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Mohamed El jerroudi

Celuis qui reste accroché aux racines de l'arbre, et qui refuse de monter juqu'à la cime, ne regardera jamais ce qui se passe derrière la montagne.....

Psychiatre, écrivain et combattant.

Frantz FANON ( 1925 -1961 )

Il est peu connu dans son pays, la Martinique, car il a passé l'essentiel de sa vie de militant dans sa terre d'adoption, l'Algérie.

FANON est né à Fort-de-France le 20 juillet 1925. Il meurt à Washington le 6 décembre 1961, à l'âge de 36 ans, des suites d'une leucémie. Il est inhumé au cimetière de "Chouhada" (TUNIS). Médecin psychiatre, écrivain, combattant anti-colonialiste, FANON a marqué le XXe siècle par sa pensée et son action, en dépit d'une vie brève frappée par la maladie.

FANON fit ses études secondaires au lycée SCHOELCHER, ses études supérieures à la faculté de médecine de Lyon et fut nommé, en 1953, Médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie. Il avait déjà publié, en 1952, "Peaux noires, masques blancs". En 1956, deux ans après le déclenchement de la guerre de libération nationale en Algérie, FANON choisit son camp, celui des colonisés et des peuples opprimés. Il remet sa démission de son poste à l'hôpital et rejoint le Front de Libération Nationale (FLN) en Algérie.

Il eut d'importantes responsabilités au sein du FLN, membre de la rédaction de son organe central, "El Moudjahid". Il fut chargé de mission auprès de plusieurs Etats d'Afrique noire, ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana. Il échappa à plusieurs attentats au Maroc, en Italie. Jusqu'à sa mort, FANON s'est donné sans limites pour la cause de la libération des peuples opprimés.

L'action de FANON se situe dans le contexte d'après-guerre marqué par la lutte idéologique entre le bloc occidental mené par les Etats-Unis et le bloc socialiste mené par l'Union Soviétique. La cassure semble irrémédiable entre l'Est et l'Ouest mais un troisième monde émerge au cours des années 1950-1960 : c'est le tiers-monde qui revendique lui aussi sa place dans les relations internationales et sa part dans le partage des richesses de la planète Le tiers-monde affirme pour la première fois son existence politique en 1955 à la Conférence de BANDOUNG, en proclamant son refus de la bipolarisation du monde. De nombreux leaders du tiers-monde apparaissent en même temps que les mouvements de libération nationale et mènent une lutte de plus en plus radicale en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Les années 1960 sont marquées par des répressions violentes et des assassinats d'hommes politiques représentant la lutte des peuples opprimés : répression sanglante en Indonésie en 1965 (500 000 morts), assassinat de Patrice LUMUMBA au Congo, assassinat de CHE GUEVARA en Bolivie; assassinat de MALCOLM X, de MARTIN LUTHER KING aux Etats-Unis, assassinat de MEHDI BEN BARKA au Maroc, procès de RIVONIA en Afrique du Sud où NELSON MANDELA et ses compagnons sont condamnés à la prison à vie.

En Martinique, la jeunesse se révolte pendant trois nuits d'émeute à Fort-de-France (décembre 59, trois morts), puis c'est l'arrestation et la déportation des jeunes Martiniquais de l'OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) qui avaient osé placarder partout des affiches où l'on pouvait lire : "La Martinique aux Martiniquais".

C'est dans ce contexte d'affrontement Est-Ouest doublé d'une lutte Nord-Sud que s'inscrivent l'action et la pensée de FANON.

FANON a toujours dénoncé les intellectuels qui ne s'engagent pas réellement et pratiquement dans la lutte révolutionnaire.

" Libération nationale, renaissance nationale, restitution de la nation au peuple, Commonwealth, quelles que soient les rubriques utilisées ou les formules nouvelles introduites, la décolonisation est toujours un phénomène violent. La décolonisation qui se propose de changer l'ordre du monde est un programme de désordre absolu.

Mais elle ne peut être le résultat d'une opération magique, d'une secousse naturelle ou d'une entente à l'amiable. On ne désorganise pas une société, aussi primitive soit-elle, avec un tel programme, si l'on n'est pas décidé dès le début, c'est-à-dire dès la formulation même de ce programme, à briser tous les obstacles qu'on rencontrera sur sa route. Le colonisé qui décide de réaliser ce programme, de s'en faire le moteur, est préparé de tout temps à la violence. Dès sa naissance il est clair pour lui que ce monde rétréci, semé d'interdictions, ne peut être remis en question que par la violence absolue " (extraits de l'œuvre majeure de Fanon : "Les Damnés de la Terre", publiée l'année de sa mort).

Le combat de FANON ne visait pas seulement la libération de l'homme noir ou du colonisé. Il cherchait à libérer l'homme : " Etre responsable dans un pays sous-développé, c'est savoir que tout repose en définitive sur l'éducation des masses, sur l'élèvation de la pensée, ce qu'on appelle trop rapidement la politisation. Il s'agit pour le tiers-monde de recommencer une histoire de l'homme. La décolonisation est véritablement création d'hommes nouveaux. Mais cette création ne reçoit sa légitimité d'aucune puissance surnaturelle la "chose" colonisée devient homme dans le processus même par lequel elle se libère. Je ne veux pas chanter le passé aux dépens de mon présent et de mon avenir. Je ne veux pas être esclave de l'esclavage. Je ne veux qu'une chose que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme, c'est-à-dire de moi par un autre. Qu'il me soit permis de découvrir et de vouloir l'homme où qu'il se trouve "

" FAIRE PEAU NEUVE, DEVELOPPER UNE PENSEE NEUVE, TENTER DE METTRE SUR PIED UN HOMME NEUF ", voilà l'essentiel du message de FANON, un message qui est toujours d'actualité au moment où on assiste à la montée des intégrismes de tous bords, dans un monde d'inégalités où le fossé se creuse entre riches et pauvres, entre nantis et démunis.

" OUI, IL FAUT COMPROMETTRE TOUT LE MONDE DANS LE COMBAT POUR LE SALUT COMMUN ! "

Mohamed El jerroudi

Diana , 10 ans après.

Diana

Dix ans après la mort de Diana, qui avait traumatisé tout un peuple et ébranlé la monarchie, la Grande-Bretagne se prépare à rendre un hommage plutôt discret à la "princesse du peuple", revenue le temps d'un anniversaire au centre de l'effervescence médiatique.




Une seule cérémonie officielle est prévue le 31 août : à la demande de William et Harry, les fils de Diana et du prince Charles, une messe du souvenir en présence de quelque 500 invités se tiendra à la chapelle des Wellington Barracks, une caserne proche du palais de Buckingham.





L'épave de la voiture dans laquelle lady Di et son ami le milliardaire égyptien Dodi Al Fayed ont eu un accident, le 31 août 1997





Les pinces William et Harry sur scène lors du concert géant au stade de Wembley en hommage à leur mère, le 1er juillet 2007 à Londres La reine Elizabeth, son époux le prince Philip, William, Harry et Charles assisteront à cette cérémonie, retransmise par la BBC. En revanche, l'épouse du prince Charles, Camilla, n'assistera pas à la messe. "Je suis très touchée d'avoir été invitée par le prince William et par le prince Harry à assister à la messe du souvenir pour leur mère Diana, princesse de Galles", affirme Camilla dans un communiqué.




"J'avais accepté et je voulais les soutenir, cependant à la réflexion je pense que ma présence pourrait détourner l'attention de la raison d'être de cette cérémonie qui est de se pencher sur la vie et l'oeuvre de Diana", ajoute-t-elle. "Je remercie mon mari, William et Harry de soutenir ma décision", conclut-elle.




Le domaine d'Althorp (centre-ouest de l'Angleterre), demeure de la famille Spencer où repose au milieu d'un lac la sépulture de Diana, sera exceptionnellement -et gratuitement- ouvert au public le 31 août. Les billets ont été pris d'assaut depuis des mois.




