite faisant bosse dans son blouson, "donne-moi ton argent".
Je lui ai tendu mon portefeuille lui disant qu'il ne contenait pas un centime et pendant qu'il vérifiait mes dires, j'ai réalisé que je ne voulais pas perdre ce portefeuille et son contenu (tous les papiers, les cartes de crédit et vitale à refaire ainsi que la carte grise de la 2CV).
J'ai alors retrouvé mon porte-monnaie au fond d'une poche, l'ai tendu au jeune homme en lui disant "tiens, c'est tout ce que j'ai" et me suis saisi de mon portefeuille qu'il a lâché en prenant le porte-monnaie.
C'est à ce moment que je me suis enfin autorisé à piquer ce fameux sprint.
Il fut un temps où je visais les 12 secondes aux 100 mètres.
Un honnête coureur.
Je pense avoir battu mon record de vitesse.
J'ai pris la peine de vérifier que je n'étais pas suivi.
J'enrage cependant d'avoir oublié de mettre le chronomètre en route pour mesurer mon record.

N'ayant pas résisté à la tentation de raconter mon aventure à Plume(O.), ce divertissement à 3,5€ (le contenu de mon porte-monnaie) a occupé une partie importante de la soirée.
Il a fallu plus d'une heure pour calmer les inquiétudes et peurs irrationnelles et évacuer par la parole une partie du malaise induit.
Une bonne nuit réparatrice et, le matin arrivé, je me retrouve dans le RER menant à Paris aux alentours de 9 heures.
A peine le train parti, je jette un coup d'oeil furtif pour étudier mon entourage (le contenu du wagon) quand, à l'autre bout de la rame, j'aperçois  plongé dans un livre de poche, mon interlocuteur de la veille affublé d'un costume-cravate.
Je ne pouvais pas être certain que c'était lui mais tout m'y laissait penser.
J'ai changé de points de vue au moment où il a levé la tête et, balayant le wagon du regard, s'est arrêté sur moi un instant avant de continuer.
J'ai attendu qu'il me regardât directement pour croiser son regard.
La minute que nous avons passée à nous toiser d'un bout à l'autre d'un wagon, chargé à une heure de pointe, m'a ôté des derniers doutes.
J'ai eu la satisfaction mesquine de constater que ma vue lui avait coupé l'envie de lire.
Il a ainsi occupé le reste du trajet à me surveiller en m'évitant du regard.
Nous sommes descendus à la même station par des portes différentes, nous avons pris le même escalator à 10 mètres de distance. J'ai failli le suivre dans sa correspondance sur la ligne 14, pour savoir où il travaillait puis me suis ressaisi et ai continué ma route vers ma cellule.
Je préfère autrement poursuivre Bach et Wagner.

C'est durant la journée, ressassant en boucle les événements, que je me suis décidé à porter plainte.
Il m'a fallu trouver le commissariat d'où dépend mon domicile.
Constater que ces 400 mètres piétons sont à cheval sur le domaine de compétence de 2 commissariats de communes voisines dont aucune n'est la mienne.
Vérifier que chaque bout de la rue dépend d'un commissariat différent.
J'ai choisi le commissariat le moins éloigné : plus d'une heure de trajet pour y arriver.

J'ai donc longuement hésité puis me suis forcé à accomplir mon devoir de citoyen.
Porter plainte.
Je n'ai subi aucune violence, l'agresseur ne m'a même pas effleuré.
Il n'était pas question que je mette ma vie ou celle du jeune homme en danger pour un portefeuille, un téléphone ou je ne sais quelle breloque que je peux arborer.
Il n'était donc pas question d'en venir aux mains ni de résister d'une quelconque manière.
C'était néanmoins une épreuve moralement éprouvante.
Vulnérable.

Faire confiance implique de ne pas surinterpréter des situations a priori, ce qui était l'objet de mon billet de la veille, lui-même incongru.
J'ai donc laissé se dérouler, spectateur, tous ces signaux d'alarme qui me hurlaient le danger.
C'est la vraie raison, égoïste, pour laquelle je suis allé porter plainte.
Pour expier ne pas avoir vérifié à la sortie du RER que j'étais suivi.
Après analyse à froid, j'en ai conclu que j'avais été optimal à cette erreur près.

