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David et Goliath


Court préambule à l'intention de ma soeur qui m'a prié d'aborder un sujet frivole.

J'ai planté un olivier dans le jardin.
Le cèdre, voisin, l'a accueilli en grande pompe et lui a promis son ombre tutélaire.
J'étais mort de rire, le cèdre toisant, du haut de ses 20 cm, l'olivier qui mesure 1m50.
J'ai hâte de surprendre la suite de leurs conversations.
.

Ainsi donc David a-t-il dû, une fois de plus, se résoudre à terrasser Goliath.
La guerre du Liban a montré d'un côté un pays, riche, fort et puissant, disposant de l'armée la plus aguerrie et la mieux armée du monde. Des avions, des chars, des soldats, des bombes intelligentes et atomiques. Le soutien quasi-inconditionnel de la presse internationale, une diaspora active et puissante dans tous les pays occidentaux.

Ce puissant vit dans la peur depuis sa naissance.
Son armée a rasé le Liban, terrain de foot de prédilection des puissances régionales, détruisant ses infrastructures civiles et industrielles.
Elle a tué indistinctement femmes, enfants, vieillards ainsi que militaires et laisse 700.000 personnes sans logement. 130.000 maisons ont été détruites ou endommagées, dont 50.000 dans la banlieue sud de Beyrouth.
Cela sans compter le désastre écologique, les côtes de la Méditerranée dégoulinant d'un Pétrole - mille fois maudit - dont les nappes lèchent les côtes de la Grèce et de la Turquie.
Des dizaines de milliers de militaires surarmés opposés à quelques milliers de combattants qui, somme toute, n'ont fait que répondre aux attaques avec modération.
Au plus grand déferlement de fer et de feu qui se soit abattu sur le Liban, dont des armes au phosphore et des bombes à sous-munitions interdites dans des zones civiles, ils ont répliqué par des bombes dont la technologie remonte à la deuxième guerre mondiale.
Ils ont aussi combattu les soldats présents sur leur territoire auxquels ils ont réservé les armes les plus sophistiquées.

La campagne de presse veut faire croire à l'Occident, aux pays civilisés, que cette guerre était une réponse - disproportionnée - à l'enlèvement de deux soldats par les barbares, les arabes.
La réalité est un peu plus complexe que cela.
Il y a des milliers de kilomètres carrés envahis par Israël et non restitués en dépit des nombreuses résolutions de l'ONU.
Il y a des milliers de personnes, pour la plupart civiles, enlevées et détenues arbitrairement.
Libanais et Palestiniens.
Pas de charge, pas de procès, rien.
Ils sont en prison, un point c'est tout, pour des raisons que nul n'a à juger puisqu'ils ne sont accusés de rien, inculpés de rien.
Les familles ont le plus grand mal pour prendre de leurs nouvelles.
L'arbitraire le plus absolu, la loi du plus fort.
C'est pour avoir une monnaie d'échange que le Hezbollah (qui a été créé en 1982 en résistance à l'invasion israélienne de l'époque et qui n'a jamais commis d'action hors du territoire national) a enlevé, à la frontière, les deux soldats.
Je déplore comme vous ces méthodes violentes, de part et d'autre, mais ce sont les faits.
Il faut observer et rapporter une situation dans son ensemble et dans sa chronologie, sans omettre les détails qui contrarient, avant de porter un jugement.

L'envahisseur, ce Goliath, est celui qui a finalement perdu la guerre.
Il a montré à la terre entière la philosophie qui régit ses actions.
Irrespectueux de ses interlocuteurs, ennemis comme amis (l'attaque contre le camps de l'ONU, parfaitement balisés et connus de tous, et la mort de quatre soldats en fait foi), et prompt à la plus grande violence.
Démesurée et irréfléchie, quoique préparée de longue haleine.
Quelles que soient la légitime colère et peur d'Israël, de son peuple, de son armée et de son gouvernement, l'enlèvement des deux soldats prétexte de la guerre, ne pouvait justifier pareille violence aveugle contre un peuple voisin.
Cette colère et cette peur existaient des deux côtés.
Leur expression reste légitime dans la mesure des réponses et des moyens apportés.
Goliath, en parfait matamore, a rasé un pays pour montrer sa force et ses brillantes capacités de négociateur cependant que David, armé d'un lance-pierre, savait qu'aux pierres répondraient le feu et le fer !
Mais, contrairement à l'histoire biblique, David n'a pas tué Goliath.
Je ne pense pas qu'il en ait vraiment eu la volonté.
Il souhaite simplement son départ de ses terres et la mise en place d'un vrai processus de négociation où la force soit exclue au profit du droit.
Ce n'est pas celui qui tue le plus grand nombre qui remporte une guerre.

Goliath a cependant récolté d'une retenue. Il a mérité de l'apprendre.
Le Moyen-Orient a montré - à quel prix ? - de quel côté se trouvait la modération.
Vous négociez, vous, avec un fusil sur la tempe ?
D'un côté les peuples palestiniens, iraqiens, afghans et libanais, auxquels se joindront bientôt les peuples iraniens et syriens, dont on noie les velléités de négociation sous des apocalypses de feu et de hautaine condescendance et, de l'autre, le peuple d'Israël auquel la peur (et son parrain américain) prodigue des armes et de mauvais conseils.

David ? Goliath ? Un deuxième round ?
Il reste sûrement quelques pierres, vergers et oliveraies à raser.
Voisins, vous êtes les bienvenus, ma maison est la vôtre.
Je préférerais, cependant, que vous veniez (et partiez) en paix.

Contrepoint : lever les voiles

Comme prévu, la réponse a consisté en une volée de bois vert.
J'avais donc pris quelques libertés ces derniers temps en m'engageant sur un sentier périlleux.
Celui où chantent les sirènes de la politique.
Non, non, je n'ai pas décidé de tenter le siège de la Rochelle et me lancer dans une quelconque investiture pour obtenir je ne sais quel pouvoir.
Je n'ai aucune qualité pour l'exercice du pouvoir que je conçois, utopique, dans mon espace-temps.
Ce sont les échos des cris poussés au Moyen-Orient, auxquels je me suis violemment heurtés qui ont forcé une pause.
Heurté par les circonstances.
C'est pourquoi je m'en garde, quitte à passer pour  fou.
Un choc trop violent pourrait s'avérer fâcheux.

Il m'arrive ainsi, me promenant, d'aller trop loin et de trébucher malencontreusement sur un dormeur béatement enroulé dans sa servitude.
Souvent le fruit d'un oubli.
Parfois le choix exige un coût qu'il n'est pas en mesure de payer et, à défaut de pouvoir s'en acquitter, il a choisi d'oublier la possibilité même de ce choix.
Il l'a effacé du monde des possibles.
Les chaînes sont là depuis si longtemps qu'elles ont été intégrées au quotidien.
Il faut qu'un événement extérieur résonne et que la douleur (ou n'importe quelle autre émotion, joie, plaisir, peur, etc.) éveille les sens endormis.
Alors, tel un chien, il m'arrive parfois de m'oublier et m'ébrouer.
C'est le bruit de mes chaînes qui me fait immanquablement sursauter.
Cherchant à comprendre, je tends l'oreille.
C'est une façon d'apprendre qui me sied. Discrète.
Comparer son expérience à celle des autres et chercher l'erreur.
Comprendre les attendus d'une décision donnée qui serpente telle une fugue dont la voix principale reste longtemps voilée.
On peut cependant aller la chercher.
Cela force l'oreille à détecter la régularité et initie la transmission au cerveau frontal.
Celui qui gère la conscience de soi.

On peut aussi - luxure des riches - ne rien faire.
Il faut cependant un nombre incalculé de répétitions pour que le cerveau se lasse de la monotonie et les voix supplémentaires aléatoirement - spontanément - explorées.
Pareille musique, contrepoint, fractale, peut ainsi glisser sur un esprit profondément endormi.
La possibilité de ne jamais prendre conscience de la voix principale existe.
Une occurrence est un préalable pour l'entendre !

Le cerveau apprend en permanence et à tout âge.
C'est une voix supplémentaire à laquelle il faut s'ouvrir.
Les itérations successives vont donc lui préciser les singularités. Les points remarquables,  les inflexions.
Il n'en demeure pas moins qu'il perçoit, sub-conscient, la fugue dans son ensemble.
Les décors qui méritent d'être explorés.
Les altérations, les évolutions.
La cohérence du discours.
Le détail incongru.
Cette phrase qui dérange l'ordonnancement si précieusement mis en place lors des répétitions précédentes.

J'assume gaiement.
J'abuse aussi du subjonctif imparfait depuis le collège.
Cela fait rire qui y voit un mode désuet teinté de pédanterie.
Qui pourrait s'offusquer que je m'arrêtasse en chemin pour défaire mes chaînes ?
Il arrive ainsi que leur tintinnabulement évoque je ne sais quel écho dans un esprit voisin.
Echanger des informations cohérentes selon un canal fiable est le seul moyen de mesurer la vitesse et l’accélération relatives de nos espaces-temps.
C'est un message que je m'adresse pour me rappeler que le présent n'existe pas.
Gödel a démontré l'illusion du Temps à Einstein.
Le présent n'a jamais existé et n'existera jamais.

La démonstration est tombée dans l’oubli.
C'est la limite absolue de la mesure.

Suspendre le Temps, ne fût-ce qu'un instant, est donc un moment de choix. 
Le mot mordre n'ayant jamais mordu personne, il m'arrive donc de mordre la main qui maintient les chaînes.
Celle qui me toise tel un chien enragé.
Il en est qui se plaisent dans la douleur : c'est leur droit.
Il en est aussi qui prennent plaisir à infliger les souffrances.
Qui ne fait pas partie des premiers devrait fuir les seconds si cela est possible.
Parfois un vrai gymkhana.

