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Mohamed El jerroudi

Celuis qui reste accroché aux racines de l'arbre, et qui refuse de monter juqu'à la cime, ne regardera jamais ce qui se passe derrière la montagne.....

La TUNISIE ET LES DROITS DE L'HOMMME.

Les autorités tunisiennes se sont insurgées mercredi contre des déclarations "intempestives et incongrues" du maire de Paris, le socialiste Bertrand Delanoë, qui a appelé "au respect strict des droits de l'Homme en Tunisie".

Les propos de M. Delanoë ont également provoqué le retrait de cinq villes de l'Association internationale des maires francophones (Aimf), qu'il dirige.

Le maire de Paris a appelé mardi "au respect strict des droits de l'Homme en Tunisie", en pleine polémique sur l'incarcération du journaliste Taoufik Ben Brik, et s'est inquiété d'une "dérive préoccupante".

"Ces propos ne concernent nullement la Tunisie, qui ne se reconnaît pas dans sa description alarmiste et totalement erronée", ont réagi les autorités dans un communiqué transmis mercredi à l'AFP.

Estimant "bien difficile de comprendre ce qui justifie les déclarations intempestives et incongrues" du maire de Paris, les autorités tunisiennes ont évoqué un souci de" pure politique intérieure française".

"On comprend difficilement qu'il s'agisse de la Tunisie, pays que M. le maire est présumé connaître et qu'il visite régulièrement", ont-elles affirmé.

"En quelle qualité intervient-il? Se serait-il érigé en censeur ou en tuteur de la Tunisie pour s'inquiéter de la sorte?", s'insurgent-elles, assurant que "la Tunisie est un Etat de droit où le respect des droits de l'Homme est une réalité tangible".

Selon Tunis, le maire de Paris "semble être abusé par l'une des versions présentée par certains spécialistes de la manipulation médiatique à propos d'un banal fait divers (...)".

Le communiqué ne mentionne nullement le nom de Taoufik Ben Brik, critique virulent du régime, incarcéré pour agression contre une automobiliste.

Par ailleurs, les maires de Tunis et de 4 autres villes dont Bizerte (ville natale de M. Delanoë) ont qualifié d'"injustifiées" et "inadmissibles" les déclarations du maire de Paris.

Dans un communiqué, ils déclarent "désormais impossible de continuer à faire partie" de l'Aimf, association présidée par M. Delanoë et dont le maire de Tunis, Abbès Mohsen, est le secrétaire général.

 

SOURCE;2009 AFP

 

*Mohamed el jerroudi

Atiq Rahimi ou la pierre magique.

Le Goncourt 2008 a été décerné lundi,à Atiq Rahimi pour "Syngué sabour". L'écrivain afghan est récompensé pour son 1er roman écrit en français. Tierno Monénembo remporte, lui, le Prix Renaudot pour "Le roi de Kahel".

Les deux prix, dont la proclamation marque le point d'orgue de la saison des distinctions littéraires, vont donc à deux romanciers qui ont pour points communs leur origine étrangère et le fait qu'ils ont fui leur pays respectif et ses violences politiques.

Ecrivain et cinéaste d'origine afghane, Atiq Rahimi a obtenu le plus prestigieux des prix littéraires de l'automne au second tour, par 7 voix contre 3 pour Michel Le Bris et son livre "La beauté du monde". "Je le prends comme un signe de reconnaissance pour une oeuvre et aussi pour l'histoire que j'ai vécue", a réagi cet auteur de 46 ans, qui a aujourd'hui la double nationalité française et afghane.

Une pierre magique

Dans la tradition afghane, "Syngué sabour" est le nom d'une pierre magique à laquelle les gens confient leur détresse. Dans le livre de Rahimi, une femme veille son mari réduit à l'état végétatif depuis qu'une balle s'est logée dans sa nuque. La femme parle et se libère de l'oppression conjugale et religieuse.

Dans ce livre de poète, bref, d'une écriture sèche, avec des phrases courtes et rythmées, Rahimi décrit la réalité oppressante de la société afghane et la conception de l'islam qui y prévaut. La ministre de la Culture Christine Albanel a salué "un livre simple, nu et bouleversant", qui "nous touche au coeur".

Le prix Renaudot a été attribué avec beaucoup plus de difficultés à Tierno Monénembo, puisqu'il a fallu 11 tours pour couronner son livre "Le roi de Kahel". Tierno Monénembo, 61 ans, est un écrivain africain francophone de réputation internationale. Il a quitté son pays, la Guinée, à la fin des années 1960 pour fuir la dictature de Sekou Touré. Il a obtenu cinq voix contre quatre pour Elie Wiesel et son livre "Le cas Sonderberg".

*Mohamed El jerroudi

Jean-Marie Gustave Le Clézio

 Agé de 68 ans,Jean-Marie Gustave Le Clézio  est le 14è Français a avoir le prix Nobele de littérature de l'année 2008.

Titulaire d'un doctorat sur l'histoire ancienne du Mexique à l'université de Perpignan en 1983, il a enseigné dans plusieurs universités -Bangkok, Mexico, Boston, Austin, Albuquerque notamment-et ses longs séjours au Mexique et en Amérique centrale entre 1970 et 1974 ont eu une importance marquante pour son oeuvre.

Comme le souligne l'Académie suédoise dans sa notice biographique, son premier roman "Le procès-verbal", sorti en 1963, va susciter beaucoup d'attention. Cet ouvrage va introduire des "descriptions d'état de crise", dont le recueil de nouvelles "La fièvre" (1965) et "Le déluge" (1966), où l'écrivain dénonce le trouble et la peur inhérents aux grandes villes occidentales.

Le Clézio va très tôt se situer comme un écrivain écologiste engagé, ainsi qu'en attestent les romans "Terra amata" (1967), "Le livre des fuites" (1969), "La guerre" (1970) et "Les géants" (1973).

Sa consécration définitive comme auteur romanesque va intervenir en 1980 avec "Désert", pour lequel l'Académie française lui décerne un prix. Le livre contient des images grandioses d'une culture perdue dans le désert de l'Afrique du nord, qui contrastent avec une description de l'Europe vue à travers le regard des immigrants indésirés.

En parallèle, Le Clézio publie des essais méditatifs -"L'extase matérielle" (1967), "Mydriase" (1973) et "Haï" (1971). Il traduit aussi des grandes oeuvres de la tradition amérindienne, comme "Les prophéties du Chilam Balam".

"Le chercheur d'or" va paraître en 1985, traitant du sujet des îles de l'Océan indien dans l'esprit du roman d'aventures, avant que l'attirance de l'écrivain pour le rêve du paradis terrestre n'apparaisse au cours des dernières années dans des livres tels que "Ourania" (2005) et "Raga: approche du continent invisible" (2006).

Ainsi que le souligne l'Académie suédoise, le "point central" de son oeuvre va se déplacer "de plus en plus en direction d'une exploration du monde de l'enfance et de sa propre histoire familiale". En témoignent "Onitsha" (1991), "La quarantaine" (1995), "Révolutions" (2003) et "L'Africain" (2004), histoire du père de l'écrivain.

"Ballaciner" (2007) est l'un des derniers ouvrages de Le Clézio, qui a aussi écrit des livres pour la jeunesse, dont "Lullaby" (1980) et "Balaabilou" (1985). Avec sa femme Jemia, qu'il a épousée en 1975, l'écrivain se partage depuis les années 90 entre Albuquerque au Nouveau-Mexique, l'île Maurice et Nice.

 

Jean-Marie Gustave Le Clézio est né à Nice le 13 avril 1940. Il est issu d'une famille originaire de Bretagne, qui a émigré au XVIIIè siècle à l’île Maurice. Il garde de ses origines un goût prononcé pour l'errance et n’a jamais cessé d’écrire depuis l’âge de sept ou huit ans. Licencié ès Lettres, il publie son premier roman, LeProcès-verbal, à l'âge de vingt-trois ans : le livre est aussitôt récompensé du prix Renaudot. En 1980, il reçoit le prix Paul Morand décerné par l’Académie française pour Désert, épopée sublime d'une jeune descendante de touaregs, toujours considéré comme son chef-d'oeuvre. Le Clézio a en outre consacré des essais à plusieurs civilisations nomades menacées de disparaître, avec lesquelles il a parfois partagé son existence (Indiens de Panama, Berbères du Maroc...). Son talent de conteur et son style lumineux hissent cet auteur au rang des figures les plus importantes du paysage littéraire français.

Mohamed El jerroudi

TRANSPARENCY.

L'organisation non gouvernementale allemande Transparency International (TI) publie, mercredi, un palmarès annuel de la corruption dans le monde qui permet de constater que, bien souvent, la pauvreté et les conflits sont de formidables vecteurs de corruption.

En effet, la liste des pays les plus corrompus pourrait aisément être confondue avec celle des pays les plus pauvres et les plus politiquement instables. Ainsi, on retrouve tout au bas de la liste de 180 pays la Somalie et le Myanmar, deux nations à l'économie déliquescente qui sont aussi le théâtre de graves agitations.

  • Les pays champions de la corruption

À peine mieux, Haïti, les îles Tonga, le Soudan, le Tchad et l'Afghanistan ressortent comme des pays où la perception des niveaux de corruption est parmi la plus élevée du monde.

Selon la présidente de TI, la Canadienne Huguette Labelle, « lorsque les institutions publiques sont paralysées ou non existantes, des individus sans scrupules se servent des ressources publiques et la corruption règne ».

Toutefois, Mme Labelle estime que les pays les moins corrompus ont néanmoins une grande responsabilité dans les problèmes des autres pays puisque « l'argent de la corruption provient souvent de sociétés multinationales basées dans des pays riches ».

Le Danemark, la Finlande et la Nouvelle-Zélande figurent pour leur part comme les pays les moins corrompus. Le Canada, malmené au cours des dernières années dans la foulée du scandale des commandites, a amélioré son résultat et figure désormais en neuvième position.

L'Indice de perception de la corruption est calculé en se fondant sur 14 enquêtes et sondages différents réalisés par des organismes indépendants auprès d'hommes d'affaires et de spécialistes de 180 pays.

Les partis politiques sont perçus comme étant les plus corrompus" dans 45 des 69 pays ayant fait l’objet d’une enquête auprès de 55000 personnes, affirme l’ONG Transparency International (TI), dans son Baromètre mondial de la corruption 2005, publié vendredi 9 décembre.

"Globalement, les partis politiques ont été, de loin, perçus comme les institutions les plus corrompues de la société, estime ainsi Transparency International. C’est un chiffre en progression par rapport à l’année dernière, où 36 pays sur 62 avaient cité leur système de partis comme l’institution la plus corrompue." Or, indique l’ONG, la corruption a d’autant plus d’impact sur la vie personnelle des individus qu’ils sont pauvres. 42 % des personnes à bas revenus affirment que la corruption les affecte moyennement ou beaucoup, contre 36 % de celles à revenu élevé, et 54 % des pauvres indiquent qu’elle ne les affecte pas du tout ou un peu, contre 62 % des riches. "Nous estimons que la corruption est un problème majeur dont l’impact le plus sérieux repose sur les pauvres", souligne Huguette Labelle, la présidente de Transparency International.

Le sondage Gallup réalisé pour Transparency International révèle aussi qu’une majorité de personnes (57 %) estiment que la corruption a augmenté au cours des trois dernières années. 27 % pensent qu’elle est restée stable, et 10 % qu’elle a diminué. Ce pessimisme se retrouve quand on évoque l’avenir. 44 % des personnes interrogées pensent que la corruption va augmenter au cours des trois prochaines années, 30 % qu’elle va rester la même, et 19 % qu’elle va diminuer. Paradoxalement, "l’Afrique se distingue par son optimisme relatif", souligne Transparency International. Or, regrette Huguette Labelle, "si les gens sont pessimistes, ils ne vont pas avoir le sentiment qu’ils peuvent faire quelque chose" contre la corruption.

Aucune région du monde n’échappe à la règle, hormis l’Afrique, où la police arrive en tête, juste devant les partis politiques. "Six des huits pays africains participant" à l’enquête ont désigné la police comme l’institution la plus corrompue de la société, affirme ainsi Transparency International. Le Cameroun, le Ghana et le Nigeria arrivent en tête de liste. Selon les régions, outre les partis politiques, les institutions les plus corrompues sont les Parlements ou la police, puis viennent les systèmes judiciaires, les douanes et les administrations fiscales.

Les pays développés et leur système démocratique ne sont pas épargnés. Parmi les pays à revenus élevés "où les partis politiques ont été classés comme l’institution la plus corrompue", Transparency International cite notamment l’Allemagne, le Canada, l’Espagne, les Etats-Unis, la Finlande, la France, Israël, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, la Suisse et le Royaume-Uni. Parmi ceux à revenu intermédiaire inférieur figurent la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, la Roumanie, la Colombie, le Pérou, l’Indonésie, les Philippines et la Thaïlande. En Europe occidentale, les partis politiques sont suivis par le pouvoir législatif, ainsi que les secteurs des affaires et les médias.

Enfin, "si les ONG et les institutions religieuses sont perçues commes les institutions les moins corrompues (...), certains pays ont exprimé de sérieuses inquiétudes par rapport à chacune d’entre elles", affirme Transparency International, en citant la Turquie pour les ONG, le Japon, la Grèce et Israël pour les institutions religieuses. "Les résultats de cette enquête sont un signal d’alarme", prévient Huguette Labelle. Mais "les choses peuvent changer, indique-t-elle, cela requiert du leadership, de la volonté et de la pression" de la part des opinions publiques.

  • Avec AFP
  • Mohamed El jeroudi

Benazir Bhutto.

La communauté internationale a condamné jeudi l'assassinat du leader de l'opposition pakistanaise et ancien Premier ministre Benazir Bhutto, tout en appelant au calme et à la retenue au Pakistan.

Mme Bhutto, 54 ans, a été tuée jeudi soir dans un attentat suicide à la bombe survenu durant son rassemblement électoral au parc de Liaquat Bagh à Rawalpindi, à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale pakistanaise Islamabad. Au moins 20 personnes ont été tuées dans l'attaque.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a vivement condamné l'assassinat. Il a tenu une réunion d'urgence et publié une déclaration condamnant l'attaque terroriste "en les termes les plus véhéments". Il a également appelé tous les Pakistanais à faire preuve d'une retenue et à maintenir une stabilité dans le pays. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé à comparaître les auteurs en justice le plus tôt possible.

Le président américain George W. Bush, qui a vigoureusement condamné le meurtre, a appelé au téléphone son homologue pakistanais Pervez Musharraf pour discuter de la situation consécutive à l'assassinat.

La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a téléphoné Amin Fahimm, nouveau leader du parti politique de Mme Bhutto, pour exprimer le soutien américain aux élections parlementaires prévues pour le 8 janvier prochain au Pakistan.

Le porte-parole de la Maison Blanche Scott Stanzel a déclaré : "Nous demandons le calme et espérons que les Pakistanais pleureront son décès, célébreront sa vie et s'uniront ensemble".

Pour sa part, le président russe Vladimir Poutine a envoyé un message de condoléances à M. Musharraf, en exprimant son espoir que les assassins de Mme Bhutto seront trouvés et feront face à de sévères punitions", a souligné M. Poutine.

Le ministère russe des Affaires étrangères a demandé à "toutes les forces responsables au Pakistan" de "montrer un auto-contrôle maximum", et d'ignorer les provocations extrémistes.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a condamné le meurtre, en indiquant que c'était "un jour triste" pour la liberté politique et la démocratie.

La chancelière allemande Angela Merkel s'est déclarée "choquée" par l'assassinat, en disant que l'"acte lâche" avait souligné la nécessité de poursuivre la lutte contre le terrorisme et de soutenir ceux qui ont subi ses conséquences.

Le ministre candien des Affaires étrangères Maxime Bernier a déclaré : "Je demande au gouvernement et au peuple pakistanais de continuer à rejeter toutes formes de violence et de résister à ceux qui cherchent à destabiliser leur pays".

Le Premier ministre italien Romano Prodi a affirmé : "La sacrifice de l'ex-Premier ministre Bhutto doit être l'exemple le plus fort pour ceux qui voudraient céder au terrorisme". Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a vivement condamné l'assassinat de Mme Bhutto et exprimé sa choque au sujet d'un tel "crime terroriste odieux".

Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Abul Gheit a également condamné l'attentat à la bombe contre Mme Bhutto, disant qu'il était important pour les factions pakistanaises de se tenir côté à côté contre le radicalisme et le terrorisme.

Le roi de Jordanie Abdullah II a exprimé le soutien de son pays au Pakistan pour qu'il surmonte les conséquences de l'incident.

L'Iran a aussi exprimé sa vive condamnation, en disant que " l'acte terroriste et criminel" était destiné à saboter le calme dans les pays voisins et dans le monde musulman en général.

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a condamné le meurtre et exprimé ses condoléances profondes à la famille de Mme Bhutto et au Pakistan dans son ensemble.

En Afrique, le gouvernement sud-africain a appelé tous les partis au Pakistan et le peuple pakistanais à rester calme pendant cette période très turbulente.

Le président du Sénat nigérian David Mark a condamné l'assissinat, en affirmant que c'était une action inattendue dans un cadre démocratique.

Les gouvernements de nombreux autres pays dont l'Albanie, la Grèce, la Norvège, la Suède, le Danemark, la Belgique, la Finlande, la République tchèque, le Népal, Singapour, Israël et la Syrie, ont également exprimé leur condamnation de ce meurtre.

L'attaque suicide survenue jeudi soir a été la seconde contre Mme Bhutto depuis qu'elle est retournée dans son pays en octobre dernier après huit ans d'exil. La première attaque a eu lieu lors d'un rassemblement d'accueil à Karachi, la plus grande ville du Pakistan peu après son retour, faisant 139 morts.

Mme Bhutto a prêté serment comme le Premier ministre pakistanais en décembre 1988, devenant la première femme à diriger le gouvernement pakistanais. Mais son gouvernement a été dissout en 1990 pour des allégations de corruption. Le père de Mme Bhutto, également un Premier ministre pakistanais, a été pendu par l'armée en 1979.

Réélue en 1993, elle a été encore une fois exclue de ses fonctions trois ans plus tard sous les accusations de pot-de-vin. Elle est allée en exil en avril 1999.

  • Source:toutes les agences de presse
  • Mohamed El jerroudi

Maghreb-

L'UMA a été créée le 17 février 1989 lors d'une réunion à Marrakech des Chefs d'Etats d'Algérie, de Libye, de Mauritanie, du Maroc et de Tunisie. Les institutions de l'UMA se composent du Conseil des Chefs d'Etat, du Conseil des Ministres des Affaires Etrangères, d'un Comité de suivi, d'une Cour de Justice composée de dix membres (deux par pays) compétente pour les différends entre parties ressortissantes de pays membres, d'une Chambre Consultative composée de 30 délégués par pays ainsi que de quatre Commissions ministérielles spécialisées. Son secrétariat n'est pas fixé et suit pour l'instant la présidence qui passe annuellement d'un Chef d'Etat à l'autre. .

Mettant à profit les travaux de la Grande Commission maghrébine, réunie à l'automne 1988, les rédacteurs du Traité constitutif de l'UMA du 17 février 1989 ont tenu, dans le Préambule, à mettre en exergue les liens solidaires qui unissent les peuples du Maghreb Arabe, liens fondés sur la communauté de l'histoire, de la religion et de la langue ; Ils ont certes posé comme finalité, le renforcement des relations entre les Etats membres, mais les rédacteurs du Traité sont allés plus loin encore en prévoyant "la marche progressive vers, la réalisation d'une intégration complète" grâce à laquelle l'UMA disposera d'"un poids spécifique" sur la scène internationale, lui permettant de "participer activement à l'équilibre mondial, à la consolidation des relations pacifiques et au renforcement de la sécurité et de la stabilité dans le monde".

.Mohamed El jerroudi

LANGUE Berbère.

Etrangeté. L’amazigh est essentiellement oral et quotidien. De cette langue séculaire, il restait un alphabet : quelques traces écrites sur des épitaphes… Mohamed Ouagrar a souvent été face à l’absence de mots. Il a été les collecter chez les anciens. « Auprès de ceux qui n’ont qu’une seule langue, un berbère très pur, et qui ne connaissent pas un mot d’arabe » , dit-il . Une démarche qu’avaient suivie Chadia Derkaoui, linguiste, et Zohra Makach, professeure de théâtre à l’université d’Agadir, quand ­elles avaient traduit les Justes en 2004. « La justice, la révolution, sont des concepts que nous avons eu du mal à faire passer en amazigh. Nous étions confrontées à l’étrangeté de notre langue maternelle que nous n’avons jamais apprise… »

La parution prochaine d’ En attendant Godot témoigne du renouveau de la culture amazigh. La langue avait résisté au phénicien, au latin… mais le XXe siècle a bien failli avoir ses mots. « Le cloisonnement géographique des Berbères l’a longtemps sauvée, explique Chadia Derkaoui . Mais avec l’alphabétisation et le développement des moyens de communication, elle est devenue très fragile. Après le protectorat français, le royaume avait une obsession : l’unité. Pas question de permettre l’apprentissage des langues maternelles. » Hassan II étouffe la langue et la culture berbère .

Mais en 2001, Mohamed VI - qui assume une berbérité venue de sa mère - déclare que la langue amazigh est un élément fondamental de l’identité nationale marocaine. L’Institut royal pour la culture amazigh (Ircam) codifie alors la langue à reconstruire. L’amazigh est désormais enseigné dans plusieurs écoles et en septembre dernier, l’université d’Agadir a ouvert un master en langue et culture amazigh. Sur une feuille blanche, Mohamed Ouagrar trace des symboles. Des bâtons, des fourches et des croix. Après 2001, il a bien fallu coucher cette langue sur le papier… et choisir un alphabet. Lettres arabes, solution supportée par les panarabistes et les islamistes, ou latines, option préconisée par les ­chercheurs berbères qui ont souvent fait leurs études en France ? « Pour sortir de l’impasse, l’Ircam a choisi l’alphabet d’origine de la langue amazigh, l’alphabet tifinagh, proche du phénicien », rap­porte Chadia Derkaoui.

« Agenda ». A l’origine, l’ama­zigh pouvait s’écrire de droite à gauche, de bas en haut… L’Ircam a tranché : il se lira de gauche à droite. Depuis, l’amazigh reprend vie peu à peu. Les Fleurs du mal, le Petit prince ou Roberto Zucco de Koltès ont été traduits. Et l’attente de Godot, donc, dans une langue où pourtant, le mot « agenda » n’existe pas. « Dans une langue orale, que faire d’un objet où écrire des rendez-vous ? ».

.Mohamed El jerroudi

Mouloud Feraoun.

Né le 8 mars 1913 dans le village de Tizi-Hibel (ancienne commune mixte de Fort-National), son nom est Aït-Chabane, Feraoun étant le nom attribué par l'état-civil français. Il fréquente l'école de Tizi-Hibel à partir de l'âge de 7 ans. En 1928, il est boursier à l'Ecole Primaire Supérieure de Tizi-Ouzou. Il entre à l'Ecole Normale de Bouzaréa en 1932 où il fait la connaissance d'Emmanuel Roblès. En 1935, il est nommé instituteur à Tizi-Hibel où il épouse sa cousine Dehbia dont il aura 7 enfants. En 1946, il est muté à Taourirt-Moussa.

En 1952, il est nommé directeur du Cours Complémentaire de Fort-National. En 1957, nommé directeur de l'Ecole Nador de Clos-Salembier, il quitte la Kabylie pour les hauteurs d'Alger. En 1951, il est en correspondance avec Albert Camus, le 15 juillet, il termine La terre et le sang récompensé en 1953 par le prix populiste.

En 1960, il est Inspecteur des Centres Sociaux à Château-Royal près de Ben-Aknoun. Avec cinq de ses collègues, c'est là qu'il est assassiné par l'OAS le 15 mars 1962 à quatre jours du cessez-le-feu. Mouloud Feraoun a commencé son premier roman autobiographique Le fils du pauvre en 1939 ; il n'est publié qu'en 1950 à compte d'auteur. Ce n'est qu'en 1954 que Le Seuil le publie expurgé des 70 pages relatives à l'Ecole Normale de Bouzaréa.

Les éditions du Seuil publient, en 1957, Les chemins qui montent, la traduction des Poèmes de Si Mohand étant éditée par les Editions de Minuit en 1960. Son Journal, rédigé de 1955 à 1962 est remis au Seuil en février 1962 et ne sera publié qu'après sa mort.

.Œuvres

.Le fils du pauvre (1950) roman .La Terre et le sang (1953) roman .Les Chemins qui montent (1957) roman .Les Poèmes de Si Mohand (1960) recueil de poésie .Journal (1962) .Jours de Kabylie (1968) .Lettres à ses amis (1969) correspondance .L'Anniversaire (1972) roman inachevé

.Mohamed El jerroudi

La paysanne des arts_

Chaïbia Talal

Allez dans la rue et demandez à la première personne que vous croisez qui est Chaïbia. Listez-lui ensuite des noms de grands artistes-peintres marocains, figuratifs ou abstraits, morts ou vivants. Celui ou celle que vous aurez croisé saura inévitablement qui est la première. Quant à votre prestigieuse liste, il y a de fortes chances qu'elle les laisse de marbre. Chaïbia est sans conteste la seule artiste-peintre populaire au Maroc. Et pour cause. À chaque apparition, elle cassait en mille morceaux l’image que l’on se fait de l’artiste, personnage inaccessible et hermétique. Quand Chaïbia parlait la langue du peuple, la darija de sa Chtouka natale, elle brouillait les pistes à merveille. Tout en elle décontenançait : son caftan, ses bijoux, son embonpoint, en plus de la façon qu’elle avait d’expliquer sa peinture : "Je peins les oiseaux, les fleurs, les arbres, les mariages, les femmes", et de raconter sa vie : "Je suis heureuse avec la peinture, la maison, les chiens", confiait-elle à Nicole de Pontcharra.

Chaïbia populaire, mais Chaïbia mal-aimée. Le cercle fermé de l’art contemporain marocain lui est souvent resté fermé. Chaïbia gênait, dérangeait beaucoup d’intellectuels de l’art. Elle ne leur ressemblait pas et sa peinture ne ressemblait pas à la leur. Chaïbia, elle, s’en moquait. Elle peignait ses arbres, ses fleurs et ses femmes, heureuse avec la maison et les chiens. Chaïbia Talal était une fille de la campagne et l’est restée. Mariée à 13 ans, veuve et mère de famille à 15, rien ne la destinait à la peinture. Si ce n’est ce rêve qu’elle a fait à l’âge de 25 ans et qui lui disait : "Lève-toi et peins", et si ce n’est ce fils, Lhoucine, qui l’aidera à se lever. Comme un enfant, Chaïbia se procure de la peinture bleue, "celle avec laquelle on peint les entourages des portes", et fait des tâches et des empreintes. Chaïbia découvre les couleurs, le bleu, le jaune, le vert, le rouge, "ces couleurs qui disent la vie" et peint, comme quand enfant, au bled, elle se couvrait de coquelicots et de marguerites. La peinture de Chaïbia était libre. Naïve, a-t-on coutume de dire. Une peinture sans règles et sans gêne qui pouvait tout oser. Sans maître, loin de toute d’école et pas de références qui viendraient brouiller l’innocence du trait et de la couleur.

Découverte par des amis peintres de son fils, Chaïbia montre ses peintures dès 1966 au Maroc, mais surtout en Europe, où l’art naïf n’avait plus besoin d’être défendu. Paris, Copenhague, Ibiza, Menton, Rotterdam et d’autres capitales artistiques accueillent l’artiste à bras ouverts. Les visages de femmes de Chaïbia voyagent à travers le monde, au moment où l’art moderne marocain en est à ses balbutiements et compte une poignée de peintres. Le fils, lui, mène d’une main de maître sa carrière et celle de sa mère. Chaïbia s’exporte jusqu’à La Havane et les plus prestigieux musées et galeries lui ouvrent leurs portes. Ses tableaux, en parallèle, alimentent les collections d’États (France, États-Unis, Italie, Japon, Suisse, Australie, Inde, Haïti, etc.) et les plus grandes collections privées, dont celle du roi du Maroc.

Chaïbia, elle, ne change pas. Les mêmes caftans, les mêmes bijoux, le même embonpoint et la même darija de Chtouka : "Je n’ai jamais changé. Ma vie est plus facile mais je suis la même", disait-elle à Nicole de Pontcharra. Puis à Fatéma Mernissi : "Écoute ! N’oublie pas que je suis paysanne". La paysanne des arts , s’est éteinte le vendredi 2 avril 2004 à l’âge 75 ans.

.Mohamed El jerroudi

Abderrahim Bargache .

Décès de Abderrahim Bargache à l’âge de 59 ans (5/12/2007) Le journaliste et artiste Abderrahim Bargache est décédé, mercredi matin dans un hôpital de Casablanca, à l'âge de 59 ans des suites d'une longue maladie. Il sera inhumé demain jeudi après la prière d’Addohr.

Le défunt avait occupé plusieurs postes au sein de l'Agence Maghreb Arabe Presse (MAP) notamment ceux de correspondant à Paris, de rédacteur en chef central et de chef du Bureau régional de l'Agence à Casablanca, avant de se convertir comme animateur de télé, puis comédien. Feu Abderrahim Bargach a campé plusieurs rôles dans des films de cinéma, des sitcoms et des séries télévisées.

Journaliste de formation et de profession, Abderrahim Bargache a étudié au Centre de Formation des Journalistes de Rabat et au Centre de Formation et de Perfectionnement des Journalistes de Paris de la rue du Louvre. Il a été correspondant pour la M.A.P. à Paris et a collaboré pour plusieurs organes de presse français, notamment Le Monde, Libération, Psychologie, l’Agence France Presse, l’Agence Centrale Parisienne de Presse.

Il a été rédacteur en chef puis Directeur régional de la M.A.P. De 1986 à 2000, il a animé une émission de télévision consacrée aux arts culinaires comparés, ‘Walima ou la cuisine en fête’, devenue ‘Walima’.

Expert national et international en gastronomie Abderrahim Bargache est Directeur de collection de l’encyclopédie de la cuisine chez OKAD. Il a publié des articles dans l’Encyclopédie du Maroc, Le Maroc des potentialités, La civilisation marocaine.

Il a été également Président de l’Académie Marocaine de la Gastronomie et membre du Jury Slow Food. Il a été aussi Cuillère d’Or du Club des Poètes Gourmets d’Allemagne, chevalier de la confrérie de la diététique méditerranéenne, Maïda d’Or de la 2 ème édition du Festival d’Art Culinaire de Fès.

.Source :Menara

.Mohamed El jerroudi

Une œuvre peinte pas avec le Noir mais dans le Noir .

Pierre Soulages

Pierre Soulages Né en 1919 à Rodez. Fait des études d'arts plastiques.

Il développe un style tragique avec une écriture picturale à larges traits de couleur brune, bleu d'encre et surtout noire. C'est cet "Œuvre au Noir" qui le rend célèbre avec d'immenses toiles où les gestes s'animent et jettent à la brosse de grands empattements cursifs qui donnent un noir symbole de force et de présence : "Une œuvre peinte non pas avec le noir mais dans le noir "" (Nuridsany).

Mais beaucoup de toiles gardent une réserve, un blanc, un point de jour, une lucarne où la lumière triomphe et se manifeste. Sur d'autres ce sont "les différences de textures lisses, fibreuses, calmes, tendres ou agitées qui captent ou refusent la lumière et font naître des noirs gris ou des noirs profonds".

Il a dit aussi : "C'est ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche, car l'artiste va vers ce qu'il ne connaît pas par des chemins qu'il ignore".

J’aime l’autorité du noir, dit-il. C’est une couleur qui ne transige pas. Une couleur violente mais qui incite pourtant à l’intériorisation. A la fois couleur et non-couleur. Quand la lumière s’y reflète, il la transforme, la transmute. Il ouvre un champ mental qui lui est propre." Car c’est là que tout se passe : dans la lumière du noir. Ou plutôt dans la faculté du "noir Soulages" à réfléchir la lumière, à la moduler, la sculpter, y soulever des lames de fond, y creuser d’obscures profondeurs, y scander des rythmes et tensions, y plisser des textures géologiques.

Alors, Soulages champion du monochrome noir ? Justement pas, puisque ce n’est pas la couleur elle-même qui est son matériau premier, mais bien la lumière qu’elle révèle et organise. Soit un au-delà du noir. Ou un "outrenoir", pour reprendre le nom qu’il a donné aux immenses toiles qu’il s’est mis à recouvrir intégralement de noir à partir de 1979. Et dont l’origine remonte peut-être à sa tendre enfance et à cette histoire restée gravée dans les annales familiales. Il avait alors à peine huit ans. A une amie de sa sœur aînée qui lui demandait ce qu’il était en train de dessiner à l’encre sur une feuille blanche, il avait répondu : un paysage de neige. Rire de la demoiselle : un paysage de neige à l’encre noire ! Ah, ah, ah !... Le jeune garçon, vexé, n’en démord pas. "Ce que je voulais faire avec mon encre, souligne-t-il, c’était rendre le blanc du papier encore plus blanc, plus lumineux, comme la neige. C’est du moins l’explication que j’en donne maintenant."

Ses toiles géantes, souvent déclinées en polyptyques, ne montrent rien qui leur soit extérieur ni ne renvoient à rien d’autre qu’elles-mêmes. Devant elles, le spectateur est assigné frontalement, englobé dans l’espace qu’elles sécrètent, saisi par l’intensité de leur présence. Une présence physique, tactile, sensuelle et dégageant une formidable énergie contenue. Mais métaphysique aussi, qui force à l’intériorité et à la méditation.

Une peinture de matérialité sourde et violente, et, tout à la fois, d’"immatière" changeante et vibrante qui ne cesse de se transformer selon l’angle par lequel on l’aborde. L’art de Soulages est dans l’action directe qui se cherche en se faisant. Mais au bout du compte, observe-t-il, "l’œuvre vit du regard qu’on lui porte. Elle ne se limite ni à ce qu’elle est ni à celui qui l’a produite, elle est faite aussi de celui qui la regarde. Ma peinture est un espace de questionnement et de méditation où les sens qu’on lui prête peuvent venir se faire et se défaire".

