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Mohamed El jerroudi

Celuis qui reste accroché aux racines de l'arbre, et qui refuse de monter juqu'à la cime, ne regardera jamais ce qui se passe derrière la montagne.....

Une oreille aux enchères.

Vincent Van Gogh

Van Gogh naît en 1853 dans un petit village du Brabant hollandais, Groot-Zundert. L'un de ses oncles étant associé à la plus grande entreprise de ventes de tableaux sur le marché international, la Goupil & Cie, il est engagé comme employé à la galerie de la Haye, puis trois ans plus tard, il travaille pour celle de Londres et enfin celle de Paris. Il a pu être ainsi, en six ans en contact avec l'art des plus grands maîtres. Son manque d'intérêt pour le commerce et l'absence du sens des affaires entraîne son licenciement. Il accepte ensuite de petits métiers dans la banlieue de Londres lui permettant de laisser libre cours à son prosélytisme. Il revient chez ses parents au début de 1876. Peu à peu, l'idée d'une vocation spirituelle, comme celle de ses ancêtres, prend forme dans son esprit, et son père Theodorus Van Gogh devient son grand modèle. Au printemps 1877, Vincent se rend à Amsterdam pour se préparer aux études de théologie. Il se plonge dans les études des langues mortes, des cours de mathématiques, essayant de combler toutes les lacunes causées par ces années d'errance. Mais Vincent interrompt ses préparations et ne se présente même pas au concours d'entrée. Son incapacité à se fixer quelque part et son agitation perpétuelle ne faisaient qu'empirer. Finalement, le conseil de famille décide que Vincent devait essayer de devenir prédicateur laïque. Il obtient ainsi en 1879 une mission évangéliste dans le bassin minier du Borinage, en Belgique. Le contact avec la misère humaine le métamorphose, un esprit éclairé, sans illusions, s'annonce et en lui naît l'idée d'exalter la condition des plus humbles à travers une création artistique. Après plusieurs mois de silence, Van Gogh reprend contact avec son frère. En juillet 1880, il lui envoie du Borinage une lettre qui marque le début d'une série d'auto-analyses lucides. Il se distancie de plus en plus de ses activités au service des autres.

Le tournesol.

En comprenant les messages de la foi de façon plus abstraite, en les élevant au niveau de conceptions générales du monde, un nouvel accès à l'art s'ouvrait à lui. Le terme clé de son naturel artistique apparaît dans le terme "mélancolie active". En se consacrant à la peinture, Van Gogh ne désirait pas seulement agir pour les hommes mais voulait que son intervention soit reconnue. Car jusqu'alors, il était un " inactif contre son gré ; un tel homme ne sait parfois pas lui-même ce qu'il serait capable de faire, mais il le sent d'instinct : je suis tout de même bon à quelque chose, je peux justifier mon existence !".

En octobre 1880, Van Gogh se rend à Bruxelles pour entamer une formation artistique assez désordonnée. Il reprend rapidement des études autodidactes remplaçant ainsi la formation académique. Il s'entraîne tout d'abord en copiant divers peintres puis il se lance dans la production de nombreux dessins et peintures décrivant des scènes de la vie paysannes, comme les Mangeurs de pommes de terre ( Avril-Mai 1885, huile sur toile, 81,5x114,5 cm, Amsterdam, Musée Van Gogh ). Il rejoint son frère Théo, employé à la galerie Goupil, dans un Paris en pleine effervescence artistique. Pendant deux ans, sa soif d'apprendre le conduit dans tous les musées et expositions. Il rencontre de jeunes artistes comme Pissaro et Gauguin et s'inspire d'un nouveau mouvement : le néo-impressionnisme dont la technique picturale est basée sur le pointillisme ( ou divisionnisme ).

En février 1888, il part à Arles. En Provence, tout l'émerveille, le soleil, les vergers en fleurs, les belles arlésiennes. Il travaille beaucoup, avec l'aide financière de Théo, qui lui envoie des tubes de peintures et des toiles. Chaque matin, il quitte son logis, lourdement chargé et circule inlassablement dans la région, à la recherche de motifs et produit un chef d'œuvre après l'autre. " C'est l'émotion, la sincérité du sentiment naturel qui guide notre main, et lorsque cette émotion est parfois si forte que l'on travaille sans remarquer que l'on travaille, lorsque, quelquefois, les coups de pinceau viennent et s'enchaînent, comme les mots dans une conversation ou dans une lettre, il ne faut pas oublier qu'il n'en a pas toujours été ainsi et qu'à l'avenir aussi, il y aura beaucoup de jours décourageants sans la moindre inspiration." Ces phrases extraites de la lettre 504 semblent prophétiques vu l'effondrement qui se produira à la fin de cette année.

Son ami Gauguin le rejoint. Il peint Vincent en plein travail sur un des tableaux de la série Les Tournesols. En dépit de leur amitié, les disputes incessantes aboutissent, le 23 décembre à la crise de Vincent qui menace son ami avec un rasoir à main. Il finit par se trancher une oreille qu'il met dans une enveloppe avant de l'offrir à une prostituée. Il est évident que l'arrivée de Gauguin à Arles a joué un rôle important dans l'effondrement psychologique de Van Gogh. Deux personnalités se sont heurtées et se sont livrées des combats très rudes. A travers Gauguin, son génie artistique est plus que remis en question. Il œuvre jusqu'à l'anéantissement psychique et physique. Victime de délires paranoïaques, il est sujet à de violentes crises. Une requête des habitants d'Arles parvient aux autorités, leur demandant d'interner Vincent parce qu'il constitue un "danger pour la communauté".

A la fin du mois de février, Van Gogh est interné. Pleinement conscient, il se voit enfermé ; on ne lui accorde ni livres, ni peinture, ni même sa pipe. En mai 1990, il entre de son plein gré à l'hôpital psychiatrique de Saint-Rémy-de-Provence. Dans l'atmosphère oppressante et mélancolique des vieux murs, le peintre se concentre entièrement sur son soi-même et les forces psychiques qui l'envoûtent. Elles agissent sur lui dans la mesure où il peut s'en rendre maître dans ses tableaux. Van Gogh contemple son univers intérieur, il ne connaît ni diversions, ni contacts humains et il a naturellement renoncé à ses anciens "poisons". Son assiduité au chevalet n'a sans doute jamais été aussi grande que pendant son séjour à Saint-Rémy. Van Gogh est devenu lui-même sa propre légende artistique. Il offre une nouvelle interprétation de l'unité de l'art et de la vie. L'artiste et l'homme ne se retrouvent que dans la folie, libérés des petits conflits quotidiens. Théo l'a immédiatement compris et formulé dans l'une des lettres : " Tes dernières toiles m'ont fortement donné à réfléchir à propos de ton état d'esprit au moment où tu les as faites. Il y a dans toutes une force de la couleur que tu n'avais encore jamais atteinte jusque là, … ; mais tu es encore allé plus loin, et s'il y a des peintres qui cherchent le symbole sur le chemin de l'altération de la forme par la violence, je trouve cela exprimé dans beaucoup de tes toiles … mais comme ta tête a du travailler, comme tu as osé aller jusqu'à l'extrême limite, là où l'on doit inévitablement être pris de vertige".

diné aux pommes de terre .

Durant l'année de son internement, il peint cent cinquante toiles, parmi lesquelles on compte de nombreux chefs d'œuvre. Il quitte l'hôpital pour se rendre à Auvers-sur-Oise où le Docteur Gachet, collectionneur, ami de nombreux peintres impressionnistes, a accepté de le prendre en charge et de le soigner. Il va travailler comme un forcené pendant deux mois, produisant plus de soixante-dix tableaux.

Arles.

Le 27 juillet 1890, dans le champ de blé qu'il a peint quelques jours avant, il se tire un coup de revolver. Il meurt deux jours plus tard dans les bras de son frère Théo, le laissant seul héritier de sa vie, de son œuvre. L'affinité indissoluble des deux frères s'étend au-delà de la mort. Deux mois à peine après la mort de Vincent, Théo sombre à son tour dans la démence pour ne plus en guérir. Désormais la personne de l'artiste Van Gogh était définitivement morte. Il appartenait à Jo, la veuve de Théo, de livrer l'œuvre au public. Elle y réussit au-delà de toute mesure.

Mohamed El jerroudi

Clown et prêtre.

Michel Serrault

L'acteur s'est éteint à 79 ans

Il avait été hospitalisé ces dernières semaines à l'Hôpital américain de Neuilly d'où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence de Honfleur. C’est là que l'acteur est décédé dimanche soir des suites d'une longue maladie. Il fut bien sûr l’inoubliable Zaza Napoli de La Cage aux Folles. Mais Michel Serrault était bien plus que cela : un comédien burlesque et dramatique, un homme provocateur et chaleureux, imprévisible à tous points de vue. Une grande figure du théâtre et du cinéma.

Il est né le 24 janvier 1928 à Brunoy, dans l’Essonne, dans une famille modeste, joyeuse et chrétienne. Michel l'adolescent est partagé entre deux vocations : clown et prêtre. Mais le bruit des cloches ne fait pas le poids face au sourire des filles : le vœu de chasteté, c’est trop pour lui. L’ex-enfant de chœur débarque donc au Centre d’art dramatique de la Rue Blanche, à Paris : suivront l’école de mime, le Conservatoire, et la figuration à la Comédie-Française. A la sortie de son service militaire à Dijon, à 20 ans, il fréquente la fameuse troupe des "Branquignols" de Robert Dhéry et apparaît pour la première fois au cinéma en 1954 dans "Ah! les belles bacchantes!" de Jean Loubignac en trompettiste catastrophique. Avec son complice et ami Jean Poiret, il monte un hilarant numéro de cabaret qui fait les beaux soirs de l'Alhambra, Bobino ou l'Olympia. La Cage aux Folles, avec le même Poiret, lui apporte la consécration en 1973 et son premier César.

