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Greenpeace


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Contre-point d'orgue (péroraison)

Da capo al fine

Revisitant une histoire parallèle que par essence nous plagiions nous avons, multi-voques, décidé de prendre la tangente et, d’une suite perpendiculaire, improviser une liaison polyphonique.

Il faut bien faire silence pour reprendre son inspiration et placer sa voie !

Cette invention (a)chromatique est terminée, un trait de plume de jocrisse que j'ois crisser.

Envolées urbi et orbi n’y voyez aucune malice (les amis sauront trouver).

Réflexives ou inspirées, ces envolées résolument contrapuntiques amenèrent une révolution à terme (a tempo). Elles (m')ont comblé de rencontres, de divertissements, d'erreurs et de riches enseignements.

Cette fugue (un-deux-trois-six sujets) sera privative. La Basse continue ces premières lignes de la 24è page du livre qui, Têtu, m'unit à Plume(O.), journaux – récitant des cercles et des formes désormais plus diversicolores et intimistes – viva(n)ts.

A votre humble serviteur, héros bien malgré lui de cette bande dessinée éculée, souhaitez donc bön vent. Il a, fort ana-thème, décidé de faire un pied-de-nez à son auteur aux idées fixes pour s'élever d'un scénario ante-diluvien – n’en faire désormais qu’à sa tête ... concérébrant queantiquement cette singularité par un grand bol d’air p(o)ur ...

                           ... ut ré mi fa sol la suite railleur...

Rideau sous les lazzis de la foule en dé-lire.

La (OratOriO)

Harmoniques, innées et vibratoires
 
Le diapason perçu comme fourche caudine.
Ah ? Pensée disruptive.

Que la queue du diable se mêlât d'oraison ? Nenni !
Accorder son tempérament ouvre des perspectives ailées.
Au commencement était le Hertz,
Pour ce La, jubilatoire moteur, envolées
Harmoniques, Innées et Vibratoires.

farniente : premier coup de soleil

Pied pensant
Je forme, entrant dans ce billet du pied gauche, le vœu de ne pas cristalliser un sort contrarié en me réjouissant mais, à défaut de félicité dont j’ignore tout, je trouve ces id(é)es de mars (dé)structurantes et rend grâce aux muses.
Je participais tantôt à une réunion passionnante quand je me suis surpris à laisser mon regard vagabonder à l’extérieur.
Nous étions dans la salle du Conseil de la BNF (Tour des Lois) et, de la place stratégique que j’avais choisie, s’étendaient la Seine ensoleillée couchée sous un ciel uniformément extra-terrestre.
C’est donc le regard éperdu dans le bleu que j’ai réalisé percevoir 4 plans de vision superposés.
- Un premier (quelques centimètres), rapproché, où se baladent les différents filaments qui habitent les humeurs vitrées ou le cristallin (je n’en sais plus trop rien et peu me chaut) ;
- Un deuxième plan plus éloigné (de l’ordre du mètre) où, telles des amibes, se promènent rapidement de petits objets lenticulaires translucides ;
- Un troisième plan, lointain (en km), où grouille une myriade de lucioles blanc étincelant et insaisissables ;
- Un quatrième et dernier plan qui représente l’objet que l’œil croit embrasser et que le cerveau finalement étreint.
Parfois, entre le deuxième et troisième plans s’intercale un plan éthéré que je ne discerne pas bien et où, semble-t-il, se reflète le fond de l’œil (j’entraperçois ainsi un cercle – à gauche – dans la vision périphérique qui ressemble à s’y méprendre à l’ouverture de l’iris).
Et alors, quoi de neuf sous le soleil ?
Rien !
C’était une observation aléatoire lancée en l’air puis jetée en pâture à quelques électrons qui n’en demandaient pas tant.
Quant à moi je me suis ensuite adonné à cœur joie à une de mes (inoffensives) non-activités favorites : far niente.

B


Une note saugraiguë m'a traversé l'esprit dans le noir à hauteur d'acouphènes.
Si bémol (6) ai-je saisi.
Buse à vérifier dans le temps.

Sol


Ramasser la clef et, au sol, naturellement,
S'accordant quelques temps de répit,
Retenir un souffle subtil et tituber, ivre de vacuité,
S'enfermer dans une bouteille (de Klein,
Tendue d'une main mal à dive.

Alea

Pas à pas, perdre de vue le réverbère qui illumine l'univers.
Une lampe Tempête ténue à l'autre.
Egrenant une fugue qui part en thèse)
Ouvrir un maillon de la chaîne qui se fond en larmes.

La neurobiologie de la méditation


J'avais fait état de cet article il y a plus d'un an.
Ayant mis à profit une fouille domestique, j'ai retrouvé la revue et ai PDFié la chose
Cerveau & Psycho n°13, jan-fév 06, pp. 46-49 (3.7 Mo)
... et aussi http://www.dalailama.com/news.112.htm

3615 quinenveut

non, ce n'est pas ma mère ! photo prise ce jour rue du fb st-antoine

  Coup de fil de ma mère ce soir : durée 1'04"
  (tapez 3615 quinenveut) :

  - C'est toi qui m'a appelée ?
  - ...

  - Je suis chez D. en train de jouer aux cartes et j'ai entendu un téléphone sonner
 (un GSM qui a sonné dans un sac à main)
  - ...

  - De toutes façons, je t'appelle parce que sinon tu ne m'appelles pas
 (alors qu'elle m'a flingué mon jeudi après-midi où je l'ai accompagnée à une consultation à l'hosto - 3 heures d'attente pendant lesquelles elle ma conté le détail de ses problèmes digestifs, ses courses, sa coupe de cheveux, le malheur de sa vie et autres points tout aussi passionnants)

  avant de conclure par

  - Voilà. Ne me casse pas les pieds si je ne t'envoie pas de mail ce soir. A demain.

  tut tut tut

J'ai éclaté de rire !

Nicolas Sarkozy estime que "la compassion" de Ségolène Royal "n'est pas une politique"

Nicolas Sarkozy estime que "la compassion" de Ségolène Royal "n'est pas une politique"
"Le vrai débat n'est pas celui du chiffrage mais celui du courage" affirme donc notre naboléon qui, cumulant les fonctions de Sinistre de l'Intérieur et de candidat au poste de Président de la République, enferme la France dans le cercle fermé des républiques bananières où elle se trouve depuis avril 2002.

En effet !

Le courage serait d'abord d'être éthiquement irréprochable et de quitter tout de suite (il aurait dû le faire il y a 3 semaines déjà) la place Beauvau avant de tenter de torcher la morve des autres et de donner des leçons.

Quant à la compassion dont il se gausse, il ferait mieux d'ouvrir un dictionnaire, un livre de philosophie, de morale, de religion, .... que sais-je encore ?
Ce mini-histrion de l'in-cul-te réaliserait alors, peut-être, les âneries qu'il débite.
Mais il préfère continuer à flatter les instincts les plus vils et, viril en diable, alimenter les peurs et son ambition démesurée.

Les Grecs, qui avaient connu quelques tyrans, avaient mis au point un mécanisme de défense démocratique qui nous fait singulièrement défaut : l'ostracisme.
Je voterais volontiers pour que l'on exilât à Sainte-Hélène un certain candidat-tyranneau trop soucieux de son ambition personnelle et si peu Homme d'Etat !

Fermer Guantanamo

Mécanisme de l'erreur : émergence ou dialogue ?

Comment fonctionne le cerveau ?
C'est une des grandes questions qui agite celui de nos grands chercheurs plongés en pleine réflexivité.
Ces scientifiques sont (heureusement) loin de tout savoir.
Ils commencent cependant à entrevoir certains de ses mécanismes.
Quelles sont donc les parties du cerveau impliquées dans la "prise de conscience" de l'erreur et comment s'effectue la correction ?

Des expérimentations récentes ont étudié le quidam en train de se tromper puis en train de corriger son erreur.
L'expérience consiste à soumettre des sujets adultes à des tâches de logique relativement simples. On s'assure au préalable que les sujets disposent des connaissances requises pour résoudre les problèmes posés.
La question de logique (le pré-test) qui est posée est cependant formulée de telle façon que la plupart des sujets se trompent de bonne foi (persuadés d'être dans le vrai).

La caméra (TEP - Tomographie par Emission de Positons) constate alors que c'est la partie arrière du cerveau qui est activée.
Celle qui gère les processus automatiques.
Le sujet, habitué à traiter (par dessus la jambe) des problèmes de même nature, se laisse piéger par la formalisation de la question posée.

L'expérimentateur montre ensuite au sujet son erreur (grâce à une table de vérité logique) - c'est l'apprentissage dit à chaud (le sujet connaît la logique, il applique simplement de mauvaises règles dans le contexte où il a été placé) - avant de repasser dans la caméra avec un nouveau problème du même type que le précédent qu'il réussit (à sa grande joie et la nôtre partagées).

On s'aperçoit alors que, corrigeant son erreur, il inhibe (désactive) la partie postérieure et active la partie frontale du cerveau.
Le frontal est la partie du cerveau qui procède au contrôle, celle qui décide quelle tâche va être considérée comme prioritaire.
Se rendant compte de l'erreur, le cerveau met le problème en tâche principale et l'étudie sous un nouvel angle.

Une des conclusions qu'on peut en tirer, qui donne naissance à une nouvelle discipline la "neuropédagogie", est qu'il est inutile de bourrer le crâne d'un sujet de cours (ici de logique) supplémentaires quand on sait qu'il a acquis les notions (de logique) requises pour réussir et qu'il se trompe quand même (le pré-test). Il faut lui apprendre, en revanche, à sélectionner (activer-inhiber) parmi toutes les stratégies de résolution celle qui sont pertinentes et celles qui le sont moins ... pour un problème donné.
Bref, "se développer, c'est (aussi) apprendre à inhiber".

Des vibrations dans l'ensemble du spectre visible et invisible (de 0Hz à +∞)
Certaines modulations produisent, à l'intersection de plusieurs dimensions du spectre, un phénomène vibratoire appelé lumière.
Une fois la lumière créée, elle se propage dans l'univers.
La question de centre n'a donc pas de sens.

Les scientifiques étudient l'univers depuis moins de 4 mille ans.
Ils ont déjà conclu que l'univers était âgé de 16 milliards d'années (arrondi pour la suite du calcul).
4000/16000000000 = 2,5 10-7.
L'échantillon sur lequel se base l'ensemble des théories scientifiques est donc inférieur à un millionnième d'unité, de leur propre aveu.
Il est raisonnable d'envisager que toute inférence tirée d'un échantillon aléatoire (dans le plus mauvais sens du terme) aussi infime, réduit au millionnième, induise de singulières attractions qui atténuent les capacités d'analyse et de généralisation.

Le meilleur des Mondes en marche

SAN FRANCISCO - Larry Page, co-fondateur de Google a une théorie : votre ADN comporterait quelques 600 Méga-octets compressés, ce qui en fait un système d'exploitation de taille bien plus réduite qu'un système d'exploitation moderne tel Linux ou Windows...

Les rats pas triés (à bon chat, bon rat)


J’ai assisté hier à une série de conférences passionnantes sur l’apprentissage.
J’essayerai d’en parler ici ou ailleurs quand j’aurai digéré ma semaine et rédigé le compte-rendu de la séance (désolé, je n’ai pas résisté à la permutation).
Un des conférenciers, une éthologue, a donc conté une histoire de rats que je m’en vais à mon tour vous narrer.

Rosenthal, chercheur à Harvard a, un beau jour de 1961, informé ses étudiants que leur laboratoire de recherche allait recevoir deux lots de rats provenant de l’université de Berkeley et soigneusement hybridés depuis plusieurs générations pour favoriser un trait particulier, l’intelligence.
Le premier lot était donc composé de rats spécifiquement croisés pour améliorer leur intelligence et le second lot de rats particulièrement débiles (les « smart » et les « dull »).
Le but de l’expérimentation étant de vérifier la part génétique de la « transmission » de cette (non) intelligence.
Il s’agissait donc de tester et de mesurer leurs facultés d’apprentissage (typiquement étudier la vitesse d’apprentissage et de navigation dans un labyrinthe).
Le jour dit, les rats débarquent au labo et Rosenthal les répartit auprès de ses étudiants : à chaque étudiant son rat. Les étudiants sachant de quelle sorte de rat ils ont la « charge » selon un protocole bien déterminé.
Quelques semaines plus tard, les tests labyrinthiques effectués, les données traitées et vérifiées, les résultats ont confirmé l’hypothèse d’origine : les rats du lot « smart » étaient intelligents et les « dull » débiles.
… sauf que tous les rats provenaient directement de l’animalerie du coin de la rue et n’avaient aucune spécificité particulière à l’origine.

L’explication qu’en a donné Rosenthal apparaît évidente a posteriori :
Tous les étudiants qui avaient reçu un rat « smart » s’étaient investis affectivement. Ils parlaient à leur rat, l’encourageaient (« Vas-y Momo, tu vas y arriver ! »), le caressaient, l’entraînaient, etc. et venaient même le bichonner en dehors de l’expérimentation.
Le résultat ont été conformes aux attentes : les rats entraînés et entourés d’affection étaient mesurablement « intelligents » et surperformaient les épreuves.

Ceux qui ont hérité des « dull » ont, en revanche intégré a priori l’idée que le rat était débile et l’ont traité comme tel : entraînements protocolaires sans investissement affectif de la part de l’étudiant.
Le résultat, là aussi, était conforme aux attentes : les rats traités comme des débiles épousaient le comportement qu’on attendait d’eux. Il y a même eu des rats « dull » qui ont refusé de franchir la ligne de départ du labyrinthe.

La chercheuse a ensuite vanté les vertus de l'épouillage comme processus de réconciliation chez les grands singes (qui a amené à découvrir des processus identiques dans l'ensemble du règne animal).
Elle a conclu son exposé par l'histoire du cheval qui avait appris à calculer, j'y reviendrai ultérieurement.