.Mohamed El jerroudi

Les voix du silence.

André Malraux (1901-1976)

Rien ne prédestinait ce jeune banlieusard sans fortune, né en 1903, au pied de la butte Montmartre à devenir l'un des géants français du vingtième siècle. Elevé , du fait de la séparation de ses parents, par trois femmes, sa grand-mère, sa mère et sa tante, il découvrira d'abord le monde au travers des livres et des musées. Doué d'une grande curiosité et d'une mémoire prodigieuse, il devient "chineur" pour un libraire-éditeur parisien, et s'immisce ainsi dans les milieux littéraires et artistiques de l'avant-garde . Malraux se passionne pour la peinture cubiste. Un grand marchand de tableau, qui est aussi éditeur, Kanhweiler, éditera en 1921 le premier livre de Malraux : Lunes en papier.

Puis Malraux rencontre Clara Goldschmidt , riche héritière d'une famille allemande émigrée. La jeune fille est immédiatement séduite par ce garçon élégant à l'intelligence brillante et aux propos pétillants. Fiançailles, mariage. Malraux place la fortune de son épouse en bourse. Les entreprises minières mexicaines dans lesquelles il a tout misé, ne tiendront pas leur promesse. Le couple est ruiné.

Pour se reconstituer rapidement un patrimoine, André Malraux prend l'étrange décision d'aller s'emparer de quelques statues khmères dans la jungle cambodgienne pour les revendre ensuite en occident. L'expédition est un désastre. A la veille de Noël 1923, le couple est arrêté à Phnom-Penh. André Malraux est condamné à trois ans de prison ferme. Clara Malraux, elle, bénéficie d'un non lieu et parvient à rentrer en France. Elle réussira, en mobilisant une vingtaine de grands écrivains français à faire libérer son mari.

Mais ce séjour asiatique lui a donné le virus de l'aventure et a révélé son intérêt pour l'action politique. Malraux retourne en Asie. Ses positions anti-coloniales lui valent quelques démêlés avec la justice. Rédacteur en chef d'une publication clandestine, L'Indochine enchaînée, Malraux suit avec un regard attentif les événements de la révolution chinoise, notamment le soulèvement de Canton (1925). Revenu en France, il publie ses premiers romans : La Tentation de l'Occident (1926) , Les Conquérants (1928) , La Voie royale (1930, prix Interallié). La condition humaine lui vaut le prix Goncourt en 1933.

Son goût de l'action et ses convictions anti-fascistes poussent Malraux à participer à la guerre civile espagnole aux côtes des républicains en 1936. Ces événements lui inspireront un grand roman : L'Espoir ( 1937) et un film ( Sierra de Terruel, 1939)

Durant la seconde guerre mondiale, Malraux entre tardivement dans la résistance ( en 1943) sous le nom de colonel Berger. Il éprouve de grandes difficultés, tant auprès des résistants gaullistes que communistes, qui le considèrent comme un transfuge tardif. En juillet 1944, sa voiture tombe dans une embuscade à Toulouse : blessé, Malraux est arrêté, interrogé, et transféré à la prison Saint-Michel de Toulouse. Il ne doit sa libération, en août, qu'à un départ précipité des allemands.

En 1945, il rencontre le Général de Gaulle. Un grande admiration réciproque se crée entre les deux hommes. Malraux accepte de devenir son conseiller technique à la Culture et devient un éphémère ministre de l'Information (novembre 1945 à janvier 1946).

Il ne quittera plus le Général de Gaulle. Lors de son retour aux affaires en 1958, il devient Ministre d'Etat chargé des Affaires culturelles. Le militant révolutionnaire s'est mué en militant gaulliste. Sa diction magnétique et haletante résonne pour longtemps dans nos mémoires : l'oraison funèbre de Braque et le transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon...

Malraux publiera encore La Voix du Silence (1951), La Métamorphose des dieux (1957-1976), et les Antimémoires (1967).

En 1970, il publie les Chênes que l'on abat, un dernier hommage au général de Gaulle disparu, dont il était resté le plus proche des compagnons.

Il meurt en 1976, à l'hôpital Henri-Mondor de Créteil, suite à une congestion pulmonaire.

.Mohamed El jerroudi

"Les empires durent environ 120 ans"

Ibn Khaldoun (1331-1406), historien maghrébin, a été l'un des premiers théoriciens de l'histoire des civilisations. Arnold Toynbee dit de lui qu'il a "conçu et formulé une philosophie de l'Histoire qui est sans doute le plus grand travail qui ait jamais été créé par aucun esprit dans aucun temps et dans aucun pays."

Vérifier les faits

investiguer les causes"

Dans la Muqadimma, introduction en trois volumes de son Kitab al-'Ibar (Histoire des Arabes, des Persans et des Berbères), Ibn Khaldoun écrit: "J'ai suivi un plan original pour écrire l'Histoire et choisi une voie qui surprendra le lecteur, une marche et un système tout à fait à moi en traitant de ce qui est relatif aux civilisations et à l'établissement des villes". Il est conscient que sa démarche novatrice qui rompt avec l'interprétation religieuse de l'histoire: "Les discours dans lesquels nous allons traiter de cette matière formeront une science nouvelle . C'est une science sui generis car elle a d'abord un objet spécial: la civilisation et la société humaine, puis elle traite de plusieurs questions qui servent à expliquer successivement les faits qui se rattachent à l'essence même de la société. Tel est le caractère de toutes les sciences, tant celles qui s'appuient sur l'autorité que celles qui sont fondées sur la raison." Tout au long de son oeuvre, il souligne la discipline à laquelle doivent s'astreindre ceux qui exercent le métier d'historien: l'examen et la vérification des faits, l'investigation attentive des causes qui les ont produits, la connaissance profonde de la manière dont les événements se sont passés et dont ils ont pris naissance."

"Les empires

durent environ 120 ans"

Ibn Khaldoun n'a le loisir d'étudier que le monde arabo-musulman (l'Andalousie, le Maghreb, le Machreq). C'est donc dans ce cadre limité qu'il élabore sa théorie cyclique des civilisations rurales ou bédouines ('umran badawi) et urbaines ('umran hadari). Pour lui, les civilisations sont portées par des tribus qui fondent dynasties et empires." Les empires ainsi que les hommes ont leur vie propre , Ils grandissent, ils arrivent à l'âge de maturité, puis ils commencent à décliner ...En général, la durée de vie des empires , ne dépasse pas trois générations (120 ans environ)."

Ibn Khaldoun, conseiller auprès de deux sultans maghrébins, grand juge (cadi) au Caire, put observer de l'intérieur l'émergence du pouvoir politique et sa confrontation à la durée historique. Ibn Khaldoun est considéré comme l'un des fondateurs de la sociologie politique.

.Mohamed El jerroudi

Youssef Chahine.

Youssef Chahine, grand prix du 50e anniversaire du Festival de Cannes (1997).

Fils d'un avocat syrien, Youssef Chahine fut élevé dans la foi chrétienne et reçut son éducation en anglais au prestigieux Victoria College d'Alexandrie. Après une année à l'Université d'Alexandrie, il s'installe à Pasadena, en Californie, où il étudie le cinéma et l'interprétation. De retour en Égypte en 1948, il commence à réaliser ses propres films. Le premier sort en 1950, c'est Papa Amine. Depuis, 40 films ont été réalisés, dont notamment: Gare Centrale (1958), Le Moineau (1973), Le retour de l'enfant prodigue (1976), Alexandrie pourquoi? (1978), La Mémoire (1982), Adieu Bonaparte (1984), Le Sixième jour (1986), Alexandrie, encore et toujours (1989), Le Caire… raconté par Chahine, documentaire (1991), L'Émigré (1994), Le Destin (1997).

Condamné par les censeurs islamistes d'Égypte lors de la sortie de L'émigré (1994) Youssef Chahine s'offrait avec Le Destin (1997) un droit de réponse en forme de fable où il nous conte l'histoire d'Averroès (1126-1198), qui lui aussi prêchait en son temps la tolérance et l'amour du prochain au delà des clivages culturels et religieux: «Le Destin est le récit des tribulations et des revers qu'endure Averroès, l'un des plus grands philosophes uléma (docteurs en théologie) de l'histoire de l'Islam, pour convaincre ses coreligionnaires musulmans que Révélation et Raison se rejoignent quand leur lecture, à travers le Coran, est morale. Toutes deux, comme dans les religions révélées auparavant par Moïse et le Christ, décrètent la non-violence, la tolérance, le respect de la vie, et l'amour du prochain. Averroès est le personnage principal du récit…» (Youssef Chahine)

Curiosités: C'est lui qui aurait découvert Omar Sharif. À 14 ans, il voulait danser comme Gene Kelly.

.Mohamed El jerroudi

Le réchauffement climatique.

La lutte contre le réchauffement climatique pourrait coûter 1,6% du PIB mondial par an jusqu'en 2030, un effort devant reposer essentiellement sur les pays développés, selon un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) diffusé mardi.




Le rapport sur le Développement humain 2007-2008 présenté mardi à Brasilia lors d'une cérémonie en présence du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva préconise que les pays développés réduisent leurs émissions à effet de serre d'au moins 80% d'ici à 2050 par rapport aux niveaux enregistrés en 1990; ce groupe de pays devrait atteindre une réduction de 30% dès 2020.




Notre objectif de stabilisation est exigeant mais raisonnable. D'ici à 2030, le coût annuel moyen serait de 1,6% du PIB mondial. C'est un investissement significatif. Mais il représente moins des deux tiers des dépenses militaires mondiales. Le prix de l'inaction serait bien plus élevé", a estimé le PNUD dans son étude.




Le document souligne d'emblée que "les changements climatiques sont scientifiquement indéniables. Nous en savons déjà assez pour comprendre que les risques sont élevés et potentiellement catastrophiques".




Dans l'étude, un groupe d'experts note que le coût de la lutte contre le changement climatique ne sera pas le même pour tous.




"Ceux qui ont le plus généreusement contribué au problème, les pays riches, ne sont pas ceux qui souffriront le plus à court terme. Ce sont les pays les plus pauvres, qui n'ont pas contribué et ne contribuent toujours pas de manière significative aux émissions de gaz à effet de serre, qui sont les plus vulnérables", rappelle le PNUD.




"Les défis politiques les plus difficiles sont dans le domaine de la distribution". Mais, soulignent les auteurs du rapport, "nous ne devons pas permettre aux désaccords sur la répartition de bloquer le progrès".




Selon les experts, une augmentation généralisée de la température de trois degrés celcius peut provoquer des sécheresses, des tempêtes tropicales et l'augmentation du niveau des mers.




"En termes de PIB mondial, ces effets à court terme ne seront pas significatifs. Mais pour certains des peuples les plus défavorisés du monde, les conséquences risquent d'être apocalyptiques", estime le PNUD.





Parmi les conséquences les plus importantes pour les pays pauvres, le PNUD cite la détérioration de la productivité agricole, la diminution de l'accès à la santé et à l'éducation, et moins de possibilités d'accès aux marchés.




Le responsable de l'équipe pluridisciplinaire de rédaction du document, Kevin Watkins, souligne qu'il s'agit d'un "appel à l'action et non pas d'un message de désespoir". "En travaillant ensemble nous pouvons gagner la bataille contre le changement climatique", écrit-il.

.Mohamed El jerroudi .Source:© 2007 AFP


		

Couche d'ozone .

Le trou d'ozone situé au-dessus de l'Antarctique parvient à conserver la même dimension et la même épaisseur depuis trois ans, d'après les déclarations du 16/10/2001 du National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) sur la base d'observations satellites.Il a atteint à la mi-octobre, période de sa dimension maximale chaque année, 26 millions de km², soit l'équivalent de la superficie de l'Amérique du Nord.

Le NOAA prédit la stabilité du trou d'ozone à l'horizon d'un futur proche. Il prévoit à long terme, sur une période de 30 à 50 ans, sa réduction, au fur et à mesure de la diminution de la présence de certains agents chimiques dans l'atmosphère, particulièrement les chlorofluorocarbones (CFC). Rappelons que les engagements successifs et volontaires des états (protocole de Montréal) ont permis de diminuer de 80% les émissions de CFC.

En ce qui concerne l'arctique, une étude européenne de recherche sur l'ozone, baptisée "Theseo", menée de 1996 à 2000 a relevé des pertes d'ozone importantes au cours des cinq hivers les plus froids depuis 1993-94. Ce qui entraîne une diminution de la couche protectrice d'ozone sur l'Europe.

Ce sont aujourd'hui les concentrations de gaz à effet de serre (principalement le CO2) qui dégradent l'ozone stratosphérique.

Le changement climatique pourrait donc retarder la reconstitution complète de la couche d'ozone, attendue dans environ 50 ans. Et aucune amélioration n’est attendue avant 2010, selon cette étude européenne.

.Mohamed El jerroudi

Mohammed Zefzaf.

Mohamed Zefzaf, écrivain marocain, est né en 1945 à Kénitra.

Zafzaf a écrit des douzaines de romans et de nouvelles tout en travaillant tout d’abord comme enseignant dans un lycée avant de devenir bibliothécaire de cette école.

Bien qu’il ait été ignoré par la plupart de ses contemporains et des critiques littéraires de son vivant, Zefzaf est désormais fêté à titre posthume.

En 2002, l’un des prix les plus prestigieux de la littérature arabe, le Prix Mohamed Zafzaf de la littérature arabe, fut créé en son honneur.

L’une de ses œuvres les plus célèbres, « Le renard qui apparaît et disparaît », se concentre sur un citoyen arabe vêtu de vêtements simples et dépareillés qui travaillait toujours très dur et regarde par-dessus son épaule dans l’attente des prochaines crises inexpliquées qui allaient bientôt apparaître. Ce citoyen était en fait si anxieux qu’il vomissait souvent à cause de son inquiétude.

La littérature marocaine pleure un de ses hommes les plus distingués, ici comme ailleurs. Mohamed Zefzaf est mort, vendredi à Casablanca des suites d'une grave maladie. Mais ses œuvres sont toujours là, vivantes, conservant ses angoisses, ses rêves et ses espoirs mais aussi ceux de ses concitoyens.

Car feu Zafzaf était la voie des sans voix, le défenseur des petites gens, des démunis, des marginaux. Dans un Maroc où la lecture reste très timide, qui aurait connu Zefzaf de son vivant, sauf ses proches, ses amis et une poignée de mordus de la littérature marocaine ? Sa mort est venue nous rappeler les œuvres d'un homme humble et modeste.

Châle palestinien (koufyeh) toujours au cou, sillonnant les recoins de sa ville Casablanca et côtoyant ses voisins du quartier Maârif.

L'écrivain, qu'est Zafzaf, contrairement à beaucoup d'autres, avait le courage de descendre dans la rue, de voir de plus près le petit peuple, de l'écouter, de lui parler, de partager ses moments de joie et de souffrances.

"L'écriture a besoin de contemplation", ne cessait-il de répéter. Et c'est justement de cette contemplation qu'il a pondu en 1984 son roman, du reste le plus célèbre, L'Oeuf du coq, écrit en trois années.

Traduit en plusieurs langues, dont le Français en 1998, ce livre a obtenu le Prix du Grand Atlas la même année. Il retrace l'histoire d'une famille de fortune, naufragée de la société marocaine. Au fil des chapitres, l'auteur décrit le portrait de chacun des personnages, restituant leur vécu de marginaux que les circonstances ont réunis dans un même lieu : Casablanca.

"Un roman d'une réalité crue où l'auteur réussit à révéler avec cet humour noir qui lui est si particulier, l'univers de gens désœuvrés solidaires dans leur non-dit, leurs amitiés et leur désarroi."

Du coup, Zefzaf est l'exemple le plus édifiant de l'écrivain engagé. "Mohamed Zefzaf n'était pas seulement un simple écrivain mais aussi l'un des écrivains marocains dont la voix s'est étendue en dehors du Maroc. Une grande école culturelle et artistique pour sa génération et pour celle qui lui a succédé ", estime le ministre-poète, Mohamed Achaari, qui ajoute que l'auteur constitue un symbole de la renaissance culturelle contemporaine.

Mohamed Zefzaf, de son vrai nom Mohamed Khassal, a débuté sa carrière d'écrivain d'expression arabe aux débuts des années soixante avec notamment sa première nouvelle "Trois semaines", publiée dans la presse. En 1970, il publie son recueil de nouvelles "Dialogue" au bout de la nuit (paru à Damas, en Syrie), où il relate son adolescence en traitant des mœurs et du corps.

Depuis, il s'est fait du récit et de la nouvelle ses genres de prédilection avec, entre autres, œuvres : "La femme et la rose", "Trottoirs et murs", et "Le Renard qui apparaît et qui disparaît". Des œuvres qui ont été traduites en une vingtaine de langues dont le Néerlandais, le Français, l'Anglais et l'Espagnol, mais aussi le Kurde.

Décédé en 2001 , feu Zefzaf a dit:"Il n'y a de repos pour l'écrivain que la mort" . On espère qu'il l'a retrouvé !

.Mohamed El jerroudi

Ahmed Bouzfour.

Ahmed Bouzfour.

Né au début des années 1940 près de la ville de Taza, il a reçu son éducation primaire dans les écoles coraniques avant d'intégrer l'Université Quaraouiyine arabe : à Fes où il poursuivit ses études primaires et secondaires. Il obtint le baccalauréat en 1966 et fut, par la suite, arrêté et incarcéré pendant trois mois pour son activisme politique.

Il continua ses études par la suite dans la Faculté des Lettres de l'Université Mohammed V à Rabat, où il obtint une licence en littérature arabe, puis en 1972, une maîtrise en littérature moderne marocaine.

Sa première nouvelle Yas'alounaka âni al-qatl (en arabe) fut publiée en 1971 dans le journal Al Alam appartenant au Parti de l'Istiqlal.

Il commença à enseigner en 1977 à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines à Rabat comme professeur de poésie arabe anté-islamique, puis fini par rejoindre la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Ain Chock à Casablanca comme Professeur de Lettres Arabes.

Il obtint un doctorat en 1989 suite à sa lettre Ta'abata chiârane C'est à cette époque là qu'il écrivit la plupart des ses œuvres, celles qui lui ont values une certaine reconnaissance dans le milieu littéraire marocain.

En 2002, Ahmed Bouzfour refusa le prix du Maroc du Livre remis par le Ministère de la Culture marocain (et dont la valeur est estimée à 7000 USD) protestant contre ce qu'il nomma «la décadence l'état politique, économique et culturel du Maroc».

.Oeuvres

Ta'abbata chiârane Trois recueils de nouvelles : An-nadarou fi al-wajhi al-âaziz publié en 1983. Al-Ghabir Al-Dhahiren 1987. Sayyad al-Naâm en 1993. Diwane as-sindibad Az-zarafa al-mouchtaîla :Points de vue sur la nouvelle moderne marocaine.

.Mohamed El jerroudi

Maurice Carême.

(1899-1978)

Instituteur de métier, Maurice Carême resta toujours très proche de la simplicité et de la spontanéité des enfants, pour lesquels il a d'ailleurs beaucoup écrit et qui continuent à lire et à apprécier ses poèmes. Mais cette limpidité n'est qu'une des raisons du succès de son œuvre, abondante, où il sait évoquer aussi bien les beautés naturelles de son Brabant natal que les drames d'une vie, dans une langue d'une grande musicalité : Petite Flore (1937), la Lanterne magique (1947), Semeur de rêves (1953), la Grange bleue (1961). Son chef-d'œuvre est sans doute Mère (1935), qui inspira le musicien Darius Milhaud. Il est aussi l'auteur de romans : le Martyre d'un supporter (1928), Un trou dans la tête (1964), Medua (1976).

Récompensée par de nombreux prix littéraires, illustrée par de grands artistes, mise en musique par Milhaud, Poulenc ou Carl Orff, son œuvre, de tout premier ordre, représente un équilibre parfait entre la simplicité d'une forme poétique libérée des conventions et l'expression d'une joie de vivre qui n'exclut pas une certaine gravité.

LA MAISON BLANCHE, MAISON DU POETE, SIEGE DE LA FONDATION MAURICE CARÊME ET MUSEE MAURICE CARÊME.

C'est l'amour qui a fait de ce modeste instituteur l'un des auteurs belges les plus connus dans le monde. Il a été traduit dans d'innombrables langues et les plus grands compositeurs ont mis ses poèmes en musique (Darius Milhaud, Francis Poulenc, Jean Absil, Raymond Chèvrefeuille, etc…).

L'amour des enfants auxquels il a prodigué son enseignement durant un quart de siècle. Il a écrit pour eux des poèmes simples, primesautiers, féeriques et pleins d'humour et de fraîcheur (Pigeon vole, Pommes de reinette,…).

L'amour de sa mère aussi. Car, cet enfant élevé dans la tendresse, aura gardé durant toute sa vie une piété filiale qu'il a su exprimer avec beaucoup de sincérité poétique. Il a obtenu pour son recueil Mère, le « Prix triennal de poésie ». Il a, en plus, reçu de « Prix de l'Académie française » pour sa plaquette La maison blanche.

Après Chansons pour Caprine (1930), reflets d'une vie conjugale assez douloureuse, il se fait le chantre pudique de l'amour avec Femme (1946), puis, plein de fougue juvénile, dans La bien-aimée (1965).

Un poète qui aura opportunément rappelé que la beauté naît de la simplicité et de la sincérité.

La maison du poète (avenue Nellie Melba, 14 à Anderlecht) est devenue le Musée Maurice Carême.

.Mohamed El jerroudi

Palestine.

Palestine.......un pays confisqué.?

la colonisation de toute la Palestine est inscrite au cœur du projet sioniste. Avec la construction du mur qui vole chaque jour plus de terre aux Palestiniens et la judaïsation actuelle de la vallée du Jourdain, du Naqab et de Jérusalem, rien ne semble arrêter cette machine à tuer et à coloniser.

Pourtant, depuis la création de l’Etat d’Israël, le peuple palestinien a toujours résisté à cette formidable entreprise de destruction de sa société, soutenue par les pays occidentaux et en particulier les Etats-Unis et la France. Même si les difficultés furent énormes, il a réussi à contrecarrer la volonté expansionniste d’Israël : l’évacuation de Gaza, si elle est pensée par les dirigeants criminels d’Israël comme un retrait tactique, n’en constitue pas moins pour eux un échec.

En effet, la colonisation de ce territoire a été rendue impossible grâce à la résistance du peuple palestinien auquel les dirigeants-terroristes d’Israël veulent infliger une punition en l’affamant par le contrôle des frontières.

Ce n’est pas la seule défaite des sionistes dans la région, car après 20 ans d'occupation, l’armée israélienne a dû aussi se retirer du Sud-Liban face à la détermination de la résistance libanaise sous la direction du Hezbollah. L’invincibilité de l’Etat sioniste n’est plus qu’un mythe, malgré le discours des médias qui s’ingénient à nous présenter ces échecs comme des gestes de bonne volonté et de paix. Cette « paix », toujours promise jamais réalisée en raison de la nature guerrière et coloniale de l’Etat israélien, ne fait plus recette auprès du peuple palestinien qui a élu le Hamas aux plus hautes fonctions dans le but de continuer la lutte de libération nationale. Ces élections furent aussi une défaite pour l’Etat terroriste d’Israël qui comptait sur une Autorité palestinienne conciliante pour mener à bien sa politique coloniale.

Confronté à ces échecs successifs et les élections législatives approchant, l’Etat israélien cherche à donner des gages de puissance à sa société coloniale : il entreprend des actions de force comme le kidnapping des prisonniers politiques dans la prison de Jéricho (avec les complicités américaine et anglaise) ou comme les incursions meurtrières à Tulkarem ou à Jénine. Mais l’enjeu principal est surtout de pousser le Hamas et toute la résistance à réagir pour justifier ensuite une politique de répression d’envergure contre le peuple palestinien. Celui-ci ne fait pas seulement face à l’Etat colonial, mais aussi à cette société israélienne dans son ensemble qui continue à nier son existence.

Plus largement, ces échecs sont ceux des Etats occidentaux qui, dans leur tentative de soumettre tout le Moyen-Orient à la domination d’Israël et donc à la leur, n’ont pas réussi à vaincre la résistance du peuple irakien ni à désarmer (avec la résolution 1559 de l’O.N.U.) les forces de libération nationale au Liban. Une nouvelle déconvenue attend les armées sionistes et impérialistes : c’est la guerre qui se prépare contre le peuple iranien au nom de la lutte contre la prolifération nucléaire alors que l’Etat colonial d’Israël possède plus de 200 têtes nucléaires. Mais cette justification (utilisée pour envahir l’Irak) de la nouvelle guerre qui s’annonce ne doit tromper personne, car s’il devait y avoir désarmement nucléaire il devrait commencer d’abord par les Etats-Unis, Israël et leurs alliés occidentaux.

En Palestine occupée, le peuple Palestinien est toujours debout, uni depuis plus de soixante ans contre l’infernale machine de guerre coloniale israélienne. Il nous indique la voie à suivre.

.Mohamed El jerroudi

Le mur de la honte.

Le Mur de Berlin 1961-1989

Le 13 août 1961, les berlinois découvre avec stupéfaction leur ville divisée en deux par un réseau de barbelés. Cette décision prise la veille par le conseil des ministres de la RDA devait permettre officiellement d'endiguer l'exode de ses ressortissants vers la RFA. Mais elle cachait surtout des problèmes bien plus anciens liés au contexte international de l'époque, celui de la Guerre froide.

C'est à Berlin que ce conflit émergea en 1948 avec le blocus, et c'est là qu'il s'achèvera 40 ans plus tard avec la chute du Mur de Berlin. 1961 marque donc un tournant décisif dans cette histoire où les enjeux économiques, politiques et idéologiques sont au cœur du conflit qui oppose les Etats-Unis à l'URSS. Or, c'est la situation bien particulière de Berlin qui explique qu'elle soit l'objet de toutes les attentions. Il faut rappeler qu'à la sortie de la Deuxième Guerre Mondiale, les grands vainqueurs se partagent Berlin et divisent la ville en quatre secteurs : américain, français, anglais et soviétique. Or, tant que les alliés d'autrefois s'entendent, il n'y a pas de soucis sauf que la situation se complique. C'est donc ainsi qu'un mur a émergé.

Décidée par Ulbricht et planifié par Honecker, elle mettra moins d'une journée pour être appliquée. L'armée populaire et la police des frontières mettent alors le projet à exécution. Les frontières sont fermées, les transports en commun interrompus. Des barbelés et barricades sont installés et les chaussés dépavées. Berlin Est est sous contrôle et ses habitants ne peuvent donc plus se rendre à Berlin Ouest ou en RDA. Le 23 août, Berlin Est n'est plus accessible.



Le régime Est allemand peaufinera au cours des années l'amélioration de la surveillance du Mur. Si en 1961 et 1962, les fortifications ne représentent que 12 km de mur, en 1970, elles atteignent 155 km. Dès 1972, le mur est considéré comme infranchissable. Le nombre de miradors augmente, un second mur est édifié, renforcé par des pièges et surveillé par des rondes incessantes de Vopos et les points de passage entre l'Est et l'Ouest sont limités à deux, Checkpoint Charlie et celui à proximité de la gare de Friedrichstrasse. Les tentatives d'évasion ont donc été nombreuses. On estime à 5 043 le nombre de personnes à avoir réussi à franchir le Mur et à 239, le nombre de fugitifs à avoir été tués. Tunnels, voitures, bateaux, câbles métalliques, déguisements, les moyens pour passer le mur furent parfois des plus surprenant. L'évasion collective la plus spectaculaire reste quand même celle des 57 personnes qui creusèrent un tunnel sous les fortifications de la frontière. La pression populaire face à ce manque de liberté conduira à fissurer le régime soviétique.

Plusieurs facteurs ont donc joué dans l'effondrement du Mur de Berlin. Tout commence vraiment à s'accélérer avec la visite de officielle en RFA de Mikhaïl Gorbatchev en mai 1987. Ce dernier mène une politique novatrice marquée par l'abandon de la doctrine Brejnev. Le 7 octobre, de nombreuses manifestations de protestations contre le régime ont lieu et les allemands demandent à Gorbatchev de leur venir en aide. Le 18 octobre 1989, Honecker est limogé et le 9 novembre 1989, le Conseil des ministres de la RDA décide l'ouverture du mur de Berlin et des frontières. Des milliers de Berlinois de l'est comme de l'ouest se regroupent autour du mur de la "honte" pour célébrer la fin de 28 années de séparation.

.Mohamed El jerroudi

Ecologie

L’environnement est le lieu par excellence où doit s’appliquer la pluridisciplinarité. Les études concernent naturellement des éléments relevant des différentes sciences de la nature. Néanmoins, dans le domaine du développement durable, les aspects économiques et sociaux sont aussi à analyser et à intégrer dans les évaluations.

Les études ainsi réalisées comprennent des aspects liés à la chimie, la faune, la flore, la géologie, la biologie, la toxicologie, mais aussi à l’économie, la sociologie, le droit, etc, si bien qu’elles deviennent de plus en plus complexes.

Souvent, à partir de problèmes environnementaux, de multiples relations entre des éléments, parfois proches, parfois éloignés, sont mises en lumière. Le domaine de l’environnement contribue de cette façon à mieux nous faire comprendre notre société et à nous éclairer sur les décisions à prendre.

Cependant, celles-ci apparaissent aussi moins univoques que par le passé. Un investissement rentable économiquement à court terme et localement peut par exemple présenter, à la suite dévaluations scientifiques, des caractères qui s’avèrent négatifs à long terme, en un autre lieu ou sous un autre angle.

L’environnement est par définition sans limites, car il ne s’étend que jusqu’à celles qui lui sont attribuées, à la fois dans l’espace et dans le temps. Cela non plus ne facilite pas la tâche des scientifiques. Des scientifiques participent aux activités de trois grands groupes : au sein des pouvoirs publics, des industries et de certaines associations spécialisées.

Mais une certaine forme d’activité scientifique s’exerce avant tout dans des institutions d’enseignement, en particulier des universités et des centres de recherches qui ne sont pas liés à des activités économiques. Beaucoup de travaux scientifiques contribuent à une description plus précise de l’environnement et des effets des agressions auxquelles il est soumis.

Certains explorent aussi des moyens d’action pour limiter certaines de ces atteintes et s’efforcent de décrire les conséquences de l’emploi de ces solutions, étant entendu que les choix en la matière reviennent avant tout aux décideurs conformément aux procédures démocratiques.

Pour accumuler des connaissances relatives à des problèmes de plus en plus complexes et parfois d’ordre planétaire, les regroupements internationaux de scientifiques sont d’importance croissante.

.Mohamed el jerroudi

Mohammed Kheireddine .

L’écriture de Khaïr-Eddine est aussi obsédée par un autre thème : l’exil. C’est d’abord le départ forcé de l’enfant qui quitte le Sud et la mère. L’œuvre va constamment faire une place de choix au souvenir nostalgique du pays de l’enfance. C’est ensuite l’exil en France pour une perpétuelle vie d’errance. Il semble que l’auteur ait toujours nourrit un sentiment ambivalent envers ses origines. Ce Sud tant chanté dans son œuvre, il ne va jamais chercher à y revenir ou s’y installer. Comme tout déraciné, Khaïr-Eddine garde une image idyllique du Sud, de la culture berbère, mais en même temps, il plaint et déteste parfois ce que sont devenus les Berbères, leur culture qui dépérit, se folklorise et perd son âme. Le déracinement et l’errance perpétuelle sont très perceptibles dans son œuvre, au niveau de la forme (discordance et discontinuité du récit, émiettement des phrases jusqu’à l’incohérence) et du contenu (mouvement perpétuel et frénétique des personnages, succession rapide des lieux, voyages continuels dans le temps sans aucune chronologie apparente).

Né en 1941 dans un village du Sud marocain, Tafraout, il passe son enfance auprès de sa mère, mais sans le père, parti faire fortune dans le commerce au Nord. Le père, l’enfant ira le retrouver plus tard, lorsqu’il partira s’inscrire à l’école à Casablanca. L’adolescence dans cette ville, c’est la découverte de la vocation littéraire et l’éveil de la conscience politique. En 1960, un événement va avoir lieu qui va marquer sa vie et son œuvre : le grand séisme qui détruit la ville d’Agadir. En 1961, il abandonne les études pour se consacrer à l’écriture et part s’installer à Agadir pour deux ans. Il retourne à Casablanca en 1963, puis s’exile en France en 1965. Il s’installe dans le Midi et mène une vie difficile en travaillant comme ouvrier. Il écrit difficilement et anime une émission radiophonique pour France Culture. Dans les années 70, il quitte le Sud de la France pour mener une existence de nomade à Paris. En 1979, il décide de rentrer au Maroc. Là encore, il mène une vie d’errance. Il n’écrit presque plus et vit de la collaboration à quelques journaux locaux. Il s’exhibe volontiers dans des manifestations culturelles. En 1989, il repart encore pour quelques temps en France. Il décède en 1995 au Maroc.

.Œuvre de Khaïr-Eddine

Nausée noire (poésie), Londres, Siècles à mains, 1964. Agadir (roman), Paris, Seuil, 1967. Corps négatifs, suivi de Histoire d’un bon Dieu (roman), Paris, Seuil, 1968. Soleil arachnide (poésie), Paris, Seuil, 1969. Moi l’Aigre (roman), Paris, Seuil, 1970. Le Déterreur (roman), Paris, Seuil, 1973. Ce Maroc (poésie), Paris, Seuil, 1975. Un odeur de mantèque (roman), Paris, Seuil, 1976. Une vie, un rêve, un peuple, toujours errants (roman), Paris, Seuil, 1978. Légende et vie d’Agoun’chich (roman), Paris, Seuil, 1984. Mémorial (poésie), Paris, Seuil, 1991.

Moi l’Aigre, Casablanca, Tarik Editions, 2002, 164 p. Une vie, un rêve, un peuple, toujours errants, Casablanca, Tarik Editions, 2002, 146 p. Le Déterreur, Casablanca, Tarik Editions, 2002. Légende et vie d’Agoun’chich, Casablanca, Tarik Editions, 2002.

Mohamed El jerroudi

Journée mondiale de l'enfance.