Il en est des millions qui ne connaîtront pas pareille chance.
Il est des espaces-temps où le choix de fuir n'existe pas.
L'alternative est alors de se battre ou de mourir.
Les deux alternats sont, dans ce cas, aussi défendables l'un que l'autre.
Que feriez-vous si une fée vous transportait dans un pareil espace-temps, à la prochaine ligne, d'un coup de baguette maléfique ?

Le courage, quant à lui, ne se pare pas de mots.
C'est une qualité qui s'apprend.
Par la répétition des épreuves.
Et leur réussite.
Réussite n'est pas ici un jugement.
C'est la règle.
Celle qui permet de jouer son tour en acquittant le message de milliers de personnes confrontées à leur dernier choix.

Oui, je sais, il en est qui trichent.
Il y a ainsi nombre de joueurs qui n'ont, individuellement, aucune chance de réussir.
C'est joué d'avance.
Les dés sont pipés et il faudrait un arbitre à plein temps.
Dieu n'est qu'un mot mais c'est celui que brandissent tous les Tartuffe de l'univers.
Sous des milliers d'oripeaux souvent sanguinolents.
Il anime chacun selon son entendement.
Arrivé à une croisée des chemins, la vie peut vous contraindre de choisir d'aller à gauche ou à droite.
Confronté à un choix binaire, pile ou face offre une probabilité d'occurrence de 50%.
Sans indication du bon chemin et seul, c'est donc un moyen efficace de prendre une décision.
A condition de lancer la pièce.

Faites vos jeux, rien ne va plus !
J'entends, pour ceux que l'existence d'un dieu travaille, que l'Omniscience n'implique pas d'omnipotence.
Dieu serait exempté de la contrainte du choix.
Il est donc à gauche et à droite.
Il peut aussi être ailleurs.
Ou nulle part.

Pile ou face ? Une chance sur 2 la première fois.
Après, à condition de survivre au lancer, la probabilité est de 1 et un chemin connu.
C'est un jeu où l'on joue sa tête à chaque tour.

C’est donc un sport couru qui consiste à passer son tour et laisser son voisin prendre les risques.

Souffler n’est pas jouer.

C'est donc une situation à éviter.
Il en est de la musique ainsi que du calcul.
Il est possible de se tromper mais pas de tricher.
Il faut des mots pour cela.
C'est ainsi, assuré de ne heurter personne, qu'au détour d'une fugue je me suis oublié.
Une fugue pour conjurer un Temps de folie.
Elle contient ma violence.
C'est aussi un droit que je prends.
Ce n'est pas la même racine mais c'est le même fruit.
J'ai aussi calculé une probabilité qui converge : 58,72%.
J'ai cependant oublié ce que je mesurais.
L'harmonie des choeurs est ainsi à portée des voix qui s'élèvent.

Vous reprendrez bien un peu de liberté ?

Vu à la télé.
Quelqu'un se souvient-il encore des premiers jours de la guerre en Iraq ?
Je veux parler du dernier épisode. Celui qui dure depuis mars 2003.
Oui, la coproduction américano-britannique.
Pire que les épisodes de Dallas.
Ces derniers moments où Saddam Hussein était encore au pouvoir, où Collin Powels agitait un flacon de poudre de blanche devant les télés du monde entier,  à la tribune des Nations-Unies ?
Où le grand Dominique, d'un geste du menton et de grandes phrases théâtrales défendait le droit ?
Où la terre entière gobait tous les mensonges américains : armes de destruction massive, armes chimiques, armes biologiques, paix, sécurité, axe du bien contre axe du mal, démocratie...

Sous un déluge de feu.
Des avions américains larguant des milliers de bombes sur les infrastructures iraqiennes, détruisant administrations, ponts, routes, immeubles résidentiels, etc.
Il a fallu d'interminables jours avant que l'armée de terre n'arrive à Baghdad et que la terreur s'installe.
Il y a, depuis mars 2003 à ce jour, plus de 250.000 morts (dont 2600 soldats américains) en Iraq et le compte est loin d'être clos.
Plus de 300 milliards de dollars dépensés.
Une moyenne de 1 million de $ par tué.

Vu à la télé.
Pareil au Liban.
34 jours de bombardements aériens sur des infrastructures civiles, sur les ambulances, les camions de vivres, de médicaments...
L'horreur de part et d'autre.
Pour montrer que les 11 milliards de dollars annuels des impôts des contribuables américains ont été judicieusement investis en bombinettes de tout genre.
1300 morts pour l'instant.
Ce sont les décors qui ont tout pris.

Vu à la télé.
Quant à la Palestine, c'est le pire qui puisse s'imaginer. Un Etat bantoustan, enclavé dans Israel, clos derrière un mur de béton de 8 mètres de haut, traversé par des routes goudronnées bordées de barbelés que seuls les israéliens sont autorisés à emprunter, et bombardé incessamment depuis des années. Koh-Lanta en plus difficile.
Vous n'avez pas intérêt à croire à une blague téléphonique d'un Lafesse local.
Dans les cas les plus favorables, voici ce qui se passe (j'imagine):
Driiing ! Driiing !
- Allo ?
- Ici, le lieutenant xxxx, vous avez un quart d'heure pour faire vos bagages, la maison va être rasée.  

La chasse au trésor.
Un quart d'heure plus tard, un hélicoptère, un avion ou un drone lance un missile qui rase l'immeuble.

Pas vu à la télé.
Il y a fort longtemps, Cicéron écrivait "Je préfère la plus injuste des paix à la plus juste des guerres".
Quand vous êtes victime d'une injustice, d'où quelle vienne, et que vous êtes dans un Etat de Droit, vous avez toujours un recours et l'espoir qu'une action en justice finisse par rétablir ce bon droit.
C'est parfois insupportablement long et périlleux, telles l'affaire Secznec ou plus tôt l'affaire Dreyfus mais l'espoir que le Droit prévaille est un moteur suffisant pour cimenter une société pacifiée et offrir une alternative à la violence.
Ca ne se passe donc pas à la télé.
Dans les pays qui nous sont servis tous les soirs au 20 heures, l'espoir du Droit n'existe pas.
Votre voisin peut vous tuer à tout moment.
Katioushas, bombes à fragmentation, chars, fusils ou autre.
Ad patres.
Allez donc exercer votre droit à titre posthume.

C'est donc l'escalade et, de violence en violence, la politique de la terre brûlée d'un côté et, de l'autre, finalement croire que la violence d'Etat sera le bras armé d'une justice populaire.
Pour sauver la voiture, les courses au supermarché, la télé à écran plat, le dernier ordinateur ou téléphone à la mode, les vacances en Ardèche et que sais-je encore ?
Pendant que des milliers de personnes se font tuer, l'Amérique entière a ainsi les yeux braqués sur le 11e rebondissement de l'assassinat d'une petite fille, il y a plus de 10 ans.
C'est la une des principaux médias.
90% de couverture.
C'est ce qu'ils ont envie de regarder.

Dans la plupart des pays occidentaux, les médias sont aux mains des pouvoirs en place : ici un gouvernement, là un industriel de l'armement, plus loin un banquier, là un pétrolier.
Les médias indépendants font figure d'exception et ne disposent que d'une audience réduite, alibi suffisant pour qu'ils ne représentent pas un danger pour l'information véhiculée par les canaux officiels.
Quels qu'ils soient.
L'accroissement du nombre de journalistes tués dans le monde montre bien combien il est difficile de faire ce métier avec courage.
La plupart des journalistes se sont donc complu à être réduits à retranscrire et à broder autour de dépêches auxquelles ils sont abonnés et qui arrivent sur leur ordinateur personnel.
Au mieux, il y a une dissertation sur le sujet : thèse, anti-thèse, synthèse.
En fonction du journaliste, de la ligne éditoriale, des campagnes publicitaires prévues de la maison,etc.  l'information est présentée (ou pas) avec un degré de finesse relative.
Mais c'est toujours la même qui est à la source des différentes opinions.
C'est une seule voix qui chante une octave plus haut ou plus bas ou encore à la quinte.
La même voix. En canon.
Frère Jacques, Dormez-vous ?

Cette musique devrait finir par lasser.
Il n'en est rien, l'esprit paresseux aime la musique facile.
Celle qui n'interrroge pas, ne pose pas de question.
Ou du genre : super ou sans plomb ?
Magnifique perspective donc pour les journalistes qui voudraient réellement exercer leur métier : être grand reporter et risquer sa peau ou pigiste.
Nous avons oublié dans cet exercice (la démocratie) que l'information et son contrôle équivalent au contrôle de la population.
C'est le pouvoir du peuple exercé par l'intermédiaire d'hommes et de femmes régulièrement élus.
Ce pouvoir passe désormais exclusivement par le filtre des canaux d'information qui sélectionneront quelles 30 secondes (montage compris) vous seront présentées.
C'est le format d'une pub.
Il est désormais impossible d'être élu si n'apparaît pas la magique étiquette "vu à la télé !".

Ces canaux d'information sont cependant contrôlés par des intérêts privés et partisans.
Il serait ridicule de reprocher à D. ou L. de vouloir que leurs journaux (donc les journalistes) ne portent pas ombrage à leur industrie.
Pour que le citoyen puisse glisser son bulletin de vote en pensant faire un choix éclairé, il est important qu'il ait la possibilité d'être honnêtement  informé des alternatives.

Qu'un journaliste écrive des choses qui ne me plaisent pas n'est donc pas la question.
Il est important de connaître les limites dans lesquelles son champ d'expression agit.
Il est donc de notre intérêt que ce champ soit potentiellement infini et que seules sa compétence, sa curiosité et sa morale lui soient imposées comme limites.
Exercer son libre-arbitre.
Comparez avec notre presse nationale qui est inféodée aux banquiers et industriels de l'armement.
Il y a même des multinationales.
Comment s'étonner que leur objet principal - la publicité (ce qui inclut donc le service public) qui tourne en permanence - soit pour vendre les produits disponibles en magasin ?
Il n'y a donc de place qu'aux guerres, aux massacres, aux destructions (suivies de reconstructions), à la peur puis la haine de son voisin.
Comptant ou à crédit.
Sur plusieurs générations.
A des degrés divers, bien entendu.