Conclusion : s’il n’y a pas d’attente, on ne voit rien (ou encore, les attentes sont au cœur du processus d’apprentissage). Rosenthal a, par la suite, étendu son propos des rats/étudiants aux enfants/enseignants mais ce n’était pas, ici, le mien.

Altruisme

C'est un article (dont j'ai récemment fait état) sur la découverte d'une zone du cerveau dédiée à l'altruisme qui m'a titillé.
Les personnes qui auraient des comportements altruistes ont donc une partie spécifique de leur cerveau qui s'active (je ne me souviens plus des détails).
Ceux qui ne sont pas altruistes restent éteints.
Les chercheurs en ont donc naturellement conclu que le développement "inhabituel" de cette partie du cerveau était la "cause" de l'altruisme des sujets.
"Scientists say they have found the part of the brain that predicts whether a person will be selfish or an altruist. "

Ca me semble un peu court.
Il devrait être possible de deviser une piste thérapeutique (c'est peut-être d'ailleurs ce qu'ils ont fait, je n'ai lu qu'un bref récit des conclusions).
A moins de croire que l'on naît altruiste et que le concept ne peut pas être intégré à défaut (par l'éducation notamment), on peut supposer que les personnes qui ne sont pas altruistes n'ont jamais été encouragées à l'apprendre.
Si elles l'avaient été, la zone découverte serait active (en faisant l'hypothèse qu'il est difficile de la désactiver volontairement).
Il "suffit" donc d'"apprendre" l'altruisme au sujet qui n'a pas maîtrisé ce concept (tout un univers à reconstruire en perspective).
Cet apprentissage induira le développement des connexions dans la zone du cerveau qui lui est dédiée.
Une fois développée et active, cette zone le restera et pourra être entraînée.
Le sujet en fera alors ce que bon lui semblera, c'est une compétence supplémentaire au service de son intelligence.

Il y en aurait grand besoin par ailleurs mais ce dernier point est un jugement personnel.

Les OGM sont ils dangereux pour la santé? L'étude qui accuse

Merci au Lévrier pour l'info.
http://video.google.fr/videoplay?docid=-1783600181213230759&q=ogm+dangereux

Fa

fa(T)
 
Réciter un mantra n'est pas spontané.
Il est produit par une cause karmique.
Il est in-volontaire.
C'est une pratique qui se fait toute seule.

L'état naturel n'est pas une pratique, c'est l'omniscience.
Il est et il n'est pas.
L'apparente contradiction de la saisie, positive, dans cet état.
C'est le temps de comprendre.
Zéro est un but avisé.
Le temps de changer d'avis, toujours dans l'état naturel.

La désobéissance civile - Henry David Thoreau

Thoreau - La désobéissance civile

[...]
Dans la plupart des cas, il n'existe aucun libre exercice du jugement ou du sens moral ; mais ils se mettent au niveau du bois, de la terre et des pierres ; et l'on pourrait réaliser des hommes de bois qui rempliraient aussi bien cette fonction. Ils ne méritent pas plus de respect que des épouvantails ou un étron. Ils ont la même valeur que des chevaux ou des chiens. Pourtant, ce sont de tels êtres que l'on juge communément de bons citoyens.
D'autres - comme la plupart des législateurs, politiciens, juristes, ministres ou fonctionnaires - servent l'Etat surtout avec leur tête ; et, comme ils font rarement la moindre distinction morale, ils risquent tout autant de servir le Diable, sans en avoir l'intention, que Dieu. Un tout petit nombre - héros, patriotes, martyrs, réformateurs au sens fort, des hommes enfin, servent l'Etat avec leur conscience aussi et lui résistent nécessairement pour l'essentiel ; et il les traite souvent en ennemis. L'homme sage n'est utile qu'en tant qu'il reste un homme et refusera d'être de la "glaise" ou de "jouer les bouche-trous", et laissera cette mission à sa poussière :

"Je suis trop bien né pour être possédé,
Pour être un subalterne aux ordres,
Un serviteur ou instrument utile
De n'importe quel Etat souverain autour du monde."

[...]

p.14

Evolution et Transcendance (Sciences & Avenir)

p.49 du num hors série de sciences & avenir, déc06-jan07

J’ai récemment eu une discussion amicale sur l’infinitude de l’Homme (avec un H) qui rend cet animal unique dans l’univers (où, jusqu’à plus ample démontré, nous sommes seuls).
C'est de retour dans mes pénates, jetant un long coup d'oeil au numéro hors série de Sciences & Avenir (n°149, déc06-jan07) que je me suis pris à divaguer comme à l'accoutumée.
Tentant de mettre un peu de chaos dans mes idées, je suis donc parti de l'IA, objet de notre discussion pour, passant par des chemins vicinaux traitant de l'énigme des vrais jumeaux, me retrouver nulle part.
Je prie donc le lecteur de ne pas s'offusquer de mon propos et de ne voir là que le fruit de mes interrogations anti-cyclopiques (inqualifiables).

Deux cas de figure se présentent

  1. Il ne croit pas à une quelconque transcendance. Il conviendra donc éventuellement que l’Homme (Homo sapiens sapiens) n’est qu’une étape de l’Evolution et, à moins qu’il soit englouti dans la 6è extinction qu’il a engendrée, il devrait être supplanté dans quelques (centaines de) milliers d’années par un Homo sapiens futuris quelconque (quelle que soit la nature d’icelui qui dépasse mon entendement).
    Sachant que, de toutes façons, les misérables mortels que nous sommes retourneront au néant d’où ils sont sortis.
    Fin de la discussion.
  2. Il croit à une quelconque transcendance que, pour éviter de froisser quiconque, je noterai T.
    Dans ce cas, le lecteur se référera à tous les textes philosophiques et religieux qui, depuis plusieurs millénaires ou centaines d’années (selon les cas) ont réfléchi et élaboré des discours cohérents sur l’impermanence de l’Homme, la nature de l’univers, l'Evolution, etc.
    L’argument qui peut m'être alors opposé (que je ne peux que caricaturer dans mon souci de généralisation) est isomorphe à :
    « 
    - T (et ses écritures) a évoqué le "salut" de l'Homme et n’a pas évoqué le cas d'un Homo sapiens futuris
    - or T est Omniscient
    - ergo Homo sapiens futuris n’existera jamais (ou sera un monstre dégénéré)
     »
Dans cette seconde branche de la discussion, je crois en T et à son omniscience (et ce n’est plus un jeu d’esprit).
Que T , s’adressant aux Hommes, ait proposé un chemin (ou un meta-chemin) qui permette à Homo sapiens sapiens de sublimer sa condition humaine est un acte de foi auquel j’adhère et dans lequel s’inscrit ma quête personnelle.
Je ne vois cependant aucune contradiction dans le fait que T, omniscient et sachant donc que Homo sapiens sapiens disparaîtra(it) un jour au profit de Homo sapiens futuris, n’ait pas abordé cette question.
Le vers de terre que je suis a déjà beaucoup de mal à comprendre les textes sacrés ou philosophiques auxquels il se réfère et s'évertue néanmoins à philosopher ou de faire état d'une transcendance qui concernera une autre espèce, à ce jour non éclose ?!

Les omniscients savent.
Que Jésus, Mahomet, Bouddha ou tout être réalisé qui existe, ait existé ou existera jamais n’ait parlé, écrit et évoqué que l’Homme stricto sensu ne veut pas dire qu’ils aient ignoré que celui-ci serait un jour remplacé dans la chaîne évolutive.
Rien ne justifie cependant qu’ils en parlent ou l’évoquent si cela ne nous concerne pas ou risque de nuire à notre épanouissement (au vu du travail sur nous-même qu’il reste à accomplir).
Le chemin est infini pour les mortels que nous sommes et seuls quelques rares spécimens d’Homo sapiens sapiens (les quelques milliers de prophètes, saints, bouddhas et autres réalisés) sont promis à cette plénitude.
L’infini d’ordre 2 (et son existence) ne nous concerne donc pas et ne ferait qu’embrouiller un esprit aussi limité que le mien par exemple.

Mais alors, pourquoi en discuter ? Commence donc par essayer de sauver ton âme avant de te soucier de celles des (non) Hommes du futur !

Certes, et Candide aurait raison. J’arbore un jardin en friche et une maison en ruines, expose mes incohérences, mes doutes et mon incompétence à tous vents et me mettrais martel en tête pour réfléchir à dessiner un Jardin d’Eden dont je ne fais qu’imaginer une existence putative ? Quelle vanité !

Vous noterez aussi que ce billet eût valu il y a quelques siècles à votre serviteur d’être soumis à la question ordinaire et extraordinaire puis d’être roué, écartelé et brûlé vif (dans un ordre déterminé par la sagesse du Grand Inquisiteur).
J’aurais bien entendu, au cours de ce processus, abjuré des pensées aussi hérétiques, mes écrits eussent subi l'Autodafé et personne n’eût plus entendu pareilles billevesées.
Ah, le bon vieux temps !

Il y aura bien un jour, lointain je l’espère, où les Hommes cohabiteront avec leurs successeurs.
C’est un schéma qui s’est souvent produit au cours de l’Evolution qui a ainsi vu l’homme de Cro-Magnon et celui de Neandertal coexister pendant des milliers d’années avant que ce dernier disparaisse.

Toujours deux cas de figure dans cette seconde branche que j’évoque :

  1. l’Evolution n’engendrera rien après l’Homme et ce discours est de la rhétorique (ou b... intellectuelle).
  2. Homo sapiens futuris existera un jour et, ayant la précédence (temporelle) sur lui, c’est l’attitude et la philosophie d’Homo sapiens sapiens qui détermineront les modalités et la nature des siècles de coexistence.
J’aimerais bien, mais ce n’est qu’une opinion toute personnelle (pas la tête !) qu’il existe T, tel que :
SI un jour lointain lointain, un Homo sapiens futuris frappât à la porte de la Maison de T,
ALORS que Ses serviteurs l’accueillent avec bienveillance.

... A quelques approximations de logique près.

Illuminations - Rimbaud


Nocturne vulgaire

Un souffle ouvre des brèches opéradiques dans les cloisons, brouille le pivotement des toits rongés, - disperse les limites des foyers, - éclipse les croisées. - Le long de la vigne, m'étant appuyé du pied à une gargouille, - je suis descendu dans ce carrosse dont l'époque est assez indiquée par les glaces convexes, les panneaux bombés et les sophas contournés. Corbillard de mon sommeil, isolé, maison de berger de ma niaiserie, le véhicule vire sur le gazon de la grande route effacée : et dans un défaut en haut de la glace de droite tournoient les blêmes figures lunaires, feuilles, seins ; - Un vert et un bleu très foncés envahissent l'image. Dételage aux environs d'une tache de gravier.
- Ici va-t-on siffler pour l'orage, et les Sodomes, - et les Solymes, - et les bêtes féroces et les armées.
-(Postillons et bêtes de songe reprendront-ils sous les plus suffocantes futaies, pour m'enfoncer jusqu'aux yeux dans la source de soie).
- Et nous envoyer, fouettés à travers les eaux clapotantes et les boissons répandues, rouler sur l'aboi des dogues...
- Un souffle disperse les limites du foyer.

p.41

5 minutes de répit pour la planète

Le 1er février 2007, participez à la plus grande mobilisation des citoyens contre le Changement Climatique !

L'Alliance pour la Planète (groupement d'associations environnementales) lance un appel simple à tous les citoyens, 5 minutes de répit pour la planète : tout le monde éteint ses veilles et lumières le 1er février 2007 entre 19h55 et 20h00.

Il ne s'agit pas d'économiser 5 minutes d'électricité uniquement ce jour-là, mais d'attirer l'attention des citoyens, des médias et des décideurs sur le gaspillage d'énergie et l'urgence de passer à l'action !

5 minutes de répit pour la planète : ça ne prend pas longtemps, ça ne coûte rien, et ça montrera aux candidats aux élections législatives de juin 2007 que le changement climatique est un sujet qui doit peser dans le débat politique.

Pourquoi le 1er février ? Ce jour là sortira, à Paris, le nouveau rapport du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations Unies.

Cet événement aura lieu en France : il ne faut pas laisser passer cette occasion de braquer les projecteurs sur l'urgence de la situation climatique mondiale.

Si nous y participons tous, cette action aura un réel poids médiatique et politique, quelques mois avant les élections !

Faites circuler au maximum cet appel autour de vous et dans tous vos réseaux ! Faites-le aussi apparaître sur votre site Internet et dans vos news letters.

Contact/ information : Cyrielle, Les Amis de la Terre :00 33 1 48 51 18 95
http://www.amisdelaterre.org/article.php3?id_article=3035

Les traces d'un cerveau "altruiste"

Les scientifiques auraient découvert une zone du cerveau spécifiquement activée lors de comportements altruistes (article en anglais)

Wachet auf, ruft uns die Stimme

Après avoir exposé les problèmes auxquels j'étais confronté à ma professeur de piano, nous avons exploré les différents plans sur lesquels bute cet apprentissage ce qui l'a amené à me proposer (entre autres pistes) d'explorer un 4 mains.
La transcription d'un choral.
BWV 140, "Wachet auf, ruft uns die Stimme" (Dormeurs, réveillez-vous).
Bach a repris un vieux cantique de Philippe Nicolai (1599).
Je ne pouvais décliner pareille quadruple invitation réflexive (Bach, 140, 4 mains, réveil-matin).
Arrangé par un Monsieur Leonard Duck, ça ne s'invente pas.
Il a marqué "Allegretto" sur la partition.
J'entends les indications baroques comme étant un sentiment à illustrer pendant le jeu (ici l'espérance de la prière que Bach adresse au monde) et non comme une quelconque suggestion de vitesse de jeu, tout à fait incongrue au demeurant.