Dans plusieurs pays, la Journée mondiale de l'enfant est devenue une belle occasion de sensibiliser l'opinion publique à la cause de la protection de l'enfant. En plus d’être une journée de festivité autour des enfants, on souhaite les mettre en valeur dans les familles et les lieux publics.

Cette date du 20 novembre a une portée symbolique. Il s'agit de la date anniversaire de l'adoption par l'Assemblée générale des Nations Unies de la Déclaration des droits de l'enfant (20 novembre 1959) et de la Convention relative aux droits de l'enfant (20 novembre 1989).

En mettant l’accent sur la nécessité de respecter chaque enfant dans son individualité, en tant qu’être humain particulièrement fragile, la Déclaration des droits de l'enfant affirme: « L'enfant, pour l'épanouissement harmonieux de sa personnalité, a besoin d'amour et de compréhension ». Ceci implique qu’en plus de la famille, cadre naturel de sa croissance, toute la société doit jouer son rôle dans le développement et la protection de l’enfant car « l'humanité se doit de donner à l'enfant le meilleur d'elle-même ».

L'enfant représente l'avenir de l’espèce humaine. Puisque notre futur dépend aussi de l'éducation qu'il reçoit, « il doit être élevé dans un esprit de compréhension, de tolérance, d'amitié entre les peuples, de paix et de fraternité universelle, et dans le sentiment qu'il lui appartient de consacrer son énergie et ses talents au service de ses semblables » stipule encore cette Déclaration.

.Mohamed El jerroudi

Arche de Zoé.

Vingt parents d'une partie des 103 enfants que l'association L'Arche de Zoé avait tenté d'emmener en France depuis Abéché, dans l'est du Tchad, sont arrivés lundi à N'Djamena, à l'initiative selon eux du gouvernement tchadien, a constaté un journaliste de l'AFP.

"On nous a dit que le gouvernement avait besoin de nous et on nous a amenés ici (à N'Djamena)", a déclaré Ahba Abdallah Mahamat, au salon d'honneur de l'aéroport de N'Djamena, où les familles sont arrivées à la mi-journée par un vol régulier en provenance d'Abéché (700 km à l'est de la capitale).

Une femme, qui n'a pas donné son identité, a elle aussi indiqué à la presse que les familles étaient venues à N'Djamena à l'initiative des autorités tchadiennes.

Les autorités judiciaires en charge du dossier à N'Djamena n'avaient visiblement pas été mises au courant de l'arrivée de ces familles. Le juge d'instruction et le procureur de la République ont prévu de se rendre dès que possible à Abéché pour auditionner les familles des enfants victimes.

Leur déplacement à Abéché est maintenu, ont assuré des sources judiciaires concordantes à l'AFP. Ces familles ne devraient donc pouvoir être reçues par le magistrat instructeur qu'à son retour d'Abéché, prévu en fin de semaine.

"Je ne sais pas si cela vise à accélérer ou ralentir les choses, mais j'ai l'impression qu'on place une nouvelle fois le juge devant le fait accompli", a commenté une souce judiciaire, qui a requis l'anonymat.

Six membres français de l'Arche de Zoé sont inculpés d'enlèvement de mineurs et quatre Tchadiens de complicité. Ils sont incarcérés à N'Djamena.

"Nous voulons que l'Etat fasse respecter nos droits et que l'Etat les juge" au Tchad, a également déclaré à la presse Ahba Abdallah Mahamat, chef du village de Chakata, dans la région d'Adré, ville frontalière avec le Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie à la guerre civile.

L'Arche de Zoé avait tenté d'emmener en France 103 enfants de la zone frontalière tchado-soudanaise en les présentant comme des orphelins du Darfour nécessitant une évacuation sanitaire.

Les enfants, récupérés par les autorités tchadiennes qui avaient stoppé l'opération le 25 octobre, sont hébergés depuis à l'orphelinat d'Abéché en attente d'une décision judiciaire et politique en vue de leur restitution à leurs parents. L'enquête en vue de l'identification de l'ensemble des enfants est toujours en cours.

"Notre espoir repose sur le gouvernement. S'il nous autorise à récupérer nos enfants on pourra les reprendre", a ajouté Ahba Abdallah Mahamat.

.Mohamed El jerroudi

Younès Megri .

L’enfant prodige de la chanson marocaine des sixties. L’idole des foules et le chanteur compositeur, à la voix suave, charme autant que le flegme charismatique qu’il dégage. Un regard brillant, propre à ces êtres rêveurs, insatisfaits de leur parcours et désirant prouver aux autres, se prouver à eux-même, que le talent qu’ils dégagent n’est pas prêt à s’alanguir de sitôt.

Qu’aurait-il répondu, le petit Younes, si on lui avait demandé que feras-tu quand tu seras plus grand ? Il n’aurait certainement pas hésité à désigner la musique comme le monde idéal dans lequel il aimerait évoluer. Au pire des hésitations, il aurait rajouté l’univers du septième art qui lui permettrait de se confronter à de nouvelles expériences et à lire des scénarios de films et les accompagner par des compositions musicales originelles.

À Marrakech, il s’est mêlé à la foule, le même regard brillant et le même sourire avenant. Des fans, il en compte toujours. Ceux qui fredonnent encore le classique increvable, Di-ram-dam, de la famille Megri : Hassan, Mahmoud, Jalila et Younes. Plus tard en solo, il se fraye son propre chemin et signe des titres aussi légendaires que modernes. Ya M’raya, Anti Al Sabab, Ya ma, Mesquine, Lili Touil...Ce dernier succès est piraté par les Bonney.M. Mais Younès a eu gain de cause auprès des tribunaux de Paris. Depuis, la légende de Younès est sur toutes les bouches.

Le succès de cette période est tout simplement retentissant. En 1971 le jeune musicien se distingue dans un concours de chant pour jeune et signe un contrat avec la firme Polydor. Son album obtient le disque d’Or dans les pays du Maghreb, le Liban, l’Iraq, la France et la Belgique.

Peut-être bientôt. Younès Megri compte sortir un nouveau CD. Il comprendra d’anciennes chansons et d’autres nouvelles pour répondre à la demande pressante des amis et des fans.

Mélomane averti, il reproche à la musique marocaine l’étroitesse de son champ de manœuvre et dénonce la politique de gestion de la création musicale. L’idéal serait de libérer le monde de la musique, c’est ça qui donne le recul, qui donne un élan et une richesse aux chansons qu’on interprète. “Notre musique est mal servie. Il n’y a pas de compétition réelle qui fait que nos artistes se défoncent pour donner le meilleur d’eux. Mais je reste toujours confiant en l’avenir. Ce ne sont pas les décisions des politicards qui freineront nos asprirations de création. Je crois aux hommes.”

.Source©Maroc-Hebdo

.Mohamed El jerroudi

Mohamed Ali .

Tout a commencé par un vélo volé, et c'est en cherchant son voleur que Casius Clay entra dans un gymnase de boxe en 1954. Il avait 12 ans. Voulant casser la gueule au voleur, il apprendra la boxe et restera 27 ans sur les rings. Son jeune rêve de devenir champion du monde toute catégorie se révélera pleins d'embûches et de tournants.

108 combats amateurs plus tard, il surpasse la plupart des jeunes de son age, il remporte 6 championnats du Kentucky, 2 championnats nationaux et 2 titres AAU nationaux avant ses 18 ans. Puis aux jeux olympiques de Rome en 1960, quelques mois après ses 18 ans, il monte au sommet de l'olympisme avec une médaille d'or.

Mais le ségrégationnisme continue dans l'Etat du Kentucky et partout ailleurs aux Etats-Unis. Il est toujours refusé dans les restaurants blancs, doit se battre pour pouvoir s'entraîner avec les entraîneurs blancs, notamment Angelo Dundee.

Son style de boxe très caractéristique lui donna le surnom de "HeadHunter", il ne frappait jamais au corps, toujours la tête au début de sa carrière. A l'origine, il avait une plus grande allonge que les boxeurs de son age et n'aimait pas le combat rapproché. Ses musculeuses jambes le faisaient "danser", il flottait littéralement sur le ring, ne cessant jamais de se déplacer et de traverser le ring.

Son troisième atout de boxeur était sa bouche, sa grande gueule. Sur le ring, il ne cessait de parler, d'haranguer son adversaire, les "lèvres de Louisville" ne laissaient personne parler pour lui non plus en dehors du terrain. Il annonçait ses victoires et même le round du KO.

Alors qu'il prépare son premier combat avec titre mondial à la clé en 1964, face à l'impressionnant Sonny Liston, il rencontre Captain Sam, un représentant musulman de Miami qui lui présente Malcom X, représentant de la lutte des noirs antiségrégationniste, et de la "Nation Of Islam".

Et c'est au lendemain de sa victoire éclatante face à Liston qu'il annonce au monde entier qu'il devient membre de la Nation Of Islam et prends le nom de Cassius X (symbole de l'anonymat des esclaves) puis celui de Mohammed Ali en adoptant la religion d'Islam.

Alors que la guerre du Vietnam bat son plein et réclame sa livrée de chair, Ali est appelé a combattre. Il refusera en mentionnant : ce qui se rapporte à « les Vietcong ne m'ont rien fait ».

La polémique qui s'ensuit le laisse suspendu de sa licence de boxe dans tout les Etats-Unis. Son dernier combat en 1967 l'opposait à Ernie Terrell qui l'avait provoqué en l'appellant "Clay", de son nom d'esclave (comme l'appelait Ali). Ali passera tout le match à rosser Terrell en lui assénant des "What’s my name ?".

S'ensuit deux ans et demi sans combat, menacé de 5 ans de prison pour son refus de s'engager , puis retour à la boxe, avec une défaite lors de "The Fight" face à Joe Frazier au Madison Square Garden en 1971. Il avait perdu ses jambes, il ne volait plus. Par contre, la cour suprême lui accorda la grâce des 5 ans de prison.

Après diverses fortunes, le promoteur Don King monta à grand coup de promotion et de provocation un ultime combat au Zaïre, terre africaine, terre des esclaves. Le légendaire Ali contre la montagne Foreman qui avait la foudre et le tonnerre dans les deux mains.

Entre un docteur se préparant à l'envoyer à l'hopital en jet en Espagne, un public africain hurlant "Ali Bomaye" (Ali tue le), d'un coup de coude à l'entrainement sur Foreman qui reporta le match, des tempêtes tropicales qui menaçaient, le duel des titans pouvait commencer.

Ali qui ne dansa pas ce soir la, se protégeait dans les cordes, recevait sans broncher le tonnerre et les éclairs qui pleuvaient sur lui. Son coach lui hurlait de sortir des cordes, le public hurlait toujours à la mort de Foreman, les commentateurs et les journalistes hurlaient au match truqué. Et pendant ce temps, Ali provoquait son adversaire en tournant en dérision les coups que lui portait son adversaire.

Et ceci pendant 7 rounds, mettant Foreman sur les rotules et Ali se releva au 8eme round, foreman savait déjà qu'il avait perdu. Un KO mit une confirmation à tout ceci.

Ali fini sa carrière en perdant puis reprenant sa ceinture mondiale, et conclus sa carrière avec 56 victoires (dont 37 KO) et seulement 5 défaites. Il porta la flamme à destination aux JO d'Atlanta malgré la maladie de Parkinson et restera longtemps dans toutes les têtes pour ses positions, ses combats, ses convictions.

Mohamed El jerroudi

Mensonge.

Pour être un "bon menteur", il faut jouir de trois facultés :Une bonne mémoire pour se souvenir des mensonges que l'on fait ; De l'imagination ;

Des dons de comédien . Mais alors que l'adulte menteur se sert généralement de ces trois facultés par fourberie, pour abuser autrui - et ne développe que des récits vraisemblables, ayant l'air ou les accents de la vérité -, l'enfant les utilise ordinairement plutôt dans le but de s'arracher au monde donné, afin d'en créer un autre, plus conforme à son désir, et qu'il ne songe même pas à faire passer pour réel. Il éprouve alors ce que Nicolas Grimaldi appelle admirablement "la griserie d'entrer en dissidence par rapport au réel" . Faut-il le lui reprocher ?

Oui, disait Platon, qui haïssait en tout le "pseudos" - terme qui, chez lui, désignait le mensonge, la fausseté, l'erreur, mais aussi la fiction poétique -, et aurait voulu chasser les poètes de sa cité idéale. Non, répondait La Fontaine : "Qui mentirait comme Esope et comme Homère, un vrai menteur ne serait : le doux charme de maint songe par leur bel art inventé, sous les habits du mensonge nous offre la vérité" .

Le mot mensonge viendrait du latin "mens", qui veut dire esprit, et de "songe", rêve. Le mensonge comme songe de l'esprit... Mais ne s'agit-il pas là d'une étymologie... mensongère et fausse ? Qu'importe au fond, et ce pour deux raisons. La première est que ce jeu de mots donne au fabuliste l'occasion de rimes riches et d'une fable admirable. La seconde est qu'il nous est murmuré ici que l'enfant et l'adulte, qui ne gaspillerait pas tout de la grâce à laquelle il était promis, ont besoin de rêveries : que vivent le père Noël et la petite souris! Nous admirons l'héroïsme d'un homme qui comme Socrate tente de se tenir debout en refusant toute forme d'illusion. Mais nous pensons, aussi, que la pratique de la vie ne va pas sans une certaine "théâtralisation" de notre destin,, et qu'il faut parfois "jouer" pour trouver en soi le personnage capable d'assumer la complexité du réel...

Ainsi, il nous semble qu'aux rationalismes purs, mais durs, d'un Kant ou d'un Platon - qui après avoir emprunté des chemins différents arrivent à la même conclusion : une condamnation sans appel du mensonge -, pourrait s'opposer une éthique plus prudente. Qu'il y ait dans tout mensonge laideur et mesquine contradiction est vrai, mais que tout mensonge soit immoral ne l'est pas. Que mentir à autrui, ce soit le mépriser, nous semble peu contestable, mais qu'il y ait quelque chose comme un droit de garder pour soi, de dissimuler, de résister à la demande de vérité, d'aveu ou de transparence publique, quelque chose comme un droit au for intérieur, au silence, au secret, et même à la fiction, nous paraît tout aussi incontestable... Toutefois il nous faudrait trouver un moyen qui fasse que le mensonge, c'est-à-dire l'exception, demeure exceptionnel...

Lorsque l'on ne sait plus que faire, agissons comme la "Madeleine à la veilleuse" de Georges de La Tour : la fragile lumière d'une chandelle peut révéler ce qui se cachait dans l'obscurité. La philosophie est cette lumière fragile, elle se trouve dans l'oeil de tout homme de bonne volonté, car dans nos yeux, où tristesse, remords, incertitude et mensonge ont leur gîte, luit aussi la lumière de la conscience.

Mohamed El jerroudi

Dieudonné.

Certains le jugent controversé, d’autres simplement drôle. Dieudonné, l’enfant terrible de l’humour français qui sera de retour au Québec en juin pour présenter son nouveau spectacle, discute de son métier avec calme et passion.

Le regard absent, Dieudonné parle d’une voix douce. L’humoriste a visiblement le sens de la formulation posée et réfléchie. Ses réponses mûrissent longuement dans sa tête avant qu’elles soient lancées au journaliste. «Mon but est de me provoquer moi-même, de faire de l’autodérision, explique-t-il au sujet de son art. Je me sers de certains aspects controversés pour trouver l’inspiration, pour remettre en cause mes propres pensées.»

Ce n’est donc pas un hasard si le personnage a décidé de replonger dans certains de ses sketchs les plus controversés pour son nouveau spectacle.

C’est après avoir testé plusieurs formules en France que le concept du Best Of a germé dans la tête de Dieudonné. Cette nouvelle mouture de l’humour corrosif de l’artiste sera présentée en exclusivité au public québécois les 20, 21 et 22 juin prochain au National. Les numéros qui forment cette prestation sont tous puisés dans l’un des sept spectacles de sa carrière.

Peuple chaleureux

Ceux qui sont familiers avec le type d’écriture du Français savent que ses blagues sont presque toujours reliées à l’actualité la plus brûlante. Ce spectacle serait-il pour lui une façon de faire passer ses numéros au jugement de l’Histoire?

Entrevue avec Dieudonné «J’ai choisi des sketchs aux dimensions universelles et le fil conducteur est l’ordre chronologique des évènements, répond-il. Les blagues qui ont provoqué le plus de réactions à l’époque de leur création se retrouvent dans ce nouveau spectacle. Ceux qui me connaissent riront!» Dieudonné est un habitué de la polémique, spécialement en France, où le débat sur la laïcité et le voile dans les écoles publiques faisait rage lorsqu’il a écrit son controversé spectacle 1905.

L’humoriste se permet de tracer un parallèle entre la réaction du public français à cetteo euvre et les accommodements raisonnables au Québec.

«Chacun a un point de vue rattaché à son histoire, et certains ont de la difficulté à faire le sacrifice nécessaire à la compréhension de l’autre, dit-il. Je suis profondément pour la neutralité religieuse dans la sphère publique, mais je respecte profondément toutes les croyances.

«Tout point de vue est nécessairement controversé, poursuit-il. Il y a des sujets importants sur lequel j’ai des opinions fermes, et j’en assume les conséquences. Ce que je déplore, c’est la disproportion des réactions. Je ne l’avais pas anticipée du tout.»

Celui qui dit avoir été flatté par toute l’importance qu’on lui a accordée à la suite de certains sketchs ne craint nullement la réaction du public québécois lorsqu’il revisitera son propre passé.

«Les Québécois ont une prédisposition pour le rire. C’est un peuple chaleureux, contrairement au climat», lance-t-il en riant.

«L’humour est un excellent baromètre de la liberté d’expression dans une nation. Les véritables sanctions viennent du public, et je sens que le Québec est très à l’aise avec à peu près n’importe quel sujet.»

Candidat présidentiel

Dieudonné avait annoncé son intention de se présenter aux dernières élections présidentielles françaises, avant de se retirer avant même le début de la course. Il a malgré tout un jugement très dur envers Nicolas Sarkozy, élu face à la candidate socialiste Ségolène Royal.

«C’est une catastrophe, dit-il. Sarkozy est l’archétype du politicien ambitieux, sans foi nimorale. J’ai toujours dit que l’empire n’avait jamais été aussi flamboyant qu’avant son effondrement, et c’est ce à quoi nous sommes en train d’assister.»

Très politisé, l’homme n’en demeure pas moins un humoriste d’abord et avant tout. La polémique ne semble pas le déranger le moins du monde, lui qui soupire lorsqu’on lui parle de la polémique qui entoure son personnage. «Nous sommes tous là pour rigoler après tout, non?»

Mohamed El jerroudi

Rachid Benzine

Géant débonnaire, Rachid Benzine cache bien son jeu. La simplicité de sa mise et son sourire désarmant lui donnent l'air d'un jeune prof de gym, un de ces enseignants de collège de banlieue - ce qu'il a d'ailleurs été - qui luttent pour des idéaux d'éducation. Grave méprise. Il faut l'entendre parler pour comprendre. La limpidité de sa pensée frappe, la rigueur de son raisonnement subjugue, on a envie de dévorer son dernier livre, Les Nouveaux Penseurs de l'islam, paru en février dernier chez Albin Michel.

Rachid Benzine est un islamologue d'une érudition confondante. Ce natif du Maroc, arrivé en France à l'âge de 7 ans, en a aujourd'hui 33. Mais ce n'est pas hier qu'il a découvert la théologie. Dans ce domaine, il ferait plutôt figure de jeune prodige. « J'avais 16 ans et j'étais en vacances. Je suis tombé sur Le Cas Eugen Drewermann, un livre passionnant sur ce prêtre catholique allemand devenu psychothérapeute. Je me suis demandé pourquoi il y avait tant de tapage autour de lui. Il parlait de la naissance virginale de Jésus et montrait comment cette idée avait traversé non seulement l'islam mais aussi toutes les religions. »

Cette lecture ouvre à Benzine de nouveaux horizons. Certes, son milieu familial le prédestinait à la spiritualité. Un père érudit, très pieux, une mère douce et attentive. « On n'a jamais eu l'occasion de parler religion avec mon père. Mais sa pratique m'impressionnait, notamment quand il priait, à 4 h 30 du matin, avant de partir au travail... »

Le jeune Rachid s'oriente d'abord vers l'économie. Un livre de Samir Amin sur le développement inégal entre pays du Nord et du Sud, la rencontre avec un professeur ancien coopérant, et voilà sa vocation toute trouvée - du moins le croit-il. Il s'interroge sur son identité profonde. « Je sentais que j'appartenais à la marocanité, à la maghrébinité, à l'arabité enfin, explique-t-il, soucieux de démontrer la progression de l'idée en lui. Puis l'islamité s'est imposée. »

Séduit par les exégètes chrétiens, il cherche à savoir s'il existe des équivalents dans le monde musulman, découvre les travaux de l'Égyptien Nasr Hamid Abou Zaïd et du Sud-Africain Farid Esack. Très impliqué dans le milieu associatif, notamment dans le dialogue islamo-chrétien, il se lie d'amitié avec un prêtre, Jean-Michel Degorce, puis avec le père Christian Delorme, avec qui il écrit un premier livre, publié chez Albin Michel dans la collection « Espaces libres » : Nous avons tant de choses à nous dire, pour un vrai dialogue entre chrétiens et musulmans. Il y rédige un chapitre très intéressant sur la façon dont lui, musulman, lit les Évangiles et découvre Jésus. Il n'a que 26 ans, mais retient déjà toute l'attention de son éditeur. Il convainc même ce dernier de publier, à l'instar des études bibliques, les exégèses musulmanes du Coran. Rachid Benzine devient directeur de la collection « Islam des lumières » aux éditions Albin Michel.

Musulman scrutateur de l'islam, sa critique, si elle est radicale, n'exclut pas le respect de la croyance.

Ses ambitions ne se limitent pas à l'édition. Il rêve de créer une fondation dotée d'une importante bibliothèque, qui serait à la fois lieu de recherche et de production intellectuelle, animée par des islamologues du monde entier.

« J'ai envie de vulgariser le savoir universitaire et de le rendre accessible à tous, y compris aux acteurs politiques qui souhaitent réfléchir à la place de l'islam dans la société contemporaine. » Dans la foulée, il aimerait créer une université populaire s'adressant à des auditeurs plus jeunes. « Les meilleurs spécialistes de la pensée musulmane viendraient enseigner, puis leurs cours seraient disponibles sur Internet. »

La devise de Benzine ? L'élitisme pour tous. Et si, devant les journalistes de J.A.I., il parle en spécialiste, il sait adapter son langage au grand public, celui qu'il a rencontré au début de sa carrière à Trappes, dans la banlieue parisienne, où il enseignait au lycée professionnel Gagarine, au sein de l'association Les penseurs dans la cité. « Le savoir ne doit pas rester dans le milieu fermé de l'université, sinon il est inutile. » Rachid Benzine a su joindre l'acte à la parole.

Mohamed El jerroudi

Nawal El Moutawakel .

Nawal el-Moutawakil, ministre de la Jeunesse et des sports, est la femme d’une course. Ce fameux 400 m haies des jeux Olympiques de Los Angeles, en 1984, qu’elle a remporté à la surprise générale. Juste avant le départ, en effet, la Marocaine, âgée de 22 ans, était classée 20e mondiale. Elle est née le 15 avril 1962 à Casablanca

Elle a été la première femme arabe, africaine et musulmane à décrocher de l’or aux olympiades. Depuis la championne olympique s’est lancée à corps perdu dans les relations publiques. Pendant de longues années, il était impensable qu’une conférence internationale sur « la femme et le sport » puisse se tenir sans qu’elle y soit invitée.

Kinésithérapeute de formation, Nawal el-Moutawakil a été élue, en 1995, membre du comité exécutif de la Fédération internationale d’athlétisme amateur. Puis elle est devenue membre du comité international olympique, avant d’être nommée par Hassan II en 1997 secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports avec rang de ministre !

Depuis, Nawal a cumulé les fonctions d’ambassadrice honoraire, sillonnant le monde au service de plusieurs causes.

En janvier 2007, elle a été nommée vice-présidente de la Fédération royale marocaine d'athlétisme (FRMA). Et en octobre de la même année, a été nommée ministre de la Jeunesse et des sports par le Roi Mohammed VI.

Mohamed El jerroudi

Mohamed VI.

Qu’est-ce qui a changé de Hassan II à Mohammed VI ? C'est que les gens ont cessé de vivre dans la peur, comme c’était le cas sous Hassan II et son ministre de l’Intérieur, Basri, qui vient de mourir. Hassan II était un roi très ­distant et redouté. Les Marocains le savaient très intelligent, mais aussi cruel. Mohammed VI, lui, est plus rassurant.

Dès le début de son règne, il a bousculé le système policier qui régentait le pays en renvoyant Basri. Il a aussi affiché une volonté de transparence tout à fait nouvelle en reconnaissant que le régime avait échoué en matière de lutte contre la pauvreté. A la limite, au début de son règne, les Marocains ont eu plus peur pour le roi que peur de lui. Avec le temps, ces évolutions ont vu leurs limites : la nature du pouvoir fait que l’arbitraire persiste, que la corruption reste importante. Et puis il y a eu les attentats du 16 mai 2003, qui ont été suivis de grandes rafles policières, à l’ancienne. Enfin, on a tendance à oublier que la li­béralisation du régime avait commencé avant l’arrivée de Mohammed VI, en 1999. Hassan II avait donné le coup d’envoi de l’ouverture dans le domaine des médias et de la vie politique dès le milieu des années 90, notamment pour préparer la succession. Et, dans ce sens, il a parfaitement réussi.

Il est moins autoritaire et moins directement impliqué que son père. Même s’il parle souvent de transparence et a fait de son épouse un personnage public, Mohammed VI est mal connu. Il délègue beaucoup aux technocrates et aux ingénieurs dont il s’entoure. Il procède en permanence à des nominations, ce qui ­donne lieu à un jeu complexe de chaises musicales. Le roi, pour sa part, a pris des engagements forts, parfois mis à mal : pas de journalistes en prison, l’installation de la démocratie, une meilleure éthique des forces de l’ordre, une justice moins corrompue. Il s’est aussi montré sensible à la détresse causée par l’extrême pauvreté, là où son père semblait insensible. Au point qu’on l’a surnommé au début «le roi des pauvres». Ce n’est plus le cas, mais la ­tâche est titanesque et les moyens manquent. Je ne pense pas que ces proclamations soient purement démagogiques. Seulement il y a, autour du roi, bien des gens qui redoutent la démocratisation. Les élites marocaines sont souvent très conservatrices, par peur de l’inconnu.

A part quelques conseillers de Hassan II comme André Azoulay et des généraux, il y a eu un net renouvellement. Mohammed VI est entouré par ses anciens camarades de classe du Collège royal, de jeunes élèves brillants issus de milieux mo­destes, qui avaient été sélectionnés et amenés au palais royal pour faire leur scolarité avec le prince. Le plus emblématique d’entre eux est Fouad Ali al-Himma (lire ci-dessous). On trouve aussi des technocrates, comme le ministre de l’Intérieur, Chakib Benmoussa. Ajoutez à cela quelques hommes politiques et les héritiers des grandes familles, qui forment le vivier de la monarchie depuis des ­siècles. Ce qui a changé, c’est que le critère de compétence est plus important. On ne peut plus détourner l’argent public ouvertement, comme par le passé. En matière de corruption, certains abus sont sanctionnés. Le problème, c’est que le système repose sur la vertu, car la justice ne constitue pas un garde-fou.

Mohammed VI et son épose Lalla Salma Bennani.

Les lignes rouges du régime sont restées les mêmes : le caractère sacré de la personne du roi, la religion et le Sahara. Ce qui a changé, c’est la marge de manœuvre. Dans les années 80 et 90, on ne pouvait ainsi pas parler du Front Polisario , il n’existait pas. Aujourd’hui, il arrive que ses leaders soient interviewés dans la presse marocaine.

Mais la «marocanité» du Sahara reste intouchable. Il y a peu de chance que l’on évolue vers une monarchie parlementaire. Aucune réforme de la Constitution n’est en vue depuis 1976, or l’article 19 stipule que le roi est au-dessus de tous les pouvoirs. Le roi semble préférer la création d’autorités indépendantes, mais ces instances sont nommées, pas élues. Tant que le problème du Sahara reste en suspend et qu’il y a un risque de déstabilisation islamiste, les choses ne bougeront pas. Au contraire, les attentats kamikazes de 2003 et 2007 ont convaincu nombre de Marocains qu’il faut une monarchie forte pour chasser le spectre d’une guerre civile à l’algérienne.

Mohamed El jerroudi

Jacques Prévert

(1900-1977)

Jacques Prévert, poète immense, magicien des mots aimait les promenades parisiennes. Il a fait de la ville lumière le décor de certains des films auxquels il a participé comme « Les enfants du paradis » ou « Quai des brumes ». Jacques Prévert était un touche à tout, poète, dialoguiste pour le cinéma, ou encore, parolier pour Juliette Gréco ou les frères Jacques. Il a longtemps vécu dans le XVIII ème arrondissement de Paris près de la butte Montmartre où il avait pour voisin et ami, l’écrivain célèbre Boris Vian. Au cinéma, il cisèlera des dialogues inoubliables pour ceux qui deviendront les stars du cinéma français de l’époque tels Jean Gabin, Michelle Morgan ou Michel Simon.

Jacques Prévert a laissé pour la postérité, des chefs d’œuvres de la littérature française comme notamment Barbara : « Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour là… ». Ce poème culte fait partie d’un recueil qui lors de sa parution va déchaîner l’enthousiasme et projeter son auteur au premier rang des écrivains français. A sa sortie, deux millions d’exemplaires seront vendus.

  • Soyez polis

.Il faut aussi être très poli avec la terre,

.Et avec le soleil

.Il faut les remercier le matin en se réveillant

.Il faut les remercier

.Pour la chaleur

.Pour les arbres

.Pour les fruits

.Pour tout ce qui est bon à manger

.Pour tout ce qui est beau à regarder

.A toucher

.Il faut les remercier

.Il ne faut pas les embêter... les critiquer

.Ils savent ce qu'ils ont à faire

.Le soleil et la terre

.Alors, il faut les laisser faire.

.Ou bien, ils sont capables de se fâcher

.Et puis après

.On est changé

.En courge

.En melon d'eau

.Ou en pierre à briquet

.Et on est bien avancé...

.Auteur : Jacques Prévert

.Illustration : Céline Plaussu

Jacques Prévert a été une source d’inspiration pour de nombreux jeunes auteurs et de nos jours encore, de jeunes rappeurs s’inspirent de sa prose. Les stars de la chanson française de l’époque sont nombreuses à avoir repris ses textes pour étoffer leur répertoire. D’Yves Montand à Serge Reggiani, de Barbara à Juliette Gréco, sur des musiques de Kosma, ils ont immortalisé ses textes pour l’éternité. Jacques Prévert passera la fin de sa vie dans le sud de la France à St Paul de Vence où il côtoie Picasso et Miro avec qui il tisse des liens amicaux. Grand fumeur devant l’éternel, Jacques Prévert avait toujours un mégot à la bouche et sa passion pour la nicotine lui coûtera la vie. Il meurt en avril 1977 d’un cancer du poumon dans sa maison bretonne où il s’était retiré.

Mohamed El jerroudi

Coexistence.

La coexistence est l’une des formes de la coopération qui doit se fonder sur les principes de la confiance et du respect mutuels. L’intérêt de cette coexistence est de réussir à atteindre les objectifs communs aux parties désireuses de coexister. Comment faire pour la concrétiser ? Quels canaux ? Quels objectifs ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il importe de préciser que la coexistence ne veut pas dire, dans notre conception, la banalisation des prises de position, l’amalgame des convictions, ou l’aliénation des religions à un modèle unique, fût-il à vocation humaine. Et pour cause, les vrais croyants ne peuvent s’accommoder de ces confusions qui tendent à escamoter les spécificités, les valeurs et l’identité de chaque religion, même s’ils encourent le risque d’être taxés d’extrémisme ou la chance d’être qualifiés d’esprits libres. Loin de revêtir son sens pelin, la notion de tolérance serait, dans le cas de concessions, synonyme de perfidie et de pervertissement.

En revanche, si l’acception de la tolérance garantit à chaque religion la possibilité de conserver ses principes et ses particularités, elle aura rencontré le vrai dessein qui conditionne toute action de coopération avec le non musulmans.

Pour arrêter les modalités de mise en oeuvre de l’idéal de coexistence avec les adeptes d’autres religions, les musulmans doivent s’appuyer sur les principes de confiance et de respect mutuels et partir de la volonté d’oeuvrer pour le bien de toute l’humanité, notamment dans les secteurs d’intérêt commun. En revanche, la tolérance ne doit pas concerner les autres volets qui ne seront d’aucun profit pour l’homme.

A notre avis, le modèle de coexistence proposé par Cheikh Mohammed Al Ghazali, qu’Allah l’ait en sa sainte miséricorde, est exemplaire car très représentatif de l’image de coexistence qui doit lier le musulman au non-musulman. Trois principes ont ainsi été avancés par l’Imam, pour illustrer les valeurs de la coexistence et du dialogue :

1- Se mettre d’accord pour exclure tout vocable attentatoire à la grandeur d’Allah, les parties concernées convenant de l’omniscience d’Allah, de son omnipotence, de sa miséricorde incommensurable et de sa pureté, etc.

2- S’accorder sur le fait qu’Allah élit ses prophètes parmi les hommes communs pour leur honnêteté et leur sagesse.

3- Trancher les questions litigieuses sur la base des principes de jugement communs et adopter ces principes comme plate-forme propre à toutes les religions(42).

En convenant de cette plate-forme, il est possible de concevoir une recherche scientifique plus approfondie qui engage des efforts communs, le but étant de consacrer les bases de la coexistence, ce qui reste, en premier et dernier lieux, la voie de coopération entre les croyants sur terre. Une telle démarche, qui se départ de l’influence religieuse, est très avantageuse pour la paix mondiale et la fraternité humaine, nobles idéaux de toute religion. Ce sont là les rêves bercés par la pensée philosophique depuis l’aube de la vie intellectuelle. Ce genre de quête élargit l’horizon des croyants, les incitant à s’attacher à la valeur la plus relevée de la religion. Il est, en outre, une des tâches que doivent remplir les spécialistes de l’histoire et des études comparées des religions(43).