Ses rôles prennent alors de l’épaisseur : il va alors montrer toute son ambiguïté, tout son talent à n’être pas qu’un clown. Banquier troublant dans L’Argent des Autres, notable soupçonné de pédophilie dans Garde à vue, étrangleur de femmes dans L'Ibis Rouge. Jouer les tordus l’amuse. Et plus sérieusement : « J’ai besoin de semer le doute et de racheter même les âmes perdues »

Ainsi sa carrière ressemble à une charmante et inquiétante galerie de portraits, du Dr Petiot à L’Avare, et d'Harpagon à Nestor Burma. Insaisissable Michel Serrault, que son copain Mocky appelait « le caméléon de Dieu ». Triste, comme tous les clowns, il aimait se définir comme « l’âme de Chaplin sur un corps d’apothicaire ». Et de ses rôles à l’écran, il disait aussi : « Devenir héros ou salaud, c’est parfois juste une affaire de courant d’air ». Décidément, Serrault avait le sens de la formule. C’est au moment où sa carrière décolle véritablement que l’acteur connaît le drame de sa vie : il perd l’aînée des deux filles qu’il a eu avec Juanita, son épouse depuis 1958. Une fois de plus, croire en Dieu est certainement d’un grand réconfort.

Mohamed El jerroudi

Le sourire qui a cahé ses larmes.

Charlie Chaplin

Charlie Chaplin est l’un des acteurs les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Bien que presque un siècle nous sépare de ses premières productions, son nom est évocateur, tout comme son chapeau melon et sa petite moustache. Emouvant, drôle, Charlie Chaplin était avant tout un homme courageux qui dénonçait le nazisme.

Très Souvent Charles Spencer Chaplin précisait aux journalistes qu’il était né quatre jours avant Hitler, soit le 16 Avril 1889. Il grandit dans un quartier pauvre de Londres. Son père est un chanteur de music-hall mélancolique, que son fils ne connaîtra jamais vraiment. Le petit Charles est en revanche très proche de sa mère, qui le fait monter sur scène dès cinq ans. Après ses études il rentre dans une troupe de claquette, puis, en 1908, il intègre la troupe de théâtre de Fred Karno. Il joue plusieurs pièces de théâtre et sketchs qui lui apportent une certaine gloire.

Après une tournée, il s’installe aux Etats-Unis, en 1912, et il y découvre une nouvelle invention qui fait fureur : le cinéma. Il crée alors pour l’écran son personnage de Charlot qu’il expérimente dans, Charlot est content de lui, de Henry Lehrman, en 14. Son jeu d’acteur s’inspire du mime et du clown et il exprime ses sentiments avec virtuosité, grâce à une grande éloquence faciale. Ses personnages tristes et drôles à la fois, souvent persécutés, émeuvent le monde entier. Il ne croira d’ailleurs jamais au succès possible du cinéma parlant.

Il devient très vite lui-même réalisateur et met en scène plus de 70 films, autour de son personnage de vagabond. En 1921, il réalise Le Kid dans son propre studio. Puis, il fait petit à petit entrer le mélodrame dans son comique et s’inspire de la réalité sociale du pays, comme avec La Ruée vers l’or, en 25.

(The Kid)

Malgré l’arrivée du parlant, il maintient le cap et continue d’exceller dans l’art du muet. Dans Les lumières de la ville, en 31, quelques effets sonores font pourtant leur apparition. Ses films deviennent de plus en plus engagés politiquement, comme Les temps Modernes, où il montre les vices du fordisme, ou le Dictateur, en 40, où il parodie Hitler. On se souvient de la scène mythique où il danse avec un ballon en forme de mappemonde pour dénoncer la déraison du tyran. On retrouve dans son œuvre une certaine part d’autobiographie, notamment dans Les Feux de la rampe, qui a pour décors le Londres pauvre de son enfance.

En 1947, en plein maccarthisme, il est accusé de sympathiser avec l’idéologie communiste et s’exile en Europe. Installé en Suisse, il ne rentrera qu’une seule fois dans son pays adoptif pour y recevoir un Oscar.

Côté cœur, Chaplin épouse Mildred Harris en 1918, Lita Grey en 1926, Paulette Goddard en 1936, toutes trois ses partenaires à l'écran, et, Oona O'Neil, fille de l'acteur dramatique Eugène O'Neil, en 1943. Il est anobli par la reine d'Angleterre en 1975. Il meurt le 25 décembre 1977, à Corsier-sur-Vevey, en Suisse.

Mohamed El jerroudi

Les poches vides.

BLAISE CENDRARS

Né à la Chaux-de-Fonds - Suisse - le 1er septembre 1887, d'une mère écossaise et d'un père Suisse de son véritable nom Frédéric Sauser, Blaise Cendrars (1887-1961) fut le poète de la Fête et de l'Aventure.

À 16 ans il fit une fugue, et comme d'autres vont à Vierzon ou à Bormes-les-Mimosas, prit le premier train rencontré qui le conduisit tout simplement à Moscou. De Moscou il partit allégrement, par le Transsibérien, en Chine, au diable l'avarice (quand on voyage clandestinement sans billet!).

Blaise Cendrars, on le voit est allé à la bonne « école buissonnière».Pour une part, il effectua ses fabuleux voyages en compagnie d'un certain Rogovine et vécu avec lui des produits de la vente de pacotilles diverses (des cercueils, des couteaux de poche, des tire-bouchons, etc...).

C'est à vingt ans que Blaise Cendrars qui plus tard devait se faire naturaliser français, vint pour la première fois en France. Pour subvenir à ses besoins, notre génial poète (aventurier au bon sens du terme) entreprit de cultiver le cresson; puis comme cette activité ne s'avéra pas assez rentable, il se fit apiculteur. (Le début de sa fortune !). Huit mille francs de miel par an, proclame-t-il, j'étais riche.

Entre-temps il se lia d'amitié avec Gustave le Rouge, l'auteur du «Mystérieux docteur Cornélius ». Peu après, il «copina», avec Rémy de Gourmont dont il admire « Le latin mystique ». Enfin, le voilà à Bruxelles et à Londres. Londres, où il se fait jongleur dans un music-hall, et partage la chambre d'un jeune étudiant qui n'était autre que Charlie Chaplin, à l'époque inconnu et comme lui les poches vides.

Mohamed El jerroudi

Quarante-cinq années de poésie.

Edmond Jabès (1912-1991), écrivain de langue française qui marqua la seconde moitié du XXe siècle par sa voix et son écriture, et qui, pourtant, occupe une place non définie (peut-être une "non-place") dans le champ littéraire français. S’il en est ainsi ,alors que faudrait-il pour que cet auteur qui a donné des poèmes de grande qualité ne soit pas victime de l’oubli ?

D'abord,une perspective esthétique qui s'attacherait à dégager les options stylistiques ainsi que l'évolution de celles-ci, surtout depuis Le Livre des Questions (1963), à comprendre l'unité de la voix de l'auteur dans la diversité générique qui fut la sienne. Une critique minutieuse devrait décrypter ses procédés d'écriture comme à la dynamique interne (notamment liée au dialogisme) et aux motivations intimes de sa création (par exemple la question du Livre ou la relation du signe à l'absence).

Ensuite,une approche historique qui reviendrait sur la problématique de la vocation et de la filiation et aborderait l'intertextualité passée et présente de cet auteur venu du carrefour égyptien de la francophonie, notamment dans le cheminement particulier d'une éthique juive fertile en paradoxes.

Et une étude sérieuse qui saurait s'intéresser aux modalités d'émergence de ses œuvres dans des lieux et des moments donnés, et, plus généralement, à la présence-absence de l'auteur en France eu égard à la situation depuis le début des années soixante — grâce à des recherches précises sur le corpus disponible — et dans ses diverses langues de traduction (l'hébreu, l'italien, l'anglais, l'arabe…).

Enfin,donner la parole aux chercheurs et amis ayant accompagné cette œuvre depuis plusieurs décennies, à celles et à ceux dont les travaux sont en cours ou qui abordent cette œuvre, dans le but de nourrir une synthèse prospective sur des écrits dont l'actualité ne se dément pas en France comme à l'étranger.

Bibliographie :

  • Je bâtis ma demeure, 1943-1957, Gallimard, 1975.
  • L'eau du puits, 1955.
  • L'absence de lieu, 1956.
  • Chansons pour le repas de l'ogre, 1943-1945.
  • Le fond de l'eau, 1946.
  • Trois filles de mon quartier, 1947-1948.
  • La voix d'encre, 1949.
  • La clef de vošte, 1949.
  • Les mots tracent, 1943-1951.
  • L'écorce du monde, 1953-1954.
  • Le milieu d'ombre, 1955.
  • Du blanc des mots et du noir des signes, 1953-1956.
  • Petites incursions dans le monde des masques et des mots, 1956.
  • Le pacte du printemps, 1957.
  • Le livre des questions I, Gallimard, 1963.
  • Le livre des questions II, Gallimard, 1964.
  • Le livre des questions III, Gallimard, 1965.
  • El ou le Dernier livre, Gallimard, 1973.
  • Récit, 1980.
  • Le livre des marges, LGF, 1987.
  • La mémoire et la main, 1974-1989.
  • I. Des deux mains, 1975.
  • II. Le sang ne lave pas le sang, 1976-1980.
  • Le livre des ressemblances, Gallimard, 1980.
  • Le livre des questions IV, Gallimard, 1983.
  • Le livre du dialogue, Gallimard, 1984.
  • L'appel, 1985-1988.
  • Le parcours, Gallimard, 1985.
  • Le livre du partage, Gallimard, 1987.
  • Poésies complètes, Gallimard, 1990.
  • Désir d'un commencement, angoisse d'une seule fois, Fata Morgana, 1991.
  • Le livre de l'hospitalité, Gallimard, 1991.
  • Petites poésies pour les jours de pluie et de soleil, Gallimard, 1991.

Mohamed El jerroudi

L'image paradoxale.

René Char

René Char a toujours aimé vivre en marge de la société. Enfant, il se lie d'amitiés avec les "matinaux" sortes de vagabonds vivant au rythme des jours et des saisons. Le 20 février 1928 paraissent ses premiers poèmes aux Editions Le Rouge et Le Noir (il aimait d'ailleurs beaucoup ce roman de Stendhal) sous le titre "Les cloches sur le coeur", poèmes écrits entre 15 et 20 ans.