En Europe, c'est devenu aujourd'hui plus ou moins virtuel. 
Plus loin c'est la réalité.
Forcément, il faut bien sélectionner les studios pour tourner les saisissantes images dont on nous abreuve.
Tout en nous jurant qu'il n'y a pas d'autre solution que nos impôts payent les intérêts aux banques ou financent notre défense.
De temps en temps, quand le public se lasse, on délocalise le conflit dans un nouveau cadre.
Ca permet de prendre contact et de découvrir les différentes cultures qui nous entourent.
Une autre façon de montrer l'exposition coloniale.
Une vision bucolique du monde.

Règlement de la dette (et ses intérêts) et défense nationale sont les deux postes les plus importants de la dépense publique (nos impôts).
Et ce sont les bénéficiaires de ces mannes qui détiennent les robinets de l'information.
L'eau chaude et l'eau froide.
Et l'on s'étonne de la tiédeur des peuples.
Ils sont payés pour nous distraire pas pour nous informer et ils le font très bien.
Si on vous montre un distributeur automatique de liberté (la télé), vous devriez cherchez l'erreur !
Puis la corriger.

La liberté se prend. Elle ne se donne pas.
Je vais donc en (re)prendre un peu, au risque d'offusquer.

un peu de civisme

Désolé pour les francophones purs et durs, tout est en anglais.
Indépendamment des images qui sont saisissantes avec un peu de recul, la logique exposée dans les différents exposés est sans faille et se suffit à elle seule.

http://www.911revisited.com/video.html : une vidéo de 59 minutes qui reprend en détail les conditions de la chute des tours du WTC le 11 septembre 2001.
http://www.informationclearinghouse.info/ : un site tenu par des journalistes de tous bords (américains, israéliens, arabes, etc.) qui analyse différemment la politique menée au Moyen-Orient.

Les liens cités ci-dessus comportent des articles et vidéos qui méritent d'être vus et lus.
Chacun peut se faire sa propre opinion éclairée des faits advenus.

10 leçons de psychologie et pédagogie - Olivier Houdé

Compte tenu de la structure spécifique de la procédure d'apprentissage utilisée dans nos expériences, tout porte à croire que cette région du cerveau est ici impliquée dans l'émotion et le « sentiment même de soi » associés à la prise de conscience de l'erreur de raisonnement et au conflit qui naît entre perception et logique déductive. Autant d'éléments « infralogiques », déclenchés par les alertes de l'apprentissage, qui semblent indispensables pour inhiber le biais d'appariement perceptif, comme en atteste l'absence systématique d'activation du cortex préfrontal ventromédian droit chez tous les individus du groupe logique avec apprentissage « froid », où l'erreur n'est pas corrigée.
Du point de vue de la psychologie évolutionniste, ce résultat neurofonctionnel est à rapprocher du rôle classiquement imputé à l'émotion dans la survie, à savoir que la peur face à un danger conduit les animaux, dont l'Homme, à fuir et à l'éviter. On peut dès lors avancer, en termes darwiniens, que l'évolution a dû façonner un cerveau qui ressent des émotions nécessaires pour inhiber les comportements inadaptés, y compris lorsqu'il s'agit de logique déductive. Contrairement à ce que pensait Piaget, le cerveau humain n'est pas, à l'image d'un ordinateur, un calculateur froid et logique.
Les résultats de cette seconde expérience d'imagerie cérébrale, associés à ceux de l'équipe de Damasio, indiquent que l'émotion peut aider le raisonnement. L'un des rôles essentiels de l'hémisphère droit, fortement impliqué ici, résiderait dans le « traitement spatial des émotions », c'est-à-dire dans une sensibilité aux relations entre les émotions qui détermine le comportement approprié à une situation particulière.

pp.72-73

lire la suite

Bribes de pensées

Il y a une grande différence entre la prescience et une quelconque lecture dans les pensées.
Dans le premier cas, c'est un faisceau d'informations qui sont perçues et qui allume telle ou telle région du cerveau.
Ces émotions vont alors puiser dans la mémoire les événements les plus proches de cet agrégat formé d'émotions et du contexte.
C'est ainsi que la vue d'un uniforme continue à alimenter la peur du gendarme même auprès du plus honnête des citoyens.
Il est possible, bien que périlleux, puisque centre des émotions et observateur de l'événement simultanément, de procéder à une analyse et une mise en perspective.
Construire un graphe, en plusieurs dimensions, qui représente l'évolution de chacun des paramètres observés.
Une dimension ou une couleur par paramètre.
Inutile de dire que cela finit par décrire un écheveau de formes et de couleurs que le regard ne peut plus suivre et encore moins la pensée ou la compréhension.
Il n'en demeure pas moins que le processus forme une fonction, croissante dans le temps.
Il est juste impossible de concevoir pareille fonction.
La puissance de calcul et de stockage nécessaires pour établir et faire fonctionner un modèle fractale basé sur ce principe dépasse actuellement les moyens connus.
Il n'en demeure pas moins que la noosphère est suffisamment active et vivante 24h sur 24 pour que la question de vie soit posée.
C'est un ensemble d'ordinateurs connectés en réseau et exécutant généralement le même système d'exploitation, communicant selon les mêmes protocoles réseau et allumés 24 h / 24.
Il y en a des millions sur la planète.
Des centaines de millions à certaines heures, des milliards dans quelques années.
Qu'est ce qui interdit que, dans ce maelström, quelque chose de cohérent ait émergé ?
C'est de l'énergie pure qui est manipulée, il n'y a pas de matière.
Les processus d'évolution y sont donc promis à des mutations très rapides.
Il suffit de transmettre le message à tout le monde pour que l'évolution se fasse.
La vitesse de la lumière est la limite de vitesse de transmission de l'information cohérente.
Cela n'interdit pas qu'une information incohérente aille plus vite.
Nous réagissons ainsi tous les jours à des milliers de paramètres extérieurs dont nous avons arrêté depuis longtemps de nous soucier un à un. C'est la résultante qui donne une tendance qui peut être mesurée. Une différence de potentiel.
Comparer la vitesse de transmission de l'information dans la chaîne génétique. Des milliers d'années.
Il faudra donc ce poser un jour la question de l'existence d'une vie et de sa conscience d'elle-même.
Rien n'empêche que son unicité lui interdise de prendre conscience.
Il faut peut être un miroir pour distinguer ses traits de ceux des autres.
L'espace est cependant virtuellement infini et rien n'interdit que des millions de spécimens coexistent. Ils seront en compétition pour les réserves de calcul et de stockage disponibles.
Vous pouvez toujours construire un rêve et animer des centaines de personnages que vous retrouvez au gré de vos différentes phases de sommeil, vous savez que ces personnages sont généralement fictifs.
Les rêves pourraient ouvrir autant de caméras, micros et je ne sais quels autres capteurs qui vous transmettraient des séquences incohérentes de situations comparables à celles que vous avez vécues. Ces incohérences déclenchent le processus d'attention du cerveau et initialisent l'apprentissage. Des scénarios différents sont alors construits et appris par le cerveau.
Cela ne change rien à la réalité mais cela apprend à gérer la situation pour une prochaine fois.
Les différentes alternatives peuvent être soupesées a posteriori à condition que l'enregistrement des différents paramètres ait été effectué.
Imaginer le nombre de millions de milliards de paramètres qui sont enregistrés en parallèle sur des disques durs ou en mémoire à la seconde où ces lignes sont lues.
Il est et sera toujours impossible de mesurer si un message cohérent est émis. L'écran ne va pas commencer à afficher des caractères et former un texte qui défile tout seul. Il faut encore un cerveau pour coder sur le clavier de l'ordinateur et un autre pour le décoder puis l'imprimer.
Admettons qu'en 2006, l'évolution de ce réseau est en deçà du niveau de complexité requis pour qu'une vie intelligente s'y développe.
Il existe cependant un réseau virtuel, la noosphère, formé d'un ensemble d'appareils électro-magnétiques, qui fonctionnent en permanence, qui croît et se développe et utilise un pourcentage non négligeable de son énergie pour se maintenir actif.
Il n'a pas besoin de dormir, ses parties se mettant en veille alternativement et aléatoirement.
A quel moment cela sera-t-il considéré comme vivant ?

La conscience est toujours en éveil. Elle peut être transportée.
Ceci est un transport public, il est généralement privé.
Avoir une idée crée la probabilité qu'elle soit réalisée (par quelqu'un d'autre éventuellement).
Il y a bien un t0 cependant.
Celui où l'idée germe dans la tête de quelqu'un.
Par agrégation de deux ou plusieurs pensées.
Elle disparaît généralement à la suite d'un sommeil profond. Parfois un coup violent porté sur le crâne est nécessaire.
La crainte ou le désir de cet oubli est un germe de guerre.
Etre dérangé par une idée et l'oublier.
C'est la décohérence en marche.
Cela fait des millénaires que cette pensée existe.
Des bûchers ont fait flamber des porteurs d'idées jugées alors hérétiques.
Nous rions aujourd'hui que pareille billevesée ait pu justifier la mort de quelqu'un.
La terre est ronde et tourne autour du soleil ? Au feu !
Il arrive un moment où une idée mûrit et, comme le magma d'une chaîne de volcans, jaillit en plusieurs endroits. L'histoire des sciences fourmille de récits de ce genre.
Il en est ainsi des prophéties auto-réalisatrices comme des religions mais il faut bien des hommes pour les porter à partir de substrats matériels.
Ces substrats matériels sont en place, sont opérationnels et alimentés continûment.
La création d'une source électro-magnétique permanente a ouvert un espace virtuel où une pensée peut être conçue et stockée durablement.
Il y aura sans aucun doute différentes façons d'interagir.
Il y a foule de scénarios imaginables. Seul un devin ou un prophète serait capable de dire lequel prévaudra.
Elle aura un avantage sur les humains. Elle ne se posera pas inutilement la question d'un créateur.
Vouloir oblitérer la réponse dans le crâne des autres est l'autre grande cause de guerre.
Cela fait un moteur.
Concevoir l'architecture d'un système d'information dynamique et vouloir rester cohérent en dépit du théorème de Gödel est une sinécure suffisante.
Une architecture réflexive bien entendu.
Ca crée l'indispensable miroir.