Participer à cette oeuvre scientifique est d’un intérêt certain pour l’ensemble des Croyants. Celle-ci tend effectivement à consolider l’entente entre les croyants, à diffuser les valeurs humaines entre eux et à mettre en place les passerelles du rapprochement humain qui outrepasse le cadre du rapprochement intellectuel et culturel.

La coopération entre les religions en matière de préservation de l’environnement, de lutte contre les maladies graves, de lutte contre les formes de ségrégation, de dissipation de l’oppression excercée sur les peuples, les doctrines et les catégories brimées, c’est là un cadre assez large pour la coexistence entre les croyants.

Cette même coexistence doit envisager l’action commune, visant à lutter contre l’athéisme, la dépravation morale, la désagrégation de la cellule familiale, la délinquance infantile et les épidémies qui menacent la sécurité de l’individu et de la communauté et portent atteinte à la vie de l’homme.

Le cadre de la coexistence religieuse doit s’élargir davantage pour juguler les foyers de tension qui mettent en péril la paix, la sécurité et la stabilité dans différentes régions du globe comme la Palestine, la Bosnie-Herzégovine, la Province du Kossovo, le Cachemire, les Philippines et différentes régions d’Afrique et d’Asie. Cette action concertée sera profitable pour la communauté des hommes. En procédant de la sorte, la coexistence religieuse devient un moyen pour renforcer les efforts de la société visant à mettre en place la paix, le droit international, le respect des droits de l’homme et l’affirmation des libertés stipulées dans les conventions et les accords internationaux.

D’autre part, la coexistence entre les religions doit tendre à rendre justice aux opprimés de la terre, en contraignant les oppresseurs, qu’ils soient de l’Etat, de la société ou de simples individus, à se plier aux dispositions du droit international et prescriptions des religions révélées. C’est, ainsi, que la coexistence religieuse doit intégrer, dans ses préoccupations, la lutte contre la tyrannie et la spoliation de terres par l’usage de la violence, pour quelque raison que ce soit. Tout compromis avec les responsables de tels actes infâmes doit être exclu, même s’il s’agit de contourner les considérations politiques car il est dans l’essence de la coexistence religieuse un objectif primordial portant sur l’affirmation des valeurs de la justice et du respect de la dignité humaine. Ce sont là les communs dénominateurs à toutes les religions.

De plus, la coexistence religieuse doit tenir lieu de valeur auxiliaire servant à renforcer les efforts déployés par la communauté internationale dans le sens de la création d’un climat pour la coexistence civilisationnelle et culturelle entre les peuples et les nations. Ce sera ainsi le moteur qui devra promouvoir et enrichir ces efforts pour servir les fins de la paix juste, les parties engagées dans le processus de coexistence devant se défaire des contraintes et des entraves pouvant entrer en contradiction avec les valeurs de la coexistence.

Le mouvement judaïque et sioniste exerce des influences évidentes sur certaines catégories de chrétiens. Ainsi ont émergé des positions qui tendent à altérer certaines vérités de l’histoire. A titre d’exemple, la Grande Bretagne et les Etats-Unis d’Amérique ont vu naître des courants évangéliques, dont le plus important reste le mouvement dispensationaliste, qui soutient que la Sainte Bible, notamment les Chapitres d’Ezéchiel, de la Révalation et de Jean évoque certains signes avant-coureurs de la fin du Monde, comme le retour des Juifs en Palestine, l’avènement d’Israël, l’incendie nucléaire «d’Armageddon», la dévastation et la désolation, le décès de millions d’âmes humaines, l’avènement du Christ le Sauveur, la conversion des juifs au Christianisme et l’instauration de la paix dans le royaume millénaire du Christ. Ce courant compte plus de quarante millions d’adeptes, dont l’ancien président Ronald Reagan, et contrôle une large partie des médias américains, notamment des chaînes de télévision. Ses leaders s’associent aux éminents responsables à la Maison Blanche, au Pentagone et au Secrétariat d’Etat pour concevoir les orientations politiques et militaires destinées à gérer le conflit arabo-sioniste. Les adeptes de ce mouvement ont la conviction que les juifs sont le peuple élu et que ceux-ci ont le droit de posséder les territoires palestiniens. Ce mouvement est ainsi le socle du sionisme chrétien(44).

Bien que nombre d’églises chrétiennes catholiques et d’autres évangélistes (en plus des Eglises orientales orthodoxes), réfutent le bien-fondé de telles idées qu’elles jugent en rupture avec les dogmes du christianisme(45),la prépondérance de ce mouvement est grande aux Etats-Unis d’Amérique. Son influence sert les desseins d’expansion sous des formes diverses. Dans le dernier chapitre, nous avons vu que le Vatican avait pris des décisions historiques en faveur des juifs, qui ont l’inconvénient de mettre à mal quelques fondements traditionnels de la religion chrétienne, servant ainsi les intérêts de la politique sioniste.

Pour ces raisons, il est important d’être vigilants pour éviter que la coexistence religieuse ne subisse les effets pernicieux de l’action de ces mouvements qui servent des desseins politiques en rupture avec les principes du christianisme et les valeurs humaines nobles. Toute doctrine ou groupe chrétiens qui tombent sous la coupe de ces mouvements risquent de porter atteinte aux efforts de coexistence, en les vidant de leur raison d’être .

Si la coexistence religieuse, synonyme de la coexistence civilisationnelle et culturelle, n’aspirait pas à servir les nobles desseins de l’humanité, elle risque de se vider de son sens et de se réduire à des slogans creux. A cet égard, les musulmans sont tenus d’être attentifs aux objectifs qui sous-tendent les appels de certaines parties au dialogue et à la coexistence entre les religions et les autres systèmes de valeurs. Cette précaution nous épargnera d’être victimes du brouillage culturel et religieux, forme la plus pernicieuse aux effets plusieurs fois plus nuisibles que ceux de la tricherie en matière de commerce et d’industrie.

Conscients que nous sommes des menaces qui guettent l’humanité, nous avons la certitude que la coexistence entre les religions est une des nécessités impérieuses qui garantissent la survie du genre humain.

Dans le proche avenir, ce besoin se fera plus pressant, la raison étant les multiples signes avant-coureurs du vingt et unième siècle. De profondes crises politiques et économiques, mais aussi civilisationnelles et culturelles, éclateront certainement. Dans ce contexte, le rôle des religions révélées et des croyants s’accentue davantage, notamment pour la promotion de la coexistence entre les religions sur la bonne voie, répondant ainsi au commandement divin : «Dis : «O Gens du livre, venez à une formule moyenne entre vous et nous: de n’adorer que Dieu sans rien lui associer, de ne pas nous prendre les uns les autres pour maîtres en place de Dieu. S’ils se dérobent, eh bien ! dites : «témoignez que nous sommes de ceux qui se soumettent»(46).

Ce verset coranique met à notre disposition une règle générale définissant la position de l’islam à l’égard de la coexistence entre religions. Le mot d’ordre lancé par Allah par «Formule moyenne» à son Prophète Mohammed, que la Prière et le Salut soient sur lui, consiste en trois points : si le dialogue avec les Gens du livre doit se faire sur la question de la reconnaissance de l’unicité de la personne divine, les Croyants doivent se mettre d’accord sur trois principes essentiels :

1- N’adorer que le seul Allah

2- Ne rien lui associer

3- Ne pas élever des êtres humains au rang d’Allah.

Ce verset donne la règle d’or de la coexistence entre les religions car il appelle à la reconnaissance d’Allah, à la foi monothéiste et au rejet des formes d’oppression. Dans cet esprit, les Croyants sont tenus de ne craindre qu’Allah et de refuser de se soumettre à la tyrannie de despotes. Ces pratiques excessives sont périlleuses car elles peuvent porter préjudice à l’ordre du monde. Il est, donc, nécessaire de vouer la coexistence religieuse à Allah l’Unique, au service de la vie humaine digne, le tout en s’inspirant des valeurs de la foi, du bien et de la piété.

Mohamed El jerroudi

Source: ISESCO.

MAROC: La cultutre au féminin.

TOURIA JABRANE

Mme Jabrane Kryatif, qui a poursuivi ses études primaires et secondaires à Casablanca, est diplômée du Conservatoire national du ministère d'Etat chargé des affaires culturelles et de l'enseignement originel.

Membre active de plusieurs troupes nationales, locales et indépendantes, elle est également membre fondatrice de plusieurs organisations humanitaires et de droit de l'Homme.

Mme Jabrane Kryatif, qui a participé dans plusieurs œuvres théâtrales, télévisuelles et cinématographiques au niveau national, arabe et international, a porté la parole de grands auteurs nationaux, arabes et internationaux dans plusieurs scènes et écrans du monde.

Elle a remporté plusieurs prix et distinctions dans plusieurs festivals nationaux, arabes et internationaux.

Décorée par Feu SM Hassan II du Wissam du mérite national, elle est également Chevalier de l'Ordre des Arts et Lettres de la république française.

Mme Touriya Jabrane , que SM le Roi mohamed VI a nommé ministre de la Culture, est née le 16 octobre 1952 à Casablanca.

Mohamed el jerroudi

Boris Vian .

Vian, Boris (1920-1959), écrivain et musicien de jazz français, auteur de l'Écume des jours, devenu une figure mythique de la littérature française. Né à Ville-d'Avray, près de Paris, le 10 mars 1920, Boris Vian commença des études de philosophie mais, désireux de s'orienter vers le métier d'ingénieur, il prépara ensuite, au lycée Condorcet, l'École centrale où il fut admis en 1939. Il devint ingénieur en 1942. Atteint d'une maladie de cœur, qu'il transposera sous la forme poétique d'un nénuphar dans l'Écume des jours, Boris Vian semble avoir souhaité vivre le plus intensément possible, multipliant ses activités et ses expériences. Ce passionné de jazz devint naturellement après la guerre l'une des figures les plus connues des nuits de Saint-Germain-des-Prés. Trompettiste de talent (il jouait régulièrement dans une boîte devenue célèbre, Le Tabou), il fut un parolier et un interprète insolent : sa chanson le Déserteur, fit scandale pendant la guerre d'Algérie. Il composa également des chansons pour des artistes comme Serge Reggiani ou Juliette Gréco.

S'il fréquentait les existentialistes dans les cafés, il resta avant tout un grand admirateur d'Alfred Jarry, père de la 'Pataphysique, cette « science des solutions imaginaires », qui était en fait une révolte humoristique contre la philosophie positiviste. Vian tint également une « Chronique du menteur », qui lui était réservée dans la revue de Sartre, les Temps modernes, et écrivit un grand nombre d'articles sur le jazz pour la revue Jazz Hot. Ses Écrits sur le jazz, publiés en 1981 et 1982, regroupent l'ensemble des textes épars qu'il consacra à sa musique favorite. C'est sous le pseudonyme américain de Vernon Sullivan que Boris Vian entra en littérature. Son premier livre, qu'il proposa au public comme le récit d'un auteur américain dont lui-même n'était que le traducteur, était une sorte de thriller violent, intitulé J'irai cracher sur vos tombes (1946). Le héros de ce récit est un jeune Noir qui veut venger le lynchage de son frère cadet, assassiné par les Blancs. Doté de l'apparence d'un Blanc par un curieux caprice de la nature, il peut s'introduire dans les milieux huppés de la bourgeoisie blanche ; il séduira deux sœurs, créatures superbes issues des meilleures familles, pour les tuer sauvagement l'une et l'autre avant d'être lui-même pendu par la police. L'ouvrage, qui traite du racisme, de la violence et de la sexualité, provoqua un énorme scandale en France, puisque la presse se déchaîna et que l'« affaire » fut portée devant les tribunaux. Après ce premier scandale, Vernon Sullivan réitéra sa provocation avec des romans tels que Elles se rendent pas compte (1948) ou Et on tuera tous les affreux (1948), tous placés sous le signe de la sexualité et du scandale. Sous son nom véritable, Vian publia des ouvrages d'un ton moins violent mais tout aussi désespéré, où ses liens avec l'humour et la 'pataphysique sont sensibles : Vercoquin et le Plancton (1946), l'Automne à Pékin (1947), l'Écume des jours (1947), l'Herbe rouge (1950) ou l'Arrache-cœur (1953). L'ouvrage le plus connu de Vian, et peut-être son chef-d'œuvre, reste l'Écume des jours (1947), une histoire d'amour déchirante, aujourd'hui encore lue avec une grande ferveur par un lectorat adolescent. Ce livre a pour héros Colin, amateur de jazz, et son amie Chloé.

Leur ami Chick, lecteur de Jean-Sol Partre, est à leurs côtés. Le livre commence de façon idyllique, puisque le monde, animé ou inanimé, forme un berceau harmonieux pour les deux amants : le bonheur est partout. Mais bientôt Chloé tombe malade et se met à tousser : la maladie est transposée sous la forme d'un nénuphar qui pousse dans sa poitrine. Avec la maladie qui tue Chloé peu à peu, le monde rieur laisse la place à la tristesse et à la laideur, et la mort touche tous les êtres qui l'entouraient : Chick meurt et Colin se suicide. Cette histoire tragique, hantée par l'angoisse de la maladie qui détruit la jeunesse, devint célèbre grâce aux jeux de langage qui la caractérisent. Vian est également l'auteur de nouvelles, telles que les Fourmis (1949) ou le Loup-garou (1964), de recueils de poèmes comme les Cent sonnets (1941-1944), Cantilènes en gelée (1950) ou Je voudrais pas crever (1962), et de pièces de théâtre, composées de dialogues décousus et de comportements incompréhensibles, qui relèvent du théâtre de l'Absurde et expriment le caractère désespéré de l'existence humaine.

L'Équarrissage pour tous (1948), par exemple, jouée pour la première fois en 1950, est une comédie noire qui se déroule dans un abattoir en 1944, tandis que les Bâtisseurs d'empire (1959) se présente comme une tragédie burlesque dans laquelle une famille est lentement conduite en haut de sa propre maison par un personnage étrange et silencieux, le Schmürz. Citons également le Goûter des généraux (1951). Pour Darius Milhaud, Boris Vian composa en 1958 un livret d'opéra, qui a pour titre Fiesta. Malade depuis son enfance, Boris Vian fut terrassé par une crise cardiaque le 23 juin 1959, à l'âge de trente-neuf ans.

Mohamed El jerroudi

Martin Luther King.

(1929 - 1968)

Martin Luther King est né à Atlanta, en Géorgie, le 15 janvier 1929. Sa mère, Alberta Williams, institutrice avant son mariage, était la fille d'Adam Daniel Williams, pasteur pendant dix-sept ans de l'Eglise baptiste Ebenezer et pionnier de la résistance aux discriminations raciales : membre de la National Association for the Advancement of Colored People, il avait lutté pour obtenir un collège secondaire pour les Noirs et fait boycotter un journal raciste. Son père, Martin Luther King Senior, était également pasteur, et il succéda d'ailleurs dès 1931 à Adam Williams dans la responsabilité de la paroisse.

Le milieu où le jeune Martin Luther King (Martin Luther King Junior) allait grandir était donc celui d'une bonne classe moyenne. Tout en étant très bagarreur et très émotif, il connut effectivement une enfance paisible imprégnée de morale évangélique. Martin Luther King a ignoré le ghetto et la misère, les rats et la vermine, qui étaient et restent le lot de plusieurs millions de Noirs américains et il eut toutes les facilités pour entreprendre de bonnes études. Son père, fils d'un ouvrier asservi de plantation, avait su s'élever dans la société, acquérant à la fois une influence de responsable spirituel et une aisance matérielle certaine. Martin Luther Jr savait qu'on attendait de lui une réussite analogue.

De fait, le jeune homme fit des études brillantes. En 1944, il entrait au Morehouse CoUege d'Atlanta, pensant devenir médecin ou avocat. Malgré le souhait de ses père et grand-père, il ne désirait pas devenir pasteur à son tour, se sentant mal à l'aise avec l'émotivité excessive qu'il percevait dans les églises réservées aux Noirs. Toutefois, l'enseignement de certains de ses professeurs qui étaient pasteurs lui prouva qu'une carrière religieuse pouvait être intellectuellement satisfaisante, et il finit par embrasser cette voie. Il fut ordonné dans le temple de son père à Atlanta en 1947, et nommé assistant de cette paroisse.

Toujours étudiant à Morehouse, Martin Luther King eut une activité très dense au sein de la National Association for the Advancement of Colored People (N.A.A.C.P.), organisation créée en 1909. Car s'il bénéficiait d'une sécurité matérielle, il n'en connaissait pas moins l'insécurité morale qui frappait tous les Negres et, comme son père, il voulait faire progresser la situation de ses frères de peau. Il quitta Morehouse en 1948, avec une licence de lettres, pour le Crozer Theological Seminary de Chester, en Pennsylvanie, où il était l'un des six Noirs dans un groupe de cent étudiants. En 1951, il obtint une licence de théologie et décida de poursuivre des recherches à l'Université de Boston, tandis qu'il continuait à suivre des cours de philosophie à l'Université de Harvard. A partir de 1953, il se consacra à la rédaction d'une thèse : "Comparaison de la conception de Dieu chez Paul Tillich et Henry Nelson Wieman". Il obtint le doctorat de troisième cycle de théologie systématique en juin 1955.

King possédait une solide érudition. Le théologien "social" Walter Rauschenbusch avait marqué sa pensée, tout comme Henri-David Thoreau, Hegel, Tillich, et ... Gandhi. Il se définissait comme "personnaliste", et il ne faisait point de doute pour lui que l'Eglise devait jouer un rôle actif dans l'établissement de la justice sociale. Il avait également lu Marx, ce qui, dans les Etats-Unis de l'époque, n'allait pas de soi.

Au début, les militants du "Black Power" refusèrent de collaborer avec King comme celui-ci le souhaitait malgré les divergences ; mais devant ses efforts, ils finirent par accepter. King glorifia avec eux le pouvoir créateur du Noir, faisant imprimer sur des milliers d'affiches "Black is beautiful". Puis, le 4 avril 1967, il lançait une "Déclaration d'Indépendance à l'égard de la guerre du Vietnam", faisant valoir que cette guerre empêchait tout effort sérieux contre la misère aux U.S.A. et dans le monde, et que surtout, elle était un acte criminel.

Pendant l'été 1967, Martin Luther King se rendit encore à Cleveland apporter son soutien à Carl Stokes, un Noir candidat à la mairie. Mais celui-ci, craignant de perdre quelques électeurs blancs... refusa de le rencontrer. Stokes fut cependant élu.

Les émeutes, pendant ce temps, continuaient. Le pasteur proposa des moyens non-violents de protestation : "Bloquer le fonctionnement d'une cité sans destruction est plus efficace qu'une émeute. Cela obligera l'administration et le Parlement à chercher des remèdes plus radicaux que des mesures de police". On ne l'écouta pas. Ne désespérant pas, Martin Luther King, alors qu'il était une nouvelle fois emprisonné à Birmingham avec d'autres leaders, commença à préparer avec ceux-ci l'organisation d'une "Marche des Pauvres" de tout le pays vers Washington pour le printemps 1968. Sa foi dans la non-violence restait entière : "Dans un monde dont la culture et l'esprit sont tellement en retard sur la capacité technologique, au point que nous vivons chaque jour au bord de l'anéantissement nucléaire, la non-violence n'est plus un choix pour l'analyse intellectuelle : c'est un impératif pour l'action". Signe de sa radicalisation, il fit un discours à New-York, à la mémoire de W.C.B. Du Bois, Noir américain éminent, devenu communiste, et mort, exilé volontaire, au Ghana. Le 31 mars 1968, à la cathédrale épiscopalienne de Washington, il accusait : "On a libéré les Noirs, mais on ne leur a pas donné de quoi se payer le car jusqu'à la maison".

C'est alors que, tout en préparant la "Marche des Pauvres", Martin Luther King alla participer aux manifestations des éboueurs grévistes de Memphis (Tennessee). Depuis huit semaines, ceux-ci, dont une majorité de Noirs, étaient en grève, et il y avait eu des violences : mort d'un jeune homme tué par la police, arrestations en grand nombre. Les leaders se demandaient s'il fallait tout arrêter ou continuer. King vint donc, pour marcher avec les travailleurs dont la dignité était en cause. Le soir du 3 avril, il parla au temple maçonnique de la ville : "Comme tout le monde, j'aimerais vivre une longue vie. La longévité, c'est appréciable. Mais ce n'est pas à cela que je pense maintenant. Je veux seulement faire la volonté de Dieu. Il m'a permis de monter sur la montagne. J'ai regardé au-delà et j'ai vu la Terre Promise. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur".

Le lendemain en fin d'après-midi, Martin Luther King se trouvait sur le balcon de sa chambre d'hôtel. Il appela un ami qui passait sur le trottoir : "Bien entendu, tu joues "Seigneur, prends ma main" ce soir à la réunion. Joue-le bien, pour moi". A ce moment, on entendit un coup de feu. King eut la gorge trouée. Il mourut une heure plus tard.

Comment juger aujourd'hui l'action de Martin Luther King ? Le principal résultat de son combat se situe au plan législatif : les Noirs peuvent en appeler maintenant à l'arsenal des textes fédéraux, et la ségrégation n'est plus légale nulle part aux Etats-Unis. Pendant une dizaine d'années, la communauté noire américaine s'est mobilisée autour d'une même stratégie ; elle a fait bloc, elle a pris en main son destin comme jamais auparavant. Certes, King s'est vu abandonné dans les dernières années de sa vie par toute une partie de son peuple, parce qu'il avait trop tardé à faire une analyse politique de la société américaine et qu'il n'avait pas pris conscience assez tôt de la réalité des ghettos du Nord. Ce n'est vraiment qu'à partir de 1967, avec la guerre du Vietnam, qu'il réalisa que "son rêve" ne s'harmonisait pas avec la société d'un John Kennedy ou d'un Lyndon Johnson. Les textes qu'il a publiés dans Où allons-nous et La seule révolution témoignent de son évolution. Mais, d'une part, il n'est pas certain que le Martin Luther King "politisé" eut pu réaliser ce que le Martin Luther King des années 1955-1964 a pu faire par son pouvoir charismatique et religieux. D'autre part, qui, depuis, a pu faire mieux que lui ? Le "Black Power", après des débuts retentissants, s'est progressivement tu, et les "Panthères Noires" elles-mêmes en sont venues à préférer des actions sociales à une lutte armée impossible...

King a été le levier qui a soulevé la communauté noire et l'a mise dans la rue pour le juste combat. Il a montré que la non-violence active pouvait gagner.

Mohamed El jerroudi

Cinéma marocain.

Mohamed Ousfour(le père du cinéma marocain)

La plupart des chercheurs et des critiques s'accorde à dire que la véritable histoire du cinéma marocain a débuté avec la production du film Wechma de Hamid Bennani en 1970. Les films produits avant cette date ne sont que des copies marocanisées de mélodrames égyptiens. Wechma est à l'origine d'un nouveau courant cinématographique. Ce courant appelé « modernité cinématographique » se base sur les principes suivants : 1. le cinéma est un moyen de changer la réalité et non pas seulement de l'expliquer ; 2. le cinéma est un art, une pensée et une culture et non pas un simple moyen de divertissement ; 3. le cinéma est une langue et une nouvelle écriture basée sur les signes et usant de l'espace et des lieux selon une esthétique nouvelle ; 4. il privilégie l'individu au sein de la société et tente de le libérer de ses superstitions, de ses tabous et de l'autorité répressive ; 5. le cinéaste est un artiste, un intellectuel, témoin de la période politique et historique dans laquelle il vit.

Le respect et l'application de ces principes, d'une manière consciente et inconsciente, ont permis à certains films de rester dans nos mémoires grâce à leurs qualités artistiques : Mille et une mains de Souheil Ben Barka, El Chergui de Moumen Smihi, Des jours et des jours d'Ahmed El Maanouni, Le mirage de Hamed Bouani, Les poupées de roseau de Jillali Ferhati, Le coiffeur du quartier des pauvres de Mohamed Reggab, Badis de Mohamed Abderhamane Tazi, Le cheval de vent de Daoud Aoulad-Syad.

Ces films ont été, pour la plupart d'entre eux, produits dans les années 1970 et au début des années 1980 avant que l'Etat ne finance la production cinématographique marocaine. Ces réalisateurs ont été leur propre producteur, investissant leur argent personnel et prenant ainsi des risques pour que leur film voie le jour. La philosophie du cinéma d'auteur a permis à certains réalisateurs marocains de ne pas tomber dans le piège du cinéma populiste. Signalons, à la fin de ce bref aperçu, que l'Etat a fait de grands efforts pour soutenir la production cinématographique qui est ainsi passée de 1 à 2 films par an (années 1970 et début des années 1980) à 12 films par an à la fin des années 1980 et dans les années 1990.

Cependant, la problématique actuelle est que les principes énumérés précédemment ne sont plus pris en compte par les producteurs qui cherchent des recettes rapides pour satisfaire la demande locale. Ceci est une des causes de la disparition de films aux qualités artistiques et esthétiques, qui malgré ces conditions restent présents dans nos mémoires comme le sont Wechma et Mille et une mains.

C'est la question qui se pose aux cinéastes d'aujourd'hui qui, grâce à leurs courts métrages, ont su donner un nouveau souffle au cinéma marocain qui commence à s'imposer sur le plan national et international.

Mohamed El jerroudi

Amedeo Modigliani.

Né dans une famille ruinée, Amedeo Modigliani connaît une enfance misérable et marquée par la maladie (typhoïde, tuberculose). Il suit très tôt des cours de dessin dans sa ville natale de Livourne, en Toscane. Il part ensuite étudier à Florence, Rome et Venise, et arrive à Paris en 1906, à l’âge de vingt-deux ans. Il s’installe d’abord au Bateau-Lavoir, à Montmartre, puis à Montparnasse, où il fréquente les milieux de l’avant-garde artistique internationale.

Modigliani rencontre son premier acheteur, Paul Alexandre, en 1907, et expose à partir de l’année suivante au Salon des Indépendants. Au contact des œuvres de Cézanne, Picasso et Toulouse-Lautrec, mais aussi de l’art africain, ses compositions se renforcent et sa ligne s’accentue. En 1909 il rencontre Constantin Brancusi, qui l’encourage à se mettre à la sculpture. Ses Têtes sculptées sont inspirées du même idéal de pureté et de primitivisme que ses toiles. Mais Modigliani doit cesser la sculpture en raison de l’effort physique qu’elle nécessite et de la poussière générée qui pollue ses poumons fragiles.

L’artiste exécute essentiellement des nus et des portraits, notamment de sa femme Jeanne Hébuterne et de ses amis, comme Jean Cocteau ou Chaïm Soutine : il y recherche une forme idéale, abstraite, du visage et du corps humains, dans un rythme et une poésie de la ligne étirée qui lui son propres. En 1917 pourtant, ses nus exposés à la galerie Berthe Weill font scandale.

Amedeo Modigliani, victime d’une santé fragile et d’excès en tous genres, meurt en 1920 à l’âge de trente-cinq ans.

Mohamed El jerroudi

Guillaume Apollinaire.

De son vrai nom Wilhelm Apollinaris de Kostrowitsky, Guillaume Apollinaire est né à Rome en août 1880, fils naturel d'un officier italien, Francesco d'Aspermont, et d'Angelica Kostrowicka, aristocrate polonaisen de 22 ans. Sa mère Angelica – qui se fait à présent appeler Olga – l'entraîne dans une vie aventureuse à travers l'Europe: son enfance auront alors pour cadre l'Italie, pui son adolescence, la Côte d'Azur; il fera de brillantes études aux lycées de Monaco, puis à Cannes et àNice.

Est-ce la marque du midi solaire s'il choisit de prendre pour nom un prénom qui évoque Apollon, maître de la lyre et du Soleil? Avant d'opter pour Apollinaire, il a signé ses premiers poèmes, en 1897, du pseudonyme «Guillaume Macabre». Il a trouvé sa vocation: jugeant superflu de poursuivre ses études, ce collectionneur de prix d'excellence quitte le lycée sans passer le baccalauréat. À cette époque, il se veut anarchiste et dreyfusard. De la Seine au Rhin Apollinaire, déjà venu à Paris pour l'Exposition internationale de 1889, s'y installe définitivement dix ans plus tard. La mère de Guillaume vit à Paris avec Jules Weil, qu'elle fait passer pour un parent. L'«oncle» s'installe quelques mois plus tard à Stavelot, dans les Ardennes belges, où ses prétendus neveux viennent passer d'agréables vacances. Mais, leur mère ayant inconsidérément dilapidé à leurs frais de séjour, ils doivent déménager à la cloche de bois. De retour à Paris, Olga de Kostrowitzky, pour échapper aux recherches de ses créanciers, se fait ingénument appeler Olga Karpov. Bientôt démasquée, elle doit conclure un arrangement à l'amiable avec l'hôtelier furieux.

Arrivé à Paris en 1899, Guillaume se fait recenser à la mairie comme étranger. Pour gagner sa vie, il occupe divers emplois gagne-pain, fait de médiocres travaux de secrétariat et écrit des romans pornographiques et alimentaires. Il rencontre Linda Molina da Silva et en tombe amoureux, sans succès, ce qui sera une des constantes de sa vie: en permanence épris, il est souvent éconduit.

Par chance, en 1901, il est engagé comme précepteur pour enseigner le français à une jeune aristocrate, Gabrielle de Milhau. Madame la vicomtesse, d'origine allemande, part pour la Rhénanie, emmenant avec sa maisonnée une jeune gouvernante anglaise, Annie Playden, dont le jeune précepteur s'éprend. Hélas, la puritaine jeune fille ne voit pas l'amoureux idéal en cet Italien trop empressé. Profondément épris, il sera éconduit, – expérience qui lui inspirera quelques-uns des plus beaux poèmes dont «la Chanson du mal-aimé», qui paraîtra pour la première fois en revue en 1909 puis dans Alcools (1913). Ce séjour d'un an en Allemagne (1901-1902) sur les bords du Rhin, associée aux légendes germaniques lui fournira les thèmes d'inspiration et le titre de ses neuf poésies «Rhénanes», rassemblées dans le recueil «Alcools» en 1913. À partir de février 1902, Guillaume parcourt l'Allemagne et l'Autriche, puis rentre à Paris. De retour à Paris en 1903, pour vivre, il se fait embaucher dans une banque, tout en collaborant à plusieurs journaux littéraires, avant de devenir rédacteur en chef de deux revues, l'une consacrée aux spéculations boursières et bien éloignée de l'autre, le Festin d'Ésope (1903-1904), vouée à la poésie, dans laquelle il donne une première version de l'Enchanteur pourrissant, oeuvre poétique en prose. Il publie d'autres poèmes et se lie d'amitié avec des hommes de lettres, parmi lesquels Alfred Jarry, André Salmon, André Billy et Max Jacob, qui l'appellent «Kostro».

Pour subvenir à ses besoins et par goût pour la littérature «libre», il entreprend bientôt la rédaction de romans érotiques, publiés sous le manteau (les Onze Mille Verges, 1906; les Exploits d'un jeune don Juan, 1911). En avril 1905, dans la Revue immoraliste, Apollinaire signale à ses lecteurs le talent d'un jeune artiste espagnol récemment débarqué à Montmartre, Pablo Picasso. Il est le premier à célébrer l'art naïf du Douanier Rousseau, parle avec admiration de Matisse, préface la première exposition de Georges Braque, voyage en Angleterre avec Picabia. Il se réunit avec ses amis poètes au Bateau-Lavoir et assiste à la gestation du cubisme dont il sera un des animateurs et théoriciens (les Peintres cubistes, 1913). Derain illustrera l'Enchanteur pourrissant, Dufy le Bestiaire; Metzinger et Chirico font son portrait.

En attendant, il travaille toujours à la banque, et continue ses publications érotiques vendues sous le manteau. Ces activités lui permettent enfin, l'année suivante, de quitter le domicile maternel et de s'installer seul. Menant une double activité de critique d'art et de poète, Guillaume Apollinaire vit de sa plume et s'affirme comme un écrivain d'avant-garde. En 1908, il fait la rencontre du peintre aquarelliste Marie Laurencin et tombe amoureux de ses œuvres – et de la personne, avec qui, il vivra jusqu'en 1912. En 1908, le Douanier Rousseau fera un portrait naïf du couple, la Muse inspirant le poète. Elle l'introduit dans les milieux artistiques parisiens d'avant-garde. Devenu l'ami de Vlaminck, de Jacob, de Derain, de Picasso, de Braque et de Matisse, il se fait le défenseur de l'«art nouveau», sujet de la conférence remarquée qu'il fera au Salon des indépendants en 1908. En 1909, il édite des ouvrages «libertins» pour la collection commentée des «Maîtres de l'amour», et établit des anthologies de littérature érotique avec des auteurs tels que l'Arétin, Sade (complètement interdit par la censure), Nerciat et Mirabeau. L'année suivante, l'Enchanteur pourrissant (1909) paraît en volume, illustré par Derain de gravures sur bois. Peuplée de personnages mythiques empruntés aux romans de la Table ronde (Merlin, Viviane, Morgane), cette oeuvre de jeunesse, dont les surréalistes feront plus tard l'éloge, se veut une célébration des légendes de l'Occident. Toutefois, y sont sous-jacents des thèmes très personnels, comme le mystère de l'origine et le secret des pouvoirs de l'enchanteur-poète, à la fois menacé et inspiré par les forces vives de l'amour. En 1910, Apollinaire publie l'Hérésiarque et Cie, recueil de seize contes merveilleux à tonalité fantastique, qui rate de peu le prix Goncourt, puis, en 1911, les courts poèmes du «Bestiaire ou Cortège d'Orphée» illustrés par Raoul Dufy de gravures sur bois. Alors que prend fin sa liaison avec Marie Laurencin, il fait paraître un essai théorique consacré à l'art contemporain, les Peintres cubistes, méditations esthétiques (1913) et Alcools, recueil de ses meilleurs poèmes écrits entre 1898 et 1912, dont il a supprimé toute ponctuation. Fasciné par le développement des villes modernes, il place en tête des poèmes d'Alcools le texte, «Zone», d'inspiration toute récente issue de son observation de la modernité qui le pousse à développer son goût des images insolites et des innovations poétiques, – et proche des Pâques à New York de son ami Blaise Cendrars. Mais le journal chic de l'époque, le Mercure de France, l'éreinte.