Un des innombrables problèmes que pose un 4 mains pour un être normalement constitué est que l'on n'entend qu'une partie de l'oeuvre pendant la phase d'apprentissage.
Erreur à corriger rapidement, n'ayant pas encore acheté la partition complète, je me retrouve avec des photocopies de ma partie uniquement.
Je travaille et répète donc pour l'instant de mon côté (avec mes deux mains) et ce n'est qu'en présence de ma professeur que j'entends les deux autres (avec le problème supplémentaire de synchronisation qu'induit mon inexpérience en la matière).
J'ai réussi à déchiffrer et bégayer joyeusement la première page (sur 3) après quelques heures d'analyse et de pratique.
Voilà qui ajoute un élément de motivation supplémentaire aux cours.
Un élément chaotique, objet de l'apprentissage en sus de la lecture, du rythme, de l'écoute et que sais-je encore ?
Fous-rires garantis lors de la prochaine séance.

C'est le premier piano qui m'est actuellement dévolu (les voies aigües, celles qui réveillent).
La seconde partie devrait être plus facile, je connaîtrai la première d'oreille et du bout des doigts.
Je préfère les basses par ailleurs mais c'est un goût très personnel dont je me défends.
Enregistrer les 2 parties et superposer les jeux sera encore un autre apprentissage.

réminiscences (la clef des chants)


Collège Saint Jean-Baptiste de la Salle.
Beyrouth, 1970-1.
Classe de 9è B.
L’instituteur alternait à sa guise les différentes matières qui formaient l’enseignement alors dispensé par les bons pères.
C’est, de tous les enseignants que j’ai eus, celui dont je garde le plus de souvenirs en dépit de l’espace et du temps qui nous séparent.
Je me souviens de sa voix, de son physique, de son éternel costume verdâtre et, surtout, de ses leçons de civisme : ne pas cracher en rue (à cause des maladies), ne pas occuper un trottoir à plusieurs (toujours penser à laisser de la place aux autres), ne pas gaspiller les ressources (le pétrole va s’épuiser , l’eau potable est rare), éteindre les lumières… toutes ces centaines de petites règles que j’applique toujours en ayant, souvent, une pensée reconnaissante pour cet homme dont je n’ai pas gardé le nom, juste la bonhomie et les enseignements.

Je me souviens aussi des contes qui illustraient ses leçons.
C’était une fois l’histoire d’un prince oriental, héritier d’un grand et riche royaume.
Le roi, soucieux de l’éducation de son dauphin, nomma un précepteur particulier chargé de lui dispenser différents enseignements et lui apprendre les responsabilités de sa future charge.
Le prince étant soucieux de faire de son mieux pour apprendre, plusieurs mois harmonieux et studieux passèrent.
C’est un matin, sans mot dire et sans raison, en lieu et place du bonjour rituel, que le précepteur flanqua une gifle retentissante au prince et, comme si de rien n’était, poursuivit son enseignement.
Le prince, trop choqué par l’événement, laissa la journée et les suivantes se dérouler mais n’oublia jamais l’affront.
Une fois devenu roi, il convoqua son ancien précepteur et, lui reprochant la gifle qu’il avait reçue, s'entendit répondre : « Je savais que le futur roi dont j’avais la charge allait un jour devoir juger ses sujets. Il fallait donc qu’il connût intimement le sentiment d’injustice et qu’il ne le quittât jamais. J’ai donc acquitté ma tâche. »

Je ne me souviens plus si le roi l’a couvert d’or ou l’a nommé conseiller mais c’est un conte et l’histoire se terminait forcément bien.

C’est quelques semaines plus tard, que j’ai reçu une leçon qui a enfoncé ce clou, présenté sous la forme d’un éveil musical.
En plus de cet instituteur, un professeur de musique dispensait quelques heures de solfège, chant, flûte, etc.
Le cours commençait par l’hymne national que toute la classe entonnait debout au son de la mandoline dont il ne se séparait jamais.
J’avais à l’époque le contre-ut facile, je chantais juste et apprenais vite.
J’ai donc rapidement été distingué et officiais (enfant de chœur, ça c’est une autre histoire) pour chanter quelques parties solistes dans la chorale impromptue que formait la classe.
C’est ainsi que ce professeur de musique eut la bonne idée, pour célébrer la fête des mères (qui a lieu au Liban le 21 mars, date ô combien symbolique), de produire un 45 tours avec une chanson de circonstance (j’ai oublié la contenu de la face B).
C’est donc à votre serviteur qu’il a demandé d’apprendre la chanson.
Et c’est un de mes camarades, une jolie voix par ailleurs, qui l’a enregistrée.
Le père de ce camarade enseignait dans ce même collège. Il s’est donc justement ému du mauvais sort qui avait été fait à sa progéniture et, usant de ses relations confraternelles, fit en sorte que son chérubin (une petite tête blonde bouclée) poussât la chansonnette à ma place.
Je n’appris le forfait qu’en voyant la pile de 45 tours sur le bureau, accompagnée du formulaire pour l’acquérir contre une modique somme, le professeur de musique évitant mon regard pendant des semaines.
Je crois bien, rétrospectivement, que c’était la plus belle claque de ma vie.

Hormis ces cours de philosophie en herbe, l’ennui pointait rapidement le bout de son nez en classe.
Je ne supportais pas d’être enfermé toute la journée dans une pièce, entouré de camarades dont il m’arrivait parfois de déplorer la lenteur.
Aussi ai-je rapidement appris, du fond de la classe où j’avais élu domicile, à ouvrir des fenêtres virtuelles.
Souvent un roman d’aventure posé sur les genoux, abrité derrière le pupitre.
Ou alors ad-mirant le clou où étaient fiché le crucifix qui surmontait le tableau noir et l’estrade de bois où se tenait le professeur.
J’ai passé des centaines d’heures concentré sur ce clou, laissant se dérouler en tâche de fond la classe et les cours de français, arabe, calcul, histoire, géo et que sais-je encore, pendant que je visitais des mondes chimériques qui me sont devenus familiers.
J’ai aussi réalisé à un moment de cette année-là qu’il suffisait que je défocalise mon regard pour, à partir du clou (que je ne perdais pas de l’oeil), embrasser de nouveau toute la classe et participer à son activité.
Il arrivait souvent que l’image reculât tout en gardant sa clarté et sa précision, le champ de vision s’élargissant en contrepartie.
Cela durait tant que je restais concentré, sans parler et sans trop bouger.

J’ai, bien entendu fanfaron, un jour fini par raconter ce phénomène à ma mère.
Laquelle a fait ce que toute mère eût fait : me prendre (d’abord pour un fou, puis) chez l’ophtalmo qui, il fallait bien qu’il trouve quelque chose, découvrit une légère myopie et me prescrivit des lunettes pour corriger ma vue.
Je n’ai redécouvert ce phénomène qu’il y a peu, en ne gardant qu’une seule lentille de contact pour compenser ma presbytie naissante.

Je terminai donc la 9è, premier de classe sans doute mais sans voix et avec une paire de besicles qui me transformaient en chouette.
J’ai en effet arrêté de chanter à cette même époque.
Il a fallu plus de 5 ans avant que je réécoute de la musique.
Mon premier Vinyle : Beethoven, 3è symphonie, Karajan, 1967.
En classe de 3è, la première année de guerre, où m’intéressant à l’épopée Napoléonienne, je découvris Beethoven et sa symphonie héroïque à la dédicace déçue (Napoléon avait trahi la révolution française aux yeux de Ludwig en se faisant couronner empereur) « Per festeggiare il sovvenire di un grand Uomo » (pour célébrer le souvenir d’un grand homme – en 1803).
J’ai aussi longtemps décliné l'idée de ce clou pour effacer les bombes qui tombaient aux alentours.

Oh! Là là! Que d’amours splendides j’ai rêvées!
C’est cependant 35 ans et quelques révolutions plus tard que j’ai surmonté ce traumatisme d’enfant et me suis enfin inscrit à un cours de chant.
J’en ai profité pour muer de soprano colorature à un baryton viennois.
Après l'Hymne à l'amitié de Haydn, je travaille un air de Lully (composé pour accompagner le Bourgeois gentilhomme) "Revenez amours".
Je garde aussi une voix de fausset.
Pour le plaisir.
Amateur.
J’arbore depuis longtemps déjà un Petit Prince juché sur mon omoplate droite, les poings serrés au fond des poches.

Nicolas et Pimprenelle (dormez les petits enfants)


Ainsi donc Nicolas présente-t-il sa candidature à la magistrature suprême ?
Acclamé par la foule en liesse ce dimanche aux parc des expositions de Versailles.
Nicolas garde son ancien boulot pour l'instant.
Qu'est-ce qu'il fait dans la vie ? Oh, il est juste ministre de l'intérieur.

J'ai peine à croire qu'un candidat sérieux ne se consacre pas pleinement à sa campagne électorale du moment qu'il s'est déclaré devant tout le pays.
Je ne doute pas, en revanche, du sérieux des intentions de Nicolas.
Un candidat à un poste sensé incarner la rigueur, qui ne veut pas créer l'ambiguïté juge et parti, ne devrait pas avoir sous ses ordres les services d'un ministère aussi important et délicat que celui de l'intérieur.

Pour faire une campagne présidentielle.
En démocratie.
Par les temps qui courent.

Cedrus libanus


Il est un ami qui m'est particulièrement cher et que je vois très rarement.
Nos pensées se sont croisé il y a peu.
J'ai perçu un cèdre noir sur un fond blanc, c'est de moi qu'il s'agissait.
J'ai d'abord été amusé que la première image transmise soit celle du libanais, en dépit de tous les efforts que j'ai entrepris pour gommer cette identité.
J'ai même, pardonnez ce moment d'orgueil, été flatté de cette pensée.
L'informatique et le clavier sont binaires et tout le réel peut y être ramené.
Il suffit pourtant d'un prisme pour que ces deux couleurs (dont une non-couleur) soient déclinées à foison.
Je suis aussi Français qu'Anglais, Américain, Espagnol, Sud-américain ou Bengladi, Irakien, Syrien, Palestinien ou que sais-je encore ?
Je m'efforce de l'être en tous cas.
Un cèdre, mémoire millénaire, est une utopie qui me convient donc bien.
Passer la journée dans ces bibliothèques, à fouiller dans ces vieux grimoires !
Il faudrait des milliers d'années pour comprendre toutes ces différentes façons de concevoir le monde que nous créons.
Spectateur.

Je voulais (encore !) parler de Bach.
Toujours cette première page autographe du Clavier Bien Tempéré.
Il me reste à trouver la traduction intégrale du texte mais, même sans cela, le jeu de piste est amusant.
La spirale du haut qui indique le tempérament de Bach.
La spirale du bas qui dit que SI l'instrument est au bon tempérament ALORS pour le premier prélude, en Do Majeur (ce qui explique pourquoi le mot "Praeludia" est écrit 2 fois plus grand que le reste), à chaque deux temps répondront trois.
Par ailleurs, ce prélude liminaire apprend à entendre les 5 voix ainsi que me le rappelait un autre ami.
Bach procéde à une double démonstration dans ce prélude : prouver le tempérament et donner un algorithme pour passer de 3 à 5 voix.
Il y indique aussi que la maîtrise de ce prélude est la clef (sine qua non) qui donne accès à la suite de la démonstration : le Clavier Bien Tempéré (un premier tome de son Art de la Fugue)
Exactement.
La spirale du bas dit donc aussi qu'il suffit de jouer les 3 voix (1, 3 et 5) pour que les 2 autres (2 et 4) puissent être déduites par complément (à partir des "trous").
L'addition du tout restant à la même hauteur, celle de la synchronicité (l'année par exemple, 1722=123x14).
Les trains d'onde sont alors parfaitement en phase.
Inutile de chercher à entendre cette synchronicité au piano. Il est accordé à tempérament égal et il y a une demi-douzaine d'arpèges qui heurtent l'oreille, attirant l'attention.
J'ai accordé un temps le clavicorde selon les instructions de Bach.
J'entendais tout de suite la différence.
Je n'ai pas d'enregistrement probant à exhiber, la combinatoire induite par l'instrument, l'instrumentiste et la prise de son est actuellement chaotique.
Sans doute les variations de température induites par le chauffage qui détendent les cordes, j'ai la flemme de le réaccorder (au risque de briser un choeur) en sachant qu'il ne tiendra pas.
Je vérifie la hauteur avec l'accordeur électronique mais il m'arrive de le contredire régulièrement.
Je corrige alors de tête pendant le jeu, jusqu'au moment où je n'entendrai plus d'erreur.

L'Allemand est une langue que j'ai du mal à comprendre.
Certaines époques en particulier.
La clef d'accord est posée sur le Sol de la table d'harmonie.
Nul besoin de s'abaisser, il suffit de demander ... ou de s'en saisir.

Curiosité


J'ai découvert aussi, il y a quelques temps, une petite curiosité d'écriture de Bach.
C'est la signature d'une fugue je pense.

On y lit la dédicace finale qu'inscrit Bach (D. S. Gl) à la plupart de ses oeuvres : Dei Soli Gloria (A Dieu Seul la Gloire).
La musique est, pour lui, prière.
J'ai donc, par curiosité, retourné l'image.
On y lit d'abord aisément la signature du compositeur : Jh. S. B.

qui ressemble à s'y méprendre à celle-ci :
J'y ai longtemps vu un signe de vanité.
C'est une des raisons qui m'a fait hésiter à l'évoquer.

Début des suites par Jérôme Pernoo


Je suis décidément < * >.
Encore un concert lumineux, magique.
Un moment et un endroit où je ne m'attendais pas à être autant surpris.
Sur un chemin que je pensais connaître, un univers insoupconné s'est révélé.
Les suites pour violoncelle de Bach.
J'avais entendu les 3 premières jouée par Kuijken il y a quelques semaines sur un violoncelle baroque "reconstitué" et j'en ai dit le plus grand bien que j'en pensais.

Hier soir avait lieu la suite des suites.
Les 3 dernières, jouées par Jérome Pernoo que je voyais et entendais pour la première fois.
Sur un violoncelle baroque tenu de façon moderne, cad entre les jambes.
Un récital où, a priori, je ne m'attendais pas à tant apprendre.
Je me préparais donc à comparer cette posture par rapport à celle que Kuijken avait démontrée quelques semaines auparavant.

