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Mohamed El jerroudi

Celuis qui reste accroché aux racines de l'arbre, et qui refuse de monter juqu'à la cime, ne regardera jamais ce qui se passe derrière la montagne.....

Embargo.

Obama doit lever l'embargo contre Cuba, estime Gordimer

La romancière sud-africaine Nadine Gordimer, Prix Nobel de Littérature, estime que le gouvernement américain de Barack Obama devrait lever l'embargo économique imposé à Cuba et sortir l'île de la "liste noire" des Etats soutenant le terrorisme, dans un entretien publié dimanche.

"Les Etats-Unis doivent lever toute sorte de sanction et de boycott envers Cuba, que ce soit de nature économique ou autre", a dit Gordimer à la revue culturelle en ligne La Jiribilla.

La Prix Nobel de Littérature 1991 a exprimé à plusieurs reprises son soutien à Cuba, qui n'entretient plus de relations diplomatiques avec les Etats-Unis depuis 1961, deux ans après le triomphe de la révolution de Fidel Castro.

Mme Gordimer est avec l'écrivain canadien Margaret Atwood, Prix des Asturies des Lettres 2008, invitée d'honneur du salon international du livre de Cuba, qui commencera le 11 février.

Washington impose un embargo économique contre Cuba depuis 1962. M. Obama a fait lever les restrictions aux voyages des Américano-Cubains sur l'île ainsi qu'à leurs envois d'argent à leur famille mais il a déclaré attendre des gestes des autorités cubaines sur les droits de l'Homme avant d'aller plus loin.

Cuba fait partie, avec l'Iran, la Syrie et le Soudan, des Etats accusés par Washington de soutenir le terrorisme, ce qui a entraîné son inclusion dans une liste de 14 pays dont les voyageurs font l'objet de contrôles accrus après une tentative d'attentat sur un vol Amsterdam-Detroit le 25 décembre.

 

 

Astérix .

"Astérix chez les Bretons" bientôt adapté au cinéma

Une quatrième adaptation des aventures du célèbre petit Gaulois, tirée de l'album "Astérix chez les Bretons", va être portée à l'écran sous la direction de Laurent Tirard qui en est aussi le co-scénariste, ont annoncé lundi les Editions Albert-René.

Les Editions Albert-René (Hachette) ont signé lundi un accord concernant le développement d'un nouveau long métrage avec la société de production Fidélité, précise dans un communiqué l'éditeur des albums d'Astérix parus après la mort du scénariste René Goscinny et propriétaire des droits dérivés.

Ni la date du tournage, ni la future distribution n'ont encore été arrêtées.

Cette quatrième adaptation d'Astérix au cinéma sera réalisée par Laurent Tirard, qui a porté l'an dernier à l'écran le Petit Nicolas de Sempé et Goscinny, l'un des plus gros succès en salles de 2009.

Laurent Tirard est également l'auteur du scénario de ce nouvel Astérix qu'il a imaginé avec Grégoire Vigneron à partir de l'album "Astérix chez les Bretons".

Les deux premières adaptations en prises de vues réelles (et non en animation) de la fameuse BD avaient été "Astérix et Obélix contre César", de Claude Zidi, vu par près de 9 millions de spectateurs en 1999, et "Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre" d'Alain Chabat (14,5 millions d'entrées en 2002), toutes deux avec Christian Clavier.

Dernière en date, la superproduction "Astérix aux jeux Olympiques" de Frédéric Forestier et Thomas Langmann, avec Clovis Cornillac (Astérix), Gérard Depardieu (Obélix) et Alain Delon (César), avait fait près de 7 millions d'entrées en 2008.

 

 

Euthanasie.

GB: un écrivain atteint d'Alzheimer propose des tribunaux de l'euthanasie

L'écrivain britannique Terry Pratchett, atteint d'Alzheimer, a proposé lundi de mettre en place des tribunaux qui auraient le pouvoir d'autoriser les proches de malades incurables à les aider à mettre fin à leurs jours.

"Si je savais que je pourrais mourir quand je le veux, alors chaque jour que je vis vaudrait un million de livres. Si je savais que je pourrais mourir, je vivrais. Ma vie, ma mort, mon choix", devait déclarer lundi soir Sir Terry lors d'un discours intitulé "Serrer la main à la mort".

Sir Terry propose d'être le premier à faire l'expérience des tribunaux de l'euthanasie.

"Je ne m'attends certainement pas à ce que tous les médecins soient prêts à aider quelqu'un à mourir... Mais il me semble judicieux que nous comptions sur la profession médicale, qui nous aide depuis des siècles à vivre mieux et plus longtemps, pour qu'elle nous aide à mourir en paix chez nous et entourés des nôtres sans devoir passer un long séjour dans la salle d'attente de Dieu", devait ajouter l'écrivain dans une intervention devant le Royal College of Physicians (Université royale des docteurs).

75% des Britanniques sont favorables à une nouvelle loi autorisant le suicide assisté, selon un sondage réalisé par l'institut YouGov auprès de 2.053 personnes et publié dans le Daily Telegraph.

Le discours de l'écrivain intervient peu après la relaxe de Kay Gilderdale, qui a aidé sa fille de 31 ans, atteinte d'encéphalomyélite, à mettre fin à ses jours.

La justice britannique a clarifié en septembre dernier la loi sur le suicide assisté en annonçant que les personnes aidant un parent à se donner la mort ne seront probablement pas poursuivies si ce geste est motivé par la compassion et si le souhait du malade ne fait aucun doute. Mais la loi condamnant le suicide assisté n'a pas été abolie, ni amendée.

La justice britannique avait clarifié sa position à la demande de Debbie Purdy, une Britannique atteinte de sclérose en plaque qui envisage une euthanasie en Suisse et qui craignait que son mari puisse être inquiété s'il l'accompagnait.

 

 

Toutankhamon.

L'Egypte s'apprête à annoncer la filiation du pharaon Toutankhamon

L'Egypte s'apprête à annoncer la filiation du pharaon Toutankhamon, l'un des grands mystères de l'égyptologie, a indiqué dimanche le chef des antiquités égyptiennes, Zahi Hawass.

Cette découverte doit être annoncée lors d'une conférence de presse le 17 février prochain au musée du Caire, a-t-il indiqué à l'AFP.

"Il s'agit du résultat de recherches sur des prélèvements ADN", a précisé le secrétaire général du Conseil suprême des antiquités (CSA).

Le jeune pharaon, dont la momie avait été découverte dans un sarcophage en or massif orné de turquoises en 1922 par l'archéologue anglais Howard Carter, a régné de 1333 à 1324 av. J.-C. approximativement.

Proclamé pharaon à l'âge de neuf ans, Toutankhamon a été rendu célèbre par son trésor funéraire rutilant d'or, notamment le masque de la momie pesant onze kilos en or massif incrusté de lapis-lazuli et de pierres semi-précieuses, exposé au musée du Caire.

Lors de la découverte de la tombe de Toutankhamon, le pharaon était enseveli dans trois cercueils gigognes, dont un en or massif. Il est considéré comme le 12e pharaon de la XVIIIe dynastie d'Egypte. Tout comme sa filiation, les circonstances exactes de sa mort restent une énigme.

 

 

Anton Tchekhov .

A 150 ans, Tchekhov toujours source de bonheur et d'inspiration

L'oeuvre d'Anton Tchekhov n'a pas pris une ride plus d'un siècle après la mort du célèbre écrivain russe, et c'est donc avec joie que les professionnels du théâtre russe remettent en scène les pièces de ce dramaturge visionnaire à l'occasion de son 150e anniversaire vendredi.

En décrivant dans ses ouvrages la quête du bonheur dans un pays traversé par de profonds changements, ce médecin s'est assuré de décennie en décennie la révérence de ses concitoyens, alors que la Russie continuait de chercher sa voie depuis la révolution bolchevique jusqu'au choc de la chute de l'URSS.

Et dans ce pays en perpétuelle ébullition, des professionnels du théâtre n'hésitent pas expliquer que la popularité de l'oeuvre de Tchekhov tient à ce que le lire rend heureux.

"Lorsque je me sens fatigué de la vie, je vais vers lui, comme on va chez le docteur. A la place d'une ordonnance, il me donne l'une de ses pièces. Et lors des répétitions, je me sens de nouveau bien", explique ainsi Rimas Touminas, du théâtre Vakhtangov de Moscou.

"Il te dit de respirer l'air pur, de prendre soin des autres, de respecter la nature. Tu regardes tes problèmes plus calmement et tu peux dire merci à la vie", poursuit ce directeur artistique dont la mise en scène audacieuse de l'"Oncle Vania" a suscité un concert de louanges.

Né en 1860, un an avant le décret du Tsar Alexandre II mettant fin au servage qui est à l'origine de la turbulente histoire moderne de la Russie, Tchekhov a peuplé son oeuvre de personnages désorientés par les changements.

Et bien que le dramaturge n'ait vécu ni la révolution bolchevique et la fin de l'empire tsariste, ni les traumatismes du système soviétique puis son remplacement par le capitalisme sauvage, ses personnages restent d'actualité.

Ainsi, dans sa dernière pièce, La Cerisaie écrite l'année de sa mort en 1904, le marchand Lopakhine, un ancien serf dont le comportement n'est pas sans rappeler les nouveaux Russes des années 1990, ces hommes d'affaires qui ont su profiter, jusqu'à l'excès, des bouleversements de leur époque.

Il achète ainsi à la famille Ranevski, propriétaires terriens ruinés, leur cerisaie, pour y construire des maisons. Résonnent alors ces mots: "J'ai acheté le domaine où mon père et mon grand-père étaient des esclaves, où ils n'étaient même pas autorisés à pénétrer dans la cuisine".

Et quel Russe, dépossédé sous l'URSS ou contraint de vendre ses biens pour survivre aux difficultés des années 1990, ne peut s'identifier à Lioubov Ranevskaïa, privée de sa terre, lorsqu'elle s'exclame : "Ma douce, tendre, belle cerisaie! Ma vie, ma jeunesse, mon bonheur! Adieu! Adieu!".

Pour le directeur du théâtre dramatique Maly de Saint-Pétersbourg, Lev Dodine, l'un des traits marquants de l'oeuvre de Tchekhov est justement ce caractère visionnaire.

"Si l'on lit intelligemment Tchekhov, nous pouvons comprendre un grand nombre de choses sur la société contemporaine", insiste-t-il.

Comme ses pièces et ses nouvelles se penchent sur des thèmes toujours d'actualité comme la pauvreté, le respect de l'autre ou l'environnement, les Russes ne seront qu'enrichis de redécouvrir Tchekhov.

Parmi les multiples festivités prévues en 2010 pour le 150e anniversaire de la naissance du dramaturge, le métro de Saint-Pétersbourg diffusera ainsi vendredi des citations de l'auteur dans cet univers souterrain agité : "Les hommes polis respectent l'individualité des autres et sont donc toujours indulgents, doux, gentils et accommodants".

 

 

Festival de Cannes.

Tim Burton, génial poète macabre, présidera le jury du Festival de Cannes

Le réalisateur américain Tim Burton, génial poète macabre, sera le président du prochain Festival de Cannes, du 12 au 23 mai et se réjouit de "vivre un rêve devenu réalité", ont annoncé ses organisateurs mardi.

"Quand on pense à Cannes, on pense cinéma du monde. Et puisque j'ai toujours vécu les films comme des rêves, je vais vivre un rêve devenu réalité", affirme le cinéaste âgé de 51 ans dans une brève déclaration citée par le communiqué du festival.

"Après avoir passé mes jeunes années à voir des triples programmes et à faire des marathons de 48h de films d'horreur, je me sens prêt pour Cannes", a plaisanté l'auteur des "Noces funèbres" et de "Mars attacks".

"C'est un grand honneur, et je suis très impatient de me retrouver avec mes camarades jurés pour voir de beaux films venus du monde entier", a encore déclaré le cinéaste en acceptant l'invitation de Gilles Jacob et Thierry Frémaux, respectivement président et délégué général du festival.

L'identité des huit membres du jury ne sera annoncée qu'à la mi-avril.

Pour Thierry Frémaux, Tim Burton est un président "à la fois surprenant et évident". "C'est un artiste touche-à-tout, fantasque et brillant, un auteur populaire qui a imposé son imaginaire et un homme attachant qui connaît bien l'histoire du cinéma. Sa légitimité sera incontestable pour les cinéastes en compétition"

"C'est la première fois qu'un créateur venu de l'animation préside le jury du Festival de Cannes", souligne Gilles Jacob, qui rend hommage au "cinéaste au coeur d'or et aux mains d'argent", "prestidigitateur au délire visuel dont l'écran devient féérie". "Que sa douce folie et son humour gothique envahissent la Croisette et ce sera Noël pour tout le monde" dit-il, ajoutant aussitôt: "Noël et Halloween".

Après avoir débuté comme animateur au studio Disney, Tim Burton a très vite cultivé un style visuel très personnel, mélange de fantaisie et de créativité débridées, d'humour noir et de poésie macabre, réalisant d'abord "Pee-Wee Big Adventure" puis "Beetlejuice" (1988) qui l'impose d'emblée comme l'un des créateurs les plus originaux à Hollywood.

Il signe ensuite avec le studio Warner Bros pour le premier "Batman" (1989) puis tourne le poignant "Edward aux mains d'argent" (1990) au héros attendrissant, affligé de doigts en lames tranchantes, qui marque le début de sa collaboration avec son acteur fétiche Johnny Depp. Suit le sombre et drôlatique "L'Etrange Noël de Monsieur Jack" (1993) où le père Noël est kidnappé.

En quatorze longs métrages, Tim Burton a souvent brossé le portrait de marginaux à la beauté dangereuse, distillant un message de tolérance dans un univers social aseptisé, notamment avec '"Ed Wood" (en compétition à Cannes en 1994) consacré au "pire cinéaste du monde" ou encore le gothique "Sweeney Todd" (2007) sa première comédie musicale. Qu'il s'attaque à la science fiction ("Mars Attacks" ou "La Planète des singes"), au fantastique ("Sleepy Hollow"), à l'animation ("Les Noces Funèbres") ou à la littérature enfantine ("Charlie et la chocolaterie"), il puise aux sources d'un imaginaire d'enfant. Très attendu, son prochain film est l'adaptation en relief du conte de Lewis Carroll "Alice au pays des merveilles" avec Johnny Depp et Helena Bonham Carter, qui sortira en salles le 5 mars aux Etats-Unis et le 7 avril en France. En 2007, il a reçu un Lion d'or pour l'ensemble de sa carrière au festival de Venise.

Né le 25 août 1958 à Burbank en Californie, Tim Burton est aussi illustrateur, peintre et photographe, exposé au MoMA de New York jusqu'au 28 avril 2010.

Il succède à l'actrice française Isabelle Huppert, présidente du jury l'an dernier.

 

 

Love Story.

Erich Segal, l'auteur de "Love Story", est mort à 72 ans

Erich Segal, le romancier et scénariste américain de "Love Story", et scénariste du dessin animé des Beatles "Yellow Submarine", est mort dimanche à Londres d'une crise cardiaque à 72 ans, a-t-on appris mercredi auprès de sa famille.

Erich Segal était atteint de la maladie de Parkinson depuis plusieurs années, a-t-elle précisé.

Né à New York, Erich Segal était professeur de lettres à l'université de Yale quand il a écrit "Love Story", devenu au cinéma un énorme succès en 1970, grâce à l'interprétation de Ryan O'Neal et d'Ali MacGraw.

Le film, qui avait remporté un Oscar et avait été nominé pour six autres, raconte l'histoire d'Oliver, un fils de famille aisée qui épouse Jennifer, une jeune femme d'origine modeste, contre l'avis de son père, avant que Jennifer ne meurt de leucémie, un drame qui rapproche le père et le fils.

Dans un article paru en 2008, sa fille Francesca avait raconté comment son agent littéraire à l'époque avait tenté de le dissuader d'écrire "Love Story", craignant que cela ne ruine sa réputation d'auteur de scénario de films d'action plus "machos".

A son enterrement mardi, Francesca Segal a rendu hommage à la ténacité avec laquelle son père a lutté "chaque seconde de ces 30 dernières années de maladie".

Erich Segal était également professeur honoraire au Wolfond College d'Oxford.

Il laisse une épouse, Karen James, et deux filles, Francesca, 29 ans, et Miranda, 20 ans.

 

 

Boris Vian.

Mort de la veuve de Boris Vian, la danseuse et artiste Ursula Vian-Kübler

La veuve de Boris Vian (1920-1959), Ursula Vian-Kübler, est morte dans la nuit de dimanche à lundi, à l'âge de 81 ans, à Eus (Pyrénées-Orientales), a annoncé le directeur artistique du Festival musical d'Eus, Michel Maldonado.

Cofondatrice de la Fondation Boris Vian, devenue la Fond'action Boris Vian, engagée dans la promotion de l'oeuvre de l'écrivain, poète et musicien, Ursula Vian-Kübler, qui résidait à Eus, fut la seconde femme de Boris Vian, qu'elle épousa en 1954.

D'origine suisse, elle fut danseuse à l'Opéra de Zurich, avant de danser avec Maurice Béjart et d'être engagée par Roland Petit dans "Les ballets de Paris". Après l'opéra et le théâtre, elle tint des rôles importants dans plusieurs films, dont des oeuvres de Louis Malle, Agnès Varda et Roger Vadim.

Ursula Vian-Kübler, également "régente" au Collège de pataphysique, s'est attachée depuis 1960 à faire connaître l'oeuvre de Boris Vian, mort le 23 juin 1959 à 39 ans, et à promouvoir la création chez les jeunes artistes, notamment via la Fond'action.

"Ursula était une grande dame, une personne fantastique qu'on aimait énormément. Il y avait toujours de la fantaisie dans ses yeux, dans ses mouvements. C'était une forte personnalité, secrète mais toujours présente", a déclaré à l'AFP Michel Maldonado.

L'hommage rendu à l'écrivain inclassable en 2009, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition, "c'est ce qui la faisait vivre", a ajouté le directeur artistique du festival d'Eus.

La Fond'action Boris Vian dispose de deux centres culturels, l'un à Paris, Cité Véron, dans le 18e arrondissement, où il vécut, l'autre à Eus, petit village médiéval catalan classé, surplombant la vallée du Conflent, face au Canigou, à proximité de Prades.

 

 

La langue française .

Mandaté par Paris, Raffarin plaide pour plus de langue française dans l'UE

L'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a plaidé jeudi à Bruxelles la cause de la pratique de la langue française que Paris juge insatisfaisante au sein des institutions de l'Union européenne (UE).

"La situation du français n'est pas satisfaisante dans l'UE d'aujourd'hui. Nous voulons clairement que l'UE ait son identité partiellement francophone", a déclaré à la presse le sénateur français qui siège au Conseil permanent de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF).

Il a expliqué qu'en tant que "représentant personnel pour la francophonie du président Nicolas Sarkozy qui est loin d'y être indifférent", il était venu "sensibiliser" à ce propos les présidents du Parlement européen, du Conseil européen et de la Commission européenne, MM. Jerzy Buzek, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso.

Sur le plan pratique, M. Raffarin a insisté sur la formation des fonctionnaires de l'UE, ainsi que des commissaires européens, à la langue française et sur l'utilité de se servir d'un programme lancé dans ce but par la France en 2002.

Il a également souligné l'importance de la "politique de communication" des différentes administrations européennes.

Si M. Buzek ne parle que le polonais et l'anglais, MM. Van Rompuy et Barroso peuvent s'exprimer dans un excellent français mais l'utilisent rarement dans leurs fonctions officielles.

Lors de leur entretien, a confié M. Raffarin, M. Barroso lui a dit que lorsqu'il pratiquait la langue de Molière "cela créait parfois des remous dans la salle".

"Je lui ai rétorqué que l'usage exclusif de l'anglais pourrait aussi provoquer des remous", a assuré M. Raffarin.

Quant au tout nouveau président du Conseil européen, poste créé par le traité de Lisbonne, le Belge Herman Van Rompuy, un parfait bilingue néerlandais-français, il s'est jusqu'à présent très majoritairement exprimé en anglais, que ce soit dans ses interventions publiques ou ses communiqués.

 

 

Vargas Llosa .

L'écrivain Vargas Llosa plaide pour la dépénalisation de l'usage de drogue

L'écrivain péruvien Mario Vargas Llosa propose de "dépénaliser" la consommation de drogue afin de réduire le narcotrafic, dans une tribune publiée dimanche par le quotidien de Lima, El Comercio.

"La solution (pour réduire le trafic de drogue) consiste à dépénaliser la consommation dans le cadre d'un accord entre pays consommateurs et producteurs comme le soulignent The Economist et bon nombre de juristes, professeurs, sociologues et scientifiques dans de nombreux pays du monde sans être écoutés", écrit l'auteur de "Conversation à la cathédrale".

"L'argument selon lequel la légalisation doperait la consommation, surtout chez les jeunes et les enfants, est recevable, sans aucun doute. Mais il est probable qu'il s'agisse d'un phénomène passager et que l'on peut limiter si l'on y répond par des campagnes efficaces de prévention", ajoute-t-il.

L'écrivain, âgé de 73 ans, estime ainsi qu'il faudrait accompagner la dépénalisation d'une réorientation des sommes actuellement allouées à la répression pour financer "des campagnes éducatives, des politiques de désintoxication et d'information comme celles qui ont donné de bons résultats en matière de tabac".

Pour Vargas Llosa, ancien candidat malheureux de la droite à l'élection présidentielle de 1990 au Pérou, la meilleure réponse au problème des drogues n'est pas policière mais économique.

"Il y a un marché des drogues qui ne cesse de croître, aussi bien dans les pays développés que dans ceux en développement, et rapporte de juteux bénéfices à l'industrie du narcotrafic. Les victoires revendiquées par la lutte antidrogue sont insignifiantes comparées au nombre de consommateurs sur les cinq continents", estime-t-il dans cette tribune intitulée "L'autre Etat".

 

 

Radovan Ivsic.

Décès du poète et dramaturge croate Radovan Ivsic

Le poète croate Radovan Ivsic, l'une des figures du surréalisme, également auteur de théâtre, est décédé à Paris à l'âge de 89 ans, a annoncé jeudi son éditeur en France, Gallimard.

Né en 1921 à Zagreb, Radovan Ivsic a été interdit aussi bien par le régime oustachi pendant l'occupation allemande de la Croatie que par le régime communiste de Tito, écrit la maison d'édition dans un communiqué.

Auteur de théâtre ("Airia") et de poèmes ("Narcisse"), Radovan Ivsic est condamné au silence en Croatie après la Seconde Guerre mondiale et devient traducteur de Rousseau, Molière, Marivaux, Apollinaire, ainsi que des surréalistes André Breton, Tristan Tzara ou Paul Eluard.

Réfugié en France en 1954, il se joint au groupe surréaliste et écrit dès lors en français. Il est notamment l'auteur du "Puits sans retour" (1967), "A.G.M., salut" (1984) et "Reprises de vue" (1999). L'essentiel de son oeuvre poétique avait été regroupé en 2004 sous le titre "Poèmes" (Gallimard).

 

 

Les COPTES.

Egypte: sept morts dont six coptes dans des tirs lors du Noël copte

Une fusillade visant la communauté copte a fait sept morts, six coptes et un policier, mercredi soir à Nagaa Hamadi, en Haute-Egypte, aggravant l'inquiétude de cette minorité chrétienne dans un pays majoritairement musulman.

Neuf autres coptes ont été blessés lors de cette fusillade visant des personnes qui sortaient de la messe ou faisaient des achats à l'occasion du Noël copte, célébré le 7 janvier.

Des heurts ont eu lieu jeudi dans la journée entre forces de l'ordre et des manifestants alors que se déroulaient les funérailles des victimes.

Selon les premiers éléments de l'enquête judiciaire, trois hommes qui circulaient mercredi soir en voiture ont ouvert le feu dans une rue sur une distance de 400 mètres, aux abords de deux églises et d'un centre commercial.

Ils ont aussi tiré dans une rue adjacente sur un couvent et les bâtiments de l'évêché de cette localité située dans le gouvernorat de Qena, à quelque 700 km au sud du Caire.

L'évêque copte de la ville Anba Kirolos a raconté à l'AFP: "nous avons terminé la messe à 23H00 (21H00 GMT) et je me suis dirigé vers l'évêché. J'ai vu un homme à bord d'une voiture en train de tirer à l'arme automatique contre tous les coptes qui passaient devant le bâtiment de l'évêché".

L'homme "a ensuite continué à tirer dans les rues de la ville sur les coptes", a poursuivi Mgr Kirolos, en faisant état de cinq blessés graves.

"Les gens sont en colère et très inquiets", a-t-il ajouté.

Des heurts entre la police et plus de 2.000 manifestants coptes regroupés près de l'hôpital où avaient été transférés les corps ont eu lieu en matinée, selon des sources policières et des témoins.

Les manifestants ont lancé des slogans comme "non à l'oppression" ou "ô croix, nous te défendrons par notre âme et notre sang". Ils ont lancé des pierres sur la police qui a répondu avec des gaz lacrymogènes et des lances à incendie.

Des incidents sporadiques ont encore eu lieu après les funérailles, célébrées dans l'après-midi, selon des sources de sécurité.

La minorité copte représente environ 8% des 80 millions d'Egyptiens. Les coptes se plaignent depuis plus de vingt ans de discriminations et de harcèlement systématique.

Ils protestent également contre leur mise à l'écart de certains postes-clés au sein de l'armée, de la police, de la justice ou des universités.

Mgr Kirolos a d'ailleurs déploré que la police n'ait pas agi préventivement pour neutraliser le principal meurtrier, dont il a assuré qu'il était déjà "fiché" mais bénéficiait de protections politiques.

Les services de sécurité ont reconnu que cet homme, un musulman du nom de Mohamed Ahmed Hussein, était "connu des services de police".

Mgr Kirolos a également assuré que depuis une semaine, des chrétiens de la ville recevaient des menaces sur leurs téléphones portables affirmant que les musulmans allaient, à l'occasion de la fête de Noël, "venger le viol" d'une fillette musulmane par un jeune copte.

Cette agression, qui avait eu lieu en novembre à Farchout, près de Nagaa Hamadi, avait à l'époque provoqué la colère des musulmans qui avaient incendié des maisons et des pharmacies appartenant à des coptes dans la localité.

Plusieurs heurts ont eu lieu au cours des dernières années entre musulmans et coptes dans différentes régions d'Egypte, le plus souvent en raison du refus des musulmans de voir les coptes construire de nouvelles églises ou agrandir celles existantes.

Les tensions surgissent fréquemment également en raison de liaisons amoureuses entre coptes et musulmans.

Les coptes ont été aussi l'une des cibles privilégiées de la vague de violences islamistes que l'Egypte a connue tout au long des années 1990.

 

 

Clara Sanchez .

La romancière espagnole Clara Sanchez lauréate du prix Nadal 2010

La romancière espagnole Clara Sanchez a remporté mercredi soir à Barcelone le 66e prix Nadal du roman, un des plus prestigieux prix littéraires espagnols, pour son livre "Lo que esconde tu nombre" ("Ce que cache ton nom").

Le roman primé compte l'histoire d'un couple d'anciens nazis ayant trouvé refuge sur la Costa del Sol espagnole et de deux autres personnages, une jeune femme qui sait peu de choses sur l'époque nazie et un Républicain espagnol survivant d'un camp de concentration nazi.

Il s'agit "d'un thriller littéraire de suspense, d'une intrigue psychologique" qui traite "de haine, de vengeance, de culpabilité mais par dessus tout d'amitié profonde et d'amour, deux éléments, deux clés avec lesquelles nous pouvons surmonter n'importe quel piège que nous tend la vie", a expliqué Clara Sanchez, en recevant son prix, doté de 18.000 euros.

Au total, 261 oeuvres étaient en lice pour le Prix Nadal, la plus ancienne distinction littéraire d'Espagne.

Clara Sanchez est née à Guadalajara en 1955 et réside actuellement à Madrid.

Elle est l'auteur de huit romans, dont l'un, "Dernières Nouvelles du Paradis", a remporté le Prix Alfaguara du roman en 2000. Elle collabore également avec le quotidien El Pais.

 

 

Edgar Degas .

Vol d'un Degas au musée Cantini : un employé en garde à vue

Un employé du musée Cantini à Marseille se trouvait vendredi en garde à vue au lendemain de la découverte du vol d'un pastel de Degas qui était exposé dans ce musée et n'a pas encore été retrouvé, a-t-on appris de source judiciaire.

"Une personne est en garde à vue depuis hier 17H00" après avoir été interpellée à Marseille, a précisé la source judiciaire à l'AFP, "il s'agit d'un employé du musée, un veilleur de nuit".

Un pastel d'Edgar Degas intitulé "Les choristes", prêté au musée Cantini par le musée d'Orsay le temps d'une exposition, a été dévissé et le vol découvert jeudi matin à l'ouverture du musée.

Il n'y a pas eu d'effraction constatée, avait souligné jeudi le procureur de la République à Marseille, Jacques Dallest, ajoutant que le ou les voleurs avaient su "repérer des failles" dans le système de sécurité.

Peint en 1877, ce petit tableau de 32 cm sur 27 est estimé à 800.000 euros selon la Réunion des Musées Nationaux (RMN).

Selon une source proche de l'enquête, les enquêteurs ont estimé, au terme des premiers interrogatoires, que le vol pouvait avoir été commis tôt jeudi, entre 5H et 7H du matin, au moment où l'employé interpellé était en charge de la surveillance.

Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer s'il aurait agi seul ou pour le compte d'autres personnes.

La police judiciaire et l'Office central de lutte contre les trafics de biens culturels (OCBC) ont été chargés de l'enquête. Le musée, qui avait été fermé jeudi à la mi-journée pour les besoins de l'enquête, sera ouvert samedi et dimanche, a précisé la mairie.

Le tableau volé faisait partie d'une sélection de 200 oeuvres venues d'Allemagne, Suisse, Italie, Canada, Etats-Unis ainsi que des musées du Louvre et d'Orsay pour une exposition intitulée "De la scène au tableau". Ouverte au musée Cantini le 6 octobre, elle s'achève dimanche et a déjà attiré 70.000 visiteurs selon la mairie. L'exposition est ensuite attendue à Rovereto (Italie) du 6 février au 23 mai puis Toronto (Canada) du 19 juin au 30 août.

 

 

ROUMANIE.

Les "Contes de l'âge d'or": quatre portraits de la Roumanie de Ceausescu

L'absurdité des situations créées par la dictature communiste de Nicolae Ceausescu en Roumanie est au coeur des "Contes de l'âge d'or", un ensemble de quatre courts métrages ubuesques écrits et produits par le cinéaste Cristian Mungiu, sorti en salles mercredi.

Avec quatre réalisateurs âgés de 33 à 42 ans, Mungiu, Palme d'or à Cannes en 2007 pour "4 mois, 3 semaines et 2 jours", a composé un patchwork à la fois grave et humoristique en puisant dans les légendes urbaines, vraies ou inventées, qui circulaient dans la Roumanie des années 70 et 80, où elles servaient d'exutoire à la brutalité et à la bêtise du régime.

Particulièrement réussie, "La légende de la visite officielle" raconte la préparation du passage d'un convoi officiel dans un village repeint et repavé pour l'occasion.

Les préparatifs qui mobilisent l'ensemble de la population sont chamboulés par l'arrivée sur place d'un émissaire du gouvernement. Les vaches, symbole d'opulence, sont remplacées par des moutons qu'il faut aller chercher au loin pour ne pas choquer un Indien qui se trouve dans la délégation officielle.

Mais le convoi ne passera jamais dans le village et les préparatifs dégénèrent en joyeuse pagaille qui se termine sur un manège de chaises volantes.

"La légende de l'activiste zélé" décrit une campagne d'alphabétisation, lancée au plus haut niveau de l'Etat, qui bute sur la résistance passive de la population d'un trou perdu, à l'écart de toute voie de communication. Mu par la volonté de mettre en oeuvre les directives du Parti afin de prouver la supériorité du système socialiste, l'activiste s'épuise à la tâche et devient la première victime de la campagne.

La débrouillardise et les problèmes de voisinage sont au centre de "La légende du policier avide", personnage dont la famille reçoit dans son petit appartement pour Noël un cochon vivant. Il faut trouver une solution pour l'abattre sans s'attirer d'ennuis...

Plus près du pouvoir et dans une ambiance où la tension et l'angoisse prennent le pas sur le burlesque, "La légende du photographe officiel" tourne autour d'un cliché de Nicolae Ceausescu accueillant le président français Valéry Giscard d'Estaing. La photo nécessite une retouche pour que le premier ne paraisse pas s'abaisser devant un dignitaire du monde capitaliste.

"Une manière d'éviter le désespoir est de rire et de se moquer. Nous avons voulu capturer l'essence de cette période difficile à travers les légendes urbaines qui ont maintenu le moral des gens qui faisaient la queue pour acheter à manger", avait expliqué à Cannes en mai dernier Cristian Mungiu à l'AFP.

S'agissant d'une oeuvre collective, aucun des quatre courts métrages n'est attribué à un réalisateur en particulier. Parmi eux, Constantin Popescu est aussi écrivain, Hanno Höffer également musicien. Les autres s'appellent Ioana Maria Uricaru et Razvan Marculescu.

 

 

Dennis Brutus.

Décès du poète et militant sud-africain Dennis Brutus

Le poète et militant anti-apartheid sud-africain Dennis Brutus est mort à l'âge de 85 ans pendant son sommeil à son domicile au Cap, a annoncé sa famille dimanche.

Le fils de Dennis Brutus, Anthony, a indiqué que son père qui souffrait d'un cancer de la prostate, était décédé samedi, selon l'agence sud-africaine Sapa.

"Il a toujours parlé des autres en bien. Il ne les critiquait pas. Ses relations avec les jeunes le maintenaient dans une bonne forme physique et intellectuelle. Après une manifestation, il achetait à tous un hamburger et une glace", s'est souvenu son fils.

La Fondation Nelson Mandela a souligné que la contribution de Brutus à la lutte contre l'apartheid et son combat pour la justice sociale dans le monde "resteront dans les mémoires pendant de longues années".

Brutus était né au Zimbabwe, à l'époque la Rhodésie du Sud. Il s'est ensuite installé en Afrique du Sud où il a exercé les professions d'enseignant et de journaliste.

Après son arrestation en 1963, Dennis Brutus a passé 18 mois à Robben Island où ont été incarcérés la plupart des prisonniers politiques sud-africains dont l'ancien président et figure emblématique de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela.

Il a milité pour l'exclusion de l'Afrique du Sud des évènements sportifs internationaux, ce qui a contribué à son éviction des Jeux Olympiques en 1970.

Il s'est ensuite exilé aux Etats-Unis, où il a enseigné la littérature.

Il a publié plusieurs volumes de poèmes dont "Sirens", "Knuckles", "Boots".

 

 

Amazon .

Amazon a vendu plus de livres numériques que de livres papier .

Le distributeur américain par internet Amazon.com a annoncé samedi avoir vendu pour la première fois la veille, jour de Noël, plus d'exemplaires de livres numériques que de livres papier.

"Le Kindle est devenu l'article le plus offert de l'histoire d'Amazon. Le jour de Noël, pour la première fois, les clients ont acheté plus de livres pour le Kindle que de livres papier", a annoncé le groupe dans un communiqué.

Le catalogue du Kindle, le lecteur numérique d'Amazon, comprend 390.000 titres en anglais.

Le succès des livres numériques le 25 décembre n'est pas surprenant, étant donné le nombre de Kindle offerts la veille. Mais Amazon n'a pas précisé combien il en avait écoulé, indiquant seulement que du 15 novembre au 19 décembre, le Kindle avait été l'article le plus commandé dans la catégorie électronique, devant le lecteur MP3 iPod Touch.

Amazon a indiqué avoir effectué des livraisons dans 178 pays. Le jour le plus actif de l'année a été le 14 décembre, avec 9,5 millions de commandes dans le monde.

 

 

Sommet de l'Union Africaine.

à Addis Abeba du 31 janvier au 2 février

Le prochain sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union Africaine (UA) se tiendra à Addis Abeba du 31 janvier au 2 février 2010, a annoncé jeudi l'organisation continentale dans un communiqué.

Ce 14e sommet ordinaire de l'UA a pour thème officiel "Technologies de l'Information et de la Communication en Afrique: Défis et Perspectives pour le Développement", note le texte transmis à l'AFP.

Le sommet sera comme toujours précédé de réunion préparatoires: au niveau des experts les 25 et 26 janvier et des ministres des Affaires étrangères des 53 Etats membres les 28 et 29 janvier.

L'UA, créée en 2001, organise deux sommets par an, un à Addis Abeba, siège de l'organisation, et l'autre dans l'un des 53 Etats membres. Le dernier, en juillet dernier, s'était tenu en Libye.

Le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, a été élu en février à la tête de l'UA pour un an, et devrait donc être remplacé à la tête de l'organisation.

 

 

Minarets.

Pascal Clément dément avoir tenu les propos controversés que lui prête Nora Berra

Le député UMP et ex garde des Sceaux, Pascal Clément, a démenti mercredi sur RMC et France 3 avoir tenu les propos controversés sur les minarets que lui prête la secrétaire d'Etat Nora Berra, affirmant qu'elle les avait "inventés".

Selon plusieurs participants à une réunion des députés UMP, mardi à huis clos, M. Clément a évoqué la question des minarets, en déclarant : "le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France".

A ces propos, la secrétaire d'Etat aux Aînés avait claqué la porte de la réunion.

Comme on lui demandait s'il avait prononcé cette phrase, M. Clément a répondu: "non" sur RMC. Peu après sur France 3, M. Clément est allé plus loin: "en tout cas cette phrase a été prononcée par Mme Berra. Elle en est l'auteur", a-t-il insisté.

Quant au départ de la réunion de la secrétaire d'Etat, il a affirmé que "personne n'a vu partir Mme Berra". "J'ai tenu à prendre la parole pour préciser que si j'étais hostile au port de la burqa, j'ai toujours été favorable à ce que chacun puisse pratiquer librement sa religion dans des lieux de culte décents", a poursuivi l'ex-garde des Sceaux sur RMC.

Il a ajouté avoir dit "que les minarets étaient régis par les codes de l'urbanisme qui sont le fruit de notre histoire et notre identité culturelle".

Sur France 3, il est revenu sur le sujet: "J'ai parlé de minarets et c'est vrai qu'aujourd'hui (...) dès que vous prononcez le mot +minarets+ vous devenez raciste", a-t-il déclaré comme on l'interrogeait sur sa passe d'armes avec Mme Berra.

Démentant une nouvelle fois avoir dit la phrase que lui a prêtée la secrétaire d'Etat, M. Clément a affirmé qu'elle l'avait "inventée", ajoutant que "c'est un moyen de se faire remarquer".

Elle "n'a pas prononcé mon nom une fois (mercredi matin) sur Europe 1 et n'a jamais cité mes propos parce qu'elle sait maintenant que je les conteste. Donc elle parlait de manière très générale", avait-il fait valoir un peu plus tôt sur RMC.

"La question religieuse est d'ordre privé et en tant que membre du gouvernement, je suis garante de la laïcité", et "c'est en tant que ministre et surtout respectueuse de cette règle fondamentale de notre République (que j'ai réagi)", avait déclaré pour sa part la secrétaire d'Etat pour expliquer pourquoi elle avait quitté la réunion des députés UMP au micro d'Europe 1.

 

 

Crues au Maroc.

Trois morts, des quartiers submergés par les eaux

Trois personnes ont péri emportées par des crues près d'Agadir (sud), tandis que plusieurs quartiers de Tanger (nord) ont été submergés par les pluies torrentielles qui se sont abattues sur le Maroc, a-t-on appris jeudi auprès des autorités locales.

A Casablanca (ouest), deux immeubles de la médina s'étaient effondrés mercredi, faisant deux morts et 19 blessés, selon la presse marocaine.

Dans la région d'Agadir, très touchée par des pluies diluviennes, un homme, une femme et une jeune fille qui tentaient de traverser l'oued ont péri à bord d'un véhicule emporté par les eaux boueuses de l'oued Tazentout (à 40 km d'Agadir), selon les autorités locales.

Plusieurs routes secondaires ont été momentanément coupées en différents endroits du pays et la circulation des trains a été suspendue autour de Tanger et un service de cars les a remplacés, selon l'Office national des chemins de fer (ONCF).

Les vents soufflaient à environ 80 km/h dans le détroit de Gibraltar, générant une mer forte avec des creux de sept mètres, rendant difficile l'évacuation des eaux d'oueds.

Malgré ces conditions difficiles, les ferries traditionnels ont continué d'assurer la liaison du Maroc et de l'Espagne, selon le directeur régional de l'Agence nationale des ports, Ahmed Atmani. Les ferries à grande vitesse, de type catamaran, se sont eux arrêtés dans l'attente d'une amélioration de la situation.

Selon la station météorologique de l'aéroport de Tanger, le cumul des pluies entre 06h00 (locales/GMT) et la mi-journée a atteint 23,3 millimètres, dont 10 mm enregistrés en une demi-heure, d'où le débordement de certains oueds dans la ville.

Les autorités locales ont ordonné la fermeture d'établissements scolaires et invité les unités industrielles des zones touchées à libérer leurs salariés plus tôt que prévu.

La protection civile, en coordination avec les autorités et la police, a évacué des personnes bloquées par les eaux et en ont sauvé trois d'une même famille près de Tanger, faisant usage d'embarcations pneumatiques et de barges dans les quartiers les plus touchés.

Le directeur délégué de l'aéroport de Tanger, Bouchta Moussaid, a indiqué que les liaisons aériennes n'avaient pas été perturbées, malgré des vents atteignant par moment 100 km/heure.

A Tétouan, au nord, les pluies et rafales de vent ont provoqué l'inondation de plusieurs quartiers et leurs habitants ont dû être évacués par la protection civile.

"Les autorités demeurent mobilisées pour faire face à toute urgence", a déclaré jeudi le ministre de l'Intérieur Chakib Benmoussa, lors du Conseil de gouvernement. Un "comité de veille et de coordination" a été réactivé à la suite de ces inondations, a précisé M. Benmoussa.

 

 

 

Voile intégral

Le MoDem dénonce "la précipitation incompréhensible" de Copé

La vice-présidente du MoDem Marielle de Sarnez a dénoncé mardi "la précipitation incompréhensible" du président du groupe UMP à l'Assemblée nationale Jean-François Copé qui a annoncé le dépôt en janvier d'une proposition de loi UMP sur le port du voile intégral.

L'annonce de cette proposition de loi, qui vise à interdire d'évoluer dans l'espace public le visage entièrement recouvert hors circonstances exceptionnelles (climat, carnaval...), intervient alors que sont attendues fin janvier les conclusions d'une mission parlementaire qui a planché six mois sur la question du voile intégral (Burqa ou Niqab).

Dans un communiqué, l'eurodéputée MoDem dit ne pas comprendre la "précipitation" de Jean-François Copé "à vouloir légiférer sur le port du voile intégral sans même attendre les conclusions de la mission parlementaire mise en place pour comprendre et analyser la réalité de cette question, avant de formuler, éventuellement, des propositions".

"En fait, dans un moment où les difficultés économiques et sociales s'accumulent sur nos compatriotes, c'est, une fois de plus, une manière de ne pas répondre aux attentes réelles et concrètes des français", a-t-elle estimé.

Dans un entretien à TV5 Monde, le président du MoDem François Bayrou avait exprimé dimanche ses réserves sur l'intérêt d'une loi contre le port du voile intégral : "La loi civile ne doit pas s'occuper de tout. Vous allez les arrêter ? Le gendarme va les amener au poste pour une contravention ?", s'était-il interrogé au sujet des femmes qui portent ce voile.

 

 

Identité nationale.

50% de Français non satisfaits du déroulement du débat

Une majorité de Français (50%) affirme ne pas être satisfaite de la manière dont se déroule le débat sur l'identité nationale, voulu par le gouvernement mais qui suscite la controverse, selon un sondage CSA paru dans Le Parisien/Aujourd'hui en France de lundi.

Selon cette enquête d'opinion, 25% des personnes interrogées se disent au contraire satisfaites du déroulement du débat, 25% ne se prononçant pas.

Les sondés sont partagés sur le devenir de ce débat lancé début novembre: 34% estiment qu'il faut le poursuivre, 29% souhaitent son arrêt et 21% juste sa suspension. 16% ne se prononcent pas.

Invité à commenter ces résultats, le ministre de l'Immigration Eric Besson répond qu'"il faut bien évidemment poursuivre ce débat, qui continue de passionner nos concitoyens". Le ministre précise qu'il "s'étalera jusqu'à fin 2010, bien au-delà des élections régionales".

Au contraire, la première secrétaire du PS, Martine Aubry déclare que "devant les nombreux dérapages, nous demandons à nouveau d'en finir avec ce débat, comme d'ailleurs de supprimer le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, dont l'existence même fait honte à notre pays".

Sondage réalisé par téléphone les 16 et 17 décembre auprès d'un échantillon représentatif de 1.005 personnes majeures (méthode des quotas).

 

 

Cuba.

Des milliers de personnes au concert du groupe américain Kool and The Gang

Des milliers de Cubains ont assisté dimanche au concert gratuit de Kool and The Gang sur la "Place anti-impérialiste" de La Havane, face à la Section des Intérêts américains, le premier d'un groupe de musique américain depuis 2005 sur l'île communiste.

"C'est un concert pour la fraternité et l'union entre les peuples", a déclaré juste avant le concert Robert "Kool" Bell, leader du groupe "soul, pop and funk" devenu mondialement célèbre avec la chanson "Celebration" dans les années 1980.

"Cette musique a marqué toute une génération de Cubains et notamment ma génération", a déclaré à l'AFP Ana Estevez, une administratrice de 50 ans venue assister au concert avec toute sa famille sur la Place bondée.

Le dernier et premier groupe américain à s'être produit à Cuba depuis la Révolution de 1959 était les rockers d'"Audioslave" en 2005, la même année où avait joué Air Supply.

L'île communiste de Cuba est sous embargo économique américain depuis 1962. Mais les échanges culturels entre les deux pays connaissent un nouvel essor depuis l'arrivée à la Maison blanche de Barack Obama, il y a un an.

 

 

Mauritanie.

Enlèvement de 2 Italiens similaire au rapt d'Espagnols par Aqmi

L'enlèvement de deux Italiens, vendredi sur une route du sud-est de la Mauritanie, s'est déroulé à peu près de la même façon que celui de trois Espagnols fin novembre à l'autre bout du pays, revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique, selon de premiers témoignages.

Le couple de voyageurs italiens porté disparu depuis vendredi soir dans le département mauritanien de Kobenni, a "très probablement été enlevés par un groupe armé", avait annoncé samedi à l'AFP une source sécuritaire.

Sergio Cicala, retraité de 65 ans, et sa femme Philomene Kabouree, Italienne d'origine burkinabè et âgée de 39 ans, "se rendait au Burkina Faso à bord d'un minibus immatriculé en Italie", selon cette source.

Les autorités mauritaniennes n'ont pas confirmé, jusqu'à présent, qu'il s'agissait d'un enlèvement, et les médias d'Etat n'en ont pas dit un mot.

Mais le ministère italien des Affaires étrangères a déclaré que son "unité de crise" suivait "le cas de l'enlèvement des deux compatriotes en Mauritanie". "Tous les canaux diplomatiques et politiques ont été mobilisés immédiatement", a ajouté le ministère italien.

Et à Bamako, sous le couvert de l'anonymat, une source diplomatique a affirmé à l'AFP: "Nous avons des informations précises. Les deux Italiens sont aux mains d'Aqmi, dans la bande sahélo-saharienne. Nous attendons que ces terroristes revendiquent officiellement l'acte".