Après, c'était trop tard.
Je ne pouvais pas prendre le risque que le jeune homme, qui mesurait près d' 1,90m, fût plus rapide au sprint.
Pas sans lui donner un os à ronger, mon porte-monnaie garni de 3,5 €.
C'était tout l'argent que j'avais sur moi.
Je n'ai donc pas triché.

J'ai cependant dû faire taire provisoirement trois signaux consécutifs issus de mon moi primitif.
Normalement, devant trois éléments indépendants qui pointent dans le même sens, je prends une décision.
J'agis parfois même au deuxième.
Dans ces circonstances, irrationnelles, j'ai cependant appris à différer une décision hasardeuse.
Celle, par exemple, de piquer le sprint que mon moi rationnel me disait de lancer au moment où j'ai entendu les pas se presser derrière moi.

Pas d'absolution sans contrition.
C'est aussi pour avoir la conscience tranquille que je me suis infligé ce pensum qui, je l'espère, m'apprendra à éviter de commettre une autre bévue la prochaine fois.
J'ai en effet consacré plus de trois heures à remplir mon devoir civique (porter plainte est un devoir, faites-le vous comprendrez pourquoi).
Deux heures en bus, une heure au commissariat.
Le policier a gentiment pris ma déposition, m'informant qu'il le transmettrait à l'autre commissariat.
Il m'a remercié de m'être déplacé et je suis rentré chez moi.
Ces dernières lignes coagulent, une heure de plus, le processus de résilience et me permettent de tourner cette page réflexive et cocasse.
Je prie que mon ami aura la bonté de prendre un train plus matinal ces prochains jours. Ou changer de wagon
Je serais son obligé.

Confiance

Lâcher prise c'est être vulnérable.
L'existence apprend cependant toutes les bonnes raisons de se méfier.
La confiance se construit lentement et un rien peut la détruire.
Parfois, pour les plus méfiants, elle n'est jamais acquise.
Il faut donc avoir confiance.
Ou l'apprendre.
Apprendre à apprendre pour les cas les plus critiques.
Contrôler ou ne pas contrôler, telle est la question.

Variations

Je me suis inscrit il y a quelques mois à une liste de diffusion un peu particulière.
Je reçois en effet, tous les matins, avec le café et les croissants, le mot du jour établi par Maxime.
Maxime est le robot qui gère la liste de diffusion.
Nous avons parfois des entretiens cocasses.
J'ai trouve ceux de ce jour savoureux.
J'ai trouvé appréciable en effet de pouvoir rafraîchir ma mémoire de termes antiques ou de formes éculées.
Parfois de vraies découvertes :  épicènes, asyndète et autres parèdres.
J'ai été surpris ce matin par l'écho d'une pensée personnelle.
C'était le mot que je cherchais pour décrire la situation actuelle.

De :
Maxime [mailto:maxime.@.fr]
Envoyé : vendredi 13 octobre 2006 8:12
À : ricercar
Objet : Ce jour, un terme que j'ai croisé dans une vie antérieure où je pratiquais (encore) le grec ancien ...

INCHOATIF : terme de grammaire qui indique le déclenchement ou la progression graduelle d'une action.

Les exemples de particules, de préfixe ou de suffixe sont légion : le préfixe en- dans s'endormir, a- dans s’appauvrir ; le suffixe –ir dans verdir, rougir, ...

Ce terme est trompeur, en effet, comme ingénu, inflammable, le préfixe in- ne signifie pas l’absence de quelque chose ou l’antonymie. Inchoatif n’est donc pas le contraire de *choatif, mot inexistant par ailleurs. Inchoatif vient du latin incoho, je commence, lui-même provenant du grec engkhéô, je « verse dans [un récipient] ». Le in- latin trouve donc son origine lointaine dans le en- grec (devenu eng- par l’influence de la vélaire [k], phénomène dont je vous parlerai tantôt) qui souligne le côté actif du verbe : non seulement je verse, mais je verse dans qqch, vers qqch. 