Du front d'Alsace, qui introduira dans sa poésie la pénombre des forêts, la neige voluptueuse, Char passe vite à la Résistance, à Céreste, où il est de 1942 à 1944 le capitaine Alexandre, chef de secteur dans l'Armée secrète. La vie âpre, souterraine, des maquis des Basses-Alpes sera consignée dans les Feuillets d'Hypnos (1946): affrontement de la mort et de la trahison, régression vers la vie des cavernes, plongée dans une nuit qu'éclaire seule la bougie de Georges de La Tour,"amitié fantastique". Après la Libération, Seuls demeurent (1945), somme des temps de guerre, est suivi du Poème pulvérisé (1947), de Fureur et mystère (1948) et des Matinaux (1950) qui ont"mission d'éveiller", de redonner chance, au sortir de la réclusion, aux mille ruisseaux de la vie diurne.

Le théâtre "sous les arbres" introduit la vivacité d'une poésie orale qui plonge dans la tradition des conteurs provençaux, des "Transparents" vagabonds. Après 1950, la vie de Char, dans la proximité d'Yvonne Zervos, se fait plus invisible tout en s'enrichissant de rencontres essentielles: "alliés substantiels" (Braque, Staël, Miró, Vieira da Silva), philosophes et penseurs (Beaufret, Heidegger, Bataille, Camus, Blanchot).

Des plaquettes publiées par Guy Lévis Mano et Pierre-André Benoit sont régulièrement réunies par Gallimard: La Parole en archipel (1962), Le Nu perdu (1971), La Nuit talismanique (1971), témoignage d'une époque d'insomnies habitées par des essais de peinture sur écorce; Aromates chasseurs (1975) où la figure d'Orion tente de tracer un troisième espace, quand l'espace intime et l'espace extérieur sont subvertis, détruits; Chants de la Balandrane (1977), Fenêtres dormantes et porte sur le toit (1979), où l'âpre dénonciation des "utopies sanglantes du XXe siècle" alterne avec l'éveil des fenêtres des peintres; dans Les Voisinages de Van Gogh (1985), le sentiment de la proximité de la mort rend une tendresse ravivée, pour saluer le monde dans ses plus minuscules éveilleurs:"Maintenant que nous sommes délivrés de l'espérance et que la veillée fraîchit... bergeronnette, bonne fête!"

Dans cette oeuvre, le "trésor des nuages", image paradoxale du poème le plus résistant, prend diverses formes: aphorismes qu'illimite la métaphore " sans tutelle", poèmes versifiés au rythme du marcheur, poèmes en prose où le sujet s'intègre à une matière résistante, se noue à la syntaxe, théâtre sous les arbres où la parole allégée vole et s'échange.

La poésie, prise entre "fureur"et"mystère", entre la fragmentation d'une " énergie disloquante", et la continuité de "cette immensité, cette densité réellement faite pour nous et qui de toutes parts, non divinement, nous baignaient", gravite autour de quelques éléments centraux. Ainsi la contradiction, à l'oeuvre dans la nature, l'histoire, la langue, anime la lutte des "loyaux adversaires", lampe et vent, serpent et oiseau; cette "exaltante alliance des contraires" produit le soulèvement du réel qui permet au poète, "passant" et "passeur", de franchir la haute passe; aimantée par l'inconnu en-avant, qui éclaire et pulvérise le présent, cette poésie n'a cessé d'affirmer une "contre-terreur", d'annoncer l'éclatement des liens de l'homme, emprisonné dans ses intolérances, de s'opposer à l'asservissement des sites par des fusées de mort.

Impérieux et tendre, nuage et diamant, aussi attentif aux espaces cosmiques qu'au chant du grillon, le poème de "l'appelant", toujours "marié à quelqu'un", fonde une " commune présence", un commun présent qui fait passer ensemble les êtres vers l'avenir, avec pour viatique l'espoir de l'"inespéré".

Mohamed El jerroudi

Ecrivain brésilien

Paulo Coelho

Avant d'être auteur de best-sellers, Paulo Coelho a été dramaturge, metteur en scène et compositeur populaire pour deux stars de pop-music brésiliennes, Elis Règina et Raul Seixas. Il a également travaillé comme journaliste et scénariste pour la télévision. Ses ouvrages - 'L'Alchimiste', 'La Cinquième Montagne', 'Onze minutes'... - occupent les meilleures places des ventes dans les listes internationales.

Son secret ? Ce n'est pas tant une écriture exceptionnelle qu'un véritable don et un talent immense pour évoquer de manière évidente, sans considération religieuse, l'Homme, le monde et les rapports qui les unissent.

Proche de ses lecteurs par les thèmes qu'il aborde, il leur parle, il les aide et les touche au point qu'en 1999, d'après une enquête du magazine Lire, Paulo Coelho est le deuxième auteur le plus vendu au monde.

Son oeuvre développe les thèmes de son propre apprentissage et restitue une spiritualité complexe dans les termes simples et des formes diverses. Aujourd'hui, Paulo Coelho est un homme honoré et une figure internationale de la scène littéraire. Au Brésil, il s'est vu récemment décerner une place à l'Académie des lettres - l'équivalent de l'Académie française. Il a également créé une fondation pour le soutien des défavorisés au Brésil et s'investit dans de nombreux programmes humanitaires dans le monde, notamment pour l'Unesco.

En 2006 il sort 'Comme le fleuve qui coule', recueil de textes qu'il a publié dans différents journaux entre 1998 et 2005, avant de nous entraîner dans l'univers mystérieux de 'La Sorcière de Portobello' en 2007.

Mohamede El jerroudi

L'homme aux semelles de vent.

Arthur Rimbaud

Naissance, le 20 Octobre, d’Arthur Rimbaud à Charleville. Son père, Fréderic Rimbaud est militaire et sa mère, Vitalie Cuif, la fille de propriétaires ruraux. Arthur Rimbaud a un frère, Frédéric et aura deux sœurs Vitalie (1858) et Isabelle (1860) .

Lors de son enfance, son père est le grand "absent" et sa mère, dévote, susceptible et austère incarne une attitude qu’il rejette et qu'il va chercher à fuir. L’école va lui permettre de s’éloigner de l’emprise familiale et de découvrir les plaisirs de la lecture.

1861

Séparation des parents d'Arthur Rimbaud

1865

A partir de Pâques, Arthur Rimbaud est admis au Collège municipal de Charleville Il est brillant, premier en latin et en français, et s’éveille à la poésie . Il rêve déjà d’être publié

1868

Il écrit les poèmes qui composeront les Etrennes des Orphelins.

1870

En janvier, Georges Izambard entre comme professeur au Collège de Charleville. Il aura une influence libératrice sur le jeune élève. Grâce à ce jeune enseignant, Arthur Rimbaud découvre les célébrités parnassiennes (Leconte de Lisle, Banville, Verlaine) avec lesquelles il entretient une correspondance. En mai, Rimbaud adresse des poèmes à Théodore de Banville

Le 29 Août, en pleine guerre entre la France et la Prusse, Rimbaud fait sa première fugue. Il est arrêté à Paris le 31 août, conduit au dépôt, puis à la prison de Mazas. Il est enfin libéré le 4 septembre.

Le 7 Octobre, deuxième fugue qui le mène à Bruxelles puis à Douai. Il complète un ensemble de textes qui aura pour nom Le cahier de Douai .

1871

Arthur Rimbaud prend parti pour les Insurgés parisiens. Il adresse à Georges Izambard et Paul Demeny ses fameuses lettres du voyant, très marquées par cette épisode historique.

Fin Septembre 1871, il s’installe dans le cercle familial de Verlaine.

Lors d’un rituel dîner, il lira devant tout le parnasse son Bateau Ivre qui soulèvera un enthousiasme général.

1872

Début 1872, Verlaine qui a quitté sa femme Mathilde est devenu son compagnon . Ils mènent une vie d’errance entre la France, l’Angleterre et la Belgique.

1873

De janvier au début d'avril, puis du 27 mai au 3 juillet, Rimbaud et Verlaine sont à Londres. Le 3 juillet, ils se querellent et se quittent. Le 8 juillet, les deux poètes sont à Bruxelles et, le 10 juillet, Verlaine blesse son ami d'un coup de révolver. Cela lui vaudra deux ans de prison.

De retour à Roche, Rimbaud termine Une saison en enfer qui sera imprimé en Belgique en Octobre 1873, seul livre à être publié de son vivant. Une page est tournée. C’est l’adieu à la poésie

1874-1878

L'homme aux semelles de vent comme l'appelle Verlaine multiplie les voyages et les petits boulots à travers l’Europe. Il séjourne à Londres avec Germain Nouveau. Puis il va en Allemagne, en Autriche, Hollande, Suède, Danemark, Suisse et Italie.

1878

Rimbaud vit à Chypre où il dirige une équipe d'ouvriers qui exploitent une carrière.

1879

En mai 1879, la fièvre typhoïde l'oblige à retourner en France.

1880

Départ pour l’Afrique où il passe les dernières années de sa vie.

A Aden, il est engagé par l’agence Mazeran, Vianney Bardey et Cie spécialisé dans le commerce d’import–export. Il sera éprouvé par les fièvres et la syphillis et rejoint l’agence de Harar en Ethiopie en 1881.

1884

Publication de son rapport sur l’ogadine qui témoigne de sa curiosité ethnologique et linguistique.

1886-1887

Une expédition commerciale qui devait lui rapporter une fortune (un trafic de fusils et de cartouches pour le roi du Choa) tourne au désastre.

Arthur Rimbaud est de plus en plus fatigué, égaré.

Pendant cette période, le Vogue publie ses illuminations

1888-1890

Rimbaud continue à faire du commerce en Abyssinie.

1891

Au début de l'année, il souffre d’une violente douleur au genou. Il est opéré à Marseille, le 20 mai . Le 27 mai, il est amputé de la jambe droite. Il quitte Marseille pour Roche, près de Charleville.

Le 23 août, il revient à Marseille. La maladie progresse rapidement. Au début d'octobre, le bras droit est paralysé et la jambe gauche est prise de tremblements. Le 9 novembre, il a des hallucinations.

Le 10 novembre, mort d'Arthur Rimbaud, à l'âge de trente-sept ans.

Mohamed El jerroudi

Notre Terre...notre blessure.