Apollinaire est vivement intéressé par le futurisme, tant littéraire – il aurait rédigé le Manifeste futuriste pour le compte de l'Italien Filippo Tommaso Marinetti – que pictural – il est témoin au mariage du peintre Gino Severini. Ce faisant, il se situe, une fois pour toutes, à l'avant-garde.

En 1914 le poète décide de s'engager, bien qu'il ne soit pas de nationalité française. Mais on n'a que faire d'étrangers dans un conflit que l'on pense bref. À Nice, il rencontre une aristocrate, Louise de Coligny-Châtillon, et lui fait la cour, en vain. Après une nouvelle demande d'engagement, il est versé au 38e régiment d'artillerie de Nîmes. Louise, qui a résisté à l'empressement du poète, cède au charme de l'artilleur. Envoyé sur le front, il partage la vie et les souffrances de tous ceux qui se battent dans les tranchées. Cette épreuve lui inspire de nombreux poèmes qui mêlent à l'horreur des évocations de guerre l'espoir de la vie et de l'amour, et des lettres du front qu'il envoie à la bien-aimée, Louise de Coligny-Châtillon, surnommée «Lou». Il en publiera un petit nombre dans «Calligrammes» (1918), accompagnées de «Poèmes de la paix et de la guerre» de «poèmes conversations» et d'«idéogrammes lyriques» qui associent dessins et mots sous forme de poèmes graphiques; les autres lettres feront l'objet, en 1947, d'une publication posthume sous le titre de «Poèmes à Lou». Pendant une permission, dans un train qui le ramène vers «Lou», il rencontre une jeune fille, Madeleine. Amours orageuses avec l'une, tendre correspondance avec l'autre, sa «marraine de guerre», qu'il pensera même épouser, au grand dam de sa famille.

Il est ensuite affecté dans le 96e régiment d'infanterie avec le grade de sous-lieutenant. Mais, blessé à la tempe par un éclat d'obus, il doit subir une trépanation (1916). Pendant sa convalescence paraît le Poète assassiné (1916), recueil de nouvelles et de contes à la fois mythiques et autobiographiques. Remis sur pied, Apollinaire veut remonter au front, mais d'incessants maux de tête le font réformer, et la vie nonchalante reprend; Apollinaire se remet à l'écriture. Il fait mettre en scène un «drame surréaliste» un brin provocateur (les Mamelles de Tirésias, 1917) qui, sur le ton de la farce, traite de questions sérieuses (la «repopulation»), et participe à une conférence très remarquée sur l'«esprit nouveau», où il exalte l'esthétique de la surprise tout en se réclamant des valeurs de l'humanisme. Les jeunes poètes fêtent Apollinaire, publient ses textes dans leurs revues les plus avant-gardistes. Mais 1918 est une année tragique pour Apollinaire: en janvier, il est atteint de congestion pulmonaire; après son mariage en 1918 avec Jacqueline Kolb, «la jolie rousse» du dernier poème de Calligrammes, il rédige plusieurs articles de critique journalistique, publie encore un recueil de chroniques (le Flâneur des deux rives, 1918) avant de contracter la grippe espagnole qui sévit en Europe. Affaibli par la guerre et ses récentes maladies, il meurt la veille de l'Armistice, le 9 novembre 1918, laissant une oeuvre originale, révélatrice d'une nouvelle vision du monde et de nouvelles orientations poétiques. Le 13 novembre, on l'enterre au Père-Lachaise. Autour de ses amis effondrés, la foule en liesse chante «À bas Guillaume!» – non le poète, mais l'Empereur d'Allemagne vaincu.

Issu de la génération symboliste, Apollinaire, «voyant» comme Rimbaud, musicien désenchanté comme Verlaine, précieux comme Mallarmé, indique toutes les voies de la modernité et réinvente le langage poétique pour ces jeunes et bruyants poètes qui constitueront le ferment du groupe surréaliste: Breton, Aragon, Soupault; Apollinaire préfigure, par l'originalité et la modernité de son oeuvre poétique, les grands bouleversements littéraires et poétiques qui naîtront dans l'entre-deux-guerres; son sulfureux «drame surréaliste» les Mamelles de Tirésias fournira à André Breton le nom même du mouvement, à travers lequel Apollinaire a irrigué toute la poésie du XXe siècle.

Mohamed El jerroudi

Jorge Luis Borges.

Né à Buenos Aires le 24 août 1899 Décédé à Genève, Suisse le 14 juin 1986.

C'est à l'âge de 7 ans que Jorge Luis Borges devient écrivain. A 9 ans, il traduit déjà 'Le Prince heureux' d'Oscar Wilde pour un quotidien argentin. Baigné dans un univers multiculturel, il parle couramment l'anglais, et s'enrichit encore grâce aux voyages.

Il grandit à Palermo, haut lieu du tango, séjourne à Genève où il découvre la littérature française, et étudie en Espagne. A partir de 1918, il écrit des poèmes, dont le premier, 'Hymne à la mer', sera publié dans le magazine Grecia. Jorge Luis Borges s'intéresse à Nietzsche, Schopenhauer, à l'expressionnisme allemand, et se passionne pour l'oeuvre de Walt Whitman. Il devient progressivement une figure majeure de l'avant-garde littéraire.

A son retour à Buenos Aires en 1921, il se construit une solide réputation de poète, traducteur et essayiste. Avec 'Pierre Ménard, auteur du Quichotte' (1939), puis 'Le Jardin aux sentiers qui bifurquent', il se détourne peu à peu de la poésie pour le genre qui le rendra célèbre : la fiction narrative.

C'est dans les années 60 que sa carrière prend réellement une tournure internationale. L'ampleur, la diversité et la qualité de son oeuvre lui valent de nombreuses distinctions à travers le monde.

Ecrivain hors du commun et grand amateur de voyages, Jorge Luis Borges, reconnu comme l'un des pionniers du réalisme magique - courant littéraire faisant intervenir des éléments 'magiques' au sein d'un récit réaliste - a toujours considéré la littérature comme un terrain d'évasion et d'absolu.

Mohamed El jerroudi

Goncourt .

Gilles Leroy

Le prix Goncourt 2007 a été attribué lundi à Gilles Leroy pour "Alabama Song" (Mercure de France). Gilles Leroy, 48 ans, est l'auteur d'une dizaine de romans et écrits divers. Après des débuts dans le journalisme, il quitte Paris dans les années 1990 pour se consacrer pleinement à l'écriture. Gilles Leroy enchaîne indifféremment romans et nouvelles depuis son premier roman "Habibi" publié en 1987.



"Alabama song" est l'une des surprises de la rentrée littéraire. Sorti discrètement en septembre, ce court roman a été en lice pour la plupart des grand prix littéraires de l'automne. Il figurait encore lundi sur les listes du Goncourt, du Renaudot et du Médicis.

Gilles Leroy raconte à la première personne le destin tragique de Zelda Fitzgerald, l'épouse de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald. D'une écriture élégante, il réussit à ne pas faire une biographie fictive supplémentaire sur ce personnage mythique, mais à peindre au contraire le portrait sensible d'une jeune femme tourmentée, condamnée à vivre dans l'ombre du grand écrivain.

Après un parcours classique de littérature qui l'amène sur les bancs d'hypokhâgne et khâgne au lycée Lakanal, Gilles Leroy passe une DEUG de lettres et arts en 1977, suivi d'une licence puis d'une maîtrise de lettres modernes en 1979. Il achève son cursus universitaire par un mémoire sur le poète Henri Michaux. Il exerce ensuite divers métiers, avant de devenir journaliste de presse écrite et audiovisuelle durant quelques années. En 1996, il quitte Paris pour vivre à la campagne, dans le Perche, où il se consacre à l'écriture.

Il profite de son temps libre pour voyager, étudier seul les littératures américaine et japonaise et s'adonner à tout ce qui le passionne. Gilles Leroy publie son premier roman, 'Habibi', en 1987. Ce dernier sera suivi par une dizaine d'autres, dont 'L' Amant russe' en 2002, 'Grandir' en 2004, 'Champsecret' en 2005 ou encore 'Alabama Song' en 2007. Gilles Leroy a su imposer à travers quelques ouvrages sa plume.

Mohamed El jerroud

Louis Aragon .

Louis Aragon .

Fils illégitime d'un haut fonctionnaire de la IIIe République, élevé dans la gêne financière d'une bourgeoisie déclassée, Louis Aragon est reçu bachelier en 1915, puis entreprend des études de médecine et fait la connaissance d'André Breton, avec qui il se lie d'amitié. Mobilisé en 1917, il retrouve son ami pendant et après la guerre et participe avec lui et Philippe Soupault à la création de la revue Littérature (1919).

L'année suivante, il publie un premier recueil de poèmes (Feu de joie), puis, après avoir pris part à quelques manifestations de Dada, s'engage dans des recherches littéraires qui vont aboutir au surréalisme, rédigeant successivement un texte ironique présenté sous la forme d'un roman d'apprentissage (Anicet ou le Panorama, 1921), un pastiche du roman didactique de Fénelon (les Aventures de Télémaque, 1922), composé en partie selon le principe de l'écriture automatique, et un recueil de nouvelles (le Libertinage, 1924).

L'année même où paraît le premier Manifeste du surréalisme de Breton, Aragon expose sa propre conception du surréalisme dans un texte théorique (Une vague de rêves, 1924), prônant le « merveilleux quotidien », issu de la rencontre de l'imaginaire avec le réel, et se révélant spécialement attentif au problème de la description littéraire, développé peu de temps après dans un roman (le Paysan de Paris, 1926).

Mobilisé en 1939, Aragon rejoint en zone sud le Parti communiste, devenu clandestin, et organise un réseau de résistance. Il fait paraître sous le manteau des poèmes où se conjuguent, par l'assimilation de la France à la femme aimée, patriotisme et élans amoureux (le Crève-Cœur, 1941; les Yeux d'Elsa, 1942; Brocéliande, 1942; le Musée Grévin, 1943; la Diane française, 1945). Cette poésie, de forme classique, donne une grande importance à la rime. Certains textes ont été mis en musique (« Il n'y a pas d'amour heureux », chanté par Brassens).

À la Libération, Aragon publie son roman le plus célèbre, Aurélien (1944), le quatrième volume de la fresque du Monde réel. Conformément à sa théorie littéraire, Aragon donne à l'incipit, sorte de « donnée », un pouvoir d'expansion tout particulier. Ce récit d'amour débute en effet par une phrase où domine la mise à distance (« La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide ») qui ouvre sur le scepticisme et l'indifférence se dégageant de l'ensemble du livre, reflet de la société instable de l'après-guerre.

Quant au dernier roman du cycle du Monde réel (les Communistes, 1949 et 1951), il apparaît comme l'œuvre la plus militante d'Aragon. Entré aux Lettres françaises, revue culturelle communiste, en 1949, l'écrivain prend la direction de la revue en 1953 (il conservera son poste de directeur jusqu'en 1972). L'année suivante, il est nommé membre du Comité central du Parti communiste, mais les excès du stalinisme s'imposent à lui et le déterminent à se consacrer désormais presque exclusivement à son œuvre.

Alors que le Roman inachevé (1956) est un recueil de poèmes d'inspiration autobiographique où se lit un retour à certains traits de la poétique surréaliste, le Fou d'Elsa (1963) et Il ne m'est Paris que d'Elsa (1964) s'inscrivent dans la continuité du thème de la célébration de la femme, inauguré dans les poèmes engagés de la Résistance. La Semaine sainte (1958), roman historique (bien qu'Aragon refuse cette étiquette), renouvelle son inspiration; son œuvre se nourrit désormais d'une interrogation sur la création artistique et sur la conscience (la Mise à mort, 1965; Blanche ou l'Oubli, 1967 et Théâtre / Roman, 1974). Le Mentir-vrai, titre d'un recueil de nouvelles publiées en 1980, est caractéristique des contradictions que la critique n'a pas manqué de relever à propos de la vie et de l'œuvre d'Aragon. Lui-même a d'ailleurs insisté sur la nécessité de resituer ses textes dans leur contexte historique, afin de ne pas trahir leur sens.

Correspondant à la fois à un désir de communication sincère et à un goût prononcé pour le masque et les énigmes, la diversité de sa création témoigne de la passion d'Aragon pour l'exploration de l'inconnu, qui l'a amené, finalement, à assimiler l'écriture à une quête de soi. Les Œuvres romanesques croisées d'Elsa Triolet et d'Aragon ont paru en quarante-deux volumes de 1964 à 1974.

Mohamed El jerroudi


		

ADN

Cobay

La protestation contre l’usage de l’ADN dans les procédures de contrôle de l’immigration enfle de jour en jour. Point d’orgue de l’émergence de ce front républicain, le rendez-vous du dimanche 14 octobre au Zénith à l’appel de SOS racisme, Charlie hebdo et Libération. Transcendant les critères gauche-droite, gouvernement opposition, on trouve aux coudes à coudes, dans ce combat citoyen tous les tenants d’une république éthique. Catholiques, francs-maçons, humanistes de tous bords, se sont retrouvés dans la pétition initiée par Dominique Sopo, Philippe Val et Bernard-Henri Lévy et beaucoup d’autres. La protestation vigoureuse d’une partie des ministres et de l’UMP, est un signe qui ne trompe pas, c’est une rupture dans la tradition des « droits de l’homme » dont il est question, et qui soulève justement l’indignation de tous.

Cet appel, dont l’écho s’amplifie, réunit, parmi tant d’autres, Bernard Thibault et François Bayrou, Dominique de Villepin et Ségolène Royal, Raymond Aubrac et François Hollande. Leur point commun ? Un certain humanisme intransigeant qui récuse, au delà des arguties techniques, le principe même de contrôle génétique. La France a judicieusement encadré l’utilisation de la génétique à des fins de surveillance et d’enquêtes judiciaires. La science est dans son application , étroitement limitée par le droit, et c’est tant mieux. L’humanité ne se réduit pas à un état éphémère des connaissances scientifiques. C’est une faute cardinale que d’annuler ces précautions au détriment des étrangers. Qui n’y voit un traitement discriminatoire à l’égard de l’étranger. Une brèche serait ainsi ouverte, qui permettait, entorse après entorse, le fichage légal de la population. Aujourd’hui l’étranger, et demain ? Non ! Les principes éthiques ne sauraient se diviser.

Si le soupçon est injuste, s’il ne s’agit que de l’amendement de quelques députés haineux et agités, le gouvernement doit lever le doute et doit reculer au plus vite. Car ce choix par le gouvernement français ne peux que creuser un fossé profond entre la france et ses amis .

Mohamed El jerroudi

Le sociologue de la misère

Pierre Bourdieu

Quand on parle de "nouveaux mouvements sociaux", on se réfère à l’invention ou parfois la réinvention, de formes d’action qui sont à la fois spécifiques - elles sont centrées sur un secteur particulier : l’emploi, le logement, les sans-papiers...- et à fort contenu symbolique.

L’occupation de lieux publics en est l’exemple le plus évident. Dans cette invention, la connaissance du fonctionnement du monde médiatique a, sans doute, joué un rôle décisif. Il s’agit, comme le montre Patrick Champagne dans son livre, Faire l’opinion, de créer l’événement, de dramatiser un enjeu pour focaliser le regard médiatique et, par ricochet, politique. Mais il ne faudrait pas croire que ces mouvements soient de simples artefacts, créés de toutes pièces par une petite minorité en s’appuyant sur les médias. En fait, cet usage réaliste des médias s’est combiné à un travail militant de fond qui, mené de longue date aux marges des mouvements "traditionnels" (partis, syndicats), et parfois avec la collaboration et le soutien d’une fraction (elle-même marginale et minoritaire) de ces mouvements, a trouvé dans diverses conjonctures l’occasion de devenir plus visible, ce qui en a élargi, au moins ponctuellement, la base sociale. Le fait le plus étonnant, et le plus encourageant, c’est que ces mouvements nouveaux, en partie par la seule vertu de leur exemplarité, en partie parce qu’il y a eu des inventions simultanées par-delà les frontières, comme dans le cas des luttes pour le logement, ont immédiatement revêtu une forme internationale.

La visibilité publique, dont les médias ont la clé, est un élément essentiel, qui fait sans doute la spécificité des nouvelles formes de luttes, qui se nourrissent en effet de leurs succès publics et de la publicité qui leur est ainsi donnée, parfois à contre cœur, par les médias. Le nombre de manifestants importe désormais moins que l’écho médiatique et politique suscité par une manifestation, une action (quelle qu’elle soit, cela peut être un texte dans un journal). Mais l’un des problèmes de ces mouvements vient du fait que la visibilité médiatique est par définition partielle et souvent partiale, et surtout éphémère. Les porte-parole sont interviewés, on passe quelques reportages pathétiques, voire misérabilistes, sur la vie des chômeurs, mais les revendications des mouvements sont rarement prises au sérieux dans les débats publics, du fait, notamment, des limites de la compréhension et de la retransmission médiatique. Les formes de pensée dualistes qui dominent le champ journalistique portent à opposer, sommairement, les chômeurs, rejetés du côté de l’irrationnel et du pathos, et les experts économiques (qui ont en tête la réduction des déficits publics, le coût du travail, etc.), rangés du côté d’une Raison abstraite et rigoureuse... C’est pourquoi il est indispensable de mener, dans la durée, et indépendamment des conjonctures médiatiques, un travail militant et un effort d’élaboration théorique, et de communiquer les résultats de ce travail, en permanence, aux journalistes. Ce qui supposerait que puissent se constituer et s’organiser, au sein même du monde journalistique, des réseaux travaillant en collaboration étroite avec les nouveaux mouvements sociaux

Les gouvernements sont composés, en France comme dans la plupart des pays d’Europe, par des partis de gauche. Pourtant les inégalités continuent à se creuser, et un processus massif d’exclusion et de précarité se développe partout. Qu’elles en sont les conséquences sur le jeu et sur l’image de la démocratie républicaine et des institutions politiques ?

La politique de flexibilisation du marché du travail, qui est présentée comme une réponse des États et des "partenaires sociaux" au taux de chômage élevé en Europe (cf. les lignes directrices du sommet de Luxembourg et, plus récemment, le PARE), a pour conséquence une forte dégradation de la qualité des emplois offerts aux chômeurs, aux jeunes, etc. Les qualifications scolaires sont dévaluées. La réduction du chômage s’accompagne d’une précarisation de masse. Ce nouveau régime économique de flexploitation n’est donc pas non plus contradictoire avec la montée des inégalités de revenus et de patrimoine mais aussi avec l’accroissement des différences dans l’accès à la culture, à l’information, et, plus généralement, pour tout ce qui constitue des ressources réelles face à la violence du système économique et social "mondialisé". Or, vous avez raison, cette politique est aujourd’hui menée le plus souvent par des partis qui portent encore le nom de "sociaux-démocrates" ou "socialistes", même s’ils ont depuis longtemps abandonné tout idéal de justice sociale au profit de l’insertion dans le marché mondial. C’est pourquoi je continue à en appeler à l’émergence d’une "gauche de gauche", capable d’entrer résolument dans l’opposition face aux gouvernements, "pluriels" ou non.

L’occupation de lieux publics en est l’exemple le plus évident. Dans cette invention, la connaissance du fonctionnement du monde médiatique a, sans doute, joué un rôle décisif. Il s’agit, comme le montre Patrick Champagne dans son livre, Faire l’opinion, de créer l’événement, de dramatiser un enjeu pour focaliser le regard médiatique et, par ricochet, politique. Mais il ne faudrait pas croire que ces mouvements soient de simples artefacts, créés de toutes pièces par une petite minorité en s’appuyant sur les médias. En fait, cet usage réaliste des médias s’est combiné à un travail militant de fond qui, mené de longue date aux marges des mouvements "traditionnels" (partis, syndicats), et parfois avec la collaboration et le soutien d’une fraction (elle-même marginale et minoritaire) de ces mouvements, a trouvé dans diverses conjonctures l’occasion de devenir plus visible, ce qui en a élargi, au moins ponctuellement, la base sociale. Le fait le plus étonnant, et le plus encourageant, c’est que ces mouvements nouveaux, en partie par la seule vertu de leur exemplarité, en partie parce qu’il y a eu des inventions simultanées par-delà les frontières, comme dans le cas des luttes pour le logement, ont immédiatement revêtu une forme internationale.

La politique de flexibilisation du marché du travail, qui est présentée comme une réponse des États et des "partenaires sociaux" au taux de chômage élevé en Europe (cf. les lignes directrices du sommet de Luxembourg et, plus récemment, le PARE), a pour conséquence une forte dégradation de la qualité des emplois offerts aux chômeurs, aux jeunes, etc. Les qualifications scolaires sont dévaluées. La réduction du chômage s’accompagne d’une précarisation de masse. Ce nouveau régime économique de flexploitation n’est donc pas non plus contradictoire avec la montée des inégalités de revenus et de patrimoine mais aussi avec l’accroissement des différences dans l’accès à la culture, à l’information, et, plus généralement, pour tout ce qui constitue des ressources réelles face à la violence du système économique et social "mondialisé". Or, vous avez raison, cette politique est aujourd’hui menée le plus souvent par des partis qui portent encore le nom de "sociaux-démocrates" ou "socialistes", même s’ils ont depuis longtemps abandonné tout idéal de justice sociale au profit de l’insertion dans le marché mondial. C’est pourquoi je continue à en appeler à l’émergence d’une "gauche de gauche", capable d’entrer résolument dans l’opposition face aux gouvernements, "pluriels" ou non.

Les discours sur l"Europe sociale n’ont eu jusqu’ici qu’une traduction insignifiante dans les normes concrètes qui régissent la vie quotidienne des citoyens : travail, santé, logement, retraite, etc. Quel contraste, alors que les directives en matière de concurrence bouleversent chaque jour l’offre de biens et services et défont à grande vitesse les services publics nationaux, sans même parler de la politique menée par la Banque centrale européenne hors de tout débat démocratique ! La construction européenne est pour l’instant une destruction sociale. On peut élaborer une charte tout à fait "progressiste" et dans le même temps conjuguer austérité salariale, réduction des droits sociaux, répression des mouvements de contestation, etc. Le double discours et l’hypocrisie atteignent des proportions inouïes chez les socialistes français et leurs alliés : ils participent activement à la mise de la France aux normes inhumaines du capitalisme anglo-saxon et n’ont à la bouche que les mots "social", "solidarité", "citoyenneté"... Ils tentent de faire une sorte de "blairisme à visage humain", mais ils font à peu près la même politique de destruction sociale que celle qu’impulsent en Grande-Bretagne et en Allemagne Blair et Schröder. Les seules mesures "progressistes" qu’ils peuvent prendre, et dont ils se targuent pour mieux mystifier, leur sont arrachées par les mouvements sociaux et une base qui reste encore un peu à gauche, comme en Grande-Bretagne.

L’alternative à la mondialisation néo-libérale ne sera pas livrée "clés en main" par les théoriciens de je ne sais quel parti d’avant-garde. Les responsables politiques sont en panne d’initiatives, mais aussi, plus encore d’analyse, de projet, de volonté. Les mouvements sociaux restent éclatés, peu cohérents, voire concurrents. Les relations entre les "nouveaux mouvements sociaux" (comme les organisations de chômeurs) et les organisations syndicales sont difficiles, chaotiques parfois. Dans ce contexte, les initiatives de rassemblement, pour si volontaristes qu’elles puissent paraître à certains (à ceux surtout qu’elles dérangent dans leurs combinaisons d’appareil), contribuent à faire émerger l’enjeu de l’unité par delà les différences de traditions, de sensibilités, d’objectifs. Les chercheurs ont ici un rôle à jouer, celui de promoteurs de l’unité des forces sociales de résistance à la mondialisation. L’appel pour des états généraux s’inscrit dans cette logique, parmi bien d’autres initiatives. Il ne vise aucunement à représenter l’ensemble du mouvement social européen, moins encore à le monopoliser, selon les plus belles traditions du "centralisme démocratique", mais il veut contribuer pratiquement à le faire exister ! Et l’immense écho qu’il a suscité dans toute l’Europe prouve qu’il a bien été compris ainsi.

Pierre Bourdieu, maintenant disparu, fut l’un des sociologues les plus remarqués de sa génération. Auteur, entre autres, de La Misère du monde et de Contre-feux, il fonda le réseau Raisons d’agir après les grèves de 1995.

ps: Ce regard de Pierre Bourdieu sur la misère n'est qu'une simple réponse sur un sujet cruel à Patrice Spadoni en 1993.

Mohamed El jerroudi

Paul VERLAINE.

Paul-Marie Auguste Verlaine est né le 30 mars 1844 au 2 de la Haute-Pierre à METZ, d'une famille originaire des Ardennes. Son père, ancien soldat de Napoléon, capitaine du Génie, est en garnison dans la cité. La famille quitte METZ en 1845 pour y revenir en 1849, le petit Paul enfant évoquera dans ses "Confessions" ses jeux sur l'Esplanade.

Il est âgé de 7 ans quand ses parents s'installent à Paris où il y fait ses études. Employé dans une compagnie d'assurances puis expéditionnaire à l'Hôtel de Ville de Paris, il sent s'éveiller la vocation poétique et fréquente les Parnassiens (Leconte de Lisle, Sully Prudhomme, François Coppée). "Les poèmes saturniens" qu'il publie en 1866 ne rencontrent aucun succès ; il persévère pourtant avec "Les Fêtes galantes" en 1869 et "La Bonne Chanson" en 1870, année où il épouse Mathilde Mauté, soeur du compositeur Charles de Sivry.

En septembre 1871, il reçoit une première puis une seconde lettre signée du jeune Arthur Rimbaud ; y figurent quelques poèmes : "Les Effarés", "Accroupissement", etc... Verlaine enthousiaste lui répond : "venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend". L'aventure de Verlaine et Rimbaud durera jusqu'en 1873, Tumultueuse, faite de séparations, de retrouvailles, elle passe par la Belgique, l'Angleterre, à nouveau Bruxelles où le 10 juillet 1873 Verlaine tire deux coups de feu sur Rimbaud après une dispute particulièrement orageuse. Il est condamné par la justice belge à deux ans de prison à Mons ; c'est là qu'il prépare les poèmes du futur recueil intitulé "Sagesse".

Libéré le 16 février 1875, Verlaine se retrouve seul en France, sa femme ayant obtenu le divorce. Il part alors en Angleterre et professe le dessin et le français jusqu'en 1877. Il retrouve ensuite les Ardennes toujours comme professeur, au collège de Rethel. "Sagesse" est publié en 1881 et le nom de Verlaine devient enfin célèbre. Ses amis l'entourent (Huysmans, Villiers de l'Isle-Adam, ...) et la jeunesse est enthousiaste. Paraissent successivement "Les poètes maudits" en 1884 et "Jadis et Naguère" en 1885.

Mais la mort de sa mère précipite son déclin. Il entame une vie de bohême. A partir de 1889, malade, il va d'hôpital en hôpital, sa vie errante au Quartier Latin dure jusqu'en 1896 où il meurt presque abandonné. Il laisse un fils, Georges Verlaine.

Mohamed El jerroudi


		

Juifs marocains...

Edmond Amran El Maleh

Il y a des noms qui sonnent comme un rappel à l’histoire, pour une meilleure compréhension du présent. Edmond Amran El Maleh est de cette connotation-là. Un nom à la tonalité profonde et authentique. Edmond El Maleh vient d’être décoré par SM le Roi Mohammed VI du ouissam Al Kafaâ (ordre du mérite), pendant la visite du Souverain à Essaouira, le lundi 16 février 2004. À son apparition à la télévision, lors de la cérémonie de remise des décorations, la silhouette amaigrie de l’octogénaire, un enfant d’Essaouira, a fait faire à ma mémoire, qui n’en fait qu’à sa tête, un flash back irrépressible. Cela m’a immédiatement ramené à un article de d’Edmond El Maleh, publié dans Les Temps Modernes, une revue de haute tenue philosophique et littéraire, en 1977.

C’était avant que que l’essayiste et romancier n’entame son œuvre, à partir de 1980. Un peu sur le tard, à l’âge de 63 ans, mais d’une valeur particulière qui touche à l’universel. L’article en question est intitulé “Juifs marocains et Marocains juifs”. Edmond El Maleh y expose la question de l’émigration des juifs marocains. Émigration qu’il déplore et qu’il essaie de comprendre à partir de quelques interrogations. «Pourquoi, se demande-t-il, cette émigration massive, même si elle s’est échelonnée sur plusieurs années ? Pourquoi cette tragédie silencieuse, clandestine sous l’effet d’une censure inhérente à l’idéologie sioniste ? Tragédie, écrit-il, qui a failli effacer à tout jamais la présence juive en terre marocaine et qui, aujourd’hui encore, pèse gravement sur les chances d’une renaissance».

L’auteur cherche la réponse, il n’en trouve pas dans l’historicité doublement millénaire du judaïsme marocain. Il n’en trouve pas, non plus, dans une époque proche où la Résidence du Protectorat au Maroc était alliée au gouvernement raciste de Vichy, lui-même sous les ordres du nazisme hitlérien. Les juifs marocains n’ont subi ni déportation, ni exactions sur le sol marocain. “Aucun péril immédiat ou à venir, dit-il, ne menaçait l’existence des juifs. “Même dans les circonstances les plus graves, lorsqu’en 1948, a été proclamée la constitution de l’État d’Israël”.

La réponse, Edmond El Maleh la trouvera dans l’action de l’Agence juive internationale et du mouvement sioniste aux ramifications mondiales. “Dans la conscience et la vie des Juifs, où qu’ils soient, au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, et pour nous en tenir au seul exemple du Maroc, le sionisme a déferlé comme un véritable raz-de-marée”.

“Des populations entières, dont souvent les origines remontent à des millénaires, comme c’est le cas pour les villages du Haut-Atlas, ont été arrachées à leur terre natale, abandonnant tous leurs biens, leur métier, les mille et une choses qui font une vie. Aujourd’hui encore, on demeure confondu devant l’ampleur de ce mouvement”.

L’auteur met à nu la propagande sioniste qui invoque systématiquement l’antisémitisme, que celui-ci existe ou n’existe pas, et n’admet pas que l’on y trouve à redire. “L’intention évidente, écrit-il, est ici de justifier l’existence de l’État d’Israël, et sa politique annexionniste et impérialiste, par une campagne qui voudrait prouver que, contrairement à l’opinion communément admise, jamais les Juifs n’ont trouvé dans le monde arabe une terre amie, que jamais non plus ils ne pourraient se prévaloir d’être partie intégrante des nations arabes en question. Dans la stratégie du sionisme, c’est, on le conçoit, une pièce décisive, un enjeu déterminant”.

Le mot de la fin, sur ce déracinement culturel, Edmond Amran El Maleh l’exprime avec le sentiment de douleur d’un grand Marocain, le témoignage poignant d’un contemporain et la finesse d’un grand écrivain. “On ne peut se défendre d’un sentiment de tristesse, quand on constate aujourd’hui combien la présence juive s’est estompée, au point de disparaître, du paysage marocain.

Les grandes communautés de Tanger, Essaouira, Fès, Marrakech, Rabat, hier encore si prospères à tous points de vue, ne comptent plus que quelques dizaines de personnes contre des milliers auparavant. Et encore, ne rencontre-t-on, le plus souvent que de vieilles gens, ombres furtives, caricaturales parfois, douloureux témoignage d’une présence qui ne peut être arrachée de la terre marocaine”. Tout est dit, il y a vingt six ans révolus, par un Edmon Amaran El Maleh fidèle à ses idées, fermement attaché à ses racines.

MOHAMED El jerroudi

Un nouveau rapport esthétique avec le réel.

NICOLAS DE STAEL (1914 -1955)

Nicolas de Staël né à Saint-Petersbourg en 1914 et jusqu'à son suicide, n'a conservé de son ascendance slave que le romantisme et le désespoir. Proche du Tsar, son père est vice-gouverneur de la forteresse Pierre-et-Paul. La révolution russe de 1917 contraint sa famille à s'exiler en Pologne, où meurent ses parents. Orphelin, il est recueilli par un couple russe de Bruxelles.

A 16 ans, inscrit à l'Académie Royale des Beaux-Arts il est fasciné par la découverte des oeuvers de Rembrandt et de Vermeer. Arrivé en France en 1919, il découvre Matisse, Braque, Soutine, Cézanne, et voyage en Espagne, en Italie, en Algérie et au Maroc.

En 1939, il s'engage dans la Légion Etrangère et arrive au début des années 1940, à Nice avec sa compagne, Jeanine, rencontrée au Maroc. Il rencontre là Jean Arp, Sonia et Robert Delaunay, Alberto Magnelli, et sous leur influence, peint ses premières toiles abstraites qu'il baptise "Compositions".

En 1943, il arrive à Paris, où il fait la connaissance de César Domela, un autre peintre de l'abstraction. C'est une période difficile. Il souffre de la faim et du froid et doit brûler les boiseries de son appartement pour se chauffer. Jeanine sa compagne meurt de cette misère, mais il continue à peindre, quelques oeuvres figuratives, mais aussi des oeuvres abastraites au besoin sur les draps de son lit, qui montrent l'influence sur lui de Magnelli et de Domela. La Galerie Jeanne Bucher accepte en 1944 de l'exposer, en pleine occupation allemande, alors que les nazis qualifient l'abstraction d' "art dégénéré".

Il continue néanmoins de travailler avec acharnement assailli en permanence par le doute, tiraillé entre l'illumination et le désespoir. Il se tourne de plus en plus vers l'abstraction, et ses oeuvres constituées d'un enchevêtrement de lignes et d'arabesques, révèlent une palette pétrie d'angoisse. Il passe un tournant entre 1950 et 1952, et se lance dans la composition de paysages, de natures mortes selon une approche de la réalité résolument nouvelle, sans doute sous l'influence de Braque, de Lapicque ou de Lanskoy. Il simplifie ses compositions, éclaircit sa palette, la peinture prend de la matière avec de larges à-plats, au couteau ou à la spatule. De ses tableaux émergent alors la couleur, la lumière, la vie, l'espace.