Enfin, notez la « balade du h », qui se trouve au départ derrière la vélaire (egkhéô), puis en latin s’intercale entre les deux voyelles par assimilation avec d’autres vocables (incoho, comme cohérent, cohorte, ...) et qui repart à sa position première lorsque les grammairiens grécisants du XVIe (R. ESTIENNE, Traicté de la grammaire françoise, 1557) recollent à l’étymologie ... 

Bonne journée !


-----Message d'origine-----
De : ricercar [mailto:ricercar@.fr]
Envoyé : vendredi 13 octobre 2006 12:01
À : Maxime
Objet : RE: Ce jour, un terme que j'ai croisé dans une vie antérieure où je pratiquais (encore) le grec ancien ...  

Il faudra que je pense à l'utiliser celui-là. Je le trouve assez cahotique. Tiens encore un h qui s'est promené !

Bonne journée à toi aussi Maxime.

--R

ps: http://www.faqs.org/faqs/books/hofstadter-GEB-FAQ/



De : Maxime [mailto:maxime@.fr]
Envoyé : vendredi 13 octobre 2006 13:14
À : ricercar
Objet : R2ponse point pqr point 0 ton ;qil pr2c2dent

Pour l4utiliserm encore fqudrq-t-il aue tu te trouves dqns lq situqtion idoine <<<
Le chqos est-il cqhotiauem ou seule;ent chqotiaue M
Bonne journ2e
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ps. http://www.cetteadressecomportecinquantesignes.com/ pour les jeux de ;ots et qutres <<<

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-----Message d'origine-----
De : ricercar [mailto:.fr]
Envoyé : vendredi 13 octobre 2006 13:40
À : Maxime
Objet : RE: R2ponse point pqr point 0 ton ;qil pr2c2dent

lol le oachs tioncnu tes uoqdiitne



De : Maxime [mailto:maxime.@.fr]
Envoyé : vendredi 13 octobre 2006 15:48
À : ricercar
Objet :
RE : R2ponse point pqr point 0 ton ;qil pr2c2dent

X. et moi avons traduit ton mail. On pourrait l’appeler le mail de Rosette s’il avait comporté quelques lignes traduites en langues sémitiques ...

Je sors des toilettes et un sujet de thèse me vient à l’instant en tête – De l’inutilité du second urinoir dans les toilettes d’entreprise.

Je pense qu’en étudiant le comportement moyen d’employés moyens d’une entreprise moyenne lorsqu’ils vont aux toilettes, on s’apercevrait que la plupart file « en cabine » lorsque l’un des urinoirs est pris. Ainsi, les deux urinoirs n’étant jamais utilisés en même temps, l’un des deux est inutile.

Et comme post-doc, je propose : Passer à trois urinoirs : une stratégie payante.

Joyeux enterrement

Téléphérique circulaire

Au rang des innombrables questions revient un petit nombre, non harmoniques, que je sais ne pas me poser en vue de résolution.
Des questions qui doivent toujours être posées.
Celle qui est au centre de la Toile est "combien cela coûte-t-il ?".
Le nombre de paramètres servant à mesurer "combien" et "coût" est incalculable et il est inévitable de se tromper régulièrement dans ses calculs.
Parfois de la négligence, souvent de bonne foi.
C'est ainsi que je me suis demandé quelle devait être l'attitude de lambda s'il était en mesure de calculer les conséquences de ses découvertes ?
Conceptualiser les conséquences militaires de ses équations mathématiques, par exemple.
Faut-il quand même extraire la racine carrée de lambda et les mener à leur terme en pleine connaissance de cause, au bénéfice imaginaire de la Science ?
Les états d'âme d'Einstein, consacrant l'essentiel de ses dernières années à tenter de convaincre les grands de ce monde de l'abandon du nucléaire militaire, me fait croire que non.
Ayant eu l'opportunité de mesurer enfant l'efficacité de la guerre, je me suis ainsi posé la question il y a de nombreuses années.
Comment ne pas servir la recherche militaire, la science qui ne s'intéresse qu'aux milliards de façons différentes de tuer son prochain ?
J'en ai conclu, provisoirement, qu'il faut parfois garder une idée pour soi et la mûrir, au risque de la perdre d'une façon ou d'une autre.
Même, surtout, si elle est efficace.
Son dual est forcément d'une efficacité comparable.
On peut ainsi casser les pieds de son entourage, même virtuellement, en massacrant Bach mais il est possible de démontrer que l'empreinte écologique d'un piano ou de tout autre instrument de musique sera toujours acceptable.
Une arme d'une efficacité toute relative.
Même lancé d'une catapulte.