A Londres, la National Portrait Gallery a monté une exposition sur celle qui fut la femme la plus photographiée du monde: Diana la princesse aux tenues chics et élégantes, Diana l'épouse, la mère, la militante des causes humanitaires... Une exposition audiovisuelle a également été organisée au palais de Kensington où vécut la princesse, non loin de la fontaine érigée à Hyde Park en sa mémoire.




Dans un style plus informel qu'aurait sans doute apprécié leur mère, William et Harry avaient déjà organisé le 1er juillet un concert géant au stade de Wembley en son hommage, retransmis en direct dans 140 pays, le jour où elle aurait fêté ses 46 ans.




A défaut de réveiller une "Dianamania" largement en perte de vitesse depuis de nombreuses années, ce 10e anniversaire a suscité un regain d'intérêt dans les médias et l'édition.




Une quinzaine de livres sont parus pour l'occasion, tandis que journaux, radios et télévisions consacrent à l'événement plusieurs pages ou émissions. L'occasion de porter un regard nostalgique et parfois critique sur l'extraordinaire vague d'émotion nationale qui avait suivi l'accident mortel de la princesse, morte à 36 ans au côté de son compagnon Dodi Al-Fayed, aux petites heures du 31 août 1997 dans un tunnel parisien.




Les rédacteurs en chef de plusieurs journaux britanniques en ont profité pour faire leur autocritique, regrettant d'avoir pendant des années lancé aux trousses de la princesse -qui savait aussi en jouer- une meute de paparazzi, jusqu'à cette nuit fatale d'août 1997.




"J'ai ressenti une énorme responsabilité pour ce qui s'est passé comme à mon avis tout le monde au sein des médias", a ainsi confié Phil Hall, ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire populaire News of the World, plus fort tirage de la presse britannique dominicale.




Pendant ce temps, d'autres tabloïdes continuent d'alimenter par de pseudo-révélations la chronique apparemment intarissable des "théories du complot" chères notamment au père de Dodi, le milliardaire égyptien Mohamed al-Fayed, propriétaire du magasin Harrod's à Londres.




Plusieurs rapports officiels ont pourtant écarté ces théories, concluant à un accident de la route. Elles ne devraient pas manquer de refaire surface lors de l'enquête judiciaire britannique, prévue pour entrer cet automne dans la phase cruciale des audiences publiques

Le prince Harry, qui au côté de son frère William avait ému le monde en marchant dignement derrière le cercueil de sa mère, à peine âgé de 12 ans lors des funérailles, a reconnu que la mort de sa mère continuait de le hanter.




"Personne ne saura jamais ce qui s'est passé dans ce tunnel et je suis sûr que les gens y penseront toujours", expliquait-il lors d'une récente interview à la chaîne américaine NBC. "Je me le demanderai toujours".





Mohamed El jerroudi

L'indomptable.

LEO FERRE (24 août -14 juillet 1993 1916)

La poésie de son verbe, la justesse de ses mots, ses cris, ses révoltes, sa libre pensée, sa résistance aux modes conjugués à ses convictions ont fait de lui un chanteur atypique et marginal que sont en train de redécouvrir les nouvelles générations.

Auteur de chansons mais aussi d'opéras, il a écrit un roman "Benoît Misère", des textes en prose, des livrets d'opéra. Toujours imprégné de révolte et d'anarchie qu'il définit comme "La formulation politique du désespoir", Léo Ferré gueule et tempête pour notre plus grande joie, pour que nous soyons touchés dans le coeur et dans nos têtes, pour que nous nous levions en brandissant le poing.

Léo Ferré a mis en musique et chanté des poèmes de Rimbaud, Baudelaire, Rutebeuf, Apollinaire, Verlaine, Aragon et de Jean Roger Caussimon, ou bien écrit sur les musiques d'autres compositeurs. Contrairement aux chanteurs contemporains, Léo Ferré a mis de nombreuses années à se faire connaître. De cabaret en cabaret, il a erré longtemps à jouer du piano en présentant ses chansons. Il est certain que son oeuvre demeurera bien après que les "tubs", vendus à grands renforts de pub, seront à jamais relégués dans l'oubli, de par leur médiocrité. Il a conjugué l'écriture, la composition, l'interprétation et l'orchestration. Il a maîtrisé ces différentes techniques. Dans ses textes il passe de l'argot au classicisme littéraire, de textes courts à de multiples pages d'écriture, de la concision à la passion. Ferré ce n'est pas seulement un chanteur, c'est une partie de notre histoire qui rugit.

De sa biographie je ne livrerai pas grand chose, Léo Ferré ayant déclaré : "Les poètes, quand ils vivent, on les bat, on les moque, on les met en prison. Quant ils sont morts, on fouille dans leur vie, de préférence avec un groin de cochon..."

De Ferré, l'important c'est son oeuvre, pas notre voyeurisme. Le 14 juillet 1993, Ferré, à l'âge de 77 ans, nous quitte, ultime testament pour que nous nous souvenions des révoltes de notre histoire en cet anniversaire de la révolution française de 1789. "La vie est un grand livre écrit par un maladroit. Nous on s'en fout on ne sait pas lire".

Mohamed El jerroudi

Le narrateur de l'absurde.

Albert Camus ( 1913-1960 )

Né en Algérie dans une famille très modeste, orphelin de père, Albert Camus commence des études de philosophie au cours desquelles il fait la connaissance du professeur Jean Grenier, qui l'influencera beaucoup et lui fera découvrir Nietzsche. Atteint de la tuberculose, il ne peut achever ses études, mais soutient cependant en 1936 un diplôme d'études supérieures, « métaphysique chrétienne et néoplatonisme ». Parallèlement, il participe à des projets dramatiques, adaptant ou jouant des pièces de théâtre.

Lors de son bref passage au Parti communiste (1935 -1937), il fonde et anime la troupe du Théâtre du Travail avec l'ambition de mettre les œuvres dramatiques classiques et contemporaines à la portée d'un public défavorisé. Il anime ensuite une autre compagnie, le Théâtre de l'Equipe, et publie sa première œuvre, l'Envers et l'Endroit (1937), une compilation d'essais littéraires sur des sujets assez divers où apparaissent, déjà, les grands thèmes de la maturité: la mort, le soleil, la Méditerranée, l'isolement, le destin de l'Homme, le rapprochement entre désespoir et bonheur, etc. Deux ans plus tard paraît Noces, qui mêle l'essai philosophique à la poésie lyrique.

Le quai d'Alger

À partir de 1938, Camus embrasse le journalisme, d'abord à Alger (Alger républicain, Soir républicain), puis à Paris (Paris-Soir), où il s'établit définitivement en 1942. C'est là que paraissent simultanément et dans la clandestinité le roman l'Etranger et l'essai le Mythe de Sisyphe (1942); deux œuvres remarquées qui exposent la philosophie de Camus et s'inscrivent dans ce que lui-même appelle le « cycle de l'absurde » (cycle que viendront par la suite compléter les pièces le Malentendu, 1944, et Caligula, 1945). Réformé pour raisons de santé en 1939, Camus joue un rôle très actif dans la Résistance, au sein du mouvement Combat. À la Libération, et jusqu'en 1947, il est le rédacteur en chef du journal Combat, aux côtés de Pascal Pia. Il se met aussi au service des grandes causes humanitaires internationales.

Il n'en poursuit pas moins son œuvre littéraire à un rythme soutenu avec, notamment, la création de ses pièces le Malentendu (1944) et Caligula (1945), puis la publication de son roman la Peste (1947), qui inaugure le cycle de la révolte et de la solidarité, dont font partie l'Etat de siège (1948) et les Justes (1949), mais surtout l'Homme révolté (1951). Ce dernier essai est à l'origine de la rupture définitive entre Camus et Jean-Paul Sartre, puisqu'il souligne clairement les divergences des deux écrivains sur la question de l'engagement.