"Le coup a été minutieusement préparé. Les ressortissants italiens étaient suivis", a ajouté cette source selon laquelle le rapt s’est déroulé entre les localités de Kobenni et de Gogui, en territoire mauritanien.

Cet enlèvement intervient près de trois semaines après la capture de trois ressortissants espagnols, sur la route côtière Nouadhibou-Nouakchott (nord-ouest), revendiqué par la branche maghrébine d'Al-Qaïda.

"Le mode opératoire est pratiquement le même que pour l'enlèvement des trois Espagnols le 29 novembre", a jugé dimanche le directeur du journal Nouakchott-infos, Abou Al Maali, interrogé par l'AFP.

Selon des témoignages de voyageurs recueillis par une source proche des autorités locales, les ravisseurs ont surgi, de nuit, au bord de la route.

Ils ont tiré en l'air et dans les pneus pour obliger les voyageurs à s'arrêter, avant de s'emparer uniquement des personnes, en abandonnant le véhicule et son contenu.

Selon une source sécuritaire, la disparition s'est produite vers 22H00 (locales et GMT) sur l'axe Aïoun (Mauritanie) - Kayes (Mali), à proximité de la localité mauritanienne de N'Eissira, à quelques kilomètres seulement de la frontière avec le Mali.

Le nord et l'est du Mali servent de refuge, depuis 2008, aux islamistes armés qui enlèvent des Occidentaux. Et c'est dans ce pays que seraient actuellement détenus les trois otages espagnols, ainsi qu'un Français capturé le 26 novembre dans la ville malienne de Ménaka.

"On pense qu'ils sont au Mali maintenant, nous ne disposons pas de nouvelles fraîches sur eux", a déclaré dimanche à Nouakchott le directeur au développement et aux relations de l'UE avec les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique), Stefano Manservisi, au terme d'une série de réunions avec des responsables mauritaniens, dont le président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Ces deux dernières années, Aqmi avait revendiqué une série d'actions meurtrières en Mauritanie, dont l'assassinat fin 2007 de quatre Français à Aleg (250 km à l'est de Nouakchott) et celui d'un Américain en juin dans la capitale.

 

 

Japon .

Le Japon croûle sous une dette monstrueuse

Il croûle sous une des dettes les plus élevées du monde, emprunte plus qu'il ne gagne et refuse d'envisager de nouvelles sources de revenus: ce qui, pour un particulier, mènerait à la saisie et l'interdiction bancaire n'attire à l'Etat japonais que des sermons vite oubliés.

Alors que la situation budgétaire de la Grèce, du Mexique ou de Dubaï agitent ces dernières semaines les marchés mondiaux, le Japon, malgré des finances publiques dans un état tout aussi désastreux sur le papier, ne semble inquiéter ni les investisseurs, ni les agences de notation.

Pour la première fois depuis 1946, le Japon va émettre plus de dette qu'il ne percevra d'impôts lors de l'année budgétaire 2009-2010, qui s'achève fin mars. Selon l'OCDE, qui admoneste régulièrement Tokyo à ce sujet, son déficit budgétaire dépassera les 10% du produit intérieur brut l'an prochain. Sa dette publique flambera à 204% du PIB: en la matière, seul le Zimbabwe fait pire.

A l'origine du problème: les plans de relance mis en oeuvre à répétition depuis les années 1990, ainsi qu'un système fiscal peu lucratif pour l'Etat, avec notamment une taxe sur la consommation exceptionnellement basse pour un pays développé (5%). De plus, le nouveau gouvernement de centre-gauche de Yukio Hatoyama s'est engagé à n'augmenter aucun impôt avant 2013.

"Si nous étions le Botswana, on verrait immédiatement que nous prenons l'eau. Mais le Japon est comme le Titanic: notre économie est tellement grosse que personne ne s'aperçoit que nous coulons", déplore Noriko Hama, économiste à la Doshisha Business School de Kyoto.

N'importe où ailleurs, pareille situation budgétaire "mènerait droit à une annulation forcée de la dette ou même à l'instauration d'un Etat fasciste", poursuit-elle. Mais pas au Japon, dont la dette continue de jouir du troisième ou quatrième meilleur score possible chez les agences de notation.

"Le montant de la dette, en soi, ne dit pas tout concernant les qualités du Japon en tant que débiteur", justifie James McCormack, analyste chez Fitch.

"Des taux d'intérêt très bas permettent à l'Etat de contracter une dette exceptionnellement lourde, tout en déboursant des intérêts identiques à ceux que doivent payer d'autres pays dont l'endettement est moindre", explique-t-il.

M. McCormack met également en avant "l'énorme stock d'épargne" des Japonais, dans lequel le gouvernement a encore bien de la marge pour puiser.

Autre facteur positif: la dette nippone est, à plus de 93%, détenue par des investisseurs japonais. Dans un pays en proie à une déflation record et où la Bourse a chuté de près de 75% en 20 ans, des bons du Trésor au rendement de l'ordre de 1,3% continuent d'offrir un taux d'intérêt réel intéressant.

Cette quasi-absence de dette en devises rend improbable un scénario de crise du type Mexique ou Argentine. "Il est toujours possible de monétiser une dette en monnaie locale", rappelle Hervé Lievore, stratège chez AXA.

La monétisation consiste à faire tourner la planche à billets pour acheter les nouveaux bons du Trésor. Une pratique dangereuse, génératrice d'hyperinflation et que la Banque du Japon a exclue, mais qui, en dernier recours, reste toujours préférable à la faillite de l'Etat.

"Le seul rayon de soleil, dans cet affreux problème de la dette, est qu'elle est entièrement détenue à l'intérieur du pays et donc beaucoup plus gérable", notait le secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria, de passage fin novembre au Japon. "La question est: quand cela va-t-il commencer à inquiéter les marchés? Eh bien, nous ne voulons pas le savoir, car alors il sera trop tard".

 

 

   

Jean-Pierre Rosnay.

Décès de Jean-Pierre Rosnay, créateur du "Club des poètes"

L'écrivain et poète Jean-Pierre Rosnay, créateur du "Club des poètes" dans les années 1950 à la radio et à la télévision, est décédé samedi à Paris à l'âge de 83 ans, a-t-on appris auprès de sa famille.

Né à Lyon en 1926, Jean-Pierre Rosnay avait rejoint la Résistance dès le début de l'Occupation et combattu dans les maquis de Haute-Savoie jusqu'à la Libération. Il avait fondé au lendemain de la guerre le mouvement des "Jarivistes" (JAR, les Jeunes Auteurs Réunis), qui renouait avec la tradition des scandales poétiques dans la lignée des surréalistes.

Proche de Jean Cocteau et de Raymond Queneau, il publie ses premiers recueils de poèmes après-guerre et réalise à partir des années 1950 des émissions de radio et télévision consacrées à la poésie, notamment "Le Club des poètes" qui sera diffusé jusqu'à la fin des années 1960.

Marquée par son expérience de résistant, sa poésie s'attache à l'essentiel de la vie humaine : l'amour, les enfants, le rejet de la violence des hommes. Il est notamment l'auteur du "Treizième apôtre" et des "Diagonales".

 

 

Greenpeace.

Sommet de Copenhague: le patron de Greenpeace "profondément déçu"

Le résultat de la conférence de Copenhague sur le climat présente "des trous si grands qu'on pourrait les traverser avec l'Air Force One", l'avion présidentiel américain, a déploré samedi le patron de Greenpeace, Kumi Naidoo, qui se dit "profondément déçu".

"Et voilà une déclaration d'intention qui présente des trous si grands qu'on pourrait les traverser avec l'Air Force One!", a réagi le directeur exécutif de l'organisation écologique, dans un entretien au Spiegel Online.

Le Sud-Africain s'est déclaré "profondément déçu" du résultat du sommet et a prôné "de nouvelles formes de désobéissance civile pacifique" dans la lutte contre le réchauffement climatique, même, a-t-il dit, "si nous devons remplir les prisons à cause de cela".

M. Naidoo a critiqué les Etats-Unis qui "ont la volonté politique de débloquer des milliards de dollars pour sauver les banques et les primes des banquiers" au lieu de combattre le réchauffement climatique.

"Nous perdons déjà des vies humaines à cause du changement climatique", a-t-il souligné, avant d'ajouter: "Je ne voulais pas rentrer à la maison pour Noël, regarder ma fille dans les yeux et lui dire que nous avons lutté et perdu pour son avenir".

L'accord a minima conclu à Copenhague appelle les pays industrialisés et les pays en développement à affirmer leurs engagements de réduction de gaz à effet de serre par écrit, d'ici à la fin janvier. Il permet pour la première fois d'enrôler l'ensemble des grands pays pollueurs, industrialisés et émergents, dans la lutte contre le changement climatique mais sur des ambitions réduites et sans cadre contraignant. Il ne fixe pas par exemple de date limite au-delà de laquelle les émissions polluantes commenceraient à décroître.

 

 

La justice .

La justice met un frein à l'expansion de Google en France

Le tribunal de grande instance de Paris a mis vendredi un coup d'arrêt à l'expansion de Google en France, en interdisant au moteur de recherche américain de continuer à numériser massivement des livres sans l'accord des éditeurs.

Une première décision en ce sens très attendue en France, mais aussi en Europe, où selon les éditeurs français, elle pourrait faire "tache d'encre".

Poursuivi pour "contrefaçon" par le groupe La Martinière (qui contrôle les éditions du Seuil), et le Syndicat national de l'édition (SNE), la société Google France a aussitôt annoncé son intention de faire appel.

Le jugement survient trois ans après que La Martinière a attaqué Google Inc. et Google France pour avoir numérisé sans autorisation plusieurs milliers de ses ouvrages dans le cadre de son programme Google recherche de livres.

Le géant américain de l'internet a en effet lancé un vaste programme de numérisation de livres, conservés notamment dans de prestigieuses bibliothèques anglo-saxonnes, pour son projet de bibliothèque numérique universelle. Au total, selon les estimations, Google aurait déjà numérisé 10 millions d'ouvrages dans le monde.

Vendredi, le TGI de Paris lui a interdit de poursuivre la numérisation des ouvrages sans l'autorisation des éditeurs et l'a condamné à verser au groupe La Martinière 300.000 euros de dommages et intérêts. Il a assorti sa décision d'une astreinte de "10.000 euros par jour de retard" et ordonné l'exécution provisoire du jugement.

Une décision saluée comme "une grande victoire" par le Syndicat national de l'édition (SNE), qui regroupe quelque 500 éditeurs français.

Maintenant, "je pense qu'on pourra trouver une solution", a souligné le président du SNE Serge Eyrolles, ouvrant la porte à des discussions avec Google. "Ils n'ont fait que du piratage depuis le début. Aujourd'hui, un tribunal français reconnaît qu'ils ont violé les droits intellectuels de nos auteurs", a-t-il ajouté.

Le jugement a également été salué comme une victoire "pour le droit à la création" par Hervé de la Martinière, Pdg du groupe.

Le responsable juridique de Google France, Benjamin du Chaffaut, a souligné pour sa part que la décision du TGI concerne "uniquement les ouvrages de La Martinière" et ne constitue pas "une injonction générale d'interdiction de référencer tous les ouvrages de tous les éditeurs".

Pour l'avocate de Google, Me Alexandra Neri, la décision du TGI "ne fait pas avancer les droits d'auteurs", mais "constitue deux pas en arrière pour les droits d'accès des internautes au patrimoine littéraire français et mondial".

A l'audience, le 24 septembre, La Martinière avait réclamé l'arrêt par Google de la numérisation des livres sous droits et 15 millions d'euros de dommages et intérêts. Google contestait pour sa part la compétence de la justice française sur ce dossier.

Lors des Assises internationales du livre "à l'heure du numérique" fin novembre à Paris, des éditeurs européens avaient également exprimé leur inquiétude face à l'offensive de Google.

Le jugement du TGI survient en outre au moment où la France tente de convaincre ses partenaires européens de parvenir à "un socle européen de réflexion" sur la relation avec Google, notamment sur la numérisation du patrimoine culturel.

Aux Etats-Unis, un projet d'accord entre Google et un groupement d'auteurs et d'éditeurs américains est actuellement examiné par la justice.

 

 

Les Verts.

Le sommet de Copenhague est un "lamentable fiasco"

Les Verts considèrent que la conférence de Copenhague s'achève sur un "lamentable fiasco" et désignent la Chine et Barack Obama comme coupables numéro un.

"Le résultat est aussi désespérant que les enjeux étaient d'importance. La Chine et Obama sont les coupables numéro un, mais l'Europe a péché par sa désunion et son absence de leadership", estime samedi Djamila Sonzogni, porte-parole des Verts dans un coimmuniqué

"Nous avons eu la preuve éclatante durant ces jours passés que nombre de nos responsables sont en fait irresponsables" affirme la porte-parole, rappelant que "ces quinze jours de négociation n'ont pu déboucher sur un accord chiffré et contraignant".

Les Verts et les écologistes "feront pression pour que lors du sonnet de Bonn, prévu l'année prochaine, un accord contraignant soit enfin trouvé", prévient-elle.

 

 

Bruxelles.

Les douaniers de l'aéroport de Bruxelles ont opéré une saisie de marijuana très importante jeudi matin à bord d'un avion cargo. La valeur de ces marchandises s'élève approximativement à six millions d'euros.

L'avion cargo transportait près d'une tonne de marijuana en provenance de Thaïlande et probablement à destination des Pays-Bas. La valeur de la drogue devrait approcher les six millions d'euros. Aucun suspect n'a encore été interpellé.
Il s'agissait normalement d'une expédition de deux tonnes de dalles. L'emballage des fournitures n'étaient pas douteux et les documents apportés non plus. Ce sont "des messages d'information émanant des douanes néerlandaises, qui soupçonnaient cet envoi de contenir des stupéfiants, qui ont permis cette saisie", précise Noël Colpin, administrateur Douanes et Accises, dans un communiqué.

Les paquets de maijuana, hermétiquement fermés, étaient dissimulés dans certaines boîtes censées contenir des dalles.

En 2008, les Douanes avaient saisi quatre tonnes de cannabis. En 2009, treize tonnes de celle-ci ont déjà été saisies.

 

Anarchie artistique.

Anarchie artistique à l'ambassade de France au Japon

Lieu protocolaire où il fallait montrer patte blanche pendant plus d'un demi-siècle, l'ancienne ambassade de France au Japon est devenue pour deux mois un territoire apatride, libre, offert aux artistes, dont les oeuvres s'exposent du bureau de l'ambassadeur à ses toilettes.

Transférés dans un immeuble adjacent flambant neuf, les services de l'ambassade ont déserté l'ancien bâtiment, qui sera démoli l'an prochain.

Entretemps, depuis fin novembre, les locaux principaux, jardins et annexe de cette ex-ambassade datant de 1957, à l'architecture à l'époque osée signée Joseph Belmont, sont grand ouverts, mais méconnaissables.

Dans une sorte de geste anarchique artistique, ils sont entièrement refaçonnés par des peintres, sculpteurs, graffeurs (dont Speedy Graphito et Jef Aérosol), vidéastes, photographes et autres créateurs.

"Nous accueillons 69 artistes, japonais et français pour la plupart, les uns rendant souvent hommage au pays des autres, même s'il n'y avait pas d'obligation en ce sens", précise Hélène Kelmachter, attachée culturelle de l'ambassade et commissaire de l'exposition.

"Avec la pleine approbation de l'ambassadeur, nous leur avons proposé d'utiliser tous les espaces comme bon leur semblait", assure notre guide.

Il y a des surprises un peu dans tous les coins, il faut lever la tête, ouvrir les portes, glisser son oeil dans des trous.

"C'est un événement artistique atypique, de par le site notamment puisqu'on n'entre habituellement pas dans une ambassade comme dans un moulin", souligne Mme Kelmachter.

"Nous avons intitulé cette exposition ++ No man's land ++ car nous sommes effectivement dans un lieu que ne possède pleinement personne", explique-t-elle.

Depuis le 1er novembre l'ensemble n'est plus français, bien que les murs appartiennent à la France jusqu'à leur destruction, mais il n'est pas japonais non plus, même si le sol est géré par des entreprises nippones.

Une telle exposition éphémère, unique, dans un tel lieu officiel déserté, permet aussi, selon Mme Kelmachter, "de repenser la question du territoire de l'art": où se trouve-t-il?

Les centaines de Japonais qui chaque jour visitent cet entre-deux temporel et géographique, sont non seulement intéressés par les oeuvres, mais aussi par tout ce qui laisse des indices sur la vie dans ce "morceau de France" au Japon.

"On les voit qui regardent les prises électriques en 220 volts à la française, lorgnent dans les placards, se reposent dans les fauteuils dans le bureau de l'ambassadeur", témoigne Mme Kelmachter.

Ces curieux visiteurs prêtent tout autant d'attention aux oeuvres.

"Les Japonais ont une façon surprenante de se plonger d'emblée au centre du travail, une capacité à en extraire l'essentiel, en prenant le temps de regarder", s'avoue, surprise, Anne Leigneil, créatrice qui habille l'espace de bâches fines, disparaîssant avec le temps, tout comme les sons qu'elles produisent au vent.

Certains artistes se sont emparés des traces du temps, telle la Japonaise Yuumi Domoto qui a utilisé comme motifs de fond de toiles translucides l'accumulation de poussière derrière les cadres décrochés après des décennies.

Les vues multicolores de Tokyo, imaginées par Speedy Graphito avant de venir pour la première fois dans la capitale nippone, voisinent avec une inquiétante Amélie Nothomb caricaturée par Jef Aérosol.

Le tout côtoie les soi-disant autoportraits au double visage, aussi "kawai" (mignons) que "kowai" (effrayants), d'Erina Matsui, jeune artiste nippone aux créations protéiformes où transparaissent la fantasmagorie du monde enfantin et l'angoisse de l'univers adulte.

Quant au photographe franco-australien Franck le Petit (alias K-Narf), il a retouché les visages des ambassadeurs sous forme de "Photograffiti".

Exposition "No man's land" à Tokyo, jusqu'au 31 janvier, http://www.ambafrance-jp.org/nomansland

 

 

Adrénaline.

Adrénaline, caféine et déceptions: l'épuisant marathon de Copenhague

l'issue de dix jours de tractations aussi frustrantes qu'épuisantes à la conférence climat de l'ONU à Copenhague, les négociateurs sont dans un état de fatigue extrême et de tension palpable au moment de laisser la main aux grands dirigeants de la planète.

Assis prostré sur une chaise devant quelques brochures éparses expliquant comment la montée des océans submergerait son île du Pacifique, le Premier ministre de Tuvalu résumait à lui seul jeudi l'état général d'épuisement des participants que seules quelques poussées d'adrénaline et de fortes doses de caféine parviennent à masquer.

"Je suis maussade", soupirait l'honorable Apisai Ielemia, les épaules tombantes, seul sans le moindre assistant pour l'aider à tirer l'alarme sur les plages de sable blanc disparues de son enfance. Et sans personne pour l'écouter.

En vue de la venue de plus de 130 chefs d'Etat ou de gouvernement mondiaux, les organisateurs de la conférence géante ont fait place nette jeudi pour déployer le tapis rouge, mettant promptement dehors des bataillons entiers de militants d'ONG soudainement jugés indésirables au moment du sprint final.

Jusque-là, le Bella Center qui abrite la conférence destinée à parvenir à l'accord international probablement le plus ardu jamais envisagé, a battu pendant dix jours au rythme d'une fourmilière, entre va-et-vient incessants, files d'attentes interminables, sonneries de téléphone et surpopulation évidente.

Au total, environ 46.000 personnes étaient enregistrées pour la conférence réunissant 193 nations, alors que les halls du Bella Center ne peuvent en accueillir que 15.000, un décalage qui a entraîné un chaos à l'entrée du centre assez symbolique de l'impasse des négociations à l'intérieur.

Militants d'ONG aux causes environnementales diverses et variées ont laissé la place à de nouveaux bataillons de hauts conseillers et de gardes du corps aux visages carrés avec une inévitable oreillette - voire deux - vissée sur le crâne, accompagnant les chefs d'Etat.

Jeudi, à la veille du plus grand sommet climatique de l'Histoire, des dizaines de dirigeants faisaient grimper l'excitation en arpentant les couloirs de la conférence: le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l'Israélien Shimon Peres, le Français Nicolas Sarkozy ou le Brésilien Lula, entre autres.

La démesure du sommet a aussi attiré des journalistes de renom. "Je n'ai jamais rien vu de tel", lâche Thomas Friedman, célèbre auteur et éditorialiste du New York Times, en entrant dans la salle de presse grande comme un terrain de football, où travaillent 3.500 journalistes accrédités.

Nerfs à vif et cernes sous les yeux, même chez les vieux briscards, sont autant de preuves de l'impact de presque deux semaines de trop peu de sommeil et de trop de nouvelles.

Vendredi, qui s'annonce comme la journée de toutes les tensions, n'arrangera pas les choses: aux négociations nocturnes viendront s'ajouter de nouvelles restrictions de mouvements pour des raisons de sécurité, tandis que les milliers de membres d'ONG poussés dehors préparent des coups d'éclat en ville et à l'extérieur du Bella Center.

 

 

Delacroix .

La passion d'une riche collectionneuse pour Delacroix exposée à Paris

Le musée national Eugène Delacroix à Paris présente jusqu'au 5 avril 2010 la collection privée de Karen B. Cohen, une riche collectionneuse américaine, réunissant un vaste panorama de l'oeuvre du peintre français Eugène Delacroix (1798-1863).

L'exposition "Une passion pour Delacroix" réunit surtout des dessins, des croquis, autant de documents de travail traqués pendant trente ans par Mme Cohen, passionnée par l'artiste.

Quatre-vingt-dix oeuvres de sa collection sont présentées dans la demeure du peintre, transformée en musée.

"Elles retrouvent exceptionnellement les murs de l'atelier dans lequel elles figurèrent, pour la plupart, jusqu'à leur vente en 1864 après la mort de l'artiste", explique Christophe Leribault, directeur du musée et commissaire de l'exposition.

Après Paris, l'essentiel de la collection, qui a été donné au Metropolitan Museum of Art par Mme Cohen, rejoindra New York.

La collection révèle le parcours artistique de Delacroix, ses choix et sa méthode de travail.

"On a souvent l'image d'un peintre fougueux. Alors que ces esquisses attestent d'un énorme travail de recherche fourni en amont avant d'aboutir à ces compositions", précise M. Leribault.

Le visiteur peut ainsi découvrir des copies de maîtres anciens, des études d'après des modèles vivants ou des corps disséqués. Ou encore de nombreux croquis.

Eugène Delacroix, artiste animalier, introduit dans son bestiaire la violence des fauves, illustrée notamment par le "Cheval sauvage terrassé par un tigre" (aquarelle et gouache, 1828).

Mais l'un des événements majeurs de la carrière de l'artiste reste son voyage au Maroc en 1832.

"L'épisode marocain est fondateur du redémarrage de sa carrière en renouvelant son inspiration", précise le commissaire de l'exposition.

Eugène Delacroix conserva toute sa vie une masse de croquis pris sur le vif dans ce pays, qui lui servirent de base pour des oeuvres exécutées à Paris.

Dans l'aquarelle "La mer vue des hauteurs de Dieppe" (vers 1852-1854), le peintre se tourna vers le paysage. "Manet et Monet seront de grands admirateurs de Delacroix", souligne M. Léribault.

Le musée, situé place Furstenberg, est rattaché au musée du Louvre depuis six ans.

 

 

Espagne.

Coup de pouce au livre électronique avec une baisse de la TVA

Le gouvernement espagnol va donner un coup de pouce au livre électronique en baissant sa TVA de 16 à 4%, soit le même niveau que le livre traditionnel, a indiqué mercredi le ministère de la Culture dans un communiqué.

Cette mesure "est le fruit d'une longue lutte" de la part du secteur, a déclaré au journal El Pais Antonio Maria Avila, directeur de la Fédération des éditeurs espagnols.

Le livre électronique n'en est pour l'instant qu'à ses balbutiements. Le groupe américain Amazon distribue depuis fin octobre une version internationale de son livre électronique Kindle, permettant l'accès à quelque 200.000 livres en anglais et à plusieurs dizaines de journaux en d'autres langues.

Il compte plusieurs concurrents, dont le livre électronique de Sony, l'Iliad d'Irex et et le Cybook de Bookeen.

 

 

Le Centre Pompidou.

Fermé au public depuis plus de trois semaines, le Centre Pompidou peine à sortir de la grève alors que se tient mercredi un conseil d'administration de l'établissement consacré au budget 2010.

Le Centre Pompidou peine à sortir de la grève

Depuis le 23 novembre, la grève est reconduite en assemblée générale mais le taux de grévistes a très nettement chuté, a indiqué la direction du Centre.

En raison des règles strictes de sécurité en vigueur au Centre Pompidou, il suffit de quelques agents en grève, notamment chez les pompiers, pour que l'établissement ne puisse pas ouvrir ses portes au public.

Première musée à entrer en grève, le Centre Pompidou est aussi le seul à ne pas encore en être sorti.

Les personnels des autres musées nationaux, qui s'étaient mis en grève le 2 décembre contre les réductions d'effectifs à venir, ont accepté de suspendre leur mouvement après des négociations avec le ministère de la Culture.

Des groupes de travail vont être mis en place dans les musées et monuments touchés pour élaborer d'ici fin janvier un diagnostic global sur les moyens des établissements.

"La question de l'isolement du Centre Pompidou se pose", a déclaré un syndicaliste CGT du Centre Pompidou, interrogé par l'AFP.

Des fissures dans le front syndical sont apparues depuis samedi, FO restant très mobilisé pour la grève qui pourrait s'effilocher à l'approche des vacances de Noël.

Les syndicats s'inquiètent de l'application à compter du 1er janvier 2010 de la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, qui est de mise dans la fonction publique.

Première musée à entrer en grève, le Centre Pompidou est aussi le seul à ne pas encore en être sorti.

Les personnels des autres musées nationaux, qui s'étaient mis en grève le 2 décembre contre les réductions d'effectifs à venir, ont accepté de suspendre leur mouvement après des négociations avec le ministère de la Culture.

Des groupes de travail vont être mis en place dans les musées et monuments touchés pour élaborer d'ici fin janvier un diagnostic global sur les moyens des établissements.

"La question de l'isolement du Centre Pompidou se pose", a déclaré un syndicaliste CGT du Centre Pompidou, interrogé par l'AFP.

Des fissures dans le front syndical sont apparues depuis samedi, FO restant très mobilisé pour la grève qui pourrait s'effilocher à l'approche des vacances de Noël.

Les syndicats s'inquiètent de l'application à compter du 1er janvier 2010 de la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux, qui est de mise dans la fonction publique.

Cette règle affecterait particulièrement le Centre Pompidou en raison de sa pyramide des âges.

La direction du Centre Pompidou estime à 300.000 euros par semaine le manque à gagner lié à la fermeture de l'établissement (billets, produits dérivés). Les billets achetés à l'avance seront remboursés, "timbre compris", indique-t-elle.

Une nouvelle exposition, Via Design 3.0, n'a pu ouvrir ce mercredi, comme prévu.

Quelques 80 manifestations autour du spectacle vivant et du cinéma ont dû être annulées, selon la direction.

 

 

Festival du cinéma de Marrakech.

"Northless", du Mexicain Rigoberto Perezcano, récompensé

Northless", du réalisateur mexicain Rigoberto Perezcano, a remporté samedi soir l'Etoile d'or (Grand prix) de la 9ème édition du Festival international du film de Marrakech (FIFM).

Le prix d'interprétation masculine a été décerné à Cyron Melville pour son rôle dans "Love and Rage", du Danois Morten Giese.

Le prix d'interprétation féminine a été attribué à Lotte Verbeek pour son rôle dans "Nothing personal", de la Polonaise Urszula Antoniak.

Le prix du jury a été décerné ex aequo aux films "Les barons", du réalisateur belge d'origine marocaine Nabil Ben Yadir, et "My daughter", de Charlotte Lim Lay Kuen, une réalisatrice de nationalité malaisienne.

"Northless", premier long-métrage de Rigoberto Perezcano, aborde les thèmes du franchissement des frontières et de l'espoir des milliers d'immigrants illégaux qui tentent de passer aux Etats-Unis dans l'espoir d'une vie meilleure au nord.

Le film raconte l'histoire de l'un d'entre eux, Andrés (Harold Torres), un jeune fermier. Après un premier échec, il retourne à Tijuana, ville frontalière aux multiples démons, où il se lie d'amitié avec deux femmes, Cata (Sonia Couo) et Ela (Alicia Lagunes).

Trouvant refuge auprès d'elles, Andrés multiplie les petits boulots mais garde l'espoir de franchir clandestinement la frontière, ce qu'il essaiera de faire une nouvelle fois.

Quinze films d'autant de nationalités différentes étaient en compétition cette année: "Heliopolis", d'Ahmad Abdallah (Egypte), "Leo's Room", d'Enrique Buchichio (Uruguay), "Love & Rage", "My Daughter", "Northless", "Nothing Personal", "Qu'un Seul tienne et les autres suivront", de Léa Fehner (France), "True Noon", de Nosir Saidov (Tadjikistan), "Io Sono L'amore", de Luca Guadagnino (Italie), "Les Barons", "The Man Who Sold the World", de Swel et Imad Noury (Maroc), "Woman Without Piano", de Javier Rebollo (Espagne), "Symbol", de Matsumoto Hitoshi (Japon), "Tokyo Taxi", de Kim Tai-sik (Corée du Sud) et "The Good Heart", de Dagur Kari (USA).

Pour cette 9ème édition, le FIFM a aussi rendu hommage -avec 44 films programmés- au cinéma coréen, vieux d'un siècle et aujourd'hui "l'un des plus dynamiques au monde", selon les organisateurs.

Après le Maroc en 2004, l'Espagne en 2005, l'Italie en 2006, l'Egypte en 2007 et la Grande-Bretagne en 2008, le FIFM a mis l'Asie à l'honneur cette année, puisqu'une douzaine de films thaïlandais ont aussi été présentés.

La défense de l'environnement n'a pas été oubliée. "Home", du Français Yann-Arthus Bertrand et "Le syndrome du Titanic", de son compatriote Nicolas Hulot, ont été offerts au public de la célèbre place Jemaa El Fna, en plein centre-ville, tandis qu'"An inconvenient truth" ("Une vérité qui dérange"), du réalisateur américain Davis Guggenheim, était présenté au Megarama de Marrakech.

Président du jury, Abbas Kiarostami avait obtenu la Palme d'or du Festival de Cannes en 1997 pour son film "Le Goût de la Cerise".

En 2008, l'Etoile d'or du FIFM avait été décernée à "Wild Field", du réalisateur géorgien Mikhaïl Kalatozishvili.

Le FIFM, qui avait commencé le 4 décembre, est le principal festival de cinéma au Maroc, où sont produits chaque année une quinzaine de longs métrages et de 80 à 100 courts métrages.

 

© 2009 AFP

Italie .

Sept baleines mortes échouent sur le littoral dans les Pouilles

Sept baleines mortes ont été trouvées sur les côtes italiennes dans les Pouilles, une première depuis le 19ème siècle et qui serait due à la pollution chimique et électro-magnétique, ont rapporté les médias italiens vendredi.

Neuf baleines, des cachalots d'une longueur d'environ 10 mètres et d'un poids estimé à 15 tonnes, avaient été aperçues jeudi soir le long du littoral du Gargano, à Foce di Varano (centre). Deux d'entre elles ont réussi à reprendre le large, les autres sont mortes.

Le ministère italien de l'Environnement a envoyé des spécialistes sur place et les garde-côtes surveillent la situation.

"Il s'agit d'un événement extraordinaire, non seulement pour l'Italie mais probablement unique en Méditerranée", a expliqué l'association de défense de l'environnement Greenpeace, citée par l'agence Ansa.

"C'est une catastrophe environnementale", a déploré Greenpeace, en soulignant qu'il s'agit d'une espèce protégée et rare.

Les sept cachalots étaient de la même espèce que le protagoniste du célèbre roman Moby Dick de Herman Melville.

"Les causes, qui ne sont pas encore établies (en détail, ndlr), sont humaines à 99%, et en particulier à rechercher dans la pollution chimique et électro-magnétique", a affirmé Fabrizio Bulgarini, responsable scientifique en chef du WWF en Italie, cité par l'Ansa.

"Ces animaux subissent les interférences des sonars utilisés par les embarcations pour la navigation", a-t-il ajouté, en précisant que celles-ci pourraient, selon certaines études, causer une "désorientation ou même endommager le système" aidant les baleines à se déplacer dans l'eau.

Une autre hypothèse serait que les animaux aient perdu leur cap sous l'effet d'instruments utilisés pour la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures.

Une autopsie des cétacés sera effectuée par une équipe de l'université de Padoue et des scientifiques de l'université espagnole de Las Palmas aux Canaries dans le cadre d'un accord (appelé Accobams) assurant la tutelle des cétacés en Méditerrannée, en mer Noire et dans la partie européenne de l'Atlantique.

 

 

MAROC.

Des ONG disent non à l'impunité pour les violations des droits de l'Homme

Plusieurs ONG marocaines ont appelé vendredi à Marrakech (sud) à la fin de "l'impunité" et réclamé "des procès" contre tout auteur de violations des droits de l'Homme au Maroc, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La fin de l'impunité est une nécessité afin d'éviter la répétition des violations qu'a connues le Maroc lors des années de plomb", a déclaré Mohamed Sebbar, président sortant du Forum vérité et justice (FVJ), dont le 3ème congrès s'est ouvert vendredi soir en présence d'un demi-millier de participants.

Les "années de plomb" ont été marquées par une vaste campagne de répression contre les militants de gauche sous le règne du roi Hassan II, entre 1960 et 1999.

Le congrès du FVJ se tient du 11 au 13 décembre à Marrakech autour du thème "Mamfarkinch" ("Nous ne lâcherons pas"), une formule dialectale voulant dire, selon le FVJ, que "les militants ne cèderont pas tant que tous les dossiers des droits de l'Homme n'auront pas été réglés de façon définitive au Maroc".

La salle du congrès était garnie de portraits des "victimes de la répression et des disparus" ainsi que de banderoles appelant à "la fin de l'impunité", "à la réparation individuelle et collective" (indemnisation des victimes) ainsi qu'à des excuses de l'Etat.

"Les services de sécurité doivent dorénavant être soumis au contrôle du gouvernement et du Parlement", l'Etat doit appliquer toutes les "résolutions de l'Instance équité et réconciliation" (IER), pouvait-on également lire sur certaines banderoles.

L'IER, créé par le roi Mohammed VI au sein du Conseil consultatif des droits de l'Homme (CCDH/public), avait pris en 2005 une série de résolutions pour éviter de nouvelles exactions.

Le 3ème congrès du FVJ se termine dimanche avec l'élection d'un nouveau président en remplacement de Mohamed Sebbar.

 

 

Des Tibétains à Copenhague.

Des Tibétains à Copenhague pour rappeler le rôle du "troisième pôle"

Une délégation de Tibétains a rejoint pour la première fois la conférence climat de l'ONU, cette année à Copenhague, pour souligner que ce "troisième pôle" de la Terre est doublement affecté par le réchauffement et la politique environnementale de la Chine.

Le Tibet, le plus vaste et le plus haut plateau de la planète (au-dessus de 3.500 m d'altitude pour sa partie la plus habitée) est la troisième réserve en eau douce de la planète, sous forme de glace, après les pôles nord et sud.

Mais la majorité de ses 40.000 glaciers sont en train de fondre et cette fonte menace l'approvisionnent en eau douce des grands fleuves d'Asie dont dépendent plus d'un milliard de personnes dans une dizaine de pays.

Mais il s'agit surtout d'insister sur les politiques de la Chine dans cette province qu'elle a annexée en 1951 et à laquelle les militants tibétains reprochent de dévier le cours de leurs rivières à son seul profit.

"Nous voulons montrer que les pratiques tibétaines traditionnelles constituent la meilleure chance de préserver ce fragile écosystème d'altitude, vital non seulement pour les Tibétains, mais aussi pour les Chinois et le reste du monde", explique Tenzin Dhardon Sharling, de l'organisation des Femmes tibétaines.

Pendant toute la réunion, la délégation - non officielle - prévoit d'animer des ateliers et des conférences pour attirer l'attention sur le Tibet.

 

 

Le morceau du "crâne d'Hitler"

Le fragment du crâne censé avoir appartenu à Adolf Hitler et conservé à Moscou est authentique, ont assuré lundi les services spéciaux russes (FSB, ex-KGB), alors qu'une étude américaine assure que le bout d'os est en réalité celui d'une femme.

Le fragment du crâne censé avoir appartenu à Adolf Hitler et conservé à Moscou est authentique, ont assuré lundi les services spéciaux russes (FSB, ex-KGB), alors qu'une étude américaine assure que le bout d'os est en réalité celui d'une femme.

"Les archives du FSB détiennent la mâchoire d'Hitler, et les archives d'Etat un fragment du crâne d'Hitler. A l'exception de ces restes, saisis le 5 mai 1945, il n'existe pas d'autres morceaux du corps d'Hitler", a indiqué Vassili Khristoforov, le chef du fonds des archives du FSB, cité par l'agence Interfax.

En septembre, des professeurs de l'Université du Connecticut (nord-est des Etats-Unis) avaient affirmé que leurs analyses ADN démontraient que le morceau de crâne était celui d'une femme agée de 20 à 40 ans. La mâchoire n'a pas fait l'objet de ces tests.

"Les chercheurs ne se sont pas adressés aux archives du FSB (pour effectuer une analyse ADN). Et même s'ils avaient obtenu de l'ADN de nos fragments, alors avec quoi aurait-il pu le comparer?", a insisté M. Khristoforov.

"Ces restes sont uniques, il n'y a rien de comparable. Il s'agit des seules preuves de ce type de la mort d'Hitler, et c'est pour cela que le FSB les maintient dans ses archives", a-t-il ajouté.

Ces déclarations apparaissent en contradiction avec celles en septembre du chef adjoint des archives d'Etat russes, Vladimir Kozlov. Ce dernier expliquait que le morceau de crâne, troué par balle, avait toujours été présenté comme "appartenant probablement à Hitler".

Selon lui, "le constat sur la mort d'Hitler a été fait un an avant la découverte des fragments de crâne", alors que le responsable du FSB assure que les os avaient été trouvé le 5 mai 1945, cinq jours après le suicide du dictateur nazi.

Ce débat intervient alors que des doutes sur la succession des évènements -et même des spéculations sur une possible fuite du "Führer"- persistent depuis des décennies.

 

 

Le récit au cœur de la vie.

Les implications philosophico-anthropologiques de la narrotologie

Avec L’œuvre du temps, Raphäel Baroni publie, à deux ans de La Tension narrative, un recueil de textes, en partie déjà parus dans d’autres publications, qui approfondit et élargit la perspective inaugurée par le premier ouvrage.

Comme tout ensemble de textes rédigés pour d’autres occasions, l’ouvrage est caractérisé par une certaine hétérogénéité qui pourrait mettre en péril sa cohérence interne. Effectivement, lors d’une première lecture superficielle, le caractère disparate des textes peut donner l’impression d’une absence de fil rouge : un premier chapitre revisite la triple mimésis de Paul Ricœur ; il est suivi par deux analyses de textes de Julien Gracq qui explorent les relations entre phénoménologie du temps, intrigue et figuration narrative ; puis par des réflexions sur le rapport entre auteur et lecteur ; un approfondissement sur le fonctionnement des genres littéraires ; deux chapitres sur l’opposition entre textes fictionnels et textes factuels et enfin un entretien portant sur son premier ouvrage.

Probablement que cette impression d’hétérogénéité a-t-elle aussi été celle de l’auteur qui, en préparant son volume, a dû s’apercevoir du problème et, pour y faire face, a dû rédiger l’introduction et la conclusion de façon à mieux faire ressortir le fil conducteur de l’ouvrage. Jusque là, rien de très original, mais ce qui est intéressant de relever, c’est que ces deux chapitres à la périphérie du texte adoptent un style narratif, en racontant le parcours théorique que l’auteur a suivi pour arriver aux positions actuelles. Cela n’est sûrement pas un hasard : comment assurer au mieux la cohérence d’une série apparemment disparate d’éléments sinon en les intégrant dans un récit ? L’auteur exploite ainsi dans sa pratique même d’écriture cette potentialité du récit, qui constitue un point fondamental de toute la narratologie contemporaine. Que le récit ait un pouvoir d’inscrire la discordance de l’expérience dans la configuration d’un récit est au fond le grand enseignement que la réflexion de Ricœur nous a légué et qui a déjà été reprise et relancée aussi dans le premier ouvrage de Baroni.

Cependant, dans L’Œuvre du temps, cette « vérité narratologique » ne se limite pas uniquement à assurer la cohérence de l’ouvrage et à constituer le postulat de départ de la réflexion, mais elle s’ouvre sur des enjeux d’une portée bien plus vaste.


À bien y regarder, le fil rouge de l’ouvrage consiste en l’exploration des relations qu’entretiennent récit, temps et vie. L’ampleur d’une telle thématique ne peut évidemment qu’effrayer, mais R. Baroni l’aborde avec prudence, en dialoguant avec de nombreux auteurs, parmi lesquels Ricœur, Carr, Schapp, Ryan, Sternberg, etc., et en la faisant ressortir de l’analyse des formes les plus variées de récit.

D’un point de vue théorique, la porte d’entrée à cette réflexion avait déjà été ouverte par son ouvrage précédent. En mettant en relation récit et expérience temporelle, l’auteur inscrivait cette forme discursive au cœur même de l’expérience humaine. Dans cet ouvrage, l’idée est réaffirmée en citant en particulier Schapp ou Carr, qui soulignent comment, au fond, nous sommes toujours pris dans des histoires et que notre perception du monde est déjà ordonnée sous forme narrative. Cela signifie alors que la « “manière immédiate” que nous avons de vivre les histoires qui nous arrivent est déjà narrative, et même nos souvenirs et nos projets les plus secrets sont déjà des formes de récits intimes » ; et, en citant Barbara Hardy, que « nous rêvons et rêvassons en récit, nous nous souvenons, nous anticipons, espérons, croyons, planifions, apprenons, haïssons, et aimons à travers des récits » (p. 17).

Cependant, affirmer que nous sommes toujours et déjà pris dans des récits fait exploser le cadre de la narratologie traditionnelle. Ce cadre a déjà été ébranlé depuis quelques années par l’introduction d’analyses de récits non littéraires, ou même non écrits, mais aussi par les avancées réalisées dans le champ de la psychologie cognitive. Mais l’élargissement ici proposé semble ouvrir de nouvelles perspectives pour la discipline de la narratologie, qui s’oriente ainsi résolument vers ses implications philosophico-anthropologiques.

R. Baroni relève bien cet élargissement en précisant que ses propos « visent finalement à compléter l’ambition d’une narratologie qui s’était donné pour mission de mettre au jour le point commun existant entre tous les récits existants, quels que soient les genres auxquels ils se rattachent », et qui maintenant est parvenue à mettre au jour « une sémantique élémentaire de l’action, qui n’est d’ailleurs pas propre uniquement aux genres narratifs, mais également à toute représentation mentale de l’action. La structure formelle commune à toutes les formes de narrativité ne serait ainsi rien d’autre que la représentation (mentale ou discursive) de l’action dans le temps, dans son déploiement virtuel ou actualisé » (p. 82, je souligne).

Si l’on considère avec attention les implications d’une telle conception, on comprend la nécessité de traverser les chapitres du livre qui s’offrent en tant qu’étapes permettant de revisiter les différentes pratiques narratives à la lumière de ce nouvel enjeu de la discipline.

En particulier, il devient intéressant de réfléchir sur une nouvelle articulation de la conception ricœurienne des trois mimesis, une conception qui, au-delà de ses limites, reste un point de référence important pour la narratologie contemporaine. Comment en effet concevoir le rapport entre la mimesis 1 et la mimesis 2, entre la préfiguration et la configuration de l’action, si toute expérience humaine se donne d’emblée dans une forme narrative ?

Et parallèlement, il apparaît nécessaire de revoir aussi le « grand partage » entre textes fictionnels et textes factuels. Si toute expérience passe par une forme de narrativisation, et s’il existe une « continuité formelle entre l’événement vécu, sa représentation mentale, sa configuration par l’écriture ou la parole, et sa reconfiguration par la lecture ou l’écoute » (p. 52), alors il devient ardu de distinguer ces deux genres textuels en fonction de leur référence à un objet extralinguistique. Le problème doit être réglé sur un autre niveau. C’est ainsi que l’on peut comprendre l’intérêt du nouveau partage proposé par R. Baroni, « entre des genres narratifs, généralement factuels, qui remplissent une fonction configurante (expliquer, rendre intelligible les évènements passés), et d’autres, généralement fictionnels (mais pas seulement), qui sont plutôt dominés par une fonction intrigante, c’est-à-dire qui exploitent une discordance narrative provisoire ou permanente à des fins esthétiques » (p. 27, je souligne).

Ce ne sont là que deux exemples du travail de reconsidération des catégories traditionnelles effectué à la lumière de la position adoptée par R. Baroni.


Au fond, on pourrait voir dans le geste théorique de l’auteur la tentative de substituer l’ancien monde de référence de la discipline, constitué d’essences et d’objets extratextuels qui trouvaient leur cohérence dans la synthèse d’un récit, avec un monde déjà sous forme narrative, plus ou moins concordante ou discordante, dont il s’agit encore d’explorer les contours.

Cela dit, l’auteur reste extrêmement prudent sur les enjeux théoriques de son ouvrage. Il affirme en effet ne pas avoir « une conception arrêtée de ce que peuvent être les rapports entre le temps et les récits » et qu’on ne trouvera pas dans son livre « de fondations assez solides pour ancrer quelques certitudes ou échafauder un système des genres narratifs et de leur fonction anthropologique » (p. 31). Mais il est certain que, par cet ouvrage, R. Baroni contribue à élargir les fondations de la narratologie en montrant l’enjeu philosophique et anthropologique de la discipline, sans pour autant s’éloigner ses terrains de prédilection : l’analyse de récits écrits, notamment littéraires.

par Lorenzo Bonoli
Publié sur Acta le 1 décembre 2009

*Mohamed El jerroudi

MARRAKECH.

SPECIALE FESTIVAL DU FILM DE MARRAKECH

Saïd Taghmaoui, la star originaire du Maroc reçoit demain un hommage exceptionnel, rendu à l'ensemble de sa carrière par le 9ème Festival de Marrakech

©Mohamed El jerroudi

Nucléaire iranien.

Ban Ki-moon "vivement préoccupé"

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit "vivement préoccupé" par l'annonce de Téhéran de son intention de construire dix nouvelles usines d'enrichissement d'uranium, mais indiqué privilégier les négociations avant d'éventuelles nouvelles sanctions.

"Je suis vivement préoccupé par la situation actuelle, du fait que les autorités iraniennes ont déclaré qu'elles allaient construire 10 centrales supplémentaires d'enrichissement de l'uranium", a déclaré Ban Ki-moon dimanche, lors d'une émission sur la chaîne TV5Monde et la radio RFI.

L'Iran a annoncé le 29 novembre qu'il projetait de construire dix nouvelles usines d'enrichissement d'uranium et de produire de l'uranium enrichi à 20%, suscitant de nouvelles inquiétudes dans la communauté internationale, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de l'arme atomique.

Interrogé sur d'éventuelles nouvelles sanctions internationales à l'égard de Téhéran avant la fin de l'année, le chef de l'ONU a répondu n'avoir pas "reçu ces informations".

"J'espère que les négociations se poursuivront notamment avec le processus 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne plus l'Allemagne), c'est un processus très important", a-t-il dit. "Ces négociations devraient se poursuivre avant d'envisager des sanctions supplémentaires", a-t-il estimé.