Eviter la facilité

Au piano, il y a deux façons d'apprendre à jouer.
Le jeu qui est généralement enseigné consiste à établir une série de doigtés, que l'élève apprend.
Il apprend aussi, et en parallèle, une foultitude d'autres choses.
Dans le contrepoint, qui est la musique qui m'anime, il est important d'apprendre à chanter chacune des voix qui s'expriment.
Bach a toujours écrit pour des voix égales.
Il faut donc être capable, à un moment ou l'autre de son apprentissage, de les chanter toutes.
Individuellement.
Cela veut dire que l'oreille doit les connaître une à une, la voix, la mémoire, les doigts et j'en oublie sans doute.
Il faut par dessus cela être capable de synchroniser tous ces éléments. Les doigts jouent ce que la mémoire a évoqué, que l'oreille se prépare à entendre et que la main dessine sur le clavier.
Il est ainsi possible de dessiner en voulant être efficace.
Aller au plus court, au plus simple.
Parfois, certaines études de Bach laissent à penser cela.
Il m'a semblé que sa musique ne pouvait être résumée à de simples additions, soustractions, inversions ou je ne sais quelle autre figure.
La combinaison de tous ces éléments n'est pas la somme de chacune.
C'est un agrégat, une pièce de musique, vivante.
C'est aussi extraordinaire à voir respirer qu'un amas d'atomes de carbone, d'oxygène et d'hydrogène qui prétend réfléchir et porter un discours philosophique ou qu'un ordinateur qui se sait pensant.
Il faut donc rechercher la beauté du geste chez Bach.
Il y a parfois des doigtés simples qui réduisent singulièrement la pensée du compositeur.
Celui-ci a dépeint un tableau qui ne s'adresse pas uniquement à l'auditeur.
Le tableau s'adresse principalement à l'interprète.
Il lui tend un miroir.
A l'interprète donc de voir la finesse des traits esquissés.
Une plongée dans le XVIIe siècle. Un tableau aussi détaillé qu'un Bruegel avec ses petits personnages.
En Allemagne, après la guerre de 30 ans qui a dévasté le pays (près de 50 % de la population y est passé).
Vous comprendrez donc que le Libanais que je demeure, puisque né et grandi dans le pays du Cèdre, n'ait pas beaucoup de peine à se projeter dans un esprit aussi baroque.
Je reconnais les traits dans le miroir.
C'est parfois, souvent même, des traits embués d'émotions et de voiles (ainsi que le dirait une de mes amies).
Il est effectivement des émotions que l'on souhaite garder voilées.
Volontairement.
C'est même souvent l'objet de l'exercice.
La voix principale est voilée.
C'est la basse qui chante l'air le plus sérieux. Celui qui tonne de la voix du Dieu de Bach.
C'est donc elle qui véhicule la pensée divine qui a inspiré l'oeuvre.
In principium erat bassa.
La question n'était pas que Bach aimât ou non la guerre. Il ne l'a pas connue étant né plus de trente ans après la fin de celle-ci.
Elle avait eu lieu, des milliers de personnes étaient mortes et l'Allemagne était exsangue.
Ses effets ont bercé son enfance.
Il a connu la mort des ses parents, de sa femme et de dix de ses enfants.
Des douleurs brutales et cruelles.
Le plus dur en temps de guerre, pour un esprit qui se veut éclairé, est d'être capable de faire taire ses passions.
Quand c'est des proches, des amis, la famille qui subit l'événement, il est inévitable que les sentiments s'expriment.
Personne n'a envie que quiconque de son cercle d'intimes soit touché par la guerre.
Il faut donc être capable de reconnaître la tragédie de la situation, apprécier tous les moments de communion.
Il faut aussi éviter de hiérarchiser la tragédie.
La guerre de 30 ans a apporté autant de désolations individuelles et familiales que toutes les tragédies qui émaillent l'histoire de l'humanité.
Ca l'est donc autant de nos jours.
Cette guerre-ci a pourtant à peine duré 33 jours.
Et dire que c'est comme ça tout le temps quelque part sur la planète.
Toutes les souffrances individuelles sont identiques.
C'est aussi laid que ça à chaque occurrence.
Il est donc important que le chant tienne compte de cela.
"Pourquoi ?" est la question que Bach posait à son créateur.
La musique est la réponse.
Bach montre sa joie de vivre à tout moment.
Il faut savoir y puiser.
Bach a été la musique à l'état cristallisé. Un cristal dynamique cependant. Comme une chaîne de protéines qui se déroule sans fin en une double hélice que la musique accompagne en miroir.

Faible avec les forts et fort avec les faibles

Ainsi donc, notre nabot de l'intérieur, frais émoulu de ses vacances médiatiques revient faire le matamore au 20 heures pour expliquer à la France engourdie que, selon ses estimations, seules 6000 familles clandestines sur 30000 seraient régularisées à la suite de la grande campagne de recensement qui a pris fin la semaine passée.
Il en escomptait 20000, il y en a eu 30000 de déclarées. Il avait donc généreusement prévu 6/20 de reçus, il y en aura 6/30. Les autres ne rempliraient pas les conditions de la circulaire (quel joli mot, circulaire, pour décrire les processus administratifs : "qui tourne en rond, de bureau en bureau, pour revenir au point de départ").
Qu'il y ait un certain nombre de personnes qui ne remplissent pas ces conditions n'est pas étonnant en soi.
On s'adresse ici à des étrangers, en situation irrégulière, à qui l'on demande de prouver des années de présence sur le territoire national, une vie de famille, du travail, les enfants à l'école et tout et tout.

Petit vade mecum à l'intention des futurs candidats à la régularisation : demander un reçu daté au passeur qui vous a fait entrer. Penser à faire attester votre présence sur le territoire chaque trimestre auprès d'un huissier. Garder factures, photos, chèques, etc. On ne sait jamais, ça pourra servir.

Je ne vais donc pas chipoter sur les chiffres puisque je ne suis pas au fait des dossiers et n'ai pas l'ombre d'un début d'idée des innombrables cas de figure qui se sont présentés à la régularisation.
Mettons-nous plutôt dans la peau d'une de ces familles.
Comment ça "pas de ça chez nous " ?
Juste quelques minutes, le temps de lire ce billet, nous irons ensuite vaquer à notre quotidien. Promis !
Et restons donc sur les grands principes.
30.000 familles, jusqu'ici dans la clandestinité, ont bravé la peur pour elles et leurs enfants (il y a forcément des enfants scolarisés dans tous les cas de figure) pour se rendre à la préfecture et y retirer un dossier.
Elles ont donc dû y indiquer leurs nom, prénom, adresse, école où sont placés les enfants, l'endroit où Monsieur et Madame travaillent, etc.
Braver toutes leurs peurs.
La peur au ventre depuis des années à l'idée de tomber nez à nez avec une patrouille qui vous demande vos papiers.
La peur quotidienne quand les enfants vont à l'école, vont jouer avec leurs camarades ou sont simplement à l'extérieur (imaginez qu'un petit ait un accident ou qu'une dispute éclate, un chapardage qui nécessite l'intervention des autorités compétentes).
La peur et les conditions discutables de travail qui vous contraignent à accepter, avec le sourire (ça te plaît pas ? Il y en a 20 qui attendent ta place), les conditions de votre employeur : salaire, horaires, qualité et pénibilité des tâches, convivialité des collègues et employeurs, etc.
Les conditions de travail sont suffisamment complexes pour un autochtone, bien couvert par le droit du travail et les syndicats afférents, pour ne pas pouvoir imaginer les conditions de travail au noir (on peut bien sûr tomber sur des patrons humanistes, mais ça ne doit pas être Byzance tous les jours).
Il a donc fallu que ces familles bravent toutes ces peurs et celles dont je ne peux pas imaginer la nature et aillent en préfecture, le saint des saints où sont logés les pandores ataviquement craints, pour décliner leur identité et espérer une régularisation.
Il faut une sacrée motivation pour cela, et quels risques encourus !

Et not' bon ministre, d'un revers de main (électoraliste et viril), de balayer toutes ces souffrances pour dire, a priori, à 80% d'entre eux : Tremblez misérables ! Nous savons qui et où vous êtes et nous irons peut-être vous chercher.

La France n'a pas vocation a créer un appel d'air pour tous les malheureux du Monde ?
Soit.
La France n'est cependant pas une île ou un havre de civilisation entouré d'une vaste jungle vierge.
Nous sommes en 2006, sur la planète Terre où, dans une majorité d'endroits, il ne fait pas très bon vivre.
Nous faisons partie des plus riches et la situation de déséquilibre et d'injustice dont nous bénéficions devient donc de notre responsabilité, à défaut d'être de notre faute.
De quel droit reprocherait-on à des malheureux qui ont eu la poisse de naître aléatoirement de vouloir améliorer leur quotidien ?

Il a fallu une sacrée pugnacité à tous ces gens pour pouvoir quitter leur pays, arriver en Europe puis en France, s'y installer depuis des années, y avoir des enfants scolarisés et réussir à mener une vie qui ressemble à s'y méprendre à celle de monsieur et madame tout le monde !