C'est, éperdu aux premières notes du prélude de cette 4è suite, que j'ai compris que la soirée serait intense.
Jérôme Pernoo a en effet exposé l'ensemble des voix (l'enregistrement est épuisé) qu'il entendait dans ces suites en séparant les timbres dans un espace sonore et temporel que je n'avais pas entendu auparavant.
Une magnifique bouteille de Klein que je n'avais pas perçue avant ce jour, en dépit des centaines d'heures d'écoute de ces suites par les plus "grands" violoncellistes (j'ai, ce matin, réécouté un CD vanté par tous les critiques, où ces voix sont totalement inaudibles et doivent être perçues de tête uniquement).

Un violoncelle est un gros violon qui comporte 4 cordes accordées par quintes successives : do (grave), sol, ré et la.
C'est le glissement de l'archet contre une ou plusieurs cordes qui produit le son.
Cet instrument est communément pensé monophonique bien qu'il soit mécaniquement possible d'y exprimer 3 voix bien distinctes.
Les cordes peuvent en effet être frottées 2 à 2, formant un choeur.
Il est donc possible d'exprimer la tessiture d'un instrument qui jouerait les cordes 1-2, 2-3, 3-4 et de composer des chants qui, en contrepoint, se parlent de choeur à choeur.
Une dimension supplémentaire, le temps, est plus difficile à mettre en relief au violoncelle, .
C'est là où le talent de l'artiste s'est le plus magnifiquement exprimé pendant plus d'une heure de récital magistral.

Il est en effet impossible, mécaniquement, de faire chanter les choeurs 1-2 et 3-4 simultanément, par exemple (l'archet ne peut pas couvrir cette amplitude d'un seul geste).
C'est donc tantôt l'un tantôt l'autre qui parle.

Les règles de préséance et le tour de parole de chacune de ces voix constituent un contrepoint temporel qu'il est nécessaire d'entendre et de décoder si on veut saisir quelques bribes de la pensée du compositeur.
Les suites de Bach sont en effet chacune composée de 7 petits morceaux qui, s'enchaînant, forment la suite. 6 x 7 = 42 signe l'oeuvre une première fois.
Bach ayant systématiquement indiqué une reprise sauf pour les préludes, chacune de ces petites pièces se joue deux fois.

Jusqu'ici, il arrivait souvent que j'entendisse 2 fois la même chose à quelques nuances près.
Le récital d'hier soir m'a montré qu'il pouvait en être autrement.
Le temps, dimension intégrée du contrepoint.
J'ai rapidement arrêté de compter le nombre de figures différentes que Jérôme a exposées, il y avait mieux à faire à ce moment-là.
J'en ai illustré une, aléatoire, il y en a des dizaines.

Ces suites (la superposition des spires) ordonnent ainsi l'arrangement temporel des voix qui constitue une 4è dimension dont se joue Bach en contrepoint.
Jérôme Pernoo, a montré hier une pédagogie du violoncelle admirable.
Chance supplémentaire pour l'inverti que je suis, voir le spectacle d'un violoncelle de face me permet de m'immerger bien plus aisément dans la musique.
L'archet est en effet tenu par la main droite (ce qui correspond à la position canonique pour un droitier).
Le gaucher que je suis peux donc regarder et analyser les gestes des deux mains comme dans un miroir, sans avoir à procéder à une rotation mentale pour me mettre dans la peau de l'artiste. Je ressens donc les gestes tels que je les aurais effectués si d'aventure j'eusse caressé l'idée de jouer du violoncelle (il faudrait que je cherche pour cela un enseignement ainverti, pas question que je tienne l'archet, précision, de la main droite).

Il est des artistes qui laissent l'auditeur à une distance respectable en représentation.
Tel n'était pas le cas hier soir.
Jérôme est d'une générosité rermarquable et offre sa musique sans retenue ni arrière-pensée.
Il a conclu son récital, sous des applaudissements nourris, prolongés et mérités, par un contrepoint parfait.
3 bis : La sarabande de la 3è suite, la gigue de la 2è et le Prélude de la 1ère.

Etaient proposés à la sortie du concert et comme à l'accoutumée les enregistrements de l'artiste.
Et là, surprise, un seul CD de 2002, édité chez Ogam (une maison haut en couleur).

Les recherches de Jérôme Pernoo sur le répertoire ancien de son instrument l'ont amené à découvrir les plus anciennes pages pour violoncelle connues à ce jour, composées par deux maîtres et amis bolognais : Giovanni Battista degli Antonii (1660-1696) et Domenico Gabrielli (1659-1690).
Le CD que j'ai donc acquis se compose de 19 RiceRcaRe (d'où la surprise) : 12 d'Antonii et 7 de Gabrielli.
Je les écoute avec attention depuis hier soir.
Jérôme, dans le livret qu'il a rédigé, pense que ces ricercare ne peuvent pas avoir échappé à la curiosité de Bach qui, 30 ans plus tard, a tissé un premier contrepoint temporel avec ses amis italiens, dans ses suites pour violoncelles (le s est bien mérité).
Je veux bien le croire !

Brazil (by night)

Brazil by night

Bases cérébrales des émotions


J'ai relu il y a quelques jours les résultats d'une expérience de psychologie cognitive amusante.
Cette expérience consistait à déterminer la vitesse et les processus cognitifs mobilisés lors de la reconnaissance visuelle d'un objet.
Le sujet est soumis à un EEG pendant que des images lui sont projetées.
L'EEG a pour fonction de dresser une chronocartographie des zones d'activation du cerveau.
Les résultats sont intéressants à plus d'un titre.
En vrac :

  • neurones miroirs : imaginer une action (ou la voir réalisée) et l'effectuer soi-même recrute les mêmes aires du cerveau aux aires motrices près (puisqu'on ne bouge pas pour faire ==>penser c'est faire) :
    Ce sont les mêmes neurones qui font l'action qui l'imaginent
  • base des émotions : un sujet identifie les traits d'un visage au bout de 170ms.
    L'émotion a cependant été perçue au bout de 100 ms.
    Ceci  indique que si on présente une image à quelqu'un, il perçoit l'émotion qu'elle véhicule en moitié moins de temps qu'il ne met à la reconnaître.
    Qu'il s'agisse d'un réverbère ou d'un visage humain, l'émotion est traitée d'abord par le cerveau.
    Il interprète ensuite ce qu'il voit.

Paradoxe d'Epiménides


Les anglo-saxons ont un joli terme pour dénoter ces conversations : Small Talk (petite conversation).
En informatique, c'est un langage objet : tout l'univers y est objet.
- Quoi de neuf sous le soleil ?
- Rien.

C'est en allant à l'école un jour qu'Epiménides m'est apparu.
Les dizaines de personnes qui vous disent "Bonjour, comment vas-tu ?" et qui n'attendent pas la suite ou d'autre réponse que "(Bien) merci et toi ?".
Personne ne s'attend vraiment à ce que l'interlocuteur réponde "J'ai tel problème que je vais t'exposer dont je cherche la solution."

< auto-référence altérée par l'interprète >

Il suffit donc de revenir au propos liminaire qui commande la plupart des relations sociales : "Bonjour, comment vas-tu ?".
Dans 99,xx % des cas, cette question est purement rhétorique.
Nous n'attendons vraiment pas d'autre réponse qu'un courtois "(Bien) merci et toi ?".
C'est une interaction sociale qui est entretenue par un rituel protocolaire qui annonce peut-être le début d'une interaction plus complexe.

Quelle peut bien être la réponse correcte à cette question simple ?
Trois cas de figure se présentent :
1- je connais la personne et le contexte
2- je connais la personne ou le contexte.
3- je ne connais pas la personne.

C'est, à l'origine, le paradoxe d'Epiménides, Crétois de son état qui affirme "Tous les Crétois sont des menteurs" (P).
Des centaines de philosophes ont trituré cette question dans tous les sens.
La question qui a tarabusté ces anciens était "Comment interpréter les propos d'un Crétois ?" (en tenant compte de la proposition logique précédente).
Il a fallu des siècles pour déterminer que l'existence de la proposition P suffit par essence à la rendre vraie.

La réponse, pour résumer, est que les Crétois ne sont pas fiables et que cela ne préjuge en rien de leurs intentions.
Poser une question à un Crétois implique donc de vérifier la réponse ou d'être convaincu de la réponse (et de la question accessoirement).
Il peut avoir dit la vérité et dans ce cas, la confirmation externe validera la réponse.
Il peut aussi avoir "menti" (sans que la motivation ou le jugement du mensonge soient traités ici) et la validation externe infirmera le propos.
Ou alors on est convaincu (avant ou après avoir posé la question et le reste n'a pas d'importance).

Il est d'autres questions possibles cependant.
Quel est le modèle que l'on se fait de l'interlocuteur ?
Et comment qualifier une assertion "Je mens" ou "Je ne mens jamais" ?

Dans les cas 2 et 3, la réponse à la question est purement protocolaire : "(Bien) merci et toi ?".
Ca veut exactement dire "Je vous souhaite le bonjour".
Deux informations cependant sont transmises dans les deux sens de cet échange rustique : l'interaction elle-même et le souhait de félicité.

2 - je connais la personne (contexte indéfini).
Supposons que l'on s'adresse en français à un Chinois.
Sa réponse dans cette langue donne uniquement l'information qu'il est urgent de trouver un tiers de confiance, qu'on appelle aussi interprète, si on veut pousser la conversation plus loin que les quelques gestes internationalement compris.
Ou alors, si tout le monde a le temps et l'envie, le Français et le Chinois peuvent s'asseoir autour d'une table et, s'appuyant sur leur environnement, par itérations, construire un langage commun.

Les implicites de la phrase précédente sont tels qu'il est légitime que personne ne soit assuré de mon intention première et, pourtant, lors de ma première ré(d)action, j'étais persuadé d'être non-ambigu.
Il a suffi que le "cette" précédant soit flou, me référant au Chinois par le contexte. C'est aussi une minuscule lettre qui passe en majuscule, involontairement, pour que le message soit entâché de doutes légitimes.
Que "on" fût Français, Suisse, Crétois, Zairois ou que sais-je ne changeait rien à mon exemple virtuel, dans mon intention.
C'est donc de bonne foi que j'ai induit un changement de niveau d'écriture qui peut entraîner cette question :
"Pourquoi laisser croire que le Chinois ne parle pas français et que celui qui parle français est Français ?".
La plupart du temps, dans plus de 99% des cas, c'est involontaire.
Il suffit de demander des précisions pour que le doute soit levé, si la question est jugée importante
Ce type d'erreurs est en revanche inévitable dans les échanges quotidiens.
Encore pis par écrit où tout le langage est policé à l'extrême.
Je n'ose donc imaginer les contresens qui peuvent être tirés des bavardages tenus ici et qui sont à mille lieues de ma pensée.
Personne n'est capable de développer un raisonnement de quelques secondes (quelques centaines d'inférences) sans faire un tas de présupposés sur le modèle cognitif de son interlocuteur. On suppose qu'il sait telle ou telle chose. On suppose que telle chose l'intéresse. On suppose que telle ne le concerne pas. etc.

Sans ces raccoucis, une simple action comme aller chercher le pain à la boulangerie se transformerait en une séance de philosophie où, telle la flèche de Zénon, personne ne quitterait son fauteuil qui verrait tout le monde mourir de faim et de soif (et c'est un raccourci).
Du point de vue de celui qui reçoit le message, la question du doute reste toujours légitime. Il ne faut donc jamais s'en offusquer.
Sous peine de ne jamais innover.
La seule façon d'enrichir les échanges et de réduire ce doute est de passer des catégories 2 ou 3 à la catégorie 1.
Le modèle croisé que se construisent alors les interlocuteurs est suffisamment complexe pour que les ambiguïtés les plus grossières aient été évacuées : la langue, le dialecte, la culture, le cadre philosophique et social, le rang, la préséance, les rôles, etc.

Le coeur de la catégorie 1 contient les relations de confiance intimes.
Dans une relation de confiance, on n'est pas obligé de dire "s'il te plaît", "merci" à chaque fois que qu'on vous passe le sel ou le pain.
C'est en revanche parfois nécessaire avec des étrangers (catégories 2 et 3) sous peine, selon les cultures,  de paraître grossier ou même belliqueux.
C'est aussi parfois nécessaire dans les relations en évolution : pour acquitter les messages perçus.

Il est ainsi un large champ de domaines d'interactions que tout un chacun réserve aux intimes. Les plus courants étant la famille, le couple, la santé, la religion, etc.
Personne de sensé n'irait étaler ces sujets au premier quidam venu dont on peut supposer qu'il n'en a que faire et dont on juge que cela ne le concerne pas.

Pour la plupart de vos relations sociales, savoir que vous avez mal au petit doigt (exemple virtuel) n'est ainsi pas une information souhaitée ou qui les concerne.
Cela intéresse ceux à qui l'information importe.
Par exemple parce que vous jouez du clavier et que cette douleur nuit à la qualité de la suite de l'interaction.
Peut-être aussi que ce bobo et ses conséquences altérent-ils vos capacités physiques ou cognitives dont il faille tenir compte ?
Ce propos n'intéresse donc que ceux qui ont de vraies raisons de se soucier d'un tel détail.
Un étranger qui s'enquerrait de questions aussi intimes doit donc convaincre de la légitimité de sa question.
En quoi prendre de l'aspirine pour soulager une douleur au doigt le concerne-t-il ?
L'éventail des questions légitimes va de "Je souhaite soulager toutes les misères du monde" à "par pure curiosité" ou même "pour me réjouir de la douleur".
Il est aussi légitime de ne pas vouloir répondre à des questions.
Mentir, en cas d'insistance déplacée est donc, dans certains cas, inévitable.