"Il y a déjà trois résolutions du conseil de sécurité comprenant des sanctions contre l'Iran", a-t-il rappelé, exhortant à nouveau les autorités iraniennes à "respecter pleinement" ces résolutions de l'ONU et à "pleinement coopérer avec l'AIEA", l'Agence internationale de l'énergie atomique.

"J'espère sincèrement que nous pourrons résoudre ce problème de façon pacifique au moyen du dialogue", a-t-il dit.

 

 

SOUDAN.

Trois dirigeants de l'opposition relâchés

Trois hauts responsables du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, anciens rebelles sudistes), arrêtés lundi alors qu'ils s'apprêtaient à participer à une manifestation, ont été relâchés quelques heures plus tard, a constaté un journaliste de l'AFP.

Trois hauts responsables du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, anciens rebelles sudistes), arrêtés lundi alors qu'ils s'apprêtaient à participer à une manifestation, ont été relâchés quelques heures plus tard, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le secrétaire général du SPLM, Pagan Amum, ainsi que Yassir Arman, le secrétaire général adjoint du parti pour le nord du Soudan, et Abbas Gumma, secrétaire d'Etat au sein du ministère de l'Intérieur, fêtaient leur libération dans les locaux de leur parti à Khartoum en compagnie de milliers de partisans.

M. Amum a indiqué à l'AFP qu'il allait tenir une conférence de presse sous peu.

M. Arman, légèrement blessé au pied pendant sa détention, semblait bien se porter selon le journaliste de l'AFP.

Les trois responsables ont été arrêtés par la police à leur arrivée devant le Parlement à Omdurman, la ville jumelle de Khartoum, où était prévu un rassemblement, "illégal" selon les autorités, pour réclamer des réformes démocratiques.

Suite à leur interpellation, les locaux du parti du président soudanais Omar el-Béchir dans deux villes du sud-Soudan ont été incendiés.

 

 

Affaire Bettencourt.

Plusieurs personnes ont bénéficié de dons

La milliardaire Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal, a fait des dons à plusieurs personnes autres que le photographe François-Marie Banier, accusé par Françoise, la fille de l'octogénaire, d'abus de faiblesse, a-t-on appris samedi auprès du parquet de Nanterre.

La milliardaire Liliane Bettencourt, héritière de L'Oréal, a fait des dons à plusieurs personnes autres que le photographe François-Marie Banier, accusé par Françoise, la fille de l'octogénaire, d'abus de faiblesse, a-t-on appris samedi auprès du parquet de Nanterre.

"Il y a eu des donations à d'autres personnes", a précisé le parquet de Nanterre, confirmant une information du Figaro et du Journal du Dimanche.

"Selon la Brigade financière, (Liliane Bettencourt) a offert des oeuvres d'art d'un montant de 1,148 million d'euros et trois négatifs du photographe Eugène Cuvelier (estimés 756.000 US$) à Martin d'Orgeval, un proche de Banier", explique le JDD.

"De même, Liliane Bettencourt aurait donné 500.000 euros à la fille du professeur Gilles Brucker, un médecin réputé, qui serait lui-même l'exécuteur testamentaire de Mme Bettencourt et aurait obtenu pour se faire un million d'euros", ajoute le journal

(Liliane Bettencourt le 6 juillet 2007 à Paris)                   

Le Figaro fait état d'un don de 160 millions d'euros qui aurait été octroyé par Liliane Bettencourt au bénéfice de Lindsay Owen-Jones, ancien PDG de L'Oréal, et révélé par François-Marie Banier durant sa garde à vue.

Contacté par le quotidien, Lindsay Owen-Jones "n'a pas démenti l'existence de ce don", son entourage ayant précisé qu'"OJ" a "toujours salué la grande générosité de la famille Bettencourt".

"Il faut faire une différence entre les gens qui ont apporté une plus-value à L'Oréal et méritaient sans doute une récompense et les autres. Certains ont forcé les choses, d'autres pas", a déclaré à l'AFP Olivier Metzner, l'avocat de Françoise Bettencourt-Meyers.

Une source judiciaire a indiqué samedi à l'AFP que Lindsay Owen-Jones a simplement été cité dans la procédure par un témoin ou un mis en cause, tandis que Martin d'Orgeval a été entendu.

Liliane Bettencourt, 87 ans, troisième fortune de France, est l'héritière et l'actionnaire principale de L'Oréal.

Une audience doit avoir lieu vendredi au tribunal correctionnel de Nanterre, après la citation directe au tribunal de François-Marie Banier par la fille de la milliardaire, Françoise Bettencourt-Meyers. Celle-ci accuse le photographe d'avoir abusé des faiblesses psychologiques de sa mère pour bénéficier de dons approchant le milliard d'euros.

La fille de Liliane Bettencourt a saisi un juge des tutelles pour obtenir la protection judiciaire de sa mère dans cette affaire, une action qui pourrait entraîner la mise sous tutelle de l'héritière et actionnaire principale de L'Oréal.

 

 

MAROC.

L'Espagne connaît des "difficultés" avec le Maroc, selon Zapatero

Le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré dimanche que son pays connaissait des "difficultés" avec le Maroc sur le dossier de l'opposante sahraoui Aminatou Haidar, mais qu'il fallait préserver les relations entre les deux pays.

Le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré dimanche que son pays connaissait des "difficultés" avec le Maroc sur le dossier de l'opposante sahraoui Aminatou Haidar, mais qu'il fallait préserver les relations entre les deux pays.

"Parfois, et c'est normal, il y a des difficultés" dans les relations de l'Espagne avec ses voisins, a-t-il déclaré en marge d'un acte officiel, interrogé sur le dossier de Mme Haidar. Mais "l'intérêt général doit prévaloir", a-t-il déclaré.

"Une des priorités de la politique extérieure espagnole, parce que c'est l'intérêt du pays, est de maintenir de bonnes relations avec tous nos voisins, avec ceux dont nous partageons des intérêts communs dans beaucoup de domaines importants", a-t-il déclaré.

Le Maroc a refusé une nouvelle fois samedi d'autoriser le retour au Sahara occidental de la militante Aminatou Haidar, en grève de la faim en Espagne depuis près de trois semaines, suscitant l'irritation de Madrid.

Elle a été expulsée le 14 novembre du Sahara occidental par les autorités marocaines, qu'elle accuse de lui avoir retiré son passeport marocain, et observe depuis le 16 novembre une grève de la faim à Lanzarote.

Selon Rabat, elle a refusé d'"accomplir les formalités habituelles de police et renié sa nationalité marocaine" à son arrivée le 13 novembre à Laâyoune.

Déclarant que le gouvernement travaillait intensément sur ce dossier, M. Zapatero a déclaré "espérer que nous trouvions une solution raisonnable", en "pensant évidemment et avant tout à Mme Haidar".

 

Election ivoirienne.

Du pain sur la planche pour être enfin au rendez-vous

L'élection a été reportée le 29 novembre pour la sixième fois depuis la fin du mandat du président Laurent Gbagbo.

"Fin février-début mars 2010": faute d'une nouvelle date précise, la Côte d'Ivoire s'accroche désormais à un créneau pour la tenue de sa cruciale élection présidentielle, mais il lui reste de lourds défis à relever pour honorer enfin ce rendez-vous ajourné depuis 2005.

Réunis jeudi à Ouagadougou autour du "facilitateur", le président burkinabè Blaise Compaoré, les principaux leaders ivoiriens ont arrêté cette période pour le scrutin censé clore la crise née en 2002 du coup d'Etat manqué de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui a coupé le pays en deux.

L'élection a été reportée le 29 novembre pour la sixième fois depuis la fin du mandat du président Laurent Gbagbo.

"Maintenant, a aussitôt averti M. Gbagbo, il faut bander les muscles" pour pouvoir tenir ce "chronogramme" (calendrier), accueilli dans l'ensemble avec circonspection.

Si beaucoup a été fait depuis le recensement inauguré en septembre 2008, les tâches restantes sont en effet importantes, et font déjà peser des incertitudes. Les étapes précédentes ont à chaque fois pris plus de temps que prévu, officiellement pour raisons "techniques et financières".

De l'aveu de la Commission électorale indépendante (CEI), "l'étape la plus délicate" est le règlement des contentieux sur la liste électorale provisoire.

Lancée il y a presque deux semaines, cette phase, qui concerne 1,033 million de "cas litigieux" sur quelque 6,4 millions de personnes recensées, doit être conduite en décembre.

Devant l'ampleur du travail, M. Gbagbo, le Premier ministre et chef des FN Guillaume Soro, et les opposants Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara ont décidé de faire preuve de souplesse: ils ont renvoyé à l'après-scrutin les corrections d'"erreurs matérielles" (orthographe du patronyme par exemple) sur les cartes d'électeurs.

Mais les cas plus complexes, correspondant aux personnes introuvables sur les fichiers administratifs et donc tenues de prouver leur nationalité, soulèvent des questions.

Combien pourront être régularisées et intégrées dans la liste définitive, et les autorités clôtureront-elles l'opération à la date prévue?

"S'il y a des cas qui n'ont pas été traités dans le contentieux, il faudra arrêter" quand même, assure un proche du président.

Mais une source diplomatique occidentale souligne que le traitement lui-même n'a toujours pas atteint sa vitesse de croisière. Surtout, estime-t-elle, les autorités "ne pourront pas se permettre" de laisser sur le bas-côté de nombreux électeurs potentiels au motif que le délai est dépassé, alors que la question des papiers est au coeur de la crise ivoirienne.

L'autre grand défi touche à la sécurisation du processus électoral.

Elle doit incomber au Centre de commandement intégré (CCI), état-major mixte censé déployer 4.000 éléments loyalistes et 4.000 FN. Mais faute notamment de moyens suffisants, il n'est pour de nombreux observateurs qu'une "coquille vide".

Les dirigeants ivoiriens se tournent donc vers l'extérieur, escomptant une plus grande implication des "Forces impartiales", force française Licorne et Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

Les "Forces impartiales" pourront appuyer les unités ivoiriennes mais elles ne sécuriseront pas les bureaux de vote "à leur place", prévient cependant une source onusienne.

Alors que ces interrogations demeurent, avoir fixé une simple période pour le scrutin n'a pas que des inconvénients, observe un autre diplomate: "une période, on peut la faire glisser. Une date, c'est plus difficile".

 

  • Mohamed El jerroudi

Torture ou plaisir .

Les séances de poses vues par les enfants de peintres

Au musée de l'Orangerie à Paris, les enfants de peintres sortent des tableaux et se souviennent des séances de pose : "torture" pour l'acteur Pierre Arditi, "agréable" pour l'écrivain Jean-Marie Rouart, "moment exceptionnel" pour le socialiste Manuel Valls.

A l'occasion de l'exposition "Les enfants modèles. De Claude Renoir à Pierre Arditi", qui ouvre mercredi au public, plusieurs enfants, petits-enfants et neveux d'artistes ont évoqué ensemble mardi leurs souvenirs devant les toiles les représentant.

Au musée de l'Orangerie à Paris, les enfants de peintres sortent des tableaux et se souviennent des séances de pose : "torture" pour l'acteur Pierre Arditi, "agréable" pour l'écrivain Jean-Marie Rouart, "moment exceptionnel" pour le socialiste Manuel Valls.

A l'occasion de l'exposition "Les enfants modèles. De Claude Renoir à Pierre Arditi", qui ouvre mercredi au public, plusieurs enfants, petits-enfants et neveux d'artistes ont évoqué ensemble mardi leurs souvenirs devant les toiles les représentant.

"Une séance de torture", résume Pierre Arditi devant la toile "Pierre à la chaise rouge" peinte en 1951 par son père Georges Arditi, né en 1914. "J'ai sept ans. Je suis dans une position invraisemblable", raconte le comédien.

"Je n'ai pas le droit de bouger. C'est insupportable. Mon père gueulait dès que je remuais un doigt", se souvient l'acteur. "Maintenant, je me dis que c'est un très beau tableau et que cela valait le coup", ajoute-t-il.

Les séances de poses vues par les enfants de peintres

Sa soeur Catherine Arditi se souvient que ce n'était "pas très amusant de poser". "Notre père était nerveux. Il ne fallait pas remuer", confirme-t-elle devant un tableau de 1949 la représentant avec son frère dans l'atelier. Bouche bée, les deux enfants semblent tétanisés. "J'adore cette toile", précise la comédienne.

Chez les Valls, l'atmosphère était bien différente. Silence, rigueur et retenue. Manuel Valls, député-maire PS d'Evry, se souvient avec "émotion" d'avoir posé en 1976 pour son père, le peintre catalan Xavier Valls, arrivé à Paris en 1950.

Sur cette toile, le jeune Manuel a le visage sérieux, les mains jointes. "J'ai treize ou quatorze ans. C'est un moment exceptionnel et ça le reste", déclare l'homme politique qui a perdu son père il y a trois ans.

"Il y a un sentiment d'épreuve physique car il faut se tenir droit. Mais je réalise l'acte d'amour qui était le sien lorsqu'il peignait cette toile", ajoute le socialiste.

L'écrivain Jean-Marie Rouart explique que son père, Augustin Rouart, le "poursuivait de son pinceau". Même la nuit, le peintre braquait une lampe torche sur le visage de son fils pour le dessiner.

"J'aimais beaucoup poser. J'aimais bien qu'on s'intéresse à moi", déclare l'académicien devant plusieurs tableaux le représentant. "Mon père me racontait des histoires très agréables", se souvient-t-il.

 

Huile sur toile - "Catherine et Pierre Arditi à l'atelier" par Georges Arditi 1949

Pour Claire Denis, petite-fille de Maurice Denis (1870-1943), les séances de pose n'évoquent que des "souvenirs de gaieté". "Ce n'était pas du tout une corvée". Il est vrai que son grand-père ne faisait pas poser longtemps. Il réalisait des croquis très rapides et travaillait ensuite sans le modèle.

Javotte Taillade se souvient qu'elle entrait parfois à reculons dans l'atelier de son grand-oncle André Derain (1880-1954). "Il était très intimidant. A la fois grand et corpulent", souligne-t-elle devant son portrait réalisé en 1949 par le peintre.

Un grand absent à cette "réunion de famille": l'anthropologue Claude Lévi-Strauss, décédé début novembre à l'âge de 100 ans. Il est représenté sur son cheval mécanique, en 1912, par son père Raymond Lévi-Strauss. Il n'a que trois ans mais son regard est déjà plein de détermination, souligne Emmanuel Bréon, directeur du musée de l'Orangerie.

Très plaisante et légère, l'exposition présente également de très beaux portraits des enfants de Picasso, Matisse ou Renoir, à côté d'artistes moins connus.

(Les enfants modèles. Du 25 novembre 2009 au 8 mars 2010 - Musée de l'Orangerie.

Catalogue RMN Editions 39 euros)

 

 

Antisémitisme ?

Alain Badiou : De quoi Sarkozy est-il le nom ?

De quoi Sarkozy est-il le nom ? d'Alain Badiou, professeur émérite de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure, est un livre d'intervention publié fin octobre 2007 dans l'excellente collection Circonstances d'un petit éditeur, les Nouvelles Éditions Lignes. Ce bref mais radical essai politico-philosophique d'un auteur, certes reconnu dans les universités du monde entier comme l'un des plus grand philosophes vivants mais dont l'oeuvre est généralement considérée comme difficile d'accès pour le grand public (rien à voir donc avec les médiatiques Bernard-Henri Lévy et autres André Glucksmann qui conseillent aujourd'hui l'Elysée), publié de surcroît sans promotion particulière, devrait comme bien d'autres livres dans ce cas de figure avoir déjà disparu des librairies. Sauf que non, de bouche à oreille en billets de blogs, de recensions militantes en conseils de lecture, l'analyse-décryptage d'Alain Badiou connaît un spectaculaire succès (près de 20.000 exemplaires vendus à ce jour). Comme La société du spectacle de Guy Debord (publié un an avant 1968), De quoi Sarkozy est-il le nom ? pose semble-t-il la bonne question du moment. Le petit livre aux concepts aussi radicaux que dérangeants circule beaucoup et rencontre petit à petit l'état d'esprit de ces millions de français pour qui l'élection de Nicolas Sarkozy constitue l'évènement le plus nauséeux et le plus déprimant de l'histoire de la France contemporaine.


Dans De quoi Sarkozy est-il le nom ? Alain Badiou formule que, face à l'utraviolence du monde et à la précarité sociale qui sonne à la porte, cette puissance en perte d'influence qu'est la France a de nouveau succombé à ses vieux démons, à savoir ni plus ni moins à son incurable "pétainisme transcendental", l'un des noms du sarkozysme. L'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir est une énième manifestation de la grande crainte des français possédants, privilégiés, petits bourgeois, esprits étroits, revanchards et autres "rats" demandeurs de protection. Pour le philosophe, "Il y a en France une tradition particulière qui est l'exact symétrique de la France universelle des Lumières et des droits de l'homme. Face à la Révolution de 1789, aux mouvements ouvriers du XIXe siècle, au Front populaire, à la Résistance et à Mai 68, il existe un autre courant, droitier et conservateur, qui combine un certain nombre de traits. Ses aspects sont connus: présenter comme révolutionnaire une politique réactionnaire; valoriser les modèles étrangers en laissant croire que la France est en retard; désigner une minorité comme suspecte et proposer son contrôle et sa répression de manière énergique; enfin, montrer dans le passé un événement mauvais avec lequel il faut en finir. Mai 68 dans le cas de Sarkozy, le Front populaire pour Pétain. Cette tradition remonte en réalité à 1815, au moment où ceux qui avaient fui le pays à la Révolution sont revenus avec l'idée de la Contre-Révolution."
Face donc à des bouleversements qui inquiètent, la France de 2007 a selon Alain Badiou renoué avec sa tradition conservatrice et revancharde. De la même façon qu'une majorité de français frileux plébiscitèrent Pétain et acceptèrent sans broncher la persécution des Juifs pour avoir la paix, les néopétainistes de 2007 ont porté au plus haut niveau de l'Etat un "guide" particulièrement réactionnaire et se comportent depuis sous le régime sarkozyste comme sous le régime de Vichy. Soumis à une intense propagande médiatique, ils acceptent sans broncher les lois scélérates et les mesures politiques infâmes que cet "homme aux rats" fait promulguer contre de nouveaux boucs émissaires, ces juifs du temps présent que sont les sans-papiers, les sans-emploi, les sans-voix, les sans-argent et autres sans-droits de tous poils qui font tache dans la grande aventure du néolibéralisme et du néoconservatisme triomphants.


Devant son retentissement inattendu, le pamphlet d'Alain Badiou, jusqu'ici passé plutôt sous silence dans les grands médias ou traité par quelque sarcasme, commence à susciter des réactions violentes de la part des chiens de garde du régime. Outre les articles de commentateurs néoconservateurs qui s'attellent à la tâche de réduire sa pensée à une ressucée d'un marxisme-léninisme dogmatique et archaïque, tout en la présentant en même temps comme une "philosophie d'institution", Alain Badiou fait aussi comme c'était prévisible -- on se souvient des attaques de même nature abjecte portées contre Pierre Bourdieu, Noam Chomsky ou encore Edgar Morin -- l'objet d'un procès en antisémitisme. Accusation aussi inévitable que ne s'appuyant comme d'habitude sur rien, sinon sur un degré zéro de lecture et une volonté manifeste de discréditer le propos de l'auteur sans débattre sur le fond. La méthode perverse est désormais bien connue, ainsi que les auteurs intellectuellement malhonnêtes qui l'utilisent régulièrement. On la repère à l'oeuvre ici dans un blog -- Pierre Assouline (dans son billet du 28 novembre 2007) pour qui "un Rubicon est franchi" avec l'emploi de l'expression "Homme aux rats" -- là dans un "Rebond" de Libération -- Bruno Chaouat pour qui la même expression rappelle non pas la référence à Freud ou à Hamelin mais la rhétorique de l'antisémitisme et de l'anticapitalisme -- ailleurs dans un éditorial du magazine Le Point -- Alain Duhamel pour qui "ces diatribes d'un autre âge vont beaucoup trop loin" --, enfin en divers lieux sous d'autres formes d'interprétations délirantes mais toutes aussi repèrables à leur inculture crasseuse et au niveau de l'attaque en dessous de la ceinture.


Alain Badiou vient de répondre à ces "tontons flingueurs" dans l'édition du jour de Libération. Extrait: "Un jour, on vous envoie des porte-flingues. [...] Comme les commanditaires de l'assaut ne se montrent guère, les porte-flingues ne sont pas de première force. Ils voudraient bien tirer pour tuer, cependant. Mais qu'est-ce qui tue quelqu'un, de nos jours, dans la guerre intellectuelle ? Parbleu ! L'accusation d'antisémitisme ! Voilà la bonne idée ! Qu'Alain Badiou, dont on connaît tout de même vaguement les origines, les engagements, et même ce qu'il a écrit depuis vingt-cinq ans à propos des juifs, soit antisémite, c'est peu crédible, mais essayons quand même, disent les tontons flingueurs de la nouvelle extrême droite, celle qui vient de l'ancienne extrême gauche. [...] On remarquera alors, chose intéressante, ce qu'ils ont en commun, qu'ils viennent du démocratisme rance ou de l'anarchisme snob: ils n'aiment, ni qu'on repère dans l'histoire de France une structure réactionnaire fondamentale, que j'ai nommée dans mon jargon le 'pétainisme transcendantal'; ni qu'on dise que le mot 'communisme' reste apte à nommer l'avenir politique de l'émancipation. [...] Ils n'aiment que l'étroitesse du présent, de leur présent, comme Sarkozy."

Texte de ©Noël Blandin  

• Mohamed El jerroudi

Guinée.

Le médiateur burkinabè Blaise Campaoré tente de rassurer l'opposition

Le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, a tenté samedi soir à Ouagadougou de rassurer les Forces vives de Guinée (opposition, syndicat, société civile) après le rejet de ses propositions de sortie de crise en Guinée.

Le médiateur dans la crise guinéenne, le président burkinabè Blaise Compaoré, a tenté samedi soir à Ouagadougou de rassurer les Forces vives de Guinée (opposition, syndicat, société civile) après le rejet de ses propositions de sortie de crise en Guinée.

"Tout le monde a eu cette impression que les négociations étaient rompues alors qu'on n'en était qu'à la phase préliminaire. C'est pour mettre fin à cette confusion que le président Compaoré nous a invités à le rencontrer pour qu'on remette les pendules à l'heure", a déclaré à la presse le porte-parole des Forces vives Jean-Marie Doré.

"Il nous a dit qu'il était choqué et surpris par nos propos suite aux propositions qu'il a faites" jeudi, a rapporté le secrétaire général de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) Ibrahima Fofana.

"Il nous a dit que ses propositions étaient la première phase et que c'est ainsi qu'il procédait dans les négociations", a-t-il poursuivi.

L'opposition à la junte au pouvoir en Guinée a rejeté vendredi les propositions de M. Compaoré qui préconisaient notamment un maintien au pouvoir du chef de la junte guinéenne, le capitaine Moussa Dadis Camara, durant une période de transition de 10 mois devant déboucher sur une élection présidentielle.

"D'ici lundi, on aura un texte qu'on soumettra au médiateur. On lui dira tout ça avec des justifications claires, nous répondrons point par point à son document", a précisé M. Fofana.

"Il n'y a pas de rupture de dialogue. Nous avons pleine et entière confiance dans les talents" de M. Compaoré, a encore assuré M. Doré.

Selon ces responsables des Forces vives, M. Compaoré leur a demandé de lui soumettre "par écrit" leurs griefs contre son "projet d'accord".

"Les points non négociables" sont le départ du pouvoir du capitaine Moussa Dadis Camara, sa non-candidature à la présidentielle et la dissolution du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement, organe dirigeant de la junte), a rappelé M. Fofana.

"Nous ne voulons pas du tout que la transition soit gérée par le capitaine Dadis et par le CNDD", a ajouté le leader de l'Union des forces démocratiques de Guinée, Cellou Dalein Diallo.

"Conformément à la décision pertinente du Groupe international de contact (sur la Guinée) qui s'est tenu à Abuja au mois d'octobre, nous avons demandé que le CNDD soit dissout et que soit mise en place une nouvelle autorité de transition qui pourrait être dirigée par une personnalité consensuellement choisie, cette personnalité pouvant être civile ou militaire", a-t-il indiqué.

Née du coup d'Etat du 23 décembre 2008, qui a porté au pouvoir le capitaine Camara, la crise en Guinée s'est dramatiquement aggravée avec le massacre par les forces de sécurité de plus de 150 opposants, selon l'ONU, le 28 septembre à Conakry.

 

Source:2009 AFP

La chapelle Sixtine.

Opération-séduction du pape envers le monde des arts à la chapelle Sixtine

Benoît XVI s'est livré samedi à une opération de séduction envers le monde des arts en recevant dans la prestigieuse Chapelle Sixtine 260 artistes, en majorité italiens, auxquels il a assuré que "la foi n'enlevait rien à leur génie".

  

Benoît XVI s'est livré samedi à une opération de séduction envers le monde des arts en recevant dans la prestigieuse Chapelle Sixtine 260 artistes, en majorité italiens, auxquels il a assuré que "la foi n'enlevait rien à leur génie".

"Avec cette rencontre je désire exprimer et renouveler l'amitié de l'Eglise envers le monde de l'art. Cette amitié doit être en permanence soutenue, s'adapter aux temps nouveaux et tenir compte des changements socio-culturels", a déclaré le pape devant son parterre d'invités.

Tous les arts étaient représentés: du cinéma (Peter Greenaway, les frères Taviani) à la littérature (Claudio Magris), en passant par l'architecture (Mario Botta) et la musique (Andrea Bocelli).

"La foi n'enlève rien à votre génie, à votre art, au contraire, elle l'exalte et le nourrit", leur a expliqué Benoît XVI.

"N'ayez pas peur de dialoguer avec les croyants", a-t-il ajouté dans son discours très érudit, ponctué de citations de Dostoïevski, Georges Braque et Simone Weil.

Le pape, lui-même pianiste émérite, a invité les artistes à être "des gardiens de la beauté authentique", regrettant que "trop souvent la beauté qu'on nous montre soit illusoire et trompeuse, superficielle et aveuglante".

Pour Mario Politi, vaticaniste et éditorialiste du quodidien Il Fatto, "c'est un discours qui d'un côté exprime l'enthousiasme pour la beauté de l'art et de l'autre la peur ressentie par le pape vis-à-vis de certaines formes d'art contemporain jugées obscènes".

Interrogé sur le caractère très européen et plus particulièrement italien de la rencontre, Marco Politi pense que "le pape est angoissé par le fait que l'Europe, qui a été le berceau et la colonne du christianisme d'Etat, soit aujourd'hui sécularisée". "Et l'Italie est le dernier rempart", précise-t-il.

Le président du Conseil pontifical de la culture, Mgr Gianfranco Ravasi, a pour sa part justifié cet européocentrisme par le fait que les invités devaient financer eux-mêmes leur transport et leur logement.

"A l'avenir, nous voudrions organiser quelque chose par continent ou par nationalité", a-t-il indiqué à l'AFP.

Les artistes invités, qui ont reçu chacun une médaille du pape, n'ont en tout cas pas ménagé leur enthousiasme, saluant même la fin du discours papal par une ovation debout. "Une grande émotion comme je n'en avais pas ressentie depuis longtemps", a confié Andrea Bocelli.

Cette rencontre "nous fait comprendre que l'on a une place importante dans la société", a estimé le chanteur Riccardo Cocciante, tandis que le Suisse Mario Botta, auteur de la cathédrale d'Evry (France), qualifiait l'initiative du pape de "très significative".

Pour Vittorio Taviani, "l'inspiration de l'art et celle de la foi naissent d'un mystère unique et c'est cela qui peut rapprocher la foi et l'art".

Dans une lettre en 1999, Jean Paul II avait déjà souligné que l'Eglise avait "besoin de l'art". Il y a 45 ans, en 1964 Paul VI avait été encore plus loin en faisant un mea culpa sur l'attitude de l'Eglise face aux artistes dans cette même Chapelle Sixtine, symbole de l'âge d'or des relations entre la papauté et l'élite artistique.

En revanche, dans l'intervention de Benoît XVI "manque un aspect d'autocritique de la part de l'Eglise", a noté Marco Politi, pour qui le problème des relations entre Eglise et artistes "ne peut pas se résoudre en organisant seulement une réunion".

Source:2009 AFP

*Mohamed El jerroudi

Michael Jackson.

son médecin a attendu

une heure avant d'appeler les secours

Le médecin qui se trouvait avec Michael Jackson au moment de sa mort, le 25 juin dernier, a attendu plus d'une heure avant d'appeler les secours, pour ensuite se volatiliser, révèlent vendredi des documents officiels rendus publics à Las Veg(Nevada, ouest des Etats-Unis).

Le médecin qui se trouvait avec Michael Jackson au moment de sa mort, le 25 juin dernier, a attendu plus d'une heure avant d'appeler les secours, pour ensuite se volatiliser, révèlent vendredi des documents officiels rendus publics à Las Vegas (Nevada, ouest des Etats-Unis).

Le mandat de perquisition qui avait permis à la police d'inspecter une pharmacie de Las Vegas dans laquelle se fournissait le docteur Conrad Murray a été rendu public vendredi par la justice et apporte de nouvelles informations sur les heures ayant entouré la mort du "roi de la pop", le 25 juin dernier.

Selon les déclarations de Conrad Murray à la police, il n'a appelé la police qu'à 12H22, soit plus d'une heure après avoir constaté que la pop-star ne respirait plus, après lui avoir administré le puissant anesthésiant propofol -- responsable de la mort du chanteur, selon l'institut médical de Los Angeles (Californie, ouest des Etats-Unis).

Le relevé des appels téléphoniques du médecin fait apparaître qu'il a passé 47 minutes au téléphone entre 11H18 et 12H05 ce jour-là, un laps de temps pendant lequel Conrad Murray a assuré avoir essayé de ranimer le chanteur.

"(Conrad) Murray n'avait pas mentionné (ces faits) aux enquêteurs", assure le mandat de perquisition, dont l'AFP a obtenu copie. L'identité des destinataires des appels téléphoniques n'a pas été révélée par la police.

Selon le même document, le docteur Murray a également refusé de signer le certificat de décès de Michael Jackson, dont la mort a été prononcée à 14H26 au centre médical de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA).

Il s'est ensuite volatilisé. "A leur arrivée au centre médical de l'UCLA, ni les enquêteurs de l'institut médico-légal, ni les détectives (de la police) n'ont pu trouver (Conrad) Murray pour l'interroger", assure le mandat de perquisition.

"Les tentatives répétées de le contacter et de le localiser (dans les heures qui ont suivi) ont toutes échoué", ajoute encore le document.

Le docteur Murray avait reconnu devant les enquêteurs avoir administré du propofol -- un anesthésiant qui n'a rien à faire au domicile d'un particulier -- au "roi de la pop", qui l'utilisait comme somnifère.

Il a été au centre de l'enquête dès ses débuts et son domicile comme ses cabinets médicaux ont été perquisitionnées par les enquêteurs.

Michael Jackson est mort à l'âge de 50 ans d'un arrêt cardiaque consécutif à une surdose de médicaments. L'enquête sur les conditions exactes de sa mort est toujours en cours et a été qualifiée d'homicide.

Source:2009 AFP

*Mohamed El jerroudi

La TUNISIE ET LES DROITS DE L'HOMMME.

Les autorités tunisiennes se sont insurgées mercredi contre des déclarations "intempestives et incongrues" du maire de Paris, le socialiste Bertrand Delanoë, qui a appelé "au respect strict des droits de l'Homme en Tunisie".

Les propos de M. Delanoë ont également provoqué le retrait de cinq villes de l'Association internationale des maires francophones (Aimf), qu'il dirige.

Le maire de Paris a appelé mardi "au respect strict des droits de l'Homme en Tunisie", en pleine polémique sur l'incarcération du journaliste Taoufik Ben Brik, et s'est inquiété d'une "dérive préoccupante".

"Ces propos ne concernent nullement la Tunisie, qui ne se reconnaît pas dans sa description alarmiste et totalement erronée", ont réagi les autorités dans un communiqué transmis mercredi à l'AFP.

Estimant "bien difficile de comprendre ce qui justifie les déclarations intempestives et incongrues" du maire de Paris, les autorités tunisiennes ont évoqué un souci de" pure politique intérieure française".

"On comprend difficilement qu'il s'agisse de la Tunisie, pays que M. le maire est présumé connaître et qu'il visite régulièrement", ont-elles affirmé.

"En quelle qualité intervient-il? Se serait-il érigé en censeur ou en tuteur de la Tunisie pour s'inquiéter de la sorte?", s'insurgent-elles, assurant que "la Tunisie est un Etat de droit où le respect des droits de l'Homme est une réalité tangible".

Selon Tunis, le maire de Paris "semble être abusé par l'une des versions présentée par certains spécialistes de la manipulation médiatique à propos d'un banal fait divers (...)".

Le communiqué ne mentionne nullement le nom de Taoufik Ben Brik, critique virulent du régime, incarcéré pour agression contre une automobiliste.

Par ailleurs, les maires de Tunis et de 4 autres villes dont Bizerte (ville natale de M. Delanoë) ont qualifié d'"injustifiées" et "inadmissibles" les déclarations du maire de Paris.

Dans un communiqué, ils déclarent "désormais impossible de continuer à faire partie" de l'Aimf, association présidée par M. Delanoë et dont le maire de Tunis, Abbès Mohsen, est le secrétaire général.

 

SOURCE;2009 AFP

 

*Mohamed el jerroudi

Atiq Rahimi ou la pierre magique.

Le Goncourt 2008 a été décerné lundi,à Atiq Rahimi pour "Syngué sabour". L'écrivain afghan est récompensé pour son 1er roman écrit en français. Tierno Monénembo remporte, lui, le Prix Renaudot pour "Le roi de Kahel".

Les deux prix, dont la proclamation marque le point d'orgue de la saison des distinctions littéraires, vont donc à deux romanciers qui ont pour points communs leur origine étrangère et le fait qu'ils ont fui leur pays respectif et ses violences politiques.

Ecrivain et cinéaste d'origine afghane, Atiq Rahimi a obtenu le plus prestigieux des prix littéraires de l'automne au second tour, par 7 voix contre 3 pour Michel Le Bris et son livre "La beauté du monde". "Je le prends comme un signe de reconnaissance pour une oeuvre et aussi pour l'histoire que j'ai vécue", a réagi cet auteur de 46 ans, qui a aujourd'hui la double nationalité française et afghane.

Une pierre magique

Dans la tradition afghane, "Syngué sabour" est le nom d'une pierre magique à laquelle les gens confient leur détresse. Dans le livre de Rahimi, une femme veille son mari réduit à l'état végétatif depuis qu'une balle s'est logée dans sa nuque. La femme parle et se libère de l'oppression conjugale et religieuse.

Dans ce livre de poète, bref, d'une écriture sèche, avec des phrases courtes et rythmées, Rahimi décrit la réalité oppressante de la société afghane et la conception de l'islam qui y prévaut. La ministre de la Culture Christine Albanel a salué "un livre simple, nu et bouleversant", qui "nous touche au coeur".

Le prix Renaudot a été attribué avec beaucoup plus de difficultés à Tierno Monénembo, puisqu'il a fallu 11 tours pour couronner son livre "Le roi de Kahel". Tierno Monénembo, 61 ans, est un écrivain africain francophone de réputation internationale. Il a quitté son pays, la Guinée, à la fin des années 1960 pour fuir la dictature de Sekou Touré. Il a obtenu cinq voix contre quatre pour Elie Wiesel et son livre "Le cas Sonderberg".

*Mohamed El jerroudi

Jean-Marie Gustave Le Clézio

 Agé de 68 ans,Jean-Marie Gustave Le Clézio  est le 14è Français a avoir le prix Nobele de littérature de l'année 2008.

Titulaire d'un doctorat sur l'histoire ancienne du Mexique à l'université de Perpignan en 1983, il a enseigné dans plusieurs universités -Bangkok, Mexico, Boston, Austin, Albuquerque notamment-et ses longs séjours au Mexique et en Amérique centrale entre 1970 et 1974 ont eu une importance marquante pour son oeuvre.

Comme le souligne l'Académie suédoise dans sa notice biographique, son premier roman "Le procès-verbal", sorti en 1963, va susciter beaucoup d'attention. Cet ouvrage va introduire des "descriptions d'état de crise", dont le recueil de nouvelles "La fièvre" (1965) et "Le déluge" (1966), où l'écrivain dénonce le trouble et la peur inhérents aux grandes villes occidentales.

Le Clézio va très tôt se situer comme un écrivain écologiste engagé, ainsi qu'en attestent les romans "Terra amata" (1967), "Le livre des fuites" (1969), "La guerre" (1970) et "Les géants" (1973).

Sa consécration définitive comme auteur romanesque va intervenir en 1980 avec "Désert", pour lequel l'Académie française lui décerne un prix. Le livre contient des images grandioses d'une culture perdue dans le désert de l'Afrique du nord, qui contrastent avec une description de l'Europe vue à travers le regard des immigrants indésirés.

En parallèle, Le Clézio publie des essais méditatifs -"L'extase matérielle" (1967), "Mydriase" (1973) et "Haï" (1971). Il traduit aussi des grandes oeuvres de la tradition amérindienne, comme "Les prophéties du Chilam Balam".

"Le chercheur d'or" va paraître en 1985, traitant du sujet des îles de l'Océan indien dans l'esprit du roman d'aventures, avant que l'attirance de l'écrivain pour le rêve du paradis terrestre n'apparaisse au cours des dernières années dans des livres tels que "Ourania" (2005) et "Raga: approche du continent invisible" (2006).

Ainsi que le souligne l'Académie suédoise, le "point central" de son oeuvre va se déplacer "de plus en plus en direction d'une exploration du monde de l'enfance et de sa propre histoire familiale". En témoignent "Onitsha" (1991), "La quarantaine" (1995), "Révolutions" (2003) et "L'Africain" (2004), histoire du père de l'écrivain.

"Ballaciner" (2007) est l'un des derniers ouvrages de Le Clézio, qui a aussi écrit des livres pour la jeunesse, dont "Lullaby" (1980) et "Balaabilou" (1985). Avec sa femme Jemia, qu'il a épousée en 1975, l'écrivain se partage depuis les années 90 entre Albuquerque au Nouveau-Mexique, l'île Maurice et Nice.

 

Jean-Marie Gustave Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940. Il est issu d'une famille originaire de Bretagne, qui a émigré au XVIIIè siècle à l’île Maurice. Il garde de ses origines un goût prononcé pour l'errance et n’a jamais cessé d’écrire depuis l’âge de sept ou huit ans. Licencié ès Lettres, il publie son premier roman, LeProcès-verbal, à l'âge de vingt-trois ans : le livre est aussitôt récompensé du prix Renaudot. En 1980, il reçoit le prix Paul Morand décerné par l’Académie française pour Désert, épopée sublime d'une jeune descendante de touaregs, toujours considéré comme son chef-d'oeuvre. Le Clézio a en outre consacré des essais à plusieurs civilisations nomades menacées de disparaître, avec lesquelles il a parfois partagé son existence (Indiens de Panama, Berbères du Maroc...). Son talent de conteur et son style lumineux hissent cet auteur au rang des figures les plus importantes du paysage littéraire français.

Mohamed El jerroudi

TRANSPARENCY.

L'organisation non gouvernementale allemande Transparency International (TI) publie, mercredi, un palmarès annuel de la corruption dans le monde qui permet de constater que, bien souvent, la pauvreté et les conflits sont de formidables vecteurs de corruption.

En effet, la liste des pays les plus corrompus pourrait aisément être confondue avec celle des pays les plus pauvres et les plus politiquement instables. Ainsi, on retrouve tout au bas de la liste de 180 pays la Somalie et le Myanmar, deux nations à l'économie déliquescente qui sont aussi le théâtre de graves agitations.

  • Les pays champions de la corruption

À peine mieux, Haïti, les îles Tonga, le Soudan, le Tchad et l'Afghanistan ressortent comme des pays où la perception des niveaux de corruption est parmi la plus élevée du monde.

Selon la présidente de TI, la Canadienne Huguette Labelle, « lorsque les institutions publiques sont paralysées ou non existantes, des individus sans scrupules se servent des ressources publiques et la corruption règne ».

Toutefois, Mme Labelle estime que les pays les moins corrompus ont néanmoins une grande responsabilité dans les problèmes des autres pays puisque « l'argent de la corruption provient souvent de sociétés multinationales basées dans des pays riches ».

Le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande figurent pour leur part comme les pays les moins corrompus. Le Canada, malmené au cours des dernières années dans la foulée du scandale des commandites, a amélioré son résultat et figure désormais en neuvième position.

L'Indice de perception de la corruption est calculé en se fondant sur 14 enquêtes et sondages différents réalisés par des organismes indépendants auprès d'hommes d'affaires et de spécialistes de 180 pays.

Les partis politiques sont perçus comme étant les plus corrompus" dans 45 des 69 pays ayant fait l’objet d’une enquête auprès de 55000 personnes, affirme l’ONG Transparency International (TI), dans son Baromètre mondial de la corruption 2005, publié vendredi 9 décembre.

"Globalement, les partis politiques ont été, de loin, perçus comme les institutions les plus corrompues de la société, estime ainsi Transparency International. C’est un chiffre en progression par rapport à l’année dernière, où 36 pays sur 62 avaient cité leur système de partis comme l’institution la plus corrompue." Or, indique l’ONG, la corruption a d’autant plus d’impact sur la vie personnelle des individus qu’ils sont pauvres. 42 % des personnes à bas revenus affirment que la corruption les affecte moyennement ou beaucoup, contre 36 % de celles à revenu élevé, et 54 % des pauvres indiquent qu’elle ne les affecte pas du tout ou un peu, contre 62 % des riches. "Nous estimons que la corruption est un problème majeur dont l’impact le plus sérieux repose sur les pauvres", souligne Huguette Labelle, la présidente de Transparency International.

Le sondage Gallup réalisé pour Transparency International révèle aussi qu’une majorité de personnes (57 %) estiment que la corruption a augmenté au cours des trois dernières années. 27 % pensent qu’elle est restée stable, et 10 % qu’elle a diminué. Ce pessimisme se retrouve quand on évoque l’avenir. 44 % des personnes interrogées pensent que la corruption va augmenter au cours des trois prochaines années, 30 % qu’elle va rester la même, et 19 % qu’elle va diminuer. Paradoxalement, "l’Afrique se distingue par son optimisme relatif", souligne Transparency International. Or, regrette Huguette Labelle, "si les gens sont pessimistes, ils ne vont pas avoir le sentiment qu’ils peuvent faire quelque chose" contre la corruption.

Aucune région du monde n’échappe à la règle, hormis l’Afrique, où la police arrive en tête, juste devant les partis politiques. "Six des huits pays africains participant" à l’enquête ont désigné la police comme l’institution la plus corrompue de la société, affirme ainsi Transparency International. Le Cameroun, le Ghana et le Nigeria arrivent en tête de liste. Selon les régions, outre les partis politiques, les institutions les plus corrompues sont les Parlements ou la police, puis viennent les systèmes judiciaires, les douanes et les administrations fiscales.

Les pays développés et leur système démocratique ne sont pas épargnés. Parmi les pays à revenus élevés "où les partis politiques ont été classés comme l’institution la plus corrompue", Transparency International cite notamment l’Allemagne, le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la France, Israël, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, la Suisse et le Royaume-Uni. Parmi ceux à revenu intermédiaire inférieur figurent la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Roumanie, la Colombie, le Pérou, l’Indonésie, les Philippines et la Thaïlande. En Europe occidentale, les partis politiques sont suivis par le pouvoir législatif, ainsi que les secteurs des affaires et les médias.

Enfin, "si les ONG et les institutions religieuses sont perçues commes les institutions les moins corrompues (...), certains pays ont exprimé de sérieuses inquiétudes par rapport à chacune d’entre elles", affirme Transparency International, en citant la Turquie pour les ONG, le Japon, la Grèce et Israël pour les institutions religieuses. "Les résultats de cette enquête sont un signal d’alarme", prévient Huguette Labelle. Mais "les choses peuvent changer, indique-t-elle, cela requiert du leadership, de la volonté et de la pression" de la part des opinions publiques.

  • Avec AFP
  • Mohamed El jeroudi

Benazir Bhutto.

La communauté internationale a condamné jeudi l'assassinat du leader de l'opposition pakistanaise et ancien Premier ministre Benazir Bhutto, tout en appelant au calme et à la retenue au Pakistan.

Mme Bhutto, 54 ans, a été tuée jeudi soir dans un attentat suicide à la bombe survenu durant son rassemblement électoral au parc de Liaquat Bagh à Rawalpindi, à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale pakistanaise Islamabad. Au moins 20 personnes ont été tuées dans l'attaque.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a vivement condamné l'assassinat. Il a tenu une réunion d'urgence et publié une déclaration condamnant l'attaque terroriste "en les termes les plus véhéments". Il a également appelé tous les Pakistanais à faire preuve d'une retenue et à maintenir une stabilité dans le pays. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à comparaître les auteurs en justice le plus tôt possible.

Le président américain George W. Bush, qui a vigoureusement condamné le meurtre, a appelé au téléphone son homologue pakistanais Pervez Musharraf pour discuter de la situation consécutive à l'assassinat.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a téléphoné Amin Fahimm, nouveau leader du parti politique de Mme Bhutto, pour exprimer le soutien américain aux élections parlementaires prévues pour le 8 janvier prochain au Pakistan.

Le porte-parole de la Maison Blanche Scott Stanzel a déclaré : "Nous demandons le calme et espérons que les Pakistanais pleureront son décès, célébreront sa vie et s'uniront ensemble".

Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine a envoyé un message de condoléances à M. Musharraf, en exprimant son espoir que les assassins de Mme Bhutto seront trouvés et feront face à de sévères punitions", a souligné M. Poutine.

Le ministère russe des Affaires étrangères a demandé à "toutes les forces responsables au Pakistan" de "montrer un auto-contrôle maximum", et d'ignorer les provocations extrémistes.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a condamné le meurtre, en indiquant que c'était "un jour triste" pour la liberté politique et la démocratie.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée "choquée" par l'assassinat, en disant que l'"acte lâche" avait souligné la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme et de soutenir ceux qui ont subi ses conséquences.

Le ministre candien des Affaires étrangères Maxime Bernier a déclaré : "Je demande au gouvernement et au peuple pakistanais de continuer à rejeter toutes formes de violence et de résister à ceux qui cherchent à destabiliser leur pays".

Le Premier ministre italien Romano Prodi a affirmé : "La sacrifice de l'ex-Premier ministre Bhutto doit être l'exemple le plus fort pour ceux qui voudraient céder au terrorisme". Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a vivement condamné l'assassinat de Mme Bhutto et exprimé sa choque au sujet d'un tel "crime terroriste odieux".

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Abul Gheit a également condamné l'attentat à la bombe contre Mme Bhutto, disant qu'il était important pour les factions pakistanaises de se tenir côté à côté contre le radicalisme et le terrorisme.

Le roi de Jordanie Abdullah II a exprimé le soutien de son pays au Pakistan pour qu'il surmonte les conséquences de l'incident.

L'Iran a aussi exprimé sa vive condamnation, en disant que " l'acte terroriste et criminel" était destiné à saboter le calme dans les pays voisins et dans le monde musulman en général.

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a condamné le meurtre et exprimé ses condoléances profondes à la famille de Mme Bhutto et au Pakistan dans son ensemble.

En Afrique, le gouvernement sud-africain a appelé tous les partis au Pakistan et le peuple pakistanais à rester calme pendant cette période très turbulente.