Mahmoud Darwich, lors d'une rencontre poétique à Fes ( Festival international de la musique sacrée juin 2001 )

Mahmoud Darwish est né en 1941 à Al-Birwah, en Galilée, à 9 kilomètres à l'Est de Saint-Jean d'Acre en Palestine sous mandat britannique, aujourd'hui Israël. Il est le second enfant d'une famille musulmane sunnite de propriétaires terriens, avec quatre frères et trois sœurs. Après l'établissement d'Israël en 1948, le village fut rasé entièrement et la famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle resta un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle découvre que leur village a été remplacé par une colonie juive. La famille s'installe alors à Dair Al-Assad.

Darwish a commencé ses études primaires à Dair Al-Assad, tout en vivant sous la menace constante d'être découvert et exilé par les autorités israéliennes. Plus tard, il finit ses études secondaires à Kufur Yasif, deux kilomètres au Nord de Jdeideh. Enfin, il part pour Haïfa. Son premier recueil de poésie fut publié quand il avait dix-neuf ans (Asafir bila ajniha, Oiseaux sans ailes, 1960). En 1964, il sera reconnu nationalement et même internationalement comme une voix de la résistance palestinienne grâce à Awraq Al-zaytun (Feuilles d'olives). Ce recueil deviendra très populaire notamment avec le poème Carte d'Identité.

À la fin de ses études, Mahmoud Darwich commence à publier des poèmes et des articles dans des journaux et magazines comme Al-Itihad et Al-Jadid, pour lequel il deviendra plus tard rédacteur. En 1961, il rejoint secrètement le Parti Communiste d'Israël, la Rakah, et commence à travailler comme rédacteur adjoint de Al-fajr.

Il sera plusieurs fois arrêté et emprisonné pour ses écrits et activités politiques entre 1961 et 1967. Pendant cette période, Darwich rêve de révolution et chante la patrie, la défense de l'identité niée des siens et la solidarité internationaliste. Le poème Identité ( Inscris : Je suis arabe ), le plus célèbre de son recueil Rameaux d'olivier publié en 1964, dépassent rapidement les frontières palestiniennes pour devenir un hymne chanté dans tout le monde arabe.

En 1970, il part pour Moscou étudier l'économie politique. En 1971, il part au Caire, où il travaille pour le quotidien Al-Ahram. À Beyrouth, en 1973, il dirige le mensuel Shu'un Filistiniyya (Les affaires palestiniennes) et travaille comme rédacteur en chef au Centre de Recherche Palestinien de l'OLP et rejoint l'organisation. En 1981, il crée et devient rédacteur en chef du journal littéraire Al-Karmel.

Assigné à résidence à Haïfa où il travaille comme journaliste, il s'exile au Liban de 1971 à 1982, rejoignant Beyrouth.

Pendant l'été 1982, Beyrouth est l'objet de bombardements du 13 juin au 12 août; l'armée israélienne cherchant à faire fuir l'OLP de la ville. Darwich relatera la résistance palestinienne au siège israélien dans Qasidat Bayrut (1982) et Madih al-xill al'ali(1983). Le poète repart en exil, au Caire, à Tunis puis Paris. En 1987, il est élu au comité exécutif de l'OLP.

Un an plus tard, en 1988, un de ses poèmes, En traversant les mots passants, est discuté à la Knesset, il est accusé de souhaiter voir partir les Juifs d'Israël. Mahmoud Darwich s'en défendra en expliquant qu'il voulait dire qu'ils devaient partir de la Bande de Gaza et de Cisjordanie. Le poète écrivit :

"Alors quittez notre Terre

Nos rivages, notre mer

Notre blé, notre sel, notre blessure."

Membre du comité exécutif de l'OLP, président de l'Union des écrivains palestiniens, Mahmoud Darwich est le fondateur et le directeur de l'une des principales revues littéraires arabes, Al-Karmel, qui a cessé de paraître en 1993.

La même année, après les accords d'Oslo, Mahmoud Darwish quitte l'OLP, il proteste contre l'attitude conciliante de l'organisation dans les négociations, il préfère une paix mais une paix juste.

Il continue à être rédacteur en chef du magasine Al-Karmel, et vit à Paris avant de retourner en Palestine en 1995, ayant reçu un visa pour voir sa mère. Il eut ainsi la permission de retourner en Palestine pour les funérailles de son ami l'écrivain Emile Habibi et de visiter la ville où il a vécu mais pour quelques jours seulement. Il reçoit une autorisation de séjour des autorités israéliennes et s'installe dans une ville de Cisjordanie, Ramallah, ville où Yasser Arafat avait ses quartiers. La ville deviendra un champ de bataille en 2002.

Yossi Sarid, qui était ministre de l'éducation israélien, proposa en mars 2000 que certains des poèmes de Mahmoud Darwish soient inclus dans les programmes scolaires israéliens. Mais le premier ministre Ehud Barak refusa, "Israël n'est pas prêt."

L'œuvre de Darwich, essentiellement poétique, est une véritable défense et illustration d'une terre, d'un peuple, d'une culture en même temps qu'une entreprise hardie de genèse littéraire. Elle est hantée d'un bout à l'autre par une seule idée, une seule référence, un seul corps: la Palestine. La solitude et le désarroi de l'exil exprimés côtoient l'acceptation noble et courageuse où le désespoir profond devient générateur de création, porteur d'une charge poétique intense.

L'œuvre en prose de Darwich comprend un récit, Une mémoire pour l'oubli, qui restitue un jour de la vie d'un homme, le poète lui-même, pendant le siège de Beyrouth en 1982 par les troupes israéliennes."

Mahmoud Darwish vit actuellement entre Ramallah et Amman.

Mohamed El jerroudi

Le poète éxilé

Abdellatif Laâbi

Écrivain marocain de langue française, il a joué un grand rôle dans le renouvellement culturel au Maroc, mais ses écrits et prises de position hostile au régime d’Hassan II lui ont valu la prison, puis l’exil en France.

Abdellatif Laâbi est né en 1942 à Fès (Maroc) dans une famille d’artisans. Professeur de français, il fonde avec des poètes marocains en 1966 la revue Souffles (Anfas) en 1966. Il crée aussi, avec Abraham Serfaty, l'Association de Recherche Culturelle, l’ARC. Les deux hommes seront arrêtés. Son combat pour la liberté d’opinion vaut à A. Laâbi d'être emprisonné à plusieurs reprises de 1972 à 1980. Il est assigné à résidence, puis s’exile en France en 1985.

La même année, Jack Lang le nomme commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres. Abdellatif Laâbi est, depuis 1988, membre de l’Académie Mallarmé. Actuellement,Il vit en région parisienne et harhora près de Rabat.

Publication :

  • Le Règne de barbarie. Paris: Seuil, 1980 (épuisé).
  • Histoire des sept crucifiés de l'espoir. Paris: La Table rase, 1980.
  • Sous le bâillon le poème. Paris: L'Harmattan, 1981.
  • Discours sur la colline arabe. Paris: L'Harmattan, 1985.
  • L'Ecorché vif. Paris: L'Harmattan, 1986.
  • Tous les déchirements. Paris: Messidor, 1990 (épuisé).
  • Le soleil se meurt. Paris: La Différence, 1992
  • L'Etreinte du monde. Paris: © La Différence et © Abdellatif Laâbi, 1993.
  • Le Spleen de Casablanca. Paris: La Différence, 1996.
  • Poèmes périssables. Paris: La Différence, 2000.
  • Les Fruits du corps. Paris: La Différence, 2003.
  • L'automne promet. Paris: La Différence, 2003.

Romans

  • L'Oeil et la Nuit. Casablanca: Atlantes, 1969; Rabat: SMER, 1982.
  • Le Chemin des ordalies. Paris: Denoël, 1982.
  • Les Rides du lion. Paris: Messidor, 1989 (épuisé).
  • L'Œil et la nuit. roman, coll. « Minos », 2003

Théâtre

  • Le Baptême chacaliste. Paris: L'Harmattan, 1987.
  • Exercices de tolérance. Paris: La Différence, 1993.
  • Le Juge de l'ombre. Paris: La Différence, 1994.
  • Rimbaud et Shéhérazade. Paris: La Différence, 2000.

Mohamed El jerroudi

La parole fusillée.

Federico Garcia Lorca

Né à Grenade (Espagne) le 05/06/1899 ; Mort à Grenade (Espagne) le 19/08/1936

Federico Garcia Lorca naît en 1899 au sein d'une famille andalouse aisée et libérale. Il s'intéresse très tôt aux différents domaines des arts et emprunte la voie de la poésie dès 1921 avec Canciones puis Romancero gitano (1928). En alliant modernité et folklore populaire, Garcia Lorca emporte rapidement la reconnaissance du public. Ses nombreux voyages, notamment sur le continent américain, ont approfondi et enrichi ses oeuvres (Poète à New York, 1934). Dès 1935, Garcia Lorca bifurque légèrement vers le chemin dramatique. Il fonde la Barraca, sa propre compagnie théâtrale .

Après le succès de "Noces de sang" crée en 1933, le poète et dramaturge andalou Federico Garcia Lorca crée le deuxième volet de sa "trilogie rurale", Yerma. Yerma ne peut pas avoir d'enfant et doit faire face aux préjugés et aux tabous d'une société espagnole rongée par la morale religieuse. La pièce, bien que conspuée par la droite conservatrice, remportera un succès retentissant dans les milieux littéraires. Après l'arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936, Lorca achèvera sa trilogie avec "la Maison de Bernarda Alba", peu de temps avant d'être fusillé par des troupes rebelles opposées à la coalition de gauche récemment élue. Il mourra peu de temps après le début de la guerre civile espagnole.

Le poète espagnol Federico García Lorca, 37 ans, est fusillé par les franquistes près de Grenade. La guerre civile a éclaté un mois plus tôt en Espagne. Elle oppose l'armée fasciste du général Franco au gouvernement républicain. Les sympathies de gauche du poète, son engagement auprès des plus défavorisés et son homosexualité lui coûteront la vie.

Mohamed El jerroudi est (Membre fondateur de l'association "Les amis de Lorca" ) Tétouan-Maroc

Le poète épuisé

Antonio Machado

Antonio Cipriano José María Machado Ruiz, connu sous le nom de Antonio Machado, est un poète espagnol né le 26 juillet 1875 à Séville, et mort le 22 février 1939 à Collioure. Il est l'une des figures du mouvement littéraire espagnol connu sous le nom de Génération de 98. Il mélange la rêverie mélancolique et raffinée à l'inspiration terrienne.