En 1952, Albert Camus démissionne de son poste à l'UNESCO pour marquer sa réprobation devant la passivité de cette institution à l'égard de l'Espagne franquiste. Par la suite, en 1956, il s'engage de nouveau en tentant d'intervenir en faveur d'une trêve dans la guerre d'Algérie.

Il publie ensuite la Chute (1956), où il revient sur sa rupture avec l'existentialisme, ainsi qu'un recueil de nouvelles, l'Exil et le Royaume (1957); deux œuvres d'où émane plus que jamais la nostalgie d'une altérité oubliée. La même année, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « avoir mis en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des Hommes ». Le 4 janvier 1960, alors qu'il travaille à un autre roman, le Premier Homme (posthume, 1994), il se tue dans un accident de voiture.

Mohamed El jerroudi

Hitler

Prophète racial (20ème siècle).

Animé par la haine et l'ivresse de lui-même, il inventa des fantasmes de grandeur pour tenter de juguler son profond déséquilibre. Selon le mécanisme psychologique du prophétisme, il régressa au stade animal, pour transformer son peuple en horde de prédateurs déchiquetant un bouc émissaire.

Et pourtan Hitler était un artiste en 1914.

L’avenir d’un mouvement est conditionné par le fanatisme et l’intolérance que ses adeptes apportent à le considérer comme le seul mouvement juste, très supérieur à toutes les combinaisons du même ordre. Le mouvement doit dresser ses membres à ne pas voir, dans la lutte, un élément secondaire et négligeable, mais le but lui-même. Une alliance dont les buts n'englobent pas aussi la perspective d'une guerre est dénuée de sens et de valeur. J’ai fanatisé la masse pour en faire l’instrument de ma politique. J’éveille en elle des sentiments qui lui conviennent, elle suit immédiatement les mots d’ordre que je lui donne."

  • Le danger de l'extrémisme

Après la 1ère Guerre Mondiale, Hitler, bien que n'ayant aucun diplôme et ayant fait de la prison, arrive cependant rapidement à la tête du parti d'extrême-droite allemand, le parti nazi. Toute sa politique vise à désigner les Allemands comme une race supérieure, "pure" qu'il faut débarrasser des Juifs, des tziganes, des handicapés...

Il est un orateur décidé et habile. Son succès vient en grande partie aussi des méthodes violentes de ses partisans qui n'hésitent pas à enfreindre la loi pour empêcher toute opposition normale. Les opposants et leurs familles sont menacés ou même éliminés, il est alors difficile de résister à cette poussée de violence en Allemagne.

C'est la méthode typique des fascistes : Mussolini a fait de même pour arriver au pouvoir en Italie. Tous deux veulent arriver au pouvoir par tous les moyens, si possible par des élections mais en supprimant ensuite toutes les libertés et notamment la liberté de la presse et le droit de vote.

Hitler gagne les élections de 1933 et devient chancelier de l'Allemagne. Il devient alors l'objet d'un véritable culte. Mais cela ne lui suffit pas. Son but est de dominer non seulement l'Allemagne mais l'Europe entière.

Mohamed El jerroudi

Tagore

“ L’homme est en marche pour satisfaire des besoins qui sont plus pour lui que la nourriture ou le vêtement. Il s’est lancé à la recherche de soi-même. L’histoire de l’homme est celle de son voyage vers l’inconnu, en quête de la réalisation de son Moi immortel, de son âme. ” Rabindranath Tagore

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Gibran Khalil Gibran

(1883 - 1931)

C'est un arabe qui parle en anglais, un libanais de la montagne qui, inventant son chemin dans l'exil, trouve la liberté et se découvre une passion sans modération pour son pays . C'est un lecteur de la Bible qui parle comme un soufi, un chrétien qui chérit la gloire de l'Islam, un amateur de femmes mûres qui cherche sur le miroir de son oeuvre la pureté de son âme.

Il était artiste peintre aussi.

Khalil Gibran est né en 1883 et mort en 1931; il découvre après un voyage à Boston la littérature et les arts. En 1902 et 1903, il perd beaucoup d’êtres chers, pourtant son talent artistique s’affirme. Il peint et écrit. Protégé de Mary Haskell, il engage une correspondance que seul la mort arrêtera. Il se fait déjà, en 1905, l’avocat des écrivains qui rompent avec la tradition écrite arabe. En 1908, il publie les « Esprits rebelles » que l’Eglise maronite juge hérétique.

Gibran décide de venir à Paris pour étudier les beaux-arts.. Il s’installe définitivement à Boston d’où il débute une correspondance avec l’écrivain libanaise May Ziyada qui vit en Egypte. Gibran fonde avec d’autres écrivains arabes le Cénacle destiné à secoué la « langue » et de traduire tous les auteurs qui le méritent.

En 1923, il publie LE livre qui le fera connaître du monde entier : « Le prophète » Il meurt le 10 avril 1931 après avoir écrit des poèmes et des méditations qui ont eu une énorme résonnance en occident et en orient. Ces textes empreints de symboles et de spiritualité amèneront le lecteur vers ses profondeurs et la sagesse.

Il dit de lui même : « Je suis venu afin de vivre dans la gloire de l’Amour et dans la lumière de la Beauté, qui sont les reflets de Dieu. Sur cette terre je vis, et personne ne peut me chasser des sphères de la Vie. Car, à travers mon mot chargé de vie, je continuerai d’exister, même dans la Mort. »

Mohaled El jerroudi

Paul GAUGUIN

aventurier et voyageur

Paul GAUGUIN est né à Paris en 1848 dans une famille française de la moyenne bourgeoisie. Il était d'ascendance hispano-péruvienne noble par sa mère, et sa famille, étiquetée "rouge" - son père travaillant au "National", l'organe du Parti Radical -, gagne le Pérou en 1849 pour échapper à la répression du "Parti de l'ordre".

Son père décède lors du voyage, et Paul reviendra à Paris six ans plus tard avec sa mère et sa soeur. De cette petite enfance en exil en Amérique Latine, il gardera toujours le goût du voyage et de l'exotisme.

Après le krach de 1882, Paul Gauguin quitte son emploi et décide de "peindre tous les jours" et de se consacrer à cet art qu'il pratique depuis longtemps en "talentueux peintre du dimanche". Ayant décidé de vivre exclusivement de son art, sa situation financière se détériore rapidement. Gauguin part vivre avec sa famille à Rouen, et huit mois plus tard, sans le sou, est contraint de partir vivre dans la famille de sa femme, avec ses cinq enfants au Danemark.

Là, Paul Gauguin, incompris de sa belle-famille, se décourage rapidement et décide finalement de revenir vivre à Paris avec Clovis, un de ses fils. Ils y vivront dans un grand dénuement, souvent gagnés par la maladie, mais toujours aidés par Schuffenecker, l'ami fidèle. Quoique gagnant peu d'argent en vendant ses tableaux, Gauguin voit ses oeuvres souvent favorablement accueillies par la critique

Gauguin participa à la huitième et dernière exposition des Impressionnistes en 1886, dont Monet, Renoir, Sisley et Caillebotte étaient absents, laissant Degas et Pissarro imposer leurs protégés respectifs, en particulier Seurat et Signac pour Pissarro.

L' année 1886 peut être considérée comme la dernière année du groupe des impressionnistes, qui va, encore davantage, éclater dans différentes directions, que l'on regroupera sous le vocable "post-impressionnisme".

En septembre 1893, Paul Gauguin commence la rédaction de Noa Noa ("Odorant"), afin de mieux faire comprendre sa peinture tahitienne.

En novembre 1893 une exposition des oeuvres de Gauguin a lieu chez chez Durand-Ruel avec 41 tableaux de Tahiti, 3 de Bretagne et des sculptures sur bois. Mais Gauguin est déçu par l'accueil fait par les critiques parisiens à ses toiles d'Océanie.