Le président du Sénat nigérian David Mark a condamné l'assissinat, en affirmant que c'était une action inattendue dans un cadre démocratique.

Les gouvernements de nombreux autres pays dont l'Albanie, la Grèce, la Norvège, la Suède, le Danemark, la Belgique, la Finlande, la République tchèque, le Népal, Singapour, Israël et la Syrie, ont également exprimé leur condamnation de ce meurtre.

L'attaque suicide survenue jeudi soir a été la seconde contre Mme Bhutto depuis qu'elle est retournée dans son pays en octobre dernier après huit ans d'exil. La première attaque a eu lieu lors d'un rassemblement d'accueil à Karachi, la plus grande ville du Pakistan peu après son retour, faisant 139 morts.

Mme Bhutto a prêté serment comme le Premier ministre pakistanais en décembre 1988, devenant la première femme à diriger le gouvernement pakistanais. Mais son gouvernement a été dissout en 1990 pour des allégations de corruption. Le père de Mme Bhutto, également un Premier ministre pakistanais, a été pendu par l'armée en 1979.

Réélue en 1993, elle a été encore une fois exclue de ses fonctions trois ans plus tard sous les accusations de pot-de-vin. Elle est allée en exil en avril 1999.

  • Source:toutes les agences de presse
  • Mohamed El jerroudi

Maghreb-

L'UMA a été créée le 17 février 1989 lors d'une réunion à Marrakech des Chefs d'Etats d'Algérie, de Libye, de Mauritanie, du Maroc et de Tunisie. Les institutions de l'UMA se composent du Conseil des Chefs d'Etat, du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères, d'un Comité de suivi, d'une Cour de Justice composée de dix membres (deux par pays) compétente pour les différends entre parties ressortissantes de pays membres, d'une Chambre Consultative composée de 30 délégués par pays ainsi que de quatre Commissions ministérielles spécialisées. Son secrétariat n'est pas fixé et suit pour l'instant la présidence qui passe annuellement d'un Chef d'Etat à l'autre. .

Mettant à profit les travaux de la Grande Commission maghrébine, réunie à l'automne 1988, les rédacteurs du Traité constitutif de l'UMA du 17 février 1989 ont tenu, dans le Préambule, à mettre en exergue les liens solidaires qui unissent les peuples du Maghreb Arabe, liens fondés sur la communauté de l'histoire, de la religion et de la langue ; Ils ont certes posé comme finalité, le renforcement des relations entre les Etats membres, mais les rédacteurs du Traité sont allés plus loin encore en prévoyant "la marche progressive vers, la réalisation d'une intégration complète" grâce à laquelle l'UMA disposera d'"un poids spécifique" sur la scène internationale, lui permettant de "participer activement à l'équilibre mondial, à la consolidation des relations pacifiques et au renforcement de la sécurité et de la stabilité dans le monde".

.Mohamed El jerroudi

LANGUE Berbère.

Etrangeté. L’amazigh est essentiellement oral et quotidien. De cette langue séculaire, il restait un alphabet : quelques traces écrites sur des épitaphes… Mohamed Ouagrar a souvent été face à l’absence de mots. Il a été les collecter chez les anciens. « Auprès de ceux qui n’ont qu’une seule langue, un berbère très pur, et qui ne connaissent pas un mot d’arabe » , dit-il . Une démarche qu’avaient suivie Chadia Derkaoui, linguiste, et Zohra Makach, professeure de théâtre à l’université d’Agadir, quand ­elles avaient traduit les Justes en 2004. « La justice, la révolution, sont des concepts que nous avons eu du mal à faire passer en amazigh. Nous étions confrontées à l’étrangeté de notre langue maternelle que nous n’avons jamais apprise… »

La parution prochaine d’ En attendant Godot témoigne du renouveau de la culture amazigh. La langue avait résisté au phénicien, au latin… mais le XXe siècle a bien failli avoir ses mots. « Le cloisonnement géographique des Berbères l’a longtemps sauvée, explique Chadia Derkaoui . Mais avec l’alphabétisation et le développement des moyens de communication, elle est devenue très fragile. Après le protectorat français, le royaume avait une obsession : l’unité. Pas question de permettre l’apprentissage des langues maternelles. » Hassan II étouffe la langue et la culture berbère .

Mais en 2001, Mohamed VI - qui assume une berbérité venue de sa mère - déclare que la langue amazigh est un élément fondamental de l’identité nationale marocaine. L’Institut royal pour la culture amazigh (Ircam) codifie alors la langue à reconstruire. L’amazigh est désormais enseigné dans plusieurs écoles et en septembre dernier, l’université d’Agadir a ouvert un master en langue et culture amazigh. Sur une feuille blanche, Mohamed Ouagrar trace des symboles. Des bâtons, des fourches et des croix. Après 2001, il a bien fallu coucher cette langue sur le papier… et choisir un alphabet. Lettres arabes, solution supportée par les panarabistes et les islamistes, ou latines, option préconisée par les ­chercheurs berbères qui ont souvent fait leurs études en France ? « Pour sortir de l’impasse, l’Ircam a choisi l’alphabet d’origine de la langue amazigh, l’alphabet tifinagh, proche du phénicien », rap­porte Chadia Derkaoui.

« Agenda ». A l’origine, l’ama­zigh pouvait s’écrire de droite à gauche, de bas en haut… L’Ircam a tranché : il se lira de gauche à droite. Depuis, l’amazigh reprend vie peu à peu. Les Fleurs du mal, le Petit prince ou Roberto Zucco de Koltès ont été traduits. Et l’attente de Godot, donc, dans une langue où pourtant, le mot « agenda » n’existe pas. « Dans une langue orale, que faire d’un objet où écrire des rendez-vous ? ».

.Mohamed El jerroudi

Mouloud Feraoun.

Né le 8 mars 1913 dans le village de Tizi-Hibel (ancienne commune mixte de Fort-National), son nom est Aït-Chabane, Feraoun étant le nom attribué par l'état-civil français. Il fréquente l'école de Tizi-Hibel à partir de l'âge de 7 ans. En 1928, il est boursier à l'Ecole Primaire Supérieure de Tizi-Ouzou. Il entre à l'Ecole Normale de Bouzaréa en 1932 où il fait la connaissance d'Emmanuel Roblès. En 1935, il est nommé instituteur à Tizi-Hibel où il épouse sa cousine Dehbia dont il aura 7 enfants. En 1946, il est muté à Taourirt-Moussa.

En 1952, il est nommé directeur du Cours Complémentaire de Fort-National. En 1957, nommé directeur de l'Ecole Nador de Clos-Salembier, il quitte la Kabylie pour les hauteurs d'Alger. En 1951, il est en correspondance avec Albert Camus, le 15 juillet, il termine La terre et le sang récompensé en 1953 par le prix populiste.

En 1960, il est Inspecteur des Centres Sociaux à Château-Royal près de Ben-Aknoun. Avec cinq de ses collègues, c'est là qu'il est assassiné par l'OAS le 15 mars 1962 à quatre jours du cessez-le-feu. Mouloud Feraoun a commencé son premier roman autobiographique Le fils du pauvre en 1939 ; il n'est publié qu'en 1950 à compte d'auteur. Ce n'est qu'en 1954 que Le Seuil le publie expurgé des 70 pages relatives à l'Ecole Normale de Bouzaréa.

Les éditions du Seuil publient, en 1957, Les chemins qui montent, la traduction des Poèmes de Si Mohand étant éditée par les Editions de Minuit en 1960. Son Journal, rédigé de 1955 à 1962 est remis au Seuil en février 1962 et ne sera publié qu'après sa mort.

.Œuvres

.Le fils du pauvre (1950) roman .La Terre et le sang (1953) roman .Les Chemins qui montent (1957) roman .Les Poèmes de Si Mohand (1960) recueil de poésie .Journal (1962) .Jours de Kabylie (1968) .Lettres à ses amis (1969) correspondance .L'Anniversaire (1972) roman inachevé

.Mohamed El jerroudi

La paysanne des arts_

Chaïbia Talal

Allez dans la rue et demandez à la première personne que vous croisez qui est Chaïbia. Listez-lui ensuite des noms de grands artistes-peintres marocains, figuratifs ou abstraits, morts ou vivants. Celui ou celle que vous aurez croisé saura inévitablement qui est la première. Quant à votre prestigieuse liste, il y a de fortes chances qu'elle les laisse de marbre. Chaïbia est sans conteste la seule artiste-peintre populaire au Maroc. Et pour cause. À chaque apparition, elle cassait en mille morceaux l’image que l’on se fait de l’artiste, personnage inaccessible et hermétique. Quand Chaïbia parlait la langue du peuple, la darija de sa Chtouka natale, elle brouillait les pistes à merveille. Tout en elle décontenançait : son caftan, ses bijoux, son embonpoint, en plus de la façon qu’elle avait d’expliquer sa peinture : "Je peins les oiseaux, les fleurs, les arbres, les mariages, les femmes", et de raconter sa vie : "Je suis heureuse avec la peinture, la maison, les chiens", confiait-elle à Nicole de Pontcharra.

Chaïbia populaire, mais Chaïbia mal-aimée. Le cercle fermé de l’art contemporain marocain lui est souvent resté fermé. Chaïbia gênait, dérangeait beaucoup d’intellectuels de l’art. Elle ne leur ressemblait pas et sa peinture ne ressemblait pas à la leur. Chaïbia, elle, s’en moquait. Elle peignait ses arbres, ses fleurs et ses femmes, heureuse avec la maison et les chiens. Chaïbia Talal était une fille de la campagne et l’est restée. Mariée à 13 ans, veuve et mère de famille à 15, rien ne la destinait à la peinture. Si ce n’est ce rêve qu’elle a fait à l’âge de 25 ans et qui lui disait : "Lève-toi et peins", et si ce n’est ce fils, Lhoucine, qui l’aidera à se lever. Comme un enfant, Chaïbia se procure de la peinture bleue, "celle avec laquelle on peint les entourages des portes", et fait des tâches et des empreintes. Chaïbia découvre les couleurs, le bleu, le jaune, le vert, le rouge, "ces couleurs qui disent la vie" et peint, comme quand enfant, au bled, elle se couvrait de coquelicots et de marguerites. La peinture de Chaïbia était libre. Naïve, a-t-on coutume de dire. Une peinture sans règles et sans gêne qui pouvait tout oser. Sans maître, loin de toute d’école et pas de références qui viendraient brouiller l’innocence du trait et de la couleur.

Découverte par des amis peintres de son fils, Chaïbia montre ses peintures dès 1966 au Maroc, mais surtout en Europe, où l’art naïf n’avait plus besoin d’être défendu. Paris, Copenhague, Ibiza, Menton, Rotterdam et d’autres capitales artistiques accueillent l’artiste à bras ouverts. Les visages de femmes de Chaïbia voyagent à travers le monde, au moment où l’art moderne marocain en est à ses balbutiements et compte une poignée de peintres. Le fils, lui, mène d’une main de maître sa carrière et celle de sa mère. Chaïbia s’exporte jusqu’à La Havane et les plus prestigieux musées et galeries lui ouvrent leurs portes. Ses tableaux, en parallèle, alimentent les collections d’États (France, États-Unis, Italie, Japon, Suisse, Australie, Inde, Haïti, etc.) et les plus grandes collections privées, dont celle du roi du Maroc.

Chaïbia, elle, ne change pas. Les mêmes caftans, les mêmes bijoux, le même embonpoint et la même darija de Chtouka : "Je n’ai jamais changé. Ma vie est plus facile mais je suis la même", disait-elle à Nicole de Pontcharra. Puis à Fatéma Mernissi : "Écoute ! N’oublie pas que je suis paysanne". La paysanne des arts , s’est éteinte le vendredi 2 avril 2004 à l’âge 75 ans.

.Mohamed El jerroudi

Abderrahim Bargache .

Décès de Abderrahim Bargache à l’âge de 59 ans (5/12/2007) Le journaliste et artiste Abderrahim Bargache est décédé, mercredi matin dans un hôpital de Casablanca, à l'âge de 59 ans des suites d'une longue maladie. Il sera inhumé demain jeudi après la prière d’Addohr.

Le défunt avait occupé plusieurs postes au sein de l'Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) notamment ceux de correspondant à Paris, de rédacteur en chef central et de chef du Bureau régional de l'Agence à Casablanca, avant de se convertir comme animateur de télé, puis comédien. Feu Abderrahim Bargach a campé plusieurs rôles dans des films de cinéma, des sitcoms et des séries télévisées.

Journaliste de formation et de profession, Abderrahim Bargache a étudié au Centre de Formation des Journalistes de Rabat et au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes de Paris de la rue du Louvre. Il a été correspondant pour la M.A.P. à Paris et a collaboré pour plusieurs organes de presse français, notamment Le Monde, Libération, Psychologie, l’Agence France Presse, l’Agence Centrale Parisienne de Presse.

Il a été rédacteur en chef puis Directeur régional de la M.A.P. De 1986 à 2000, il a animé une émission de télévision consacrée aux arts culinaires comparés, ‘Walima ou la cuisine en fête’, devenue ‘Walima’.

Expert national et international en gastronomie Abderrahim Bargache est Directeur de collection de l’encyclopédie de la cuisine chez OKAD. Il a publié des articles dans l’Encyclopédie du Maroc, Le Maroc des potentialités, La civilisation marocaine.

Il a été également Président de l’Académie Marocaine de la Gastronomie et membre du Jury Slow Food. Il a été aussi Cuillère d’Or du Club des Poètes Gourmets d’Allemagne, chevalier de la confrérie de la diététique méditerranéenne, Maïda d’Or de la 2 ème édition du Festival d’Art Culinaire de Fès.

.Source :Menara

.Mohamed El jerroudi

Une œuvre peinte pas avec le Noir mais dans le Noir .

Pierre Soulages

Pierre Soulages Né en 1919 à Rodez. Fait des études d'arts plastiques.

Il développe un style tragique avec une écriture picturale à larges traits de couleur brune, bleu d'encre et surtout noire. C'est cet "Œuvre au Noir" qui le rend célèbre avec d'immenses toiles où les gestes s'animent et jettent à la brosse de grands empattements cursifs qui donnent un noir symbole de force et de présence : "Une œuvre peinte non pas avec le noir mais dans le noir "" (Nuridsany).

Mais beaucoup de toiles gardent une réserve, un blanc, un point de jour, une lucarne où la lumière triomphe et se manifeste. Sur d'autres ce sont "les différences de textures lisses, fibreuses, calmes, tendres ou agitées qui captent ou refusent la lumière et font naître des noirs gris ou des noirs profonds".

Il a dit aussi : "C'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche, car l'artiste va vers ce qu'il ne connaît pas par des chemins qu'il ignore".

J’aime l’autorité du noir, dit-il. C’est une couleur qui ne transige pas. Une couleur violente mais qui incite pourtant à l’intériorisation. A la fois couleur et non-couleur. Quand la lumière s’y reflète, il la transforme, la transmute. Il ouvre un champ mental qui lui est propre." Car c’est là que tout se passe : dans la lumière du noir. Ou plutôt dans la faculté du "noir Soulages" à réfléchir la lumière, à la moduler, la sculpter, y soulever des lames de fond, y creuser d’obscures profondeurs, y scander des rythmes et tensions, y plisser des textures géologiques.

Alors, Soulages champion du monochrome noir ? Justement pas, puisque ce n’est pas la couleur elle-même qui est son matériau premier, mais bien la lumière qu’elle révèle et organise. Soit un au-delà du noir. Ou un "outrenoir", pour reprendre le nom qu’il a donné aux immenses toiles qu’il s’est mis à recouvrir intégralement de noir à partir de 1979. Et dont l’origine remonte peut-être à sa tendre enfance et à cette histoire restée gravée dans les annales familiales. Il avait alors à peine huit ans. A une amie de sa sœur aînée qui lui demandait ce qu’il était en train de dessiner à l’encre sur une feuille blanche, il avait répondu : un paysage de neige. Rire de la demoiselle : un paysage de neige à l’encre noire ! Ah, ah, ah !... Le jeune garçon, vexé, n’en démord pas. "Ce que je voulais faire avec mon encre, souligne-t-il, c’était rendre le blanc du papier encore plus blanc, plus lumineux, comme la neige. C’est du moins l’explication que j’en donne maintenant."

Ses toiles géantes, souvent déclinées en polyptyques, ne montrent rien qui leur soit extérieur ni ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Devant elles, le spectateur est assigné frontalement, englobé dans l’espace qu’elles sécrètent, saisi par l’intensité de leur présence. Une présence physique, tactile, sensuelle et dégageant une formidable énergie contenue. Mais métaphysique aussi, qui force à l’intériorité et à la méditation.

Une peinture de matérialité sourde et violente, et, tout à la fois, d’"immatière" changeante et vibrante qui ne cesse de se transformer selon l’angle par lequel on l’aborde. L’art de Soulages est dans l’action directe qui se cherche en se faisant. Mais au bout du compte, observe-t-il, "l’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire".

.Mohamed El jerroudi

Les voix du silence.

André Malraux (1901-1976)

Rien ne prédestinait ce jeune banlieusard sans fortune, né en 1903, au pied de la butte Montmartre à devenir l'un des géants français du vingtième siècle. Elevé , du fait de la séparation de ses parents, par trois femmes, sa grand-mère, sa mère et sa tante, il découvrira d'abord le monde au travers des livres et des musées. Doué d'une grande curiosité et d'une mémoire prodigieuse, il devient "chineur" pour un libraire-éditeur parisien, et s'immisce ainsi dans les milieux littéraires et artistiques de l'avant-garde . Malraux se passionne pour la peinture cubiste. Un grand marchand de tableau, qui est aussi éditeur, Kanhweiler, éditera en 1921 le premier livre de Malraux : Lunes en papier.

Puis Malraux rencontre Clara Goldschmidt , riche héritière d'une famille allemande émigrée. La jeune fille est immédiatement séduite par ce garçon élégant à l'intelligence brillante et aux propos pétillants. Fiançailles, mariage. Malraux place la fortune de son épouse en bourse. Les entreprises minières mexicaines dans lesquelles il a tout misé, ne tiendront pas leur promesse. Le couple est ruiné.

Pour se reconstituer rapidement un patrimoine, André Malraux prend l'étrange décision d'aller s'emparer de quelques statues khmères dans la jungle cambodgienne pour les revendre ensuite en occident. L'expédition est un désastre. A la veille de Noël 1923, le couple est arrêté à Phnom-Penh. André Malraux est condamné à trois ans de prison ferme. Clara Malraux, elle, bénéficie d'un non lieu et parvient à rentrer en France. Elle réussira, en mobilisant une vingtaine de grands écrivains français à faire libérer son mari.

Mais ce séjour asiatique lui a donné le virus de l'aventure et a révélé son intérêt pour l'action politique. Malraux retourne en Asie. Ses positions anti-coloniales lui valent quelques démêlés avec la justice. Rédacteur en chef d'une publication clandestine, L'Indochine enchaînée, Malraux suit avec un regard attentif les événements de la révolution chinoise, notamment le soulèvement de Canton (1925). Revenu en France, il publie ses premiers romans : La Tentation de l'Occident (1926) , Les Conquérants (1928) , La Voie royale (1930, prix Interallié). La condition humaine lui vaut le prix Goncourt en 1933.

Son goût de l'action et ses convictions anti-fascistes poussent Malraux à participer à la guerre civile espagnole aux côtes des républicains en 1936. Ces événements lui inspireront un grand roman : L'Espoir ( 1937) et un film ( Sierra de Terruel, 1939)

Durant la seconde guerre mondiale, Malraux entre tardivement dans la résistance ( en 1943) sous le nom de colonel Berger. Il éprouve de grandes difficultés, tant auprès des résistants gaullistes que communistes, qui le considèrent comme un transfuge tardif. En juillet 1944, sa voiture tombe dans une embuscade à Toulouse : blessé, Malraux est arrêté, interrogé, et transféré à la prison Saint-Michel de Toulouse. Il ne doit sa libération, en août, qu'à un départ précipité des allemands.

En 1945, il rencontre le Général de Gaulle. Un grande admiration réciproque se crée entre les deux hommes. Malraux accepte de devenir son conseiller technique à la Culture et devient un éphémère ministre de l'Information (novembre 1945 à janvier 1946).

Il ne quittera plus le Général de Gaulle. Lors de son retour aux affaires en 1958, il devient Ministre d'Etat chargé des Affaires culturelles. Le militant révolutionnaire s'est mué en militant gaulliste. Sa diction magnétique et haletante résonne pour longtemps dans nos mémoires : l'oraison funèbre de Braque et le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon...

Malraux publiera encore La Voix du Silence (1951), La Métamorphose des dieux (1957-1976), et les Antimémoires (1967).

En 1970, il publie les Chênes que l'on abat, un dernier hommage au général de Gaulle disparu, dont il était resté le plus proche des compagnons.

Il meurt en 1976, à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, suite à une congestion pulmonaire.

.Mohamed El jerroudi

"Les empires durent environ 120 ans"

Ibn Khaldoun (1331-1406), historien maghrébin, a été l'un des premiers théoriciens de l'histoire des civilisations. Arnold Toynbee dit de lui qu'il a "conçu et formulé une philosophie de l'Histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays."

Vérifier les faits

investiguer les causes"

Dans la Muqadimma, introduction en trois volumes de son Kitab al-'Ibar (Histoire des Arabes, des Persans et des Berbères), Ibn Khaldoun écrit: "J'ai suivi un plan original pour écrire l'Histoire et choisi une voie qui surprendra le lecteur, une marche et un système tout à fait à moi en traitant de ce qui est relatif aux civilisations et à l'établissement des villes". Il est conscient que sa démarche novatrice qui rompt avec l'interprétation religieuse de l'histoire: "Les discours dans lesquels nous allons traiter de cette matière formeront une science nouvelle . C'est une science sui generis car elle a d'abord un objet spécial: la civilisation et la société humaine, puis elle traite de plusieurs questions qui servent à expliquer successivement les faits qui se rattachent à l'essence même de la société. Tel est le caractère de toutes les sciences, tant celles qui s'appuient sur l'autorité que celles qui sont fondées sur la raison." Tout au long de son oeuvre, il souligne la discipline à laquelle doivent s'astreindre ceux qui exercent le métier d'historien: l'examen et la vérification des faits, l'investigation attentive des causes qui les ont produits, la connaissance profonde de la manière dont les événements se sont passés et dont ils ont pris naissance."

"Les empires

durent environ 120 ans"

Ibn Khaldoun n'a le loisir d'étudier que le monde arabo-musulman (l'Andalousie, le Maghreb, le Machreq). C'est donc dans ce cadre limité qu'il élabore sa théorie cyclique des civilisations rurales ou bédouines ('umran badawi) et urbaines ('umran hadari). Pour lui, les civilisations sont portées par des tribus qui fondent dynasties et empires." Les empires ainsi que les hommes ont leur vie propre , Ils grandissent, ils arrivent à l'âge de maturité, puis ils commencent à décliner ...En général, la durée de vie des empires , ne dépasse pas trois générations (120 ans environ)."

Ibn Khaldoun, conseiller auprès de deux sultans maghrébins, grand juge (cadi) au Caire, put observer de l'intérieur l'émergence du pouvoir politique et sa confrontation à la durée historique. Ibn Khaldoun est considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie politique.

.Mohamed El jerroudi

Youssef Chahine.

Youssef Chahine, grand prix du 50e anniversaire du Festival de Cannes (1997).

Fils d'un avocat syrien, Youssef Chahine fut élevé dans la foi chrétienne et reçut son éducation en anglais au prestigieux Victoria College d'Alexandrie. Après une année à l'Université d'Alexandrie, il s'installe à Pasadena, en Californie, où il étudie le cinéma et l'interprétation. De retour en Égypte en 1948, il commence à réaliser ses propres films. Le premier sort en 1950, c'est Papa Amine. Depuis, 40 films ont été réalisés, dont notamment: Gare Centrale (1958), Le Moineau (1973), Le retour de l'enfant prodigue (1976), Alexandrie pourquoi? (1978), La Mémoire (1982), Adieu Bonaparte (1984), Le Sixième jour (1986), Alexandrie, encore et toujours (1989), Le Caire… raconté par Chahine, documentaire (1991), L'Émigré (1994), Le Destin (1997).

Condamné par les censeurs islamistes d'Égypte lors de la sortie de L'émigré (1994) Youssef Chahine s'offrait avec Le Destin (1997) un droit de réponse en forme de fable où il nous conte l'histoire d'Averroès (1126-1198), qui lui aussi prêchait en son temps la tolérance et l'amour du prochain au delà des clivages culturels et religieux: «Le Destin est le récit des tribulations et des revers qu'endure Averroès, l'un des plus grands philosophes uléma (docteurs en théologie) de l'histoire de l'Islam, pour convaincre ses coreligionnaires musulmans que Révélation et Raison se rejoignent quand leur lecture, à travers le Coran, est morale. Toutes deux, comme dans les religions révélées auparavant par Moïse et le Christ, décrètent la non-violence, la tolérance, le respect de la vie, et l'amour du prochain. Averroès est le personnage principal du récit…» (Youssef Chahine)

Curiosités: C'est lui qui aurait découvert Omar Sharif. À 14 ans, il voulait danser comme Gene Kelly.

.Mohamed El jerroudi

Le réchauffement climatique.

La lutte contre le réchauffement climatique pourrait coûter 1,6% du PIB mondial par an jusqu'en 2030, un effort devant reposer essentiellement sur les pays développés, selon un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) diffusé mardi.




Le rapport sur le Développement humain 2007-2008 présenté mardi à Brasilia lors d'une cérémonie en présence du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva préconise que les pays développés réduisent leurs émissions à effet de serre d'au moins 80% d'ici à 2050 par rapport aux niveaux enregistrés en 1990; ce groupe de pays devrait atteindre une réduction de 30% dès 2020.




Notre objectif de stabilisation est exigeant mais raisonnable. D'ici à 2030, le coût annuel moyen serait de 1,6% du PIB mondial. C'est un investissement significatif. Mais il représente moins des deux tiers des dépenses militaires mondiales. Le prix de l'inaction serait bien plus élevé", a estimé le PNUD dans son étude.




Le document souligne d'emblée que "les changements climatiques sont scientifiquement indéniables. Nous en savons déjà assez pour comprendre que les risques sont élevés et potentiellement catastrophiques".




Dans l'étude, un groupe d'experts note que le coût de la lutte contre le changement climatique ne sera pas le même pour tous.




"Ceux qui ont le plus généreusement contribué au problème, les pays riches, ne sont pas ceux qui souffriront le plus à court terme. Ce sont les pays les plus pauvres, qui n'ont pas contribué et ne contribuent toujours pas de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre, qui sont les plus vulnérables", rappelle le PNUD.




"Les défis politiques les plus difficiles sont dans le domaine de la distribution". Mais, soulignent les auteurs du rapport, "nous ne devons pas permettre aux désaccords sur la répartition de bloquer le progrès".




Selon les experts, une augmentation généralisée de la température de trois degrés celcius peut provoquer des sécheresses, des tempêtes tropicales et l'augmentation du niveau des mers.




"En termes de PIB mondial, ces effets à court terme ne seront pas significatifs. Mais pour certains des peuples les plus défavorisés du monde, les conséquences risquent d'être apocalyptiques", estime le PNUD.





Parmi les conséquences les plus importantes pour les pays pauvres, le PNUD cite la détérioration de la productivité agricole, la diminution de l'accès à la santé et à l'éducation, et moins de possibilités d'accès aux marchés.




Le responsable de l'équipe pluridisciplinaire de rédaction du document, Kevin Watkins, souligne qu'il s'agit d'un "appel à l'action et non pas d'un message de désespoir". "En travaillant ensemble nous pouvons gagner la bataille contre le changement climatique", écrit-il.

.Mohamed El jerroudi .Source:© 2007 AFP


		

Couche d'ozone .

Le trou d'ozone situé au-dessus de l'Antarctique parvient à conserver la même dimension et la même épaisseur depuis trois ans, d'après les déclarations du 16/10/2001 du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) sur la base d'observations satellites.Il a atteint à la mi-octobre, période de sa dimension maximale chaque année, 26 millions de km², soit l'équivalent de la superficie de l'Amérique du Nord.

Le NOAA prédit la stabilité du trou d'ozone à l'horizon d'un futur proche. Il prévoit à long terme, sur une période de 30 à 50 ans, sa réduction, au fur et à mesure de la diminution de la présence de certains agents chimiques dans l'atmosphère, particulièrement les chlorofluorocarbones (CFC). Rappelons que les engagements successifs et volontaires des états (protocole de Montréal) ont permis de diminuer de 80% les émissions de CFC.

En ce qui concerne l'arctique, une étude européenne de recherche sur l'ozone, baptisée "Theseo", menée de 1996 à 2000 a relevé des pertes d'ozone importantes au cours des cinq hivers les plus froids depuis 1993-94. Ce qui entraîne une diminution de la couche protectrice d'ozone sur l'Europe.

Ce sont aujourd'hui les concentrations de gaz à effet de serre (principalement le CO2) qui dégradent l'ozone stratosphérique.

Le changement climatique pourrait donc retarder la reconstitution complète de la couche d'ozone, attendue dans environ 50 ans. Et aucune amélioration n’est attendue avant 2010, selon cette étude européenne.

.Mohamed El jerroudi

Mohammed Zefzaf.

Mohamed Zefzaf, écrivain marocain, est né en 1945 à Kénitra.

Zafzaf a écrit des douzaines de romans et de nouvelles tout en travaillant tout d’abord comme enseignant dans un lycée avant de devenir bibliothécaire de cette école.

Bien qu’il ait été ignoré par la plupart de ses contemporains et des critiques littéraires de son vivant, Zefzaf est désormais fêté à titre posthume.

En 2002, l’un des prix les plus prestigieux de la littérature arabe, le Prix Mohamed Zafzaf de la littérature arabe, fut créé en son honneur.

L’une de ses œuvres les plus célèbres, « Le renard qui apparaît et disparaît », se concentre sur un citoyen arabe vêtu de vêtements simples et dépareillés qui travaillait toujours très dur et regarde par-dessus son épaule dans l’attente des prochaines crises inexpliquées qui allaient bientôt apparaître. Ce citoyen était en fait si anxieux qu’il vomissait souvent à cause de son inquiétude.

La littérature marocaine pleure un de ses hommes les plus distingués, ici comme ailleurs. Mohamed Zefzaf est mort, vendredi à Casablanca des suites d'une grave maladie. Mais ses œuvres sont toujours là, vivantes, conservant ses angoisses, ses rêves et ses espoirs mais aussi ceux de ses concitoyens.

Car feu Zafzaf était la voie des sans voix, le défenseur des petites gens, des démunis, des marginaux. Dans un Maroc où la lecture reste très timide, qui aurait connu Zefzaf de son vivant, sauf ses proches, ses amis et une poignée de mordus de la littérature marocaine ? Sa mort est venue nous rappeler les œuvres d'un homme humble et modeste.

Châle palestinien (koufyeh) toujours au cou, sillonnant les recoins de sa ville Casablanca et côtoyant ses voisins du quartier Maârif.

L'écrivain, qu'est Zafzaf, contrairement à beaucoup d'autres, avait le courage de descendre dans la rue, de voir de plus près le petit peuple, de l'écouter, de lui parler, de partager ses moments de joie et de souffrances.

"L'écriture a besoin de contemplation", ne cessait-il de répéter. Et c'est justement de cette contemplation qu'il a pondu en 1984 son roman, du reste le plus célèbre, L'Oeuf du coq, écrit en trois années.

Traduit en plusieurs langues, dont le Français en 1998, ce livre a obtenu le Prix du Grand Atlas la même année. Il retrace l'histoire d'une famille de fortune, naufragée de la société marocaine. Au fil des chapitres, l'auteur décrit le portrait de chacun des personnages, restituant leur vécu de marginaux que les circonstances ont réunis dans un même lieu : Casablanca.

"Un roman d'une réalité crue où l'auteur réussit à révéler avec cet humour noir qui lui est si particulier, l'univers de gens désœuvrés solidaires dans leur non-dit, leurs amitiés et leur désarroi."

Du coup, Zefzaf est l'exemple le plus édifiant de l'écrivain engagé. "Mohamed Zefzaf n'était pas seulement un simple écrivain mais aussi l'un des écrivains marocains dont la voix s'est étendue en dehors du Maroc. Une grande école culturelle et artistique pour sa génération et pour celle qui lui a succédé ", estime le ministre-poète, Mohamed Achaari, qui ajoute que l'auteur constitue un symbole de la renaissance culturelle contemporaine.

Mohamed Zefzaf, de son vrai nom Mohamed Khassal, a débuté sa carrière d'écrivain d'expression arabe aux débuts des années soixante avec notamment sa première nouvelle "Trois semaines", publiée dans la presse. En 1970, il publie son recueil de nouvelles "Dialogue" au bout de la nuit (paru à Damas, en Syrie), où il relate son adolescence en traitant des mœurs et du corps.

Depuis, il s'est fait du récit et de la nouvelle ses genres de prédilection avec, entre autres, œuvres : "La femme et la rose", "Trottoirs et murs", et "Le Renard qui apparaît et qui disparaît". Des œuvres qui ont été traduites en une vingtaine de langues dont le Néerlandais, le Français, l'Anglais et l'Espagnol, mais aussi le Kurde.

Décédé en 2001 , feu Zefzaf a dit:"Il n'y a de repos pour l'écrivain que la mort" . On espère qu'il l'a retrouvé !

.Mohamed El jerroudi

Ahmed Bouzfour.

Ahmed Bouzfour.

Né au début des années 1940 près de la ville de Taza, il a reçu son éducation primaire dans les écoles coraniques avant d'intégrer l'Université Quaraouiyine arabe : à Fes où il poursuivit ses études primaires et secondaires. Il obtint le baccalauréat en 1966 et fut, par la suite, arrêté et incarcéré pendant trois mois pour son activisme politique.

Il continua ses études par la suite dans la Faculté des Lettres de l'Université Mohammed V à Rabat, où il obtint une licence en littérature arabe, puis en 1972, une maîtrise en littérature moderne marocaine.

Sa première nouvelle Yas'alounaka âni al-qatl (en arabe) fut publiée en 1971 dans le journal Al Alam appartenant au Parti de l'Istiqlal.

Il commença à enseigner en 1977 à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines à Rabat comme professeur de poésie arabe anté-islamique, puis fini par rejoindre la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Ain Chock à Casablanca comme Professeur de Lettres Arabes.

Il obtint un doctorat en 1989 suite à sa lettre Ta'abata chiârane C'est à cette époque là qu'il écrivit la plupart des ses œuvres, celles qui lui ont values une certaine reconnaissance dans le milieu littéraire marocain.

En 2002, Ahmed Bouzfour refusa le prix du Maroc du Livre remis par le Ministère de la Culture marocain (et dont la valeur est estimée à 7000 USD) protestant contre ce qu'il nomma «la décadence l'état politique, économique et culturel du Maroc».

.Oeuvres

Ta'abbata chiârane Trois recueils de nouvelles : An-nadarou fi al-wajhi al-âaziz publié en 1983. Al-Ghabir Al-Dhahiren 1987. Sayyad al-Naâm en 1993. Diwane as-sindibad Az-zarafa al-mouchtaîla :Points de vue sur la nouvelle moderne marocaine.

.Mohamed El jerroudi

Maurice Carême.

(1899-1978)

Instituteur de métier, Maurice Carême resta toujours très proche de la simplicité et de la spontanéité des enfants, pour lesquels il a d'ailleurs beaucoup écrit et qui continuent à lire et à apprécier ses poèmes. Mais cette limpidité n'est qu'une des raisons du succès de son œuvre, abondante, où il sait évoquer aussi bien les beautés naturelles de son Brabant natal que les drames d'une vie, dans une langue d'une grande musicalité : Petite Flore (1937), la Lanterne magique (1947), Semeur de rêves (1953), la Grange bleue (1961). Son chef-d'œuvre est sans doute Mère (1935), qui inspira le musicien Darius Milhaud. Il est aussi l'auteur de romans : le Martyre d'un supporter (1928), Un trou dans la tête (1964), Medua (1976).

Récompensée par de nombreux prix littéraires, illustrée par de grands artistes, mise en musique par Milhaud, Poulenc ou Carl Orff, son œuvre, de tout premier ordre, représente un équilibre parfait entre la simplicité d'une forme poétique libérée des conventions et l'expression d'une joie de vivre qui n'exclut pas une certaine gravité.

LA MAISON BLANCHE, MAISON DU POETE, SIEGE DE LA FONDATION MAURICE CARÊME ET MUSEE MAURICE CARÊME.

C'est l'amour qui a fait de ce modeste instituteur l'un des auteurs belges les plus connus dans le monde. Il a été traduit dans d'innombrables langues et les plus grands compositeurs ont mis ses poèmes en musique (Darius Milhaud, Francis Poulenc, Jean Absil, Raymond Chèvrefeuille, etc…).

L'amour des enfants auxquels il a prodigué son enseignement durant un quart de siècle. Il a écrit pour eux des poèmes simples, primesautiers, féeriques et pleins d'humour et de fraîcheur (Pigeon vole, Pommes de reinette,…).

L'amour de sa mère aussi. Car, cet enfant élevé dans la tendresse, aura gardé durant toute sa vie une piété filiale qu'il a su exprimer avec beaucoup de sincérité poétique. Il a obtenu pour son recueil Mère, le « Prix triennal de poésie ». Il a, en plus, reçu de « Prix de l'Académie française » pour sa plaquette La maison blanche.

Après Chansons pour Caprine (1930), reflets d'une vie conjugale assez douloureuse, il se fait le chantre pudique de l'amour avec Femme (1946), puis, plein de fougue juvénile, dans La bien-aimée (1965).

Un poète qui aura opportunément rappelé que la beauté naît de la simplicité et de la sincérité.

La maison du poète (avenue Nellie Melba, 14 à Anderlecht) est devenue le Musée Maurice Carême.

.Mohamed El jerroudi

Palestine.

Palestine.......un pays confisqué.?

la colonisation de toute la Palestine est inscrite au cœur du projet sioniste. Avec la construction du mur qui vole chaque jour plus de terre aux Palestiniens et la judaïsation actuelle de la vallée du Jourdain, du Naqab et de Jérusalem, rien ne semble arrêter cette machine à tuer et à coloniser.

Pourtant, depuis la création de l’Etat d’Israël, le peuple palestinien a toujours résisté à cette formidable entreprise de destruction de sa société, soutenue par les pays occidentaux et en particulier les Etats-Unis et la France. Même si les difficultés furent énormes, il a réussi à contrecarrer la volonté expansionniste d’Israël : l’évacuation de Gaza, si elle est pensée par les dirigeants criminels d’Israël comme un retrait tactique, n’en constitue pas moins pour eux un échec.

En effet, la colonisation de ce territoire a été rendue impossible grâce à la résistance du peuple palestinien auquel les dirigeants-terroristes d’Israël veulent infliger une punition en l’affamant par le contrôle des frontières.

Ce n’est pas la seule défaite des sionistes dans la région, car après 20 ans d'occupation, l’armée israélienne a dû aussi se retirer du Sud-Liban face à la détermination de la résistance libanaise sous la direction du Hezbollah. L’invincibilité de l’Etat sioniste n’est plus qu’un mythe, malgré le discours des médias qui s’ingénient à nous présenter ces échecs comme des gestes de bonne volonté et de paix. Cette « paix », toujours promise jamais réalisée en raison de la nature guerrière et coloniale de l’Etat israélien, ne fait plus recette auprès du peuple palestinien qui a élu le Hamas aux plus hautes fonctions dans le but de continuer la lutte de libération nationale. Ces élections furent aussi une défaite pour l’Etat terroriste d’Israël qui comptait sur une Autorité palestinienne conciliante pour mener à bien sa politique coloniale.

Confronté à ces échecs successifs et les élections législatives approchant, l’Etat israélien cherche à donner des gages de puissance à sa société coloniale : il entreprend des actions de force comme le kidnapping des prisonniers politiques dans la prison de Jéricho (avec les complicités américaine et anglaise) ou comme les incursions meurtrières à Tulkarem ou à Jénine. Mais l’enjeu principal est surtout de pousser le Hamas et toute la résistance à réagir pour justifier ensuite une politique de répression d’envergure contre le peuple palestinien. Celui-ci ne fait pas seulement face à l’Etat colonial, mais aussi à cette société israélienne dans son ensemble qui continue à nier son existence.

Plus largement, ces échecs sont ceux des Etats occidentaux qui, dans leur tentative de soumettre tout le Moyen-Orient à la domination d’Israël et donc à la leur, n’ont pas réussi à vaincre la résistance du peuple irakien ni à désarmer (avec la résolution 1559 de l’O.N.U.) les forces de libération nationale au Liban. Une nouvelle déconvenue attend les armées sionistes et impérialistes : c’est la guerre qui se prépare contre le peuple iranien au nom de la lutte contre la prolifération nucléaire alors que l’Etat colonial d’Israël possède plus de 200 têtes nucléaires. Mais cette justification (utilisée pour envahir l’Irak) de la nouvelle guerre qui s’annonce ne doit tromper personne, car s’il devait y avoir désarmement nucléaire il devrait commencer d’abord par les Etats-Unis, Israël et leurs alliés occidentaux.

En Palestine occupée, le peuple Palestinien est toujours debout, uni depuis plus de soixante ans contre l’infernale machine de guerre coloniale israélienne. Il nous indique la voie à suivre.

.Mohamed El jerroudi

Le mur de la honte.

Le Mur de Berlin 1961-1989

Le 13 août 1961, les berlinois découvre avec stupéfaction leur ville divisée en deux par un réseau de barbelés. Cette décision prise la veille par le conseil des ministres de la RDA devait permettre officiellement d'endiguer l'exode de ses ressortissants vers la RFA. Mais elle cachait surtout des problèmes bien plus anciens liés au contexte international de l'époque, celui de la Guerre froide.

C'est à Berlin que ce conflit émergea en 1948 avec le blocus, et c'est là qu'il s'achèvera 40 ans plus tard avec la chute du Mur de Berlin. 1961 marque donc un tournant décisif dans cette histoire où les enjeux économiques, politiques et idéologiques sont au cœur du conflit qui oppose les Etats-Unis à l'URSS. Or, c'est la situation bien particulière de Berlin qui explique qu'elle soit l'objet de toutes les attentions. Il faut rappeler qu'à la sortie de la Deuxième Guerre Mondiale, les grands vainqueurs se partagent Berlin et divisent la ville en quatre secteurs : américain, français, anglais et soviétique. Or, tant que les alliés d'autrefois s'entendent, il n'y a pas de soucis sauf que la situation se complique. C'est donc ainsi qu'un mur a émergé.

Décidée par Ulbricht et planifié par Honecker, elle mettra moins d'une journée pour être appliquée. L'armée populaire et la police des frontières mettent alors le projet à exécution. Les frontières sont fermées, les transports en commun interrompus. Des barbelés et barricades sont installés et les chaussés dépavées. Berlin Est est sous contrôle et ses habitants ne peuvent donc plus se rendre à Berlin Ouest ou en RDA. Le 23 août, Berlin Est n'est plus accessible.



Le régime Est allemand peaufinera au cours des années l'amélioration de la surveillance du Mur. Si en 1961 et 1962, les fortifications ne représentent que 12 km de mur, en 1970, elles atteignent 155 km. Dès 1972, le mur est considéré comme infranchissable. Le nombre de miradors augmente, un second mur est édifié, renforcé par des pièges et surveillé par des rondes incessantes de Vopos et les points de passage entre l'Est et l'Ouest sont limités à deux, Checkpoint Charlie et celui à proximité de la gare de Friedrichstrasse. Les tentatives d'évasion ont donc été nombreuses. On estime à 5 043 le nombre de personnes à avoir réussi à franchir le Mur et à 239, le nombre de fugitifs à avoir été tués. Tunnels, voitures, bateaux, câbles métalliques, déguisements, les moyens pour passer le mur furent parfois des plus surprenant. L'évasion collective la plus spectaculaire reste quand même celle des 57 personnes qui creusèrent un tunnel sous les fortifications de la frontière. La pression populaire face à ce manque de liberté conduira à fissurer le régime soviétique.

Plusieurs facteurs ont donc joué dans l'effondrement du Mur de Berlin. Tout commence vraiment à s'accélérer avec la visite de officielle en RFA de Mikhaïl Gorbatchev en mai 1987. Ce dernier mène une politique novatrice marquée par l'abandon de la doctrine Brejnev. Le 7 octobre, de nombreuses manifestations de protestations contre le régime ont lieu et les allemands demandent à Gorbatchev de leur venir en aide. Le 18 octobre 1989, Honecker est limogé et le 9 novembre 1989, le Conseil des ministres de la RDA décide l'ouverture du mur de Berlin et des frontières. Des milliers de Berlinois de l'est comme de l'ouest se regroupent autour du mur de la "honte" pour célébrer la fin de 28 années de séparation.

.Mohamed El jerroudi

Ecologie

L’environnement est le lieu par excellence où doit s’appliquer la pluridisciplinarité. Les études concernent naturellement des éléments relevant des différentes sciences de la nature. Néanmoins, dans le domaine du développement durable, les aspects économiques et sociaux sont aussi à analyser et à intégrer dans les évaluations.

Les études ainsi réalisées comprennent des aspects liés à la chimie, la faune, la flore, la géologie, la biologie, la toxicologie, mais aussi à l’économie, la sociologie, le droit, etc, si bien qu’elles deviennent de plus en plus complexes.

Souvent, à partir de problèmes environnementaux, de multiples relations entre des éléments, parfois proches, parfois éloignés, sont mises en lumière. Le domaine de l’environnement contribue de cette façon à mieux nous faire comprendre notre société et à nous éclairer sur les décisions à prendre.

Cependant, celles-ci apparaissent aussi moins univoques que par le passé. Un investissement rentable économiquement à court terme et localement peut par exemple présenter, à la suite dévaluations scientifiques, des caractères qui s’avèrent négatifs à long terme, en un autre lieu ou sous un autre angle.

L’environnement est par définition sans limites, car il ne s’étend que jusqu’à celles qui lui sont attribuées, à la fois dans l’espace et dans le temps. Cela non plus ne facilite pas la tâche des scientifiques. Des scientifiques participent aux activités de trois grands groupes : au sein des pouvoirs publics, des industries et de certaines associations spécialisées.

Mais une certaine forme d’activité scientifique s’exerce avant tout dans des institutions d’enseignement, en particulier des universités et des centres de recherches qui ne sont pas liés à des activités économiques. Beaucoup de travaux scientifiques contribuent à une description plus précise de l’environnement et des effets des agressions auxquelles il est soumis.

Certains explorent aussi des moyens d’action pour limiter certaines de ces atteintes et s’efforcent de décrire les conséquences de l’emploi de ces solutions, étant entendu que les choix en la matière reviennent avant tout aux décideurs conformément aux procédures démocratiques.

Pour accumuler des connaissances relatives à des problèmes de plus en plus complexes et parfois d’ordre planétaire, les regroupements internationaux de scientifiques sont d’importance croissante.

.Mohamed el jerroudi

Mohammed Kheireddine .