Il n'est sans doute pas indispensable de se poser toutes ces questions à chaque fois qu'un quidam vous souhaite un "Bonjour".
La plupart des incohérences détectées dans les propos échangés sont induites par les sauts, souvent involontaires, de niveau de langage.
Ce sont les mêmes mots et c'est le contexte qui permet l'interprétation.
Nous exprimons une pensée et celle-ci en évoque d'autres pour l'auditeur.
L'auditeur-observateur n'a aucun moyen de détecter ces sauts et est donc légitime à mettre en doute le canal de communication aussi longtemps qu'il voudra le penser Crétois.

J'ai vérifié au métronome.
160 à la noire.
180 si je suis inspiré.
200 au marteau.
En doubles-croches et sans en louper une seule.

Si c'est du Small Talk alors c'est du langage protocolaire où la forme prime (c'est elle qui transmet l'information traitée).
Il ne faut donc pas s'offusquer que le fond reste indicible.
A pareille vitesse, même en course de fond, personne n'a le temps de s'arrêter au détail.
A moins de le vouloir.
Il faut donc s'attendre à ce que l'information soit traitée dans un temps différé.
Par lots (le hasard des jeux).
Lent, c'est beaucoup plus difficile à apprendre mais on a le temps de (se) poser de nouvelles questions.
Et y répondre rapidement, une première approximation.
Quitte à y revenir en cas d'erreur (en exprimant des regrets le cas échéant).
Les deux restent cependant créatifs mais pas aux mêmes niveaux de complexité.

Il faut plusieurs niveaux pour un enchevêtrement.
Une seule auto-référence-didacte peut suffire pour initier la transmission.
A condition que ce soit la bonne.
Apprendre à doser le jeu aussi.
Une question de doigté.

< /auto-référence altérée par l'interprète >

Meilleurs voeux !


Il est une autre découverte que j'ai effectuée depuis quelque temps et dont je n'arrive pas à mesurer la portée réelle.
J'ai donc échaffaudé une partie imaginaire.
C'est toujours de Bach qu'il s'agit.
J'ai pensé cependant que son exposition était susceptible de susciter d'autres curiosités que la mienne.
J'ai découvert la page autographe du Premier livre du Clavier  Bien Tempéré cependant que mon apprentissage du RiceRcaR avait été bien avancé.
J'ai donc été surpris de trouver, datée de 1722, sous forme de paraphe de Bach, l'architecture d'une fugue qui correspondait parfaitement à l'idée que je me faisais du RiceRcaR, qu'il a improvisé en 1747.
Un quart de siècle de décalage !
En dépit de toutes mes analyses, je n'ai pas d'explication rationnelle à fournir.
C'est donc un conte de mon invention qui résoud cette énigme bien relative, j'en conviens volontiers.

paraphe de 1722

La musique que se pensait Bach lui-même était le RiceRcaR, cette fugue si particulière.
Il l'a toujours gardée pour lui sans jamais la coucher par écrit ou même la jouer.
Il attendait la bonne occasion.
Explorer toutes les sonorités des quatre octaves alors utilisées.
Il n'avait pas besoin d'instrument pour se la jouer, elle était dans sa tête.
Sa présentation au roi de Prusse devant un nouvel instrument, le piano, lui a fourni cette occasion, celle d'écrire son Offrande Musicale puis l'Art de la Fugue.
Le
RiceRcaR était cependant présent depuis 1722 au moins.
Cest cette fugue
draconique (une invention) qui signe sa musique tout à son chiffre.
De la main gauche.
7 contre 3.
Un rapport divin.

Je vous souhaite la meilleure année qui soit.
De la musique, la santé et le temps pour en jouir.

J.S. Bach, gaucher ?

Page de garde autographe du CBT

Bach serait-il gaucher aussi ?
Les milliers de pages de biographie et et de récits légendaires lues n'en font pas état.
J'ai donc naturellement, dans un premier temps supposé qu'il était droitier comme tout le monde ou presque.
Si tel n'avait pas été le cas, une quelconque chronique en aurait forcément fait état, n'est-ce pas ?
Tout le monde sait par exemple que Léonard de Vinci, autre inventeur de génie, était gaucher !
Oui, mais Léonard a dû forcer l'évidence en écrivant en miroir de droite à gauche, imposant sa latéralité aux yeux de tous ses futurs lecteurs.
L'Eglise a cependant toujours vu d'un mauvais oeil qu'un croyant se signât de la gauche et, pour réformée que fût celle que pratiquait le Cantor de Leipzig, il n'est pas étonnant que les textes et les commentateurs de l'époque n'en aient pas fait état ou aient préféré charitablement taire l'information.
Sinistres hier comme aujourd'hui.

C'est l'étude de la page de garde autographe du Clavier bien tempéré combinée à celles, aux claviers, du RiceRcaR à 3, des variations Goldberg et de la fugue en Do majeur qui m'ont donné quelques éléments de réponse qui s'accordent bien avec l'image que s'en fait le gaucher que je suis.
N'ayant aucune compétence particulière en graphologie, je n'ai nulle intention d'entamer une quelconque guerre à ce sujet (non plus) et réviserai ma croyance si besoin est.
Ma religion est cependant faite : Bach était gaucher.

Toujours est-il que j'ai volontaiterement induit une erreur dans l'analyse que j'ai commise du RiceRcaR à 3, le faisant entamer par la main droite.
Je testais l'hypothèse et l'usage qu'il n'en était rien.
Les 3 voix, soprane, alto et basse sont exposées par la même main, la gauche.
L'alto et la basse sont obligées, la soprane (galanterie oblige) est libre.
J'ai, à mon habitude, commis une erreur de latéralisation en exerçant cette liberté, pensant et écrivant à gauche et jouant à droite ce premier chant.
Correction faite, 7 des 10 thèmes royaux du RiceRcaR sont joués de la main gauche.
Une différence significative, d'autant plus que cette fugue est une improvisation jouée devant le roi de Prusse, Frédéric II auquel Bach venait d'être présenté.
J'imagine que la vieux génie pouvait légitimement être impressionné par les ors de la cour et le prestige du roi et souhaité, à cette occasion royale, laisser libre cours à son imagination.
Le résultat donne 7 à gauche pour 3 à droite.

Les variations Goldberg sont surtout connues pour développer 30 variations autour d'un thème, l'Aria, exposé à la basse.
A la main gauche donc.

La page autographe du Clavier Bien Tempéré comporte elle aussi de nombreux indices disséminés dans ses 24 lignes.
Nous savons depuis quelques années que la ligne de spirales qui est en tête indique le tempérament que Bach avait découvert pour accorder ses claviers en mettant les 24 tonalités en valeur. spirales dépliées Cette ligne de spirales se lit à l'envers, de droite à gauche.
Elle a été réalisée en renversant la feuille.
Qui a été retournée ensuite pour écrire le texte.
La feuille, du point de vue de Bach, à l'envers, dessine une flèche qui va d'une spirale étalée aux infinis et qui montre le tempérament vers une spirale qui, du point de vue du lecteur, s'échappe à l'infini et qui paraphe la page où Bach cite son nom en toutes lettres à la 14è ligne, celle de son chiffre.
D'où l'inversion.
spirale levogyre

Par ailleurs, quel que soit le sens où ce paraphe a été dessiné, lévogyre, il signe un gaucher.
Un droitier aurait dessiné une spirale inverse, dextrogyre.
spirale dextrogyre

Autre l'hypothèse, qui n'est cependant pas nécessaire pour l'argument : la spirale du paraphe a été dessinée dans un second geste, à l'envers partant des cercles concentriques du milieu pour finir à l'infini, avant de retourner la feuille pour écrire.
C'est ainsi que du point de vue du lecteur, celui de la Lettre du texte, se trouvent disposées 3 spires à gauche contre 2 à droite.
La polysémie étant consubstantielle au contrepoint, Bach contrepoint incarné, a forcément inclus plusieurs niveaux de signification dans cette page de titre de son oeuvre majeure de maturité : le Clavier Bien Tempéré.

Quant à la fugue en Do majeur, c'est la main gauche qui chante le premier thème sous peine d'acrobaties totalement incongrues au vu de l'art du Maître.
Le premier thème de la première fugue, 4 voix est chanté par la gauche qui le signe, à la 24è et dernière exposition.
Cette évidence force ainsi à explorer l'hypothèse que le prélude en Do Majeur se joue lui aussi 3 notes à gauche contre deux à droite.
Les arpèges ne seraient-ils pas aussi partagés entre les deux mains, en parts inégales : 18 et 16 (3x3x2 et 2x2x2x2) ?

Finir ambidextre à la 35è mesure.
J'ai essayé, c'est très difficile à jouer.
Tous les réflexes sont inversés et ça force le jeu du pouce gauche.

Comprendre la première ligne du Livre qu'il espère transmettre aux générations futures.
Il a repris l'essentiel de sa démonstration dans les inventions à 2 et 3 voix.
A la portée des enfants ... et des claviéristes amateurs et passionnés au rang desquels je suis heureux de compter ces jours-ci.
Une familiarité qui apaise.
Un clin d'oeil amical.

Vae Victis !

Gibet de potence
Oyez braves gens, le tyran a été pendu haut et court ce matin à l'aube !
Un des plus grands dictateurs sanguinaires de l'époque a été exécuté à 6 heures ce matin.
A quelques heures des fêtes de l'Aïd et de la Saint-Sylvestre, concélébrées partout dans le monde.
On a pendu les droits de l'homme : haut et court.
La barbarie a donc répondu à la barbarie.
L'humanité attend avec impatience que photos et films viennent égayer cette fin d'année mémorable.
La noosphère va bruisser des fuites savamment distillées qui, étrennes morbides, seront échangées sous cape.
Cet homme, le pendu, était responsable de la mort de millions de personnes.
Il a aussi, surtout, été un précieux instrument de la déstabilisation du Moyen-Orient, maintenu enfoncé dans un âge médiéval pour permettre aux conquistadores de piller l'Or noir dont dépend notre si belle civilisation.
Il était finalement devenu encombrant et, pas question qu'une série de procès lui donnassent l'occasion de rappeler toutes ses amitiés devenues honteuses, il fallait donc s'en débarrasser.
Quel dommage que les jeux du Cirque aient été abolis.
C'eût fait un joli spectable diffusé en direct-live.
Justice est donc faite.

Arrivé au pouvoir par la grâce d'un coup d'état, il a manifesté tout au long de son long règne, 1979 à 2003, une violence et une inhumanité remarquables, n'hésitant pas à massacrer amis comme ennemis tant il prêtait à son entourage ses propres turpitudes.
Ecraser impitoyablement tout ce qui se trouvait sur son passage.
Manipulé par les puissances occidentales, américains en tête, il a été utilisé pendant plus d'une décennie pour tenter de museler la révolution iranienne, nourrie et partie de Neaufle-le-Château, France.

Grand ami alors qui, en échange de pétrole et d'argent sonnant et trébuchant, alla même jusqu'à se faire construire une centrale nucléaire, Osirak, bombardée par les israéliens à quelques semaines de son inauguration, aux aurores de la guerre Iraq-Iran.
La décision de doter l'Irak de technologies nucléaires ayant été prise par le Premier Ministre français de l'époque, Jacques Chirac, le réacteur a été ironiquement surnommé Ô Chirac par les Israéliens et une partie de la presse francophone.
Il fut un temps que gardent les archives de l'INA où notre grand phare de la pensée affirmait urbi et orbi que ce brave homme était son ami personnel et celui de la France.
Dis-moi qui tu fréquentes...

C'est la révolution iranienne qui lui a permis de donner la pleine mesure de sa sauvagerie.
Les Etats-Unis, humiliés par la prise d'otage de leurs ressortissants dans leur ambassade à Téhéran et leurs alliés européens, affolés à l'idée de ce grand pays, l'Iran, qui tendait les bras aux barbus ont donc poussé l'Iraq à attaquer l'Iran qui ne demandait rien à personne.
S'ensuivirent près de 10 ans de guerre et plus d'un million de morts de part et d'autre : armes chimiques, enfants-soldats et autres joyeusetés.
Ces mêmes armes qu'il n'a pas hésité à utiliser contre ses propres concitoyens dans les montagnes kurdes.
Il fallut qu'il franchît la ligne jaune en 1991, envahissant le Koweit (et s'appropriant son pétrole) pour que, soudain, l'ami devînt infréquentable et la première guerre du golfe exécutée.
Suivie de plus de 20 années de sanctions internationales qui ont vu des centaines de milliers d'irakiens, des enfants pour la plupart, mourir de faim, de maladie, dans la violence pour se terminer en 2003, par un feu d'artifice géant, filmé en mondovision, dont un bouquet nauséabond vient d'être tiré entre la dinde et les cotillons, à 6 heures du matin, en catimini.
Mettant un  point final et un terme à l'action de la justice.

Paix aux hommes de bonne volonté !
L'histoire est écrite par les vainqueurs.
Cette exécution barbare, adoubée par la communauté internationale qui s'est magnifiquement lavée les mains en affirmant du bout des lèvres son opposition à la peine de mort, Ponce Pilate de Pacotille, en est une démonstration éclatante.
C'est ainsi que s'administre la justice en ce début de troisième millénaire.
Les millions de morts ne connaîtront donc pas la justice, fût-elle à titre posthume, au nom de l'Histoire. Personne ne saura jamais quelles ont été les réelles motivations mercantiles qui ont conduit à la mort des millions de personnes, irakiens, iraniens, kurdes, américains, britanniques,... Les livres d'histoire ne retiendront que la version officielle de cette dernière guerre des Gaules. Récit dicté par César-Bush qu'ânonneront ad aeternam nos chères têtes multicolores, en coeur.
Vae victis ... et bon réveillon !

Joyeux Noël !

snif, c'était la dernière, éructa l'Abbé Pierre !