Machado est né à Séville un an après son frère Manuel. Sa famille s'installa à Madrid en 1883 et les deux frères rejoignirent l'Institution Libre d'Enseignement. Durant trois ans, et avec l'encouragement de ses professeurs, Antonio se découvrit une passion pour la littérature. Il perdit son père en 1893, alors qu'il n'avait que 17 ans. Il effectua plusieurs métiers, dont celui d'acteur. En 1899, il se rendit à Paris avec son frère, qui avait obtenu un emploi de traducteur à la maison Garnier. Il entra alors en contact avec les poètes Jean Moréas, Paul Fot and Paul Verlaine, et d'autres figures de la littérature contemporaine, dont Rubén Darío et Oscar Wilde Ces rencontres confortèrent Machado dans sa décision de devenir lui-même poète.

En 1901, il publia ses premiers poèmes, dans le journal littéraire Electra. Son premier livre de poésies fut publié en 1903 sous le titre Soledades. Une nouvelle édition complétée paraîtra en 1907 sous le titre Soledades. Galerías. Otros Poemas.

La même année, Machado se vit offrir une place de Professeur de Français à Soria. Là, il rencontra Leonor Izquierdo Cuevas, avec laquelle il se maria en 1909. Il avait 34 ans et Leonor 15 seulement. Le couple se rendit de nouveau à Paris en 1911. Pendant l'été cependant, Leonor, atteinte de tuberculose, dût retourner en Espagne où elle mourra le 1er août 1912, quelques semaines après la publication de Campos de Castilla. Très affecté, Machado quitta Soria pour ne jamais y retourner. Il alla vivre à Baeza, en Andalousie, où il resta jusqu'en 1919. Une nouvelle édition de Campos de Castilla fut publiée en 1916, incluant des poèmes relatifs à la mort de Leonor.

Entre 1919 et 1931, Machado fut Professeur de Français à Ségovie, plus proche de Madrid où habitait son frère. Les deux frères se rencontraient régulièrement et collaborèrent dans de nombreuses pièces de théâtre à succès. Il eut une histoire secrète avec Pilar Valderrama, une femme mariée, qu'il évoquera dans ses poèmes sous le nom de Guiomar. Lorsqu'éclata la Guerre civile d'Espagne, en juillet 1936, Machado était à Madrid. Il se trouva séparé pour toujours de son frère, qui se trouvait en zone nationaliste, mais aussi de Pilar qui se rendit au Portugal.

Il mit sa plume au service du parti républicain. Machado fut évacué avec sa mère et son oncle à Valence, puis à Barcelone en 1938. A la chute de la République Espagnole, ils furent contraints de fuir vers la France. Arrivé à Collioure, à quelques kilomètres de la frontière, épuisé, Machado y mourra le 22 février 1939, trois jours avant sa mère. Machado est enterré à Collioure, Leonor à Soria.

Louis Aragon lui rend hommage dans Les poètes, chanté par Jean Ferrat : Machado dort à Collioure Trois pas suffirent hors d'Espagne Que le ciel pour lui se fît lourd Il s'assit dans cette campagne Et ferma les yeux pour toujours.

Principales œuvres • Soledades (1903) • Soledades. Galerías. Otros poemas (1907) • Campos de Castilla (1912) • Poesías completas (1917) • Nuevas canciones (1924) • Poesías completas (1936) • Juan de Mairena (1936)

Edition française : Champs de Castille - Solitudes, Galeries et autres poèmes - Poésies de la guerre, traduits par Sylvie Léger et Bernard Sesé, préface de Claude Esteban, Gallimard, 1973, coll. Poésie/Gallimard, 1981.

Mohamed El jerroudi

Daniel Soil.

Daniel Soil est un romancier belge qui vit au Maroc.

L’auteur est un artiste qui s’isole de son monde pour s’exprimer sur quelques feuilles de papier. L’action d’aller chez un éditeur représente le premier mouvement social de la part de l’auteur. Mais c’est également le début d’un doute immense et d’un bain d’incertitudes. Certains éditeurs s’illustrent par leur silence quand d’autres informent l’écrivain sur les éléments choquants qu’il faudrait modifier. Les derniers sont bien sûr plus intéressants, ce qui a amené Daniel Soil à finalement être publié en 1999 par Francis Danmark chez « Castor Astral ».

L’inquiétude s’est alors transformée en but : faire vivre ce livre le plus longtemps possible. Il s’agit de faire la promotion de son ouvrage, afin de se faire connaître un peu partout. Un objectif que M. Soil a atteint lorsqu’il s’est illustré comme lauréat du « Prix du 1er roman » à Chambéry, en Savoie. Un prix important à ses yeux puisqu’il est accordé par les gens de la ville. Ce qui l’a amené par la suite à rencontrer ses lecteurs et débattre avec eux des torts des retords de son ouvrage. Mais cette expérience l’a également ‘boosté’ : « Maintenant il y a pour moi une nécessité d’écrire.

L’écriture est un travail d’artisanat et on peut être artisan du mot. » Son second ouvrage, « Comme si seule une musique… » a été publié en 2004. Mais à la grande surprise de son auteur, le premier éditeur l’a catégoriquement refusé. Daniel Soil pense qu’il n’y a pas de talent définitivement acquis et qu’il faut toujours se remettre en question. Il trouvera finalement un éditeur en la personne de Louis Villequin et naitra à travers ce second ouvrage, la conscientisation de ses obsessions. Une des siennes est de nature géographique : tout au long de ses ouvrages, la précision géographique est détaillée. La deuxième concerne le lien filial : ‘que se passe-t-il entre un père et son fils ?’.

Quant à son dernier livre, il porte une nouvelle fois sur le Maroc, en contant les souvenirs d’un jeune garçon et son père à travers les rues de Bruxelles, après que celui-ci soit sorti de prison.

"Sans doute" Son roman sur le Maroc profond.

Daniel Soil oeuvrant pour le rapprochement de la Belgique et le maroc,n'hésite jamais à apporter son soutien( il faut rappeler qu'il est Conseiller à la Délégation Wallonie- Bruxelles à Rabat).

Il vient d'annoncer récement," que l’action de la part de la Belgique et de ses organismes pour promouvoir la culture à l’étranger et dans ce cas, plus spécialement au Maroc. Les communautés et les régions se dispersent un peu partout dans le monde afin d’assurer leur propre promotion en partenariat avec les autorités locales.

C’est ainsi que le centre Wallonie-Bruxelles offre une bourse d’un million d’euros à Rabat qui s’ajoutent à celle donnée par le gouvernement marocain. Et grâce à cette somme, différents échanges sont organisés : au niveaux des professeurs, des artistes, des jeunes ou des scientifiques. Ce lien est très important sur le plan social, culturel et éducatif.

Aujourd’hui, il est important de noter que la coopération internationale est essentielle pour tous les partenaires dans un esprit de partage et fraternité."

De mon côté, il ne me reste qu'à lui dire:

-Merci à toi Daniel, l'ami du Maroc.

Mohamed El jerroudi

Des Mozart assacinés

Saint-Exupéry

Sahar morocain

La bibliographie de Saint-Exupéry n'a rien d'impressionnante. Cinq livres au total, qui ont pourtant suffi à assurer sa gloire avant même sa disparition.

C'est au Maroc, à Cap-Juby, que Saint-Exupéry écrit son premier roman en 1929. Il l'intitulera "Courrier Sud", titre emprunté à une inscription de sac postal. Saint-Ex écrit la nuit, sur une planche posée entre deux fûts d'essence, l'histoire d'un pilote de l'Aéropostale mis à mal par un amour d'enfance. Comme un souffle autobiographique, pour celui qui gardera toute sa vie le souvenir de ses fiançailles rompues avec son premier amour, Louise de Vilmorin.

D'Argentine, Saint-Exupéry écrit son deuxième ouvrage, " Vol de nuit". André Gide en signe la préface et le roman remporte le Prix Fémina en 1931. Encore une fois, l'aviation et les hommes sont au centre du récit, et l'aventure de ces nouveaux pionniers capte le public. De retour de reportage, en Espagne et à Moscou, Saint-Ex publie en 1939 "Terre des Hommes". Le récit quitte le champ de l'héroïsme pour explorer une pensée plus humaniste qui ne le quittera plus.

Une fois qu'il était dans un train qui partait de MARRAKECHE à Casablanca,et après avoir vu dans un wagon des enfants marocains aux visages crasseux , mal habillés ,aux corps fragiles et affamés, il s'est dit:

"Je vois en ses enfants des Mozart assacinés"

Mohamed El jerroudi

Un personnage controversé

Tariq RAMADAN

Que dire de cet intellectuel qui suscite l'intétêt des médias occidentaux?

Ses écrits et déclarations sont très soigneusement observés par ceux qui s'intéressent à la place de l'islam et au devenir de l'intellectuel suisse. Tariq Ramadan est entre autres vivement critiqué par des intellectuels et hommes politiques et organisations de droite comme de gauche.

Tariq Ramadan est rapidement devenu un prédicateur populaire parmi les jeunes musulmans, où ses discours sont diffusés sous la forme de cassettes audio. Il prône la stricte observance du Coran et des hadiths aux jeunes des banlieues, tout en voulant concilier l'appartenance musulmane avec la vie commune et les lois des sociétés européennes. Selon Ramadan, les musulmans devraient garder intacte leur propre communauté, et éviter les mariages avec des non-musulmans (sauf conversion à l'islam). Il est critiqué sur ce point dans l'article de Leila Babès « L’identité islamique européenne d’après Tariq Ramadan ».