Allez Bordeaux : respecter les échéances

Alain Juppé, félicité par le service public pour son élection, est interrogé à la télé sur le candidat recueillant ses préférences aux présidentielles.
Il affirme :
"J'ai appris une chose au Canada. C'est respecter les échéances."
Il voulait parler du candidat UMP aux présidentielles.
Quelques heures après avoir remporté les élections municipales anticipées qu'il a provoquées à Bordeaux.
A un an des échéances normales.
Il ne manque pas d'air.
Mais quand on est élu au premier tour avec 56% des suffrages après avoir purgé une peine d'inéligibilité, il ne faut s'étonner de rien.
On peut dire à la télé et avec aplomb "il faut respecter les échéances" après avoir demandé à un conseil municipal de démissionner pour s'y mettre.
C'est comme pour les retraites.
C'est lui, en tant que Premier Ministre, qui a fait voter l'allongement des retraites et c'est le même qui s'est empressé de faire valoir ses droits à la retraite de fonctionnaire, à 57 ans.
Un pareil talent mérite d'être récompensé.
Nous avons la démocratie que nous méritons.

La puissance de l'infini

Pensée circulaire

Il aura fallu tout ce temps pour finir de (me) formaliser de ce qui me pendait au nez.
C'est le contrepoint de mon état d'empathe.
L'éponge à émotions que je suis se laisse envahir, et parfois bousculer, par les horloges déréglées de son entourage.
Oh, je ne parle pas de mon entourage domestique.
Les horloges de Plume(O.) et d'Hercule(E.) ronronnent tels des métronomes.
C'est le cadre professionnel qui m'offre les plus grandes opportunités d'apprentissage.
Un cadre où les comportements sont totalement stéréotypés.
Des rôles incarnés avec précision.
La pensée circulaire d'un gigantesque cerveau reptilien.
L'imagination que je déploie, en dépit de tous mes efforts pour me fondre dans la masse, continue ainsi à détonner après 17 ans passés dans les différentes administrations que j'ai loyalement servies.
Il m'est arrivé de pleurnicher au sujet de ma situation, ce n'étaient qu'enfantillages de ma part.
J'ai réalisé ne pas envier celle de la plupart de mes collègues.
Pas un instant.
Les plus heureux sont ceux qui contemplent, rêveurs et le sourire aux lèvres, les quelques mois qui les séparent de leur Bérézina personnelle, une retraite bien méritée.
C'est, généralement, l'occasion de bâtir des projets.
Un début de singularité.
J'ai donc la chance de mener existence dans un environnement privilégié où je peux librement laisser libre cours à mon imagination, près de 8 heures quotidiennes supplémentaires, en faisant voeu de silence.
Un monastère.
Voeu que le méridional que je suis respecte avec un bonheur incertain qui me vaut de mérités et réguliers foudres de guerre.
Un de mes collègues, qui a décidé de me paterner en dépit des 5 ans qui nous séparent, m'a ainsi expliqué le plus sérieusement du monde qu'il fallait "avoir un pas d'avance" et qu'au delà, le risque dune balle dans le dos devenait trop grand.
Il a donc entrepris de m'apprendre l'esprit grégaire.
C'est passionnant.