Gauguin retourne une dernière fois d'avril à novembre 1894 à Pont-Aven. La colonie artistique de Pont-Aven, qui compte certains étés plus de cent peintres, est devenue alors un phénomène unique en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle.

RUE Paul GAUGUIN

Gauguin est victime d'une crise cardiaque. Il tente de se suicider à l'arsenic . Gauguin travaille comme dessinateur au bureau des Travaux Publics de Papeete .

Il crée un journal "Le Sourire" . Et devient rédacteur en chef du journal "Les Guêpes" . Gauguin quitte Tahiti pour les Iles Marquises. Il y construit la "Maison du Jouir" où il s'installe avec sa vahiné Vaeho Marie-Rose . Vaheo donne naissance à une fille Tahiatikaomata . Pour avoir pris la défense de plusiueurs indigènes, Gauguin est accusé de diffamation à l'encontre du gouverneur, et condamné. Paul Gauguin meurt d'une crise cardiaque après avoir pris une forte dose de morphine. Il est enterré au cimetière catholique d'Atuona .

Mohamed El jerroudi

Jacques Brel

Jacques Brel

Désireux d'échapper à l'entreprise familiale de cartonnerie, Jacques Brel se veut chanteur et gagne Paris en 1953. Ses débuts sont plus que modestes, ses spectacles joués à la guitare, son attitude provinciale ne séduisent guère la capitale. Néanmoins, il persévère et s'entoure de fidèles compagnons (Pasquier, Rauber, Jouannest) qui l'aident à accoucher de son premier succès en 1956 : 'Quand on a que l'amour'.

En 1959, le succès de l'album 'La valse à mille temps' propulse Jacques Brel sur le devant de la scène. Il ne triomphe pas seulement à l'Olympia mais dans le monde entier. Les succès s'enchaînent ('Ne me quitte pas', 'Les Bourgeois', 'Les Vieux'). Parvenu au sommet en 1966, il décide de mettre un terme à sa carrière de chanteur et de se consacrer au cinéma.

Jacques Brel était fou de Paul Gauguin.

Il sera tour à tour réalisateur ('Frantz' en 1971) et acteur ('Les Risques du métier', 'L'Emmerdeur'). En 1975, atteint d'un cancer, il part vivre loin... aux îles Marquises. En 1977, il enregistre un dernier disque, 'Les marquises', qui sera un véritable événement. Il meurt quelques mois plus tard.

« Enfin, quoi, si j'avais du talent, je n'aurais tout de même pas fait des chansons » Jacques Brel

Mohamed El jerroudi

La mort a un sens...

Naguib Mahfouz Ecrivain égyptien qui a marqué par ses écrits la littérature étrangère Né à Le Caire en 1911 Décédé à Le Caire le 30 août 2006

Issu de la bourgeoisie modeste, Naguib Mahfouz suit des études de philosophie et rédige dès l'âge de 17 ans des essais pour des revues littéraires dans les années 1930. Il publie son premier roman en 1939, et tente de restituer l'histoire de l'Egypte à l'époque pharaonique mais il échoue à cause de la Seconde Guerre mondiale. Il traite finalement de l'histoire contemporaine du Caire dans 'Passage des miracles' (1947) et 'Vienne la nuit' (1949).

Sa trilogie, achevée en 1956-1957, est reconnue tardivement en raison du contexte politique. il décide de se remettre à la fiction et son roman 'Les Fils de la Médina' est publié en feuilletons dans le quotidien Al-Ahram. Sa contestation politique lui attire la censure. Cependant, il occupe de nombreux postes au sein des institutions culturelles et entretient un rythme extrêmement productif, à raison d'un roman par an. On lui doit 'Dérives sur le Nil' (1966) , 'Miramar', (1967) , 'Le Voleur et les chiens' (1961) ou encore 'La Quête' (1965). Ses grands romans réalistes sont adaptés au cinéma.

Il reçoit le prix Nobel en 1988. Mais il demeure la cible des islamistes : il est victime d'un attentat en 1994. Le 16 juillet 2006, entre à l'hôpital de la Police du Caire pour une insuffisance rénale et une pneumonie. Il succombe d'une hémorragie à l'âge de 94 ans. Naguib Mahfouz, figure de proue de la littérature égyptienne, a toujours soutenu ses idées avec un courage et une sagesse remarquables.

Le Caire

Naguib Mahfouz s'en est allé. L'écrivain égyptien, lauréat du prix Nobel en 1988, a tiré sa révérence le 30 août 2006, sans bruit et sans fureur. En quittant humblement les rumeurs du monde, il laisse derrière lui une oeuvre impressionnante composée d'une cinquantaine de romans et recueils de nouvelles.

Mohamed El jerroudi

L'art marocain

bijoux marocains

L'histoire des arts au Maroc pourrait schématiquement être classée en deux périodes distinctes à savoir la période de 1912-1956 et jusqu’à aujourdh’hui.

La première période étant celle de la naissance et des balbutiements de la pratique picturale en tant que telle. Cette période verra l’apparition des premiers peintres européens installés au Maroc sous protectorat français.

Pouf en cuir orange

C'est "L'école coloniale" dont la caractéristique essentielle aura été l'initiation d'une peinture provinciale et exotique. Une école qui donne naissance à des artistes marocains autodidactes qui s’intéresseront à cette nouvelle forme d'expression plastique, la peinture de chevalet. C’est ce qui permettra l'émergence d'une première génération de peintres figuratifs naïfs, reproduisant, chacun selon la technique acquise auprès d'artistes européens, les scènes de la vie sociale marocaine, autrement dit, au-delà d’ une certaine forme "d'ethnologie picturale". Cette seule et unique tendance, qui a duré au-delà de l'indépendance du Maroc, a pour principaux représentants Mohamed ben Ali R'Bati, Abdelkrim Ouazzani, Moulay Ahmed Drissi et Ben Allal.

Technique mixte

L'enseignement des arts plastiques au Maroc verra le jour en 1945, avec la création de l'Ecole des Beaux Arts de Tétouan - ville sous protectorat espagnol - et celle de Casablanca en 1950. Après l'indépendance et notamment dans les années 60, la pratique picturale marocaine connaîtra un nouvel élan, tant sur le plan de la vision artistique que celui de l'expression.

L'artiste-peintre, qu'il soit autodidacte ou armé d'une solide formation académique en France et en Espagne, s'investira d'un rôle majeur sur la scène culturelle, à savoir celui d'être à la fois l'incontournable relais d'opinion et le médium d'une culture nationale spécifique et ouverte. D'où l'émergence d'une entité plastique marocaine, multiple de par ses formes d'expression avec pour précurseurs Ahmed Cherkaoui et Jilali Gharbaoui, l'un travaillant sur le signe dans la culture populaire et l'autre sur l'abstraction.

peinture à l'huile

Concernant les galeries d'art, le besoin en est grand, puisqu'à côté de la Galerie Nationale Bab Rouah de Rabat et de la Salle Allal El Fassi, sise au siège du ministère de la Culture, d’autres salles d'exposition privées se multiplient çà et là avec une concentration essentiellement sur l'axe Rabat - Casablanca.

A noter enfin que l'Association Marocaine des Artistes Plasticiens (AMAP) a été créée dans les années 70 pour ordonner et défendre les intérêts de la pratique picturale et de ses dignes représentants.

technique mixte

Mohamed El jerroudi

Le poète qui a écrit avec avidité.