Il est accusé par Caroline Fourest, ainsi que notamment Soheib Bencheik, Antoine Sfeir et Mohamed Sifaoui, d'être un « maître du double langage » (taqiya) déclarant une chose au public non-musulman et une autre au public musulman .Celle-ci publie en octobre 2004 Frère Tariq aux éditions Grasset: elle y analyse la vingtaine d'ouvrages écrits par Tariq Ramadan, ainsi que la plupart de ses conférences enregistrées. Elle affirme que la pensée de Tariq Ramadan reste fondamentalement plus islamiste qu'ouverte à une adaptation à la culture politique démocratique et une cohabitation avec la société occidentale. Tariq Ramadan a répondu que Caroline Fourest interprétait librement ses discours en les sortant de leur contexte .Lors d'un procès qu'il perdit contre Antoine Sfeir, érudit libanais et directeur des Cahiers de l'Orient, il apparut que celui-ci le considérait comme un islamiste dangereux, militant contre l'intégration, un « fondamentaliste charmeur », un « spécialiste du double langage », ce que vinrent appuyer d'autres témoins, parmi lesquels le journaliste Mohammed Sifaoui, remarqué pour ses enquêtes sur les islamistes qui vint dire à la barre que « ce que dit Antoine Sfeir est en-deçà de la réalité ».

Peu après, Tariq Ramadan intervient dans les débats concernant la loi française sur les signes religieux : avant le vote de la dite loi, il engage ceux qui le suivent à s'opposer à cette loi, au nom de l'islamophobie supposée de celle-ci. Dans un texte paru sur oumma.com, il déclare : « La lutte que nous sommes en train d’entamer sera longue et elle exige une vision claire des enjeux globaux présents et futurs. (…) il faut se lever aujourd’hui et s’opposer à ce projet de loi discriminatoire et insensé ».

Au moment où ce débat a lieu dans le pays est organisée une rencontre télévisée entre lui et le ministre de l'Intérieur - à l'époque, Nicolas Sarkozy - lors de l'émission 100 Minutes pour convaincre. Sur le thème du voile islamique à l'école, lorsque Nicolas Sarkozy lui demande s'il peut demander que les élèves musulmanes portent seulement un signe discret d'appartenance, Tariq Ramadan répond « Un signe discret ? Oui, si la loi le dit, c'est OK.» Sur la laïcité, Tariq Ramadan déclarera ensuite, une fois la loi votée et appliquée: « Ma pensée a évolué. Je considère que la loi de 1905 convient parfaitement à l'intégration de l'islam. Il suffit de l'appliquer de manière simple et égalitaire.»

Sur le thème de la lapidation des femmes, il affirme : « Je demande un moratoire pour qu'on cesse l'application de ces peines-là dans le monde musulman. Ce qui compte, c'est de faire évoluer les mentalités. Il faut un discours pédagogique.» Il le rappelle en 2007, dans un débat avec Philippe de Villiers, dans l'émission française Ripostes.

NO COMT

Au moment où les intellectuels eureupéens doivent l'écouter et dialoguer avec lui( qui est à mon point de vue une richesse pour les deux côtés), les médias se l'arrachent. L'homme se trouve pris en tenailles par ses calomniateurs, qui s'acharnent contre lui à la moinde declaration qu'il fait en public.

Et à propos du public , Tariq RAMADAN n'a pas à s'en pleindre: désormais il connaît une réputation internationale auprès de ses admirateurs.C'est parce qu'il dérange sans aucun doute.

Mohamed El jerroudi

Jamel Debbouze indésirable

Jamel Debbouze

C'est en lisant l'article de José GARCON , que je me suis posé une question sur le maghrèbe.Alors que nous sommes à quelques heures du 14 Juillet 2007, les acteurs du film "Indigenes" défileront comme des fantomes sur Les Champs-Elysees.

Le texte de José GARCON que voici, est révélateur pour nous qui rêvons d'un maghrèbe uni.Lisons le texte d'abord.

"Cela ressemble à une mauvaise blague : Jamel Debbouze absent de l'avant-première à Alger du film «Indigènes» pour cause de refus de visa. Depuis samedi, c'est une désespérante réalité : les autorités algériennes ont bien refusé un visa à l'acteur qui l'avait demandé il y a une bonne dizaine de jours.

Ce refus a été confirmé à Paris par Jean Bréa le producteur du film et à Alger par Caroline Aymard, l'attaché de presse d'Unifrance. Les Algérois, qui se bousculaient samedi soir à l'Algeria, l'une des plus grandes salles de cinéma de la capitale, pour assister à la projection n'ont pu ainsi apercevoir ni Jamel Debbouze ni Samy Naceri qui n'a pas fait le déplacement.

Si l'absence de ce dernier est dûe officiellement à des «problèmes familliaux de dernier moment», on ne peut exclure qu'il s'agisse d'un acte de solidarité avec Jamel Debbouze. Au bout du compte, seuls le réalisateur Rachid Bouchareb et Jean Bréa se trouvaient à Alger pour cette avant-première. Ni l'un ni l'autre n'ont commenté cette affaire, le producteur se bornant à confirmer que les autorités algériennes n'avaient fourni aucune explication. Depuis quelques jours, il était patent que Debbouze n'était pas bienvenu, même si les administrations algériennes concernées étaient aux abonnés absents.

Le quotidien francophone El Watan rapportait, dimanche, que les ministères des Affaires étrangères et de la Culture avaient refusé de répondre à ses questions, tandis que le consulat d'Algérie à Paris était «injoignable».Ce silence embarrassé ne change rien à une affaire qui, ébruitée, devient des plus génantes pour les autorités algériennes et la ministre de la culture Khalida Toumi, très connue en France pour ses prises de position en faveur de la démocratie pendant la guerre civile de la décennie 90. `

Comment justifier en effet que soit déclaré persona non grata à Alger un comédien qui est non seulement trés connu et aimé par les Algériens mais qui est aussi l'un des acteurs principaux et des initiateurs d'un film rendant hommage au sacrifice des «Indigènes» dans l'armée française ? Surtout quand les raisons du refus de visa de Jamel Debbouze sont un secret de polichinelle.

Le comique d'origine marocaine se voit en effet reprocher de soutenir le...Maroc dans le conflit du Sahara Occidental, d'avoir ses entrées auprès du roi Mohammed VI et d'avoir eu le mauvais goût de se marier en grande pompe à Marrakech ! Les autorités algériennes auront du mal à convaincre du contraire compte tenu de la campagne virulente lancée sur ces thèmes il y a quelques mois à Alger contre Jamel Debbouze.

Dimanche, le quotidien El Watan commentait cette affaire en se demandant «pourquoi les autorités marocaines n'ont pas fermé les portes devant les chanteurs Khaled et Mami qui font un tabac à Casablanca, Rabat et Marrakech»? Et d'ajouter: «Faut-il exiger de toutes les célébrités qui veulent venir en Algérie de montrer patte blanche sur le dossier sahraoui avant de leur accorder un visa?»."( source:LIBERATION.FR : Mercredi 11 octobre 2006 )

Après lecture de ce texte, je me suis demandé:si la culture et les arts sont une entrave pour le rapprochement des deux peuples , alors il y a de quoi être pessimiste pour les générations futures des deux pays.

En attendant que les choses soient claires , Moi...,je dis mon indignation...!

Mohamed El jerroudi

Le mur ébloui

Fouad Bellamine

Fouad Bellamine naît à Fès le 28 Novembre 1950. De son enfance dans la médina de Fès il garde un rapport particulier à la lumière, aux murs et à l’architecture qu’ils cernent. Toute son œuvre porte la marque de ses traces. L’univers de la création se découvre à lui précocement. Né au sein d’une famille d’artisans traditionnels, il est « initié » à l’esthétique par des voies insoupçonnables : son père était un talentueux peintre du dimanche (il peignait des paysages dans la campagne de Fès) son grand-père était non seulement passionné de « Melhoun » mais avait pour métier le tissage de la soie. Fouad Bellamine se rappelle que celui-ci faisait sécher ses pelotes de fil de soie sur un support en roseau et ce rituel était une occasion de moments contemplatifs précieux : la lumière faisait chanter les couleurs de la soie. Ce lignage l’installe dans une familiarité avec le manuel, la couleur, la teinture. Très tôt fasciné par les grands peintres, il se confectionne « son musée imaginaire » à partir d’illustrations de peinture subrepticement découpées dans le Larousse familial. Au terme de ses études secondaires, il quitte Fès pour l’Ecole des Arts Appliqués de Casablanca en 1967.

C’est en 1972 et à seulement vingt et un ans, que Fouad Bellamine expose pour la première fois à la galerie «La Découverte» de Rabat. Il y montre des travaux placés sous le signe du paysagisme abstrait. En effet, Fouad Bellamine manifeste à cette époque une curiosité boulimique pour tout ce qui touche à la peinture. Il voue une admiration particulière à Nicolas de Staël. En 1974, il expose à la galerie Bab Rouah.

Pendant la décennie soixante dix, Fouad Bellamine est hanté par la recherche et l’exploration, aussi bien au plan théorique que pratique. Il suit avec attention les débats autour de la peinture au Maroc mais également en Occident. C’est une époque d’intenses dialogues avec différents matériaux et médiums: aucune approche n’est négligée. Il manipule de la peinture, des feutres, des encres indigo sur des supports aussi divers que le papier, le bois et le textile. Toutes les matières et textures sont passées au crible de sa curiosité. L’accès à la toile est frontal, marqué par une constante : l’horizontalité. Il se construit alors son propre langage plastique et un rapport très personnel à la lumière et à l’espace.

Il se plaît aussi à réaliser des installations inattendues, très dépouillées (en effet, Bellamine est déjà préoccupé par l’abandon de la toile et du support pour se livrer à des travaux tenant compte de l’espace total, à savoir le mur, le sol, le plafond et le cube, lieu d’exposition, devient alors le réceptacle. Et en même temps partie composante et intégrante de l’œuvre). A la fin des années soixante dix, la sérialité est déjà présente dans son œuvre, définie par un minimalisme affirmé.

A cette époque, où l’identité et la spécificité faisaient l’objet de débats permanents entre intellectuels et artistes, Fouad Bellamine entend assumer une identité qu’il sait plurielle et s’insurge contre ce qu’il perçoit comme un dangereux réductionnisme. Il prend alors ses distances par rapport au discours ambiant et clame son désir d’ouverture sur le monde et la modernité. « Il n’y pas de peinture marocaine, dira-t-il quelques années plus tard, il n’y a que des peintres marocains. ».

Cet itinéraire amène progressivement l’artiste à concevoir l’acte de peindre comme liberté de l’être et affirmation du geste, du corps et de soi.