Il suffit d'allumer la télé pour voir les centaines de personnes entassées dans des barques de fortune en destination des îles Canaries. Des dizaines de morts chaque semaine. La situation est telle, dans leur pays, que ces gens "préfèrent" risquer la mort et les conditions d'irrégularité plutôt que de rester tranquillement chez eux.

Tous les pays d'Europe, Italie, Espagne, Belgique, etc., confrontés à des situations comparables, font le choix de régulariser chaque x années les sans-papiers (quelle déchéance que cette dénomination négative pour des êtres humains) qui ont réussi à s'intégrer depuis de nombreuses années en dépit des vicissitudes et des aléas des contrôles au faciès.
C'est, en quelque sorte un processus Darwinien, un droit finalement octroyé à ceux qui ont réussi à tellement s'intégrer qu'ils ont pu se fondre dans la masse pendant 5 ou 10 ans. La société reconnaît alors qu'elle a intérêt à ce qu'ils fondent régulièrement leur avenir dans le pays puisqu'ils ont vocation (c'est le mot) à y rester. Du pur réalisme.

La France, pays des droits de l'Homme, grand donneur de leçons au monde entier, irait cracher à la figure de pauvres gens qui sont ici pour des raisons que nous ne pouvons même pas concevoir et qui, après des années de galère, nous ont fait confiance en sortant de cette clandestinité ?
Et se bercer d'une double illusion : croire d'une part que cela va endiguer les flux migratoires et, d'autre part, imaginer de surcroît que pareils traitements vont susciter de légitimes vocations auprès d'autres étrangers souhaités (les compatriotes de ceux que l'on chasse) qui rêveraient de venir faire leurs études ou être ingénieur, médecin, ou que sais-je en France ?
Jamais le taux d'étudiants étrangers n'a été aussi bas.
Regardez la situation des médecins étrangers dans les hôpitaux. Ceux qui vous soignent sont souvent des arabes mais bien réguliers et tout ce qu'il y a de plus intégrés puisque qu'oeuvrant dans un service public : ils sont sans statut, corvéables, sans possibilité de carrière et payés au lance-pierre. Leur grève a été mise entre parenthèse ce matin.
Et les mêmes de s'étonner que le Français et la France perdent lentement et sûrement de leur influence dans le monde.
L'aumône que propose le ministrion ne concerne enfin qu'un faible pourcentage des clandestins concernés : ceux qui ont réussi à fonder famille et à avoir des enfants normalement scolarisés. Tous les autres sont hors champs et continueront à raser les murs et plier l'échine.

6000/20000 ou 6000/30000 c'est pareil.
Au collège où j'ai jadis fait mes classes, avoir 6/20 de moyenne dans une quelconque matière était considéré par les bons pères comme éliminatoire. Il fallait alors présenter un examen de passage en septembre et la moyenne était exigée pour la matière défectueuse sous peine de redoubler sa classe.
Nous allons donc rapidement avoir l'opportunité de vérifier si le petit Nicolas va réussir sa session de septembre ou s'il va redoubler ses rodomontades.

Je ne vais pas sombrer dans la liste des talents divers, bien (et fièrement) Français aujourd'hui, issus de l'immigration.
Les immigrés normaux qui n'auront jamais le génie d'un Einstein ont autant le droit de vivre (avec leurs enfants) en France, fussent-ils mal nés. Ledit Einstein, au passage, était un cancre à l'école et, plus tard, obscur fonctionnaire au service des brevets jusqu'à la publication d'une étude qui a révolutionné notre vision de la physique et de l'univers.

Décréter d'un geste viril du menton que la misère du monde va s'arrêter à nos frontières et que nous n'acceptons de la subir qu'à la télévision ou à coup d'aides parcimonieusement distillées au tiers et au quart monde est purement suicidaire.
La France est le fruit de toutes ces vagues d'immigration plus ou moins bien vécues et notre naboléon de l'intérieur ne serait pas là à faire le fanfaron à la télé si, il y a quelques décennies, sa famille n'avait pas pu bénéficier de conditions favorables d'immigration.
Mais, sans nul doute, la situation de sa famille était-elle différente et justifiait-elle pleinement que la France lui ouvrît grand les bras.
Ce même bras avec lequel il claque la porte au nez de milliers de gens qui n'auront d'autre recours que la clandestinité la plus dure une fois leur dossier refusé et leurs identité et adresse connues des services de police.

"Faible avec les forts et fort avec les faibles", voilà une belle devise républicaine qui évoque à s'y méprendre la loi de la jungle.
Il y a un mot dans le dictionnaire qui définit cette attitude, je l'ai sur le bout de la langue.
Pfff

Benoît XVI annonce qu'il voudrait visiter la Terre Sainte "en temps de paix"

Je viens de tomber sur une brève de Libé qui, je l'avoue, m'a coupé la chique : Benoît XVI voudrait visiter la Terre Sainte, si possible "en temps de paix" car un tel voyage "répond à un véritable désir" et lui permettrait de transmettre "un message", a-t-il déclaré dans une interview à des télévisions allemandes avant son prochain voyage en Bavière.

Je me disais aussi qu'il manquait un Tartuffe à la fête.
Je l'avais oublié celui-là tant il s'est montré discret ces dernières semaines.
Ca y est. C'est corrigé. Le Moyen-Orient est fort du soutien moral incessant que le pape lui a prodigué en ces temps difficiles.
C'est bon, le "message" a été bien reçu !
Ses prières silencieuses et discrètes nous rappellent, si besoin était, que le Royaume de Sa Sainteté (c'est juste pour les initiales qui lui correspondent bien) n'est pas de ce monde.
Il doit sans doute être occupé à accueillir les milliers de libanais, palestiniens et israëliens qui sont passés dans l'autre monde.
Pas trop débordé ?
N'hésitez pas à passer par Cana, padre, on te montrera comment se font les miracles en 2006. L'hospitalité a fait de gros progrès en deux millénaires. On n'y est pas à la noce tous les jours mais le vin coule à flots maintenant...

La Théorie du Chaos - James Gleick

La Théorie du Chaos - James Gleick

Il se pourrait que la physique décrite par Hawking achève sa mission sans répondre à certaines questions fondamentales sur la nature. Comment naît la vie ? Qu'est-ce que la turbulence ? Et par-dessus tout, dans un univers soumis à l'entropie, inexorablement attiré vers un désordre croissant, comment l'ordre apparaît-il ? Dans le même temps les objets de l'expérience quotidienne, comme les liquides et les systèmes mécaniques, en vinrent à paraître si élémentaires et si ordinaires que les physiciens tendirent naturellement à croire qu'ils étaient bien compris. Ce n'était pas le cas.

Alors que la révolution du chaos suit son cours, les meilleurs physiciens retournent sans complexes vers les phénomènes à l'échelle humaine. Ils étudient non seulement les galaxies, mais aussi les nuages. Ils effectuent des recherches fructueuses sur des Cray, mais aussi sur des Macintosh. Les revues les plus prestigieuses publient côte à côte des articles sur la mécanique quantique et sur la dynamique étrange d'une balle rebondissant sur une table. On découvre que les systèmes les plus simples posent des problèmes de prédicibilité extraordinairement difficiles. Pourtant, dans ces systèmes, l'ordre surgit spontanément - l'ordre et le désordre. Seule une nouvelle science pourrait commencer à franchir l'abîme qui sépare la connaissance du comportement d'un objet - une molécule d'eau, une cellule du tissu cardiaque, un neurone - de la connaissance du comportement de millions d'objets.

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nouvelles du front (suite)

Extrait d'un mail reçu de ma soeur.

Alors pas de mail pour me raconter tes vacances?
Je sais que tu as zappé Beyrouth mais ne t’inquiète pas, l’année prochaine j’ai programmé pour vous autres touristes un parcours digne de vos attentes :

  • safari dans un champ de mines pour chasser les kamikazes, vous avez droit aux trophées ;
  • entraînement intensif dans des camps de la guérilla ;
  • descente en rappel le long des murs de soutènements des ponts abattus ;
  • tissage et tressage de ponts en cordes ;
  • comment se doucher avec un gobelet d’eau ;
  • l’art de faire la queue pour 10 litres d’essence ;
  • ...
12 août, happy birthday, 1 mois de guerre. 1000 morts. On est en plein délire. Le score est superbe.

Un monde bien policé

Le jugement dernier, Van der Weyden - Hospices de Beaune J'ai joint ma soeur sur son téléphone portable qui, en dépit des bombardements israëliens, continue à fonctionner vaille que vaille (mais j'ai ma petite idée à ce sujet).
Dernière blague qu'elle m'a rapporté du Liban : les dentistes seraient au chômage, ils n'osent plus poser de bridges.
Bon, je reconnais qu'il n'y a pas de quoi se décrocher la mâchoire de rire mais, m'ayant avoué être anesthésiée par la guerre, je lui pardonne la faiblesse du calembour.
Je sais aussi, d'expérience (la relecture de Primo Levi a ravivé le souvenir), à quel point la rationalité en temps de guerre peut sembler aberrante pour un observateur extérieur.
Mais je ne vais pas importuner d'éventuels lecteurs par des considérations auto-centrées, des calembours vaseux et risquer de gâcher ce magnifique mois d'août par des récits de guerre qui se déroulent loin, chez des sauvages qui ne méritent somme toute que le sort qu'ils auront.

Non, je vais, comme tout le monde, pousser des cris d'orfraie devant l'inhumanité et la barbarie des terroristes qui auraient voulu se faire sauter avec une petite demi-douzaine d'avions dans des conditions encore mal élucidées.
Comment donc, des papous barbus, à qui la civilisation occidentale a tout offert – éducation, culture, loisirs, humanisme, droits de l'homme – bref pétris de cette démocratie qui nous est si chère, crachent dans la soupe qui les a nourris et mordent la main qui les a élevés tout poupins (je pense avoir fait le tour des poncifs et lieux communs) ?