Pablo Neruda

Il reste que je ne suis qu'un homme, mais plusieurs vous diront quel homme j'ai été. J'ai toujours lutté pour le peuple et les droits de celui-ci de se gouverner lui-même, j'en ai frôlé la mort plus d'une fois et j'ai même dû me sauver de chez moi pour de longues années. Mais toujours j'ai écrit et aimé la vie. Mon oeuvre a fait le tour du monde et je suis devenu un symbole pour une jeunesse pleine de vie. Les élèves aimeront mon Chant général où je tente de faire sentir toute la beauté du monde. J'aime la vie et le monde. J'ai été heureux dans ma lutte incessante. Notez cher lecteur qu'un film fut fait sur mes relations avec un postier lors de mon exil en Italie, un film merveilleux de tendresse mettant en vedette Philippe Noiret: Il Postino

D'origine modeste, Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto, est né le 12 juillet 1904 à Parral, au Chili. Son enfance, très proche de la nature, a pour cadre Temuco, petite ville de l'Araucanie. Dès l'adolescence, et pendant ses études dans la capitale Santiago, il écrit avec avidité. Depuis 1923, date de Crépusculaire (Crepusculario), les oeuvres se succèdent au long d'une vie marquée par les voyages, l'errance, l'exil: «Ainsi toute ma vie, je suis allé, venu, changeant de vêtements et de planète.»

À partir de 1927, Pablo Neruda occupe plusieurs postes consulaires: Rangoon, Colombo, Batavia, Buenos Aires.

En 1935, il est à à Madrid, la veille de la guerre civil.

En 1940, après un séjour au Chili, Neruda est nommé, consul général au Mexique. La peinture des grands muralistes, Orozco, Rivera, Siqueiros, n'est pas sans influence sur Le Chant général (Canto general) qu'il compose alors.

En 1945, le poète est élu sénateur des provinces minières du nord du Chili; la même année, il adhère au Parti communiste mais les persécutions du président de la République, Gabriel González Videla, l'obligent à fuir son pays. À nouveau, les voyages se multiplient aux quatre coins du monde.

En 1950, Neruda obtient le prix Staline de la paix.

En 1970, il est nommé ambassadeur du Chili, sous le gouvernement socialiste du président Allende

Le 21 octobre 1971, il reçoit la consécration du prix Nobel de littérature. Dans le discours qu'il prononce à Stockholm, le poète évoque avec tendresse les frères inconnus qui l'aidèrent à franchir les Andes alors que sa tête était mise à prix dans son propre pays (1949). Réaffirmant « qu'il n'y a pas de solitude inexpugnable et que le poète n'est pas «un petit dieu», Neruda se rallie à la prophétie de Rimbaud: «À l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes», en laquelle il voit la proclamation d'un avenir certain.

En 1972, il prononce devant le Pen Club International un discours dénonçant le blocus américain contre le Chili. Géographie infructueuse (Geografía infructuosa, 1972) paraît en mai à Buenos Aires: pressentant sa proche agonie, le poète s'interroge sur sa vie et sur son oeuvre poétique. Renonçant à son poste, il quitte la France le 20 novembre 1972 et rentre au Chili avec Mathilde Urrutia. Son peuple l'accueille triomphalement à Santiago. Ses oeuvres, au fil des ans, n'ont pas cessé de voir le jour, tout imprégnées des péripéties d'une vie tumultueuse et généreuse: «Je déclare ici que personne n'est passé près de moi qui ne m'ait partagé. J'ai brassé jusqu'au coude et rebrassé dans une adversité qui n'était pas faite pour moi dans le malheur des autres.»

En 1973, Neruda participe à la campagne pour les élections de mars en écrivant Incitation au nixonicide et éloge de la révolution chilienne (Incitación al nixonicidio y alabanza de la revolución chilena, 1973); tout en chantant l'Océan et Quevedo, il fustige dans de courts pamphlets les «politicards» et les «larrons». Le 11 septembre, un putsch militaire renverse le gouvernement de l'Unité populaire. Allende est assassiné à la Moneda.

Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda meurt à Santiago. Ses obsèques se déroulent en présence de l'armée: des chants jaillissent de la foule, témoignant, par-delà la mort, du pouvoir subversif de la poésie.

  • Bibliographie
  • Electre et Gallimard (Archives)
  • Influence de la France et de l'Espagne sur la littérature 1997 Caractères
  • Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée 1998 Gallimard
  • Né pour naître 1996/1996 Gallimard
  • La centaine d'amour 1995 Gallimard
  • J'avoue que j'ai vécu 1997 Gallimard
  • Les vers du capitaine 1984 Gallimard
  • Chant Général 1984 Gallimard
  • La rose détachée et autres poèmes 1982 Gallimard
  • Les premiers livres 1982 Gallimard
  • Les premiers livres (vers et proses) 1979 Gallimard
  • Splendeur et mort de Joaquim Murieta 1978 Gallimard
  • Mémorial de l'île noire 1977 Gallimard
  • Odes élémentaires 1974 Gallimard
  • L'épée de flammes 1973 Gallimard
  • Incitation au nixonicide et Éloge de la révolution chilienne, 1973 adaptation de Marc Delouze (Éditeurs français réunis).
  • Résidence sur la terre 1972 Gallimard
  • Les pierres du ciel, 1972 Gallimard
  • Les pierres du Chili 1972 Gallimardv Vaguedivague 1971 Gallima
  • L'Espagne au coeur 1938 Denoël

Extrait de la chronologie d'Europe (1974) établi par Jorge Sanhuesa et publié dans le numéro: Ecrivains de langue espagnole, de mars-avril 1964.

«La terreur sanglante s'abat sur le Chili, tandis que les partis de gauche, la Centrale syndicale, le Congrès et les autres institutions constitutionnelles sont dissous, les universités militarisées, et les partis de droite eux-mêmes, suspendus. Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda qui, depuis le 11, était en résidence surveillée et dont les maisons de Santiago et d'Isla Negra, avaient été plusieurs fois perquisitionnées et saccagées, meurt, dans sa soixante-dixième année. Officiellement d'un cancer.»

Mohamed El herroudi

MOHAMMAD IQBAL

(1873-1938)

De son séjour en Europe, au début du 20ème siècle, de son dialogue avec la pensée occidentale (Nietzsche et Goethe), Mohammad Iqbal a retenu pour lui-même et ses contemporains musulmans que "l'originalité est le fondement de la création" et que "la vie ne se réforme pas au moyen de l'imitation." Tel est le message qu'il n'a cessé de développer dans une œuvre qui intéresse cependant aussi bien l'Orient que l'Occident. Car sa critique révolutionnaire de la pensée occidentale, au sens copernicien du terme, s'accompagne d'une volonté de "reconstruire la pensée religieuse de l'Islam", sous le signe unique de l'Amour, qui est, lui, d'Orient et d'Occident : "Quand l'amour accompagne l'intelligence, il devient l'architecte d'un autre univers."

"L’homme de Dieu tombe du ciel comme l'éclair: le bois qu'il embrase, ce sont les villes et les plaines d'Orient et d'Occident. Nous sommes encore plongés dans les ténèbres de la création : mais lui coopère à l'oeuvre du Créateur. Il est Moïse, il est Jésus, il est Abraham, il est Mohammad, il est le Livre et Gabriel. C'est le soleil de l'univers des hommes au coeur pur. D'abord, il te brûle dans son feu, puis il t'enseigne la souveraineté. C'est sa brûlure qui fait de nous des hommes à l'âme limpide; sinon, nous ne sommes que les ébauches à demi effacées de la Création."

  • L'Orient et l'Occident

"Pour les Occidentaux, c'est l'intelligence qui organise la vie; pour les Orientaux, l'amour est le secret de l'univers. L'intelligence reconnaît Dieu par le moyen de l'amour, les oeuvres de l'amour trouvent en l'intelligence un fondement solide. Quand l'amour accompagne l'intelligence, il devient l'architecte d'un autre univers! Lève-toi, et dessine un monde nouveau, unis l'amour à l'intelligence. La flamme des Européens s'affaiblit, leurs yeux sont clairvoyants, mais leurs coeurs sont morts. Ils se sont blessés avec leurs propres armes, ils se sont tués à demi, ils sont devenus leur propre proie! Ne cherche pas la ferveur et l'ivresse dans leurs vignes, il n'y a pas pour eux d'avenir dans leurs cieux. La brûlure de la vie provient de ton feu, ton oeuvre est de créer un nouvel univers!"