Il décide de retrouver alors la lumière du Midi, et s'installe à Antibes, à l'automne 1954, dans un atelier ouvert sur la mer. En six mois, il réalise, solitaire, plus de 300 toiles, aux thèmes variés, des natures mortes, des paysages, des scènes sur le port, un bateau, un vol de mouettes, une carafe sur une étagère. Sa peinture, qu'il applique alors au coton, apparaît de plus en plus transparente et fluide. "Je n'ai plus la force de parachever mes tableaux", écrit-il alors. C'est au pied du fort Vauban au Cap d'Antibes que s'achève le 16 mars 1955 son parcours. Une immense toile qu'il n'a pas achevée, " Le Grand concert" reste orpheline ce jour là.

Toute l'œuvre de Nicolas de Staël s'est développée en un temps très court d'une douzaine d'année à partir de 1940, et c'est plus de mille toiles qu'il a peint pendant cette période, dans une violence de création et une passion rares caractérisées par l'antinomie constante entre l'expression figurative et l'abstraction. La forte personnalité du peintre alliée à l' intelligence aiguë de son art et la perception particulière qu'il a de la lumière et de l'espace l'ont amené à réaliser une œuvre clé de l'histoire de l'art contemporain. Ses œuvres sont l'expression d'une passion permanente, et d'une simple relation du peintre avec ce qu'il voit : l'espace et la couleur sont les dominantes constantes de son art. L'œuvre de Nicolas de Staël appartient à un registre élevé dans lequel s'exprime le passionnel et le lyrisme comme si le destin lui avait imposé tout au long de sa vie une trajectoire pour faire naître un nouveau rapport esthétique avec le réel. Nicolas de Staël, au travers sa peinture, recherchait l'absolu. "Toute ma vie, j'ai eu besoin de penser peinture, de voir des tableaux, de faire de la peinture pour m'aider à vivre, pour me libérer de mes impressions, de toutes les sensations, de toutes les inquiétudes auxquelles je n'ai trouvé d'autre issue que la peinture." ( Source:Le Monde des Arts)

Mohamed El jerroudi

Quand la grammaire sourit.

Aimé Césaire

Il est né à Basse Pointe en Martinique le 26 juin 1913. Son père était instituteur et sa mère couturière. Ils étaient 6 frères et soeurs.Son père disait de lui "quand Aimé parle, la grammaire française sourit..."

Après avoir obtenu son baccalauréat et le "Prix de l'élève le plus méritant", il obtient une bourse et arrive à Paris en 1931 pour poursuivre ses études, qui le conduiront du lycée Louis-le-Grand à l'École normale supérieure. En 1934, il fonde la revue l'Etudiant noir avec Senghor, Damas, Sainville et Maugée.

En 1936 il commence à écrire. Père du mouvement de la négritude, il déposera sur un cahier d'écolier les mots de la colère, de la révolte et de la quête identitaire donnant ainsi naissance à son oeuvre poétique majeure, le Cahier d'un retour au pays natal, publié en 1939 date de son retour en Martinique. Il enseigne au lycée de Fort de France. En 1941, il fonde la revue Tropiques.

Il s'engage en politique dans les rangs du Parti communiste français qu'il quittera en 1956 pour fonder deux ans plus tard le Parti progressiste martiniquais (PPM). En 1945 il devient maire de Fort-de-France et député de la Martinique. Son Discours sur le colonialisme (1950) dira sous la forme du pamphlet toute son hostilité au colonialisme européen. La politique, la poésie mais aussi le théâtre. Césaire est, également, dramaturge. Sa pensée se trouve au carrefour de trois influences: la philosophie des Lumières, le panafricanisme et le marxisme.

Moi, Laminaire publié en 1982 et La poésie (Seuil ) en 1994 sont les derniers livres en date. En 1993, il met un terme à une longue carrière parlementaire. Il a été maire de Fort-de-France plus de cinquante ans. Aux dernières élections municipales en 2001 il a passé le flambeau à Serge Letchimi.

Mohamed El jerroudi

Google.

Né il y a 10 ans, le moteur de recherche Google est en passe de réussir son pari insensé de devenir le carrefour de la connaissance mondiale, en recensant des milliards de pages web mais aussi images, photos, livres ou vidéos, une omniprésence qui peut inquiéter.

Le 15 septembre 1997, Larry Page et Sergey Brin, deux étudiants de 24 ans de l'Université de Stanford, en Californie, ont déposé le nom de domaine "google.com", variation de "googol" qui désigne le nombre 10 puissance 100.

Les fondateurs de Google Larry et Sergey Brin,deux amis ,créeront le groupe Google un an plus tard, le 7 septembre 1998, dans un garage.

Par pur bouche à oreille, grâce à la qualité de son algorithme - les paramètres de pertinence et de classement des réponses quand on tape des mots-clés -, les internautes l'adoptent.

Dès le départ, les fondateurs jugent crucial leur rôle de trieur du web. "Nous pensions que la recherche, c'était vraiment important, alors que tous les autres moteurs arrêtaient d'y travailler", a raconté Sergey Brin dans une interview récemment.

Pour rechercher des documents sur internet, il faut constamment contacter les sites et mémoriser leurs pages: c'est dans cette colossale base de données de Google, constamment renouvelée, que se font les recherches par mot-clé. Il faut plusieurs semaines à Google pour parcourir la totalité du web et renouveler sa base.

Google devient vite le moteur qui "aspire" le plus de pages web, des dizaines de milliards aujourd'hui.

Multilingue, il devient presque partout le premier moteur de recherche, sauf en Chine, Japon et Russie.

En 2000, Google commence à vendre des publicités liées aux mots-clés. Au moment où d'innombrables sociétés internet font faillite, il devient rentable.

Il entre en Bourse en août 2004, à 85 dollars. Son action en vaut aujourd'hui 525 et sa capitalisation boursière 164 milliards.

En 2006, il a encaissé un chifre d'affaires de 13,4 milliards - le tiers des dépenses publicitaires mondiales sur internet - et un bénéfice de 3,7 milliards.

Ces dernières années, en recrutant à tour de bras - 13.700 salariés actuellement -, Google s'est développé dans tous les domaines de l'information, s'appuyant sur une culture tournée vers l'innovation, où chaque employé est prié de passer 20% de son temps à des projets personnels.

Il indexe tout: blogs, photos satellites de la Terre et de l'espace, il photographie des rues, scanne des millions de livres dans les bibliothèques mondiales, ainsi que les archives de journaux.

Il a acheté en 2006 le plus grand site d'échange de vidéos, YouTube, puis l'une des plus puissantes régies publicitaires sur internet, DoubleClick.

Il s'est lancé aussi dans les logiciels gratuits en ligne, avec le courrier électronique Gmail et des logiciels de traitement de texte, de photos ou de calendrier, qui concurrencent le géant Microsoft.

Ses deux fondateurs trentenaires possèdent chacun 16 milliards de dollars. Leur groupe, qu'ils dirigent avec le PDG Eric Schmidt, est le plus consulté du monde, avec chaque mois 500 millions de visiteurs (2 internautes sur trois).

Mais malgré son slogan interne "Ne fais pas le Mal" et son utilité, sa volonté d'omniscience suscite de plus en plus d'hostilité. Google et sa filiale YouTube ont été attaqués en justice par de nombreux médias qui l'ont accusé de piller leur contenu.

Ses publicités ciblées en fonction des recherches mais aussi du contenu des e-mails font craindre des intrusions dans la vie privée, d'autant que le groupe envisagerait de stocker les dossiers médiaux.

Son initiative de photographier les rues de villes a aussi été critiquée -- tout en étant également admirée et utilisée.

L'association Privacy International reste méfiante: pour le respect des données privées, Google "au pire est hostile, au mieux ambigu", estime-t-elle.(Source AFP )

Mohamed El jerroudi

Le patron des années de plomp.

Driss Basri

Driss Basri a été pendant un quart de siècle l’homme fort de la deuxième moitié du régime d’Hassan II. Il était considéré comme l’organisateur des basses œuvres durant cette période des années de plomb, qui va de 1974– date à laquelle il est nommé secrétaire d’Etat à l’Intérieur – jusqu’à son limogeage en 1999.

Certains l’appelaient le « Grand Vizir », d’autres le « Vice-roi ». Lui-même se définissait comme « la femme de ménage du gouvernement ». En fait, il a été le véritable numéro 2 du régime, du début des années 80 jusqu’à la fin des années 90.

Un détenu politique durant les années de plomp au Maroc

Il avait été écarté du pouvoir en novembre 1999, trois mois seulement après l’intronisation de Mohammed VI. Un geste qui avait été interprété à l’époque comme un signe fort de la volonté de changement de la part du nouveau roi.

Installé chez son fils à Paris depuis plus de trois ans pour soigner un cancer, il affirmait à qui voulait l’entendre avoir choisi un exil forcé, multipliant les déclarations dans les médias, fustigeant le proche entourage de Mohammed VI qu’il jugeait incompétent.

Décédé le 27 août 2007 à Pris à l'àge de 69 ans,le nom de DRISS BASRI, reste associé aux années de plomb, durant lesquelles enlèvements et tortures frappaient les opposants au régime. Près de 600 personnes seraient mortes à cette période.

Mohamed El jerroudi

Une voix de légende.

Luciano Pavarotti

Une voix de légende s'est tue jeudi avec la mort du ténor Luciano Pavarotti décédé à l'âge de 71 ans dans sa ville natale de Modène (nord de l'Italie) et auquel le monde entier a rendu hommage.

Pavarotti, qui avait été opéré d'un cancer du pancréas en juillet 2006, "est mort peu après 03H00 GMT" dans sa propriété à la périphérie de Modène, "une très belle maison entourée de champs et de verdure", a déclaré à l'AFP Giorgio Pighi, le maire de la ville.

"Pavarotti voulait mourir à la maison. Je l'avais vu la semaine dernière, il était très éprouvé par la maladie mais il avait envie de faire la conversation. Nous avons même parlé en dialecte" local, a-t-il ajouté.

"J'espère qu'on se souviendra de moi comme d'un chanteur d'opéra, comme représentant d'une forme d'art qui a trouvé sa plus forte expression dans mon pays", l'Italie, avait écrit Pavarotti sur son site internet à l'époque où il entamait sa tournée d'adieux en 2004.

Son enterrement, auquel doit assister le président du Conseil Romano Prodi, aura lieu samedi à 13H00 GMT à la cathédrale de Modène. Le cercueil du ténor a été déposé en début de soirée sous les applaudissements dans la cathédrale où une chapelle ardente a été ouverte au public jusqu'à samedi matin.

Environ un millier d'admirateurs et curieux se pressaient sur le parvis pour être les premiers à rendre hommage au "Maestro". Son épouse, Nicoletta, qui accompagnait le convoi, sanglotait.

"Modène s'idendifiait à Pavarotti, qui a fait connaître cette ville dans le monde entier grâce à sa voix extraordinaire. Sa capacité d'exprimer des émotions était unique", a souligné le maire.

Artistes et hommes politiques du monde entier ont rendu hommage à Pavarotti.

"Il y avait des ténors et il y avait Pavarotti", a résumé le metteur en scène italien Franco Zeffirelli,

Le président George W. Bush a salué "l'un des chanteurs d'opéra les plus accomplis et les plus acclamés de tous les temps" et le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon un "vrai ami de l'ONU".

La star française Roberto Alagna a rendu hommage au "Messie" des ténors. En Italie, la célèbre soprano Mirella Freni confiait avoir perdu "un grand ami" tandis que le ministre de la Culture Francesco Rutelli qualifiait le ténor de "géant du XXe siècle".

Pour le Royal Opera House de Londres, Pavarotti était "l'un de ces rares artistes qui touchaient la vie de gens de tous horizons dans le monde entier" et Stéphane Lissner, directeur artistique de la Scala de Milan estimait qu'"une ère de splendeur du chant lyrique" était passée "à l'histoire".

Le groupe d'édition italien Poligrafici a annoncé une édition spéciale gratuite de ses quotidiens - QN, Resto del Carlino, La Nazione, Il Giorno - consacrée au ténor.

Une opération du dos, début 2006, puis du pancréas quelques mois plus tard, avaient contraint le ténor à abandonner à l'été 2006 sa tournée d'adieux mondiale de 40 concerts. Depuis, il n'était plus apparu en public.

Au début de l'été, au cours d'une cérémonie en l'honneur du ténor sur l'île d'Ischia, près de Naples (sud), son épouse avait assuré que son mari préparait un disque.

"On ne peut jamais rien dire avec cette maladie, mais je pense que Luciano s'en sortira, il va bien. Il achève le cinquième cycle de chimiothérapie, il n'a pas perdu un cheveu et surtout il n'a pas maigri", avait-elle déclaré.

Il avait été hospitalisé à Modène du 8 au 25 août, officiellement pour "un état fiévreux".

Né le 12 octobre 1935 à Modène (nord de l'Italie), Luciano qui se destinait d'abord à l'enseignement, avait opté définitivement pour le chant en 1961.

Il a su populariser son art dans des stades combles en trio avec ses complices Placido Domingo et José Carreras et aura vendu des millions de disques classiques.

Amoureux des pur-sang, ce géant barbu de 1,90 m (pour un poids variant entre 85 et 130 kg) était un amateur de pâtes fraîches et de bons vins, ce qui lui avait valu le surnom de "Big Luciano".( source:AFP )

Mohamed El jerroudi

Irak, la guerre n'est pas un jeu.

Bagdad.

Le gouvernement américain dirigé par le président Georges Bush a finalement lancé l'offensive contre l'Irak au matin du jeudi 20 mars en 2003. Des missiles ont été tirés sur Bagdad et sur le reste de l'Irak, et nul ne sait jusqu'à quand les bombardements se prolongeront. L'Irak, pays laïc, à genoux après une première guerre du Golfe en 1991 et un embargo de plus de 10 ans qui aura coûté la vie à des centaines de milliers d'individus innocents, se trouve à nouveau sous le feu américain. En dehors de toute considération politique,Je rappelle d'abord aux journalistes et aux intellectuels du monde entier, qui nous font vivre" cette guerre par caméras interposées et ce silence assourdissant, un peu comme le dernier jeu vidéo à la mode, que l'enjeu du conflit, avant même le pétrole, est la vie de millions d'individus pris en tenailles. Les conséquences sont incertaines et potentiellement graves pour la stabilité du Proche et Moyen-Orient. La paix dans le monde est plus que jamais fragile : l'essor d'un terrorisme anti-occidental, le futur du multilatéralisme (par l'Organisation des Nations Unies, que la France a sans doute sauvé d'une fin certaine), les relations entre l'Europe et les Etats-Unis, la recrudescence du communautarisme que des esprits malfaisants ne tarderont pas d'attiser ...

La communauté internationale maintenant et avant qu’il ne soit tard, doit faire le voeu d'avoir tort de craindre un embrasement de la région et une recrudescence du terrorisme … Enfin, il ne reste qu’à tout être humain épris de paix de faire faire le voeu que l'Amérique se montre à la hauteur de son arrogance et soit capable de retirer son armée de Bagdad. Et peu importe alors que nous dussions payer le prix de l'acharnement pour la paix si au final tout est mis en oeuvre pour éviter au peuple irakien un nouveau drame et une nouvelle décennie de morts et d'humiliations. Car la guerre n’est pas un jeu.

Mohamed El jerroudi

Le fossoyeur de l'apartheid.

Nelson Mandela

Fils d’une famille royale Thembu Xhosa, Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 dans le village de Qunu, au bord de la rivière Mbashe au Transkei (Cap-Oriental).

Son père était Hendry Mphakanyiswa Gadla, chef de tribu Xhosa de Tembu. À l’âge de sept ans, Rolihlahla Mandela devint le premier membre de la famille à suivre une scolarité. C’est un professeur méthodiste qui lui donne le prénom occidental de Nelson.

Son père décède d’une tuberculose alors qu’il n’a que neuf ans. Nelson Mandela est alors envoyé à la mission de Wesleyan.

Selon la coutume Xhosa, il est initié à l’âge de seize ans et poursuit ses études avec succès à la Clarkebury Boarding Institute. Il obtient son certificat scolaire en deux ans (au lieu de trois habituellement).

En 1934, Mandela s’inscrit au Collège Wesleyan de Fort Beaufort.

Diplômé, il rejoint l’université de Fort Hare où il fait la connaissance d’Oliver Tambo, qui devient son ami et collègue. À la fin de sa première année, membre du conseil représentatif des étudiants, il est impliqué dans le boycott du règlement universitaire. Il est alors renvoyé de l’université.

Suite à un mariage arrangé non souhaité, il s’enfuit à Johannesburg où il passe sa licence par correspondance à l’Université d’Afrique du Sud (UNISA) puis débute des études de droit à l’université du Witwatersrand.

C’est en 1942 que Nelson Mandela rejoint le Congrès national africain (ANC), membre de l’Internationale Socialiste, afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche. En 1944, avec Walter Sisulu et Oliver Tambo, il fonde la plus dynamique ligue de jeunesse de l’ANC.

Aux élections générales de 1948, la victoire du Parti national Afrikaner entraîne la mise en place de sa nouvelle politique qui fut appelée apartheid.

En 1952, Mandela, par ailleurs avocat, monte la campagne de défiance contre le gouvernement de Daniel Malan.

En 1955, alors que le Parti National semble appelé à durer au gouvernement, Mandela participe à la rédaction de la charte de la liberté dont le programme fondamental est la lutte contre la ségrégation raciale et l’apartheid. À cette époque, Mandela et Tambo se sont associés au sein de leur propre cabinet et prodiguent des conseils juridiques gratuits aux noirs les plus pauvres.

Le 5 décembre 1956, Mandela et 150 autres personnes sont arrêtés et accusés de trahison. Ils sont au bout du compte tous acquittés, grâce aux plaidoiries des avocats et au légalisme pointilleux des tribunaux sud-africains en 1961.

Après le massacre de Sharpeville où il y a eu 79 morts et 178 blessés en 1960, les appels à la lutte armée sont plus pressants d’autant plus que l’ANC et le Congrès panafricain sont interdits, ses leaders emprisonnés ou assignés à résidence. La stratégie non-violente de l’ANC est abandonnée par Nelson Mandela qui fonde Umkhonto we Sizwe, réseau prônant l’action armée.

Il fut emprisonné en 1962 puis condamné à cinq ans de prison en 1963, et, après un procès où il contesta la justice d’apartheid, condamné à la détention à perpétuité en 1964 en raison de ses activités politiques clandestines, devenant au fil des années, le plus célèbre et l’un des plus anciens prisonniers politiques.

Il fut en partie libéré le 7 décembre 1988 et mis en résidence surveillée. Le 5 juillet 1989, il rencontre au Cap le président Pieter Botha. Il fut définitivement libéré le 11 février 1990 sur ordre de Frederik de Klerk qui, pour des raisons politiques, mit fin à la clandestinité de l’ANC, et le sollicita pour maintenir la paix civile en Afrique du Sud. Les deux hommes ont travaillé ensemble pour instaurer la fin de l’apartheid et un régime de transition.

Combat pour la paix et la non-violence

Il se vit décerner le Prix Nobel de la paix avec le président Frederik de Klerk en 1993. En 1979, il avait reçu le Prix Nehru pour la Paix et en 1989, le Prix Kadhafi des droits de l’Homme.

À la suite des premières élections démocratiques du 27 avril 1994, remportées largement par l’ANC, Nelson Mandela est élu Président de la république d’Afrique du Sud et prête serment à Pretoria le 10 mai 1994 devant tout le gotha politique international, d’Al Gore à Fidel Castro.

Il préside au premier gouvernement non racial du pays, en l’occurrence un gouvernement d’union nationale entre l’ANC, le Parti National et le parti zoulou Inkhata.

Ses deux vice-présidents sont alors Thabo Mbeki et Frederik de Klerk.

Conformément aux négociations de la période de transition, une commission « vérité et réconciliation » est créée pour entendre des exactions et des crimes commis sous l’apartheid par le gouvernement, les forces de sécurité mais également par les mouvements de libération. Il s’agit de confronter le passé afin de tourner la page historique douloureuse et non de juger les crimes ou exactions constatées qui, le cas échéant, en l’absence de regrets des protagonistes, seront toujours du ressort des tribunaux pénaux.

Président, Nelson Mandela est davantage un chef d’état qu’un chef de gouvernement : il confie ce rôle à Thabo Mbeki.

Prônant la réconciliation nationale, il se rend même à Orania pour rencontrer Madame Hendrik Verwoerd et organise une tea party à Pretoria réunissant les épouses des anciens premiers ministres et présidents du pays avec les épouses des anciens prisonniers de Robben Island.

Internationalement, il redonne une légitimité à l’Afrique du Sud qu’il donne en exemple en matière de réconciliation nationale.

Son autobiographie Un long chemin vers la liberté est publiée en 1995 et raconte son enfance, son engagement politique, ses longues années de prison et son accession au pouvoir.

En 1996, le Parti National quitte le gouvernement peu après l’adoption d’une nouvelle constitution.

Il accepte d’être médiateur de plusieurs négociations de paix, notamment dans l’Afrique des grands lacs.

En 1997, Mandela quitte la présidence de l’ANC qui échoit à Thabo Mbeki.

À la fin de son mandat, certains radicaux critiquent l’absence d’efficacité de la politique de son gouvernement dans la lutte contre le SIDA, dans la lutte contre les inégalités raciales ou encore la lenteur des procédures d’indemnisations des noirs spoliés sous l’apartheid.

En 1999, Thabo Mbeki lui succède à la présidence de la république. Comme il s’y était engagé lors de son élection, Nelson Mandela n’est pas candidat à un second mandat et quitte la vie politique. Pour continuer de lutter pour les valeurs qui lui tiennent à cœur, il fonde la Fondation Nelson Mandela.

Après son divorce avec Winnie Mandela, Nelson Mandela s’est remarié avec Graça Machel, veuve de l’ancien président du Mozambique, Samora Machel.

En janvier 2003, lors d’un discours au International Women’s Forum, Mandela s’oppose fermement à l’attaque des États-Unis et du Royaume-Uni contre l’Irak sans l’aval des Nations unies. Il accuse le président George W. Bush de vouloir « plonger le monde dans l’holocauste » .

En septembre 2004, il fut plébiscité en tant que première personnalité sud-africaine.

Mohamed El jerroudi

La chonson Marocaine est en deuil.

L'artiste marocaine Rajae Belmlih l'une des plus célèbres voix de la chanson marocaine est décédé à l'âge de 45 ans.

C'est dans une clinique à Rabat qu'elle a tiré sa révérence à 1h15' -gmt.

Révélation de l'émission "Mawahib" d'Abdenbi El Jirari dans les années 80, Belmlih a commencé son parcours de chanteuse depuis son bas âge. Sa réussite précoce ne l'a pas empêchée de poursuivre ses études jusqu'à décrocher sa licence à la Faculté des lettres de Rabat.

Après un brillant parcours au Maroc où elle a marqué les esprits avec sa chanson "Ya Jara Wadina", l'artiste s'installe au début des années 90, au Caire, capitale de la chanson orientale pour donner un nouvel élan à sa carrière.

Avec des albums tels "Sabri Alik Tal", "Ya Rhayeb", "Ietiraf", l'artiste a conquis sa place sur la scène arabe en collaborant avec de grands compositeurs, tels Jamal Salama, Mohamed Diae, Hilmi Bakr et Salah Chernoubi.

C'est avec son succès intitulé "Chouq El Ouyoune" que la défunte, qui était atteinte d'un cancer, avait retrouvé son public après une opération chirurgicale dans l'un des hôpitaux de Paris.

Sa voix et son talent n'ont pas laissé le public arabe indifférent, comme en témoigne le nombre de récompenses qu'elle a obtenues dans différentes manifestations artistiques depuis 1995 au festival international du Caire de la chanson et de la musique arabe à l'opéra égyptienne, puis en 1996 au festival de la chanson tunisienne et une autre distinction au 3ème festival international du Caire.

Elle fut nommée ambassadrice de l'Unicef en 1999 en reconnaissance de ses nombreuses contributions à caractère artistique, humanitaire et caritatif.

Simple et modeste, la défunte n'a jamais attrapé le syndrome de la célébrité en dépit de ses grands succès, a assuré son manager au Maroc, le poète Abdelghaffar Benchakroun.

La dernière apparition de la défunte était lors de l'émission artistique "Ahl al Maghna" diffusée cet été par la deuxième chaîne 2M. Elle devait encore participer au dernier prime de l'émission Studio 2 M en juillet dernier, mais sa prestation a été annulée en raison de la détérioration de son état de santé.

Rajae Belmlih, qui s'était installée aux Emirats Arabe Unis, était mère d'un enfant de 5 ans et avait la nationalité émiratie.

Mohamed El jerroudi

Omar Kayyhâm

Omar Khayyâm naquit dans le Khorassan, près de la ville de Nichapour vers l'an 1040 de l'ère chrétienne. Ses Robaiyats sont des quatrains , à qui la langue Française fait perdre de leur beauté, car le Perse et sa calligraphie en sont un écrin qui reste hélas inaccessible à nos yeux et nos oreilles. Vin (mot qui revient souvent) est à prendre dans son sens spirituel, le vin divin qui enivre et vous "évade" de la dualité. On retrouve ici , le lâcher prise, l'abandon total à ce qui est, ici et maintenant. Seul "Un" existe pour Khayyâm. Khayyâm est un désespéré qui se masque d'un sourire dès qu'un sanglot l'étrangle. Cette sérénité douloureuse, il ne l'a pas conquise sans efforts, sans blessures. Durant toute sa vie, il cherche la vérité dans la science, dans la philosophie, dans les plaisirs de la vie La sérénité de ce désabusé ne ressemble ni au calme olympien de Goethe ni à la fade quiétude d'Horace, poètes auxquels on l'a trop souvent comparé. Son érudition universelle, et ses déboires, d'ordre purement transcendantal, lui ont conféré sa dédaigneuse indifférence et cette amertume qui n'accepte un plaisir que pour le changer en douleur. Son courage est remarquable. au mépris du jugement de ses contemporains fanatiques (déjà) et intolérants, il ose douter de tout ce que l'on vénère autour de lui, il ose proclamer l'inanité des dogmes religieux et des connaissances humaines. Omar Kayyhâm
Mohamed El jerroudi

Psychiatre, écrivain et combattant.

Frantz FANON ( 1925 -1961 )

Il est peu connu dans son pays, la Martinique, car il a passé l'essentiel de sa vie de militant dans sa terre d'adoption, l'Algérie.

FANON est né à Fort-de-France le 20 juillet 1925. Il meurt à Washington le 6 décembre 1961, à l'âge de 36 ans, des suites d'une leucémie. Il est inhumé au cimetière de "Chouhada" (TUNIS). Médecin psychiatre, écrivain, combattant anti-colonialiste, FANON a marqué le XXe siècle par sa pensée et son action, en dépit d'une vie brève frappée par la maladie.

FANON fit ses études secondaires au lycée SCHOELCHER, ses études supérieures à la faculté de médecine de Lyon et fut nommé, en 1953, Médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de Blida, en Algérie. Il avait déjà publié, en 1952, "Peaux noires, masques blancs". En 1956, deux ans après le déclenchement de la guerre de libération nationale en Algérie, FANON choisit son camp, celui des colonisés et des peuples opprimés. Il remet sa démission de son poste à l'hôpital et rejoint le Front de Libération Nationale (FLN) en Algérie.

Il eut d'importantes responsabilités au sein du FLN, membre de la rédaction de son organe central, "El Moudjahid". Il fut chargé de mission auprès de plusieurs Etats d'Afrique noire, ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) au Ghana. Il échappa à plusieurs attentats au Maroc, en Italie. Jusqu'à sa mort, FANON s'est donné sans limites pour la cause de la libération des peuples opprimés.

L'action de FANON se situe dans le contexte d'après-guerre marqué par la lutte idéologique entre le bloc occidental mené par les Etats-Unis et le bloc socialiste mené par l'Union Soviétique. La cassure semble irrémédiable entre l'Est et l'Ouest mais un troisième monde émerge au cours des années 1950-1960 : c'est le tiers-monde qui revendique lui aussi sa place dans les relations internationales et sa part dans le partage des richesses de la planète Le tiers-monde affirme pour la première fois son existence politique en 1955 à la Conférence de BANDOUNG, en proclamant son refus de la bipolarisation du monde. De nombreux leaders du tiers-monde apparaissent en même temps que les mouvements de libération nationale et mènent une lutte de plus en plus radicale en Afrique, en Asie, en Amérique latine. Les années 1960 sont marquées par des répressions violentes et des assassinats d'hommes politiques représentant la lutte des peuples opprimés : répression sanglante en Indonésie en 1965 (500 000 morts), assassinat de Patrice LUMUMBA au Congo, assassinat de CHE GUEVARA en Bolivie; assassinat de MALCOLM X, de MARTIN LUTHER KING aux Etats-Unis, assassinat de MEHDI BEN BARKA au Maroc, procès de RIVONIA en Afrique du Sud où NELSON MANDELA et ses compagnons sont condamnés à la prison à vie.

En Martinique, la jeunesse se révolte pendant trois nuits d'émeute à Fort-de-France (décembre 59, trois morts), puis c'est l'arrestation et la déportation des jeunes Martiniquais de l'OJAM (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) qui avaient osé placarder partout des affiches où l'on pouvait lire : "La Martinique aux Martiniquais".

C'est dans ce contexte d'affrontement Est-Ouest doublé d'une lutte Nord-Sud que s'inscrivent l'action et la pensée de FANON.

FANON a toujours dénoncé les intellectuels qui ne s'engagent pas réellement et pratiquement dans la lutte révolutionnaire.

" Libération nationale, renaissance nationale, restitution de la nation au peuple, Commonwealth, quelles que soient les rubriques utilisées ou les formules nouvelles introduites, la décolonisation est toujours un phénomène violent. La décolonisation qui se propose de changer l'ordre du monde est un programme de désordre absolu.

Mais elle ne peut être le résultat d'une opération magique, d'une secousse naturelle ou d'une entente à l'amiable. On ne désorganise pas une société, aussi primitive soit-elle, avec un tel programme, si l'on n'est pas décidé dès le début, c'est-à-dire dès la formulation même de ce programme, à briser tous les obstacles qu'on rencontrera sur sa route. Le colonisé qui décide de réaliser ce programme, de s'en faire le moteur, est préparé de tout temps à la violence. Dès sa naissance il est clair pour lui que ce monde rétréci, semé d'interdictions, ne peut être remis en question que par la violence absolue " (extraits de l'œuvre majeure de Fanon : "Les Damnés de la Terre", publiée l'année de sa mort).

Le combat de FANON ne visait pas seulement la libération de l'homme noir ou du colonisé. Il cherchait à libérer l'homme : " Etre responsable dans un pays sous-développé, c'est savoir que tout repose en définitive sur l'éducation des masses, sur l'élèvation de la pensée, ce qu'on appelle trop rapidement la politisation. Il s'agit pour le tiers-monde de recommencer une histoire de l'homme. La décolonisation est véritablement création d'hommes nouveaux. Mais cette création ne reçoit sa légitimité d'aucune puissance surnaturelle la "chose" colonisée devient homme dans le processus même par lequel elle se libère. Je ne veux pas chanter le passé aux dépens de mon présent et de mon avenir. Je ne veux pas être esclave de l'esclavage. Je ne veux qu'une chose que cesse à jamais l'asservissement de l'homme par l'homme, c'est-à-dire de moi par un autre. Qu'il me soit permis de découvrir et de vouloir l'homme où qu'il se trouve "

" FAIRE PEAU NEUVE, DEVELOPPER UNE PENSEE NEUVE, TENTER DE METTRE SUR PIED UN HOMME NEUF ", voilà l'essentiel du message de FANON, un message qui est toujours d'actualité au moment où on assiste à la montée des intégrismes de tous bords, dans un monde d'inégalités où le fossé se creuse entre riches et pauvres, entre nantis et démunis.

" OUI, IL FAUT COMPROMETTRE TOUT LE MONDE DANS LE COMBAT POUR LE SALUT COMMUN ! "

Mohamed El jerroudi

Diana , 10 ans après.

Diana

Dix ans après la mort de Diana, qui avait traumatisé tout un peuple et ébranlé la monarchie, la Grande-Bretagne se prépare à rendre un hommage plutôt discret à la "princesse du peuple", revenue le temps d'un anniversaire au centre de l'effervescence médiatique.




Une seule cérémonie officielle est prévue le 31 août : à la demande de William et Harry, les fils de Diana et du prince Charles, une messe du souvenir en présence de quelque 500 invités se tiendra à la chapelle des Wellington Barracks, une caserne proche du palais de Buckingham.





L'épave de la voiture dans laquelle lady Di et son ami le milliardaire égyptien Dodi Al Fayed ont eu un accident, le 31 août 1997





Les pinces William et Harry sur scène lors du concert géant au stade de Wembley en hommage à leur mère, le 1er juillet 2007 à Londres La reine Elizabeth, son époux le prince Philip, William, Harry et Charles assisteront à cette cérémonie, retransmise par la BBC. En revanche, l'épouse du prince Charles, Camilla, n'assistera pas à la messe. "Je suis très touchée d'avoir été invitée par le prince William et par le prince Harry à assister à la messe du souvenir pour leur mère Diana, princesse de Galles", affirme Camilla dans un communiqué.




"J'avais accepté et je voulais les soutenir, cependant à la réflexion je pense que ma présence pourrait détourner l'attention de la raison d'être de cette cérémonie qui est de se pencher sur la vie et l'oeuvre de Diana", ajoute-t-elle. "Je remercie mon mari, William et Harry de soutenir ma décision", conclut-elle.




Le domaine d'Althorp (centre-ouest de l'Angleterre), demeure de la famille Spencer où repose au milieu d'un lac la sépulture de Diana, sera exceptionnellement -et gratuitement- ouvert au public le 31 août. Les billets ont été pris d'assaut depuis des mois.




A Londres, la National Portrait Gallery a monté une exposition sur celle qui fut la femme la plus photographiée du monde: Diana la princesse aux tenues chics et élégantes, Diana l'épouse, la mère, la militante des causes humanitaires... Une exposition audiovisuelle a également été organisée au palais de Kensington où vécut la princesse, non loin de la fontaine érigée à Hyde Park en sa mémoire.