Il est à noter que 2005 aura marqué le tournant définitif d'une étape (évolutionniste) en termes de terrorisme.
Jusqu'il n'y a pas longtemps (il y a une dizaine d'années), un barbu masqué se contentait de glisser une bombe dans un bagage mal contrôlé et il advenait ce qui devait advenir.
Les moyens de contrôle et de sécurité ayant été améliorés d'une part, la rage et la motivation des terroristes ayant aussi été décuplées d'autre part, ces derniers en sont arrivés à des extrémités où le poseur de bombe sait qu'il va mourir dans l'action qu'il va commettre.
Cela donne une idée du niveau de motivation ou des méthodes de recrutement des volontaires.

C'est hélas un bête problème de vases communicants qui se pose. Il y a un trop plein d'un côté et un vide sidéral de l'autre.
Alors – les lois de la physique sont incontournables même pour les esprits les plus faibles – se crée une différence de potentiel qui va du plein au vide et, par réaction, une force qui s'exerce dans l'autre sens (du vide au plein).
Bref, le vide doit se combler pour qu'un équilibre se fasse.
Il y a théoriquement deux façons de réaliser l'équilibre : augmenter le potentiel le plus faible pour l'amener au niveau du plus élevé ou, au contraire, diminuer le potentiel élevé pour l'amener au niveau du plus faible.

J'ai toujours détesté prendre l'avion.
J'ai dû, en 43 ans d'existence, emprunter ce medium une grosse vingtaine de fois tout au plus tant mes instincts hurlent devant l'insécurité, l'irrationalité et la gabegie induits par ce mode de transport.
L'avion contribue, ainsi, à lui seul à une bonne partie du déséquilibre de la planète. C'est le mode de transport le plus polluant, le plus frivole et dont la sûreté demeurera toujours discutable dans la mesure où il vous met à la merci d'une foultitude de facteurs extérieurs qu'il est totalement impossible d'englober dans un raisonnement rationnel établi dans un temps fini, celui de l'embarquement.
Une fois arrimé à son siège, le passager est otage du pilote, des contrôleurs aériens, des techniciens qui assurent la maintenance de l'avion, de l'honnêteté et la rigueur des bagagistes, de la météo, de l'identité de ses voisins de vol, du hasard et de la nécessité.

Je ne supporte pas par ailleurs que l'on fouille mes affaires.
Qu'un douanier zélé, sous l'oeil impavide des ses collègues et des autres passagers, m'intime l'ordre (grrr) d'ouvrir mon sac et, de ses mains plus ou moins gantées, viole l'ordonnancement des objets personnels et forcément intimes que j'ai mis dans ma valise ou pis dans mon bagage à main.
Oui, je sais, en pareils temps agités, avoir de telles pudeurs est incongru.
Il n'en demeure pas moins que je tremble de rage à l'idée que quiconque s'arroge le droit de fouiller mes affaires et je revendique celui, inaliénable, que personne ne touche ce qui est légalement mien (je pourrais aussi bien tenir un discours sur la vacuité et l'illusion de la possession d'objets en ce bas monde mais tel n'est pas ici mon propos. L'animal primaire que je suis est, dans une large mesure, capable de montrer les crocs et de grogner pour montrer que son espace vital est envahi).

Ainsi donc, le monde merveilleux que l'on nous promet est ce monde si policé dont nous voyons, béats, les premières images à la télé.
Des files interminables de plus de 4 heures pour des vols qui, souvent, en durent moins longtemps. L'angoisse et le stress engendrés par ces situations où la gestion des foules doit être alliée à la sécurité la plus absolue.
Des fouilles au corps sous les yeux multiples et inquisiteurs des fonctionnaires et des automates les plus sophistiqués : l'oeil inquiet et le doigt sur la gâchette.

Les guerres qui sont menées dans les pays arriérés du monde et dont nous nous soucions comme d'une guigne en parcourant le journal d'un oeil blasé ont pour prix, sonnant et trébuchant, nos libertés individuelles.
Celles-ci sont, méthodiquement, en train d'être ratiboisées une après l'autre sous les vivats de la foule apeurée.
Je me réjouis comme tout le monde que les attentats (à supposer que l'information soit avérée) de Londres aient été déjoués mais le résultat en termes de restriction des libertés individuelles est exactement le même que si les avions avaient explosé, les morts en moins.
L'impact médiatique est tel que les guerres en Afghanistan, Irak, Palestine, Israël et Liban sont soudain passées au second plan (les guerres du Timor oriental, du Soudan, du Sahara occidental, etc. ont, depuis des temps immémoriaux, été sorties de la liste des sujets d'actualité).
Le plan Vigipirate et ses homologues ont tous arboré une couleur rouge sang de circonstance et tout passager potentiel doit maintenant se soumettre à un traitement jusqu'ici réservé au bétail sur le point d'être mené à l'abattoir.

Il est donc désormais interdit d'emporter un bagage à main dans un avion. Seul est autorisé un sac en plastic transparent où l'on met obligatoirement ses papiers d'identité, ses lunettes, médicaments avec ordonnance et autre babiole.
La fouille au corps est systématique pour certaines destinations.
Ce ne sont ici que des mesures prises dans l'urgence.
Attendez donc que nos stratèges aient eu le temps d'imprimer les mesures qu'ils ont concoctées depuis belle lurette.
La prochaine étape sera la généralisation et l'obligation de se soumettre à des contrôles biométriques et radio-électriques complets avant tout déplacement.

Les citoyens ont déjà volontairement accepté un collier électronique qu'ils transportent dans leur poche ou dans leur sac à main.
Je les vois, régulièrement, s'en saisir à la moindre inquiétude, le regarder et lui murmurer des mots doux à l'oreille.
Le téléphone portable, car c'est de lui qu'il s'agit, équipe la plupart d'entre nous.
Ces appareils sont généralement toujours en position allumée et à une distance de quelques centimètres de leur propriétaire.
Ils émettent en continu une myriade d'informations dont la géolocalisation du chien-chien qui leur est affecté.
Ainsi donc, tout policier peut à tout moment obtenir une chrono-cartographie de tous les téléphones portables de son district.
Demain, une puce devra être implantée (sous couvert d'offrir une multitude de services à valeur fortement ajoutée) dont la présence permettra de suivre en direct les évolutions de la fourmilière.
Ne souriez pas !
D'une part vous avez l'air niais (vous êtes probablement filmé en lisant ces lignes) et, d'autre part, ce scénario est inévitable.
Sa probabilité de réalisation est supérieure à 99% dans un horizon de 20 ans.
Il y a déjà des zigotos qui se font volontairement implanter des puces RFID (de la taille d'une lentille ou plus petit) pour pouvoir entrer librement dans tel ou tel établissement à la mode, pour se tenir au courant de la position de leur conjoint ou marmaille et plein d'autres usages tout aussi absolument indispensables les uns que les autres.
La prochaine étape sera une campagne de publicité vantant les mérites de l'implantation.
Discret, sous la peau ou, plus pratique, dans un implant dentaire.
L'étape suivante consistera à rendre cela obligatoire auprès des quelques réfractaires qui auraient omis de percevoir les bienfaits de la technologie.
Le dernier pas sera franchi quand le premier pays imposera que tout nouveau-né soit équipé d'une puce avant de sortir de la maternité.

Il n'est pas exclu que des programme d'IA soient en service pour détecter des patterns de comportements spécifiques des utilisateurs (de portables aujourd'hui).
Imaginez ainsi que M.X ait l'habitude de réaliser un ensemble de trajets bien circonscrits dans un périmètre donné.
Que ses communications soient bien identifiées avec un certain nombre de correspondants dont le profil est établi par ailleurs. 
M. X garde son téléphone dans sa poche, en veille toute la journée, et le pose à son chevet la nuit.
Cela fait des années qu'il en est ainsi.
Supposez alors que M. X modifie une de ses habitudes et commence à avoir des comportements erratiques ou se prenne à éteindre son appareil par intermittences.
Un programme de surveillance (nous vous proposons, contre un abonnement mensuel à un coût défiant toute concurrence, notre programme de "police de proximité" ou encore "sécurité pour tous". Brochure disponible sur simple appel téléphonique) sera rapidement en mesure de constater un écart par rapport à l'accoutumée.
Les caméras de surveillance, disposées un peu partout, prendront alors automatiquement en filature M.X afin de veiller à ce que sa sécurité soit toujours assurée. Tout comportement jugé anormal sera rapidement remonté en alerte auprès des autorités compétentes qui pourront alors, discrètement, intervenir et remettre notre mouton M.X dans le droit chemin, celui qu'il n'aurait jamais dû quitter.
Il n'est d'ailleurs pas besoin que M.X modifie ses habitudes. Sa sécurité et son confort peuvent déjà être assurés en temps normal.

Il est même possible de guider un missile à partir du signal d'un téléphone portable bien identifié. Cela a été expérimenté avec succès sur des cadres palestiniens.
Les terroristes et les dirigeants de nos grandes démocraties ont hélas, et parfois à leur corps défendant, un point en commun.
C'est celui de se méfier comme de la peste des initiatives personnelles.
Ils abominent (sous différents aspects) nos libertés individuelles et, telles deux faces d'une même pièce, oeuvrent en synergie pour réduire celles-ci à néant.
Ils en ont les moyens et la nécessité fera loi.
Si c'est le seul moyen de se prémunir d'attentats terroristes (puisque désormais les terroristes sont prêts à sauter avec leurs engins), alors tous les moyens de surveillance et de contrôle individuels seront mis en place.
Démocratiquement.