  • Le cri de la Beauté éternelle

"Le calame de Dieu, parmi les images de beauté et de laideur, a dessiné pour chacun de nous celle qui lui convient. Qu'est-ce qu'« être », le sais-tu, ô homme noble? C'est participer à la beauté de l'Essence divine. Créer? C'est rechercher l'Aimé, c'est s'ouvrir soi-même à l'autre! Toute cette multitude tumultueuse d'êtres sans Notre Beauté ne serait jamais venue à l'existence! La vie est éphémère aussi bien qu'éternelle, elle n'est que créativité et brûlant désir! Es-tu vivant? Alors sois brûlant de ferveur, sois créateur, embrasse comme nous tous les horizons de l'univers. Renverse et brise tout ce qui n'est pas digne de toi, des profondeurs de ton être fais surgir un monde nouveau! Pour un homme libre, il est pénible de vivre dans le monde d'autrui. Celui qui ne possède pas de pouvoir créateur à Mes yeux n'est qu'un impie et un hérétique! Il ne participe pas à Ma Beauté, il n'a pas goûté aux fruits de la vie! 0 homme de Dieu! Sois acéré comme le glaive, sois toi-même l'arbitre de ton propre univers!"

"La force de la Foi vient de l'unité, et l'unité, si elle se manifeste, donne un peuple." MOHAMMAD IQBAL

Mohamed El jerroudi

Darfour

La crise humanitaire dans la région du Grand Darfour au Soudan

Depuis le déclenchement des hostilités en février 2003, le Darfour – l’une des régions les plus pauvres du Soudan – est devenue le théâtre de la crise humanitaire la plus importante au Monde, selon les Nations unies. La situation demeure toujours extrêmement préoccupante et, de l’avis de la plupart des experts, pourrait connaître une nouvelle détérioration. On estime que cette crise a entraîné entre 180.000 et 300.000 morts. Environ 2,5 millions de personnes sont affectées par la crise, soit plus d'un tiers de la population totale du Darfour. 1,8 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du Darfour, et plus de 200.000 ont traversé la frontière, fuyant vers le Tchad. De graves violations des droits de l’homme ont été signalées par les Nations unies et les organisations des droits de l’homme.

Les organisations humanitaires ont encore des difficultés pour accéder aux personnes qui ont besoin d’aide. Ceci est dû à l’insécurité, à la très mauvaise infrastructure routière, à la taille du territoire concerné (globalement équivalent à la France), et à l’actuelle saison des pluies. Selon les Nations unies, les besoins dans la plupart des secteurs (nourriture, abris, accès à l’eau potable et aux soins de santé) ne sont que partiellement comblés.

Attente de l'approvisionnement en eau - Darfour - Soudan

La Commission européenne a expressément demandé au gouvernement soudanais de respecter ses obligations en matière de protection de ses propres citoyens, notamment en désarmant et en poursuivant devant les tribunaux les groupes armés agissant contre les civils. La Commission européenne a aussi fourni des fonds aux organisations qui ont un mandat international pour protéger les personnes vulnérables. A la suite du cessez-le-feu signé par le gouvernement et les forces rebelles en avril 2004, la Commission s’est engagée à fournir 92 millions d’euros pour appuyer les opérations de maintien de la paix, menées sous l’égide de l’Union africaine.

La réponse d'ECHO à ce jour cible les personnes affectées par le conflit dans la région du Darfour et les réfugiés installés Tchad,reçoit une idifférence meurtière de la communnaité internationnale ...! La crise a fait plus de 500 000 victimes jusqu'à présent .C'est pas trop.?

Mohamed El jerroudi

Pseudonyme d'Adonis .

Adonis

Saïd naît à Qassabine près de Lattaquié au nord de la Syrie le 1 janvier 1930. Saïd commence à travailler dans les champs jeune mais son père l'incite aussi à apprendre la poésie. En 1947, contre l'avis de ses parents, il se rend à la ville voisine où il trouve le président syrien Choukri al-Kouwatli. Adonis, alors âgé de douze ans seulement, veut se joindre à l'assemblée des poètes locaux pour honorer le président mais on l'écarte. En insistant il capte l'attention de ce dernier, qui demande à l'entendre. Il proclame sa prose et subjugue toute la foule. Le président décide alors de lui payer sa bourse. Il part à l'école, au lycée français de Tartous(en 1942), puis à Lattaquié où il obtient son baccalauréat en 1949, c'est également à cette époque qu'il prend le pseudonyme d'Adonis lors de la publication de quelques poèmes. Il entre ensuite à l'Université syrienne de Damas qu'il quitte en 1954 avec une licence de philosophie.

En 1955, il est emprisonné six mois pour appartenance au Parti nationaliste syrien, un parti qui préconise une grande nation syrienne au Moyen-Orient. Après sa libération en 1956, il s'enfuit pour Beyrouth au Liban où il fonde avec le poète syro-libanais Youssouf al-Khal dans les années 60, la revue Chi'r (ou Chiir qui signifie Poésie): le manifeste d'une libération inconditionnelle de la tradition et d'un élan vers l'internationalisation de la poésie. Adonis abandonne peu à peu son nationalisme militaire pour le panarabisme alors très en vogue avec la montée des partis Ba'as. Il choisit la nationalité libanaise en 1962. Adonis se consacre aussi plus principalement à ses activités littéraires qu'à ses activités politiques. En 1968, il fonde la revue Mawâkif (Positions) qui se montre être un espace de liberté en même temps qu'un laboratoire de rénovation « destructurante » de la poésie — aussitôt interdite dans le monde arabe. C'est là qu'il traduit en arabe Baudelaire, Henri Michaux, Saint-John Perse et en français Aboul Ala El-Maari. Adonis cherche le renouvellement de la poésie arabe contemporaine en s'appuyant sur son passé glorieux mais aussi en regardant la richesse de la poésie occidentale.

Suite à la guerre civile libanaise, il fuit le Liban en 1980 pour se réfugier à Paris à partir de 1985. Il est le représentant de la Ligue arabe à l'UNESCO.

Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grand poète arabe vivant. Il est un influent autodidacte, voire iconoclaste, quant à la réévaluation critique de la tradition poétique arabe vis-à-vis des pressions intellectuelles, politiques et religieuses du monde arabe actuel, l'exemple le plus frappant étant la Prière et l'Épée : essai sur la culture arabe. Son œuvre révèle plusieurs thèmes : injustice, dictature, guerre, misère... Il prend les évènements pour en faire des mythes mais on ne peut pas le classer dans les poètes engagés. Le Temps des villes démontre une connaissance exacerbée des grandes métropoles du monde arabe moderne. Il a pris position dans Al Hayat contre le port du voile.

Mohamed El jerroudi

Changer le monde...!

André Breton

Poète français

Né à Tinchebray le 18 février 1896 Décédé à Paris le 28 septembre 1966

Né avec le XXè siècle, André Breton traverse la Première Guerre mondiale dans les services de santé de l'armée. C'est alors qu'il entre en correspondance avec Guillaume Apollinaire et rencontre bientôt Louis Aragon et Philippe Soupault avec lesquels il fonde la revue Littérature en 1920.

Soutenant d'abord le mouvement Dada de Tristan Tzara, c'est en 1924 qu'il donne sa véritable identité au surréalisme, grâce à son 'Manifeste', et en devient la figure de proue. Un temps membre du parti communiste (1927-1935) se reconnaissant dans le 'changer le monde' de Marx, ce qu'il cherche, surtout, c'est à abolir les frontières entre l'imaginaire et la réalité, à se libérer de la 'dictée de la pensée' (écriture automatique) , et veut 'brouiller l'ordre des mots' comme il l'affirme dans 'Point du jour' (1934).

L'atelier d'André Breton, 42 rue Fontaine.

Novateur et puissant, le surréalisme prend une ampleur internationale, et, malgré l'exil de Breton aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et les divergences nées au sein du groupe, le mouvement marque de sa trace les années 50. Et le charisme et l'oeuvre de Breton entrent dans la légende.