Dans un style plus informel qu'aurait sans doute apprécié leur mère, William et Harry avaient déjà organisé le 1er juillet un concert géant au stade de Wembley en son hommage, retransmis en direct dans 140 pays, le jour où elle aurait fêté ses 46 ans.




A défaut de réveiller une "Dianamania" largement en perte de vitesse depuis de nombreuses années, ce 10e anniversaire a suscité un regain d'intérêt dans les médias et l'édition.




Une quinzaine de livres sont parus pour l'occasion, tandis que journaux, radios et télévisions consacrent à l'événement plusieurs pages ou émissions. L'occasion de porter un regard nostalgique et parfois critique sur l'extraordinaire vague d'émotion nationale qui avait suivi l'accident mortel de la princesse, morte à 36 ans au côté de son compagnon Dodi Al-Fayed, aux petites heures du 31 août 1997 dans un tunnel parisien.




Les rédacteurs en chef de plusieurs journaux britanniques en ont profité pour faire leur autocritique, regrettant d'avoir pendant des années lancé aux trousses de la princesse -qui savait aussi en jouer- une meute de paparazzi, jusqu'à cette nuit fatale d'août 1997.




"J'ai ressenti une énorme responsabilité pour ce qui s'est passé comme à mon avis tout le monde au sein des médias", a ainsi confié Phil Hall, ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire populaire News of the World, plus fort tirage de la presse britannique dominicale.




Pendant ce temps, d'autres tabloïdes continuent d'alimenter par de pseudo-révélations la chronique apparemment intarissable des "théories du complot" chères notamment au père de Dodi, le milliardaire égyptien Mohamed al-Fayed, propriétaire du magasin Harrod's à Londres.




Plusieurs rapports officiels ont pourtant écarté ces théories, concluant à un accident de la route. Elles ne devraient pas manquer de refaire surface lors de l'enquête judiciaire britannique, prévue pour entrer cet automne dans la phase cruciale des audiences publiques

Le prince Harry, qui au côté de son frère William avait ému le monde en marchant dignement derrière le cercueil de sa mère, à peine âgé de 12 ans lors des funérailles, a reconnu que la mort de sa mère continuait de le hanter.




"Personne ne saura jamais ce qui s'est passé dans ce tunnel et je suis sûr que les gens y penseront toujours", expliquait-il lors d'une récente interview à la chaîne américaine NBC. "Je me le demanderai toujours".





Mohamed El jerroudi

L'indomptable.

LEO FERRE (24 août -14 juillet 1993 1916)

La poésie de son verbe, la justesse de ses mots, ses cris, ses révoltes, sa libre pensée, sa résistance aux modes conjugués à ses convictions ont fait de lui un chanteur atypique et marginal que sont en train de redécouvrir les nouvelles générations.

Auteur de chansons mais aussi d'opéras, il a écrit un roman "Benoît Misère", des textes en prose, des livrets d'opéra. Toujours imprégné de révolte et d'anarchie qu'il définit comme "La formulation politique du désespoir", Léo Ferré gueule et tempête pour notre plus grande joie, pour que nous soyons touchés dans le coeur et dans nos têtes, pour que nous nous levions en brandissant le poing.

Léo Ferré a mis en musique et chanté des poèmes de Rimbaud, Baudelaire, Rutebeuf, Apollinaire, Verlaine, Aragon et de Jean Roger Caussimon, ou bien écrit sur les musiques d'autres compositeurs. Contrairement aux chanteurs contemporains, Léo Ferré a mis de nombreuses années à se faire connaître. De cabaret en cabaret, il a erré longtemps à jouer du piano en présentant ses chansons. Il est certain que son oeuvre demeurera bien après que les "tubs", vendus à grands renforts de pub, seront à jamais relégués dans l'oubli, de par leur médiocrité. Il a conjugué l'écriture, la composition, l'interprétation et l'orchestration. Il a maîtrisé ces différentes techniques. Dans ses textes il passe de l'argot au classicisme littéraire, de textes courts à de multiples pages d'écriture, de la concision à la passion. Ferré ce n'est pas seulement un chanteur, c'est une partie de notre histoire qui rugit.

De sa biographie je ne livrerai pas grand chose, Léo Ferré ayant déclaré : "Les poètes, quand ils vivent, on les bat, on les moque, on les met en prison. Quant ils sont morts, on fouille dans leur vie, de préférence avec un groin de cochon..."

De Ferré, l'important c'est son oeuvre, pas notre voyeurisme. Le 14 juillet 1993, Ferré, à l'âge de 77 ans, nous quitte, ultime testament pour que nous nous souvenions des révoltes de notre histoire en cet anniversaire de la révolution française de 1789. "La vie est un grand livre écrit par un maladroit. Nous on s'en fout on ne sait pas lire".

Mohamed El jerroudi

Le narrateur de l'absurde.

Albert Camus ( 1913-1960 )

Né en Algérie dans une famille très modeste, orphelin de père, Albert Camus commence des études de philosophie au cours desquelles il fait la connaissance du professeur Jean Grenier, qui l'influencera beaucoup et lui fera découvrir Nietzsche. Atteint de la tuberculose, il ne peut achever ses études, mais soutient cependant en 1936 un diplôme d'études supérieures, « métaphysique chrétienne et néoplatonisme ». Parallèlement, il participe à des projets dramatiques, adaptant ou jouant des pièces de théâtre.

Lors de son bref passage au Parti communiste (1935 -1937), il fonde et anime la troupe du Théâtre du Travail avec l'ambition de mettre les œuvres dramatiques classiques et contemporaines à la portée d'un public défavorisé. Il anime ensuite une autre compagnie, le Théâtre de l'Equipe, et publie sa première œuvre, l'Envers et l'Endroit (1937), une compilation d'essais littéraires sur des sujets assez divers où apparaissent, déjà, les grands thèmes de la maturité: la mort, le soleil, la Méditerranée, l'isolement, le destin de l'Homme, le rapprochement entre désespoir et bonheur, etc. Deux ans plus tard paraît Noces, qui mêle l'essai philosophique à la poésie lyrique.

Le quai d'Alger

À partir de 1938, Camus embrasse le journalisme, d'abord à Alger (Alger républicain, Soir républicain), puis à Paris (Paris-Soir), où il s'établit définitivement en 1942. C'est là que paraissent simultanément et dans la clandestinité le roman l'Etranger et l'essai le Mythe de Sisyphe (1942); deux œuvres remarquées qui exposent la philosophie de Camus et s'inscrivent dans ce que lui-même appelle le « cycle de l'absurde » (cycle que viendront par la suite compléter les pièces le Malentendu, 1944, et Caligula, 1945). Réformé pour raisons de santé en 1939, Camus joue un rôle très actif dans la Résistance, au sein du mouvement Combat. À la Libération, et jusqu'en 1947, il est le rédacteur en chef du journal Combat, aux côtés de Pascal Pia. Il se met aussi au service des grandes causes humanitaires internationales.

Il n'en poursuit pas moins son œuvre littéraire à un rythme soutenu avec, notamment, la création de ses pièces le Malentendu (1944) et Caligula (1945), puis la publication de son roman la Peste (1947), qui inaugure le cycle de la révolte et de la solidarité, dont font partie l'Etat de siège (1948) et les Justes (1949), mais surtout l'Homme révolté (1951). Ce dernier essai est à l'origine de la rupture définitive entre Camus et Jean-Paul Sartre, puisqu'il souligne clairement les divergences des deux écrivains sur la question de l'engagement.

En 1952, Albert Camus démissionne de son poste à l'UNESCO pour marquer sa réprobation devant la passivité de cette institution à l'égard de l'Espagne franquiste. Par la suite, en 1956, il s'engage de nouveau en tentant d'intervenir en faveur d'une trêve dans la guerre d'Algérie.

Il publie ensuite la Chute (1956), où il revient sur sa rupture avec l'existentialisme, ainsi qu'un recueil de nouvelles, l'Exil et le Royaume (1957); deux œuvres d'où émane plus que jamais la nostalgie d'une altérité oubliée. La même année, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « avoir mis en lumière les problèmes se posant de nos jours à la conscience des Hommes ». Le 4 janvier 1960, alors qu'il travaille à un autre roman, le Premier Homme (posthume, 1994), il se tue dans un accident de voiture.

Mohamed El jerroudi

Hitler

Prophète racial (20ème siècle).

Animé par la haine et l'ivresse de lui-même, il inventa des fantasmes de grandeur pour tenter de juguler son profond déséquilibre. Selon le mécanisme psychologique du prophétisme, il régressa au stade animal, pour transformer son peuple en horde de prédateurs déchiquetant un bouc émissaire.

Et pourtan Hitler était un artiste en 1914.

L’avenir d’un mouvement est conditionné par le fanatisme et l’intolérance que ses adeptes apportent à le considérer comme le seul mouvement juste, très supérieur à toutes les combinaisons du même ordre. Le mouvement doit dresser ses membres à ne pas voir, dans la lutte, un élément secondaire et négligeable, mais le but lui-même. Une alliance dont les buts n'englobent pas aussi la perspective d'une guerre est dénuée de sens et de valeur. J’ai fanatisé la masse pour en faire l’instrument de ma politique. J’éveille en elle des sentiments qui lui conviennent, elle suit immédiatement les mots d’ordre que je lui donne."

  • Le danger de l'extrémisme

Après la 1ère Guerre Mondiale, Hitler, bien que n'ayant aucun diplôme et ayant fait de la prison, arrive cependant rapidement à la tête du parti d'extrême-droite allemand, le parti nazi. Toute sa politique vise à désigner les Allemands comme une race supérieure, "pure" qu'il faut débarrasser des Juifs, des tziganes, des handicapés...

Il est un orateur décidé et habile. Son succès vient en grande partie aussi des méthodes violentes de ses partisans qui n'hésitent pas à enfreindre la loi pour empêcher toute opposition normale. Les opposants et leurs familles sont menacés ou même éliminés, il est alors difficile de résister à cette poussée de violence en Allemagne.

C'est la méthode typique des fascistes : Mussolini a fait de même pour arriver au pouvoir en Italie. Tous deux veulent arriver au pouvoir par tous les moyens, si possible par des élections mais en supprimant ensuite toutes les libertés et notamment la liberté de la presse et le droit de vote.

Hitler gagne les élections de 1933 et devient chancelier de l'Allemagne. Il devient alors l'objet d'un véritable culte. Mais cela ne lui suffit pas. Son but est de dominer non seulement l'Allemagne mais l'Europe entière.

Mohamed El jerroudi

Tagore

“ L’homme est en marche pour satisfaire des besoins qui sont plus pour lui que la nourriture ou le vêtement. Il s’est lancé à la recherche de soi-même. L’histoire de l’homme est celle de son voyage vers l’inconnu, en quête de la réalisation de son Moi immortel, de son âme. ” Rabindranath Tagore

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Gibran Khalil Gibran

(1883 - 1931)

C'est un arabe qui parle en anglais, un libanais de la montagne qui, inventant son chemin dans l'exil, trouve la liberté et se découvre une passion sans modération pour son pays . C'est un lecteur de la Bible qui parle comme un soufi, un chrétien qui chérit la gloire de l'Islam, un amateur de femmes mûres qui cherche sur le miroir de son oeuvre la pureté de son âme.

Il était artiste peintre aussi.

Khalil Gibran est né en 1883 et mort en 1931; il découvre après un voyage à Boston la littérature et les arts. En 1902 et 1903, il perd beaucoup d’êtres chers, pourtant son talent artistique s’affirme. Il peint et écrit. Protégé de Mary Haskell, il engage une correspondance que seul la mort arrêtera. Il se fait déjà, en 1905, l’avocat des écrivains qui rompent avec la tradition écrite arabe. En 1908, il publie les « Esprits rebelles » que l’Eglise maronite juge hérétique.

Gibran décide de venir à Paris pour étudier les beaux-arts.. Il s’installe définitivement à Boston d’où il débute une correspondance avec l’écrivain libanaise May Ziyada qui vit en Egypte. Gibran fonde avec d’autres écrivains arabes le Cénacle destiné à secoué la « langue » et de traduire tous les auteurs qui le méritent.

En 1923, il publie LE livre qui le fera connaître du monde entier : « Le prophète » Il meurt le 10 avril 1931 après avoir écrit des poèmes et des méditations qui ont eu une énorme résonnance en occident et en orient. Ces textes empreints de symboles et de spiritualité amèneront le lecteur vers ses profondeurs et la sagesse.

Il dit de lui même : « Je suis venu afin de vivre dans la gloire de l’Amour et dans la lumière de la Beauté, qui sont les reflets de Dieu. Sur cette terre je vis, et personne ne peut me chasser des sphères de la Vie. Car, à travers mon mot chargé de vie, je continuerai d’exister, même dans la Mort. »

Mohaled El jerroudi

Paul GAUGUIN

aventurier et voyageur

Paul GAUGUIN est né à Paris en 1848 dans une famille française de la moyenne bourgeoisie. Il était d'ascendance hispano-péruvienne noble par sa mère, et sa famille, étiquetée "rouge" - son père travaillant au "National", l'organe du Parti Radical -, gagne le Pérou en 1849 pour échapper à la répression du "Parti de l'ordre".

Son père décède lors du voyage, et Paul reviendra à Paris six ans plus tard avec sa mère et sa soeur. De cette petite enfance en exil en Amérique Latine, il gardera toujours le goût du voyage et de l'exotisme.

Après le krach de 1882, Paul Gauguin quitte son emploi et décide de "peindre tous les jours" et de se consacrer à cet art qu'il pratique depuis longtemps en "talentueux peintre du dimanche". Ayant décidé de vivre exclusivement de son art, sa situation financière se détériore rapidement. Gauguin part vivre avec sa famille à Rouen, et huit mois plus tard, sans le sou, est contraint de partir vivre dans la famille de sa femme, avec ses cinq enfants au Danemark.

Là, Paul Gauguin, incompris de sa belle-famille, se décourage rapidement et décide finalement de revenir vivre à Paris avec Clovis, un de ses fils. Ils y vivront dans un grand dénuement, souvent gagnés par la maladie, mais toujours aidés par Schuffenecker, l'ami fidèle. Quoique gagnant peu d'argent en vendant ses tableaux, Gauguin voit ses oeuvres souvent favorablement accueillies par la critique

Gauguin participa à la huitième et dernière exposition des Impressionnistes en 1886, dont Monet, Renoir, Sisley et Caillebotte étaient absents, laissant Degas et Pissarro imposer leurs protégés respectifs, en particulier Seurat et Signac pour Pissarro.

L' année 1886 peut être considérée comme la dernière année du groupe des impressionnistes, qui va, encore davantage, éclater dans différentes directions, que l'on regroupera sous le vocable "post-impressionnisme".

En septembre 1893, Paul Gauguin commence la rédaction de Noa Noa ("Odorant"), afin de mieux faire comprendre sa peinture tahitienne.

En novembre 1893 une exposition des oeuvres de Gauguin a lieu chez chez Durand-Ruel avec 41 tableaux de Tahiti, 3 de Bretagne et des sculptures sur bois. Mais Gauguin est déçu par l'accueil fait par les critiques parisiens à ses toiles d'Océanie.

Gauguin retourne une dernière fois d'avril à novembre 1894 à Pont-Aven. La colonie artistique de Pont-Aven, qui compte certains étés plus de cent peintres, est devenue alors un phénomène unique en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle.

RUE Paul GAUGUIN

Gauguin est victime d'une crise cardiaque. Il tente de se suicider à l'arsenic . Gauguin travaille comme dessinateur au bureau des Travaux Publics de Papeete .

Il crée un journal "Le Sourire" . Et devient rédacteur en chef du journal "Les Guêpes" . Gauguin quitte Tahiti pour les Iles Marquises. Il y construit la "Maison du Jouir" où il s'installe avec sa vahiné Vaeho Marie-Rose . Vaheo donne naissance à une fille Tahiatikaomata . Pour avoir pris la défense de plusiueurs indigènes, Gauguin est accusé de diffamation à l'encontre du gouverneur, et condamné. Paul Gauguin meurt d'une crise cardiaque après avoir pris une forte dose de morphine. Il est enterré au cimetière catholique d'Atuona .

Mohamed El jerroudi

Jacques Brel

Jacques Brel

Désireux d'échapper à l'entreprise familiale de cartonnerie, Jacques Brel se veut chanteur et gagne Paris en 1953. Ses débuts sont plus que modestes, ses spectacles joués à la guitare, son attitude provinciale ne séduisent guère la capitale. Néanmoins, il persévère et s'entoure de fidèles compagnons (Pasquier, Rauber, Jouannest) qui l'aident à accoucher de son premier succès en 1956 : 'Quand on a que l'amour'.

En 1959, le succès de l'album 'La valse à mille temps' propulse Jacques Brel sur le devant de la scène. Il ne triomphe pas seulement à l'Olympia mais dans le monde entier. Les succès s'enchaînent ('Ne me quitte pas', 'Les Bourgeois', 'Les Vieux'). Parvenu au sommet en 1966, il décide de mettre un terme à sa carrière de chanteur et de se consacrer au cinéma.

Jacques Brel était fou de Paul Gauguin.

Il sera tour à tour réalisateur ('Frantz' en 1971) et acteur ('Les Risques du métier', 'L'Emmerdeur'). En 1975, atteint d'un cancer, il part vivre loin... aux îles Marquises. En 1977, il enregistre un dernier disque, 'Les marquises', qui sera un véritable événement. Il meurt quelques mois plus tard.

« Enfin, quoi, si j'avais du talent, je n'aurais tout de même pas fait des chansons » Jacques Brel

Mohamed El jerroudi

La mort a un sens...

Naguib Mahfouz Ecrivain égyptien qui a marqué par ses écrits la littérature étrangère Né à Le Caire en 1911 Décédé à Le Caire le 30 août 2006

Issu de la bourgeoisie modeste, Naguib Mahfouz suit des études de philosophie et rédige dès l'âge de 17 ans des essais pour des revues littéraires dans les années 1930. Il publie son premier roman en 1939, et tente de restituer l'histoire de l'Egypte à l'époque pharaonique mais il échoue à cause de la Seconde Guerre mondiale. Il traite finalement de l'histoire contemporaine du Caire dans 'Passage des miracles' (1947) et 'Vienne la nuit' (1949).

Sa trilogie, achevée en 1956-1957, est reconnue tardivement en raison du contexte politique. il décide de se remettre à la fiction et son roman 'Les Fils de la Médina' est publié en feuilletons dans le quotidien Al-Ahram. Sa contestation politique lui attire la censure. Cependant, il occupe de nombreux postes au sein des institutions culturelles et entretient un rythme extrêmement productif, à raison d'un roman par an. On lui doit 'Dérives sur le Nil' (1966) , 'Miramar', (1967) , 'Le Voleur et les chiens' (1961) ou encore 'La Quête' (1965). Ses grands romans réalistes sont adaptés au cinéma.

Il reçoit le prix Nobel en 1988. Mais il demeure la cible des islamistes : il est victime d'un attentat en 1994. Le 16 juillet 2006, entre à l'hôpital de la Police du Caire pour une insuffisance rénale et une pneumonie. Il succombe d'une hémorragie à l'âge de 94 ans. Naguib Mahfouz, figure de proue de la littérature égyptienne, a toujours soutenu ses idées avec un courage et une sagesse remarquables.

Le Caire

Naguib Mahfouz s'en est allé. L'écrivain égyptien, lauréat du prix Nobel en 1988, a tiré sa révérence le 30 août 2006, sans bruit et sans fureur. En quittant humblement les rumeurs du monde, il laisse derrière lui une oeuvre impressionnante composée d'une cinquantaine de romans et recueils de nouvelles.

Mohamed El jerroudi

L'art marocain

bijoux marocains

L'histoire des arts au Maroc pourrait schématiquement être classée en deux périodes distinctes à savoir la période de 1912-1956 et jusqu’à aujourdh’hui.

La première période étant celle de la naissance et des balbutiements de la pratique picturale en tant que telle. Cette période verra l’apparition des premiers peintres européens installés au Maroc sous protectorat français.

Pouf en cuir orange

C'est "L'école coloniale" dont la caractéristique essentielle aura été l'initiation d'une peinture provinciale et exotique. Une école qui donne naissance à des artistes marocains autodidactes qui s’intéresseront à cette nouvelle forme d'expression plastique, la peinture de chevalet. C’est ce qui permettra l'émergence d'une première génération de peintres figuratifs naïfs, reproduisant, chacun selon la technique acquise auprès d'artistes européens, les scènes de la vie sociale marocaine, autrement dit, au-delà d’ une certaine forme "d'ethnologie picturale". Cette seule et unique tendance, qui a duré au-delà de l'indépendance du Maroc, a pour principaux représentants Mohamed ben Ali R'Bati, Abdelkrim Ouazzani, Moulay Ahmed Drissi et Ben Allal.

Technique mixte

L'enseignement des arts plastiques au Maroc verra le jour en 1945, avec la création de l'Ecole des Beaux Arts de Tétouan - ville sous protectorat espagnol - et celle de Casablanca en 1950. Après l'indépendance et notamment dans les années 60, la pratique picturale marocaine connaîtra un nouvel élan, tant sur le plan de la vision artistique que celui de l'expression.

L'artiste-peintre, qu'il soit autodidacte ou armé d'une solide formation académique en France et en Espagne, s'investira d'un rôle majeur sur la scène culturelle, à savoir celui d'être à la fois l'incontournable relais d'opinion et le médium d'une culture nationale spécifique et ouverte. D'où l'émergence d'une entité plastique marocaine, multiple de par ses formes d'expression avec pour précurseurs Ahmed Cherkaoui et Jilali Gharbaoui, l'un travaillant sur le signe dans la culture populaire et l'autre sur l'abstraction.

peinture à l'huile

Concernant les galeries d'art, le besoin en est grand, puisqu'à côté de la Galerie Nationale Bab Rouah de Rabat et de la Salle Allal El Fassi, sise au siège du ministère de la Culture, d’autres salles d'exposition privées se multiplient çà et là avec une concentration essentiellement sur l'axe Rabat - Casablanca.

A noter enfin que l'Association Marocaine des Artistes Plasticiens (AMAP) a été créée dans les années 70 pour ordonner et défendre les intérêts de la pratique picturale et de ses dignes représentants.

technique mixte

Mohamed El jerroudi

Le poète qui a écrit avec avidité.

Pablo Neruda

Il reste que je ne suis qu'un homme, mais plusieurs vous diront quel homme j'ai été. J'ai toujours lutté pour le peuple et les droits de celui-ci de se gouverner lui-même, j'en ai frôlé la mort plus d'une fois et j'ai même dû me sauver de chez moi pour de longues années. Mais toujours j'ai écrit et aimé la vie. Mon oeuvre a fait le tour du monde et je suis devenu un symbole pour une jeunesse pleine de vie. Les élèves aimeront mon Chant général où je tente de faire sentir toute la beauté du monde. J'aime la vie et le monde. J'ai été heureux dans ma lutte incessante. Notez cher lecteur qu'un film fut fait sur mes relations avec un postier lors de mon exil en Italie, un film merveilleux de tendresse mettant en vedette Philippe Noiret: Il Postino

D'origine modeste, Pablo Neruda, de son vrai nom Ricardo Neftali Reyes Basoalto, est né le 12 juillet 1904 à Parral, au Chili. Son enfance, très proche de la nature, a pour cadre Temuco, petite ville de l'Araucanie. Dès l'adolescence, et pendant ses études dans la capitale Santiago, il écrit avec avidité. Depuis 1923, date de Crépusculaire (Crepusculario), les oeuvres se succèdent au long d'une vie marquée par les voyages, l'errance, l'exil: «Ainsi toute ma vie, je suis allé, venu, changeant de vêtements et de planète.»

À partir de 1927, Pablo Neruda occupe plusieurs postes consulaires: Rangoon, Colombo, Batavia, Buenos Aires.

En 1935, il est à à Madrid, la veille de la guerre civil.

En 1940, après un séjour au Chili, Neruda est nommé, consul général au Mexique. La peinture des grands muralistes, Orozco, Rivera, Siqueiros, n'est pas sans influence sur Le Chant général (Canto general) qu'il compose alors.

En 1945, le poète est élu sénateur des provinces minières du nord du Chili; la même année, il adhère au Parti communiste mais les persécutions du président de la République, Gabriel González Videla, l'obligent à fuir son pays. À nouveau, les voyages se multiplient aux quatre coins du monde.

En 1950, Neruda obtient le prix Staline de la paix.

En 1970, il est nommé ambassadeur du Chili, sous le gouvernement socialiste du président Allende

Le 21 octobre 1971, il reçoit la consécration du prix Nobel de littérature. Dans le discours qu'il prononce à Stockholm, le poète évoque avec tendresse les frères inconnus qui l'aidèrent à franchir les Andes alors que sa tête était mise à prix dans son propre pays (1949). Réaffirmant « qu'il n'y a pas de solitude inexpugnable et que le poète n'est pas «un petit dieu», Neruda se rallie à la prophétie de Rimbaud: «À l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes», en laquelle il voit la proclamation d'un avenir certain.

En 1972, il prononce devant le Pen Club International un discours dénonçant le blocus américain contre le Chili. Géographie infructueuse (Geografía infructuosa, 1972) paraît en mai à Buenos Aires: pressentant sa proche agonie, le poète s'interroge sur sa vie et sur son oeuvre poétique. Renonçant à son poste, il quitte la France le 20 novembre 1972 et rentre au Chili avec Mathilde Urrutia. Son peuple l'accueille triomphalement à Santiago. Ses oeuvres, au fil des ans, n'ont pas cessé de voir le jour, tout imprégnées des péripéties d'une vie tumultueuse et généreuse: «Je déclare ici que personne n'est passé près de moi qui ne m'ait partagé. J'ai brassé jusqu'au coude et rebrassé dans une adversité qui n'était pas faite pour moi dans le malheur des autres.»

En 1973, Neruda participe à la campagne pour les élections de mars en écrivant Incitation au nixonicide et éloge de la révolution chilienne (Incitación al nixonicidio y alabanza de la revolución chilena, 1973); tout en chantant l'Océan et Quevedo, il fustige dans de courts pamphlets les «politicards» et les «larrons». Le 11 septembre, un putsch militaire renverse le gouvernement de l'Unité populaire. Allende est assassiné à la Moneda.

Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda meurt à Santiago. Ses obsèques se déroulent en présence de l'armée: des chants jaillissent de la foule, témoignant, par-delà la mort, du pouvoir subversif de la poésie.

  • Bibliographie
  • Electre et Gallimard (Archives)
  • Influence de la France et de l'Espagne sur la littérature 1997 Caractères
  • Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée 1998 Gallimard
  • Né pour naître 1996/1996 Gallimard
  • La centaine d'amour 1995 Gallimard
  • J'avoue que j'ai vécu 1997 Gallimard
  • Les vers du capitaine 1984 Gallimard
  • Chant Général 1984 Gallimard
  • La rose détachée et autres poèmes 1982 Gallimard
  • Les premiers livres 1982 Gallimard
  • Les premiers livres (vers et proses) 1979 Gallimard
  • Splendeur et mort de Joaquim Murieta 1978 Gallimard
  • Mémorial de l'île noire 1977 Gallimard
  • Odes élémentaires 1974 Gallimard
  • L'épée de flammes 1973 Gallimard
  • Incitation au nixonicide et Éloge de la révolution chilienne, 1973 adaptation de Marc Delouze (Éditeurs français réunis).
  • Résidence sur la terre 1972 Gallimard
  • Les pierres du ciel, 1972 Gallimard
  • Les pierres du Chili 1972 Gallimardv Vaguedivague 1971 Gallima
  • L'Espagne au coeur 1938 Denoël

Extrait de la chronologie d'Europe (1974) établi par Jorge Sanhuesa et publié dans le numéro: Ecrivains de langue espagnole, de mars-avril 1964.

«La terreur sanglante s'abat sur le Chili, tandis que les partis de gauche, la Centrale syndicale, le Congrès et les autres institutions constitutionnelles sont dissous, les universités militarisées, et les partis de droite eux-mêmes, suspendus. Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda qui, depuis le 11, était en résidence surveillée et dont les maisons de Santiago et d'Isla Negra, avaient été plusieurs fois perquisitionnées et saccagées, meurt, dans sa soixante-dixième année. Officiellement d'un cancer.»

Mohamed El herroudi

MOHAMMAD IQBAL

(1873-1938)

De son séjour en Europe, au début du 20ème siècle, de son dialogue avec la pensée occidentale (Nietzsche et Goethe), Mohammad Iqbal a retenu pour lui-même et ses contemporains musulmans que "l'originalité est le fondement de la création" et que "la vie ne se réforme pas au moyen de l'imitation." Tel est le message qu'il n'a cessé de développer dans une œuvre qui intéresse cependant aussi bien l'Orient que l'Occident. Car sa critique révolutionnaire de la pensée occidentale, au sens copernicien du terme, s'accompagne d'une volonté de "reconstruire la pensée religieuse de l'Islam", sous le signe unique de l'Amour, qui est, lui, d'Orient et d'Occident : "Quand l'amour accompagne l'intelligence, il devient l'architecte d'un autre univers."

"L’homme de Dieu tombe du ciel comme l'éclair: le bois qu'il embrase, ce sont les villes et les plaines d'Orient et d'Occident. Nous sommes encore plongés dans les ténèbres de la création : mais lui coopère à l'oeuvre du Créateur. Il est Moïse, il est Jésus, il est Abraham, il est Mohammad, il est le Livre et Gabriel. C'est le soleil de l'univers des hommes au coeur pur. D'abord, il te brûle dans son feu, puis il t'enseigne la souveraineté. C'est sa brûlure qui fait de nous des hommes à l'âme limpide; sinon, nous ne sommes que les ébauches à demi effacées de la Création."

  • L'Orient et l'Occident

"Pour les Occidentaux, c'est l'intelligence qui organise la vie; pour les Orientaux, l'amour est le secret de l'univers. L'intelligence reconnaît Dieu par le moyen de l'amour, les oeuvres de l'amour trouvent en l'intelligence un fondement solide. Quand l'amour accompagne l'intelligence, il devient l'architecte d'un autre univers! Lève-toi, et dessine un monde nouveau, unis l'amour à l'intelligence. La flamme des Européens s'affaiblit, leurs yeux sont clairvoyants, mais leurs coeurs sont morts. Ils se sont blessés avec leurs propres armes, ils se sont tués à demi, ils sont devenus leur propre proie! Ne cherche pas la ferveur et l'ivresse dans leurs vignes, il n'y a pas pour eux d'avenir dans leurs cieux. La brûlure de la vie provient de ton feu, ton oeuvre est de créer un nouvel univers!"

  • Le cri de la Beauté éternelle

"Le calame de Dieu, parmi les images de beauté et de laideur, a dessiné pour chacun de nous celle qui lui convient. Qu'est-ce qu'« être », le sais-tu, ô homme noble? C'est participer à la beauté de l'Essence divine. Créer? C'est rechercher l'Aimé, c'est s'ouvrir soi-même à l'autre! Toute cette multitude tumultueuse d'êtres sans Notre Beauté ne serait jamais venue à l'existence! La vie est éphémère aussi bien qu'éternelle, elle n'est que créativité et brûlant désir! Es-tu vivant? Alors sois brûlant de ferveur, sois créateur, embrasse comme nous tous les horizons de l'univers. Renverse et brise tout ce qui n'est pas digne de toi, des profondeurs de ton être fais surgir un monde nouveau! Pour un homme libre, il est pénible de vivre dans le monde d'autrui. Celui qui ne possède pas de pouvoir créateur à Mes yeux n'est qu'un impie et un hérétique! Il ne participe pas à Ma Beauté, il n'a pas goûté aux fruits de la vie! 0 homme de Dieu! Sois acéré comme le glaive, sois toi-même l'arbitre de ton propre univers!"

"La force de la Foi vient de l'unité, et l'unité, si elle se manifeste, donne un peuple." MOHAMMAD IQBAL

Mohamed El jerroudi

Darfour

La crise humanitaire dans la région du Grand Darfour au Soudan

Depuis le déclenchement des hostilités en février 2003, le Darfour – l’une des régions les plus pauvres du Soudan – est devenue le théâtre de la crise humanitaire la plus importante au Monde, selon les Nations unies. La situation demeure toujours extrêmement préoccupante et, de l’avis de la plupart des experts, pourrait connaître une nouvelle détérioration. On estime que cette crise a entraîné entre 180.000 et 300.000 morts. Environ 2,5 millions de personnes sont affectées par la crise, soit plus d'un tiers de la population totale du Darfour. 1,8 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur du Darfour, et plus de 200.000 ont traversé la frontière, fuyant vers le Tchad. De graves violations des droits de l’homme ont été signalées par les Nations unies et les organisations des droits de l’homme.

Les organisations humanitaires ont encore des difficultés pour accéder aux personnes qui ont besoin d’aide. Ceci est dû à l’insécurité, à la très mauvaise infrastructure routière, à la taille du territoire concerné (globalement équivalent à la France), et à l’actuelle saison des pluies. Selon les Nations unies, les besoins dans la plupart des secteurs (nourriture, abris, accès à l’eau potable et aux soins de santé) ne sont que partiellement comblés.

Attente de l'approvisionnement en eau - Darfour - Soudan

La Commission européenne a expressément demandé au gouvernement soudanais de respecter ses obligations en matière de protection de ses propres citoyens, notamment en désarmant et en poursuivant devant les tribunaux les groupes armés agissant contre les civils. La Commission européenne a aussi fourni des fonds aux organisations qui ont un mandat international pour protéger les personnes vulnérables. A la suite du cessez-le-feu signé par le gouvernement et les forces rebelles en avril 2004, la Commission s’est engagée à fournir 92 millions d’euros pour appuyer les opérations de maintien de la paix, menées sous l’égide de l’Union africaine.

La réponse d'ECHO à ce jour cible les personnes affectées par le conflit dans la région du Darfour et les réfugiés installés Tchad,reçoit une idifférence meurtière de la communnaité internationnale ...! La crise a fait plus de 500 000 victimes jusqu'à présent .C'est pas trop.?