L’écriture de Khaïr-Eddine est aussi obsédée par un autre thème : l’exil. C’est d’abord le départ forcé de l’enfant qui quitte le Sud et la mère. L’œuvre va constamment faire une place de choix au souvenir nostalgique du pays de l’enfance. C’est ensuite l’exil en France pour une perpétuelle vie d’errance. Il semble que l’auteur ait toujours nourrit un sentiment ambivalent envers ses origines. Ce Sud tant chanté dans son œuvre, il ne va jamais chercher à y revenir ou s’y installer. Comme tout déraciné, Khaïr-Eddine garde une image idyllique du Sud, de la culture berbère, mais en même temps, il plaint et déteste parfois ce que sont devenus les Berbères, leur culture qui dépérit, se folklorise et perd son âme. Le déracinement et l’errance perpétuelle sont très perceptibles dans son œuvre, au niveau de la forme (discordance et discontinuité du récit, émiettement des phrases jusqu’à l’incohérence) et du contenu (mouvement perpétuel et frénétique des personnages, succession rapide des lieux, voyages continuels dans le temps sans aucune chronologie apparente).

Né en 1941 dans un village du Sud marocain, Tafraout, il passe son enfance auprès de sa mère, mais sans le père, parti faire fortune dans le commerce au Nord. Le père, l’enfant ira le retrouver plus tard, lorsqu’il partira s’inscrire à l’école à Casablanca. L’adolescence dans cette ville, c’est la découverte de la vocation littéraire et l’éveil de la conscience politique. En 1960, un événement va avoir lieu qui va marquer sa vie et son œuvre : le grand séisme qui détruit la ville d’Agadir. En 1961, il abandonne les études pour se consacrer à l’écriture et part s’installer à Agadir pour deux ans. Il retourne à Casablanca en 1963, puis s’exile en France en 1965. Il s’installe dans le Midi et mène une vie difficile en travaillant comme ouvrier. Il écrit difficilement et anime une émission radiophonique pour France Culture. Dans les années 70, il quitte le Sud de la France pour mener une existence de nomade à Paris. En 1979, il décide de rentrer au Maroc. Là encore, il mène une vie d’errance. Il n’écrit presque plus et vit de la collaboration à quelques journaux locaux. Il s’exhibe volontiers dans des manifestations culturelles. En 1989, il repart encore pour quelques temps en France. Il décède en 1995 au Maroc.

.Œuvre de Khaïr-Eddine

Nausée noire (poésie), Londres, Siècles à mains, 1964. Agadir (roman), Paris, Seuil, 1967. Corps négatifs, suivi de Histoire d’un bon Dieu (roman), Paris, Seuil, 1968. Soleil arachnide (poésie), Paris, Seuil, 1969. Moi l’Aigre (roman), Paris, Seuil, 1970. Le Déterreur (roman), Paris, Seuil, 1973. Ce Maroc (poésie), Paris, Seuil, 1975. Un odeur de mantèque (roman), Paris, Seuil, 1976. Une vie, un rêve, un peuple, toujours errants (roman), Paris, Seuil, 1978. Légende et vie d’Agoun’chich (roman), Paris, Seuil, 1984. Mémorial (poésie), Paris, Seuil, 1991.

Moi l’Aigre, Casablanca, Tarik Editions, 2002, 164 p. Une vie, un rêve, un peuple, toujours errants, Casablanca, Tarik Editions, 2002, 146 p. Le Déterreur, Casablanca, Tarik Editions, 2002. Légende et vie d’Agoun’chich, Casablanca, Tarik Editions, 2002.

Mohamed El jerroudi

Journée mondiale de l'enfance.

Dans plusieurs pays, la Journée mondiale de l'enfant est devenue une belle occasion de sensibiliser l'opinion publique à la cause de la protection de l'enfant. En plus d’être une journée de festivité autour des enfants, on souhaite les mettre en valeur dans les familles et les lieux publics.

Cette date du 20 novembre a une portée symbolique. Il s'agit de la date anniversaire de l'adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies de la Déclaration des droits de l'enfant (20 novembre 1959) et de la Convention relative aux droits de l'enfant (20 novembre 1989).

En mettant l’accent sur la nécessité de respecter chaque enfant dans son individualité, en tant qu’être humain particulièrement fragile, la Déclaration des droits de l'enfant affirme: « L'enfant, pour l'épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d'amour et de compréhension ». Ceci implique qu’en plus de la famille, cadre naturel de sa croissance, toute la société doit jouer son rôle dans le développement et la protection de l’enfant car « l'humanité se doit de donner à l'enfant le meilleur d'elle-même ».

L'enfant représente l'avenir de l’espèce humaine. Puisque notre futur dépend aussi de l'éducation qu'il reçoit, « il doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, d'amitié entre les peuples, de paix et de fraternité universelle, et dans le sentiment qu'il lui appartient de consacrer son énergie et ses talents au service de ses semblables » stipule encore cette Déclaration.

.Mohamed El jerroudi

Arche de Zoé.

Vingt parents d'une partie des 103 enfants que l'association L'Arche de Zoé avait tenté d'emmener en France depuis Abéché, dans l'est du Tchad, sont arrivés lundi à N'Djamena, à l'initiative selon eux du gouvernement tchadien, a constaté un journaliste de l'AFP.

"On nous a dit que le gouvernement avait besoin de nous et on nous a amenés ici (à N'Djamena)", a déclaré Ahba Abdallah Mahamat, au salon d'honneur de l'aéroport de N'Djamena, où les familles sont arrivées à la mi-journée par un vol régulier en provenance d'Abéché (700 km à l'est de la capitale).

Une femme, qui n'a pas donné son identité, a elle aussi indiqué à la presse que les familles étaient venues à N'Djamena à l'initiative des autorités tchadiennes.

Les autorités judiciaires en charge du dossier à N'Djamena n'avaient visiblement pas été mises au courant de l'arrivée de ces familles. Le juge d'instruction et le procureur de la République ont prévu de se rendre dès que possible à Abéché pour auditionner les familles des enfants victimes.

Leur déplacement à Abéché est maintenu, ont assuré des sources judiciaires concordantes à l'AFP. Ces familles ne devraient donc pouvoir être reçues par le magistrat instructeur qu'à son retour d'Abéché, prévu en fin de semaine.

"Je ne sais pas si cela vise à accélérer ou ralentir les choses, mais j'ai l'impression qu'on place une nouvelle fois le juge devant le fait accompli", a commenté une souce judiciaire, qui a requis l'anonymat.

Six membres français de l'Arche de Zoé sont inculpés d'enlèvement de mineurs et quatre Tchadiens de complicité. Ils sont incarcérés à N'Djamena.

"Nous voulons que l'Etat fasse respecter nos droits et que l'Etat les juge" au Tchad, a également déclaré à la presse Ahba Abdallah Mahamat, chef du village de Chakata, dans la région d'Adré, ville frontalière avec le Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

L'Arche de Zoé avait tenté d'emmener en France 103 enfants de la zone frontalière tchado-soudanaise en les présentant comme des orphelins du Darfour nécessitant une évacuation sanitaire.

Les enfants, récupérés par les autorités tchadiennes qui avaient stoppé l'opération le 25 octobre, sont hébergés depuis à l'orphelinat d'Abéché en attente d'une décision judiciaire et politique en vue de leur restitution à leurs parents. L'enquête en vue de l'identification de l'ensemble des enfants est toujours en cours.

"Notre espoir repose sur le gouvernement. S'il nous autorise à récupérer nos enfants on pourra les reprendre", a ajouté Ahba Abdallah Mahamat.

.Mohamed El jerroudi

Younès Megri .

L’enfant prodige de la chanson marocaine des sixties. L’idole des foules et le chanteur compositeur, à la voix suave, charme autant que le flegme charismatique qu’il dégage. Un regard brillant, propre à ces êtres rêveurs, insatisfaits de leur parcours et désirant prouver aux autres, se prouver à eux-même, que le talent qu’ils dégagent n’est pas prêt à s’alanguir de sitôt.

Qu’aurait-il répondu, le petit Younes, si on lui avait demandé que feras-tu quand tu seras plus grand ? Il n’aurait certainement pas hésité à désigner la musique comme le monde idéal dans lequel il aimerait évoluer. Au pire des hésitations, il aurait rajouté l’univers du septième art qui lui permettrait de se confronter à de nouvelles expériences et à lire des scénarios de films et les accompagner par des compositions musicales originelles.

À Marrakech, il s’est mêlé à la foule, le même regard brillant et le même sourire avenant. Des fans, il en compte toujours. Ceux qui fredonnent encore le classique increvable, Di-ram-dam, de la famille Megri : Hassan, Mahmoud, Jalila et Younes. Plus tard en solo, il se fraye son propre chemin et signe des titres aussi légendaires que modernes. Ya M’raya, Anti Al Sabab, Ya ma, Mesquine, Lili Touil...Ce dernier succès est piraté par les Bonney.M. Mais Younès a eu gain de cause auprès des tribunaux de Paris. Depuis, la légende de Younès est sur toutes les bouches.

Le succès de cette période est tout simplement retentissant. En 1971 le jeune musicien se distingue dans un concours de chant pour jeune et signe un contrat avec la firme Polydor. Son album obtient le disque d’Or dans les pays du Maghreb, le Liban, l’Iraq, la France et la Belgique.

Peut-être bientôt. Younès Megri compte sortir un nouveau CD. Il comprendra d’anciennes chansons et d’autres nouvelles pour répondre à la demande pressante des amis et des fans.

Mélomane averti, il reproche à la musique marocaine l’étroitesse de son champ de manœuvre et dénonce la politique de gestion de la création musicale. L’idéal serait de libérer le monde de la musique, c’est ça qui donne le recul, qui donne un élan et une richesse aux chansons qu’on interprète. “Notre musique est mal servie. Il n’y a pas de compétition réelle qui fait que nos artistes se défoncent pour donner le meilleur d’eux. Mais je reste toujours confiant en l’avenir. Ce ne sont pas les décisions des politicards qui freineront nos asprirations de création. Je crois aux hommes.”

.Source©Maroc-Hebdo

.Mohamed El jerroudi

Mohamed Ali .

Tout a commencé par un vélo volé, et c'est en cherchant son voleur que Casius Clay entra dans un gymnase de boxe en 1954. Il avait 12 ans. Voulant casser la gueule au voleur, il apprendra la boxe et restera 27 ans sur les rings. Son jeune rêve de devenir champion du monde toute catégorie se révélera pleins d'embûches et de tournants.

108 combats amateurs plus tard, il surpasse la plupart des jeunes de son age, il remporte 6 championnats du Kentucky, 2 championnats nationaux et 2 titres AAU nationaux avant ses 18 ans. Puis aux jeux olympiques de Rome en 1960, quelques mois après ses 18 ans, il monte au sommet de l'olympisme avec une médaille d'or.

Mais le ségrégationnisme continue dans l'Etat du Kentucky et partout ailleurs aux Etats-Unis. Il est toujours refusé dans les restaurants blancs, doit se battre pour pouvoir s'entraîner avec les entraîneurs blancs, notamment Angelo Dundee.

Son style de boxe très caractéristique lui donna le surnom de "HeadHunter", il ne frappait jamais au corps, toujours la tête au début de sa carrière. A l'origine, il avait une plus grande allonge que les boxeurs de son age et n'aimait pas le combat rapproché. Ses musculeuses jambes le faisaient "danser", il flottait littéralement sur le ring, ne cessant jamais de se déplacer et de traverser le ring.

Son troisième atout de boxeur était sa bouche, sa grande gueule. Sur le ring, il ne cessait de parler, d'haranguer son adversaire, les "lèvres de Louisville" ne laissaient personne parler pour lui non plus en dehors du terrain. Il annonçait ses victoires et même le round du KO.

Alors qu'il prépare son premier combat avec titre mondial à la clé en 1964, face à l'impressionnant Sonny Liston, il rencontre Captain Sam, un représentant musulman de Miami qui lui présente Malcom X, représentant de la lutte des noirs antiségrégationniste, et de la "Nation Of Islam".

Et c'est au lendemain de sa victoire éclatante face à Liston qu'il annonce au monde entier qu'il devient membre de la Nation Of Islam et prends le nom de Cassius X (symbole de l'anonymat des esclaves) puis celui de Mohammed Ali en adoptant la religion d'Islam.

Alors que la guerre du Vietnam bat son plein et réclame sa livrée de chair, Ali est appelé a combattre. Il refusera en mentionnant : ce qui se rapporte à « les Vietcong ne m'ont rien fait ».

La polémique qui s'ensuit le laisse suspendu de sa licence de boxe dans tout les Etats-Unis. Son dernier combat en 1967 l'opposait à Ernie Terrell qui l'avait provoqué en l'appellant "Clay", de son nom d'esclave (comme l'appelait Ali). Ali passera tout le match à rosser Terrell en lui assénant des "What’s my name ?".

S'ensuit deux ans et demi sans combat, menacé de 5 ans de prison pour son refus de s'engager , puis retour à la boxe, avec une défaite lors de "The Fight" face à Joe Frazier au Madison Square Garden en 1971. Il avait perdu ses jambes, il ne volait plus. Par contre, la cour suprême lui accorda la grâce des 5 ans de prison.

Après diverses fortunes, le promoteur Don King monta à grand coup de promotion et de provocation un ultime combat au Zaïre, terre africaine, terre des esclaves. Le légendaire Ali contre la montagne Foreman qui avait la foudre et le tonnerre dans les deux mains.

Entre un docteur se préparant à l'envoyer à l'hopital en jet en Espagne, un public africain hurlant "Ali Bomaye" (Ali tue le), d'un coup de coude à l'entrainement sur Foreman qui reporta le match, des tempêtes tropicales qui menaçaient, le duel des titans pouvait commencer.

Ali qui ne dansa pas ce soir la, se protégeait dans les cordes, recevait sans broncher le tonnerre et les éclairs qui pleuvaient sur lui. Son coach lui hurlait de sortir des cordes, le public hurlait toujours à la mort de Foreman, les commentateurs et les journalistes hurlaient au match truqué. Et pendant ce temps, Ali provoquait son adversaire en tournant en dérision les coups que lui portait son adversaire.

Et ceci pendant 7 rounds, mettant Foreman sur les rotules et Ali se releva au 8eme round, foreman savait déjà qu'il avait perdu. Un KO mit une confirmation à tout ceci.

Ali fini sa carrière en perdant puis reprenant sa ceinture mondiale, et conclus sa carrière avec 56 victoires (dont 37 KO) et seulement 5 défaites. Il porta la flamme à destination aux JO d'Atlanta malgré la maladie de Parkinson et restera longtemps dans toutes les têtes pour ses positions, ses combats, ses convictions.

Mohamed El jerroudi

Mensonge.

Pour être un "bon menteur", il faut jouir de trois facultés :Une bonne mémoire pour se souvenir des mensonges que l'on fait ; De l'imagination ;

Des dons de comédien . Mais alors que l'adulte menteur se sert généralement de ces trois facultés par fourberie, pour abuser autrui - et ne développe que des récits vraisemblables, ayant l'air ou les accents de la vérité -, l'enfant les utilise ordinairement plutôt dans le but de s'arracher au monde donné, afin d'en créer un autre, plus conforme à son désir, et qu'il ne songe même pas à faire passer pour réel. Il éprouve alors ce que Nicolas Grimaldi appelle admirablement "la griserie d'entrer en dissidence par rapport au réel" . Faut-il le lui reprocher ?

Oui, disait Platon, qui haïssait en tout le "pseudos" - terme qui, chez lui, désignait le mensonge, la fausseté, l'erreur, mais aussi la fiction poétique -, et aurait voulu chasser les poètes de sa cité idéale. Non, répondait La Fontaine : "Qui mentirait comme Esope et comme Homère, un vrai menteur ne serait : le doux charme de maint songe par leur bel art inventé, sous les habits du mensonge nous offre la vérité" .

Le mot mensonge viendrait du latin "mens", qui veut dire esprit, et de "songe", rêve. Le mensonge comme songe de l'esprit... Mais ne s'agit-il pas là d'une étymologie... mensongère et fausse ? Qu'importe au fond, et ce pour deux raisons. La première est que ce jeu de mots donne au fabuliste l'occasion de rimes riches et d'une fable admirable. La seconde est qu'il nous est murmuré ici que l'enfant et l'adulte, qui ne gaspillerait pas tout de la grâce à laquelle il était promis, ont besoin de rêveries : que vivent le père Noël et la petite souris! Nous admirons l'héroïsme d'un homme qui comme Socrate tente de se tenir debout en refusant toute forme d'illusion. Mais nous pensons, aussi, que la pratique de la vie ne va pas sans une certaine "théâtralisation" de notre destin,, et qu'il faut parfois "jouer" pour trouver en soi le personnage capable d'assumer la complexité du réel...

Ainsi, il nous semble qu'aux rationalismes purs, mais durs, d'un Kant ou d'un Platon - qui après avoir emprunté des chemins différents arrivent à la même conclusion : une condamnation sans appel du mensonge -, pourrait s'opposer une éthique plus prudente. Qu'il y ait dans tout mensonge laideur et mesquine contradiction est vrai, mais que tout mensonge soit immoral ne l'est pas. Que mentir à autrui, ce soit le mépriser, nous semble peu contestable, mais qu'il y ait quelque chose comme un droit de garder pour soi, de dissimuler, de résister à la demande de vérité, d'aveu ou de transparence publique, quelque chose comme un droit au for intérieur, au silence, au secret, et même à la fiction, nous paraît tout aussi incontestable... Toutefois il nous faudrait trouver un moyen qui fasse que le mensonge, c'est-à-dire l'exception, demeure exceptionnel...

Lorsque l'on ne sait plus que faire, agissons comme la "Madeleine à la veilleuse" de Georges de La Tour : la fragile lumière d'une chandelle peut révéler ce qui se cachait dans l'obscurité. La philosophie est cette lumière fragile, elle se trouve dans l'oeil de tout homme de bonne volonté, car dans nos yeux, où tristesse, remords, incertitude et mensonge ont leur gîte, luit aussi la lumière de la conscience.

Mohamed El jerroudi

Dieudonné.

Certains le jugent controversé, d’autres simplement drôle. Dieudonné, l’enfant terrible de l’humour français qui sera de retour au Québec en juin pour présenter son nouveau spectacle, discute de son métier avec calme et passion.

Le regard absent, Dieudonné parle d’une voix douce. L’humoriste a visiblement le sens de la formulation posée et réfléchie. Ses réponses mûrissent longuement dans sa tête avant qu’elles soient lancées au journaliste. «Mon but est de me provoquer moi-même, de faire de l’autodérision, explique-t-il au sujet de son art. Je me sers de certains aspects controversés pour trouver l’inspiration, pour remettre en cause mes propres pensées.»

Ce n’est donc pas un hasard si le personnage a décidé de replonger dans certains de ses sketchs les plus controversés pour son nouveau spectacle.

C’est après avoir testé plusieurs formules en France que le concept du Best Of a germé dans la tête de Dieudonné. Cette nouvelle mouture de l’humour corrosif de l’artiste sera présentée en exclusivité au public québécois les 20, 21 et 22 juin prochain au National. Les numéros qui forment cette prestation sont tous puisés dans l’un des sept spectacles de sa carrière.

Peuple chaleureux

Ceux qui sont familiers avec le type d’écriture du Français savent que ses blagues sont presque toujours reliées à l’actualité la plus brûlante. Ce spectacle serait-il pour lui une façon de faire passer ses numéros au jugement de l’Histoire?

Entrevue avec Dieudonné «J’ai choisi des sketchs aux dimensions universelles et le fil conducteur est l’ordre chronologique des évènements, répond-il. Les blagues qui ont provoqué le plus de réactions à l’époque de leur création se retrouvent dans ce nouveau spectacle. Ceux qui me connaissent riront!» Dieudonné est un habitué de la polémique, spécialement en France, où le débat sur la laïcité et le voile dans les écoles publiques faisait rage lorsqu’il a écrit son controversé spectacle 1905.

L’humoriste se permet de tracer un parallèle entre la réaction du public français à cetteo euvre et les accommodements raisonnables au Québec.

«Chacun a un point de vue rattaché à son histoire, et certains ont de la difficulté à faire le sacrifice nécessaire à la compréhension de l’autre, dit-il. Je suis profondément pour la neutralité religieuse dans la sphère publique, mais je respecte profondément toutes les croyances.

«Tout point de vue est nécessairement controversé, poursuit-il. Il y a des sujets importants sur lequel j’ai des opinions fermes, et j’en assume les conséquences. Ce que je déplore, c’est la disproportion des réactions. Je ne l’avais pas anticipée du tout.»

Celui qui dit avoir été flatté par toute l’importance qu’on lui a accordée à la suite de certains sketchs ne craint nullement la réaction du public québécois lorsqu’il revisitera son propre passé.

«Les Québécois ont une prédisposition pour le rire. C’est un peuple chaleureux, contrairement au climat», lance-t-il en riant.

«L’humour est un excellent baromètre de la liberté d’expression dans une nation. Les véritables sanctions viennent du public, et je sens que le Québec est très à l’aise avec à peu près n’importe quel sujet.»

Candidat présidentiel

Dieudonné avait annoncé son intention de se présenter aux dernières élections présidentielles françaises, avant de se retirer avant même le début de la course. Il a malgré tout un jugement très dur envers Nicolas Sarkozy, élu face à la candidate socialiste Ségolène Royal.

«C’est une catastrophe, dit-il. Sarkozy est l’archétype du politicien ambitieux, sans foi nimorale. J’ai toujours dit que l’empire n’avait jamais été aussi flamboyant qu’avant son effondrement, et c’est ce à quoi nous sommes en train d’assister.»

Très politisé, l’homme n’en demeure pas moins un humoriste d’abord et avant tout. La polémique ne semble pas le déranger le moins du monde, lui qui soupire lorsqu’on lui parle de la polémique qui entoure son personnage. «Nous sommes tous là pour rigoler après tout, non?»

Mohamed El jerroudi

Rachid Benzine

Géant débonnaire, Rachid Benzine cache bien son jeu. La simplicité de sa mise et son sourire désarmant lui donnent l'air d'un jeune prof de gym, un de ces enseignants de collège de banlieue - ce qu'il a d'ailleurs été - qui luttent pour des idéaux d'éducation. Grave méprise. Il faut l'entendre parler pour comprendre. La limpidité de sa pensée frappe, la rigueur de son raisonnement subjugue, on a envie de dévorer son dernier livre, Les Nouveaux Penseurs de l'islam, paru en février dernier chez Albin Michel.

Rachid Benzine est un islamologue d'une érudition confondante. Ce natif du Maroc, arrivé en France à l'âge de 7 ans, en a aujourd'hui 33. Mais ce n'est pas hier qu'il a découvert la théologie. Dans ce domaine, il ferait plutôt figure de jeune prodige. « J'avais 16 ans et j'étais en vacances. Je suis tombé sur Le Cas Eugen Drewermann, un livre passionnant sur ce prêtre catholique allemand devenu psychothérapeute. Je me suis demandé pourquoi il y avait tant de tapage autour de lui. Il parlait de la naissance virginale de Jésus et montrait comment cette idée avait traversé non seulement l'islam mais aussi toutes les religions. »

Cette lecture ouvre à Benzine de nouveaux horizons. Certes, son milieu familial le prédestinait à la spiritualité. Un père érudit, très pieux, une mère douce et attentive. « On n'a jamais eu l'occasion de parler religion avec mon père. Mais sa pratique m'impressionnait, notamment quand il priait, à 4 h 30 du matin, avant de partir au travail... »

Le jeune Rachid s'oriente d'abord vers l'économie. Un livre de Samir Amin sur le développement inégal entre pays du Nord et du Sud, la rencontre avec un professeur ancien coopérant, et voilà sa vocation toute trouvée - du moins le croit-il. Il s'interroge sur son identité profonde. « Je sentais que j'appartenais à la marocanité, à la maghrébinité, à l'arabité enfin, explique-t-il, soucieux de démontrer la progression de l'idée en lui. Puis l'islamité s'est imposée. »

Séduit par les exégètes chrétiens, il cherche à savoir s'il existe des équivalents dans le monde musulman, découvre les travaux de l'Égyptien Nasr Hamid Abou Zaïd et du Sud-Africain Farid Esack. Très impliqué dans le milieu associatif, notamment dans le dialogue islamo-chrétien, il se lie d'amitié avec un prêtre, Jean-Michel Degorce, puis avec le père Christian Delorme, avec qui il écrit un premier livre, publié chez Albin Michel dans la collection « Espaces libres » : Nous avons tant de choses à nous dire, pour un vrai dialogue entre chrétiens et musulmans. Il y rédige un chapitre très intéressant sur la façon dont lui, musulman, lit les Évangiles et découvre Jésus. Il n'a que 26 ans, mais retient déjà toute l'attention de son éditeur. Il convainc même ce dernier de publier, à l'instar des études bibliques, les exégèses musulmanes du Coran. Rachid Benzine devient directeur de la collection « Islam des lumières » aux éditions Albin Michel.

Musulman scrutateur de l'islam, sa critique, si elle est radicale, n'exclut pas le respect de la croyance.

Ses ambitions ne se limitent pas à l'édition. Il rêve de créer une fondation dotée d'une importante bibliothèque, qui serait à la fois lieu de recherche et de production intellectuelle, animée par des islamologues du monde entier.

« J'ai envie de vulgariser le savoir universitaire et de le rendre accessible à tous, y compris aux acteurs politiques qui souhaitent réfléchir à la place de l'islam dans la société contemporaine. » Dans la foulée, il aimerait créer une université populaire s'adressant à des auditeurs plus jeunes. « Les meilleurs spécialistes de la pensée musulmane viendraient enseigner, puis leurs cours seraient disponibles sur Internet. »

La devise de Benzine ? L'élitisme pour tous. Et si, devant les journalistes de J.A.I., il parle en spécialiste, il sait adapter son langage au grand public, celui qu'il a rencontré au début de sa carrière à Trappes, dans la banlieue parisienne, où il enseignait au lycée professionnel Gagarine, au sein de l'association Les penseurs dans la cité. « Le savoir ne doit pas rester dans le milieu fermé de l'université, sinon il est inutile. » Rachid Benzine a su joindre l'acte à la parole.

Mohamed El jerroudi

Nawal El Moutawakel .

Nawal el-Moutawakil, ministre de la Jeunesse et des sports, est la femme d’une course. Ce fameux 400 m haies des jeux Olympiques de Los Angeles, en 1984, qu’elle a remporté à la surprise générale. Juste avant le départ, en effet, la Marocaine, âgée de 22 ans, était classée 20e mondiale. Elle est née le 15 avril 1962 à Casablanca

Elle a été la première femme arabe, africaine et musulmane à décrocher de l’or aux olympiades. Depuis la championne olympique s’est lancée à corps perdu dans les relations publiques. Pendant de longues années, il était impensable qu’une conférence internationale sur « la femme et le sport » puisse se tenir sans qu’elle y soit invitée.

Kinésithérapeute de formation, Nawal el-Moutawakil a été élue, en 1995, membre du comité exécutif de la Fédération internationale d’athlétisme amateur. Puis elle est devenue membre du comité international olympique, avant d’être nommée par Hassan II en 1997 secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports avec rang de ministre !

Depuis, Nawal a cumulé les fonctions d’ambassadrice honoraire, sillonnant le monde au service de plusieurs causes.

En janvier 2007, elle a été nommée vice-présidente de la Fédération royale marocaine d'athlétisme (FRMA). Et en octobre de la même année, a été nommée ministre de la Jeunesse et des sports par le Roi Mohammed VI.

Mohamed El jerroudi

Mohamed VI.

Qu’est-ce qui a changé de Hassan II à Mohammed VI ? C'est que les gens ont cessé de vivre dans la peur, comme c’était le cas sous Hassan II et son ministre de l’Intérieur, Basri, qui vient de mourir. Hassan II était un roi très ­distant et redouté. Les Marocains le savaient très intelligent, mais aussi cruel. Mohammed VI, lui, est plus rassurant.

Dès le début de son règne, il a bousculé le système policier qui régentait le pays en renvoyant Basri. Il a aussi affiché une volonté de transparence tout à fait nouvelle en reconnaissant que le régime avait échoué en matière de lutte contre la pauvreté. A la limite, au début de son règne, les Marocains ont eu plus peur pour le roi que peur de lui. Avec le temps, ces évolutions ont vu leurs limites : la nature du pouvoir fait que l’arbitraire persiste, que la corruption reste importante. Et puis il y a eu les attentats du 16 mai 2003, qui ont été suivis de grandes rafles policières, à l’ancienne. Enfin, on a tendance à oublier que la li­béralisation du régime avait commencé avant l’arrivée de Mohammed VI, en 1999. Hassan II avait donné le coup d’envoi de l’ouverture dans le domaine des médias et de la vie politique dès le milieu des années 90, notamment pour préparer la succession. Et, dans ce sens, il a parfaitement réussi.

Il est moins autoritaire et moins directement impliqué que son père. Même s’il parle souvent de transparence et a fait de son épouse un personnage public, Mohammed VI est mal connu. Il délègue beaucoup aux technocrates et aux ingénieurs dont il s’entoure. Il procède en permanence à des nominations, ce qui ­donne lieu à un jeu complexe de chaises musicales. Le roi, pour sa part, a pris des engagements forts, parfois mis à mal : pas de journalistes en prison, l’installation de la démocratie, une meilleure éthique des forces de l’ordre, une justice moins corrompue. Il s’est aussi montré sensible à la détresse causée par l’extrême pauvreté, là où son père semblait insensible. Au point qu’on l’a surnommé au début «le roi des pauvres». Ce n’est plus le cas, mais la ­tâche est titanesque et les moyens manquent. Je ne pense pas que ces proclamations soient purement démagogiques. Seulement il y a, autour du roi, bien des gens qui redoutent la démocratisation. Les élites marocaines sont souvent très conservatrices, par peur de l’inconnu.

A part quelques conseillers de Hassan II comme André Azoulay et des généraux, il y a eu un net renouvellement. Mohammed VI est entouré par ses anciens camarades de classe du Collège royal, de jeunes élèves brillants issus de milieux mo­destes, qui avaient été sélectionnés et amenés au palais royal pour faire leur scolarité avec le prince. Le plus emblématique d’entre eux est Fouad Ali al-Himma (lire ci-dessous). On trouve aussi des technocrates, comme le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa. Ajoutez à cela quelques hommes politiques et les héritiers des grandes familles, qui forment le vivier de la monarchie depuis des ­siècles. Ce qui a changé, c’est que le critère de compétence est plus important. On ne peut plus détourner l’argent public ouvertement, comme par le passé. En matière de corruption, certains abus sont sanctionnés. Le problème, c’est que le système repose sur la vertu, car la justice ne constitue pas un garde-fou.

Mohammed VI et son épose Lalla Salma Bennani.

Les lignes rouges du régime sont restées les mêmes : le caractère sacré de la personne du roi, la religion et le Sahara. Ce qui a changé, c’est la marge de manœuvre. Dans les années 80 et 90, on ne pouvait ainsi pas parler du Front Polisario , il n’existait pas. Aujourd’hui, il arrive que ses leaders soient interviewés dans la presse marocaine.

Mais la «marocanité» du Sahara reste intouchable. Il y a peu de chance que l’on évolue vers une monarchie parlementaire. Aucune réforme de la Constitution n’est en vue depuis 1976, or l’article 19 stipule que le roi est au-dessus de tous les pouvoirs. Le roi semble préférer la création d’autorités indépendantes, mais ces instances sont nommées, pas élues. Tant que le problème du Sahara reste en suspend et qu’il y a un risque de déstabilisation islamiste, les choses ne bougeront pas. Au contraire, les attentats kamikazes de 2003 et 2007 ont convaincu nombre de Marocains qu’il faut une monarchie forte pour chasser le spectre d’une guerre civile à l’algérienne.

Mohamed El jerroudi

Jacques Prévert

(1900-1977)

Jacques Prévert, poète immense, magicien des mots aimait les promenades parisiennes. Il a fait de la ville lumière le décor de certains des films auxquels il a participé comme « Les enfants du paradis » ou « Quai des brumes ». Jacques Prévert était un touche à tout, poète, dialoguiste pour le cinéma, ou encore, parolier pour Juliette Gréco ou les frères Jacques. Il a longtemps vécu dans le XVIII ème arrondissement de Paris près de la butte Montmartre où il avait pour voisin et ami, l’écrivain célèbre Boris Vian. Au cinéma, il cisèlera des dialogues inoubliables pour ceux qui deviendront les stars du cinéma français de l’époque tels Jean Gabin, Michelle Morgan ou Michel Simon.

Jacques Prévert a laissé pour la postérité, des chefs d’œuvres de la littérature française comme notamment Barbara : « Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour là… ». Ce poème culte fait partie d’un recueil qui lors de sa parution va déchaîner l’enthousiasme et projeter son auteur au premier rang des écrivains français. A sa sortie, deux millions d’exemplaires seront vendus.

  • Soyez polis

.Il faut aussi être très poli avec la terre,

.Et avec le soleil

.Il faut les remercier le matin en se réveillant

.Il faut les remercier

.Pour la chaleur

.Pour les arbres

.Pour les fruits

.Pour tout ce qui est bon à manger

.Pour tout ce qui est beau à regarder

.A toucher

.Il faut les remercier

.Il ne faut pas les embêter... les critiquer

.Ils savent ce qu'ils ont à faire

.Le soleil et la terre

.Alors, il faut les laisser faire.

.Ou bien, ils sont capables de se fâcher

.Et puis après

.On est changé

.En courge

.En melon d'eau

.Ou en pierre à briquet

.Et on est bien avancé...

.Auteur : Jacques Prévert

.Illustration : Céline Plaussu

Jacques Prévert a été une source d’inspiration pour de nombreux jeunes auteurs et de nos jours encore, de jeunes rappeurs s’inspirent de sa prose. Les stars de la chanson française de l’époque sont nombreuses à avoir repris ses textes pour étoffer leur répertoire. D’Yves Montand à Serge Reggiani, de Barbara à Juliette Gréco, sur des musiques de Kosma, ils ont immortalisé ses textes pour l’éternité. Jacques Prévert passera la fin de sa vie dans le sud de la France à St Paul de Vence où il côtoie Picasso et Miro avec qui il tisse des liens amicaux. Grand fumeur devant l’éternel, Jacques Prévert avait toujours un mégot à la bouche et sa passion pour la nicotine lui coûtera la vie. Il meurt en avril 1977 d’un cancer du poumon dans sa maison bretonne où il s’était retiré.

Mohamed El jerroudi

Coexistence.

La coexistence est l’une des formes de la coopération qui doit se fonder sur les principes de la confiance et du respect mutuels. L’intérêt de cette coexistence est de réussir à atteindre les objectifs communs aux parties désireuses de coexister. Comment faire pour la concrétiser ? Quels canaux ? Quels objectifs ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il importe de préciser que la coexistence ne veut pas dire, dans notre conception, la banalisation des prises de position, l’amalgame des convictions, ou l’aliénation des religions à un modèle unique, fût-il à vocation humaine. Et pour cause, les vrais croyants ne peuvent s’accommoder de ces confusions qui tendent à escamoter les spécificités, les valeurs et l’identité de chaque religion, même s’ils encourent le risque d’être taxés d’extrémisme ou la chance d’être qualifiés d’esprits libres. Loin de revêtir son sens pelin, la notion de tolérance serait, dans le cas de concessions, synonyme de perfidie et de pervertissement.

En revanche, si l’acception de la tolérance garantit à chaque religion la possibilité de conserver ses principes et ses particularités, elle aura rencontré le vrai dessein qui conditionne toute action de coopération avec le non musulmans.

Pour arrêter les modalités de mise en oeuvre de l’idéal de coexistence avec les adeptes d’autres religions, les musulmans doivent s’appuyer sur les principes de confiance et de respect mutuels et partir de la volonté d’oeuvrer pour le bien de toute l’humanité, notamment dans les secteurs d’intérêt commun. En revanche, la tolérance ne doit pas concerner les autres volets qui ne seront d’aucun profit pour l’homme.

A notre avis, le modèle de coexistence proposé par Cheikh Mohammed Al Ghazali, qu’Allah l’ait en sa sainte miséricorde, est exemplaire car très représentatif de l’image de coexistence qui doit lier le musulman au non-musulman. Trois principes ont ainsi été avancés par l’Imam, pour illustrer les valeurs de la coexistence et du dialogue :

1- Se mettre d’accord pour exclure tout vocable attentatoire à la grandeur d’Allah, les parties concernées convenant de l’omniscience d’Allah, de son omnipotence, de sa miséricorde incommensurable et de sa pureté, etc.

2- S’accorder sur le fait qu’Allah élit ses prophètes parmi les hommes communs pour leur honnêteté et leur sagesse.

3- Trancher les questions litigieuses sur la base des principes de jugement communs et adopter ces principes comme plate-forme propre à toutes les religions(42).

En convenant de cette plate-forme, il est possible de concevoir une recherche scientifique plus approfondie qui engage des efforts communs, le but étant de consacrer les bases de la coexistence, ce qui reste, en premier et dernier lieux, la voie de coopération entre les croyants sur terre. Une telle démarche, qui se départ de l’influence religieuse, est très avantageuse pour la paix mondiale et la fraternité humaine, nobles idéaux de toute religion. Ce sont là les rêves bercés par la pensée philosophique depuis l’aube de la vie intellectuelle. Ce genre de quête élargit l’horizon des croyants, les incitant à s’attacher à la valeur la plus relevée de la religion. Il est, en outre, une des tâches que doivent remplir les spécialistes de l’histoire et des études comparées des religions(43).

Participer à cette oeuvre scientifique est d’un intérêt certain pour l’ensemble des Croyants. Celle-ci tend effectivement à consolider l’entente entre les croyants, à diffuser les valeurs humaines entre eux et à mettre en place les passerelles du rapprochement humain qui outrepasse le cadre du rapprochement intellectuel et culturel.

La coopération entre les religions en matière de préservation de l’environnement, de lutte contre les maladies graves, de lutte contre les formes de ségrégation, de dissipation de l’oppression excercée sur les peuples, les doctrines et les catégories brimées, c’est là un cadre assez large pour la coexistence entre les croyants.

Cette même coexistence doit envisager l’action commune, visant à lutter contre l’athéisme, la dépravation morale, la désagrégation de la cellule familiale, la délinquance infantile et les épidémies qui menacent la sécurité de l’individu et de la communauté et portent atteinte à la vie de l’homme.

Le cadre de la coexistence religieuse doit s’élargir davantage pour juguler les foyers de tension qui mettent en péril la paix, la sécurité et la stabilité dans différentes régions du globe comme la Palestine, la Bosnie-Herzégovine, la Province du Kossovo, le Cachemire, les Philippines et différentes régions d’Afrique et d’Asie. Cette action concertée sera profitable pour la communauté des hommes. En procédant de la sorte, la coexistence religieuse devient un moyen pour renforcer les efforts de la société visant à mettre en place la paix, le droit international, le respect des droits de l’homme et l’affirmation des libertés stipulées dans les conventions et les accords internationaux.

D’autre part, la coexistence entre les religions doit tendre à rendre justice aux opprimés de la terre, en contraignant les oppresseurs, qu’ils soient de l’Etat, de la société ou de simples individus, à se plier aux dispositions du droit international et prescriptions des religions révélées. C’est, ainsi, que la coexistence religieuse doit intégrer, dans ses préoccupations, la lutte contre la tyrannie et la spoliation de terres par l’usage de la violence, pour quelque raison que ce soit. Tout compromis avec les responsables de tels actes infâmes doit être exclu, même s’il s’agit de contourner les considérations politiques car il est dans l’essence de la coexistence religieuse un objectif primordial portant sur l’affirmation des valeurs de la justice et du respect de la dignité humaine. Ce sont là les communs dénominateurs à toutes les religions.

De plus, la coexistence religieuse doit tenir lieu de valeur auxiliaire servant à renforcer les efforts déployés par la communauté internationale dans le sens de la création d’un climat pour la coexistence civilisationnelle et culturelle entre les peuples et les nations. Ce sera ainsi le moteur qui devra promouvoir et enrichir ces efforts pour servir les fins de la paix juste, les parties engagées dans le processus de coexistence devant se défaire des contraintes et des entraves pouvant entrer en contradiction avec les valeurs de la coexistence.

Le mouvement judaïque et sioniste exerce des influences évidentes sur certaines catégories de chrétiens. Ainsi ont émergé des positions qui tendent à altérer certaines vérités de l’histoire. A titre d’exemple, la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique ont vu naître des courants évangéliques, dont le plus important reste le mouvement dispensationaliste, qui soutient que la Sainte Bible, notamment les Chapitres d’Ezéchiel, de la Révalation et de Jean évoque certains signes avant-coureurs de la fin du Monde, comme le retour des Juifs en Palestine, l’avènement d’Israël, l’incendie nucléaire «d’Armageddon», la dévastation et la désolation, le décès de millions d’âmes humaines, l’avènement du Christ le Sauveur, la conversion des juifs au Christianisme et l’instauration de la paix dans le royaume millénaire du Christ. Ce courant compte plus de quarante millions d’adeptes, dont l’ancien président Ronald Reagan, et contrôle une large partie des médias américains, notamment des chaînes de télévision. Ses leaders s’associent aux éminents responsables à la Maison Blanche, au Pentagone et au Secrétariat d’Etat pour concevoir les orientations politiques et militaires destinées à gérer le conflit arabo-sioniste. Les adeptes de ce mouvement ont la conviction que les juifs sont le peuple élu et que ceux-ci ont le droit de posséder les territoires palestiniens. Ce mouvement est ainsi le socle du sionisme chrétien(44).

Bien que nombre d’églises chrétiennes catholiques et d’autres évangélistes (en plus des Eglises orientales orthodoxes), réfutent le bien-fondé de telles idées qu’elles jugent en rupture avec les dogmes du christianisme(45),la prépondérance de ce mouvement est grande aux Etats-Unis d’Amérique. Son influence sert les desseins d’expansion sous des formes diverses. Dans le dernier chapitre, nous avons vu que le Vatican avait pris des décisions historiques en faveur des juifs, qui ont l’inconvénient de mettre à mal quelques fondements traditionnels de la religion chrétienne, servant ainsi les intérêts de la politique sioniste.

Pour ces raisons, il est important d’être vigilants pour éviter que la coexistence religieuse ne subisse les effets pernicieux de l’action de ces mouvements qui servent des desseins politiques en rupture avec les principes du christianisme et les valeurs humaines nobles. Toute doctrine ou groupe chrétiens qui tombent sous la coupe de ces mouvements risquent de porter atteinte aux efforts de coexistence, en les vidant de leur raison d’être .

Si la coexistence religieuse, synonyme de la coexistence civilisationnelle et culturelle, n’aspirait pas à servir les nobles desseins de l’humanité, elle risque de se vider de son sens et de se réduire à des slogans creux. A cet égard, les musulmans sont tenus d’être attentifs aux objectifs qui sous-tendent les appels de certaines parties au dialogue et à la coexistence entre les religions et les autres systèmes de valeurs. Cette précaution nous épargnera d’être victimes du brouillage culturel et religieux, forme la plus pernicieuse aux effets plusieurs fois plus nuisibles que ceux de la tricherie en matière de commerce et d’industrie.

Conscients que nous sommes des menaces qui guettent l’humanité, nous avons la certitude que la coexistence entre les religions est une des nécessités impérieuses qui garantissent la survie du genre humain.

Dans le proche avenir, ce besoin se fera plus pressant, la raison étant les multiples signes avant-coureurs du vingt et unième siècle. De profondes crises politiques et économiques, mais aussi civilisationnelles et culturelles, éclateront certainement. Dans ce contexte, le rôle des religions révélées et des croyants s’accentue davantage, notamment pour la promotion de la coexistence entre les religions sur la bonne voie, répondant ainsi au commandement divin : «Dis : «O Gens du livre, venez à une formule moyenne entre vous et nous: de n’adorer que Dieu sans rien lui associer, de ne pas nous prendre les uns les autres pour maîtres en place de Dieu. S’ils se dérobent, eh bien ! dites : «témoignez que nous sommes de ceux qui se soumettent»(46).

Ce verset coranique met à notre disposition une règle générale définissant la position de l’islam à l’égard de la coexistence entre religions. Le mot d’ordre lancé par Allah par «Formule moyenne» à son Prophète Mohammed, que la Prière et le Salut soient sur lui, consiste en trois points : si le dialogue avec les Gens du livre doit se faire sur la question de la reconnaissance de l’unicité de la personne divine, les Croyants doivent se mettre d’accord sur trois principes essentiels :

1- N’adorer que le seul Allah

2- Ne rien lui associer

3- Ne pas élever des êtres humains au rang d’Allah.

Ce verset donne la règle d’or de la coexistence entre les religions car il appelle à la reconnaissance d’Allah, à la foi monothéiste et au rejet des formes d’oppression. Dans cet esprit, les Croyants sont tenus de ne craindre qu’Allah et de refuser de se soumettre à la tyrannie de despotes. Ces pratiques excessives sont périlleuses car elles peuvent porter préjudice à l’ordre du monde. Il est, donc, nécessaire de vouer la coexistence religieuse à Allah l’Unique, au service de la vie humaine digne, le tout en s’inspirant des valeurs de la foi, du bien et de la piété.

Mohamed El jerroudi

Source: ISESCO.

MAROC: La cultutre au féminin.

TOURIA JABRANE

Mme Jabrane Kryatif, qui a poursuivi ses études primaires et secondaires à Casablanca, est diplômée du Conservatoire national du ministère d'Etat chargé des affaires culturelles et de l'enseignement originel.

Membre active de plusieurs troupes nationales, locales et indépendantes, elle est également membre fondatrice de plusieurs organisations humanitaires et de droit de l'Homme.

Mme Jabrane Kryatif, qui a participé dans plusieurs œuvres théâtrales, télévisuelles et cinématographiques au niveau national, arabe et international, a porté la parole de grands auteurs nationaux, arabes et internationaux dans plusieurs scènes et écrans du monde.

Elle a remporté plusieurs prix et distinctions dans plusieurs festivals nationaux, arabes et internationaux.

Décorée par Feu SM Hassan II du Wissam du mérite national, elle est également Chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres de la république française.

Mme Touriya Jabrane , que SM le Roi mohamed VI a nommé ministre de la Culture, est née le 16 octobre 1952 à Casablanca.

Mohamed el jerroudi

Boris Vian .

Vian, Boris (1920-1959), écrivain et musicien de jazz français, auteur de l'Écume des jours, devenu une figure mythique de la littérature française. Né à Ville-d'Avray, près de Paris, le 10 mars 1920, Boris Vian commença des études de philosophie mais, désireux de s'orienter vers le métier d'ingénieur, il prépara ensuite, au lycée Condorcet, l'École centrale où il fut admis en 1939. Il devint ingénieur en 1942. Atteint d'une maladie de cœur, qu'il transposera sous la forme poétique d'un nénuphar dans l'Écume des jours, Boris Vian semble avoir souhaité vivre le plus intensément possible, multipliant ses activités et ses expériences. Ce passionné de jazz devint naturellement après la guerre l'une des figures les plus connues des nuits de Saint-Germain-des-Prés. Trompettiste de talent (il jouait régulièrement dans une boîte devenue célèbre, Le Tabou), il fut un parolier et un interprète insolent : sa chanson le Déserteur, fit scandale pendant la guerre d'Algérie. Il composa également des chansons pour des artistes comme Serge Reggiani ou Juliette Gréco.