Mohamed El jerroudi

Zorba le grec

Anthony Quinn

Réalisateur, Acteur, Producteur, Coproducteur, Producteur exécutif américain

Né le 21 Avril 1915 à Chihuahua (Mexique) Décédé le 3 Juin 2001 à Boston, Massachussetts (Etats-Unis)

Anthony Rudolfo Oxaca Quinn, fils d'un peintre-toréador irlandais qui devait, ensuite, devenir cameraman à Hollywood et d'une mexicaine; naît à Chihuahua, une petite ville mexicaine en pleine révolution. Il grandit dans les banlieues pauvres d'une Los Angeles encore peu latino. Se destinant à la prêtrise, à 16 ans, Anthony Quinn prêche dans des meetings "revivalistes". Il abandonne sa vocation et devient chauffeur, contremaître et boxeur, avant de partir pour les États-Unis en 1936, ayant appris que Cecil B. DeMille recherchait des acteurs indiens pour figurer auprès de Gary Cooper. Il se rend aux auditions, est engagé dans Pacific Express et fait la connaissance de la fille adoptive du réalisateur et l'épouse. Par la suite il tourne avec son beau-père Une aventure de Buffalo Bill et Les Boucaniers, dont il fera un remake en 1958 supervisé par Cecil B. DeMille lui-même. Se contentant d'emplois secondaires (Indiens ou Mexicains) jusqu'en 1947, son interprétation de Stanley Kowalski dans Un tramway nommé désir à Broadway qui lui apporte la notoriété.

Anthony Quinn symbolise l'ascension d'un métisse, l'une des premières stars au sang mêlé d'Hollywood. Cette allure à la fois latino et américaine lui permettent d'interpréter toutes les minorités ethniques, que ce soient arabe, amérindien, italien, grec, mexicain, basque et même bossu...C'est aussi son passeport pour toutes les aventures et tous les cinémas : Henri Verneuil, George Cukor, Jean Delannoy, Tony Scott... du péplum à l'épopée, de la comédie au western, de la série TV (Onassis) au polar série B. Son regard intense et fou, cet air méchant et imprévisible fascinent nombre de réalisateurs.

Il a fallu du temps pour explorer son registre et surtout lui donner ses deux personnages mythiques : Zampano en 1954 chez Fellini et Zorba le grec en 64 chez Michael Cacoyannis . Quinn fait souvent le grand écart d'une grosse production sans intérêt à un chef d'oeuvre du 7ème Art, surtout, entre les années 50 et le milieu des années 60. Ce mercenaire du cinéma, obtient un rôle en 1952 dans Viva Zapata !d'Elia Kazan . Il est Eufemio, le frère de Marlon Brando (alias Zapata), premier Oscar du meilleur second rôle masculin pour Quinn, tandis que Brando repart bredouille.

En 1954, il maestro Federico Fellini l'engage pour le rôle de Zampano, aux côtés de Giulieta Masina. La Strada est Oscar du meilleur film étranger. Quinn y est une force de la nature, qui se révèle à un public intellectuel. Deux ans après, il sera l'effroyable et sensible Quasimodo dans Notre-Dame-de-Paris , et la même année, Paul Gauguin, le peintre ami de Van Gogh (interprété par Kirk Douglas) dans La Vie passionnée de Vincent Van Gogh. Les gros succès s'enchaînent, il devient une star de films d'action. En 1962, David Lean enrôle un casting de rêve pour son chef d'oeuvre, Lawrence d'Arabie. Quinn se transforme en bédouin râleur et cupide, courageux et loyal. Mais c'est en 1964 que Anthony Quinn devient à jamais Zorba le grec , rôle clé de sa carrière. Film nommé 7 fois aux Oscars.

A la fin de sa carrière, il joue surtout des rôles de "patriarche" (Don Angelo est mort L'Heritage, L'Empire du Grec) et apparait dans quelques grosses productions aux côtés de Schwarzenegger, Keanu Reeves, ou Sylvester Stallone avec qui, il interpréte son dernier rôle au cinéma dans Mafia love. Des rôles en demi-teinte mais sans importance tant sa carrière est impressionnante. Près de 200 rôles, que ce soit sur grand ou petit écran, et au théâtre...

Mohamed El jerroudi

Les mots sont les nôtres

Mohammed Dib

Mohammed Dib, né en 1920 à Tlemcen, en Algérie et mort le 2 mai 2003 à La-Celle-Saint-Cloud, est un des grands écrivains de langue française.

Installé en France depuis 1959, il fut l'ami d'Aragon, de Guillevic. Aragon écrivait en préface à son recueil Ombre Gardienne : « Le singulier de l'affaire c'est qu'ici je ne me trouve point devant une poésie traduite, les mots sont les nôtres, les miens. »

Poète – Prix Stéphane Mallarmé –, romancier – Grand prix du Roman de la Ville de Paris –, essayiste, auteur de nouvelles, de contes et de pièces de théâtre, son œuvre, vaste et intense, a été couronnée par le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française.

La Différence a publié de lui :

  • L'Enfant-Jazz, 1998 ;
  • Le Cœur insulaire, 2000 ;
  • Feu beau feu, 2002 ;
  • Les Terrasses d'Orsol, 2002 ;
  • L.A. Trip (2003) ;
  • Le Sommeil d'Ève (2003) ;
  • Ombre gardienne (2003) ;
  • Neiges de marbre (2003).

Mphamede El jerroudi

Pour une pincée de sel.

Gandhi

Mohandas Karamchand Gandhi est né le 2 octobre 1869 à Porbandar dans l'état du Gujarat. Il est issu de la caste des Vayshia et sa famille est relativement aisée. Enfant, sa mère lui inculque les valeurs hindouistes mais il apprend aussi à connaître les autres religions et la tolérance à leur égard. C'est sans doute pendant cette période que se forgent les convictions morales de Gandhi.

Conformément aux coutumes de sa caste, sa famille le marie à 14 ans avec Kasturbai qui restera son épouse toute sa vie. En grandissant Gandhi devient convaincu qu'il ne sera quelqu'un qu'en rompant avec les coutumes de l'Inde et en copiant le style de vie des anglais. C'est donc logiquement qu'il s'embarque pour l'Angleterre en 1888 en laissant femme et enfant pour y faire ses études de droit.

C'est paradoxalement à Londres que Gandhi lit les principaux textes de l'hindouisme, notamment la Baghavad-Gita qui l'influencera profondément. Il découvre aussi la vie de Bouddha, Jésus, Mahomet et fait la connaissance des théosophes anglais. Après trois années en Angleterre et son diplôme d'avocat en poche, Gandhi rentre en Inde. Malheureusement sa vie professionnelle s'enlise et il reste tiraillé entre ses racines hindoues et son attirance pour la bourgeoisie occidentale. En 1893 une entreprise indienne lui propose de se rendre en Afrique du Sud pour y défendre ses intérêts lors d'un procès. Gandhi accepte. Il ne le sait pas encore, mais c'est le tournant de sa vie.

Dès son arrivée là-bas il est confronté à la discrimination raciale. Expulsé d'un train il s'aperçoit très vite que les britanniques et le boers dominent sans partage les populations noires et immigrées (à cette époque 100 000 indiens vivent en Afrique du Sud). Il est choqué de voir que les sujets de l'empire britannique ne sont pas traités de la même manière suivant la couleur de leur peau.

En 1894, à l'issu du procès, gagné, pour le lequel il était venu, Gandhi décide de lutter contre une loi visant à interdire aux indiens le droit d'élire des représentants à l'assemblée de l'état du Natal. Il fait signer une pétition à 10 000 personnes et obtient le retrait du projet de loi. Gandhi avait surtout réussi à faire prendre conscience aux indiens qu'il fallait s'unir. Devenu populaire, Gandhi décide de poursuivre le combat. En 1896 il va chercher sa femme et ses enfants en Inde et revient en Afrique du Sud. Il travaille comme avocat jusqu'en 1899. La guerre des Boers éclate alors et Gandhi appelle ses compatriotes à soutenir les anglais.