Il m'est cependant arrivé d'être à des années-lumière de là.
Un ovni, ai-je entendu dire dans des vies antérieures.
Il a donc fallu apprendre à ralentir l'horloge interne.
Mise en hibernation tous les jours ouvrés, entrecoupée de quelques éclairs d'activité lucide.
Une sieste de 10 minutes dans le train qui me ramène à ma gentilhommière.
Ce temps est généralement suffisant pour compiler, analyser et classer l'essentiel des 8 heures écoulées.
L'horloge redémarre en même temps que s'ouvre la grille du jardin.
Ne pas montrer qu'une pensée circule et tout ira bien.
La perspective quotidienne de ces heures infinies.
L'interface entre ces dizaines de mondes virtuels qui m'habitent la journée et ce monde physique où s'agitent mes doigts.
Souvent un clavier : piano, ordinateur et, dans une moindre mesure, le clavicorde que je réserve pour étalonner l'horloge quantique.
C'est en effet au clavicorde que naît l'aléatoire le plus chaotique.
Les harmoniques les plus folles, fruits de la sévérité et de la douceur des idées.
Le coût en est optimal.
Il permet d'économiser les fonctions cognitives élevées au profit du cerveau reptilien qui assure la survie et a peu besoin de se reposer, tout en apprenant à dé-synchroniser les deux hémisphères.
Il devient ainsi aisé, après 8 heures de méditation multi-synchrones quotidiennes exécutées pendant des années, de solliciter largement les fonctions cognitives les plus complexes.
Réaliser la puissance de l'infini.
La puissance exprime le Rapport du Travail au Temps.
C'est le rapport qui sépare l'Homme du singe, tout simplement.

Arche de Noë (après moi le déluge)

J'ai déjà eu l'opportunité d'exprimer mon opinion sur la privatisation en cours de GDF.
Je ne me pose pas la question de l'utilité d'une telle mesure.
A 9 mois d'une élection majeure, il est raisonnable que cette décision soit tranchée dans les urnes.
Nos députés ont voté en 2004 une loi pour protéger le service public de l'énergie.
Il y a peut-être de bonnes raisons de remettre en cause cette loi en 2006.
La question mériterait d'être mûrie jusqu'en 2007
Il serait incohérent que ces mêmes députés votassent les propositions A et non-A à 2 ans d'intervalle sans remettre leur mandat en jeu.
L'enjeu est l'indépendance energétique de l'Europe qui mérite d'être débattue avec nos partenaires.

Il est un autre problème que l'ensemble des pays du Nord cachent sous le tapis.
Le trou dans la couche d'ozone, découvert en 1956.
Ce trou est la conséquence finale de toutes les pollutions atmosphériques conjuguées.
Il constitue le principal moteur du dérèglement du climat et de l'extinction qui l'accompagne.
Le trou d'ozone constitue une loupe qui concentre les rayons cosmiques et les uv du soleil.
Les zones exposées au feu cosmique grillent donc un peu.
Les mesures prises depuis les années 80 ont stoppé l'agrandissement de ce trou.
Les scientifiques pensent qu'il se résorbera vers 2050 (hormis un dégraisseur de mammouth qui, lui, barrit que tout va bien).

Je me suis proposé, exercice d'agilité mentale, d'imaginer quelles espèces auront disparu d'ici 2050.
Le calcul est rapide : l'extinction a accéléré vers 1900 (les conséquences de l'ère industrielle).
50 ans plus tard c'est la découverte du trou.
50 ans plus tard, en 2000, les grands singes commencent à disparaître.
2050 laisse libre cours à 50 années d'extinction supplémentaires, largement le temps pour que le phénomène de dérèglement climatique s'emballe.
Homo sapiens sapiens est le prochain singe de la liste.
Il y a donc un bug.

Il faut reboucher ce trou le plus rapidement possible.
Ne me demandez pas comment, je ne suis pas compétent en la matière.
Je sais faire des additions.
En 2050 je serais (pour le meilleur ou le pire) nonagénaire.
Mon extinction personnelle est donc naturelle à cette échéance, en l'état de la science en 2006.
Qui a choisi de concevoir des enfants après 2000 devrait, en revanche, légitimement s'inquiéter de leur avenir.

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