Mohamed Zefzaf, écrivain marocain, est né en 1945 à Kénitra.

Zafzaf a écrit des douzaines de romans et de nouvelles tout en travaillant tout d’abord comme enseignant dans un lycée avant de devenir bibliothécaire de cette école.

Bien qu’il ait été ignoré par la plupart de ses contemporains et des critiques littéraires de son vivant, Zefzaf est désormais fêté à titre posthume.

En 2002, l’un des prix les plus prestigieux de la littérature arabe, le Prix Mohamed Zafzaf de la littérature arabe, fut créé en son honneur.

L’une de ses œuvres les plus célèbres, « Le renard qui apparaît et disparaît », se concentre sur un citoyen arabe vêtu de vêtements simples et dépareillés qui travaillait toujours très dur et regarde par-dessus son épaule dans l’attente des prochaines crises inexpliquées qui allaient bientôt apparaître. Ce citoyen était en fait si anxieux qu’il vomissait souvent à cause de son inquiétude.

La littérature marocaine pleure un de ses hommes les plus distingués, ici comme ailleurs. Mohamed Zefzaf est mort, vendredi à Casablanca des suites d'une grave maladie. Mais ses œuvres sont toujours là, vivantes, conservant ses angoisses, ses rêves et ses espoirs mais aussi ceux de ses concitoyens.

Car feu Zafzaf était la voie des sans voix, le défenseur des petites gens, des démunis, des marginaux. Dans un Maroc où la lecture reste très timide, qui aurait connu Zefzaf de son vivant, sauf ses proches, ses amis et une poignée de mordus de la littérature marocaine ? Sa mort est venue nous rappeler les œuvres d'un homme humble et modeste.

Châle palestinien (koufyeh) toujours au cou, sillonnant les recoins de sa ville Casablanca et côtoyant ses voisins du quartier Maârif.

L'écrivain, qu'est Zafzaf, contrairement à beaucoup d'autres, avait le courage de descendre dans la rue, de voir de plus près le petit peuple, de l'écouter, de lui parler, de partager ses moments de joie et de souffrances.

"L'écriture a besoin de contemplation", ne cessait-il de répéter. Et c'est justement de cette contemplation qu'il a pondu en 1984 son roman, du reste le plus célèbre, L'Oeuf du coq, écrit en trois années.

Traduit en plusieurs langues, dont le Français en 1998, ce livre a obtenu le Prix du Grand Atlas la même année. Il retrace l'histoire d'une famille de fortune, naufragée de la société marocaine. Au fil des chapitres, l'auteur décrit le portrait de chacun des personnages, restituant leur vécu de marginaux que les circonstances ont réunis dans un même lieu : Casablanca.

"Un roman d'une réalité crue où l'auteur réussit à révéler avec cet humour noir qui lui est si particulier, l'univers de gens désœuvrés solidaires dans leur non-dit, leurs amitiés et leur désarroi."

Du coup, Zefzaf est l'exemple le plus édifiant de l'écrivain engagé. "Mohamed Zefzaf n'était pas seulement un simple écrivain mais aussi l'un des écrivains marocains dont la voix s'est étendue en dehors du Maroc. Une grande école culturelle et artistique pour sa génération et pour celle qui lui a succédé ", estime le ministre-poète, Mohamed Achaari, qui ajoute que l'auteur constitue un symbole de la renaissance culturelle contemporaine.

Mohamed Zefzaf, de son vrai nom Mohamed Khassal, a débuté sa carrière d'écrivain d'expression arabe aux débuts des années soixante avec notamment sa première nouvelle "Trois semaines", publiée dans la presse. En 1970, il publie son recueil de nouvelles "Dialogue" au bout de la nuit (paru à Damas, en Syrie), où il relate son adolescence en traitant des mœurs et du corps.

Depuis, il s'est fait du récit et de la nouvelle ses genres de prédilection avec, entre autres, œuvres : "La femme et la rose", "Trottoirs et murs", et "Le Renard qui apparaît et qui disparaît". Des œuvres qui ont été traduites en une vingtaine de langues dont le Néerlandais, le Français, l'Anglais et l'Espagnol, mais aussi le Kurde.

Décédé en 2001 , feu Zefzaf a dit:"Il n'y a de repos pour l'écrivain que la mort" . On espère qu'il l'a retrouvé !

.Mohamed El jerroudi