S'il fréquentait les existentialistes dans les cafés, il resta avant tout un grand admirateur d'Alfred Jarry, père de la 'Pataphysique, cette « science des solutions imaginaires », qui était en fait une révolte humoristique contre la philosophie positiviste. Vian tint également une « Chronique du menteur », qui lui était réservée dans la revue de Sartre, les Temps modernes, et écrivit un grand nombre d'articles sur le jazz pour la revue Jazz Hot. Ses Écrits sur le jazz, publiés en 1981 et 1982, regroupent l'ensemble des textes épars qu'il consacra à sa musique favorite. C'est sous le pseudonyme américain de Vernon Sullivan que Boris Vian entra en littérature. Son premier livre, qu'il proposa au public comme le récit d'un auteur américain dont lui-même n'était que le traducteur, était une sorte de thriller violent, intitulé J'irai cracher sur vos tombes (1946). Le héros de ce récit est un jeune Noir qui veut venger le lynchage de son frère cadet, assassiné par les Blancs. Doté de l'apparence d'un Blanc par un curieux caprice de la nature, il peut s'introduire dans les milieux huppés de la bourgeoisie blanche ; il séduira deux sœurs, créatures superbes issues des meilleures familles, pour les tuer sauvagement l'une et l'autre avant d'être lui-même pendu par la police. L'ouvrage, qui traite du racisme, de la violence et de la sexualité, provoqua un énorme scandale en France, puisque la presse se déchaîna et que l'« affaire » fut portée devant les tribunaux. Après ce premier scandale, Vernon Sullivan réitéra sa provocation avec des romans tels que Elles se rendent pas compte (1948) ou Et on tuera tous les affreux (1948), tous placés sous le signe de la sexualité et du scandale. Sous son nom véritable, Vian publia des ouvrages d'un ton moins violent mais tout aussi désespéré, où ses liens avec l'humour et la 'pataphysique sont sensibles : Vercoquin et le Plancton (1946), l'Automne à Pékin (1947), l'Écume des jours (1947), l'Herbe rouge (1950) ou l'Arrache-cœur (1953). L'ouvrage le plus connu de Vian, et peut-être son chef-d'œuvre, reste l'Écume des jours (1947), une histoire d'amour déchirante, aujourd'hui encore lue avec une grande ferveur par un lectorat adolescent. Ce livre a pour héros Colin, amateur de jazz, et son amie Chloé.

Leur ami Chick, lecteur de Jean-Sol Partre, est à leurs côtés. Le livre commence de façon idyllique, puisque le monde, animé ou inanimé, forme un berceau harmonieux pour les deux amants : le bonheur est partout. Mais bientôt Chloé tombe malade et se met à tousser : la maladie est transposée sous la forme d'un nénuphar qui pousse dans sa poitrine. Avec la maladie qui tue Chloé peu à peu, le monde rieur laisse la place à la tristesse et à la laideur, et la mort touche tous les êtres qui l'entouraient : Chick meurt et Colin se suicide. Cette histoire tragique, hantée par l'angoisse de la maladie qui détruit la jeunesse, devint célèbre grâce aux jeux de langage qui la caractérisent. Vian est également l'auteur de nouvelles, telles que les Fourmis (1949) ou le Loup-garou (1964), de recueils de poèmes comme les Cent sonnets (1941-1944), Cantilènes en gelée (1950) ou Je voudrais pas crever (1962), et de pièces de théâtre, composées de dialogues décousus et de comportements incompréhensibles, qui relèvent du théâtre de l'Absurde et expriment le caractère désespéré de l'existence humaine.

L'Équarrissage pour tous (1948), par exemple, jouée pour la première fois en 1950, est une comédie noire qui se déroule dans un abattoir en 1944, tandis que les Bâtisseurs d'empire (1959) se présente comme une tragédie burlesque dans laquelle une famille est lentement conduite en haut de sa propre maison par un personnage étrange et silencieux, le Schmürz. Citons également le Goûter des généraux (1951). Pour Darius Milhaud, Boris Vian composa en 1958 un livret d'opéra, qui a pour titre Fiesta. Malade depuis son enfance, Boris Vian fut terrassé par une crise cardiaque le 23 juin 1959, à l'âge de trente-neuf ans.

Mohamed El jerroudi

Martin Luther King.

(1929 - 1968)

Martin Luther King est né à Atlanta, en Géorgie, le 15 janvier 1929. Sa mère, Alberta Williams, institutrice avant son mariage, était la fille d'Adam Daniel Williams, pasteur pendant dix-sept ans de l'Eglise baptiste Ebenezer et pionnier de la résistance aux discriminations raciales : membre de la National Association for the Advancement of Colored People, il avait lutté pour obtenir un collège secondaire pour les Noirs et fait boycotter un journal raciste. Son père, Martin Luther King Senior, était également pasteur, et il succéda d'ailleurs dès 1931 à Adam Williams dans la responsabilité de la paroisse.

Le milieu où le jeune Martin Luther King (Martin Luther King Junior) allait grandir était donc celui d'une bonne classe moyenne. Tout en étant très bagarreur et très émotif, il connut effectivement une enfance paisible imprégnée de morale évangélique. Martin Luther King a ignoré le ghetto et la misère, les rats et la vermine, qui étaient et restent le lot de plusieurs millions de Noirs américains et il eut toutes les facilités pour entreprendre de bonnes études. Son père, fils d'un ouvrier asservi de plantation, avait su s'élever dans la société, acquérant à la fois une influence de responsable spirituel et une aisance matérielle certaine. Martin Luther Jr savait qu'on attendait de lui une réussite analogue.

De fait, le jeune homme fit des études brillantes. En 1944, il entrait au Morehouse CoUege d'Atlanta, pensant devenir médecin ou avocat. Malgré le souhait de ses père et grand-père, il ne désirait pas devenir pasteur à son tour, se sentant mal à l'aise avec l'émotivité excessive qu'il percevait dans les églises réservées aux Noirs. Toutefois, l'enseignement de certains de ses professeurs qui étaient pasteurs lui prouva qu'une carrière religieuse pouvait être intellectuellement satisfaisante, et il finit par embrasser cette voie. Il fut ordonné dans le temple de son père à Atlanta en 1947, et nommé assistant de cette paroisse.

Toujours étudiant à Morehouse, Martin Luther King eut une activité très dense au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), organisation créée en 1909. Car s'il bénéficiait d'une sécurité matérielle, il n'en connaissait pas moins l'insécurité morale qui frappait tous les Negres et, comme son père, il voulait faire progresser la situation de ses frères de peau. Il quitta Morehouse en 1948, avec une licence de lettres, pour le Crozer Theological Seminary de Chester, en Pennsylvanie, où il était l'un des six Noirs dans un groupe de cent étudiants. En 1951, il obtint une licence de théologie et décida de poursuivre des recherches à l'Université de Boston, tandis qu'il continuait à suivre des cours de philosophie à l'Université de Harvard. A partir de 1953, il se consacra à la rédaction d'une thèse : "Comparaison de la conception de Dieu chez Paul Tillich et Henry Nelson Wieman". Il obtint le doctorat de troisième cycle de théologie systématique en juin 1955.

King possédait une solide érudition. Le théologien "social" Walter Rauschenbusch avait marqué sa pensée, tout comme Henri-David Thoreau, Hegel, Tillich, et ... Gandhi. Il se définissait comme "personnaliste", et il ne faisait point de doute pour lui que l'Eglise devait jouer un rôle actif dans l'établissement de la justice sociale. Il avait également lu Marx, ce qui, dans les Etats-Unis de l'époque, n'allait pas de soi.

Au début, les militants du "Black Power" refusèrent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgré les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir créateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d'affiches "Black is beautiful". Puis, le 4 avril 1967, il lançait une "Déclaration d'Indépendance à l'égard de la guerre du Vietnam", faisant valoir que cette guerre empêchait tout effort sérieux contre la misère aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle était un acte criminel.

Pendant l'été 1967, Martin Luther King se rendit encore à Cleveland apporter son soutien à Carl Stokes, un Noir candidat à la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques électeurs blancs... refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant élu.

Les émeutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : "Bloquer le fonctionnement d'une cité sans destruction est plus efficace qu'une émeute. Cela obligera l'administration et le Parlement à chercher des remèdes plus radicaux que des mesures de police". On ne l'écouta pas. Ne désespérant pas, Martin Luther King, alors qu'il était une nouvelle fois emprisonné à Birmingham avec d'autres leaders, commença à préparer avec ceux-ci l'organisation d'une "Marche des Pauvres" de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait entière : "Dans un monde dont la culture et l'esprit sont tellement en retard sur la capacité technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l'anéantissement nucléaire, la non-violence n'est plus un choix pour l'analyse intellectuelle : c'est un impératif pour l'action". Signe de sa radicalisation, il fit un discours à New-York, à la mémoire de W.C.B. Du Bois, Noir américain éminent, devenu communiste, et mort, exilé volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, à la cathédrale épiscopalienne de Washington, il accusait : "On a libéré les Noirs, mais on ne leur a pas donné de quoi se payer le car jusqu'à la maison".

C'est alors que, tout en préparant la "Marche des Pauvres", Martin Luther King alla participer aux manifestations des éboueurs grévistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorité de Noirs, étaient en grève, et il y avait eu des violences : mort d'un jeune homme tué par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s'il fallait tout arrêter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignité était en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple maçonnique de la ville : "Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La longévité, c'est appréciable. Mais ce n'est pas à cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volonté de Dieu. Il m'a permis de monter sur la montagne. J'ai regardé au-delà et j'ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur".

Le lendemain en fin d'après-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d'hôtel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : "Bien entendu, tu joues "Seigneur, prends ma main" ce soir à la réunion. Joue-le bien, pour moi". A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trouée. Il mourut une heure plus tard.

Comment juger aujourd'hui l'action de Martin Luther King ? Le principal résultat de son combat se situe au plan législatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant à l'arsenal des textes fédéraux, et la ségrégation n'est plus légale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d'années, la communauté noire américaine s'est mobilisée autour d'une même stratégie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s'est vu abandonné dans les dernières années de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu'il avait trop tardé à faire une analyse politique de la société américaine et qu'il n'avait pas pris conscience assez tôt de la réalité des ghettos du Nord. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu'il réalisa que "son rêve" ne s'harmonisait pas avec la société d'un John Kennedy ou d'un Lyndon Johnson. Les textes qu'il a publiés dans Où allons-nous et La seule révolution témoignent de son évolution. Mais, d'une part, il n'est pas certain que le Martin Luther King "politisé" eut pu réaliser ce que le Martin Luther King des années 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D'autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le "Black Power", après des débuts retentissants, s'est progressivement tu, et les "Panthères Noires" elles-mêmes en sont venues à préférer des actions sociales à une lutte armée impossible...

King a été le levier qui a soulevé la communauté noire et l'a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montré que la non-violence active pouvait gagner.

Mohamed El jerroudi

Cinéma marocain.

Mohamed Ousfour(le père du cinéma marocain)

La plupart des chercheurs et des critiques s'accorde à dire que la véritable histoire du cinéma marocain a débuté avec la production du film Wechma de Hamid Bennani en 1970. Les films produits avant cette date ne sont que des copies marocanisées de mélodrames égyptiens. Wechma est à l'origine d'un nouveau courant cinématographique. Ce courant appelé « modernité cinématographique » se base sur les principes suivants : 1. le cinéma est un moyen de changer la réalité et non pas seulement de l'expliquer ; 2. le cinéma est un art, une pensée et une culture et non pas un simple moyen de divertissement ; 3. le cinéma est une langue et une nouvelle écriture basée sur les signes et usant de l'espace et des lieux selon une esthétique nouvelle ; 4. il privilégie l'individu au sein de la société et tente de le libérer de ses superstitions, de ses tabous et de l'autorité répressive ; 5. le cinéaste est un artiste, un intellectuel, témoin de la période politique et historique dans laquelle il vit.

Le respect et l'application de ces principes, d'une manière consciente et inconsciente, ont permis à certains films de rester dans nos mémoires grâce à leurs qualités artistiques : Mille et une mains de Souheil Ben Barka, El Chergui de Moumen Smihi, Des jours et des jours d'Ahmed El Maanouni, Le mirage de Hamed Bouani, Les poupées de roseau de Jillali Ferhati, Le coiffeur du quartier des pauvres de Mohamed Reggab, Badis de Mohamed Abderhamane Tazi, Le cheval de vent de Daoud Aoulad-Syad.

Ces films ont été, pour la plupart d'entre eux, produits dans les années 1970 et au début des années 1980 avant que l'Etat ne finance la production cinématographique marocaine. Ces réalisateurs ont été leur propre producteur, investissant leur argent personnel et prenant ainsi des risques pour que leur film voie le jour. La philosophie du cinéma d'auteur a permis à certains réalisateurs marocains de ne pas tomber dans le piège du cinéma populiste. Signalons, à la fin de ce bref aperçu, que l'Etat a fait de grands efforts pour soutenir la production cinématographique qui est ainsi passée de 1 à 2 films par an (années 1970 et début des années 1980) à 12 films par an à la fin des années 1980 et dans les années 1990.

Cependant, la problématique actuelle est que les principes énumérés précédemment ne sont plus pris en compte par les producteurs qui cherchent des recettes rapides pour satisfaire la demande locale. Ceci est une des causes de la disparition de films aux qualités artistiques et esthétiques, qui malgré ces conditions restent présents dans nos mémoires comme le sont Wechma et Mille et une mains.

C'est la question qui se pose aux cinéastes d'aujourd'hui qui, grâce à leurs courts métrages, ont su donner un nouveau souffle au cinéma marocain qui commence à s'imposer sur le plan national et international.

Mohamed El jerroudi

Amedeo Modigliani.

Né dans une famille ruinée, Amedeo Modigliani connaît une enfance misérable et marquée par la maladie (typhoïde, tuberculose). Il suit très tôt des cours de dessin dans sa ville natale de Livourne, en Toscane. Il part ensuite étudier à Florence, Rome et Venise, et arrive à Paris en 1906, à l’âge de vingt-deux ans. Il s’installe d’abord au Bateau-Lavoir, à Montmartre, puis à Montparnasse, où il fréquente les milieux de l’avant-garde artistique internationale.

Modigliani rencontre son premier acheteur, Paul Alexandre, en 1907, et expose à partir de l’année suivante au Salon des Indépendants. Au contact des œuvres de Cézanne, Picasso et Toulouse-Lautrec, mais aussi de l’art africain, ses compositions se renforcent et sa ligne s’accentue. En 1909 il rencontre Constantin Brancusi, qui l’encourage à se mettre à la sculpture. Ses Têtes sculptées sont inspirées du même idéal de pureté et de primitivisme que ses toiles. Mais Modigliani doit cesser la sculpture en raison de l’effort physique qu’elle nécessite et de la poussière générée qui pollue ses poumons fragiles.

L’artiste exécute essentiellement des nus et des portraits, notamment de sa femme Jeanne Hébuterne et de ses amis, comme Jean Cocteau ou Chaïm Soutine : il y recherche une forme idéale, abstraite, du visage et du corps humains, dans un rythme et une poésie de la ligne étirée qui lui son propres. En 1917 pourtant, ses nus exposés à la galerie Berthe Weill font scandale.

Amedeo Modigliani, victime d’une santé fragile et d’excès en tous genres, meurt en 1920 à l’âge de trente-cinq ans.

Mohamed El jerroudi

Guillaume Apollinaire.

De son vrai nom Wilhelm Apollinaris de Kostrowitsky, Guillaume Apollinaire est né à Rome en août 1880, fils naturel d'un officier italien, Francesco d'Aspermont, et d'Angelica Kostrowicka, aristocrate polonaisen de 22 ans. Sa mère Angelica – qui se fait à présent appeler Olga – l'entraîne dans une vie aventureuse à travers l'Europe: son enfance auront alors pour cadre l'Italie, pui son adolescence, la Côte d'Azur; il fera de brillantes études aux lycées de Monaco, puis à Cannes et àNice.

Est-ce la marque du midi solaire s'il choisit de prendre pour nom un prénom qui évoque Apollon, maître de la lyre et du Soleil? Avant d'opter pour Apollinaire, il a signé ses premiers poèmes, en 1897, du pseudonyme «Guillaume Macabre». Il a trouvé sa vocation: jugeant superflu de poursuivre ses études, ce collectionneur de prix d'excellence quitte le lycée sans passer le baccalauréat. À cette époque, il se veut anarchiste et dreyfusard. De la Seine au Rhin Apollinaire, déjà venu à Paris pour l'Exposition internationale de 1889, s'y installe définitivement dix ans plus tard. La mère de Guillaume vit à Paris avec Jules Weil, qu'elle fait passer pour un parent. L'«oncle» s'installe quelques mois plus tard à Stavelot, dans les Ardennes belges, où ses prétendus neveux viennent passer d'agréables vacances. Mais, leur mère ayant inconsidérément dilapidé à leurs frais de séjour, ils doivent déménager à la cloche de bois. De retour à Paris, Olga de Kostrowitzky, pour échapper aux recherches de ses créanciers, se fait ingénument appeler Olga Karpov. Bientôt démasquée, elle doit conclure un arrangement à l'amiable avec l'hôtelier furieux.

Arrivé à Paris en 1899, Guillaume se fait recenser à la mairie comme étranger. Pour gagner sa vie, il occupe divers emplois gagne-pain, fait de médiocres travaux de secrétariat et écrit des romans pornographiques et alimentaires. Il rencontre Linda Molina da Silva et en tombe amoureux, sans succès, ce qui sera une des constantes de sa vie: en permanence épris, il est souvent éconduit.

Par chance, en 1901, il est engagé comme précepteur pour enseigner le français à une jeune aristocrate, Gabrielle de Milhau. Madame la vicomtesse, d'origine allemande, part pour la Rhénanie, emmenant avec sa maisonnée une jeune gouvernante anglaise, Annie Playden, dont le jeune précepteur s'éprend. Hélas, la puritaine jeune fille ne voit pas l'amoureux idéal en cet Italien trop empressé. Profondément épris, il sera éconduit, – expérience qui lui inspirera quelques-uns des plus beaux poèmes dont «la Chanson du mal-aimé», qui paraîtra pour la première fois en revue en 1909 puis dans Alcools (1913). Ce séjour d'un an en Allemagne (1901-1902) sur les bords du Rhin, associée aux légendes germaniques lui fournira les thèmes d'inspiration et le titre de ses neuf poésies «Rhénanes», rassemblées dans le recueil «Alcools» en 1913. À partir de février 1902, Guillaume parcourt l'Allemagne et l'Autriche, puis rentre à Paris. De retour à Paris en 1903, pour vivre, il se fait embaucher dans une banque, tout en collaborant à plusieurs journaux littéraires, avant de devenir rédacteur en chef de deux revues, l'une consacrée aux spéculations boursières et bien éloignée de l'autre, le Festin d'Ésope (1903-1904), vouée à la poésie, dans laquelle il donne une première version de l'Enchanteur pourrissant, oeuvre poétique en prose. Il publie d'autres poèmes et se lie d'amitié avec des hommes de lettres, parmi lesquels Alfred Jarry, André Salmon, André Billy et Max Jacob, qui l'appellent «Kostro».

Pour subvenir à ses besoins et par goût pour la littérature «libre», il entreprend bientôt la rédaction de romans érotiques, publiés sous le manteau (les Onze Mille Verges, 1906; les Exploits d'un jeune don Juan, 1911). En avril 1905, dans la Revue immoraliste, Apollinaire signale à ses lecteurs le talent d'un jeune artiste espagnol récemment débarqué à Montmartre, Pablo Picasso. Il est le premier à célébrer l'art naïf du Douanier Rousseau, parle avec admiration de Matisse, préface la première exposition de Georges Braque, voyage en Angleterre avec Picabia. Il se réunit avec ses amis poètes au Bateau-Lavoir et assiste à la gestation du cubisme dont il sera un des animateurs et théoriciens (les Peintres cubistes, 1913). Derain illustrera l'Enchanteur pourrissant, Dufy le Bestiaire; Metzinger et Chirico font son portrait.

En attendant, il travaille toujours à la banque, et continue ses publications érotiques vendues sous le manteau. Ces activités lui permettent enfin, l'année suivante, de quitter le domicile maternel et de s'installer seul. Menant une double activité de critique d'art et de poète, Guillaume Apollinaire vit de sa plume et s'affirme comme un écrivain d'avant-garde. En 1908, il fait la rencontre du peintre aquarelliste Marie Laurencin et tombe amoureux de ses œuvres – et de la personne, avec qui, il vivra jusqu'en 1912. En 1908, le Douanier Rousseau fera un portrait naïf du couple, la Muse inspirant le poète. Elle l'introduit dans les milieux artistiques parisiens d'avant-garde. Devenu l'ami de Vlaminck, de Jacob, de Derain, de Picasso, de Braque et de Matisse, il se fait le défenseur de l'«art nouveau», sujet de la conférence remarquée qu'il fera au Salon des indépendants en 1908. En 1909, il édite des ouvrages «libertins» pour la collection commentée des «Maîtres de l'amour», et établit des anthologies de littérature érotique avec des auteurs tels que l'Arétin, Sade (complètement interdit par la censure), Nerciat et Mirabeau. L'année suivante, l'Enchanteur pourrissant (1909) paraît en volume, illustré par Derain de gravures sur bois. Peuplée de personnages mythiques empruntés aux romans de la Table ronde (Merlin, Viviane, Morgane), cette oeuvre de jeunesse, dont les surréalistes feront plus tard l'éloge, se veut une célébration des légendes de l'Occident. Toutefois, y sont sous-jacents des thèmes très personnels, comme le mystère de l'origine et le secret des pouvoirs de l'enchanteur-poète, à la fois menacé et inspiré par les forces vives de l'amour. En 1910, Apollinaire publie l'Hérésiarque et Cie, recueil de seize contes merveilleux à tonalité fantastique, qui rate de peu le prix Goncourt, puis, en 1911, les courts poèmes du «Bestiaire ou Cortège d'Orphée» illustrés par Raoul Dufy de gravures sur bois. Alors que prend fin sa liaison avec Marie Laurencin, il fait paraître un essai théorique consacré à l'art contemporain, les Peintres cubistes, méditations esthétiques (1913) et Alcools, recueil de ses meilleurs poèmes écrits entre 1898 et 1912, dont il a supprimé toute ponctuation. Fasciné par le développement des villes modernes, il place en tête des poèmes d'Alcools le texte, «Zone», d'inspiration toute récente issue de son observation de la modernité qui le pousse à développer son goût des images insolites et des innovations poétiques, – et proche des Pâques à New York de son ami Blaise Cendrars. Mais le journal chic de l'époque, le Mercure de France, l'éreinte.

Apollinaire est vivement intéressé par le futurisme, tant littéraire – il aurait rédigé le Manifeste futuriste pour le compte de l'Italien Filippo Tommaso Marinetti – que pictural – il est témoin au mariage du peintre Gino Severini. Ce faisant, il se situe, une fois pour toutes, à l'avant-garde.

En 1914 le poète décide de s'engager, bien qu'il ne soit pas de nationalité française. Mais on n'a que faire d'étrangers dans un conflit que l'on pense bref. À Nice, il rencontre une aristocrate, Louise de Coligny-Châtillon, et lui fait la cour, en vain. Après une nouvelle demande d'engagement, il est versé au 38e régiment d'artillerie de Nîmes. Louise, qui a résisté à l'empressement du poète, cède au charme de l'artilleur. Envoyé sur le front, il partage la vie et les souffrances de tous ceux qui se battent dans les tranchées. Cette épreuve lui inspire de nombreux poèmes qui mêlent à l'horreur des évocations de guerre l'espoir de la vie et de l'amour, et des lettres du front qu'il envoie à la bien-aimée, Louise de Coligny-Châtillon, surnommée «Lou». Il en publiera un petit nombre dans «Calligrammes» (1918), accompagnées de «Poèmes de la paix et de la guerre» de «poèmes conversations» et d'«idéogrammes lyriques» qui associent dessins et mots sous forme de poèmes graphiques; les autres lettres feront l'objet, en 1947, d'une publication posthume sous le titre de «Poèmes à Lou». Pendant une permission, dans un train qui le ramène vers «Lou», il rencontre une jeune fille, Madeleine. Amours orageuses avec l'une, tendre correspondance avec l'autre, sa «marraine de guerre», qu'il pensera même épouser, au grand dam de sa famille.

Il est ensuite affecté dans le 96e régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant. Mais, blessé à la tempe par un éclat d'obus, il doit subir une trépanation (1916). Pendant sa convalescence paraît le Poète assassiné (1916), recueil de nouvelles et de contes à la fois mythiques et autobiographiques. Remis sur pied, Apollinaire veut remonter au front, mais d'incessants maux de tête le font réformer, et la vie nonchalante reprend; Apollinaire se remet à l'écriture. Il fait mettre en scène un «drame surréaliste» un brin provocateur (les Mamelles de Tirésias, 1917) qui, sur le ton de la farce, traite de questions sérieuses (la «repopulation»), et participe à une conférence très remarquée sur l'«esprit nouveau», où il exalte l'esthétique de la surprise tout en se réclamant des valeurs de l'humanisme. Les jeunes poètes fêtent Apollinaire, publient ses textes dans leurs revues les plus avant-gardistes. Mais 1918 est une année tragique pour Apollinaire: en janvier, il est atteint de congestion pulmonaire; après son mariage en 1918 avec Jacqueline Kolb, «la jolie rousse» du dernier poème de Calligrammes, il rédige plusieurs articles de critique journalistique, publie encore un recueil de chroniques (le Flâneur des deux rives, 1918) avant de contracter la grippe espagnole qui sévit en Europe. Affaibli par la guerre et ses récentes maladies, il meurt la veille de l'Armistice, le 9 novembre 1918, laissant une oeuvre originale, révélatrice d'une nouvelle vision du monde et de nouvelles orientations poétiques. Le 13 novembre, on l'enterre au Père-Lachaise. Autour de ses amis effondrés, la foule en liesse chante «À bas Guillaume!» – non le poète, mais l'Empereur d'Allemagne vaincu.

Issu de la génération symboliste, Apollinaire, «voyant» comme Rimbaud, musicien désenchanté comme Verlaine, précieux comme Mallarmé, indique toutes les voies de la modernité et réinvente le langage poétique pour ces jeunes et bruyants poètes qui constitueront le ferment du groupe surréaliste: Breton, Aragon, Soupault; Apollinaire préfigure, par l'originalité et la modernité de son oeuvre poétique, les grands bouleversements littéraires et poétiques qui naîtront dans l'entre-deux-guerres; son sulfureux «drame surréaliste» les Mamelles de Tirésias fournira à André Breton le nom même du mouvement, à travers lequel Apollinaire a irrigué toute la poésie du XXe siècle.

Mohamed El jerroudi

Jorge Luis Borges.

Né à Buenos Aires le 24 août 1899 Décédé à Genève, Suisse le 14 juin 1986.

C'est à l'âge de 7 ans que Jorge Luis Borges devient écrivain. A 9 ans, il traduit déjà 'Le Prince heureux' d'Oscar Wilde pour un quotidien argentin. Baigné dans un univers multiculturel, il parle couramment l'anglais, et s'enrichit encore grâce aux voyages.

Il grandit à Palermo, haut lieu du tango, séjourne à Genève où il découvre la littérature française, et étudie en Espagne. A partir de 1918, il écrit des poèmes, dont le premier, 'Hymne à la mer', sera publié dans le magazine Grecia. Jorge Luis Borges s'intéresse à Nietzsche, Schopenhauer, à l'expressionnisme allemand, et se passionne pour l'oeuvre de Walt Whitman. Il devient progressivement une figure majeure de l'avant-garde littéraire.

A son retour à Buenos Aires en 1921, il se construit une solide réputation de poète, traducteur et essayiste. Avec 'Pierre Ménard, auteur du Quichotte' (1939), puis 'Le Jardin aux sentiers qui bifurquent', il se détourne peu à peu de la poésie pour le genre qui le rendra célèbre : la fiction narrative.

C'est dans les années 60 que sa carrière prend réellement une tournure internationale. L'ampleur, la diversité et la qualité de son oeuvre lui valent de nombreuses distinctions à travers le monde.

Ecrivain hors du commun et grand amateur de voyages, Jorge Luis Borges, reconnu comme l'un des pionniers du réalisme magique - courant littéraire faisant intervenir des éléments 'magiques' au sein d'un récit réaliste - a toujours considéré la littérature comme un terrain d'évasion et d'absolu.

Mohamed El jerroudi

Goncourt .

Gilles Leroy

Le prix Goncourt 2007 a été attribué lundi à Gilles Leroy pour "Alabama Song" (Mercure de France). Gilles Leroy, 48 ans, est l'auteur d'une dizaine de romans et écrits divers. Après des débuts dans le journalisme, il quitte Paris dans les années 1990 pour se consacrer pleinement à l'écriture. Gilles Leroy enchaîne indifféremment romans et nouvelles depuis son premier roman "Habibi" publié en 1987.



"Alabama song" est l'une des surprises de la rentrée littéraire. Sorti discrètement en septembre, ce court roman a été en lice pour la plupart des grand prix littéraires de l'automne. Il figurait encore lundi sur les listes du Goncourt, du Renaudot et du Médicis.

Gilles Leroy raconte à la première personne le destin tragique de Zelda Fitzgerald, l'épouse de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald. D'une écriture élégante, il réussit à ne pas faire une biographie fictive supplémentaire sur ce personnage mythique, mais à peindre au contraire le portrait sensible d'une jeune femme tourmentée, condamnée à vivre dans l'ombre du grand écrivain.

Après un parcours classique de littérature qui l'amène sur les bancs d'hypokhâgne et khâgne au lycée Lakanal, Gilles Leroy passe une DEUG de lettres et arts en 1977, suivi d'une licence puis d'une maîtrise de lettres modernes en 1979. Il achève son cursus universitaire par un mémoire sur le poète Henri Michaux. Il exerce ensuite divers métiers, avant de devenir journaliste de presse écrite et audiovisuelle durant quelques années. En 1996, il quitte Paris pour vivre à la campagne, dans le Perche, où il se consacre à l'écriture.

Il profite de son temps libre pour voyager, étudier seul les littératures américaine et japonaise et s'adonner à tout ce qui le passionne. Gilles Leroy publie son premier roman, 'Habibi', en 1987. Ce dernier sera suivi par une dizaine d'autres, dont 'L' Amant russe' en 2002, 'Grandir' en 2004, 'Champsecret' en 2005 ou encore 'Alabama Song' en 2007. Gilles Leroy a su imposer à travers quelques ouvrages sa plume.

Mohamed El jerroud

Louis Aragon .

Louis Aragon .

Fils illégitime d'un haut fonctionnaire de la IIIe République, élevé dans la gêne financière d'une bourgeoisie déclassée, Louis Aragon est reçu bachelier en 1915, puis entreprend des études de médecine et fait la connaissance d'André Breton, avec qui il se lie d'amitié. Mobilisé en 1917, il retrouve son ami pendant et après la guerre et participe avec lui et Philippe Soupault à la création de la revue Littérature (1919).

L'année suivante, il publie un premier recueil de poèmes (Feu de joie), puis, après avoir pris part à quelques manifestations de Dada, s'engage dans des recherches littéraires qui vont aboutir au surréalisme, rédigeant successivement un texte ironique présenté sous la forme d'un roman d'apprentissage (Anicet ou le Panorama, 1921), un pastiche du roman didactique de Fénelon (les Aventures de Télémaque, 1922), composé en partie selon le principe de l'écriture automatique, et un recueil de nouvelles (le Libertinage, 1924).

L'année même où paraît le premier Manifeste du surréalisme de Breton, Aragon expose sa propre conception du surréalisme dans un texte théorique (Une vague de rêves, 1924), prônant le « merveilleux quotidien », issu de la rencontre de l'imaginaire avec le réel, et se révélant spécialement attentif au problème de la description littéraire, développé peu de temps après dans un roman (le Paysan de Paris, 1926).

Mobilisé en 1939, Aragon rejoint en zone sud le Parti communiste, devenu clandestin, et organise un réseau de résistance. Il fait paraître sous le manteau des poèmes où se conjuguent, par l'assimilation de la France à la femme aimée, patriotisme et élans amoureux (le Crève-Cœur, 1941; les Yeux d'Elsa, 1942; Brocéliande, 1942; le Musée Grévin, 1943; la Diane française, 1945). Cette poésie, de forme classique, donne une grande importance à la rime. Certains textes ont été mis en musique (« Il n'y a pas d'amour heureux », chanté par Brassens).

À la Libération, Aragon publie son roman le plus célèbre, Aurélien (1944), le quatrième volume de la fresque du Monde réel. Conformément à sa théorie littéraire, Aragon donne à l'incipit, sorte de « donnée », un pouvoir d'expansion tout particulier. Ce récit d'amour débute en effet par une phrase où domine la mise à distance (« La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide ») qui ouvre sur le scepticisme et l'indifférence se dégageant de l'ensemble du livre, reflet de la société instable de l'après-guerre.

Quant au dernier roman du cycle du Monde réel (les Communistes, 1949 et 1951), il apparaît comme l'œuvre la plus militante d'Aragon. Entré aux Lettres françaises, revue culturelle communiste, en 1949, l'écrivain prend la direction de la revue en 1953 (il conservera son poste de directeur jusqu'en 1972). L'année suivante, il est nommé membre du Comité central du Parti communiste, mais les excès du stalinisme s'imposent à lui et le déterminent à se consacrer désormais presque exclusivement à son œuvre.

Alors que le Roman inachevé (1956) est un recueil de poèmes d'inspiration autobiographique où se lit un retour à certains traits de la poétique surréaliste, le Fou d'Elsa (1963) et Il ne m'est Paris que d'Elsa (1964) s'inscrivent dans la continuité du thème de la célébration de la femme, inauguré dans les poèmes engagés de la Résistance. La Semaine sainte (1958), roman historique (bien qu'Aragon refuse cette étiquette), renouvelle son inspiration; son œuvre se nourrit désormais d'une interrogation sur la création artistique et sur la conscience (la Mise à mort, 1965; Blanche ou l'Oubli, 1967 et Théâtre / Roman, 1974). Le Mentir-vrai, titre d'un recueil de nouvelles publiées en 1980, est caractéristique des contradictions que la critique n'a pas manqué de relever à propos de la vie et de l'œuvre d'Aragon. Lui-même a d'ailleurs insisté sur la nécessité de resituer ses textes dans leur contexte historique, afin de ne pas trahir leur sens.

Correspondant à la fois à un désir de communication sincère et à un goût prononcé pour le masque et les énigmes, la diversité de sa création témoigne de la passion d'Aragon pour l'exploration de l'inconnu, qui l'a amené, finalement, à assimiler l'écriture à une quête de soi. Les Œuvres romanesques croisées d'Elsa Triolet et d'Aragon ont paru en quarante-deux volumes de 1964 à 1974.

Mohamed El jerroudi


		

ADN

Cobay

La protestation contre l’usage de l’ADN dans les procédures de contrôle de l’immigration enfle de jour en jour. Point d’orgue de l’émergence de ce front républicain, le rendez-vous du dimanche 14 octobre au Zénith à l’appel de SOS racisme, Charlie hebdo et Libération. Transcendant les critères gauche-droite, gouvernement opposition, on trouve aux coudes à coudes, dans ce combat citoyen tous les tenants d’une république éthique. Catholiques, francs-maçons, humanistes de tous bords, se sont retrouvés dans la pétition initiée par Dominique Sopo, Philippe Val et Bernard-Henri Lévy et beaucoup d’autres. La protestation vigoureuse d’une partie des ministres et de l’UMP, est un signe qui ne trompe pas, c’est une rupture dans la tradition des « droits de l’homme » dont il est question, et qui soulève justement l’indignation de tous.

Cet appel, dont l’écho s’amplifie, réunit, parmi tant d’autres, Bernard Thibault et François Bayrou, Dominique de Villepin et Ségolène Royal, Raymond Aubrac et François Hollande. Leur point commun ? Un certain humanisme intransigeant qui récuse, au delà des arguties techniques, le principe même de contrôle génétique. La France a judicieusement encadré l’utilisation de la génétique à des fins de surveillance et d’enquêtes judiciaires. La science est dans son application , étroitement limitée par le droit, et c’est tant mieux. L’humanité ne se réduit pas à un état éphémère des connaissances scientifiques. C’est une faute cardinale que d’annuler ces précautions au détriment des étrangers. Qui n’y voit un traitement discriminatoire à l’égard de l’étranger. Une brèche serait ainsi ouverte, qui permettait, entorse après entorse, le fichage légal de la population. Aujourd’hui l’étranger, et demain ? Non ! Les principes éthiques ne sauraient se diviser.

Si le soupçon est injuste, s’il ne s’agit que de l’amendement de quelques députés haineux et agités, le gouvernement doit lever le doute et doit reculer au plus vite. Car ce choix par le gouvernement français ne peux que creuser un fossé profond entre la france et ses amis .

Mohamed El jerroudi

Le sociologue de la misère

Pierre Bourdieu

Quand on parle de "nouveaux mouvements sociaux", on se réfère à l’invention ou parfois la réinvention, de formes d’action qui sont à la fois spécifiques - elles sont centrées sur un secteur particulier : l’emploi, le logement, les sans-papiers...- et à fort contenu symbolique.

L’occupation de lieux publics en est l’exemple le plus évident. Dans cette invention, la connaissance du fonctionnement du monde médiatique a, sans doute, joué un rôle décisif. Il s’agit, comme le montre Patrick Champagne dans son livre, Faire l’opinion, de créer l’événement, de dramatiser un enjeu pour focaliser le regard médiatique et, par ricochet, politique. Mais il ne faudrait pas croire que ces mouvements soient de simples artefacts, créés de toutes pièces par une petite minorité en s’appuyant sur les médias. En fait, cet usage réaliste des médias s’est combiné à un travail militant de fond qui, mené de longue date aux marges des mouvements "traditionnels" (partis, syndicats), et parfois avec la collaboration et le soutien d’une fraction (elle-même marginale et minoritaire) de ces mouvements, a trouvé dans diverses conjonctures l’occasion de devenir plus visible, ce qui en a élargi, au moins ponctuellement, la base sociale. Le fait le plus étonnant, et le plus encourageant, c’est que ces mouvements nouveaux, en partie par la seule vertu de leur exemplarité, en partie parce qu’il y a eu des inventions simultanées par-delà les frontières, comme dans le cas des luttes pour le logement, ont immédiatement revêtu une forme internationale.

La visibilité publique, dont les médias ont la clé, est un élément essentiel, qui fait sans doute la spécificité des nouvelles formes de luttes, qui se nourrissent en effet de leurs succès publics et de la publicité qui leur est ainsi donnée, parfois à contre cœur, par les médias. Le nombre de manifestants importe désormais moins que l’écho médiatique et politique suscité par une manifestation, une action (quelle qu’elle soit, cela peut être un texte dans un journal). Mais l’un des problèmes de ces mouvements vient du fait que la visibilité médiatique est par définition partielle et souvent partiale, et surtout éphémère. Les porte-parole sont interviewés, on passe quelques reportages pathétiques, voire misérabilistes, sur la vie des chômeurs, mais les revendications des mouvements sont rarement prises au sérieux dans les débats publics, du fait, notamment, des limites de la compréhension et de la retransmission médiatique. Les formes de pensée dualistes qui dominent le champ journalistique portent à opposer, sommairement, les chômeurs, rejetés du côté de l’irrationnel et du pathos, et les experts économiques (qui ont en tête la réduction des déficits publics, le coût du travail, etc.), rangés du côté d’une Raison abstraite et rigoureuse... C’est pourquoi il est indispensable de mener, dans la durée, et indépendamment des conjonctures médiatiques, un travail militant et un effort d’élaboration théorique, et de communiquer les résultats de ce travail, en permanence, aux journalistes. Ce qui supposerait que puissent se constituer et s’organiser, au sein même du monde journalistique, des réseaux travaillant en collaboration étroite avec les nouveaux mouvements sociaux

Les gouvernements sont composés, en France comme dans la plupart des pays d’Europe, par des partis de gauche. Pourtant les inégalités continuent à se creuser, et un processus massif d’exclusion et de précarité se développe partout. Qu’elles en sont les conséquences sur le jeu et sur l’image de la démocratie républicaine et des institutions politiques ?

La politique de flexibilisation du marché du travail, qui est présentée comme une réponse des États et des "partenaires sociaux" au taux de chômage élevé en Europe (cf. les lignes directrices du sommet de Luxembourg et, plus récemment, le PARE), a pour conséquence une forte dégradation de la qualité des emplois offerts aux chômeurs, aux jeunes, etc. Les qualifications scolaires sont dévaluées. La réduction du chômage s’accompagne d’une précarisation de masse. Ce nouveau régime économique de flexploitation n’est donc pas non plus contradictoire avec la montée des inégalités de revenus et de patrimoine mais aussi avec l’accroissement des différences dans l’accès à la culture, à l’information, et, plus généralement, pour tout ce qui constitue des ressources réelles face à la violence du système économique et social "mondialisé". Or, vous avez raison, cette politique est aujourd’hui menée le plus souvent par des partis qui portent encore le nom de "sociaux-démocrates" ou "socialistes", même s’ils ont depuis longtemps abandonné tout idéal de justice sociale au profit de l’insertion dans le marché mondial. C’est pourquoi je continue à en appeler à l’émergence d’une "gauche de gauche", capable d’entrer résolument dans l’opposition face aux gouvernements, "pluriels" ou non.

L’occupation de lieux publics en est l’exemple le plus évident. Dans cette invention, la connaissance du fonctionnement du monde médiatique a, sans doute, joué un rôle décisif. Il s’agit, comme le montre Patrick Champagne dans son livre, Faire l’opinion, de créer l’événement, de dramatiser un enjeu pour focaliser le regard médiatique et, par ricochet, politique. Mais il ne faudrait pas croire que ces mouvements soient de simples artefacts, créés de toutes pièces par une petite minorité en s’appuyant sur les médias. En fait, cet usage réaliste des médias s’est combiné à un travail militant de fond qui, mené de longue date aux marges des mouvements "traditionnels" (partis, syndicats), et parfois avec la collaboration et le soutien d’une fraction (elle-même marginale et minoritaire) de ces mouvements, a trouvé dans diverses conjonctures l’occasion de devenir plus visible, ce qui en a élargi, au moins ponctuellement, la base sociale. Le fait le plus étonnant, et le plus encourageant, c’est que ces mouvements nouveaux, en partie par la seule vertu de leur exemplarité, en partie parce qu’il y a eu des inventions simultanées par-delà les frontières, comme dans le cas des luttes pour le logement, ont immédiatement revêtu une forme internationale.

La politique de flexibilisation du marché du travail, qui est présentée comme une réponse des États et des "partenaires sociaux" au taux de chômage élevé en Europe (cf. les lignes directrices du sommet de Luxembourg et, plus récemment, le PARE), a pour conséquence une forte dégradation de la qualité des emplois offerts aux chômeurs, aux jeunes, etc. Les qualifications scolaires sont dévaluées. La réduction du chômage s’accompagne d’une précarisation de masse. Ce nouveau régime économique de flexploitation n’est donc pas non plus contradictoire avec la montée des inégalités de revenus et de patrimoine mais aussi avec l’accroissement des différences dans l’accès à la culture, à l’information, et, plus généralement, pour tout ce qui constitue des ressources réelles face à la violence du système économique et social "mondialisé". Or, vous avez raison, cette politique est aujourd’hui menée le plus souvent par des partis qui portent encore le nom de "sociaux-démocrates" ou "socialistes", même s’ils ont depuis longtemps abandonné tout idéal de justice sociale au profit de l’insertion dans le marché mondial. C’est pourquoi je continue à en appeler à l’émergence d’une "gauche de gauche", capable d’entrer résolument dans l’opposition face aux gouvernements, "pluriels" ou non.

Les discours sur l"Europe sociale n’ont eu jusqu’ici qu’une traduction insignifiante dans les normes concrètes qui régissent la vie quotidienne des citoyens : travail, santé, logement, retraite, etc. Quel contraste, alors que les directives en matière de concurrence bouleversent chaque jour l’offre de biens et services et défont à grande vitesse les services publics nationaux, sans même parler de la politique menée par la Banque centrale européenne hors de tout débat démocratique ! La construction européenne est pour l’instant une destruction sociale. On peut élaborer une charte tout à fait "progressiste" et dans le même temps conjuguer austérité salariale, réduction des droits sociaux, répression des mouvements de contestation, etc. Le double discours et l’hypocrisie atteignent des proportions inouïes chez les socialistes français et leurs alliés : ils participent activement à la mise de la France aux normes inhumaines du capitalisme anglo-saxon et n’ont à la bouche que les mots "social", "solidarité", "citoyenneté"... Ils tentent de faire une sorte de "blairisme à visage humain", mais ils font à peu près la même politique de destruction sociale que celle qu’impulsent en Grande-Bretagne et en Allemagne Blair et Schröder. Les seules mesures "progressistes" qu’ils peuvent prendre, et dont ils se targuent pour mieux mystifier, leur sont arrachées par les mouvements sociaux et une base qui reste encore un peu à gauche, comme en Grande-Bretagne.

L’alternative à la mondialisation néo-libérale ne sera pas livrée "clés en main" par les théoriciens de je ne sais quel parti d’avant-garde. Les responsables politiques sont en panne d’initiatives, mais aussi, plus encore d’analyse, de projet, de volonté. Les mouvements sociaux restent éclatés, peu cohérents, voire concurrents. Les relations entre les "nouveaux mouvements sociaux" (comme les organisations de chômeurs) et les organisations syndicales sont difficiles, chaotiques parfois. Dans ce contexte, les initiatives de rassemblement, pour si volontaristes qu’elles puissent paraître à certains (à ceux surtout qu’elles dérangent dans leurs combinaisons d’appareil), contribuent à faire émerger l’enjeu de l’unité par delà les différences de traditions, de sensibilités, d’objectifs. Les chercheurs ont ici un rôle à jouer, celui de promoteurs de l’unité des forces sociales de résistance à la mondialisation. L’appel pour des états généraux s’inscrit dans cette logique, parmi bien d’autres initiatives. Il ne vise aucunement à représenter l’ensemble du mouvement social européen, moins encore à le monopoliser, selon les plus belles traditions du "centralisme démocratique", mais il veut contribuer pratiquement à le faire exister ! Et l’immense écho qu’il a suscité dans toute l’Europe prouve qu’il a bien été compris ainsi.

Pierre Bourdieu, maintenant disparu, fut l’un des sociologues les plus remarqués de sa génération. Auteur, entre autres, de La Misère du monde et de Contre-feux, il fonda le réseau Raisons d’agir après les grèves de 1995.

ps: Ce regard de Pierre Bourdieu sur la misère n'est qu'une simple réponse sur un sujet cruel à Patrice Spadoni en 1993.

Mohamed El jerroudi

Paul VERLAINE.

Paul-Marie Auguste Verlaine est né le 30 mars 1844 au 2 de la Haute-Pierre à METZ, d'une famille originaire des Ardennes. Son père, ancien soldat de Napoléon, capitaine du Génie, est en garnison dans la cité. La famille quitte METZ en 1845 pour y revenir en 1849, le petit Paul enfant évoquera dans ses "Confessions" ses jeux sur l'Esplanade.

Il est âgé de 7 ans quand ses parents s'installent à Paris où il y fait ses études. Employé dans une compagnie d'assurances puis expéditionnaire à l'Hôtel de Ville de Paris, il sent s'éveiller la vocation poétique et fréquente les Parnassiens (Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, François Coppée). "Les poèmes saturniens" qu'il publie en 1866 ne rencontrent aucun succès ; il persévère pourtant avec "Les Fêtes galantes" en 1869 et "La Bonne Chanson" en 1870, année où il épouse Mathilde Mauté, soeur du compositeur Charles de Sivry.

En septembre 1871, il reçoit une première puis une seconde lettre signée du jeune Arthur Rimbaud ; y figurent quelques poèmes : "Les Effarés", "Accroupissement", etc... Verlaine enthousiaste lui répond : "venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend". L'aventure de Verlaine et Rimbaud durera jusqu'en 1873, Tumultueuse, faite de séparations, de retrouvailles, elle passe par la Belgique, l'Angleterre, à nouveau Bruxelles où le 10 juillet 1873 Verlaine tire deux coups de feu sur Rimbaud après une dispute particulièrement orageuse. Il est condamné par la justice belge à deux ans de prison à Mons ; c'est là qu'il prépare les poèmes du futur recueil intitulé "Sagesse".