En 1906 une nouvelle loi ségrégationniste est votée au Transvall. Elle enjoint les asiatiques à se faire inscrire sur des listes destinées à contrôler de près leurs activités. Gandhi réussit à convaincre 3000 délégués de ne pas se soumettre à la nouvelle loi et de résister quel qu'en soit le coût, mais sans violence. Gandhi est arrêté et incarcéré pendant six mois. En 1909 il publie "Hind Swaraj", livre dans lequel il développe les théories du combat par la non-violence : la satyagraha. Pendant huit ans, Gandhi ne cessera de s'opposer aux lois ségrégationnistes et au Général Smuts ce qui lui vaudra d'autres séjours en prison. Finalement, le 30 juin 1914, Smuts et Gandhi signent un accord sur l'abrogation d'une grande partie des lois raciales. Le 18 juillet 1914 Gandhi quitte l'Afrique du Sud pour toujours et rentre en Inde. Il décide, dès son retour, de partir à la découverte de son pays natal. Son périple dure un an à l'issue duquel il établit un ashram près d'Ahmedabad. Son nom est désormais associé à la lutte contre l'injustice. C'est pourquoi, début 1917, Gandhi se rend au Bihar à l'appel des cultivateurs de l'indigo exploités sans vergogne par les industriels anglais. Devant les risques d'émeutes, le gouvernement donne satisfaction aux planteurs.

À peine rentré à Ahmedabad, Gandhi soutient un mouvement de grève des ouvriers textiles et utilise, pour la première fois, le jeûne pour faire pression sur les patrons et pour marquer son entière solidarité avec les grévistes. À la fin de la première guerre mondiale, pendant laquelle Gandhi avait appelé au soutient de l'effort de guerre, il présente aux britanniques ses premières revendications d'autonomie pour l'Inde. Le 6 avril 1919, pour impressionner les anglais, Gandhi appelle le peuple à manifester publiquement dans tout le pays et à cesser toute activité. La manifestation est un énorme succès. Le 13 avril, à Amritsar, la population manifeste de nouveau malgré l'interdiction. Le général Dyer ordonne alors à ses hommes de tirer sur la foule pacifique. Le bilan est effroyable : plus de 300 morts et plus de 1000 blessés. Horrifié, Gandhi suspend immédiatement la satyagraha.

En 1920 il repense ses moyens d'action. Soutenu par le parti du Congrès et par les musulmans, il appelle à la non coopération avec l'administration britannique et se prononce pour le boycott des produits textiles d'origine européenne. L'Inde tout entière bouge et la tension ne cesse de monter. De nombreux leaders sont emprisonnés et des affrontements ont lieu. Pendant l'un d'eux 22 policiers sont lynchés par la foule. Le Mahatma, comme on l'appelle désormais, décide de mettre fin à toute action.

Il est cependant arrêté puis condamné à 6 ans de prison. Il restera emprisonné 2 ans pendant lesquels le mouvement va sensiblement s'essouffler. À sa sortie de prison Gandhi appelle à la cohésion nationale et il réclame l'égalité sociale pour les intouchables qu'il appelle affectueusement les harijans ("enfants de Dieu"). Il mènera d'ailleurs deux grèves de la faim pour qu'ils puissent entrer dans les temples.

Au début des années 30, Gandhi a retrouvé toute sa fougue. Il bénéficie d'une influence considérable. À chacun de ses mots d'ordre l'Inde s'immobilise. Le 12 mars 1930 le Mahatma entreprend son action la plus célèbre : la marche du sel. Son objectif est de dénoncer le monopole anglais de la vente du sel. Pendant 24 jours et sur 350 km le cortège ne cessera de gonfler. Arrivé à son but Gandhi ramasse une poignée de sel et annonce qu'il commence la désobéissance civile. Il est de nouveau arrêté.

En janvier 1931 le Vice-Roi Lord Irving le fait libérer. Il échange la libération des prisonniers politiques et la fin des lois sur le sel contre la fin de la désobéissance civile et la participation de Gandhi à une conférence organisée à Londres. Celui-ci accepte et en profite pour visiter l'Europe. Cette table ronde ne sera suivie d'aucun changement notable sur la politique indienne d'autant que Churchill arrive au pouvoir avec l'intention d'écraser le Parti du Congrès. Des milliers de militants sont bientôt arrêtés. Gandhi à Marseille

En août 1932 Gandhi est jeté en prison. Les dissensions entre les communautés s'aggravent et les droits des intouchables sont menacés. Le 20 septembre le Mahatma entreprend une nouvelle grève de la faim. Le gouvernement britannique plie devant la menace de la mort de Gandhi devenu très populaire en Europe. En 1934 Gandhi se retire de la politique en tant que telle, préférant la laisser aux jeunes leaders du Congrès dont Nehru. Il continue en revanche de se battre pour la cohésion entre les communautés et pour l'éducation des masses, ce qui lui vaudra l'inimitié des extrémistes hindous. Cette année là, Gandhi échappe à la première des cinq tentatives d'assassinat dont il fera l'objet.

Lors des élections de 1937, le Congrès obtient la majorité écrasante au parlement indien. Dès lors la marche vers l'autonomie et l'indépendance semble inéluctable. Lorsqu'éclate la seconde guerre mondiale en 1939, Gandhi refuse de s'engager aux côtés des anglais. Il affirme que seule une Inde indépendante pourrait contribuer à la lutte contre les nazis. En 1942 il lance même son fameux slogan "Quit India". Il enjoint les britanniques à partir au plus vite et relance le mouvement de désobéissance civile. Lui et les dirigeants du Congrès sont arrêtés après que des émeutes aient éclaté. Sa femme Kasturbai meurt lors de sa détention. En 1944 Churchill le fait libérer.

Jinnah et Gandhi

Après la guerre les travaillistes d'Atlee arrivent au pouvoir en Angleterre. Le Premier Ministre est bien décidé à mener le processus d'indépendance à son terme. Lord Mountbatten est nommé Vice-roi avec cette mission. C'est alors que les communautés musulmane et hindoue se déchirent. La Ligue Musulmane de Mohammed Ali Jinnah ne cesse en effet de réclamer la création d'un état indépendant à majorité musulmane.

Gandhi, lui, reste attaché plus que tout à l'unité de l'Inde. Jinnah refuse de participer au gouvernement provisoire de Nehru et appelle à une journée d'insurrection le 16 août 1946. Elle se solde par des milliers de morts dont au moins 5000 à Calcutta. Gandhi use de toute son influence pour éviter la partition mais le 15 août 1947 Lord Mountbatten annonce l'indépendance de deux nouvelles nations : le Pakistan et l'Inde.

On assiste alors à l'exode meurtrier de plusieurs millions de personnes. Les sacs, les meurtres, les règlements de compte en tous genres feront entre un et deux millions de victimes. Épouvanté par la situation, notamment à Calcutta, Gandhi décide de jeûner jusqu'à la mort. Nehru fait alors tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin aux massacres. Il y parvient d'extrême justesse et Gandhi se nourrit à nouveau. Pourtant la colère des extrémistes n'est pas retombée. Ceux du côté hindou notamment tiennent rigueur à Gandhi de sa trop grande mansuétude à l'égard des musulmans.

Le 30 janvier 1948, l'un d'eux, Nathuram Godse, l'abat à Delhi. "Hé Ram" seront les dernières paroles du Père de la Nation. Sa mort provoque une émotion internationale. À Delhi plus de deux millions de d'indiens assisteront à ses funérailles nationales. Aujourd'hui encore l'empreinte de Gandhi est vivante en Inde même si la société juste, égalitaire et non violente dont il avait rêvé reste à construire.

Mohamed El jerroudi

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