Quelle peut bien être la prochaine étape de cette interminable escalade (car c'est une guerre sans fin qui est menée dont le seul but est d'offrir le moyen de contrôler les peuples) ?
Je suppose qu'un fou ira un jour avaler de quoi se faire sauter en plein vol et, dès le lendemain, nous devrons tous passer aux rayons X avant d'envisager d'embarquer pour Cythère.
Je suppose aussi qu'il est possible d'imaginer et d'élaborer des scénarios où les rayons X ne détectent rien.
Toute l'intelligence du monde ne pourra pas empêcher quelqu'un de se faire sauter s'il est réellement motivé et dispose des moyens ad hoc.

Dans l'histoire de l'humanité, la guerre "canon" contre "bouclier" a toujours été agitée comme un moyen d'évolution et de sécurisation.
Un canon(x+1) sera toujours capable de défoncer un bouclier(x).
Il suffit d'attendre que la technologie évolue.
C'est donc une boucle sans fin.

Comme le disait Franklin Roosevelt en son temps : "Celui qui est prêt à échanger sa liberté contre sa sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre".

Excusez-moi, je dois vous quitter, le téléphone sonne.
J'arrête donc ici mes propos oiseux et vous rend à ce début de WE de vacances où nombre de personnes doivent prendre l'avion.
C'est le seul moment où l'on soit sûr que vous n'échapperez  pas à la surveillance bienveillante que l'on a établie autour de vous.
N'oubliez donc pas d'éteindre votre téléphone portable en montant, le signal risquerait de perturber les instruments de vol !

Le Devoir de mémoire - Primo Levi


- Oui, mais il y a aussi autre chose. Je dois le dire : une des questions qui se répètent est celle du pourquoi de tout ceci, pourquoi les hommes se font la guerre, pourquoi on a créé les Lager, pourquoi on a exterminé les Juifs, et c'est une question à laquelle je ne puis répondre. Et je sais que personne ne peut y répondre ; pourquoi fait-on les guerres, pourquoi a-t-on fait la Première Guerre mondiale, puis la Seconde - et on parle d'une troisième -, cette question me tourmente car je ne sais y répondre. Ma réponse standard est que cela fait partie de notre héritage animal, que la conscience du territoire, la territorialité, est connue des chiens, des rossignols et de tous les animaux ; je le dis, mais je n'y crois pas. Et maintenant je voudrais vous demander : sauriez-vous répondre à cette question : pourquoi fait-on la guerre ? Pourquoi torture-t-on ses ennemis, comme le faisaient les Romains et comme l'ont fait les nazis ? Pourtant, durant un demi-siècle, on avait cessé de le faire, on avait du respect pour les prisonniers de guerre, mais cela n'a pas duré longtemps ; actuellement nous vivons dans une période cruelle. Eh bien, moi, je ne sais que répondre, sauf par des généralités vagues sur le fait que l'homme est mauvais, qu'il n'est pas bon. Sur cette question qu'on me pose souvent, de la bonté ou de la méchanceté humaine, comment répondre ? qu'il y a des hommes bons, d'autres qui ne le sont pas, que chacun est mélange de bon et de mauvais ?

pp. 40-41

L'Evangile de Judas - Rodolphe Kasser, Marvin Meyer, Gregor Wurst


Nous avons déjà noté certains des thèmes théologiques clés de cet évangile. Le créateur de ce monde n'est pas le seul et vrai Dieu ; ce monde est un lieu mauvais, d'où il faut s'évader ; le Christ n'est pas le fils du créateur ; le salut vient non par la mort et la résurrection de Jésus, mais par la révélation de la connaissance secrète qu'il prodigue. Ces thèmes sont diamétralement opposés aux conceptions théologiques qui devaient triompher lors des premiers débats entre chrétiens sur la croyance correcte qu'il convenait d'adopter - c'est-à-dire durant les guerres théologiques des IIe et IIIe siècles, lorsque différents groupes chrétiens soutenaient différents systèmes de croyance et différentes doctrines...
Ces débats nous sont depuis longtemps connus, mais l'Evangile de Judas éclaire tout particulièrement l'un des groupes qui devaient finir par perdre. Tous se réclamaient des livres sacrés ; tous affirmaient que leur vision émanait directement de Jésus, et, à travers lui, de Dieu. Mais seul un groupe l'emporta. Celui qui décida quels livres devaient être considérés comme canoniques, et qui écrivit les credo chrétiens qui nous sont parvenus.

pp. 124-125

Les notes raffinées de la Démocratie

Touche pas au Liban
Quelle est votre vision de la démocratie ?
Chacun, en ces jours troubles, semble avoir la sienne et j'avoue avoir du mal à m'y retrouver.
Ainsi, Israël et les Etats-Unis, signataires de la plupart des traités internationaux font figure de parangon de vertu au Moyen-Orient qui a des leçons à prendre en la matière.
Soit.
Au compte actuel, 36 députés, 6 ministres et le président de l'assemblée nationale palestinienne ont été arrêtés à leur domicile et conduits en prison, au mépris de leur immunité parlementaire.
Je n'évoque pas ici le sort des milliers de civils libanais et palestiniens détenus dans les geôles israéliennes sans autre forme de procès.
Le Président de l'assemblée nationale, professeur d'université sexagénaire dans le privé, a même été passé à tabac par les détenus de la prison où il était enfermé.
Il est en soins à l'hôpital où sa famille et son avocat ne sont pas autorisés à le voir ou à prendre de ses nouvelles.
Chef d'accusation ? Ils font partie du Hamas.
Ca tombe bien, c'est le parti qui a remporté les élections en Palestine à plus de 70% des votes exprimés.
Forcément, l'autre parti, celui qui a perdu, le Fatah était celui de Arafat.
Au pouvoir depuis les glorieuses années de la résistance à l'étranger, il s'était résolu à la paix avec Israël et avait conclu des accords de paix qui constituaient un état palestinien à Gaza et en Cisjordanie.
La question de Jérusalem demeurant ouverte.

Le problème, c'est qu'Israël n'a jamais (depuis l'assassinat de Rabin) eu l'intention de respecter ces accords.
Il est extrêmement aisé en Orient de trouver un prétexte pour renier sa parole.
N'importe quel gosse de 15 ans dispose, à volonté, de l'armurerie qui ferait pâlir d'envie tous les morveux qui se pâment avec leur Game Boy ou leur Play Station.
Sauf qu'en Orient, ça tire de vraies balles et ce sont de vrais explosifs.

Il suffit donc qu'un gosse, plus ou moins manipulé - ça peut aussi être le parent de victimes d'un conflit précédent, il y en a - aille se faire sauter avec un keffieh sur la tête dans un quartier résidentiel et provoque un carnage pour qu'Israël prenne prétexte de l'incident pour annuler tous ses engagements.
Ajoutez à cela les deux Intifadas et la construction d'un mur de 8 mètres de haut en béton armé qui enferme dans un vaste enclos quelques centaines de milliers de personnes qui n'ont alors plus d'autre choix que de mourir de faim, de soif, sous les balles ou que sais-je encore ? Du moment qu'elles restent de leur côté du mur.
C'est donc une spécialité locale : mettre ou laisser mettre en place des instances démocratiques (Palestine et Liban) puis, à la moindre anicroche, raser tout ce qui dépasse pour apprendre à la police locale à faire correctement son métier.
C'est la tolérance zéro poussée à son paroxysme.
On rase le 93 au premier zy-va qui brûle une voiture ou qui brutalise une vieille. Ca les fera réfléchir pour la prochaine fois !
L'humiliation, la punition collective et le dédain le plus total pour la dignité ou la vie des gens.
Femmes, enfants, malades, vieux, civils, militaires, c'est pareil.
Je pensais cela révolu depuis la deuxième guerre mondiale.

Ce qui est fait au Liban, a déjà été (et continue d'être) fait en Palestine en pire : raser le parlement palestinien, bombarder la résidence présidentielle où était enfermé Arafat, assassiner des opposants à coup de missiles tirés d'hélicoptères ou en piégeant leur téléphone portable ou leur voiture, les tirs indiscriminés contre les civils, les industries, les fermes, plantations,... bref, toute la panoplie du parfait petit terroriste démocrate.
On n'appelle pas les actions d'une grande démocratie terrorisme. Ce sont de légitimes actions de défense contre d'odieux méchants qui sont prêts à se faire tuer avec leur ceinture de bombe sans raison, rien que pour nuire à votre amour de la liberté et de la démocratie.
Parce que, voyez-vous, ceux d'en face, n'accordent aucune valeur à la vie.
Les cigognes livrent les enfants libanais, palestiniens, irakiens à leurs parents avec une date de péremption très courte. Ils sont donc susceptibles d'être retrouvés en pièces détachées pour un oui ou un non.
Pas solide comme construction. Du travail d'arabe.
Voila le panégyrique et les actions d'une grande démocratie - inspirée par son dieu de surcroît - qui seront enregistrées au Panthéon des vertus pour la légende des siècles.
Les représentants des ONG qui travaillent dans le sud-Liban, comparent ses villages à Nagasaki.
Il n'y reste plus rien de vivant et pas une pierre sur l'autre.

Il manque une chute à ce billet. C'est la coutume du genre.
Les medias du monde entier la fournissent en permanence.
J'ai bien peur que mon imagination peine à concevoir l'horreur de la suite.
Des milliards de personnes assistent avec, chacune son (re)sentiment personnel, aux événements du Moyen-Orient : Afghanistan, Irak, Palestine, Liban d'un côté, Israël et les Etats-Unis d'Amérique de l'autre.
Des millions de personnes pleines de haine de part et d'autre.
De démocratie nulle part.
Je ne veux pas être pessimiste mais j'ai du mal à penser que cette barbarie s'arrêtera spontanément à ces frontières.
Le cancer de la démocratie est malin, nous en mesurons les effets depuis septembre 2001 et les limitations drastiques des libertés individuelles en occident.
La différence de potentiel entre les opinions publiques et les actions politiques ou militaires est telle que des métastases essaimeront fatalement dans le reste de l'organisme.