Libéré le 16 février 1875, Verlaine se retrouve seul en France, sa femme ayant obtenu le divorce. Il part alors en Angleterre et professe le dessin et le français jusqu'en 1877. Il retrouve ensuite les Ardennes toujours comme professeur, au collège de Rethel. "Sagesse" est publié en 1881 et le nom de Verlaine devient enfin célèbre. Ses amis l'entourent (Huysmans, Villiers de l'Isle-Adam, ...) et la jeunesse est enthousiaste. Paraissent successivement "Les poètes maudits" en 1884 et "Jadis et Naguère" en 1885.

Mais la mort de sa mère précipite son déclin. Il entame une vie de bohême. A partir de 1889, malade, il va d'hôpital en hôpital, sa vie errante au Quartier Latin dure jusqu'en 1896 où il meurt presque abandonné. Il laisse un fils, Georges Verlaine.

Mohamed El jerroudi


		

Juifs marocains...

Edmond Amran El Maleh

Il y a des noms qui sonnent comme un rappel à l’histoire, pour une meilleure compréhension du présent. Edmond Amran El Maleh est de cette connotation-là. Un nom à la tonalité profonde et authentique. Edmond El Maleh vient d’être décoré par SM le Roi Mohammed VI du ouissam Al Kafaâ (ordre du mérite), pendant la visite du Souverain à Essaouira, le lundi 16 février 2004. À son apparition à la télévision, lors de la cérémonie de remise des décorations, la silhouette amaigrie de l’octogénaire, un enfant d’Essaouira, a fait faire à ma mémoire, qui n’en fait qu’à sa tête, un flash back irrépressible. Cela m’a immédiatement ramené à un article de d’Edmond El Maleh, publié dans Les Temps Modernes, une revue de haute tenue philosophique et littéraire, en 1977.

C’était avant que que l’essayiste et romancier n’entame son œuvre, à partir de 1980. Un peu sur le tard, à l’âge de 63 ans, mais d’une valeur particulière qui touche à l’universel. L’article en question est intitulé “Juifs marocains et Marocains juifs”. Edmond El Maleh y expose la question de l’émigration des juifs marocains. Émigration qu’il déplore et qu’il essaie de comprendre à partir de quelques interrogations. «Pourquoi, se demande-t-il, cette émigration massive, même si elle s’est échelonnée sur plusieurs années ? Pourquoi cette tragédie silencieuse, clandestine sous l’effet d’une censure inhérente à l’idéologie sioniste ? Tragédie, écrit-il, qui a failli effacer à tout jamais la présence juive en terre marocaine et qui, aujourd’hui encore, pèse gravement sur les chances d’une renaissance».

L’auteur cherche la réponse, il n’en trouve pas dans l’historicité doublement millénaire du judaïsme marocain. Il n’en trouve pas, non plus, dans une époque proche où la Résidence du Protectorat au Maroc était alliée au gouvernement raciste de Vichy, lui-même sous les ordres du nazisme hitlérien. Les juifs marocains n’ont subi ni déportation, ni exactions sur le sol marocain. “Aucun péril immédiat ou à venir, dit-il, ne menaçait l’existence des juifs. “Même dans les circonstances les plus graves, lorsqu’en 1948, a été proclamée la constitution de l’État d’Israël”.

La réponse, Edmond El Maleh la trouvera dans l’action de l’Agence juive internationale et du mouvement sioniste aux ramifications mondiales. “Dans la conscience et la vie des Juifs, où qu’ils soient, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, et pour nous en tenir au seul exemple du Maroc, le sionisme a déferlé comme un véritable raz-de-marée”.

“Des populations entières, dont souvent les origines remontent à des millénaires, comme c’est le cas pour les villages du Haut-Atlas, ont été arrachées à leur terre natale, abandonnant tous leurs biens, leur métier, les mille et une choses qui font une vie. Aujourd’hui encore, on demeure confondu devant l’ampleur de ce mouvement”.

L’auteur met à nu la propagande sioniste qui invoque systématiquement l’antisémitisme, que celui-ci existe ou n’existe pas, et n’admet pas que l’on y trouve à redire. “L’intention évidente, écrit-il, est ici de justifier l’existence de l’État d’Israël, et sa politique annexionniste et impérialiste, par une campagne qui voudrait prouver que, contrairement à l’opinion communément admise, jamais les Juifs n’ont trouvé dans le monde arabe une terre amie, que jamais non plus ils ne pourraient se prévaloir d’être partie intégrante des nations arabes en question. Dans la stratégie du sionisme, c’est, on le conçoit, une pièce décisive, un enjeu déterminant”.

Le mot de la fin, sur ce déracinement culturel, Edmond Amran El Maleh l’exprime avec le sentiment de douleur d’un grand Marocain, le témoignage poignant d’un contemporain et la finesse d’un grand écrivain. “On ne peut se défendre d’un sentiment de tristesse, quand on constate aujourd’hui combien la présence juive s’est estompée, au point de disparaître, du paysage marocain.

Les grandes communautés de Tanger, Essaouira, Fès, Marrakech, Rabat, hier encore si prospères à tous points de vue, ne comptent plus que quelques dizaines de personnes contre des milliers auparavant. Et encore, ne rencontre-t-on, le plus souvent que de vieilles gens, ombres furtives, caricaturales parfois, douloureux témoignage d’une présence qui ne peut être arrachée de la terre marocaine”. Tout est dit, il y a vingt six ans révolus, par un Edmon Amaran El Maleh fidèle à ses idées, fermement attaché à ses racines.

MOHAMED El jerroudi

Un nouveau rapport esthétique avec le réel.

NICOLAS DE STAEL (1914 -1955)

Nicolas de Staël né à Saint-Petersbourg en 1914 et jusqu'à son suicide, n'a conservé de son ascendance slave que le romantisme et le désespoir. Proche du Tsar, son père est vice-gouverneur de la forteresse Pierre-et-Paul. La révolution russe de 1917 contraint sa famille à s'exiler en Pologne, où meurent ses parents. Orphelin, il est recueilli par un couple russe de Bruxelles.

A 16 ans, inscrit à l'Académie Royale des Beaux-Arts il est fasciné par la découverte des oeuvers de Rembrandt et de Vermeer. Arrivé en France en 1919, il découvre Matisse, Braque, Soutine, Cézanne, et voyage en Espagne, en Italie, en Algérie et au Maroc.

En 1939, il s'engage dans la Légion Etrangère et arrive au début des années 1940, à Nice avec sa compagne, Jeanine, rencontrée au Maroc. Il rencontre là Jean Arp, Sonia et Robert Delaunay, Alberto Magnelli, et sous leur influence, peint ses premières toiles abstraites qu'il baptise "Compositions".

En 1943, il arrive à Paris, où il fait la connaissance de César Domela, un autre peintre de l'abstraction. C'est une période difficile. Il souffre de la faim et du froid et doit brûler les boiseries de son appartement pour se chauffer. Jeanine sa compagne meurt de cette misère, mais il continue à peindre, quelques oeuvres figuratives, mais aussi des oeuvres abastraites au besoin sur les draps de son lit, qui montrent l'influence sur lui de Magnelli et de Domela. La Galerie Jeanne Bucher accepte en 1944 de l'exposer, en pleine occupation allemande, alors que les nazis qualifient l'abstraction d' "art dégénéré".

Il continue néanmoins de travailler avec acharnement assailli en permanence par le doute, tiraillé entre l'illumination et le désespoir. Il se tourne de plus en plus vers l'abstraction, et ses oeuvres constituées d'un enchevêtrement de lignes et d'arabesques, révèlent une palette pétrie d'angoisse. Il passe un tournant entre 1950 et 1952, et se lance dans la composition de paysages, de natures mortes selon une approche de la réalité résolument nouvelle, sans doute sous l'influence de Braque, de Lapicque ou de Lanskoy. Il simplifie ses compositions, éclaircit sa palette, la peinture prend de la matière avec de larges à-plats, au couteau ou à la spatule. De ses tableaux émergent alors la couleur, la lumière, la vie, l'espace.

Il décide de retrouver alors la lumière du Midi, et s'installe à Antibes, à l'automne 1954, dans un atelier ouvert sur la mer. En six mois, il réalise, solitaire, plus de 300 toiles, aux thèmes variés, des natures mortes, des paysages, des scènes sur le port, un bateau, un vol de mouettes, une carafe sur une étagère. Sa peinture, qu'il applique alors au coton, apparaît de plus en plus transparente et fluide. "Je n'ai plus la force de parachever mes tableaux", écrit-il alors. C'est au pied du fort Vauban au Cap d'Antibes que s'achève le 16 mars 1955 son parcours. Une immense toile qu'il n'a pas achevée, " Le Grand concert" reste orpheline ce jour là.

Toute l'œuvre de Nicolas de Staël s'est développée en un temps très court d'une douzaine d'année à partir de 1940, et c'est plus de mille toiles qu'il a peint pendant cette période, dans une violence de création et une passion rares caractérisées par l'antinomie constante entre l'expression figurative et l'abstraction. La forte personnalité du peintre alliée à l' intelligence aiguë de son art et la perception particulière qu'il a de la lumière et de l'espace l'ont amené à réaliser une œuvre clé de l'histoire de l'art contemporain. Ses œuvres sont l'expression d'une passion permanente, et d'une simple relation du peintre avec ce qu'il voit : l'espace et la couleur sont les dominantes constantes de son art. L'œuvre de Nicolas de Staël appartient à un registre élevé dans lequel s'exprime le passionnel et le lyrisme comme si le destin lui avait imposé tout au long de sa vie une trajectoire pour faire naître un nouveau rapport esthétique avec le réel. Nicolas de Staël, au travers sa peinture, recherchait l'absolu. "Toute ma vie, j'ai eu besoin de penser peinture, de voir des tableaux, de faire de la peinture pour m'aider à vivre, pour me libérer de mes impressions, de toutes les sensations, de toutes les inquiétudes auxquelles je n'ai trouvé d'autre issue que la peinture." ( Source:Le Monde des Arts)

Mohamed El jerroudi

Quand la grammaire sourit.

Aimé Césaire

Il est né à Basse Pointe en Martinique le 26 juin 1913. Son père était instituteur et sa mère couturière. Ils étaient 6 frères et soeurs.Son père disait de lui "quand Aimé parle, la grammaire française sourit..."

Après avoir obtenu son baccalauréat et le "Prix de l'élève le plus méritant", il obtient une bourse et arrive à Paris en 1931 pour poursuivre ses études, qui le conduiront du lycée Louis-le-Grand à l'École normale supérieure. En 1934, il fonde la revue l'Etudiant noir avec Senghor, Damas, Sainville et Maugée.

En 1936 il commence à écrire. Père du mouvement de la négritude, il déposera sur un cahier d'écolier les mots de la colère, de la révolte et de la quête identitaire donnant ainsi naissance à son oeuvre poétique majeure, le Cahier d'un retour au pays natal, publié en 1939 date de son retour en Martinique. Il enseigne au lycée de Fort de France. En 1941, il fonde la revue Tropiques.

Il s'engage en politique dans les rangs du Parti communiste français qu'il quittera en 1956 pour fonder deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM). En 1945 il devient maire de Fort-de-France et député de la Martinique. Son Discours sur le colonialisme (1950) dira sous la forme du pamphlet toute son hostilité au colonialisme européen. La politique, la poésie mais aussi le théâtre. Césaire est, également, dramaturge. Sa pensée se trouve au carrefour de trois influences: la philosophie des Lumières, le panafricanisme et le marxisme.

Moi, Laminaire publié en 1982 et La poésie (Seuil ) en 1994 sont les derniers livres en date. En 1993, il met un terme à une longue carrière parlementaire. Il a été maire de Fort-de-France plus de cinquante ans. Aux dernières élections municipales en 2001 il a passé le flambeau à Serge Letchimi.

Mohamed El jerroudi

Google.

Né il y a 10 ans, le moteur de recherche Google est en passe de réussir son pari insensé de devenir le carrefour de la connaissance mondiale, en recensant des milliards de pages web mais aussi images, photos, livres ou vidéos, une omniprésence qui peut inquiéter.

Le 15 septembre 1997, Larry Page et Sergey Brin, deux étudiants de 24 ans de l'Université de Stanford, en Californie, ont déposé le nom de domaine "google.com", variation de "googol" qui désigne le nombre 10 puissance 100.

Les fondateurs de Google Larry et Sergey Brin,deux amis ,créeront le groupe Google un an plus tard, le 7 septembre 1998, dans un garage.

Par pur bouche à oreille, grâce à la qualité de son algorithme - les paramètres de pertinence et de classement des réponses quand on tape des mots-clés -, les internautes l'adoptent.

Dès le départ, les fondateurs jugent crucial leur rôle de trieur du web. "Nous pensions que la recherche, c'était vraiment important, alors que tous les autres moteurs arrêtaient d'y travailler", a raconté Sergey Brin dans une interview récemment.

Pour rechercher des documents sur internet, il faut constamment contacter les sites et mémoriser leurs pages: c'est dans cette colossale base de données de Google, constamment renouvelée, que se font les recherches par mot-clé. Il faut plusieurs semaines à Google pour parcourir la totalité du web et renouveler sa base.

Google devient vite le moteur qui "aspire" le plus de pages web, des dizaines de milliards aujourd'hui.

Multilingue, il devient presque partout le premier moteur de recherche, sauf en Chine, Japon et Russie.

En 2000, Google commence à vendre des publicités liées aux mots-clés. Au moment où d'innombrables sociétés internet font faillite, il devient rentable.

Il entre en Bourse en août 2004, à 85 dollars. Son action en vaut aujourd'hui 525 et sa capitalisation boursière 164 milliards.

En 2006, il a encaissé un chifre d'affaires de 13,4 milliards - le tiers des dépenses publicitaires mondiales sur internet - et un bénéfice de 3,7 milliards.

Ces dernières années, en recrutant à tour de bras - 13.700 salariés actuellement -, Google s'est développé dans tous les domaines de l'information, s'appuyant sur une culture tournée vers l'innovation, où chaque employé est prié de passer 20% de son temps à des projets personnels.

Il indexe tout: blogs, photos satellites de la Terre et de l'espace, il photographie des rues, scanne des millions de livres dans les bibliothèques mondiales, ainsi que les archives de journaux.

Il a acheté en 2006 le plus grand site d'échange de vidéos, YouTube, puis l'une des plus puissantes régies publicitaires sur internet, DoubleClick.

Il s'est lancé aussi dans les logiciels gratuits en ligne, avec le courrier électronique Gmail et des logiciels de traitement de texte, de photos ou de calendrier, qui concurrencent le géant Microsoft.

Ses deux fondateurs trentenaires possèdent chacun 16 milliards de dollars. Leur groupe, qu'ils dirigent avec le PDG Eric Schmidt, est le plus consulté du monde, avec chaque mois 500 millions de visiteurs (2 internautes sur trois).

Mais malgré son slogan interne "Ne fais pas le Mal" et son utilité, sa volonté d'omniscience suscite de plus en plus d'hostilité. Google et sa filiale YouTube ont été attaqués en justice par de nombreux médias qui l'ont accusé de piller leur contenu.

Ses publicités ciblées en fonction des recherches mais aussi du contenu des e-mails font craindre des intrusions dans la vie privée, d'autant que le groupe envisagerait de stocker les dossiers médiaux.

Son initiative de photographier les rues de villes a aussi été critiquée -- tout en étant également admirée et utilisée.

L'association Privacy International reste méfiante: pour le respect des données privées, Google "au pire est hostile, au mieux ambigu", estime-t-elle.(Source AFP )

Mohamed El jerroudi

Le patron des années de plomp.

Driss Basri

Driss Basri a été pendant un quart de siècle l’homme fort de la deuxième moitié du régime d’Hassan II. Il était considéré comme l’organisateur des basses œuvres durant cette période des années de plomb, qui va de 1974– date à laquelle il est nommé secrétaire d’Etat à l’Intérieur – jusqu’à son limogeage en 1999.

Certains l’appelaient le « Grand Vizir », d’autres le « Vice-roi ». Lui-même se définissait comme « la femme de ménage du gouvernement ». En fait, il a été le véritable numéro 2 du régime, du début des années 80 jusqu’à la fin des années 90.

Un détenu politique durant les années de plomp au Maroc

Il avait été écarté du pouvoir en novembre 1999, trois mois seulement après l’intronisation de Mohammed VI. Un geste qui avait été interprété à l’époque comme un signe fort de la volonté de changement de la part du nouveau roi.

Installé chez son fils à Paris depuis plus de trois ans pour soigner un cancer, il affirmait à qui voulait l’entendre avoir choisi un exil forcé, multipliant les déclarations dans les médias, fustigeant le proche entourage de Mohammed VI qu’il jugeait incompétent.

Décédé le 27 août 2007 à Pris à l'àge de 69 ans,le nom de DRISS BASRI, reste associé aux années de plomb, durant lesquelles enlèvements et tortures frappaient les opposants au régime. Près de 600 personnes seraient mortes à cette période.

Mohamed El jerroudi

Une voix de légende.

Luciano Pavarotti

Une voix de légende s'est tue jeudi avec la mort du ténor Luciano Pavarotti décédé à l'âge de 71 ans dans sa ville natale de Modène (nord de l'Italie) et auquel le monde entier a rendu hommage.

Pavarotti, qui avait été opéré d'un cancer du pancréas en juillet 2006, "est mort peu après 03H00 GMT" dans sa propriété à la périphérie de Modène, "une très belle maison entourée de champs et de verdure", a déclaré à l'AFP Giorgio Pighi, le maire de la ville.

"Pavarotti voulait mourir à la maison. Je l'avais vu la semaine dernière, il était très éprouvé par la maladie mais il avait envie de faire la conversation. Nous avons même parlé en dialecte" local, a-t-il ajouté.

"J'espère qu'on se souviendra de moi comme d'un chanteur d'opéra, comme représentant d'une forme d'art qui a trouvé sa plus forte expression dans mon pays", l'Italie, avait écrit Pavarotti sur son site internet à l'époque où il entamait sa tournée d'adieux en 2004.

Son enterrement, auquel doit assister le président du Conseil Romano Prodi, aura lieu samedi à 13H00 GMT à la cathédrale de Modène. Le cercueil du ténor a été déposé en début de soirée sous les applaudissements dans la cathédrale où une chapelle ardente a été ouverte au public jusqu'à samedi matin.

Environ un millier d'admirateurs et curieux se pressaient sur le parvis pour être les premiers à rendre hommage au "Maestro". Son épouse, Nicoletta, qui accompagnait le convoi, sanglotait.

"Modène s'idendifiait à Pavarotti, qui a fait connaître cette ville dans le monde entier grâce à sa voix extraordinaire. Sa capacité d'exprimer des émotions était unique", a souligné le maire.

Artistes et hommes politiques du monde entier ont rendu hommage à Pavarotti.

"Il y avait des ténors et il y avait Pavarotti", a résumé le metteur en scène italien Franco Zeffirelli,

Le président George W. Bush a salué "l'un des chanteurs d'opéra les plus accomplis et les plus acclamés de tous les temps" et le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon un "vrai ami de l'ONU".

La star française Roberto Alagna a rendu hommage au "Messie" des ténors. En Italie, la célèbre soprano Mirella Freni confiait avoir perdu "un grand ami" tandis que le ministre de la Culture Francesco Rutelli qualifiait le ténor de "géant du XXe siècle".

Pour le Royal Opera House de Londres, Pavarotti était "l'un de ces rares artistes qui touchaient la vie de gens de tous horizons dans le monde entier" et Stéphane Lissner, directeur artistique de la Scala de Milan estimait qu'"une ère de splendeur du chant lyrique" était passée "à l'histoire".

Le groupe d'édition italien Poligrafici a annoncé une édition spéciale gratuite de ses quotidiens - QN, Resto del Carlino, La Nazione, Il Giorno - consacrée au ténor.

Une opération du dos, début 2006, puis du pancréas quelques mois plus tard, avaient contraint le ténor à abandonner à l'été 2006 sa tournée d'adieux mondiale de 40 concerts. Depuis, il n'était plus apparu en public.

Au début de l'été, au cours d'une cérémonie en l'honneur du ténor sur l'île d'Ischia, près de Naples (sud), son épouse avait assuré que son mari préparait un disque.

"On ne peut jamais rien dire avec cette maladie, mais je pense que Luciano s'en sortira, il va bien. Il achève le cinquième cycle de chimiothérapie, il n'a pas perdu un cheveu et surtout il n'a pas maigri", avait-elle déclaré.

Il avait été hospitalisé à Modène du 8 au 25 août, officiellement pour "un état fiévreux".

Né le 12 octobre 1935 à Modène (nord de l'Italie), Luciano qui se destinait d'abord à l'enseignement, avait opté définitivement pour le chant en 1961.

Il a su populariser son art dans des stades combles en trio avec ses complices Placido Domingo et José Carreras et aura vendu des millions de disques classiques.

Amoureux des pur-sang, ce géant barbu de 1,90 m (pour un poids variant entre 85 et 130 kg) était un amateur de pâtes fraîches et de bons vins, ce qui lui avait valu le surnom de "Big Luciano".( source:AFP )

Mohamed El jerroudi

Irak, la guerre n'est pas un jeu.

Bagdad.

Le gouvernement américain dirigé par le président Georges Bush a finalement lancé l'offensive contre l'Irak au matin du jeudi 20 mars en 2003. Des missiles ont été tirés sur Bagdad et sur le reste de l'Irak, et nul ne sait jusqu'à quand les bombardements se prolongeront. L'Irak, pays laïc, à genoux après une première guerre du Golfe en 1991 et un embargo de plus de 10 ans qui aura coûté la vie à des centaines de milliers d'individus innocents, se trouve à nouveau sous le feu américain. En dehors de toute considération politique,Je rappelle d'abord aux journalistes et aux intellectuels du monde entier, qui nous font vivre" cette guerre par caméras interposées et ce silence assourdissant, un peu comme le dernier jeu vidéo à la mode, que l'enjeu du conflit, avant même le pétrole, est la vie de millions d'individus pris en tenailles. Les conséquences sont incertaines et potentiellement graves pour la stabilité du Proche et Moyen-Orient. La paix dans le monde est plus que jamais fragile : l'essor d'un terrorisme anti-occidental, le futur du multilatéralisme (par l'Organisation des Nations Unies, que la France a sans doute sauvé d'une fin certaine), les relations entre l'Europe et les Etats-Unis, la recrudescence du communautarisme que des esprits malfaisants ne tarderont pas d'attiser ...

La communauté internationale maintenant et avant qu’il ne soit tard, doit faire le voeu d'avoir tort de craindre un embrasement de la région et une recrudescence du terrorisme … Enfin, il ne reste qu’à tout être humain épris de paix de faire faire le voeu que l'Amérique se montre à la hauteur de son arrogance et soit capable de retirer son armée de Bagdad. Et peu importe alors que nous dussions payer le prix de l'acharnement pour la paix si au final tout est mis en oeuvre pour éviter au peuple irakien un nouveau drame et une nouvelle décennie de morts et d'humiliations. Car la guerre n’est pas un jeu.

Mohamed El jerroudi

Le fossoyeur de l'apartheid.

Nelson Mandela

Fils d’une famille royale Thembu Xhosa, Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 dans le village de Qunu, au bord de la rivière Mbashe au Transkei (Cap-Oriental).

Son père était Hendry Mphakanyiswa Gadla, chef de tribu Xhosa de Tembu. À l’âge de sept ans, Rolihlahla Mandela devint le premier membre de la famille à suivre une scolarité. C’est un professeur méthodiste qui lui donne le prénom occidental de Nelson.

Son père décède d’une tuberculose alors qu’il n’a que neuf ans. Nelson Mandela est alors envoyé à la mission de Wesleyan.

Selon la coutume Xhosa, il est initié à l’âge de seize ans et poursuit ses études avec succès à la Clarkebury Boarding Institute. Il obtient son certificat scolaire en deux ans (au lieu de trois habituellement).

En 1934, Mandela s’inscrit au Collège Wesleyan de Fort Beaufort.

Diplômé, il rejoint l’université de Fort Hare où il fait la connaissance d’Oliver Tambo, qui devient son ami et collègue. À la fin de sa première année, membre du conseil représentatif des étudiants, il est impliqué dans le boycott du règlement universitaire. Il est alors renvoyé de l’université.

Suite à un mariage arrangé non souhaité, il s’enfuit à Johannesburg où il passe sa licence par correspondance à l’Université d’Afrique du Sud (UNISA) puis débute des études de droit à l’université du Witwatersrand.

C’est en 1942 que Nelson Mandela rejoint le Congrès national africain (ANC), membre de l’Internationale Socialiste, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche. En 1944, avec Walter Sisulu et Oliver Tambo, il fonde la plus dynamique ligue de jeunesse de l’ANC.

Aux élections générales de 1948, la victoire du Parti national Afrikaner entraîne la mise en place de sa nouvelle politique qui fut appelée apartheid.

En 1952, Mandela, par ailleurs avocat, monte la campagne de défiance contre le gouvernement de Daniel Malan.

En 1955, alors que le Parti National semble appelé à durer au gouvernement, Mandela participe à la rédaction de la charte de la liberté dont le programme fondamental est la lutte contre la ségrégation raciale et l’apartheid. À cette époque, Mandela et Tambo se sont associés au sein de leur propre cabinet et prodiguent des conseils juridiques gratuits aux noirs les plus pauvres.

Le 5 décembre 1956, Mandela et 150 autres personnes sont arrêtés et accusés de trahison. Ils sont au bout du compte tous acquittés, grâce aux plaidoiries des avocats et au légalisme pointilleux des tribunaux sud-africains en 1961.

Après le massacre de Sharpeville où il y a eu 79 morts et 178 blessés en 1960, les appels à la lutte armée sont plus pressants d’autant plus que l’ANC et le Congrès panafricain sont interdits, ses leaders emprisonnés ou assignés à résidence. La stratégie non-violente de l’ANC est abandonnée par Nelson Mandela qui fonde Umkhonto we Sizwe, réseau prônant l’action armée.

Il fut emprisonné en 1962 puis condamné à cinq ans de prison en 1963, et, après un procès où il contesta la justice d’apartheid, condamné à la détention à perpétuité en 1964 en raison de ses activités politiques clandestines, devenant au fil des années, le plus célèbre et l’un des plus anciens prisonniers politiques.

Il fut en partie libéré le 7 décembre 1988 et mis en résidence surveillée. Le 5 juillet 1989, il rencontre au Cap le président Pieter Botha. Il fut définitivement libéré le 11 février 1990 sur ordre de Frederik de Klerk qui, pour des raisons politiques, mit fin à la clandestinité de l’ANC, et le sollicita pour maintenir la paix civile en Afrique du Sud. Les deux hommes ont travaillé ensemble pour instaurer la fin de l’apartheid et un régime de transition.

Combat pour la paix et la non-violence

Il se vit décerner le Prix Nobel de la paix avec le président Frederik de Klerk en 1993. En 1979, il avait reçu le Prix Nehru pour la Paix et en 1989, le Prix Kadhafi des droits de l’Homme.

À la suite des premières élections démocratiques du 27 avril 1994, remportées largement par l’ANC, Nelson Mandela est élu Président de la république d’Afrique du Sud et prête serment à Pretoria le 10 mai 1994 devant tout le gotha politique international, d’Al Gore à Fidel Castro.

Il préside au premier gouvernement non racial du pays, en l’occurrence un gouvernement d’union nationale entre l’ANC, le Parti National et le parti zoulou Inkhata.

Ses deux vice-présidents sont alors Thabo Mbeki et Frederik de Klerk.

Conformément aux négociations de la période de transition, une commission « vérité et réconciliation » est créée pour entendre des exactions et des crimes commis sous l’apartheid par le gouvernement, les forces de sécurité mais également par les mouvements de libération. Il s’agit de confronter le passé afin de tourner la page historique douloureuse et non de juger les crimes ou exactions constatées qui, le cas échéant, en l’absence de regrets des protagonistes, seront toujours du ressort des tribunaux pénaux.

Président, Nelson Mandela est davantage un chef d’état qu’un chef de gouvernement : il confie ce rôle à Thabo Mbeki.

Prônant la réconciliation nationale, il se rend même à Orania pour rencontrer Madame Hendrik Verwoerd et organise une tea party à Pretoria réunissant les épouses des anciens premiers ministres et présidents du pays avec les épouses des anciens prisonniers de Robben Island.

Internationalement, il redonne une légitimité à l’Afrique du Sud qu’il donne en exemple en matière de réconciliation nationale.

Son autobiographie Un long chemin vers la liberté est publiée en 1995 et raconte son enfance, son engagement politique, ses longues années de prison et son accession au pouvoir.

En 1996, le Parti National quitte le gouvernement peu après l’adoption d’une nouvelle constitution.

Il accepte d’être médiateur de plusieurs négociations de paix, notamment dans l’Afrique des grands lacs.

En 1997, Mandela quitte la présidence de l’ANC qui échoit à Thabo Mbeki.

À la fin de son mandat, certains radicaux critiquent l’absence d’efficacité de la politique de son gouvernement dans la lutte contre le SIDA, dans la lutte contre les inégalités raciales ou encore la lenteur des procédures d’indemnisations des noirs spoliés sous l’apartheid.

En 1999, Thabo Mbeki lui succède à la présidence de la république. Comme il s’y était engagé lors de son élection, Nelson Mandela n’est pas candidat à un second mandat et quitte la vie politique. Pour continuer de lutter pour les valeurs qui lui tiennent à cœur, il fonde la Fondation Nelson Mandela.

Après son divorce avec Winnie Mandela, Nelson Mandela s’est remarié avec Graça Machel, veuve de l’ancien président du Mozambique, Samora Machel.

En janvier 2003, lors d’un discours au International Women’s Forum, Mandela s’oppose fermement à l’attaque des États-Unis et du Royaume-Uni contre l’Irak sans l’aval des Nations unies. Il accuse le président George W. Bush de vouloir « plonger le monde dans l’holocauste » .

En septembre 2004, il fut plébiscité en tant que première personnalité sud-africaine.

Mohamed El jerroudi

La chonson Marocaine est en deuil.

L'artiste marocaine Rajae Belmlih l'une des plus célèbres voix de la chanson marocaine est décédé à l'âge de 45 ans.

C'est dans une clinique à Rabat qu'elle a tiré sa révérence à 1h15' -gmt.

Révélation de l'émission "Mawahib" d'Abdenbi El Jirari dans les années 80, Belmlih a commencé son parcours de chanteuse depuis son bas âge. Sa réussite précoce ne l'a pas empêchée de poursuivre ses études jusqu'à décrocher sa licence à la Faculté des lettres de Rabat.

Après un brillant parcours au Maroc où elle a marqué les esprits avec sa chanson "Ya Jara Wadina", l'artiste s'installe au début des années 90, au Caire, capitale de la chanson orientale pour donner un nouvel élan à sa carrière.

Avec des albums tels "Sabri Alik Tal", "Ya Rhayeb", "Ietiraf", l'artiste a conquis sa place sur la scène arabe en collaborant avec de grands compositeurs, tels Jamal Salama, Mohamed Diae, Hilmi Bakr et Salah Chernoubi.

C'est avec son succès intitulé "Chouq El Ouyoune" que la défunte, qui était atteinte d'un cancer, avait retrouvé son public après une opération chirurgicale dans l'un des hôpitaux de Paris.

Sa voix et son talent n'ont pas laissé le public arabe indifférent, comme en témoigne le nombre de récompenses qu'elle a obtenues dans différentes manifestations artistiques depuis 1995 au festival international du Caire de la chanson et de la musique arabe à l'opéra égyptienne, puis en 1996 au festival de la chanson tunisienne et une autre distinction au 3ème festival international du Caire.

Elle fut nommée ambassadrice de l'Unicef en 1999 en reconnaissance de ses nombreuses contributions à caractère artistique, humanitaire et caritatif.

Simple et modeste, la défunte n'a jamais attrapé le syndrome de la célébrité en dépit de ses grands succès, a assuré son manager au Maroc, le poète Abdelghaffar Benchakroun.

La dernière apparition de la défunte était lors de l'émission artistique "Ahl al Maghna" diffusée cet été par la deuxième chaîne 2M. Elle devait encore participer au dernier prime de l'émission Studio 2 M en juillet dernier, mais sa prestation a été annulée en raison de la détérioration de son état de santé.

Rajae Belmlih, qui s'était installée aux Emirats Arabe Unis, était mère d'un enfant de 5 ans et avait la nationalité émiratie.

Mohamed El jerroudi

Omar Kayyhâm

Omar Khayyâm naquit dans le Khorassan, près de la ville de Nichapour vers l'an 1040 de l'ère chrétienne. Ses Robaiyats sont des quatrains , à qui la langue Française fait perdre de leur beauté, car le Perse et sa calligraphie en sont un écrin qui reste hélas inaccessible à nos yeux et nos oreilles. Vin (mot qui revient souvent) est à prendre dans son sens spirituel, le vin divin qui enivre et vous "évade" de la dualité. On retrouve ici , le lâcher prise, l'abandon total à ce qui est, ici et maintenant. Seul "Un" existe pour Khayyâm. Khayyâm est un désespéré qui se masque d'un sourire dès qu'un sanglot l'étrangle. Cette sérénité douloureuse, il ne l'a pas conquise sans efforts, sans blessures. Durant toute sa vie, il cherche la vérité dans la science, dans la philosophie, dans les plaisirs de la vie La sérénité de ce désabusé ne ressemble ni au calme olympien de Goethe ni à la fade quiétude d'Horace, poètes auxquels on l'a trop souvent comparé. Son érudition universelle, et ses déboires, d'ordre purement transcendantal, lui ont conféré sa dédaigneuse indifférence et cette amertume qui n'accepte un plaisir que pour le changer en douleur. Son courage est remarquable. au mépris du jugement de ses contemporains fanatiques (déjà) et intolérants, il ose douter de tout ce que l'on vénère autour de lui, il ose proclamer l'inanité des dogmes religieux et des connaissances humaines. Omar Kayyhâm
Mohamed El jerroudi

Psychiatre, écrivain et combattant.

Frantz FANON ( 1925 -1961 )

Il est peu connu dans son pays, la Martinique, car il a passé l'essentiel de sa vie de militant dans sa terre d'adoption, l'Algérie.

FANON est né à Fort-de-France le 20 juillet 1925. Il meurt à Washington le 6 décembre 1961, à l'âge de 36 ans, des suites d'une leucémie. Il est inhumé au cimetière de "Chouhada" (TUNIS). Médecin psychiatre, écrivain, combattant anti-colonialiste, FANON a marqué le XXe siècle par sa pensée et son action, en dépit d'une vie brève frappée par la maladie.

FANON fit ses études secondaires au lycée SCHOELCHER, ses études supérieures à la faculté de médecine de Lyon et fut nommé, en 1953, Médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie. Il avait déjà publié, en 1952, "Peaux noires, masques blancs". En 1956, deux ans après le déclenchement de la guerre de libération nationale en Algérie, FANON choisit son camp, celui des colonisés et des peuples opprimés. Il remet sa démission de son poste à l'hôpital et rejoint le Front de Libération Nationale (FLN) en Algérie.

Il eut d'importantes responsabilités au sein du FLN, membre de la rédaction de son organe central, "El Moudjahid". Il fut chargé de mission auprès de plusieurs Etats d'Afrique noire, ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana. Il échappa à plusieurs attentats au Maroc, en Italie. Jusqu'à sa mort, FANON s'est donné sans limites pour la cause de la libération des peuples opprimés.

L'action de FANON se situe dans le contexte d'après-guerre marqué par la lutte idéologique entre le bloc occidental mené par les Etats-Unis et le bloc socialiste mené par l'Union Soviétique. La cassure semble irrémédiable entre l'Est et l'Ouest mais un troisième monde émerge au cours des années 1950-1960 : c'est le tiers-monde qui revendique lui aussi sa place dans les relations internationales et sa part dans le partage des richesses de la planète Le tiers-monde affirme pour la première fois son existence politique en 1955 à la Conférence de BANDOUNG, en proclamant son refus de la bipolarisation du monde. De nombreux leaders du tiers-monde apparaissent en même temps que les mouvements de libération nationale et mènent une lutte de plus en plus radicale en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Les années 1960 sont marquées par des répressions violentes et des assassinats d'hommes politiques représentant la lutte des peuples opprimés : répression sanglante en Indonésie en 1965 (500 000 morts), assassinat de Patrice LUMUMBA au Congo, assassinat de CHE GUEVARA en Bolivie; assassinat de MALCOLM X, de MARTIN LUTHER KING aux Etats-Unis, assassinat de MEHDI BEN BARKA au Maroc, procès de RIVONIA en Afrique du Sud où NELSON MANDELA et ses compagnons sont condamnés à la prison à vie.

En Martinique, la jeunesse se révolte pendant trois nuits d'émeute à Fort-de-France (décembre 59, trois morts), puis c'est l'arrestation et la déportation des jeunes Martiniquais de l'OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) qui avaient osé placarder partout des affiches où l'on pouvait lire : "La Martinique aux Martiniquais".

C'est dans ce contexte d'affrontement Est-Ouest doublé d'une lutte Nord-Sud que s'inscrivent l'action et la pensée de FANON.

FANON a toujours dénoncé les intellectuels qui ne s'engagent pas réellement et pratiquement dans la lutte révolutionnaire.

" Libération nationale, renaissance nationale, restitution de la nation au peuple, Commonwealth, quelles que soient les rubriques utilisées ou les formules nouvelles introduites, la décolonisation est toujours un phénomène violent. La décolonisation qui se propose de changer l'ordre du monde est un programme de désordre absolu.

Mais elle ne peut être le résultat d'une opération magique, d'une secousse naturelle ou d'une entente à l'amiable. On ne désorganise pas une société, aussi primitive soit-elle, avec un tel programme, si l'on n'est pas décidé dès le début, c'est-à-dire dès la formulation même de ce programme, à briser tous les obstacles qu'on rencontrera sur sa route. Le colonisé qui décide de réaliser ce programme, de s'en faire le moteur, est préparé de tout temps à la violence. Dès sa naissance il est clair pour lui que ce monde rétréci, semé d'interdictions, ne peut être remis en question que par la violence absolue " (extraits de l'œuvre majeure de Fanon : "Les Damnés de la Terre", publiée l'année de sa mort).

Le combat de FANON ne visait pas seulement la libération de l'homme noir ou du colonisé. Il cherchait à libérer l'homme : " Etre responsable dans un pays sous-développé, c'est savoir que tout repose en définitive sur l'éducation des masses, sur l'élèvation de la pensée, ce qu'on appelle trop rapidement la politisation. Il s'agit pour le tiers-monde de recommencer une histoire de l'homme. La décolonisation est véritablement création d'hommes nouveaux. Mais cette création ne reçoit sa légitimité d'aucune puissance surnaturelle la "chose" colonisée devient homme dans le processus même par lequel elle se libère. Je ne veux pas chanter le passé aux dépens de mon présent et de mon avenir. Je ne veux pas être esclave de l'esclavage. Je ne veux qu'une chose que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme, c'est-à-dire de moi par un autre. Qu'il me soit permis de découvrir et de vouloir l'homme où qu'il se trouve "

" FAIRE PEAU NEUVE, DEVELOPPER UNE PENSEE NEUVE, TENTER DE METTRE SUR PIED UN HOMME NEUF ", voilà l'essentiel du message de FANON, un message qui est toujours d'actualité au moment où on assiste à la montée des intégrismes de tous bords, dans un monde d'inégalités où le fossé se creuse entre riches et pauvres, entre nantis et démunis.

" OUI, IL FAUT COMPROMETTRE TOUT LE MONDE DANS LE COMBAT POUR LE SALUT COMMUN ! "

Mohamed El jerroudi

Diana , 10 ans après.

Diana

Dix ans après la mort de Diana, qui avait traumatisé tout un peuple et ébranlé la monarchie, la Grande-Bretagne se prépare à rendre un hommage plutôt discret à la "princesse du peuple", revenue le temps d'un anniversaire au centre de l'effervescence médiatique.




Une seule cérémonie officielle est prévue le 31 août : à la demande de William et Harry, les fils de Diana et du prince Charles, une messe du souvenir en présence de quelque 500 invités se tiendra à la chapelle des Wellington Barracks, une caserne proche du palais de Buckingham.





L'épave de la voiture dans laquelle lady Di et son ami le milliardaire égyptien Dodi Al Fayed ont eu un accident, le 31 août 1997





Les pinces William et Harry sur scène lors du concert géant au stade de Wembley en hommage à leur mère, le 1er juillet 2007 à Londres La reine Elizabeth, son époux le prince Philip, William, Harry et Charles assisteront à cette cérémonie, retransmise par la BBC. En revanche, l'épouse du prince Charles, Camilla, n'assistera pas à la messe. "Je suis très touchée d'avoir été invitée par le prince William et par le prince Harry à assister à la messe du souvenir pour leur mère Diana, princesse de Galles", affirme Camilla dans un communiqué.




"J'avais accepté et je voulais les soutenir, cependant à la réflexion je pense que ma présence pourrait détourner l'attention de la raison d'être de cette cérémonie qui est de se pencher sur la vie et l'oeuvre de Diana", ajoute-t-elle. "Je remercie mon mari, William et Harry de soutenir ma décision", conclut-elle.




Le domaine d'Althorp (centre-ouest de l'Angleterre), demeure de la famille Spencer où repose au milieu d'un lac la sépulture de Diana, sera exceptionnellement -et gratuitement- ouvert au public le 31 août. Les billets ont été pris d'assaut depuis des mois.




A Londres, la National Portrait Gallery a monté une exposition sur celle qui fut la femme la plus photographiée du monde: Diana la princesse aux tenues chics et élégantes, Diana l'épouse, la mère, la militante des causes humanitaires... Une exposition audiovisuelle a également été organisée au palais de Kensington où vécut la princesse, non loin de la fontaine érigée à Hyde Park en sa mémoire.




Dans un style plus informel qu'aurait sans doute apprécié leur mère, William et Harry avaient déjà organisé le 1er juillet un concert géant au stade de Wembley en son hommage, retransmis en direct dans 140 pays, le jour où elle aurait fêté ses 46 ans.




A défaut de réveiller une "Dianamania" largement en perte de vitesse depuis de nombreuses années, ce 10e anniversaire a suscité un regain d'intérêt dans les médias et l'édition.




Une quinzaine de livres sont parus pour l'occasion, tandis que journaux, radios et télévisions consacrent à l'événement plusieurs pages ou émissions. L'occasion de porter un regard nostalgique et parfois critique sur l'extraordinaire vague d'émotion nationale qui avait suivi l'accident mortel de la princesse, morte à 36 ans au côté de son compagnon Dodi Al-Fayed, aux petites heures du 31 août 1997 dans un tunnel parisien.




Les rédacteurs en chef de plusieurs journaux britanniques en ont profité pour faire leur autocritique, regrettant d'avoir pendant des années lancé aux trousses de la princesse -qui savait aussi en jouer- une meute de paparazzi, jusqu'à cette nuit fatale d'août 1997.




"J'ai ressenti une énorme responsabilité pour ce qui s'est passé comme à mon avis tout le monde au sein des médias", a ainsi confié Phil Hall, ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire populaire News of the World, plus fort tirage de la presse britannique dominicale.




Pendant ce temps, d'autres tabloïdes continuent d'alimenter par de pseudo-révélations la chronique apparemment intarissable des "théories du complot" chères notamment au père de Dodi, le milliardaire égyptien Mohamed al-Fayed, propriétaire du magasin Harrod's à Londres.




Plusieurs rapports officiels ont pourtant écarté ces théories, concluant à un accident de la route. Elles ne devraient pas manquer de refaire surface lors de l'enquête judiciaire britannique, prévue pour entrer cet automne dans la phase cruciale des audiences publiques

Le prince Harry, qui au côté de son frère William avait ému le monde en marchant dignement derrière le cercueil de sa mère, à peine âgé de 12 ans lors des funérailles, a reconnu que la mort de sa mère continuait de le hanter.




"Personne ne saura jamais ce qui s'est passé dans ce tunnel et je suis sûr que les gens y penseront toujours", expliquait-il lors d'une récente interview à la chaîne américaine NBC. "Je me le demanderai toujours".





Mohamed El jerroudi

L'indomptable.

LEO FERRE (24 août -14 juillet 1993 1916)

La poésie de son verbe, la justesse de ses mots, ses cris, ses révoltes, sa libre pensée, sa résistance aux modes conjugués à ses convictions ont fait de lui un chanteur atypique et marginal que sont en train de redécouvrir les nouvelles générations.

Auteur de chansons mais aussi d'opéras, il a écrit un roman "Benoît Misère", des textes en prose, des livrets d'opéra. Toujours imprégné de révolte et d'anarchie qu'il définit comme "La formulation politique du désespoir", Léo Ferré gueule et tempête pour notre plus grande joie, pour que nous soyons touchés dans le coeur et dans nos têtes, pour que nous nous levions en brandissant le poing.

Léo Ferré a mis en musique et chanté des poèmes de Rimbaud, Baudelaire, Rutebeuf, Apollinaire, Verlaine, Aragon et de Jean Roger Caussimon, ou bien écrit sur les musiques d'autres compositeurs. Contrairement aux chanteurs contemporains, Léo Ferré a mis de nombreuses années à se faire connaître. De cabaret en cabaret, il a erré longtemps à jouer du piano en présentant ses chansons. Il est certain que son oeuvre demeurera bien après que les "tubs", vendus à grands renforts de pub, seront à jamais relégués dans l'oubli, de par leur médiocrité. Il a conjugué l'écriture, la composition, l'interprétation et l'orchestration. Il a maîtrisé ces différentes techniques. Dans ses textes il passe de l'argot au classicisme littéraire, de textes courts à de multiples pages d'écriture, de la concision à la passion. Ferré ce n'est pas seulement un chanteur, c'est une partie de notre histoire qui rugit.

De sa biographie je ne livrerai pas grand chose, Léo Ferré ayant déclaré : "Les poètes, quand ils vivent, on les bat, on les moque, on les met en prison. Quant ils sont morts, on fouille dans leur vie, de préférence avec un groin de cochon..."

De Ferré, l'important c'est son oeuvre, pas notre voyeurisme. Le 14 juillet 1993, Ferré, à l'âge de 77 ans, nous quitte, ultime testament pour que nous nous souvenions des révoltes de notre histoire en cet anniversaire de la révolution française de 1789. "La vie est un grand livre écrit par un maladroit. Nous on s'en fout on ne sait pas lire".

Mohamed El jerroudi

Le narrateur de l'absurde.

Albert Camus ( 1913-1960 )

Né en Algérie dans une famille très modeste, orphelin de père, Albert Camus commence des études de philosophie au cours desquelles il fait la connaissance du professeur Jean Grenier, qui l'influencera beaucoup et lui fera découvrir Nietzsche. Atteint de la tuberculose, il ne peut achever ses études, mais soutient cependant en 1936 un diplôme d'études supérieures, « métaphysique chrétienne et néoplatonisme ». Parallèlement, il participe à des projets dramatiques, adaptant ou jouant des pièces de théâtre.

Lors de son bref passage au Parti communiste (1935 -1937), il fonde et anime la troupe du Théâtre du Travail avec l'ambition de mettre les œuvres dramatiques classiques et contemporaines à la portée d'un public défavorisé. Il anime ensuite une autre compagnie, le Théâtre de l'Equipe, et publie sa première œuvre, l'Envers et l'Endroit (1937), une compilation d'essais littéraires sur des sujets assez divers où apparaissent, déjà, les grands thèmes de la maturité: la mort, le soleil, la Méditerranée, l'isolement, le destin de l'Homme, le rapprochement entre désespoir et bonheur, etc. Deux ans plus tard paraît Noces, qui mêle l'essai philosophique à la poésie lyrique.