En 1980, l’artiste monte sa première exposition personnelle à la galerie « Medamothi» à Montpellier où Bernard Teulon Nouailles 2 salue dans l’installation de Fouad Bellamine «L’éloge de l’horizontale».

En 1982, Fouad Bellamine est invité à la douzième Biennale de Paris où il montre une pièce de huit mètres, à même le sol, au Musée d’Art Moderne, pièce qui attire l’attention de la critique spécialisée. Otto Hahn dans l’hebdomadaire L’Express souligne que « Dans l’éclectisme de bon aloi qui domine quelques personnalités se remarquent : le Hongrois Gabor #OOPS !#orszky, le Marocain Fouad Bellamine, l’Allemand Artmunt Neümann, l’Autrichien Alfred Klinkan. Et le Français Jean-Charles Blais…. ».

L’année 1983 marque un tournant important dans la vie de l’artiste : l’obtention d’une bourse de l’Etat français lui permet de mettre à profit un long exil volontaire à Paris pour entamer une carrière internationale, exil qui ne s’achève qu’en 1989. Ce départ vers un ailleurs revêt une signification particulière : en quittant le pays natal, l’artiste abandonne le corset de la tradition et de la mémoire. Ce voyage devient ouverture et affranchissement.

A Paris, Il réside à la Cité Internationale des Arts où il s’investit entièrement dans sa peinture. Plusieurs horizons s’offrent à lui. C’est le début de sa carrière internationale.

Il choisit de compléter sa formation universitaire en préparant un DEA en Histoire et Théorie de l’Art à l’Université Paris VIII et une thèse de 3ème cycle sur le « Concept de muralité dans la peinture contemporaine » et de vivre l’expérience de chargé de cours au sein de cette même Université.

Plusieurs expositions internationales collectives lui offrent l’opportunité de rencontres et de dialogues avec des artistes du monde entier:

« L’arc ouvre mais sur quoi, Sur qui ? N’est pas « l’ouvert sur le rien » dont parle Edmond Jabès ? Le vide est ici, comme dans toute la peinture chinoise, un principe actif, dynamique, le lieu où s’engendre une forme toujours irréalisée et incertaine de ses limites… »3

C’est dans la galerie « Jean-Yves Noblet » (Paris et Grenoble), puis dans la galerie« Nikki Diana Marquardt » (Paris) que Fouad Bellamine s’expose au public parisien. La critique est positive. C’est la période dite des « Arches parisiennes ». Durant toute cette période (1980-1990), le peintre se concentre sur « la distribution du geste et l’expérience de l’espace ». L’horizontalité et la verticalité se conjuguent pour créer une nouvelle inscription. Baptisée indifféremment arc, arche, voûte ou ogive, tout le corps participe à la création par le geste fondateur d’espace, et de lumière. La rupture est consommée dans une trace flexible où la mémoire est toujours présente.

« Par accumulation de gestes, recouvrements, superpositions des couches, des traînées, des coulures, des coups de peinture (cette répétition est essentielle car elle fonde le rituel de peindre) qui cernent et évident au fur et à mesure le « vide » central, il force la réversibilité du temps et de l’espace, confond leurs dimensions, leurs qualités effectives: il construit un espace avec du temps, par la peinture.

Il les démesure dans la forme émergente parallélépipédique. Il les ramène du fond de la toile comme l’avant scène de la peinture … »4

L’artiste inaugure la décennie 90 par les toiles dites « Tables des Dieux », caractéristique de la création d’espaces scéniques. Il peut alors parler d’une véritable mise en scène, d’une théâtralité, de l’espace et de sa peinture.

Mais Fouad Bellamine est aussi un artiste qui n’hésite pas à mettre sa notoriété au service de la cause picturale. Dès son retour au Maroc, il s’investit dans l’enseignement et la formation. Préoccupé par l’absence d’une réelle politique culturelle contemporaine, d’absence d’institutions culturelles et d’espaces d’exposition, il contribue à la formation des enseignants en Arts Plastiques comme professeur d’Histoire de l’Art et d’expression plastique au Centre Pédagogique Régional de Rabat. Il ne ménage aucun effort non plus pour créer des opportunités d’ouverture et de dialogue avec d’autres artistes.

Fouad Bellamine n’hésite pas à se faire «artiste commissaire» d’expositions d’Art Contemporain pour présenter des œuvres de qualité ici et ailleurs (Exposition « Carte Blanche » à la Villa des Arts de Casablanca en I996, et « Double Abstraction » à Dar Mrini à Rabat en 2001 …).

C’est dans le même souci pédagogique d’une meilleure diffusion de l’art contemporain et d’une plus grande accessibilité aux œuvres d’art, que Fouad Bellamine initie, en 1997, dans un cadre associatif (l’Association des Amis des Arts), la création d’une collection permanente d’Art Contemporain (« Présences Plastiques ») à l’Hôpital d’Enfants de Rabat, première expérience du genre au Maroc.

« Les répétitions du geste nous adressent un autre avertissement : le tableau ne s’achève pas au moment où s’arrête la description .Tout ce qui en est décrit ne fait que l’inachevé. Seule la peinture a le pouvoir de décider du moment auquel elle se prêtera à d’autres regards que celui du peintre… »

Depuis la fin des années quatre vingt dix, et jusqu’à ce jour, Fouad Bellamine continue à exalter le geste dans sa peinture, dans une « monumentalité gestuelle » structurante et architecturale. La sérialité dont il ne se départit plus est une occasion d’explorations successives de l’espace, des textures et de clins d’oeils à l’histoire de l’art. L’artiste est toujours curieux et à la quête de tout ce qui fait œuvre ici et ailleurs. Il n’a jamais arrêté de prôner ni la modernité ni l’ouverture. Il ne cesse d’encourager l’initiation aux expressions artistiques sous toutes leurs formes au Maroc et ailleurs.

Mohamed El jerroudi

La mal-vie de Malek.

Malek

Chanteur compositeur, il est l’un des rares artistes à dire qu’il vit (difficilement) de son métier. « Nous travaillons pour les pirates, c’est eux qui vivent de notre travail, pas nous ».

Injustice ? c’est peu dire. C’est tout un secteur aux potentialités productives insoupçonnables, celui de la musique, qui est pris en otage par des trafiquants de cassettes qui, dans l’impunité totale, se plaisent à détourner la propriété intellectuelle d’autrui à leur seul profit.

Comment expliquer le contraste, plus que criant, entre la richesse et la diversité dont tout le monde parle s’agissant de la musique marocaine, et l’absence de vedette de stature arabe et encore moins internationale, sinon par l’absence d’une production musicale structurée et viable qui englobe aussi bien l’édition que l’animation en passant par la réalisation et la promotion ? En fait, il s’agit d’une industrie qui, comme telle, a besoin d’un tissu d’entreprises de production, de promotion et d’animation, pour assurer un niveau respectable de croissance à la fois quantitatif et qualitatif de production ; générer des emplois et des richesses qui profitent à tout le monde.

Or, comment une telle industrie pourrait-elle s’installer quand elle est confronté à tous les entraves imaginables qui oeuvrent toutes à la saper à la base. Le piratage est entre tous, le plus redoutable. « Beaucoup de sociétés de production ont été contraint de mettre la clef sous le paillasson , celles qui survivent ont de moins en moins envie de produire des artistes connus » affirment Malek. Et pour cause. La production des chanteurs anonymes ne coûte pas grand chose et en plus, il ne sont pas trop regardant sur ce qu’advient de leur produit. On l’a dit, le piratage fausse tout.

Malek en sait quelque chose, non seulement en tant que chanteur-compositeur, mais également en tant que producteur avant de s’en mordre les doigt . Pourtant l’itinéraire de Malek, son talent, aurait pu le mener très loin.

C’est à 14 ans qu’il se découvrit un talent de poète. Le lycée, l’adolescence, les belles filles, le temps des fleurs quoi ; et comme tous les jeunes de son âge, Malek était beau et croyait lui aussi au ciel.

A 16 ans, il commence déjà à gratter la guitare, Brel, Brassens, Piaf, Serge Reggiani, Gilbert Becaud, ont pignon sur rue et il est difficile de ne pas succomber à leur influence. Nous sommes dans les années 70.

C’est à Montpellier, où il s’est rendu pour terminer ses études, que le Jeune Malek, affronte pour la première fois le public. Il commence déjà à faire les cafés théâtres avec un groupe. Il réussit même à éditer un 45 tours sous le titre : Une Mère.

C’est alors qu’il décide d’abandonner les études pour se donner tout entier à sa passion : la musique. En 81, c’est la sortie de son premier album : La Mal-vie, une très belle chanson qui connaît un grand succès. Bientôt suivie d’autres, 8 album en tout.

L’influence de Brel est manifeste dans certains, mais déjà le cachet Malek prend de l’ampleur. Un cachet fait d’une double culture, celle française du côté de la mère, Marie-Louise Belarbi pour ne pas la nommer : « une dame de culture qui m’a élevé dans la tolérance ». Celle marocaine aussi, le père, Oujdais de naissance et dont Malek garde les marques dans sa musique, le parfum raï. La parfaite harmonie avec Hamid Bouchnak viennent-ils de là ? Sans doute. « J’assume ma double culture et j’essaie au mieux d’en faire une source de créativité » dira Malek.

A la fin des années 80, Malek et quelques autres artistes dont Hamid Bouchnak, Mouskir, Saïd Fikri, Sidonie et d’autres, dans un élan d’enthousiasme, ont cru pouvoir s’investir dans la production en créant Maya Productions. L’idée était de mettre leurs efforts et leurs talents en commun au service de la promotion de la chanson marocaine.

Après tout, les société de productions n’étaient pas légion et tout reste à faire dans le domaine. C’est ce qui se fait dans les autres pays où la musique est une véritable industrie. Pas au Maroc malheureusement. Malek est ses amis ne tarderont pas à le découvrir.

Mohamed El jerroudi

Les rêveries de Abdelkrim Ouazzani

Abdelkrim Ouazzani

L’œuvre de Abdelkrim Ouazzani s’inscrit dans le rêve. Elle propose une vision du monde à double niveau : la douceur et l’harmonie pour les couleurs et les formes, preuve que cet artiste est habité par un désir ardent pour le choix des thèmes.