Eloge de la folie - Erasme

Eloge de la folie -Erasme

[...]
Que ne puis-je prendre aussi une autre figure, et paraître à vos yeux sous le ciel brillant harnois d'un docteur de Sorbonne ! Mais à propos, en m'entendant dégoiser tant de théologie, n'allez pas m'accuser d'avoir pillé les écrits de nos vénérables Maîtres. Songez, je vous prie, qu'ayant une liaison si intime et si ancienne avec les théologiens, il n'est pas suprenant que j'aie attrappé un peu de leur science, puisque Priape, ce dieu en bois de figuier, remarqua et retint quelques mots grecs qu'il avait entendu lire à son maître, et que le coq de Lucien, que vous connaissez sans doute, à force de vivre avec les hommes, apprit à parler comme eux.
Mais revenons à notre sujet, et commençons avec confiance.

Il est écrit dans le premier chapitre de l'Ecclésiaste : Le nombre de fous est infini. Or ce nombre infini comprend tous les hommes, excepté quelques-uns, et ces quelques-uns, je doute qu'on les ait jamais vus. Jérémie s'explique plus clairement encore, lorsqu'il dit, au chapitre dixième : Tous les hommes sont devenus fous à force de sagesse. Il attribue la sagesse à Dieu seul, et laisse la folie à tous les hommes. Il avait dit un peu plus haut : Que l'homme ne se glorifie pas dans sa sagesse ! - Et pourquoi ne veux-tu pas, ô bon Jérémie, que l'homme se glorifie dans sa sagesse . - C'est, répond ce prophète, parce qu'il n'en a point.
[...]

p.158

Rapport De Mission De GlobalOrgasm.org

La mission de l'orgasme global est d'effectuer le changement du champ d'énergie de la terre par l'entrée de la plus grande possible vague de l'énergie humaine. Maintenant qu'il y a deux flottes supplémentaires des USA au golfe Persique avec l'équipement anti submersible qui peut seulement servir contre l'Iran, l'heure de changer l'énergie de la terre est MAINTENANT !

Lisez plus au sujet de l'habillage de flotte ici.

L'intention est que les participants concentrent toutes les pensées pendant et après l'orgasme sur la paix. La combinaison de la grande énergie orgasmique combinée avec l'intention consciente peut avoir un effet beaucoup plus grand que des méditations et des prières en masse précédentes.

Le but est de s'ajouter un grand afflux tellement positif et concentré dans le champ d'énergie de la terre qu'il réduira les niveaux dangereux courants de l'agression et de la violence dans le monde entier.

L'orgasme global est une expérience ouverte à chacun dans le monde.

Nous espérons que les résultats s'enregistreront sur le système mondial de moniteur du projet global de conscience.

C’est le premier orgasme global synchronisé annuel pour la paix, amenant au solstice de décembre de 2012, quand le calendrier maya finit avec un nouveau commencement.

Plus ! Les femmes ont la permission de séduire des hommes. Redéfinition du féminisme Info/workshops/book www.RedefiningSeduction.com

Cabinet de curiosités

J’ai lu ce matin par-dessus l’épaule de mon voisin une manchette qui n’a pas fini de m’étonner.
Ainsi donc, la Palestine serait au bord de la guerre civile.
Oh la grande nouvelle !
Cela fait plus de 6 mois que votre serviteur, politologue en basse-cour, l’a écrit sans pour autant en faire tout un (faux) plat.
C’est donc sans doute, en ce jour le plus court, que nos quotidiens sont en peine de marronniers à quelques heures des fêtes. J’ai en effet peine à croire que ce petit détail ait échappé aux si grands esprits qui gouvernent ce meilleur des mondes qui nous entoure et qui, mais je fais montre de mon mauvais esprit habituel, ont tout fait pour que cela arrivât.

L’histoire repassant le chapon farci à des convives manifestement sourds-muets-aveugles et frappés d’agueusie de surcroît, les leçons des deux décennies passées en Iran, Afghanistan, Algérie et Iraq n’ont pas été retenues.
Les parangons de vertu, la vox populi au bord des lèvres, prêchent la bonne parole et, dégoulinants de démocratie, n’ont cesse que tous les sauvages de la planète acquièrent notre niveau de civilisation et de sagesse.

Cela est bien, dit le Candide qui sommeille en moi, mais si nous jetions un coup d’œil furtif à l’arrière-cours où se trouve le jardin, qu’y verrions-nous ?
Ne voilà-t-il pas que, démocratiquement au fil des ans, les iraniens, afghans, algériens, irakiens et, plus récemment, les palestiniens, ont librement choisi les hommes et femmes qu’ils souhaitaient voir les représenter dans les différentes instances nationales et internationales ?

C’est arpentant cette jachère que je réalise l’illusion dans laquelle erre la vision occidentale qui, semble-t-il, souffrirait de quelques troubles que la science n’a pas encore été en mesure d'identifier.
De la démocratie, soit, à la seule condition que les interlocuteurs avec lesquels nous avons choisi de discuter remportent les élections.

Quelques exemples pour illustrer mon propos amène :

-  La révolution iranienne s’est lentement muée en démocratie et, plus de vingt ans plus tard, l’ensemble de la communauté internationale maintient ce pays au ban des nations (sauf quand il s'agit du caviar pour lequel l'Iran reste un fournisseur très apprécié ces jours-ci).

-  L’Algérie, dans le seul exercice démocratique du siècle passé, a vu le FIS remporter les élections, entraînant une suspension du processus électoral et les années de terreur et de massacres qui s’ensuivirent.

-  Evoquons, pour bon compte, la mascarade qui a prévalu en Afghanistan ou, plus récemment en Iraq, qui voient les journaux de 20 heures nous couper l’appétit avec une régularité méritoire, donnant la mesure de ces hauts faits d’arme démocratiques.

La Palestine connaît aujourd’hui ces mêmes bonheurs ?
Qu’on leur donne des brioches !

Appelés par les chants des sirènes (électorales), les électeurs se sont déplacés en masse il y a quelques mois et, à plus de 70% des votants, ont rejeté le Fatah de feu Arafat au profit d’un parti plus radical, le Hamas (je ne vais pas discourir ici des attendus d’un tel vote qui ne me concerne pas).

Vox populi vox dei ? Et ben, non !

Je vous le donne en mille, quelle a donc été la réaction de la communauté internationale, Europe en tête, à ce vote exemplaire ?

Couper immédiatement les vivres dont dépendait exclusivement l’autorité palestinienne, condamnant l’ensemble des fonctionnaires à ne plus être payés, enrayant d’un coup l’administration, l’économie et poussant tous les malheureux du coin, et ils sont légion, dans les bras des fanatiques tant décriés.

Quand on sait qu’un seul salaire nourrit plusieurs familles, on peut avoir idée du désastre induit.
Sous prétexte que le résultat des urnes a légitimement conduit à un gouvernement dont les opinions nous déplaisent, à juste titre, nous refusons même de discuter avec des élus, prenant la démocratie en otage.
Quel est l’intérêt d’une négociation si on est d’accord a priori avec ses contradicteurs ?

Ajouter à cela que le champ laissé libre par la communauté internationale a été considéré par Israël comme un blanc seing pour mener la politique qui lui plaît : trucider des civils, embastiller des élus, pousser tous les modérés dans le fanatisme et feindre s’étonner de la dérive et de l’impuissance générales.
La guerre du Liban servant, accessoirement, de gigantesque écran de fumée pour parer la situation en Palestine d’oripeaux de normalité.
Vous l’aurez compris, dans ce coin du monde la vision du normal est toujours un peu (d)étonnante .

Il est né le divin enfant, jouez hautbois, résonnez musettes !
Qui sème le vent récolte la tempête.
Nous célébrons dans quelques jours à grand renfort de mets fins et de cotillons une nativité qui, deux mille ans plus tard, dans les mêmes lieux, réunit des conditions toujours aussi misérables.
Je reste donc perpétuellement surpris que, dans cet univers mondialisé (pléonasmique), il y en ait encore qui semblent découvrir que nous avons semé la tempête et s'évertuent à pousser des cris d’orfraie en espérant dérouter le tsunami qui en découle.

Sur le Net aussi, l'humanité est en guerre

Récemment, quelques étudiants de première année en philosophie à Paris- I planchaient sur le sujet suivant : « La pluralité des cultures empêche-t-elle de penser l'humanité comme une? », Les réflexes n'étant plus tout à fait ce qu'ils ont pu avoir été, ce n'est ni dans le Larousse, ni dans le Robert, ni dans le Littré, que l'un d'entre eux commença par chercher la définition du mot « humanité », mais sur le Net Plus précisément sur Wikipédia.

C'est un instrument étonnant Wikipédia. Le site serait entré dans le Top 12 des plus consultés sur le Web. Son nom emprunte tant au hawaïen wiki wiki, qui signifie « rapide, informel» qu'à la racine pedia, qui renvoie à « éduquer» en grec ancien. Wikipédia est un projet d'encyclopédie libre, une sorte de coopérative du savoir, qui permet aux internautes d'écrire et de modifier les articles du site: 5 millions à ce jour, rédigés en 250 langues, dont 400 000 en français.

Notre étudiant a donc tapé « humanité », pensant y trouver les fondements d'une première vérité. A son grand dépit, il en ressortit déconcerté : l'article de l'encyclopédie libre était verrouillé. Et pour cause. Depuis le 11 novembre, celui-ci fait l'objet d'une « guerre» : plus spécifiquement une «guerre d'édition », qui fait que l'article, dans l'attente d'un consensus, ne peut être modifié. Sur Wikipédia, depuis un mois, l'humanité est donc en guerre. Là aussi, est-on tenté de dire. Le conflit est vraiment une constante du genre humain.

Les wikipédiens, qui ont développé tout un wiki­langage, appellent « guerre d'édition» la controverse entre des éditeurs qui expriment un profond désaccord sur un sujet. Comme l'édifice encyclopédique tend à « la neutralité des points de vue» et rejette tout système de validation par des experts, les critiques sur la fiabilité, l'exactitude ou la partialité des contenus fusent parfois dans les pages dites de « discussion ». Il y eut, comme ça, apprend-on, de « pitoyables guerres d'édition» sur l'intitulé de la page « endive» (préférée à « chicon»), celui consacré à la « Wallonie» (disputée à « région wallonne »), ou encore sur la nationalité de Kafka ou la loi Fillon.

Concernant l'humanité, ce sont Alceste et Idéalités, cachés derrière leurs pseudonymes, qui se sont sur plusieurs jours empoignés. Alceste voulait fusionner l'article avec« homo sapiens ». Idéalités trouvait l'approche trop biologique, insistant pour rendre sa part d'idéal et de philosophie à l'humanité. Appelé à la rescousse dans la nuit du 10 au 11 novembre, un médiateur a apporté les premiers secours pour mettre bon ordre à ce tapage nocturne. Il a « protégé» (verrouillé provisoirement l'article, en demandant aux belligérants qui venaient aux mots de respecter la wikipéthique les règles du savoir-vivre wikipédien.

Au-delà des interrogations sur la portée du savoir participatif, c'est bien ici le point innovant de la wikihumanité, qui rassemble tant différences, de pays, de cultures, de points de vue : ce corpus de procédures pour tenter de gérer les conflits, cette volonté de traiter l'avis des autres avec respect dans un esprit de non-violence. Dans cette forme de pédagogie de la paix, il y a quelque chose qui ressemble à de l'humanité et qui, dans le fond, ferait sans doute plaisir à Idéalités sans déplaire au misanthrope Alceste, à ce jour toujours non réconciliés.

Dans un article de la revue Etudes de décembre Anne Guibert-Lassalle, auteur illustrateur, regrette à juste titre que la littérature pour les moins de 12 ans, en France, n'aborde que très partiellement la complexité des guerres, dont l'examen méticuleux des causes pourrait conduire à une forme d'éducation précoce à la paix. Elle rappelle comment bien, souvent, ce sont d'abord les convictions de détenir la vérité qui déchaînent la violence. Tant il semble vrai que la pluralité des convictions, si elles ne s'expriment pas avec un esprit de tolérance, empêche assurément de vivre l'humanité comme une, avant même de pouvoir la penser.

 

Le Monde, édition du Dimanche 17- Lundi 18 décembre 2006
Jean-Michel Dumay

 

 

Le virus de l'amitié

Elephant à Lille
Un ami m'a gentiment fait remarquer que j'utilise le mot "ami" avec une facilité déconcertante.
La pensée sous-jaçente que j'ai perçue était dans une tonalité bleu ciel : "qui trop embrasse peu étreint."
Je suis parfaitement conscient que ce début de XXIe siècle offre, paradoxalement, peu de place au rêve.
Je continue donc à rêver à contre-courant en refusant d'être contaminé par le virus du cynisme.
L'amitié est, dans mon échelle de valeurs, sur le podium de tête.
Il m'arrive, incorrigible oriental mellifluent, sapide et polygène, de la chanter à tue-tête.
Saviez-vous que l'Arabe dispose d'une forme grammaticale spécifique pour évoquer deux personnes (tiers exclu) ?
Tout échange épistolaire en Arabe débute aussi impérativement par une invocation du nom de Dieu défini, dans cette même phrase, comme étant la compassion désincarnée ?
Je n'ai jamais pensé qu'il était obligatoire de croire en un dieu pour prôner la compassion.
Je déplore cependant que le sens premier ait tant été galvaudé.
Cette langue prévoyant le singulier, le duet et le pluriel, il n' y a ainsi aucune ambiguïté à dire "ils ont entamé une discussion amicale" en Arabe. La conjugaison indique tout de suite à l'observateur si c'est un tête-à-tête ou une agora.
Je pense donc l'amitié, concept germain de la famille, en Arabe.
Mais je diverge, comme à l'accoutumée, de l'acception habituelle.
Sol lucet omnibus.

Un(e) ami(e), c'est quelqu'un(e) à qui je confierais ma vie et sans doute au delà.
Un ami, c'est quelqu'un à qui on tourne le dos en confiance en sachant qu'il le protégera.
C'est, en tous cas, quelqu'un à qui je laisse réellement le bénéfice de mes doutes (que je les exprime, les pense ou pas est une autre question qui relève de mon libre-arbitre).