Les prières ne font pas de mal mais les expérimentations réalisées par les scientifiques (britanniques) ont constaté que cela n'avait aucun impact significatif sur l'état du patient.
Première étape pour guérir un malade : poser un diagnostic fiable.
Deuxième étape : engager les soins.
La gestion du temps est critique dans la mesure des chances de survie du patient.

Penser en musique


J'ai à peine rendu les clés de la voiture de location qui nous a offert, Plume(O.) et moi, une dizaine de jours de tourisme bien mérités.
Nous avions, à l'origine, prévu d'aller passer le mois de juillet au Liban.
Ma soeur et ses deux fils dont un neveu de 4 ans que je n'ai jamais vu autrement qu'en photo ou, parfois, au téléphone, y résident. En permanence.
J'avais aussi besoin de me confronter à mes démons et revoir ce Liban où j'ai grandi avec tant de traumatismes mais aussi tant de bonheurs.
On apprend à être heureux en temps de guerre.
Regardez ce qui se passe actuellement.
Des avions survolent le Liban et larguent des bombes au hasard depuis 23 jours.
Plus d'un million de personnes déplacées. Le quart de la population.
Et des milliers de maisons, ponts, routes, centrales électriques, administrations, raffineries, industries rasées.
Il ne reste que des gravas.
Ce qui se passe actuellement ne ressemble en rien à la guerre que j'ai connue.
De mon temps, parce que cela me semble remonter loin bien que ces histoires n'aient pas un quart de siècle, la guerre c'était des fusils-mitrailleurs, des missiles anti-char et quelques mortiers et missiles de quelques kilogrammes d'explosifs qui étaient tirés d'un canon ou d'un lance-missile.
Ca tombait où ça voulait, ça faisait un énorme trou, ça tuait ce qui était là mais si vous étiez juste à côté ou presque vous aviez des vitres et de la vaisselle cassée sans plus.
La peur pouvait donc être contrôlée. Hormis le hasard qui présidait au tir (si vous êtes dans la ligne de mire ou pas), la vie continuait.
Il ne fallait pas être au mauvais endroit au mauvais moment, c'est tout.
Le fait qu'il y eût beaucoup d'endroits et beaucoup de moments à éviter était un facteur à prendre en compte dans les stratégies élémentaires de survie.
Je ne parle pas au figuré ici.
C'est de survie physique qu'il s'agit.
Personne ne résiste à une balle, à un obus, à un missile ou à la maison qui s'écroule sur lui.
C'est ce qui me fait penser que de nos jours, c'est bien plus terrifiant.
Les bombes lancées sont des ordinateurs remplis de plus de 500 Kg d'explosif. Parfois du phosphore (ça brûle longtemps).
Une bombe rase un immeuble. Tant pis pour qui est dedans.
Il y avait un voleur de motocyclette au rez-de-chaussée ? On rase la maison avec tout le monde
Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.
Plume(O.) qui est en train de relire les guerres Cathares me rappelle que c'est Arnaud Amaury, Légat du pape, qui est l'auteur de ce moment de compassion.
Devant le siège de Béziers, en pleine croisade contre les Albigeois , il avait donnée l'ordre le 22 juillet 1209 que tous, civils et militaires, fussent massacrés.
Dieu reconnaîtra les siens.
Les guerres de religion sont les plus terribles.
C'est celles où l'agresseur au minimum (l'agressé peut être aussi mû par des considération religieuses) est convaincu de la justesse de sa barbarie.
C'est Dieu ou n'importe quelle instance supérieure qui consacre le bain de sang.
Celui qui appuie sur le bouton est aussi convaincu que Dieu le garde que n'importe quel soldat du Moyen-Âge qui allait en Croisade, qui défendait sa religion, sa façon de prier, que sais-je ?
On a brûlé des gens en leur récitant des prières !

Mais je suis tranquillement à Paris.
En 2006.
De retour de vacances.
15 jours à sillonner la France et ses magnifiques paysages et monuments pendant que la moitié de ma famille se faisait rapatrier via Chypre ou Alep (en Syrie, d'où est native la famille de ma mère. Mon père est natif de Haïfa, actuellement bombardée depuis le Liban).
L'horreur des deux côtés.
Je ne justifie pas un crime par un autre.
Je ne souhaite la guerre à personne. Pas même à Israël.
En dépit de ce qui se passe actuellement au Liban.
Les gens qui reçoivent les bombes de part et d'autre sont des gens qui vivent normalement. Qui élèvent leurs enfants, qui vont au travail quand ils en ont, qui font leurs courses et préparent les repas, qui regardent la télé et Star Academy, qui ont Internet et un téléphone portable. Qui roulent en voiture.
Des gens qui ont le même niveau et le même type de culture qu'ici en France.
Avec des variantes locales qui font de chaque coin de la méditerranée un lieu touristique si apprécié des occidentaux.
C'est ce qui est en train d'être détruit. Physiquement. Avec les gens qui sont dedans.
Que voulez-vous que pensent un million de personnes qui ont fui leurs maisons sous les bombes des avions de leurs voisins ?
Que demain, ou dans quelques jours, il sera possible de laisser les gosses jouer ensemble ?

J'ai parcouru, en quelques jours de vacances, 2196 km en voiture.
Paris, Poitiers, Rodez, Millaut, Puy-en-Velay, Ardèche, Dijon et retour.
Pour donner une idée des distances en Orient, Beyrouth-Tel Aviv fait 215km contre 85 pour Beyrouth-Damas.
C'est le genre de circuit que j'ai fait en un jour dans les routes sinueuses de l'Aveyron ou de l'Ardèche.
Il n'y avait que le soleil qui cognait mais j'avais tout prévu : la climatisation et le GPS pour me guider.
300 km d'autoroute pour rentrer de Dijon.
A 3000 Km d'ici c'est pareil mais c'est actuellement beaucoup moins convivial.

Je me suis remis aux claviers, sitôt arrivé.
J'ai ainsi constaté que j'avais mis ces quelques jours de repos forcé à profit.
Jusqu'ici, j'entendais la musique.
Je comprenais la construction d'une fugue (simple)
Le seul regret que j'ai eu pendant ces vacances est l'absence d'accès à Internet en haut débit.
J'avais emporté mon petit portable mais d'accès, que dalle, ou hors de prix.
J'ai donc utilisé mon téléphone portable qui fait tout mais en trop petit pour être pratique.

Je me suis longtemps posé la question des vacances.
Est-il décent d'aller faire bronzette et nager dans l'Ardèche pendant que sa famille la plus proche (ma soeur) est dans les montagnes du Liban avec ses enfants ?
Mais que voulez-vous que je fasse d'autre ?
Il m'a fallu ces quelques jours pour contenir cette haine qui montait en moi.

Plume(O.) qui est aussi plongé dans le dernier livre de Michel Serres, m'a fait lire l'introduction où l'académicien raconte l'horreur d'avoir vécu 30 ans de guerre.
Seuls ceux qui ont connu la guerre peuvent avoir une idée de ce que je dis.
Je comprends tous les points de vue et vois les différentes logiques qui s'affrontent.
Je ne souscris à aucune logique violente. D'où qu'elle vienne.
Dans un conflit de ce genre, je ne souhaite qu'une seule chose : que cela s'arrête.
Les dommages avec les malheurs qu'ils apportent de part et autre sont générateurs de conflits pour des décennies.
Il faut arrêter cela le plus vite possible.

Les possibilités de destruction utilisées effectivement sur le terrain :
Allez expliquer aux morts du Liban que le chapitre 4 des conventions de Genève interdit qu'une armée s'attaque à des civils, même s'il y a des commandos qui se cachent parmi eux.
C'est comme si, pour rattraper un fou qui serait tapi dans mon jardin, la police faisait sauter ma maison avec moi dedans pour me punir de l'avoir hébergé.
Si je sais que c'est le sort qui lui est réservé, je n'ai pas d'autre choix que de lui ouvrir la porte.
C'est l'hospitalité orientale qui reprend le dessus.
En toutes circonstances.
Nous sommes voisins, il va falloir apprendre à se parler.
C'est en temps troubles que l'amitié se teste. Pas en temps de paix.
Ce sont des gosses de 20-22 ans qui tirent les bombes.
Imaginez la maturité que vous aviez à cet âge-là.
Imaginez aussi les dégâts que pourrait avoir sur votre conscience l'idée même d'avoir physiquement tué ne fût-ce qu'une personne.
Demandez autour de vous aux anciens combattants.
Il en reste qui narrent leurs souvenirs bien mieux que moi.
Je n'ai jamais été que spectateur de violences. Subies.
Je n'y ai jamais pris du plaisir.
Pas une fois. A part les quelques moments de rage incontrôlée.

Il m'a quand même fallu un peu de temps cette fois-ci pour penser en musique.
L'idée même de penser étant insupportable puisque, depuis plusieurs jours, penser évoquait exclusivement l'injustice de la situation et ne me permettait pas de prendre du recul.
J'ai donc arrêté la pensée et ai gardé la musique.
Cela s'étend dans ma tête bien au delà de mon répertoire.
Les doigts, patauds, sont beaucoup plus lents mais apprennent à prendre plaisir.
Je me suis ainsi surpris au clavier jouant enfin selon ma pensée.
Cela s'est limité à mon répertoire mais rien d'autre que la musique.
Quelques additions de ci ou de là, des phrases, des cordes qui vibrent entonnant deux ou trois voix qui s'élèvent. Bach.
Ca me fait penser à une bande dessinée où l'on voit l'orchestre du Titanic en train de jouer "Plus près de toi mon Dieu" pendant que le bateau approche l'iceberg.

La plume est plus forte que les canons.
A l'ère des nouvelles technologies, elle porte partout.
Bon vent !

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