Il s’agit d’imaginaire mais d’un rapport symbolique au réel. Notre environnement, notre existence sont présentés nimbés de coloris tout en nuance, joliesse et tendresse. Qui s'ouvrent sur une espérance tranquille.

Par contre son œuvre et sa transposition métaphorique accouchent d’une inquiétude latente. Le trait se fait faille, la chose se matérialise, les humains évoluent dans un univers qui se vide. Car il faut rappeler que le style de Abdelkrim Ouazzani est tellement épuré, qu’il nous donne l’impression que notre présence est à la fois une éternelle absence dévorée par la force insaisissable de l’éphémère.

Métal, plâtre et acrylique sur toile, 70 x 50 cm

La vie s’écoule, s’étale. Les choses se ramifient, envahissant un espace qui se dérobe comme par magie, à notre regard.

Une méditation à propos de la vie qui, jamais ne tombe dans le morbide. Comme si rêve et réalité se confondent en un même Chemin qui a pour seul objectif, une implacable emprise sur l’imaginaire….le nôtre… !

Le côté visionnaire de Abdelkrim Ouazzani ne s’accommode guère du foisonnement pictural que connaît le Maroc. Cet artiste qui travaille à l’écart des modes est constamment à l’écoute de sa profonde certitude.L'écho de l'universel est sans doute sa propre préoccupation.

Voilà pourquoi, Abdelkrim Ouazzani , nous touche tout en nous offrant, sans l’imposer, son univers personnel.

Mohamed El jerroudi

eljerroudi56@yahoo.fr

Gnaoua ( musique envoutante )

Les Gnaoua sont les descendants d’anciens esclaves issus de populations d’origines Afrique Noire. De plusieurs races (Sénégal, Soudan, Ghana)

Les Gnaoua emmené par les anciennes dynasties qui ont traversés l’histoire du Maroc, commençant par l’empire MOUAHIDI pour les travaux et les bâtiments des palais, et le renforcement des armées de guerrier redoutable en ce temps la. La constitution en confréries des gnaoua à travers le Maroc sont des maîtres musiciens (des mâalem) des joueurs d’instrument (qraqech, guenbri), des voyantes (chouafat), des médiums et des adeptes. Ils pratiquent ensemble la nuit un rite de possession syncrétique et où se mêlent à la fois des apports africaines et arabo-berbère, pendant lequel des adaptes s’abonnent à la pratique des danses de possession et à la Transe.

En plus d’être une music spirituelle c’est un récit de leur passé d’esclavage leurs vie quotidienne et des souffrances du passé, après être reconvertie à l’Islam les gnaoua ont adoptés un autre style de music au quelle se mélange le rythme gnaoua et les paroles arabe et au quelle en évoque le dieu et le prophète Mohamed. Comme principe sujet musical. Aujourd’hui la music gnaoua et après avoir été enrichie de tout ce passé il adapte un autre style musical au quelle s’évoque la vie des gnaoua Musulman et libre. Un chant à un style le plus mouvementé, plus libre, mais cela sans oublier le passé et la tradition.

Mohame El jerroudi

Nass El Ghiwane

Groupe formé à Casablanca au début des années 1970, Nass El Ghiwane,renouvelle la musique marocaine avec des textes poétiques soutenus par unemusique rythmée proche de celle des Gnawa

En juin 1971, l'assistance du théâtre national Mohamed V de Casablanca se déchaîne littéralement et manifeste son enthousiasme par un tonnerre d'applaudissements.

Sur scène, cinq garçons chevelus interprètent, avec conviction et sur un rythme soutenu, un répertoire qui revisite le patrimoine musical marocain tout en y incorporant des textes de qualité, reflets de la misère morale et matérielle du peuple. Le succès du groupe est tel que le public clame son rejet de la seconde partie du programme : l'orchestre de la radio jouant des chansons-loukoum, pâles imitations de la variété égyptienne, qui ont sans doute étouffé des années durant l'émergence d'une musique plus proche de la réalité du pays.

Les auteurs de ce nouveau courant musical se nomment Nass El Ghiwan, une appellation qui renvoie à une confrérie religieuse et qui signifie les gens qui aiment leur prochain et la liberté. A l'exception d'Abderrahmane Kirouj, dit Paco, né à Essaouira (l'ex-Mogador où se trouve un important centre de réunion des Gnawa ), tous ont grandi à Hay Mohammadia, un quartier ouvrier de Casablanca, foyer de résistance au colonialisme français. Ils effectuent leurs débuts sur les planches au sein d'une de ces nombreuses petites troupes de théâtre avant-gardistes lancées par Tayeb Saddiki, le plus célèbre des metteurs en scène marocains. Ils y perfectionnent leur diction et leur gestuelle.

Le groupe Nass El Ghiwan est créé au début de l'année 1970 après une tournée de la troupe en France. A partir de 1973 les Nass El Ghiwan imposent leur style, maintes fois copiés après, qui symbolise à lui seul toute la diversité et tous les contrastes marocains, voire toutes les facettes de l'art sonore du royaume chérifien.

Nass El Ghiwane

Les textes sont frondeurs, impitoyables pour l'idéologie dominante et font revivre la poésie, les proverbes et les dictons populaires, à coup de mots réactualisés et chantés en arabe dialectal accessible à tous. Pour que le message passe mieux, on y associe des rythmes empruntés aux Gnawa (surtout), aux H'madcha, aux Aïssawa ou aux Berbères de l'Atlas, le tout joué sur des instruments acoustiques traditionnels (bendir, guembri, banjo...). On peut dire avec Ahmed Aydoun (auteur de "Musiques du Maroc",Ed. Page 2 Eddif) que : "Nass El Ghiwan est un groupe novateur qui, à la fois, respecte les traditions musicales et manifeste une foi profonde dans le changement". Nass El Ghiwan a influencé au moins deux générations d'artistes marocains et si, aujourd'hui la formation exerce peu d'attraction (parfois, ils viennent réveiller encore la nostalgie en France et en Europe), elle n'en demeure pas moins la plus brillante des références marocaines.

Il y a bien un avant et un après Nass El Ghiwan. Cet album, gravé à l'époque en hommage à H'gour Boudjemaâ un des membres du groupe disparu tragiquement en 1974, restitue toute la magie poétique et rythmique d'une période inoubliable.

Mohamed El jerroudi

Kateb Yacine

Kateb Yacine

Kateb Yacine est né en 1929 à Constantine, dans l'Est de l'Algérie. Son père avait une double culture, française et musulmane. Après l'école coranique, il entre à l'école et au lycée français. Il a participé, lorsqu'il avait 15 ans (1945) à Sétif à la grande manifestation des musulmans qui protestent contre la situation inégale qui leur est faite. Kateb est alors arrêté et emprisonné quatre mois durant. Il ne peut reprendre ses études et se rend à Annaba, puis en France. De retour en Algérie, en 1948, il entre au quotidien Alger Républicain et y reste jusqu'en 1951. Il est alors docker, puis il revient en France où il exerce divers métiers, publie son premier roman et part à l'étranger (Italie, Tunisie, Belgique, Allemagne...). Ensuite, il poursuivra ses voyages avec les tournées de ses différents spectacles. Il est mort en 1989.

Bibliographie :

Nedjma, Edition du Seuil, Paris, 1956, Points roman, 1981.

Le cercle des représailles, Edition du Seuil, Paris, 1959.

Le Polygone étoilé, Edition du Seuil, Paris, 1966

L'homme aux sandales de caoutchouc, Edition du Seuil, Paris, 1970.

L'oeuvre en fragments, Edition Sindbad, 1986.

Théâtre en arabe dialectal algérien :

Mohammed prends ta valise, 1971.

Saout Ennisa, 1972.

La guerre de 2000 ans, 1974.

La Palestine trahie, 1972-1982.

Mohamed El jerroudi

Charles Baudelaire

Charles Baudelaire (1821-1867)

L'enfant

Né à Paris, en 1821, Charles Baudelaire perd son père à l'âge de 6 ans. Sa mère se remarie avec avec le commandant Aupick quelques années plus tard. Il déteste ce beau-père, général de division, ambassadeur et sénateur du second empire qui le prive de l'affection maternelle. Rebelle à toute autorité, il se sera placé au lycée de Lyon, puis au lycée Louis-Le-Grand.

L'étudiant

Lauréat du Concours Général (2ème prix de vers latins) et bachelier (1839), il s'abandonne à la vie du Quartier latin, où il se fait remarquer par son dandysme. Ses fréquentations douteuses effraient sa famille et on l'embarque pour un voyage aux Indes (1841) qui ne l'intéresse pas et qui restera d'ailleurs inachevé.

Le Dandy

A son retour, Baudelaire, majeur et en possession d'une belle fortune provenant de l'héritage paternel, se loge 10, quai de Béthune, puis à l'hôtel Pimodan (17, quai d'Anjou). Il fréquente alors Jeanne Duval, une Antillaise qui le rend syphilitique, fait la connaissance de Théophile Gautier et dépense sa fortune sans compter. Sa famille n'acceptant pas ce choix de vie le pourvoit en conseil judiciaire en 1844 qui lui mesure ses ressources jusqu'à sa mort. Sa vie sera désormais empoisonnée par des difficultés financières et le conduira à attenter à sa vie en 1845.

Les tourments

Des périodiques publient ces premiers vers, ces essais et ces critiques. Il traduit également les oeuvres d'Edgar Poe. C'est à cette époque qu'il cristallise autour de Mme Sabatier, la "Présidente", ses amours pétrarquistes, tandis qu'il connaît avec Jeanne Duval les orages d'une passion charnelle et une relation avec Marie Daubrun, la "Femme aux Yeux Verts". Il publie, en juillet 1857, son oeuvre majeure très controversée Les Fleurs du Mal. Poursuivi en justice pour immoralité, il est condamné, le 20 août 1857, à 300 francs d'amende et à la suppression de six pièces. Le procès a été révisé par la chambre criminelle de la Cour de Cassation de Paris et Les Fleurs du Mal sont réhabilitées le 30 mai 1949. Accablé de dettes, il part donner des conférences en Belgique en 1864, où il séjournera quelques temps. En 1866, il est atteint d'une paralysie générale et est ramené à Paris, où il meurt. Il est enterré au cimetière Montparnasse.

Mohamed El jerroudi

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