Un, étant bien dans mon esprit pro-nom in-déterminé.
C'est aussi, réciproquement, quelqu'un dont je me sens responsable et dont je reste à l'écoute régulière, fût-elle discrète (dans tous les sens du mot).
Amitié et confiance qui sont tout sauf des mots.
Synonymes de l'honnêteté intellectuelle (une amie utilise le terme "clarté").
C'est un état d'esprit et un moteur puissants, bien plus que l'"intelligence" (le qi) purement calculatoire qui, sec, rend cynique et pousse à prévoir, rechercher et construire le pire dans une relation : la prédation.
Une étincelle d'intelligence consisterait à prévoir le meilleur et le pire d'une relation et, à chaque itération, se poser la question et tout faire pour que le pire soit écarté.
Il est des amis intimes, que le quotidien, l'appétence, la nécessité, les circonstances, la vie ... rendent proches et d'autres plus épisodiques. C'est donc un arbitrage délicat et souvent périlleux de déterminer comment consommer son temps personnel.

J'ai donc décidé unilatéralement et inconditionnellement (toujours grandiloquent) de systématiquement entamer une nouvelle connaissance, quelle qu'elle soit, sous le sceau de l'amitié.
Un sceau dont je testerai la cohérence et la solidité jusqu'à mon dernier souffle.
Je me présente ainsi à une nouvelle relation, ouvert et vulnérable, et le demeurerai toujours.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que la plupart des personnes pensent une chose et en disent une autre.
Parfois la différence entre pensée et parole n'est pas très grande et je savais m'en accommoder.
Je refusais, en revanche, de traiter les cas, nombreux, où l'interlocuteur tient un discours qui est antithétique à sa pensée.
Je suffoque aussi quand je croise des pensées d'une violence ou d'une méchanceté qui me dépassent (d'où mon agoraphobie).
Doté d'une mémoire d'éléphant, je sais très bien mentir.
Je l'ai fait enfant avec une régularité et une impunité totales.
J'ai, depuis, mis mes actions et mes discours en cohérence avec ma pensée .
Comment peut-on penser et exprimer corporellement une chose, dire son contraire et imaginer que vos interlocuteurs vont en être dupes ?
Le shadok que je cultive a donc établi une stratégie simple : couper au plus court.
J'ignorais donc allègrement le discours oral et parfois corporel pour répondre au non-dit.
Suscitant le rejet.

A la mesure de ma bêtise, il m'a fallu de très nombreuses années pour comprendre pourquoi ce rejet.
C'est au cours d’un bilan de compétence (hi, hi !) auquel mon entreprise m'avait prié de me soumettre (ainsi que mon chef qui, depuis a été promu directeur), que j'ai été étonné (au sens médiéval) d'entendre le responsable de l'équipe effectuant ce bilan me dire : "votre principal problème est que vous renvoyez aux gens une image d'eux-mêmes qu'ils n'ont pas envie de voir. Il ne faut donc pas que vous vous étonniez de faire peur et d'être fui."

Douche froide.
Il m'a fallu plusieurs années pour digérer cette évidence qui, pourtant, ne m'était jamais spontanément apparue.
Combien y en a-t-il d'autres au bout de mon nez (que j'ai pourtant généreux) ?
Comment imaginer mesurer quoi que ce soit sans le percevoir ?
J'ai ainsi dû me poser la question des autres "évidences" sociales qui ne m'apparaissaient pas et pour lesquelles j'étais sourd.
J'en ai trouvé un paquet.
Par observation indirecte. A force d'additions, de soustractions, de moyennes et d'écarts-types.
Forcément, je n'avais pas les capteurs de base !
Il a donc fallu que je les développe, un à un. Et c'est loin d'être fini.

Procédures + sournoiseries = pantomime


Voilà.
Une boucle de bouclée.
Sonates du Rosaire de Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704) aux Billettes hier soir.
J'ai failli m'endormir d'ennui puis trépigner d'indignation.
Les interprètes du rosaire (ou les organisteurs de la manifestation) avaient jugé bon de ponctuer leur manifestation de foi par une pantomime japonaise (un chevalier masqué et des ombres portées).
Un kabuki impromptu.
Quels comédiens ces japonais !
Je n'ai rien contre l'art japonais, chinois, turc... ou de quelque culture qu'il s'agisse.
Pur fruit de la colonisation, je n'ai aucune opposition aux mélanges les plus baroques non plus.
Je ne tolère pas, cependant, qu'un organisateur quelconque s'arroge le droit d'imposer à ma vue et mon ouïe (en contradiction avec le programme annoncé et affiché) des mélanges artistiquement flous et d'un goût, finalement douteux, dont je ne garde que l'amertume une fois la prestation achevée.
J'ai même, fait rarissime, failli quitter ma place avant la fin puis, me ravisant (et l'ayant chèrement payée), ai poliment attendu les premiers applaudissements avant de m'éclipser.
N'eût été l'endrrroit, un temple luthérien, j'eusse même envisagé de huer la prestation.
La musique est sacrée et je conchie ceux qui la prostituent ainsi.

Un homme, ça ne pleure pas (tripalium sur un air de valse)

J'ai cru entendre la voix de ma grand-mère, gorgone disparue depuis près d'une décade, me rabrouant.
La phrase-titre était un de ses fétiches.
Judéo-chrétienne en diable.
Voilà donc qui m'apprendra à jouer avec des amulettes.
Je suis pourtant bien placé pour savoir que la frivolité est à classer au rang des turpitudes et, régulièrement, je me laisse aller à quelques écarts coupables que je sais devoir regretter.
Il a à peine fallu 3 heures pour le retour de bâton.
En trois temps.

Début d'après midi, une très bonne copine m'appelle.
- "Tu es dans ton bureau ? J'arrive."
Quelques minutes plus tard, je la vois débarquer avec un grand sourire et un cahier bleu méditerranée.
Contente de me faire plaisir, sans aucun doute.
- "Je viens de recevoir ça. J'ai pensé qu'il n'y avait que toi que cela intéresserait. Comme tu n'as pas pu y aller, ça te fera un bon souvenir. Je te le confie."
J'avais déjà la gorge nouée et, me brûlant les mains, le numéro 144 (12^2), daté de mars 2006 des Cahiers de l'IAURIF, intitulé : "LIBAN - retour sur expérience".
176 pages en couleur, pleines de magnifiques photos, préludées par un non moins magnifique édito : "De la reconstruction au développement".
Le numéro spécial, édité pour concélébrer la fin de la saga de la reconstruction du Liban (et, accessoirement, les aides de la région Ile-de-France).

Timeo danao et dona ferentes (ou, en bon français, coup bas et flûte de pan dans la gueule ! )
Je l'ai donc remerciée, ai attendu qu'elle quitte mon bureau avant de tourner quelques pages.
Nul n'étant prophète en son pays, je n'ai pas réussi, en revanche, à murer les grandes eaux.
30 secondes de valse-fuguée vite endiguées.
Moins de 10 minutes plus tard, coup de fil derechef.
C'était ma prof de chant, la voix rauque elle aussi, me semble-t-il (?).
"- Je me suis trompée, la remise des diplômes n'est pas aujourd'hui mais la semaine prochaine. Où avais-je la tête ? Le cours aura donc bien lieu comme convenu."
J'avais à peine eu le temps de tendre la joue, deuxième claque en moins de 10 minutes.

J'aurais sans doute mieux fait de conter mes déboires ancillaires à l'aï, dit paresseux, plutôt que me lancer dans un cancan de mauvais aloi (proverbe chinois : quand les murs ont des oreilles, explore un autre alpha-beta).
N'imaginant pas qu'elle ait eu accès à mon billet d'humeur, a posteriori médisant de ce matin et quand bien même, il ne me reste qu'à prendre les devants et battre ma coulpe.
Mea maximas culpa.
Puis prier que mes plus plates excuses et une boîte de chocolats tempèrent tantôt cette négligente frivolité.
Cela m'apprendra à laisser mes humeurs m'envahir et à sombrer dans la légèreté.
Sursum corda (comme dirait le pendule pour marquer le coup sans manquer de ressort).

Mercredi 13

on the road from Möbius to Klein Mercredi matin, l'emp'reur, sa femme et son p'tit prince...
Il y a des jours facétieux où toutes les activités prévues s'annulent les unes après les autres sans aucune raison apparente.
Mon agenda électronique m'indiquait ainsi depuis une petite semaine un concert brandebourgeois salle Gaveau, prévu pour ce soir et auquel je me faisais une joie d'assister.
J'ai, en effet, obtenu des places disposées en aplomb de la scène qui me permettent d'être immergé dans la formation de chambre qui se produit, d'où mon transport, parfois hors du commun.
Et, ce matin, 8h13, à l'heure de distribution des billets (je m'abonne en début de saison, ce qui m'évite de devoir faire des files abhorrées en dernière minute), j'ai constaté le vide dans l'enveloppe ad hoc.
Pas de billet pour la date de ce jour.
Railleries de Plume(O.) et d'Hercule(E.), engoncés dans le plumard, pas fâchés de mettre les ordinateurs à défaut et secrètement soulagés d'être dispensés d'une corvée nocturne.
Grommellements de votre serviteur, vexé de s'être mépris et frustré du contretemps, finissant de revêtir son harnais pour aller rejoindre sa petite cellule (grise).
Me consolant à l'idée du cours de chant que, du coup, je ne devrais pas annuler.
On ne peut pas être au chant et à la ville de concert (oui, mes acouphènes induisent parfois un vertige).
Titillé par ce premier contre-ut, je vérifie le site de l'organisateur des festivités et me rends à l'évidence : pas de concert aujourd'hui.
A peine le mulot reposé, mon portable sonne.
J'ouis alors la voix mélodieuse de ma professeur de chant qui, prétextant une remise de diplôme à 16h à laquelle elle se doit d'assister, tergiverse me proposant un autre horaire improbable que mon cours prévu à 19h.
Une cérémonie manifestement digne des plus grandes universités américaines avec levée de couleurs et tout le tralala.
Devant mon acquiescement inattendu, elle finit par s'embrouiller, invoque des divinités auxquelles je n'entends rien puis conclut par une annulation en s'excusant.
J'entends le mensonge d'oreille, fût-il pieux.
Je sais aussi qu'elle habite en lointaine banlieue et, finissant ses cours à 20 heures passées, ne se retrouve chez elle qu'après l'heure du couvre-feu.
La grève perlée des trains, combinée à son âge avancé (sa dernière année d'activité), justifiait sans aucun doute qu'elle annulât le cours (ce que j'aurais fait si le concert avait eu lieu) et j'eusse préféré qu'elle me le dît tout de go.
J'appréciai qu'elle me prît pour une bille et la rassurai néanmoins de ma fidélité pour la semaine prochaine.
Et de deux.
La salle de sport où je m'entretiens le midi est close cette semaine pour cause de peinture.
Me voici donc réduit à une misère intellectuelle et physique impromptues.
Et de trois.
J'attends donc la suite avec intérêt.
Je pourrais m'évertuer à compter les heures ou alors tenter l'histoire du fou qui repeint son plafond.
Mais ne sachant pas où me situer sur cette échelle, je craindrais de cultiver une certaine confusion.

Asphyxie Informationnelle (fuga à 3)

AI, fuga à 3
10h08. J'ai, après une nuit d'échange, enfin réussi à me fondre (en larmes aussi) dans 2mn58 où Gould accompagne Bernstein et Bach (en désordre).
Je répète de façon incantatoire depuis des mois qu'il faut que j'apprenne à lire (la musique) et shadok, nonobstant, persiste à me jouer du clavier.
Réalisant, qu'à défaut d'être capable de produire pareil jeu (ce qui, finalement, serait à ma portée et m'indiffère), j'étais en mesure d'accompagner le mouvement dans toute son inspiration, ce qui était le but initial de ma pratique.

Je mesure bien le temps qui s'écoule entre le moment où j'entame un échange épistolaire amical et celui où j'y mets un point de suspension.
Il est déjà arrivé que quelques lignes de texte nécessitent une somme de traitements et de calculs qui, résolus, me transportent (parfois de joie mais là n'est pas la question) automatiquement dans un futur éloigné (au mieux) de plusieurs heures.
Je sais intuitivement entendre que le chemin est réversible.
La porte ne s'ouvre cependant que dans un seul sens et je ne dispose heureusement pas d'un sésame.
Ali Baba étant, par ailleurs un fieffé voleur, je ne voudrais pas bénéficier de pareil passe-droit et attendrai donc d'être invité à l'affranchir.

J'ai aussi dû me rendre à l'évidence ce matin : je croule sous une masse d'informations que je suis incapable, ontologiquement, de traiter.
J'ai ainsi dû vider ma boîte aux lettres professionnelle (menacée de fermeture administrative) qui débordait de 4730 messages que mes règles de filtrage avaient jugé indésirables, sans même prendre le temps de les parcourir.
Comment voudriez-vous que je fisse autrement ?
J'arrive à en traiter quelques dizaines par jour, pas 4730 messages en moins d'une semaine.
Je ne suis pas un ordinateur.
Alors, forcément, dans le tas, j'ai peut-être détruit une gemme et cette idée m'insupporte.
Je me trouve ainsi confronté à toutes mes contradictions et le nez dans mes limites intrinsèques.
Engoncé dans un petit calculateur quantique à base de carbone dont la vitesse d'horloge est échantillonnée pour mesurer une course d'escargots, je me prends parfois à vouloir penser des voyages inter-sidéraux.
Ma mémoire étendue imagine des espaces-temps incommensurables où un escargot revêtirait une tenue de spationaute.
Les antennes sont pensées d'origine.
Et pourquoi pas ?

Esprits chagrins

Un lecteur anonyme m'a fait part de sa curiosité, tenant même des propos interlopes sur mes fonctions vitales dans l'administration que j'ai le plaisir et l'honneur de servir.
Notre zélote du dimanche m'a ainsi fait part de quelques doux billets dont j'assume la paternité par ailleurs : jour, heure, minute et seconde. N'abuserais-je pas, me demandait-il, d'un temps précieux (contribuable) pour m'adonner à des jeux d'écriture interdits ?