Le quai d'Alger

À partir de 1938, Camus embrasse le journalisme, d'abord à Alger (Alger républicain, Soir républicain), puis à Paris (Paris-Soir), où il s'établit définitivement en 1942. C'est là que paraissent simultanément et dans la clandestinité le roman l'Etranger et l'essai le Mythe de Sisyphe (1942); deux œuvres remarquées qui exposent la philosophie de Camus et s'inscrivent dans ce que lui-même appelle le « cycle de l'absurde » (cycle que viendront par la suite compléter les pièces le Malentendu, 1944, et Caligula, 1945). Réformé pour raisons de santé en 1939, Camus joue un rôle très actif dans la Résistance, au sein du mouvement Combat. À la Libération, et jusqu'en 1947, il est le rédacteur en chef du journal Combat, aux côtés de Pascal Pia. Il se met aussi au service des grandes causes humanitaires internationales.

Il n'en poursuit pas moins son œuvre littéraire à un rythme soutenu avec, notamment, la création de ses pièces le Malentendu (1944) et Caligula (1945), puis la publication de son roman la Peste (1947), qui inaugure le cycle de la révolte et de la solidarité, dont font partie l'Etat de siège (1948) et les Justes (1949), mais surtout l'Homme révolté (1951). Ce dernier essai est à l'origine de la rupture définitive entre Camus et Jean-Paul Sartre, puisqu'il souligne clairement les divergences des deux écrivains sur la question de l'engagement.

En 1952, Albert Camus démissionne de son poste à l'UNESCO pour marquer sa réprobation devant la passivité de cette institution à l'égard de l'Espagne franquiste. Par la suite, en 1956, il s'engage de nouveau en tentant d'intervenir en faveur d'une trêve dans la guerre d'Algérie.

Il publie ensuite la Chute (1956), où il revient sur sa rupture avec l'existentialisme, ainsi qu'un recueil de nouvelles, l'Exil et le Royaume (1957); deux œuvres d'où émane plus que jamais la nostalgie d'une altérité oubliée. La même année, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « avoir mis en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des Hommes ». Le 4 janvier 1960, alors qu'il travaille à un autre roman, le Premier Homme (posthume, 1994), il se tue dans un accident de voiture.

Mohamed El jerroudi

Hitler

Prophète racial (20ème siècle).

Animé par la haine et l'ivresse de lui-même, il inventa des fantasmes de grandeur pour tenter de juguler son profond déséquilibre. Selon le mécanisme psychologique du prophétisme, il régressa au stade animal, pour transformer son peuple en horde de prédateurs déchiquetant un bouc émissaire.

Et pourtan Hitler était un artiste en 1914.

L’avenir d’un mouvement est conditionné par le fanatisme et l’intolérance que ses adeptes apportent à le considérer comme le seul mouvement juste, très supérieur à toutes les combinaisons du même ordre. Le mouvement doit dresser ses membres à ne pas voir, dans la lutte, un élément secondaire et négligeable, mais le but lui-même. Une alliance dont les buts n'englobent pas aussi la perspective d'une guerre est dénuée de sens et de valeur. J’ai fanatisé la masse pour en faire l’instrument de ma politique. J’éveille en elle des sentiments qui lui conviennent, elle suit immédiatement les mots d’ordre que je lui donne."

  • Le danger de l'extrémisme

Après la 1ère Guerre Mondiale, Hitler, bien que n'ayant aucun diplôme et ayant fait de la prison, arrive cependant rapidement à la tête du parti d'extrême-droite allemand, le parti nazi. Toute sa politique vise à désigner les Allemands comme une race supérieure, "pure" qu'il faut débarrasser des Juifs, des tziganes, des handicapés...

Il est un orateur décidé et habile. Son succès vient en grande partie aussi des méthodes violentes de ses partisans qui n'hésitent pas à enfreindre la loi pour empêcher toute opposition normale. Les opposants et leurs familles sont menacés ou même éliminés, il est alors difficile de résister à cette poussée de violence en Allemagne.

C'est la méthode typique des fascistes : Mussolini a fait de même pour arriver au pouvoir en Italie. Tous deux veulent arriver au pouvoir par tous les moyens, si possible par des élections mais en supprimant ensuite toutes les libertés et notamment la liberté de la presse et le droit de vote.

Hitler gagne les élections de 1933 et devient chancelier de l'Allemagne. Il devient alors l'objet d'un véritable culte. Mais cela ne lui suffit pas. Son but est de dominer non seulement l'Allemagne mais l'Europe entière.

Mohamed El jerroudi

Tagore

“ L’homme est en marche pour satisfaire des besoins qui sont plus pour lui que la nourriture ou le vêtement. Il s’est lancé à la recherche de soi-même. L’histoire de l’homme est celle de son voyage vers l’inconnu, en quête de la réalisation de son Moi immortel, de son âme. ” Rabindranath Tagore

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Gibran Khalil Gibran

(1883 - 1931)

C'est un arabe qui parle en anglais, un libanais de la montagne qui, inventant son chemin dans l'exil, trouve la liberté et se découvre une passion sans modération pour son pays . C'est un lecteur de la Bible qui parle comme un soufi, un chrétien qui chérit la gloire de l'Islam, un amateur de femmes mûres qui cherche sur le miroir de son oeuvre la pureté de son âme.

Il était artiste peintre aussi.

Khalil Gibran est né en 1883 et mort en 1931; il découvre après un voyage à Boston la littérature et les arts. En 1902 et 1903, il perd beaucoup d’êtres chers, pourtant son talent artistique s’affirme. Il peint et écrit. Protégé de Mary Haskell, il engage une correspondance que seul la mort arrêtera. Il se fait déjà, en 1905, l’avocat des écrivains qui rompent avec la tradition écrite arabe. En 1908, il publie les « Esprits rebelles » que l’Eglise maronite juge hérétique.

Gibran décide de venir à Paris pour étudier les beaux-arts.. Il s’installe définitivement à Boston d’où il débute une correspondance avec l’écrivain libanaise May Ziyada qui vit en Egypte. Gibran fonde avec d’autres écrivains arabes le Cénacle destiné à secoué la « langue » et de traduire tous les auteurs qui le méritent.

En 1923, il publie LE livre qui le fera connaître du monde entier : « Le prophète » Il meurt le 10 avril 1931 après avoir écrit des poèmes et des méditations qui ont eu une énorme résonnance en occident et en orient. Ces textes empreints de symboles et de spiritualité amèneront le lecteur vers ses profondeurs et la sagesse.

Il dit de lui même : « Je suis venu afin de vivre dans la gloire de l’Amour et dans la lumière de la Beauté, qui sont les reflets de Dieu. Sur cette terre je vis, et personne ne peut me chasser des sphères de la Vie. Car, à travers mon mot chargé de vie, je continuerai d’exister, même dans la Mort. »

Mohaled El jerroudi

Paul GAUGUIN

aventurier et voyageur

Paul GAUGUIN est né à Paris en 1848 dans une famille française de la moyenne bourgeoisie. Il était d'ascendance hispano-péruvienne noble par sa mère, et sa famille, étiquetée "rouge" - son père travaillant au "National", l'organe du Parti Radical -, gagne le Pérou en 1849 pour échapper à la répression du "Parti de l'ordre".

Son père décède lors du voyage, et Paul reviendra à Paris six ans plus tard avec sa mère et sa soeur. De cette petite enfance en exil en Amérique Latine, il gardera toujours le goût du voyage et de l'exotisme.

Après le krach de 1882, Paul Gauguin quitte son emploi et décide de "peindre tous les jours" et de se consacrer à cet art qu'il pratique depuis longtemps en "talentueux peintre du dimanche". Ayant décidé de vivre exclusivement de son art, sa situation financière se détériore rapidement. Gauguin part vivre avec sa famille à Rouen, et huit mois plus tard, sans le sou, est contraint de partir vivre dans la famille de sa femme, avec ses cinq enfants au Danemark.

Là, Paul Gauguin, incompris de sa belle-famille, se décourage rapidement et décide finalement de revenir vivre à Paris avec Clovis, un de ses fils. Ils y vivront dans un grand dénuement, souvent gagnés par la maladie, mais toujours aidés par Schuffenecker, l'ami fidèle. Quoique gagnant peu d'argent en vendant ses tableaux, Gauguin voit ses oeuvres souvent favorablement accueillies par la critique

Gauguin participa à la huitième et dernière exposition des Impressionnistes en 1886, dont Monet, Renoir, Sisley et Caillebotte étaient absents, laissant Degas et Pissarro imposer leurs protégés respectifs, en particulier Seurat et Signac pour Pissarro.

L' année 1886 peut être considérée comme la dernière année du groupe des impressionnistes, qui va, encore davantage, éclater dans différentes directions, que l'on regroupera sous le vocable "post-impressionnisme".

En septembre 1893, Paul Gauguin commence la rédaction de Noa Noa ("Odorant"), afin de mieux faire comprendre sa peinture tahitienne.

En novembre 1893 une exposition des oeuvres de Gauguin a lieu chez chez Durand-Ruel avec 41 tableaux de Tahiti, 3 de Bretagne et des sculptures sur bois. Mais Gauguin est déçu par l'accueil fait par les critiques parisiens à ses toiles d'Océanie.

Gauguin retourne une dernière fois d'avril à novembre 1894 à Pont-Aven. La colonie artistique de Pont-Aven, qui compte certains étés plus de cent peintres, est devenue alors un phénomène unique en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle.

RUE Paul GAUGUIN

Gauguin est victime d'une crise cardiaque. Il tente de se suicider à l'arsenic . Gauguin travaille comme dessinateur au bureau des Travaux Publics de Papeete .

Il crée un journal "Le Sourire" . Et devient rédacteur en chef du journal "Les Guêpes" . Gauguin quitte Tahiti pour les Iles Marquises. Il y construit la "Maison du Jouir" où il s'installe avec sa vahiné Vaeho Marie-Rose . Vaheo donne naissance à une fille Tahiatikaomata . Pour avoir pris la défense de plusiueurs indigènes, Gauguin est accusé de diffamation à l'encontre du gouverneur, et condamné. Paul Gauguin meurt d'une crise cardiaque après avoir pris une forte dose de morphine. Il est enterré au cimetière catholique d'Atuona .

Mohamed El jerroudi

Jacques Brel

Jacques Brel

Désireux d'échapper à l'entreprise familiale de cartonnerie, Jacques Brel se veut chanteur et gagne Paris en 1953. Ses débuts sont plus que modestes, ses spectacles joués à la guitare, son attitude provinciale ne séduisent guère la capitale. Néanmoins, il persévère et s'entoure de fidèles compagnons (Pasquier, Rauber, Jouannest) qui l'aident à accoucher de son premier succès en 1956 : 'Quand on a que l'amour'.

En 1959, le succès de l'album 'La valse à mille temps' propulse Jacques Brel sur le devant de la scène. Il ne triomphe pas seulement à l'Olympia mais dans le monde entier. Les succès s'enchaînent ('Ne me quitte pas', 'Les Bourgeois', 'Les Vieux'). Parvenu au sommet en 1966, il décide de mettre un terme à sa carrière de chanteur et de se consacrer au cinéma.

Jacques Brel était fou de Paul Gauguin.

Il sera tour à tour réalisateur ('Frantz' en 1971) et acteur ('Les Risques du métier', 'L'Emmerdeur'). En 1975, atteint d'un cancer, il part vivre loin... aux îles Marquises. En 1977, il enregistre un dernier disque, 'Les marquises', qui sera un véritable événement. Il meurt quelques mois plus tard.

« Enfin, quoi, si j'avais du talent, je n'aurais tout de même pas fait des chansons » Jacques Brel

Mohamed El jerroudi

La mort a un sens...

Naguib Mahfouz Ecrivain égyptien qui a marqué par ses écrits la littérature étrangère Né à Le Caire en 1911 Décédé à Le Caire le 30 août 2006

Issu de la bourgeoisie modeste, Naguib Mahfouz suit des études de philosophie et rédige dès l'âge de 17 ans des essais pour des revues littéraires dans les années 1930. Il publie son premier roman en 1939, et tente de restituer l'histoire de l'Egypte à l'époque pharaonique mais il échoue à cause de la Seconde Guerre mondiale. Il traite finalement de l'histoire contemporaine du Caire dans 'Passage des miracles' (1947) et 'Vienne la nuit' (1949).

Sa trilogie, achevée en 1956-1957, est reconnue tardivement en raison du contexte politique. il décide de se remettre à la fiction et son roman 'Les Fils de la Médina' est publié en feuilletons dans le quotidien Al-Ahram. Sa contestation politique lui attire la censure. Cependant, il occupe de nombreux postes au sein des institutions culturelles et entretient un rythme extrêmement productif, à raison d'un roman par an. On lui doit 'Dérives sur le Nil' (1966) , 'Miramar', (1967) , 'Le Voleur et les chiens' (1961) ou encore 'La Quête' (1965). Ses grands romans réalistes sont adaptés au cinéma.

Il reçoit le prix Nobel en 1988. Mais il demeure la cible des islamistes : il est victime d'un attentat en 1994. Le 16 juillet 2006, entre à l'hôpital de la Police du Caire pour une insuffisance rénale et une pneumonie. Il succombe d'une hémorragie à l'âge de 94 ans. Naguib Mahfouz, figure de proue de la littérature égyptienne, a toujours soutenu ses idées avec un courage et une sagesse remarquables.

Le Caire

Naguib Mahfouz s'en est allé. L'écrivain égyptien, lauréat du prix Nobel en 1988, a tiré sa révérence le 30 août 2006, sans bruit et sans fureur. En quittant humblement les rumeurs du monde, il laisse derrière lui une oeuvre impressionnante composée d'une cinquantaine de romans et recueils de nouvelles.

Mohamed El jerroudi

L'art marocain

bijoux marocains

L'histoire des arts au Maroc pourrait schématiquement être classée en deux périodes distinctes à savoir la période de 1912-1956 et jusqu’à aujourdh’hui.

La première période étant celle de la naissance et des balbutiements de la pratique picturale en tant que telle. Cette période verra l’apparition des premiers peintres européens installés au Maroc sous protectorat français.

Pouf en cuir orange

C'est "L'école coloniale" dont la caractéristique essentielle aura été l'initiation d'une peinture provinciale et exotique. Une école qui donne naissance à des artistes marocains autodidactes qui s’intéresseront à cette nouvelle forme d'expression plastique, la peinture de chevalet. C’est ce qui permettra l'émergence d'une première génération de peintres figuratifs naïfs, reproduisant, chacun selon la technique acquise auprès d'artistes européens, les scènes de la vie sociale marocaine, autrement dit, au-delà d’ une certaine forme "d'ethnologie picturale". Cette seule et unique tendance, qui a duré au-delà de l'indépendance du Maroc, a pour principaux représentants Mohamed ben Ali R'Bati, Abdelkrim Ouazzani, Moulay Ahmed Drissi et Ben Allal.

Technique mixte

L'enseignement des arts plastiques au Maroc verra le jour en 1945, avec la création de l'Ecole des Beaux Arts de Tétouan - ville sous protectorat espagnol - et celle de Casablanca en 1950. Après l'indépendance et notamment dans les années 60, la pratique picturale marocaine connaîtra un nouvel élan, tant sur le plan de la vision artistique que celui de l'expression.

L'artiste-peintre, qu'il soit autodidacte ou armé d'une solide formation académique en France et en Espagne, s'investira d'un rôle majeur sur la scène culturelle, à savoir celui d'être à la fois l'incontournable relais d'opinion et le médium d'une culture nationale spécifique et ouverte. D'où l'émergence d'une entité plastique marocaine, multiple de par ses formes d'expression avec pour précurseurs Ahmed Cherkaoui et Jilali Gharbaoui, l'un travaillant sur le signe dans la culture populaire et l'autre sur l'abstraction.

peinture à l'huile

Concernant les galeries d'art, le besoin en est grand, puisqu'à côté de la Galerie Nationale Bab Rouah de Rabat et de la Salle Allal El Fassi, sise au siège du ministère de la Culture, d’autres salles d'exposition privées se multiplient çà et là avec une concentration essentiellement sur l'axe Rabat - Casablanca.

A noter enfin que l'Association Marocaine des Artistes Plasticiens (AMAP) a été créée dans les années 70 pour ordonner et défendre les intérêts de la pratique picturale et de ses dignes représentants.

technique mixte

Mohamed El jerroudi

Le poète qui a écrit avec avidité.

Pablo Neruda

Il reste que je ne suis qu'un homme, mais plusieurs vous diront quel homme j'ai été. J'ai toujours lutté pour le peuple et les droits de celui-ci de se gouverner lui-même, j'en ai frôlé la mort plus d'une fois et j'ai même dû me sauver de chez moi pour de longues années. Mais toujours j'ai écrit et aimé la vie. Mon oeuvre a fait le tour du monde et je suis devenu un symbole pour une jeunesse pleine de vie. Les élèves aimeront mon Chant général où je tente de faire sentir toute la beauté du monde. J'aime la vie et le monde. J'ai été heureux dans ma lutte incessante. Notez cher lecteur qu'un film fut fait sur mes relations avec un postier lors de mon exil en Italie, un film merveilleux de tendresse mettant en vedette Philippe Noiret: Il Postino

D'origine modeste, Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto, est né le 12 juillet 1904 à Parral, au Chili. Son enfance, très proche de la nature, a pour cadre Temuco, petite ville de l'Araucanie. Dès l'adolescence, et pendant ses études dans la capitale Santiago, il écrit avec avidité. Depuis 1923, date de Crépusculaire (Crepusculario), les oeuvres se succèdent au long d'une vie marquée par les voyages, l'errance, l'exil: «Ainsi toute ma vie, je suis allé, venu, changeant de vêtements et de planète.»

À partir de 1927, Pablo Neruda occupe plusieurs postes consulaires: Rangoon, Colombo, Batavia, Buenos Aires.

En 1935, il est à à Madrid, la veille de la guerre civil.

En 1940, après un séjour au Chili, Neruda est nommé, consul général au Mexique. La peinture des grands muralistes, Orozco, Rivera, Siqueiros, n'est pas sans influence sur Le Chant général (Canto general) qu'il compose alors.

En 1945, le poète est élu sénateur des provinces minières du nord du Chili; la même année, il adhère au Parti communiste mais les persécutions du président de la République, Gabriel González Videla, l'obligent à fuir son pays. À nouveau, les voyages se multiplient aux quatre coins du monde.

En 1950, Neruda obtient le prix Staline de la paix.

En 1970, il est nommé ambassadeur du Chili, sous le gouvernement socialiste du président Allende

Le 21 octobre 1971, il reçoit la consécration du prix Nobel de littérature. Dans le discours qu'il prononce à Stockholm, le poète évoque avec tendresse les frères inconnus qui l'aidèrent à franchir les Andes alors que sa tête était mise à prix dans son propre pays (1949). Réaffirmant « qu'il n'y a pas de solitude inexpugnable et que le poète n'est pas «un petit dieu», Neruda se rallie à la prophétie de Rimbaud: «À l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes», en laquelle il voit la proclamation d'un avenir certain.

En 1972, il prononce devant le Pen Club International un discours dénonçant le blocus américain contre le Chili. Géographie infructueuse (Geografía infructuosa, 1972) paraît en mai à Buenos Aires: pressentant sa proche agonie, le poète s'interroge sur sa vie et sur son oeuvre poétique. Renonçant à son poste, il quitte la France le 20 novembre 1972 et rentre au Chili avec Mathilde Urrutia. Son peuple l'accueille triomphalement à Santiago. Ses oeuvres, au fil des ans, n'ont pas cessé de voir le jour, tout imprégnées des péripéties d'une vie tumultueuse et généreuse: «Je déclare ici que personne n'est passé près de moi qui ne m'ait partagé. J'ai brassé jusqu'au coude et rebrassé dans une adversité qui n'était pas faite pour moi dans le malheur des autres.»

En 1973, Neruda participe à la campagne pour les élections de mars en écrivant Incitation au nixonicide et éloge de la révolution chilienne (Incitación al nixonicidio y alabanza de la revolución chilena, 1973); tout en chantant l'Océan et Quevedo, il fustige dans de courts pamphlets les «politicards» et les «larrons». Le 11 septembre, un putsch militaire renverse le gouvernement de l'Unité populaire. Allende est assassiné à la Moneda.

Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda meurt à Santiago. Ses obsèques se déroulent en présence de l'armée: des chants jaillissent de la foule, témoignant, par-delà la mort, du pouvoir subversif de la poésie.

  • Bibliographie
  • Electre et Gallimard (Archives)
  • Influence de la France et de l'Espagne sur la littérature 1997 Caractères
  • Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée 1998 Gallimard
  • Né pour naître 1996/1996 Gallimard
  • La centaine d'amour 1995 Gallimard
  • J'avoue que j'ai vécu 1997 Gallimard
  • Les vers du capitaine 1984 Gallimard
  • Chant Général 1984 Gallimard
  • La rose détachée et autres poèmes 1982 Gallimard
  • Les premiers livres 1982 Gallimard
  • Les premiers livres (vers et proses) 1979 Gallimard
  • Splendeur et mort de Joaquim Murieta 1978 Gallimard
  • Mémorial de l'île noire 1977 Gallimard
  • Odes élémentaires 1974 Gallimard
  • L'épée de flammes 1973 Gallimard
  • Incitation au nixonicide et Éloge de la révolution chilienne, 1973 adaptation de Marc Delouze (Éditeurs français réunis).
  • Résidence sur la terre 1972 Gallimard
  • Les pierres du ciel, 1972 Gallimard
  • Les pierres du Chili 1972 Gallimardv Vaguedivague 1971 Gallima
  • L'Espagne au coeur 1938 Denoël

Extrait de la chronologie d'Europe (1974) établi par Jorge Sanhuesa et publié dans le numéro: Ecrivains de langue espagnole, de mars-avril 1964.

«La terreur sanglante s'abat sur le Chili, tandis que les partis de gauche, la Centrale syndicale, le Congrès et les autres institutions constitutionnelles sont dissous, les universités militarisées, et les partis de droite eux-mêmes, suspendus. Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda qui, depuis le 11, était en résidence surveillée et dont les maisons de Santiago et d'Isla Negra, avaient été plusieurs fois perquisitionnées et saccagées, meurt, dans sa soixante-dixième année. Officiellement d'un cancer.»

Mohamed El herroudi

MOHAMMAD IQBAL

(1873-1938)

De son séjour en Europe, au début du 20ème siècle, de son dialogue avec la pensée occidentale (Nietzsche et Goethe), Mohammad Iqbal a retenu pour lui-même et ses contemporains musulmans que "l'originalité est le fondement de la création" et que "la vie ne se réforme pas au moyen de l'imitation." Tel est le message qu'il n'a cessé de développer dans une œuvre qui intéresse cependant aussi bien l'Orient que l'Occident. Car sa critique révolutionnaire de la pensée occidentale, au sens copernicien du terme, s'accompagne d'une volonté de "reconstruire la pensée religieuse de l'Islam", sous le signe unique de l'Amour, qui est, lui, d'Orient et d'Occident : "Quand l'amour accompagne l'intelligence, il devient l'architecte d'un autre univers."

"L’homme de Dieu tombe du ciel comme l'éclair: le bois qu'il embrase, ce sont les villes et les plaines d'Orient et d'Occident. Nous sommes encore plongés dans les ténèbres de la création : mais lui coopère à l'oeuvre du Créateur. Il est Moïse, il est Jésus, il est Abraham, il est Mohammad, il est le Livre et Gabriel. C'est le soleil de l'univers des hommes au coeur pur. D'abord, il te brûle dans son feu, puis il t'enseigne la souveraineté. C'est sa brûlure qui fait de nous des hommes à l'âme limpide; sinon, nous ne sommes que les ébauches à demi effacées de la Création."

  • L'Orient et l'Occident

"Pour les Occidentaux, c'est l'intelligence qui organise la vie; pour les Orientaux, l'amour est le secret de l'univers. L'intelligence reconnaît Dieu par le moyen de l'amour, les oeuvres de l'amour trouvent en l'intelligence un fondement solide. Quand l'amour accompagne l'intelligence, il devient l'architecte d'un autre univers! Lève-toi, et dessine un monde nouveau, unis l'amour à l'intelligence. La flamme des Européens s'affaiblit, leurs yeux sont clairvoyants, mais leurs coeurs sont morts. Ils se sont blessés avec leurs propres armes, ils se sont tués à demi, ils sont devenus leur propre proie! Ne cherche pas la ferveur et l'ivresse dans leurs vignes, il n'y a pas pour eux d'avenir dans leurs cieux. La brûlure de la vie provient de ton feu, ton oeuvre est de créer un nouvel univers!"

  • Le cri de la Beauté éternelle

"Le calame de Dieu, parmi les images de beauté et de laideur, a dessiné pour chacun de nous celle qui lui convient. Qu'est-ce qu'« être », le sais-tu, ô homme noble? C'est participer à la beauté de l'Essence divine. Créer? C'est rechercher l'Aimé, c'est s'ouvrir soi-même à l'autre! Toute cette multitude tumultueuse d'êtres sans Notre Beauté ne serait jamais venue à l'existence! La vie est éphémère aussi bien qu'éternelle, elle n'est que créativité et brûlant désir! Es-tu vivant? Alors sois brûlant de ferveur, sois créateur, embrasse comme nous tous les horizons de l'univers. Renverse et brise tout ce qui n'est pas digne de toi, des profondeurs de ton être fais surgir un monde nouveau! Pour un homme libre, il est pénible de vivre dans le monde d'autrui. Celui qui ne possède pas de pouvoir créateur à Mes yeux n'est qu'un impie et un hérétique! Il ne participe pas à Ma Beauté, il n'a pas goûté aux fruits de la vie! 0 homme de Dieu! Sois acéré comme le glaive, sois toi-même l'arbitre de ton propre univers!"

"La force de la Foi vient de l'unité, et l'unité, si elle se manifeste, donne un peuple." MOHAMMAD IQBAL

Mohamed El jerroudi

Darfour

La crise humanitaire dans la région du Grand Darfour au Soudan

Depuis le déclenchement des hostilités en février 2003, le Darfour – l’une des régions les plus pauvres du Soudan – est devenue le théâtre de la crise humanitaire la plus importante au Monde, selon les Nations unies. La situation demeure toujours extrêmement préoccupante et, de l’avis de la plupart des experts, pourrait connaître une nouvelle détérioration. On estime que cette crise a entraîné entre 180.000 et 300.000 morts. Environ 2,5 millions de personnes sont affectées par la crise, soit plus d'un tiers de la population totale du Darfour. 1,8 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du Darfour, et plus de 200.000 ont traversé la frontière, fuyant vers le Tchad. De graves violations des droits de l’homme ont été signalées par les Nations unies et les organisations des droits de l’homme.

Les organisations humanitaires ont encore des difficultés pour accéder aux personnes qui ont besoin d’aide. Ceci est dû à l’insécurité, à la très mauvaise infrastructure routière, à la taille du territoire concerné (globalement équivalent à la France), et à l’actuelle saison des pluies. Selon les Nations unies, les besoins dans la plupart des secteurs (nourriture, abris, accès à l’eau potable et aux soins de santé) ne sont que partiellement comblés.

Attente de l'approvisionnement en eau - Darfour - Soudan

La Commission européenne a expressément demandé au gouvernement soudanais de respecter ses obligations en matière de protection de ses propres citoyens, notamment en désarmant et en poursuivant devant les tribunaux les groupes armés agissant contre les civils. La Commission européenne a aussi fourni des fonds aux organisations qui ont un mandat international pour protéger les personnes vulnérables. A la suite du cessez-le-feu signé par le gouvernement et les forces rebelles en avril 2004, la Commission s’est engagée à fournir 92 millions d’euros pour appuyer les opérations de maintien de la paix, menées sous l’égide de l’Union africaine.

La réponse d'ECHO à ce jour cible les personnes affectées par le conflit dans la région du Darfour et les réfugiés installés Tchad,reçoit une idifférence meurtière de la communnaité internationnale ...! La crise a fait plus de 500 000 victimes jusqu'à présent .C'est pas trop.?

Mohamed El jerroudi

Pseudonyme d'Adonis .

Adonis

Saïd naît à Qassabine près de Lattaquié au nord de la Syrie le 1 janvier 1930. Saïd commence à travailler dans les champs jeune mais son père l'incite aussi à apprendre la poésie. En 1947, contre l'avis de ses parents, il se rend à la ville voisine où il trouve le président syrien Choukri al-Kouwatli. Adonis, alors âgé de douze ans seulement, veut se joindre à l'assemblée des poètes locaux pour honorer le président mais on l'écarte. En insistant il capte l'attention de ce dernier, qui demande à l'entendre. Il proclame sa prose et subjugue toute la foule. Le président décide alors de lui payer sa bourse. Il part à l'école, au lycée français de Tartous(en 1942), puis à Lattaquié où il obtient son baccalauréat en 1949, c'est également à cette époque qu'il prend le pseudonyme d'Adonis lors de la publication de quelques poèmes. Il entre ensuite à l'Université syrienne de Damas qu'il quitte en 1954 avec une licence de philosophie.

En 1955, il est emprisonné six mois pour appartenance au Parti nationaliste syrien, un parti qui préconise une grande nation syrienne au Moyen-Orient. Après sa libération en 1956, il s'enfuit pour Beyrouth au Liban où il fonde avec le poète syro-libanais Youssouf al-Khal dans les années 60, la revue Chi'r (ou Chiir qui signifie Poésie): le manifeste d'une libération inconditionnelle de la tradition et d'un élan vers l'internationalisation de la poésie. Adonis abandonne peu à peu son nationalisme militaire pour le panarabisme alors très en vogue avec la montée des partis Ba'as. Il choisit la nationalité libanaise en 1962. Adonis se consacre aussi plus principalement à ses activités littéraires qu'à ses activités politiques. En 1968, il fonde la revue Mawâkif (Positions) qui se montre être un espace de liberté en même temps qu'un laboratoire de rénovation « destructurante » de la poésie — aussitôt interdite dans le monde arabe. C'est là qu'il traduit en arabe Baudelaire, Henri Michaux, Saint-John Perse et en français Aboul Ala El-Maari. Adonis cherche le renouvellement de la poésie arabe contemporaine en s'appuyant sur son passé glorieux mais aussi en regardant la richesse de la poésie occidentale.

Suite à la guerre civile libanaise, il fuit le Liban en 1980 pour se réfugier à Paris à partir de 1985. Il est le représentant de la Ligue arabe à l'UNESCO.

Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grand poète arabe vivant. Il est un influent autodidacte, voire iconoclaste, quant à la réévaluation critique de la tradition poétique arabe vis-à-vis des pressions intellectuelles, politiques et religieuses du monde arabe actuel, l'exemple le plus frappant étant la Prière et l'Épée : essai sur la culture arabe. Son œuvre révèle plusieurs thèmes : injustice, dictature, guerre, misère... Il prend les évènements pour en faire des mythes mais on ne peut pas le classer dans les poètes engagés. Le Temps des villes démontre une connaissance exacerbée des grandes métropoles du monde arabe moderne. Il a pris position dans Al Hayat contre le port du voile.

Mohamed El jerroudi

Changer le monde...!

André Breton

Poète français

Né à Tinchebray le 18 février 1896 Décédé à Paris le 28 septembre 1966

Né avec le XXè siècle, André Breton traverse la Première Guerre mondiale dans les services de santé de l'armée. C'est alors qu'il entre en correspondance avec Guillaume Apollinaire et rencontre bientôt Louis Aragon et Philippe Soupault avec lesquels il fonde la revue Littérature en 1920.

Soutenant d'abord le mouvement Dada de Tristan Tzara, c'est en 1924 qu'il donne sa véritable identité au surréalisme, grâce à son 'Manifeste', et en devient la figure de proue. Un temps membre du parti communiste (1927-1935) se reconnaissant dans le 'changer le monde' de Marx, ce qu'il cherche, surtout, c'est à abolir les frontières entre l'imaginaire et la réalité, à se libérer de la 'dictée de la pensée' (écriture automatique) , et veut 'brouiller l'ordre des mots' comme il l'affirme dans 'Point du jour' (1934).

L'atelier d'André Breton, 42 rue Fontaine.

Novateur et puissant, le surréalisme prend une ampleur internationale, et, malgré l'exil de Breton aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et les divergences nées au sein du groupe, le mouvement marque de sa trace les années 50. Et le charisme et l'oeuvre de Breton entrent dans la légende.

Mohamed El jerroudi

Zorba le grec

Anthony Quinn

Réalisateur, Acteur, Producteur, Coproducteur, Producteur exécutif américain

Né le 21 Avril 1915 à Chihuahua (Mexique) Décédé le 3 Juin 2001 à Boston, Massachussetts (Etats-Unis)

Anthony Rudolfo Oxaca Quinn, fils d'un peintre-toréador irlandais qui devait, ensuite, devenir cameraman à Hollywood et d'une mexicaine; naît à Chihuahua, une petite ville mexicaine en pleine révolution. Il grandit dans les banlieues pauvres d'une Los Angeles encore peu latino. Se destinant à la prêtrise, à 16 ans, Anthony Quinn prêche dans des meetings "revivalistes". Il abandonne sa vocation et devient chauffeur, contremaître et boxeur, avant de partir pour les États-Unis en 1936, ayant appris que Cecil B. DeMille recherchait des acteurs indiens pour figurer auprès de Gary Cooper. Il se rend aux auditions, est engagé dans Pacific Express et fait la connaissance de la fille adoptive du réalisateur et l'épouse. Par la suite il tourne avec son beau-père Une aventure de Buffalo Bill et Les Boucaniers, dont il fera un remake en 1958 supervisé par Cecil B. DeMille lui-même. Se contentant d'emplois secondaires (Indiens ou Mexicains) jusqu'en 1947, son interprétation de Stanley Kowalski dans Un tramway nommé désir à Broadway qui lui apporte la notoriété.

Anthony Quinn symbolise l'ascension d'un métisse, l'une des premières stars au sang mêlé d'Hollywood. Cette allure à la fois latino et américaine lui permettent d'interpréter toutes les minorités ethniques, que ce soient arabe, amérindien, italien, grec, mexicain, basque et même bossu...C'est aussi son passeport pour toutes les aventures et tous les cinémas : Henri Verneuil, George Cukor, Jean Delannoy, Tony Scott... du péplum à l'épopée, de la comédie au western, de la série TV (Onassis) au polar série B. Son regard intense et fou, cet air méchant et imprévisible fascinent nombre de réalisateurs.

Il a fallu du temps pour explorer son registre et surtout lui donner ses deux personnages mythiques : Zampano en 1954 chez Fellini et Zorba le grec en 64 chez Michael Cacoyannis . Quinn fait souvent le grand écart d'une grosse production sans intérêt à un chef d'oeuvre du 7ème Art, surtout, entre les années 50 et le milieu des années 60. Ce mercenaire du cinéma, obtient un rôle en 1952 dans Viva Zapata !d'Elia Kazan . Il est Eufemio, le frère de Marlon Brando (alias Zapata), premier Oscar du meilleur second rôle masculin pour Quinn, tandis que Brando repart bredouille.

En 1954, il maestro Federico Fellini l'engage pour le rôle de Zampano, aux côtés de Giulieta Masina. La Strada est Oscar du meilleur film étranger. Quinn y est une force de la nature, qui se révèle à un public intellectuel. Deux ans après, il sera l'effroyable et sensible Quasimodo dans Notre-Dame-de-Paris , et la même année, Paul Gauguin, le peintre ami de Van Gogh (interprété par Kirk Douglas) dans La Vie passionnée de Vincent Van Gogh. Les gros succès s'enchaînent, il devient une star de films d'action. En 1962, David Lean enrôle un casting de rêve pour son chef d'oeuvre, Lawrence d'Arabie. Quinn se transforme en bédouin râleur et cupide, courageux et loyal. Mais c'est en 1964 que Anthony Quinn devient à jamais Zorba le grec , rôle clé de sa carrière. Film nommé 7 fois aux Oscars.

A la fin de sa carrière, il joue surtout des rôles de "patriarche" (Don Angelo est mort L'Heritage, L'Empire du Grec) et apparait dans quelques grosses productions aux côtés de Schwarzenegger, Keanu Reeves, ou Sylvester Stallone avec qui, il interpréte son dernier rôle au cinéma dans Mafia love. Des rôles en demi-teinte mais sans importance tant sa carrière est impressionnante. Près de 200 rôles, que ce soit sur grand ou petit écran, et au théâtre...

Mohamed El jerroudi

Les mots sont les nôtres

Mohammed Dib

Mohammed Dib, né en 1920 à Tlemcen, en Algérie et mort le 2 mai 2003 à La-Celle-Saint-Cloud, est un des grands écrivains de langue française.

Installé en France depuis 1959, il fut l'ami d'Aragon, de Guillevic. Aragon écrivait en préface à son recueil Ombre Gardienne : « Le singulier de l'affaire c'est qu'ici je ne me trouve point devant une poésie traduite, les mots sont les nôtres, les miens. »

Poète – Prix Stéphane Mallarmé –, romancier – Grand prix du Roman de la Ville de Paris –, essayiste, auteur de nouvelles, de contes et de pièces de théâtre, son œuvre, vaste et intense, a été couronnée par le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française.

La Différence a publié de lui :

  • L'Enfant-Jazz, 1998 ;
  • Le Cœur insulaire, 2000 ;
  • Feu beau feu, 2002 ;
  • Les Terrasses d'Orsol, 2002 ;
  • L.A. Trip (2003) ;
  • Le Sommeil d'Ève (2003) ;
  • Ombre gardienne (2003) ;
  • Neiges de marbre (2003).

Mphamede El jerroudi

Pour une pincée de sel.

Gandhi

Mohandas Karamchand Gandhi est né le 2 octobre 1869 à Porbandar dans l'état du Gujarat. Il est issu de la caste des Vayshia et sa famille est relativement aisée. Enfant, sa mère lui inculque les valeurs hindouistes mais il apprend aussi à connaître les autres religions et la tolérance à leur égard. C'est sans doute pendant cette période que se forgent les convictions morales de Gandhi.

Conformément aux coutumes de sa caste, sa famille le marie à 14 ans avec Kasturbai qui restera son épouse toute sa vie. En grandissant Gandhi devient convaincu qu'il ne sera quelqu'un qu'en rompant avec les coutumes de l'Inde et en copiant le style de vie des anglais. C'est donc logiquement qu'il s'embarque pour l'Angleterre en 1888 en laissant femme et enfant pour y faire ses études de droit.

C'est paradoxalement à Londres que Gandhi lit les principaux textes de l'hindouisme, notamment la Baghavad-Gita qui l'influencera profondément. Il découvre aussi la vie de Bouddha, Jésus, Mahomet et fait la connaissance des théosophes anglais. Après trois années en Angleterre et son diplôme d'avocat en poche, Gandhi rentre en Inde. Malheureusement sa vie professionnelle s'enlise et il reste tiraillé entre ses racines hindoues et son attirance pour la bourgeoisie occidentale. En 1893 une entreprise indienne lui propose de se rendre en Afrique du Sud pour y défendre ses intérêts lors d'un procès. Gandhi accepte. Il ne le sait pas encore, mais c'est le tournant de sa vie.

Dès son arrivée là-bas il est confronté à la discrimination raciale. Expulsé d'un train il s'aperçoit très vite que les britanniques et le boers dominent sans partage les populations noires et immigrées (à cette époque 100 000 indiens vivent en Afrique du Sud). Il est choqué de voir que les sujets de l'empire britannique ne sont pas traités de la même manière suivant la couleur de leur peau.

En 1894, à l'issu du procès, gagné, pour le lequel il était venu, Gandhi décide de lutter contre une loi visant à interdire aux indiens le droit d'élire des représentants à l'assemblée de l'état du Natal. Il fait signer une pétition à 10 000 personnes et obtient le retrait du projet de loi. Gandhi avait surtout réussi à faire prendre conscience aux indiens qu'il fallait s'unir. Devenu populaire, Gandhi décide de poursuivre le combat. En 1896 il va chercher sa femme et ses enfants en Inde et revient en Afrique du Sud. Il travaille comme avocat jusqu'en 1899. La guerre des Boers éclate alors et Gandhi appelle ses compatriotes à soutenir les anglais.

En 1906 une nouvelle loi ségrégationniste est votée au Transvall. Elle enjoint les asiatiques à se faire inscrire sur des listes destinées à contrôler de près leurs activités. Gandhi réussit à convaincre 3000 délégués de ne pas se soumettre à la nouvelle loi et de résister quel qu'en soit le coût, mais sans violence. Gandhi est arrêté et incarcéré pendant six mois. En 1909 il publie "Hind Swaraj", livre dans lequel il développe les théories du combat par la non-violence : la satyagraha. Pendant huit ans, Gandhi ne cessera de s'opposer aux lois ségrégationnistes et au Général Smuts ce qui lui vaudra d'autres séjours en prison. Finalement, le 30 juin 1914, Smuts et Gandhi signent un accord sur l'abrogation d'une grande partie des lois raciales. Le 18 juillet 1914 Gandhi quitte l'Afrique du Sud pour toujours et rentre en Inde. Il décide, dès son retour, de partir à la découverte de son pays natal. Son périple dure un an à l'issue duquel il établit un ashram près d'Ahmedabad. Son nom est désormais associé à la lutte contre l'injustice. C'est pourquoi, début 1917, Gandhi se rend au Bihar à l'appel des cultivateurs de l'indigo exploités sans vergogne par les industriels anglais. Devant les risques d'émeutes, le gouvernement donne satisfaction aux planteurs.

À peine rentré à Ahmedabad, Gandhi soutient un mouvement de grève des ouvriers textiles et utilise, pour la première fois, le jeûne pour faire pression sur les patrons et pour marquer son entière solidarité avec les grévistes. À la fin de la première guerre mondiale, pendant laquelle Gandhi avait appelé au soutient de l'effort de guerre, il présente aux britanniques ses premières revendications d'autonomie pour l'Inde. Le 6 avril 1919, pour impressionner les anglais, Gandhi appelle le peuple à manifester publiquement dans tout le pays et à cesser toute activité. La manifestation est un énorme succès. Le 13 avril, à Amritsar, la population manifeste de nouveau malgré l'interdiction. Le général Dyer ordonne alors à ses hommes de tirer sur la foule pacifique. Le bilan est effroyable : plus de 300 morts et plus de 1000 blessés. Horrifié, Gandhi suspend immédiatement la satyagraha.

En 1920 il repense ses moyens d'action. Soutenu par le parti du Congrès et par les musulmans, il appelle à la non coopération avec l'administration britannique et se prononce pour le boycott des produits textiles d'origine européenne. L'Inde tout entière bouge et la tension ne cesse de monter. De nombreux leaders sont emprisonnés et des affrontements ont lieu. Pendant l'un d'eux 22 policiers sont lynchés par la foule. Le Mahatma, comme on l'appelle désormais, décide de mettre fin à toute action.

Il est cependant arrêté puis condamné à 6 ans de prison. Il restera emprisonné 2 ans pendant lesquels le mouvement va sensiblement s'essouffler. À sa sortie de prison Gandhi appelle à la cohésion nationale et il réclame l'égalité sociale pour les intouchables qu'il appelle affectueusement les harijans ("enfants de Dieu"). Il mènera d'ailleurs deux grèves de la faim pour qu'ils puissent entrer dans les temples.

Au début des années 30, Gandhi a retrouvé toute sa fougue. Il bénéficie d'une influence considérable. À chacun de ses mots d'ordre l'Inde s'immobilise. Le 12 mars 1930 le Mahatma entreprend son action la plus célèbre : la marche du sel. Son objectif est de dénoncer le monopole anglais de la vente du sel. Pendant 24 jours et sur 350 km le cortège ne cessera de gonfler. Arrivé à son but Gandhi ramasse une poignée de sel et annonce qu'il commence la désobéissance civile. Il est de nouveau arrêté.

En janvier 1931 le Vice-Roi Lord Irving le fait libérer. Il échange la libération des prisonniers politiques et la fin des lois sur le sel contre la fin de la désobéissance civile et la participation de Gandhi à une conférence organisée à Londres. Celui-ci accepte et en profite pour visiter l'Europe. Cette table ronde ne sera suivie d'aucun changement notable sur la politique indienne d'autant que Churchill arrive au pouvoir avec l'intention d'écraser le Parti du Congrès. Des milliers de militants sont bientôt arrêtés. Gandhi à Marseille

En août 1932 Gandhi est jeté en prison. Les dissensions entre les communautés s'aggravent et les droits des intouchables sont menacés. Le 20 septembre le Mahatma entreprend une nouvelle grève de la faim. Le gouvernement britannique plie devant la menace de la mort de Gandhi devenu très populaire en Europe. En 1934 Gandhi se retire de la politique en tant que telle, préférant la laisser aux jeunes leaders du Congrès dont Nehru. Il continue en revanche de se battre pour la cohésion entre les communautés et pour l'éducation des masses, ce qui lui vaudra l'inimitié des extrémistes hindous. Cette année là, Gandhi échappe à la première des cinq tentatives d'assassinat dont il fera l'objet.

Lors des élections de 1937, le Congrès obtient la majorité écrasante au parlement indien. Dès lors la marche vers l'autonomie et l'indépendance semble inéluctable. Lorsqu'éclate la seconde guerre mondiale en 1939, Gandhi refuse de s'engager aux côtés des anglais. Il affirme que seule une Inde indépendante pourrait contribuer à la lutte contre les nazis. En 1942 il lance même son fameux slogan "Quit India". Il enjoint les britanniques à partir au plus vite et relance le mouvement de désobéissance civile. Lui et les dirigeants du Congrès sont arrêtés après que des émeutes aient éclaté. Sa femme Kasturbai meurt lors de sa détention. En 1944 Churchill le fait libérer.

Jinnah et Gandhi

Après la guerre les travaillistes d'Atlee arrivent au pouvoir en Angleterre. Le Premier Ministre est bien décidé à mener le processus d'indépendance à son terme. Lord Mountbatten est nommé Vice-roi avec cette mission. C'est alors que les communautés musulmane et hindoue se déchirent. La Ligue Musulmane de Mohammed Ali Jinnah ne cesse en effet de réclamer la création d'un état indépendant à majorité musulmane.

Gandhi, lui, reste attaché plus que tout à l'unité de l'Inde. Jinnah refuse de participer au gouvernement provisoire de Nehru et appelle à une journée d'insurrection le 16 août 1946. Elle se solde par des milliers de morts dont au moins 5000 à Calcutta. Gandhi use de toute son influence pour éviter la partition mais le 15 août 1947 Lord Mountbatten annonce l'indépendance de deux nouvelles nations : le Pakistan et l'Inde.

On assiste alors à l'exode meurtrier de plusieurs millions de personnes. Les sacs, les meurtres, les règlements de compte en tous genres feront entre un et deux millions de victimes. Épouvanté par la situation, notamment à Calcutta, Gandhi décide de jeûner jusqu'à la mort. Nehru fait alors tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin aux massacres. Il y parvient d'extrême justesse et Gandhi se nourrit à nouveau. Pourtant la colère des extrémistes n'est pas retombée. Ceux du côté hindou notamment tiennent rigueur à Gandhi de sa trop grande mansuétude à l'égard des musulmans.

Le 30 janvier 1948, l'un d'eux, Nathuram Godse, l'abat à Delhi. "Hé Ram" seront les dernières paroles du Père de la Nation. Sa mort provoque une émotion internationale. À Delhi plus de deux millions de d'indiens assisteront à ses funérailles nationales. Aujourd'hui encore l'empreinte de Gandhi est vivante en Inde même si la société juste, égalitaire et non violente dont il avait rêvé reste à construire.

Mohamed El jerroudi

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