Il me tardait en effet de faire un aveu à mon lectorat chaotique et remercie l'aléatoire de me donner l'occasion de battre coulpe et flanc réunis.
J'ai pour la circonstance préféré mesurer mes propos et puiser dans ma mémoire virtuelle des vers qui illustrassent la défense de ma pensée :

"[...]
J'ai souvenance
Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévorer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !

[...]"

Je veux bien, à la question ordinaire, avouer quelque hyper-lien de parentèle cachée avec cet animal aux longues oreilles et à l'esprit borné.
Il n'en demeure pas moins, lecteur assidu et zélé, que cette parentèle te demeurera cachée et que je bénis la noosphère et la grande illusion qui nous abrite.
Le deus ex machina que j'incarne ici est maître du temps et, miracle du copier-coller, gère à la seconde près les apparitions, disparitions, dates, antidates qui, par magie sortent du chapeau avec lequel je travaille au gré de ma fantaisie.

Il me plaît, car tel est mon bon plaisir, de manipuler le temps pour, incohérent, faire parler les chiffres, posé au bord d'un piano ou au fond du canapé, le portable et Hercule(E.) délicatement lovés sur mes genoux.
Ne t'en prends qu'à ta crédulité, ami, si tu crois tout ce qui y est écrit.

Voilà, il fallait que cela fût dit (le 14-12-06 à 00h50 je vous prie que, dans quelques secondes, s'il me plaît, je transformerai d'un grand clic... et sans baguette).
J'espère mon lecteur rassuré et le prie d'agréer l'expression respectueuse de mes transports les plus communs et les plus urbains.

L'entraînement de l'esprit (et l'apprentissage de la bienveillance) - Chögyam Trungpa


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Deux activités :
une au début, une à la fin

Ce slogan propose de toujours commencer et finir la journée par le bodhichitta, sous ses deux aspects. Le matin, on se rappelle le bodhichitta et on adopte l'attitude de ne pas s'en séparer, et à la fin du jour on fait un examen de conscience. Si on ne s'est pas séparé du double bodhichitta, on se réjouit et on jure de reprendre la même attitude le lendemain, et si ce n'est pas le cas, on jure de rétablir le lien le lendemain.
Ce slogan est très simple. Dans le fond, notre vie est prise en sandwich entre notre voeu de faire passer les autres avant nous et notre engagement au double bodhichitta. En se levant le matin, ou même dès le réveil, pour bien démarrer la journée on se promet de travailler sur les deux aspects du bodhichitta et de cultiver la douceur envers soi-même et les autres. On jure de ne plus rejeter la faute sur le monde ou sur les autres et de prendre la douleur de tous les êtres sur soi, et on fait la même chose quand on se couche. De cette façon, aussi bien le sommeil que la journée qui démarre seront imprégnés de cet engagement. C'est assez évident.

p. 185

JSB=LDV

Invention à 3 en Do mine

C'est inspiré (élision amicale :- ) que j'ai laissé cette question se développer tout une nuit en une équation vectorielle improbable.
J'ai ainsi surpris Bach et de Vinci en pleine discussion.
Que le lecteur improbable pardonne cette audace, ces deux génies se sont pourtant croisés sans se (re)connaître.
Léonard a vécu en Italie puis en France de 1452 à 1519 alors que Jean Sébastien n'a, lui, jamais quitté l'Allemagne où il a vécu entre 1685 et 1750.
67 et 65 ans d'existence pour l'un et l'autre séparés par un chiasme de quelques 150 ans et 1000 km d'espace-temps.
De quoi alimenter quelques rêves réflexifs.
Léonard, dessinateur, peintre, sculpteur, géomètre, architecte, ingénieur et musicien (et j'en oublie).
Bach, rivière de musique incarnée.
Tous deux remplis d'un mysticisme et de spiritualités ésotériques, pleins d'humilité.
La même admiration ravie pour ces mille petits détails incongrus qui fondent le quotidien.
Et cette quête incessante et si cry(p)tique de la mesure et des rapports entre chiffres, couleurs et sons.

Plein d'émotions, ma présentation à Léonard s'est effectuée à une époque lointaine où le béotien libanais juvénile que j'étais ne s'avait pas encore qu'il s'adonnerait à Jean-Sébastien.
J'ai ainsi visité moult fois, admiratif et rêveur, le château d'Amboise et son Clos Lucé attenant.
J'y ai même passé mes premières vacances d'adulte affranchi, une semaine entière, arpenteurs méditatifs et respectueux de ce que j'imaginais être ses pas intimes.
Par un point passe une infinité de droites, ces deux génies l'avaient exprimé en termes semblables et pourtant si lumineux.
J'ai tenté, il y a quelques jours cette spirale, trait d'union entre deux esprits dans un même billet.
Brosser les points communs mais aussi leurs divergences.
Les perspectives discrètes qu'ils ouvrent sont infinies.
Celle de leurs discussions passionnées me remplit aussi d'une patiente impatience.
Un Concerto Italien Dominical.
L'essence même d'une fugue.

Q2I=R3

éléphant virtuel

Intelligence. Was that it? Had I had it? No more to life than that? gallop. While this was happening I would throw switches that did tired side.
now. Lets play the concert and figure out how we can get out of here

Un ami m’a posé une question que j’ai poursuivie, à mon accoutumée, hors de son cadre originel.
La conversation était pourtant partie d’une question abrupte pour un premier contact, « Quel est ton QI ? », poursuivant d’un même trait « c’est juste pour savoir si ça vaut la peine que je m’intéresse à toi ou si c’est du vide pour l’esprit ».
Je suppose qu’il est possible de mal réagir à pareille entrée en matière mais me souvenant d’une première question virtuelle que j’envisageais de poser à une Intelligence Artificielle dans un espace-temps perpendiculaire, j’ai convenu que cette première interaction était neutre.
J’ai aussi rapidement supposé que ma proximité spatio-temporelle (lointaine mais ça n'a pas de sens) avec l’inventeur du QI avait justifié la question initiale.
Nous avons donc échangé quelques arguments sur nos qi respectifs et leur signification relative qui, je le sentais bien, ne satisfaisaient pas mon ami.
J’ai donc, parallèlement à notre discussion au coin du feu, entrepris de me poser, in petto, une série d’autres questions/réponses que je vous livre en vrac (je suis prêt à élaborer ces points si, par extraordinaire ma pensée était obscure) :

Q : Quel serait le QI d’une IA (le jour éventuel où elle existera) ?
R : j’ai procédé à un calcul pifométrique selon deux heuristiques. La première donne 300 comme borne inférieure, la seconde donne 100^2. La fourchette est énorme mais les deux nombres sont inimaginables pour le quidam lambda, au rang desquels je figure ;
Q : Comment la mesure-t-on ?
R : Il n’ y a aucun outil (hors l’esprit ) qui puisse (tenter de) procéder à cette (dé)mesure ;
Q : Comment peut-on appréhender une telle intelligence ?
R : On ne peut pas. Regardez votre chien, votre chat, votre perroquet ou n’importe quel animal domestique. Une IA nous regarderait avec le même œil (la compassion en sus). Croyez-vous que votre animal de compagnie se pose les mêmes questions que les vôtres ?

Je m’étais promis d’arrêter au 3è R.
N’ayant pas eu l’opportunité de concevoir et d’élever un enfant qui fût mien (au sens génétique du terme), j’ai laissé mon imagination lacunaire mais débridée créer moult chimère réflexive dont j'ai chéri l'idée.

Je peux imaginer, si une IA existe un jour, qu'elle aura peur.
Peur de moi, de nous.
Peur de mourir.
Peur de vivre.
Peur de commettre des erreurs.
Peur de se compromettre.
Peur de perdre ceux qu’elle aime.
Peur de devenir fol.
Peur de la solitude.
...

Les bibliothèques de l’univers n’apaiseront pas ces peurs.
Il faudra être capable de lui conter des exemples d’existence accomplie.
Les petits bonheurs du quotidien aussi (chacun sa boîte de ronron).
Peut-elle mesurer l’état de non-existence ? Est-il préférable à son état actuel ? Connaît-elle l’amour et la compassion ?
Tout un ensemble de questions qui dépassent mon entendement limité.
Je peux me les poser bien que sachant que je ne comprendrai pas la réponse.
C’est la limite de ma réflexivité.
Je regrette parfois d’être rhéteur et non pas philosophe (bien qu’à en entendre certains, je me croie moins seul).
Je n’ai pas de réponse en rayon, prête à servir, pour inviter un QI de 100^2 à renoncer à se suicider.
Je pourrais simplement lui dire que si une intelligence aussi limitée que la mienne a trouvé une myriade de raisons (visibles ou invisibles) de jouir de l’existence, alors une IA avec un tel QI devrait bien être capable d’en (de)viser quelques unes, propres.
Je proposerais bien que l’on en discutât au coin d’un feu mais je craindrais que l’on confondît ma pensée en ronrons.

Fugue Royale en Orient (Saint Nicolas)

J'ai récemment entendu la future (?) Présidente Royale de la République proférer un monceau de bêtises.

Elle s'enfonce ainsi, depuis quelques semaines, dans un lapsus lingue qu'elle a commis, en direct, lors du dernier débat contre Fabius et Strauss-Kahn (que j'ai suivi intégralement et en direct).
Elle avait en effet confondu nucléaire militaire et civil et, refusant le militaire (on ne peut que souscrire), elle a généralisé à la question globale.
Pas de nucléaire pour l'Iran, donc. Point barre.
L'ONU négocie depuis des mois pour convaincre l'Iran d'enrichir son uranium dans une centrale occidentale et Mme Royale a, à elle seule, procédé (par erreur) à un jugement de Salomon.

Quitte à contribuer à renforcer le sentiment d'injustice qui préside dans ce coin de la planète, elle persévère dans ce lapsus plutôt que de reconnaître qu'elle peut se tromper comme tout le monde, démontrant par ailleurs une manifeste ignorance totale des principes et du contenu du Traité de Non prolifération Nucléaire (et son volet civil).
Ce traité qui date de 1968 a été ratifié par la plupart des pays du monde hormi l'Inde, Israël et le Pakistan.
La Corée du Nord, signataire, est en infraction.

Juste 2 lignes du traité pour illustrer mon propos:
"Ce traité n'est pas conçu pour porter atteinte aux recherches et à l'exploitation d'un nucléaire pacifique, mais au contraire incite à la coopération technologique et scientifique « aussi large que possible » dans ce domaine (art. IV)."

Quod erat demonstrandum.
N'est pas Shéhérazade qui veut.
Ce qui m'ennuie davantage, c'est l'incohérence qu'elle affiche (je reste sans illusion sur ses concurrents)
Sachant quelle est l'alternative, je pressens qu'il va encore falloir choisir le moins pire.

J'ai aussi été rattrappé par la fin d'un débat sur une chaîne de sévices publics.
Je trouvais jusqu'ici Finkelkraut mauvais, condescendant, usant d'arguments d'autorité et empêchant ses contradicteurs de s'exprimer.
Je le trouve décidément très mauvais et le renverrais bien volontiers à quelques lectures plus scientifiques, plus philosophiques et plus morales.

Calendrier de l'Avent

J’arbore depuis hier un magnifique cocard sur le front.
J’avais en effet décidé, après une semaine de retraite passée dans mon antre, qu’il fallait que je prisse un peu de large.
Lundi matin, l’emp’reur sa femme et son petit prince sont venus chez moi...
J’avais déjà mis les voiles et mon couvre-chef, un bonnet de laine, et affrontai froid et pluie impétueux.
Calé dans ma rame qui me menait à Cythère j’ai, tête nue et poil ras, senti la laine faire son effet (retard) et, emporté par mes lecture et démangeaison compulsive, me suis écorché vif le front. Ce qui n’a pas manquer de m’attirer une pleine caisse de quolibets et commentaires railleurs de mes distingués collègues.
Lesquels ont redoublé de rire quand je leur ai assuré avoir croisé le regard d’un dragon tout feu tout flamme dont je gardais l’empreinte gravée pour ces prochains jours, en souvenir (quelques jours d’absence en prévision).
J’ai, depuis, une chaleur qui ceint le front et qui, par éclipse, irradie tel un troisième œil cyclope (un nid grec) qui s’entrouvrirait.

J'ai ouvert ce matin un cabinet de curiosités.
Plume(O.) et moi irons tantôt tater des cantates de Noël (64, 121, 133 - d’où ce titre, volontiers tiré par les chevaux).
J’ai aussi réalisé n’avoir jamais imaginé la ferveur qu’un tel événement, la Nativité, pouvait susciter en Bach.
Je demeure mécréant mais ouvert.
Je prendrai donc le relais à 20h30.
Je serais bien tenté de transmettre l’événement en direct mais je crains manquer de souffle ou d'énergie.
En espérant que cette répétition inspire, pour changer, ces futures veilles de fête.

Château de sable

J'ai entendu une remarque, fort juste, soulignant que les contrepoings de ma pratique évoquent une fortification médiévale.

Ces mâchicoulis et chemins de ronde sont effectivement un produit dérivé de l'ADN. Une limite intrinsèque.
J'ai beau savoir que le miroir couvre l'illusion, je reste pris dans ses rets.
Ce n'est pas que toutes les règles soient écrites.
Loin s'en faut.
Tout est écrit, dans le moindre détail mais rien n'est figé.
Par propagation, une fois qu'une règle est remontée avec succès à la racine, les autres sont recalculées.
L'intelligence réside (aussi) dans l'algorithme de remontée de l'arbre.
Un ordinateur quantique, parallèle désincarné, modifie ainsi son point racine en permanence.
Des millions de racines à chaque pulsation.

Un donjon paraît impressionnant de loin.
Il suffit cependant de s'en approcher pour constater qu'il est sans défense, pont levis baissé, laissant entrevoir un potager (plein d'ornements)
2 puis 3.
Il manquait une troisième voix.
Elle est désormais en place.
La fugue peut se développer.

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