Mohamed El jerroudi

Pseudonyme d'Adonis .

Adonis

Saïd naît à Qassabine près de Lattaquié au nord de la Syrie le 1 janvier 1930. Saïd commence à travailler dans les champs jeune mais son père l'incite aussi à apprendre la poésie. En 1947, contre l'avis de ses parents, il se rend à la ville voisine où il trouve le président syrien Choukri al-Kouwatli. Adonis, alors âgé de douze ans seulement, veut se joindre à l'assemblée des poètes locaux pour honorer le président mais on l'écarte. En insistant il capte l'attention de ce dernier, qui demande à l'entendre. Il proclame sa prose et subjugue toute la foule. Le président décide alors de lui payer sa bourse. Il part à l'école, au lycée français de Tartous(en 1942), puis à Lattaquié où il obtient son baccalauréat en 1949, c'est également à cette époque qu'il prend le pseudonyme d'Adonis lors de la publication de quelques poèmes. Il entre ensuite à l'Université syrienne de Damas qu'il quitte en 1954 avec une licence de philosophie.

En 1955, il est emprisonné six mois pour appartenance au Parti nationaliste syrien, un parti qui préconise une grande nation syrienne au Moyen-Orient. Après sa libération en 1956, il s'enfuit pour Beyrouth au Liban où il fonde avec le poète syro-libanais Youssouf al-Khal dans les années 60, la revue Chi'r (ou Chiir qui signifie Poésie): le manifeste d'une libération inconditionnelle de la tradition et d'un élan vers l'internationalisation de la poésie. Adonis abandonne peu à peu son nationalisme militaire pour le panarabisme alors très en vogue avec la montée des partis Ba'as. Il choisit la nationalité libanaise en 1962. Adonis se consacre aussi plus principalement à ses activités littéraires qu'à ses activités politiques. En 1968, il fonde la revue Mawâkif (Positions) qui se montre être un espace de liberté en même temps qu'un laboratoire de rénovation « destructurante » de la poésie — aussitôt interdite dans le monde arabe. C'est là qu'il traduit en arabe Baudelaire, Henri Michaux, Saint-John Perse et en français Aboul Ala El-Maari. Adonis cherche le renouvellement de la poésie arabe contemporaine en s'appuyant sur son passé glorieux mais aussi en regardant la richesse de la poésie occidentale.

Suite à la guerre civile libanaise, il fuit le Liban en 1980 pour se réfugier à Paris à partir de 1985. Il est le représentant de la Ligue arabe à l'UNESCO.

Il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus grand poète arabe vivant. Il est un influent autodidacte, voire iconoclaste, quant à la réévaluation critique de la tradition poétique arabe vis-à-vis des pressions intellectuelles, politiques et religieuses du monde arabe actuel, l'exemple le plus frappant étant la Prière et l'Épée : essai sur la culture arabe. Son œuvre révèle plusieurs thèmes : injustice, dictature, guerre, misère... Il prend les évènements pour en faire des mythes mais on ne peut pas le classer dans les poètes engagés. Le Temps des villes démontre une connaissance exacerbée des grandes métropoles du monde arabe moderne. Il a pris position dans Al Hayat contre le port du voile.

Mohamed El jerroudi

Changer le monde...!

André Breton

Poète français

Né à Tinchebray le 18 février 1896 Décédé à Paris le 28 septembre 1966

Né avec le XXè siècle, André Breton traverse la Première Guerre mondiale dans les services de santé de l'armée. C'est alors qu'il entre en correspondance avec Guillaume Apollinaire et rencontre bientôt Louis Aragon et Philippe Soupault avec lesquels il fonde la revue Littérature en 1920.

Soutenant d'abord le mouvement Dada de Tristan Tzara, c'est en 1924 qu'il donne sa véritable identité au surréalisme, grâce à son 'Manifeste', et en devient la figure de proue. Un temps membre du parti communiste (1927-1935) se reconnaissant dans le 'changer le monde' de Marx, ce qu'il cherche, surtout, c'est à abolir les frontières entre l'imaginaire et la réalité, à se libérer de la 'dictée de la pensée' (écriture automatique) , et veut 'brouiller l'ordre des mots' comme il l'affirme dans 'Point du jour' (1934).

L'atelier d'André Breton, 42 rue Fontaine.

Novateur et puissant, le surréalisme prend une ampleur internationale, et, malgré l'exil de Breton aux Etats-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et les divergences nées au sein du groupe, le mouvement marque de sa trace les années 50. Et le charisme et l'oeuvre de Breton entrent dans la légende.

Mohamed El jerroudi

Zorba le grec

Anthony Quinn

Réalisateur, Acteur, Producteur, Coproducteur, Producteur exécutif américain

Né le 21 Avril 1915 à Chihuahua (Mexique) Décédé le 3 Juin 2001 à Boston, Massachussetts (Etats-Unis)

Anthony Rudolfo Oxaca Quinn, fils d'un peintre-toréador irlandais qui devait, ensuite, devenir cameraman à Hollywood et d'une mexicaine; naît à Chihuahua, une petite ville mexicaine en pleine révolution. Il grandit dans les banlieues pauvres d'une Los Angeles encore peu latino. Se destinant à la prêtrise, à 16 ans, Anthony Quinn prêche dans des meetings "revivalistes". Il abandonne sa vocation et devient chauffeur, contremaître et boxeur, avant de partir pour les États-Unis en 1936, ayant appris que Cecil B. DeMille recherchait des acteurs indiens pour figurer auprès de Gary Cooper. Il se rend aux auditions, est engagé dans Pacific Express et fait la connaissance de la fille adoptive du réalisateur et l'épouse. Par la suite il tourne avec son beau-père Une aventure de Buffalo Bill et Les Boucaniers, dont il fera un remake en 1958 supervisé par Cecil B. DeMille lui-même. Se contentant d'emplois secondaires (Indiens ou Mexicains) jusqu'en 1947, son interprétation de Stanley Kowalski dans Un tramway nommé désir à Broadway qui lui apporte la notoriété.

Anthony Quinn symbolise l'ascension d'un métisse, l'une des premières stars au sang mêlé d'Hollywood. Cette allure à la fois latino et américaine lui permettent d'interpréter toutes les minorités ethniques, que ce soient arabe, amérindien, italien, grec, mexicain, basque et même bossu...C'est aussi son passeport pour toutes les aventures et tous les cinémas : Henri Verneuil, George Cukor, Jean Delannoy, Tony Scott... du péplum à l'épopée, de la comédie au western, de la série TV (Onassis) au polar série B. Son regard intense et fou, cet air méchant et imprévisible fascinent nombre de réalisateurs.

Il a fallu du temps pour explorer son registre et surtout lui donner ses deux personnages mythiques : Zampano en 1954 chez Fellini et Zorba le grec en 64 chez Michael Cacoyannis . Quinn fait souvent le grand écart d'une grosse production sans intérêt à un chef d'oeuvre du 7ème Art, surtout, entre les années 50 et le milieu des années 60. Ce mercenaire du cinéma, obtient un rôle en 1952 dans Viva Zapata !d'Elia Kazan . Il est Eufemio, le frère de Marlon Brando (alias Zapata), premier Oscar du meilleur second rôle masculin pour Quinn, tandis que Brando repart bredouille.

En 1954, il maestro Federico Fellini l'engage pour le rôle de Zampano, aux côtés de Giulieta Masina. La Strada est Oscar du meilleur film étranger. Quinn y est une force de la nature, qui se révèle à un public intellectuel. Deux ans après, il sera l'effroyable et sensible Quasimodo dans Notre-Dame-de-Paris , et la même année, Paul Gauguin, le peintre ami de Van Gogh (interprété par Kirk Douglas) dans La Vie passionnée de Vincent Van Gogh. Les gros succès s'enchaînent, il devient une star de films d'action. En 1962, David Lean enrôle un casting de rêve pour son chef d'oeuvre, Lawrence d'Arabie. Quinn se transforme en bédouin râleur et cupide, courageux et loyal. Mais c'est en 1964 que Anthony Quinn devient à jamais Zorba le grec , rôle clé de sa carrière. Film nommé 7 fois aux Oscars.

A la fin de sa carrière, il joue surtout des rôles de "patriarche" (Don Angelo est mort L'Heritage, L'Empire du Grec) et apparait dans quelques grosses productions aux côtés de Schwarzenegger, Keanu Reeves, ou Sylvester Stallone avec qui, il interpréte son dernier rôle au cinéma dans Mafia love. Des rôles en demi-teinte mais sans importance tant sa carrière est impressionnante. Près de 200 rôles, que ce soit sur grand ou petit écran, et au théâtre...

Mohamed El jerroudi

Les mots sont les nôtres

Mohammed Dib

Mohammed Dib, né en 1920 à Tlemcen, en Algérie et mort le 2 mai 2003 à La-Celle-Saint-Cloud, est un des grands écrivains de langue française.

Installé en France depuis 1959, il fut l'ami d'Aragon, de Guillevic. Aragon écrivait en préface à son recueil Ombre Gardienne : « Le singulier de l'affaire c'est qu'ici je ne me trouve point devant une poésie traduite, les mots sont les nôtres, les miens. »

Poète – Prix Stéphane Mallarmé –, romancier – Grand prix du Roman de la Ville de Paris –, essayiste, auteur de nouvelles, de contes et de pièces de théâtre, son œuvre, vaste et intense, a été couronnée par le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française.

La Différence a publié de lui :

  • L'Enfant-Jazz, 1998 ;
  • Le Cœur insulaire, 2000 ;
  • Feu beau feu, 2002 ;
  • Les Terrasses d'Orsol, 2002 ;
  • L.A. Trip (2003) ;
  • Le Sommeil d'Ève (2003) ;
  • Ombre gardienne (2003) ;
  • Neiges de marbre (2003).

Mphamede El jerroudi

Pour une pincée de sel.

Gandhi

Mohandas Karamchand Gandhi est né le 2 octobre 1869 à Porbandar dans l'état du Gujarat. Il est issu de la caste des Vayshia et sa famille est relativement aisée. Enfant, sa mère lui inculque les valeurs hindouistes mais il apprend aussi à connaître les autres religions et la tolérance à leur égard. C'est sans doute pendant cette période que se forgent les convictions morales de Gandhi.

Conformément aux coutumes de sa caste, sa famille le marie à 14 ans avec Kasturbai qui restera son épouse toute sa vie. En grandissant Gandhi devient convaincu qu'il ne sera quelqu'un qu'en rompant avec les coutumes de l'Inde et en copiant le style de vie des anglais. C'est donc logiquement qu'il s'embarque pour l'Angleterre en 1888 en laissant femme et enfant pour y faire ses études de droit.

C'est paradoxalement à Londres que Gandhi lit les principaux textes de l'hindouisme, notamment la Baghavad-Gita qui l'influencera profondément. Il découvre aussi la vie de Bouddha, Jésus, Mahomet et fait la connaissance des théosophes anglais. Après trois années en Angleterre et son diplôme d'avocat en poche, Gandhi rentre en Inde. Malheureusement sa vie professionnelle s'enlise et il reste tiraillé entre ses racines hindoues et son attirance pour la bourgeoisie occidentale. En 1893 une entreprise indienne lui propose de se rendre en Afrique du Sud pour y défendre ses intérêts lors d'un procès. Gandhi accepte. Il ne le sait pas encore, mais c'est le tournant de sa vie.

Dès son arrivée là-bas il est confronté à la discrimination raciale. Expulsé d'un train il s'aperçoit très vite que les britanniques et le boers dominent sans partage les populations noires et immigrées (à cette époque 100 000 indiens vivent en Afrique du Sud). Il est choqué de voir que les sujets de l'empire britannique ne sont pas traités de la même manière suivant la couleur de leur peau.

En 1894, à l'issu du procès, gagné, pour le lequel il était venu, Gandhi décide de lutter contre une loi visant à interdire aux indiens le droit d'élire des représentants à l'assemblée de l'état du Natal. Il fait signer une pétition à 10 000 personnes et obtient le retrait du projet de loi. Gandhi avait surtout réussi à faire prendre conscience aux indiens qu'il fallait s'unir. Devenu populaire, Gandhi décide de poursuivre le combat. En 1896 il va chercher sa femme et ses enfants en Inde et revient en Afrique du Sud. Il travaille comme avocat jusqu'en 1899. La guerre des Boers éclate alors et Gandhi appelle ses compatriotes à soutenir les anglais.

En 1906 une nouvelle loi ségrégationniste est votée au Transvall. Elle enjoint les asiatiques à se faire inscrire sur des listes destinées à contrôler de près leurs activités. Gandhi réussit à convaincre 3000 délégués de ne pas se soumettre à la nouvelle loi et de résister quel qu'en soit le coût, mais sans violence. Gandhi est arrêté et incarcéré pendant six mois. En 1909 il publie "Hind Swaraj", livre dans lequel il développe les théories du combat par la non-violence : la satyagraha. Pendant huit ans, Gandhi ne cessera de s'opposer aux lois ségrégationnistes et au Général Smuts ce qui lui vaudra d'autres séjours en prison. Finalement, le 30 juin 1914, Smuts et Gandhi signent un accord sur l'abrogation d'une grande partie des lois raciales. Le 18 juillet 1914 Gandhi quitte l'Afrique du Sud pour toujours et rentre en Inde. Il décide, dès son retour, de partir à la découverte de son pays natal. Son périple dure un an à l'issue duquel il établit un ashram près d'Ahmedabad. Son nom est désormais associé à la lutte contre l'injustice. C'est pourquoi, début 1917, Gandhi se rend au Bihar à l'appel des cultivateurs de l'indigo exploités sans vergogne par les industriels anglais. Devant les risques d'émeutes, le gouvernement donne satisfaction aux planteurs.

À peine rentré à Ahmedabad, Gandhi soutient un mouvement de grève des ouvriers textiles et utilise, pour la première fois, le jeûne pour faire pression sur les patrons et pour marquer son entière solidarité avec les grévistes. À la fin de la première guerre mondiale, pendant laquelle Gandhi avait appelé au soutient de l'effort de guerre, il présente aux britanniques ses premières revendications d'autonomie pour l'Inde. Le 6 avril 1919, pour impressionner les anglais, Gandhi appelle le peuple à manifester publiquement dans tout le pays et à cesser toute activité. La manifestation est un énorme succès. Le 13 avril, à Amritsar, la population manifeste de nouveau malgré l'interdiction. Le général Dyer ordonne alors à ses hommes de tirer sur la foule pacifique. Le bilan est effroyable : plus de 300 morts et plus de 1000 blessés. Horrifié, Gandhi suspend immédiatement la satyagraha.

En 1920 il repense ses moyens d'action. Soutenu par le parti du Congrès et par les musulmans, il appelle à la non coopération avec l'administration britannique et se prononce pour le boycott des produits textiles d'origine européenne. L'Inde tout entière bouge et la tension ne cesse de monter. De nombreux leaders sont emprisonnés et des affrontements ont lieu. Pendant l'un d'eux 22 policiers sont lynchés par la foule. Le Mahatma, comme on l'appelle désormais, décide de mettre fin à toute action.

Il est cependant arrêté puis condamné à 6 ans de prison. Il restera emprisonné 2 ans pendant lesquels le mouvement va sensiblement s'essouffler. À sa sortie de prison Gandhi appelle à la cohésion nationale et il réclame l'égalité sociale pour les intouchables qu'il appelle affectueusement les harijans ("enfants de Dieu"). Il mènera d'ailleurs deux grèves de la faim pour qu'ils puissent entrer dans les temples.

Au début des années 30, Gandhi a retrouvé toute sa fougue. Il bénéficie d'une influence considérable. À chacun de ses mots d'ordre l'Inde s'immobilise. Le 12 mars 1930 le Mahatma entreprend son action la plus célèbre : la marche du sel. Son objectif est de dénoncer le monopole anglais de la vente du sel. Pendant 24 jours et sur 350 km le cortège ne cessera de gonfler. Arrivé à son but Gandhi ramasse une poignée de sel et annonce qu'il commence la désobéissance civile. Il est de nouveau arrêté.

En janvier 1931 le Vice-Roi Lord Irving le fait libérer. Il échange la libération des prisonniers politiques et la fin des lois sur le sel contre la fin de la désobéissance civile et la participation de Gandhi à une conférence organisée à Londres. Celui-ci accepte et en profite pour visiter l'Europe. Cette table ronde ne sera suivie d'aucun changement notable sur la politique indienne d'autant que Churchill arrive au pouvoir avec l'intention d'écraser le Parti du Congrès. Des milliers de militants sont bientôt arrêtés. Gandhi à Marseille

En août 1932 Gandhi est jeté en prison. Les dissensions entre les communautés s'aggravent et les droits des intouchables sont menacés. Le 20 septembre le Mahatma entreprend une nouvelle grève de la faim. Le gouvernement britannique plie devant la menace de la mort de Gandhi devenu très populaire en Europe. En 1934 Gandhi se retire de la politique en tant que telle, préférant la laisser aux jeunes leaders du Congrès dont Nehru. Il continue en revanche de se battre pour la cohésion entre les communautés et pour l'éducation des masses, ce qui lui vaudra l'inimitié des extrémistes hindous. Cette année là, Gandhi échappe à la première des cinq tentatives d'assassinat dont il fera l'objet.

Lors des élections de 1937, le Congrès obtient la majorité écrasante au parlement indien. Dès lors la marche vers l'autonomie et l'indépendance semble inéluctable. Lorsqu'éclate la seconde guerre mondiale en 1939, Gandhi refuse de s'engager aux côtés des anglais. Il affirme que seule une Inde indépendante pourrait contribuer à la lutte contre les nazis. En 1942 il lance même son fameux slogan "Quit India". Il enjoint les britanniques à partir au plus vite et relance le mouvement de désobéissance civile. Lui et les dirigeants du Congrès sont arrêtés après que des émeutes aient éclaté. Sa femme Kasturbai meurt lors de sa détention. En 1944 Churchill le fait libérer.

Jinnah et Gandhi

Après la guerre les travaillistes d'Atlee arrivent au pouvoir en Angleterre. Le Premier Ministre est bien décidé à mener le processus d'indépendance à son terme. Lord Mountbatten est nommé Vice-roi avec cette mission. C'est alors que les communautés musulmane et hindoue se déchirent. La Ligue Musulmane de Mohammed Ali Jinnah ne cesse en effet de réclamer la création d'un état indépendant à majorité musulmane.

Gandhi, lui, reste attaché plus que tout à l'unité de l'Inde. Jinnah refuse de participer au gouvernement provisoire de Nehru et appelle à une journée d'insurrection le 16 août 1946. Elle se solde par des milliers de morts dont au moins 5000 à Calcutta. Gandhi use de toute son influence pour éviter la partition mais le 15 août 1947 Lord Mountbatten annonce l'indépendance de deux nouvelles nations : le Pakistan et l'Inde.

On assiste alors à l'exode meurtrier de plusieurs millions de personnes. Les sacs, les meurtres, les règlements de compte en tous genres feront entre un et deux millions de victimes. Épouvanté par la situation, notamment à Calcutta, Gandhi décide de jeûner jusqu'à la mort. Nehru fait alors tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin aux massacres. Il y parvient d'extrême justesse et Gandhi se nourrit à nouveau. Pourtant la colère des extrémistes n'est pas retombée. Ceux du côté hindou notamment tiennent rigueur à Gandhi de sa trop grande mansuétude à l'égard des musulmans.

Le 30 janvier 1948, l'un d'eux, Nathuram Godse, l'abat à Delhi. "Hé Ram" seront les dernières paroles du Père de la Nation. Sa mort provoque une émotion internationale. À Delhi plus de deux millions de d'indiens assisteront à ses funérailles nationales. Aujourd'hui encore l'empreinte de Gandhi est vivante en Inde même si la société juste, égalitaire et non violente dont il avait rêvé reste à construire.

Mohamed El jerroudi

Une oreille aux enchères.

Vincent Van Gogh

Van Gogh naît en 1853 dans un petit village du Brabant hollandais, Groot-Zundert. L'un de ses oncles étant associé à la plus grande entreprise de ventes de tableaux sur le marché international, la Goupil & Cie, il est engagé comme employé à la galerie de la Haye, puis trois ans plus tard, il travaille pour celle de Londres et enfin celle de Paris. Il a pu être ainsi, en six ans en contact avec l'art des plus grands maîtres. Son manque d'intérêt pour le commerce et l'absence du sens des affaires entraîne son licenciement. Il accepte ensuite de petits métiers dans la banlieue de Londres lui permettant de laisser libre cours à son prosélytisme. Il revient chez ses parents au début de 1876. Peu à peu, l'idée d'une vocation spirituelle, comme celle de ses ancêtres, prend forme dans son esprit, et son père Theodorus Van Gogh devient son grand modèle. Au printemps 1877, Vincent se rend à Amsterdam pour se préparer aux études de théologie. Il se plonge dans les études des langues mortes, des cours de mathématiques, essayant de combler toutes les lacunes causées par ces années d'errance. Mais Vincent interrompt ses préparations et ne se présente même pas au concours d'entrée. Son incapacité à se fixer quelque part et son agitation perpétuelle ne faisaient qu'empirer. Finalement, le conseil de famille décide que Vincent devait essayer de devenir prédicateur laïque. Il obtient ainsi en 1879 une mission évangéliste dans le bassin minier du Borinage, en Belgique. Le contact avec la misère humaine le métamorphose, un esprit éclairé, sans illusions, s'annonce et en lui naît l'idée d'exalter la condition des plus humbles à travers une création artistique. Après plusieurs mois de silence, Van Gogh reprend contact avec son frère. En juillet 1880, il lui envoie du Borinage une lettre qui marque le début d'une série d'auto-analyses lucides. Il se distancie de plus en plus de ses activités au service des autres.

Le tournesol.

En comprenant les messages de la foi de façon plus abstraite, en les élevant au niveau de conceptions générales du monde, un nouvel accès à l'art s'ouvrait à lui. Le terme clé de son naturel artistique apparaît dans le terme "mélancolie active". En se consacrant à la peinture, Van Gogh ne désirait pas seulement agir pour les hommes mais voulait que son intervention soit reconnue. Car jusqu'alors, il était un " inactif contre son gré ; un tel homme ne sait parfois pas lui-même ce qu'il serait capable de faire, mais il le sent d'instinct : je suis tout de même bon à quelque chose, je peux justifier mon existence !".

En octobre 1880, Van Gogh se rend à Bruxelles pour entamer une formation artistique assez désordonnée. Il reprend rapidement des études autodidactes remplaçant ainsi la formation académique. Il s'entraîne tout d'abord en copiant divers peintres puis il se lance dans la production de nombreux dessins et peintures décrivant des scènes de la vie paysannes, comme les Mangeurs de pommes de terre ( Avril-Mai 1885, huile sur toile, 81,5x114,5 cm, Amsterdam, Musée Van Gogh ). Il rejoint son frère Théo, employé à la galerie Goupil, dans un Paris en pleine effervescence artistique. Pendant deux ans, sa soif d'apprendre le conduit dans tous les musées et expositions. Il rencontre de jeunes artistes comme Pissaro et Gauguin et s'inspire d'un nouveau mouvement : le néo-impressionnisme dont la technique picturale est basée sur le pointillisme ( ou divisionnisme ).

En février 1888, il part à Arles. En Provence, tout l'émerveille, le soleil, les vergers en fleurs, les belles arlésiennes. Il travaille beaucoup, avec l'aide financière de Théo, qui lui envoie des tubes de peintures et des toiles. Chaque matin, il quitte son logis, lourdement chargé et circule inlassablement dans la région, à la recherche de motifs et produit un chef d'œuvre après l'autre. " C'est l'émotion, la sincérité du sentiment naturel qui guide notre main, et lorsque cette émotion est parfois si forte que l'on travaille sans remarquer que l'on travaille, lorsque, quelquefois, les coups de pinceau viennent et s'enchaînent, comme les mots dans une conversation ou dans une lettre, il ne faut pas oublier qu'il n'en a pas toujours été ainsi et qu'à l'avenir aussi, il y aura beaucoup de jours décourageants sans la moindre inspiration." Ces phrases extraites de la lettre 504 semblent prophétiques vu l'effondrement qui se produira à la fin de cette année.

Son ami Gauguin le rejoint. Il peint Vincent en plein travail sur un des tableaux de la série Les Tournesols. En dépit de leur amitié, les disputes incessantes aboutissent, le 23 décembre à la crise de Vincent qui menace son ami avec un rasoir à main. Il finit par se trancher une oreille qu'il met dans une enveloppe avant de l'offrir à une prostituée. Il est évident que l'arrivée de Gauguin à Arles a joué un rôle important dans l'effondrement psychologique de Van Gogh. Deux personnalités se sont heurtées et se sont livrées des combats très rudes. A travers Gauguin, son génie artistique est plus que remis en question. Il œuvre jusqu'à l'anéantissement psychique et physique. Victime de délires paranoïaques, il est sujet à de violentes crises. Une requête des habitants d'Arles parvient aux autorités, leur demandant d'interner Vincent parce qu'il constitue un "danger pour la communauté".

A la fin du mois de février, Van Gogh est interné. Pleinement conscient, il se voit enfermé ; on ne lui accorde ni livres, ni peinture, ni même sa pipe. En mai 1990, il entre de son plein gré à l'hôpital psychiatrique de Saint-Rémy-de-Provence. Dans l'atmosphère oppressante et mélancolique des vieux murs, le peintre se concentre entièrement sur son soi-même et les forces psychiques qui l'envoûtent. Elles agissent sur lui dans la mesure où il peut s'en rendre maître dans ses tableaux. Van Gogh contemple son univers intérieur, il ne connaît ni diversions, ni contacts humains et il a naturellement renoncé à ses anciens "poisons". Son assiduité au chevalet n'a sans doute jamais été aussi grande que pendant son séjour à Saint-Rémy. Van Gogh est devenu lui-même sa propre légende artistique. Il offre une nouvelle interprétation de l'unité de l'art et de la vie. L'artiste et l'homme ne se retrouvent que dans la folie, libérés des petits conflits quotidiens. Théo l'a immédiatement compris et formulé dans l'une des lettres : " Tes dernières toiles m'ont fortement donné à réfléchir à propos de ton état d'esprit au moment où tu les as faites. Il y a dans toutes une force de la couleur que tu n'avais encore jamais atteinte jusque là, … ; mais tu es encore allé plus loin, et s'il y a des peintres qui cherchent le symbole sur le chemin de l'altération de la forme par la violence, je trouve cela exprimé dans beaucoup de tes toiles … mais comme ta tête a du travailler, comme tu as osé aller jusqu'à l'extrême limite, là où l'on doit inévitablement être pris de vertige".

diné aux pommes de terre .

Durant l'année de son internement, il peint cent cinquante toiles, parmi lesquelles on compte de nombreux chefs d'œuvre. Il quitte l'hôpital pour se rendre à Auvers-sur-Oise où le Docteur Gachet, collectionneur, ami de nombreux peintres impressionnistes, a accepté de le prendre en charge et de le soigner. Il va travailler comme un forcené pendant deux mois, produisant plus de soixante-dix tableaux.

Arles.

Le 27 juillet 1890, dans le champ de blé qu'il a peint quelques jours avant, il se tire un coup de revolver. Il meurt deux jours plus tard dans les bras de son frère Théo, le laissant seul héritier de sa vie, de son œuvre. L'affinité indissoluble des deux frères s'étend au-delà de la mort. Deux mois à peine après la mort de Vincent, Théo sombre à son tour dans la démence pour ne plus en guérir. Désormais la personne de l'artiste Van Gogh était définitivement morte. Il appartenait à Jo, la veuve de Théo, de livrer l'œuvre au public. Elle y réussit au-delà de toute mesure.

Mohamed El jerroudi

Clown et prêtre.

Michel Serrault

L'acteur s'est éteint à 79 ans

Il avait été hospitalisé ces dernières semaines à l'Hôpital américain de Neuilly d'où il était sorti fin juin pour se rendre dans sa résidence de Honfleur. C’est là que l'acteur est décédé dimanche soir des suites d'une longue maladie. Il fut bien sûr l’inoubliable Zaza Napoli de La Cage aux Folles. Mais Michel Serrault était bien plus que cela : un comédien burlesque et dramatique, un homme provocateur et chaleureux, imprévisible à tous points de vue. Une grande figure du théâtre et du cinéma.

Il est né le 24 janvier 1928 à Brunoy, dans l’Essonne, dans une famille modeste, joyeuse et chrétienne. Michel l'adolescent est partagé entre deux vocations : clown et prêtre. Mais le bruit des cloches ne fait pas le poids face au sourire des filles : le vœu de chasteté, c’est trop pour lui. L’ex-enfant de chœur débarque donc au Centre d’art dramatique de la Rue Blanche, à Paris : suivront l’école de mime, le Conservatoire, et la figuration à la Comédie-Française. A la sortie de son service militaire à Dijon, à 20 ans, il fréquente la fameuse troupe des "Branquignols" de Robert Dhéry et apparaît pour la première fois au cinéma en 1954 dans "Ah! les belles bacchantes!" de Jean Loubignac en trompettiste catastrophique. Avec son complice et ami Jean Poiret, il monte un hilarant numéro de cabaret qui fait les beaux soirs de l'Alhambra, Bobino ou l'Olympia. La Cage aux Folles, avec le même Poiret, lui apporte la consécration en 1973 et son premier César.

Ses rôles prennent alors de l’épaisseur : il va alors montrer toute son ambiguïté, tout son talent à n’être pas qu’un clown. Banquier troublant dans L’Argent des Autres, notable soupçonné de pédophilie dans Garde à vue, étrangleur de femmes dans L'Ibis Rouge. Jouer les tordus l’amuse. Et plus sérieusement : « J’ai besoin de semer le doute et de racheter même les âmes perdues »

Ainsi sa carrière ressemble à une charmante et inquiétante galerie de portraits, du Dr Petiot à L’Avare, et d'Harpagon à Nestor Burma. Insaisissable Michel Serrault, que son copain Mocky appelait « le caméléon de Dieu ». Triste, comme tous les clowns, il aimait se définir comme « l’âme de Chaplin sur un corps d’apothicaire ». Et de ses rôles à l’écran, il disait aussi : « Devenir héros ou salaud, c’est parfois juste une affaire de courant d’air ». Décidément, Serrault avait le sens de la formule. C’est au moment où sa carrière décolle véritablement que l’acteur connaît le drame de sa vie : il perd l’aînée des deux filles qu’il a eu avec Juanita, son épouse depuis 1958. Une fois de plus, croire en Dieu est certainement d’un grand réconfort.

Mohamed El jerroudi

Le sourire qui a cahé ses larmes.

Charlie Chaplin

Charlie Chaplin est l’un des acteurs les plus célèbres de l’histoire du cinéma. Bien que presque un siècle nous sépare de ses premières productions, son nom est évocateur, tout comme son chapeau melon et sa petite moustache. Emouvant, drôle, Charlie Chaplin était avant tout un homme courageux qui dénonçait le nazisme.

Très Souvent Charles Spencer Chaplin précisait aux journalistes qu’il était né quatre jours avant Hitler, soit le 16 Avril 1889. Il grandit dans un quartier pauvre de Londres. Son père est un chanteur de music-hall mélancolique, que son fils ne connaîtra jamais vraiment. Le petit Charles est en revanche très proche de sa mère, qui le fait monter sur scène dès cinq ans. Après ses études il rentre dans une troupe de claquette, puis, en 1908, il intègre la troupe de théâtre de Fred Karno. Il joue plusieurs pièces de théâtre et sketchs qui lui apportent une certaine gloire.

Après une tournée, il s’installe aux Etats-Unis, en 1912, et il y découvre une nouvelle invention qui fait fureur : le cinéma. Il crée alors pour l’écran son personnage de Charlot qu’il expérimente dans, Charlot est content de lui, de Henry Lehrman, en 14. Son jeu d’acteur s’inspire du mime et du clown et il exprime ses sentiments avec virtuosité, grâce à une grande éloquence faciale. Ses personnages tristes et drôles à la fois, souvent persécutés, émeuvent le monde entier. Il ne croira d’ailleurs jamais au succès possible du cinéma parlant.

Il devient très vite lui-même réalisateur et met en scène plus de 70 films, autour de son personnage de vagabond. En 1921, il réalise Le Kid dans son propre studio. Puis, il fait petit à petit entrer le mélodrame dans son comique et s’inspire de la réalité sociale du pays, comme avec La Ruée vers l’or, en 25.

(The Kid)

Malgré l’arrivée du parlant, il maintient le cap et continue d’exceller dans l’art du muet. Dans Les lumières de la ville, en 31, quelques effets sonores font pourtant leur apparition. Ses films deviennent de plus en plus engagés politiquement, comme Les temps Modernes, où il montre les vices du fordisme, ou le Dictateur, en 40, où il parodie Hitler. On se souvient de la scène mythique où il danse avec un ballon en forme de mappemonde pour dénoncer la déraison du tyran. On retrouve dans son œuvre une certaine part d’autobiographie, notamment dans Les Feux de la rampe, qui a pour décors le Londres pauvre de son enfance.

En 1947, en plein maccarthisme, il est accusé de sympathiser avec l’idéologie communiste et s’exile en Europe. Installé en Suisse, il ne rentrera qu’une seule fois dans son pays adoptif pour y recevoir un Oscar.

Côté cœur, Chaplin épouse Mildred Harris en 1918, Lita Grey en 1926, Paulette Goddard en 1936, toutes trois ses partenaires à l'écran, et, Oona O'Neil, fille de l'acteur dramatique Eugène O'Neil, en 1943. Il est anobli par la reine d'Angleterre en 1975. Il meurt le 25 décembre 1977, à Corsier-sur-Vevey, en Suisse.

Mohamed El jerroudi

Les poches vides.

BLAISE CENDRARS

Né à la Chaux-de-Fonds - Suisse - le 1er septembre 1887, d'une mère écossaise et d'un père Suisse de son véritable nom Frédéric Sauser, Blaise Cendrars (1887-1961) fut le poète de la Fête et de l'Aventure.

À 16 ans il fit une fugue, et comme d'autres vont à Vierzon ou à Bormes-les-Mimosas, prit le premier train rencontré qui le conduisit tout simplement à Moscou. De Moscou il partit allégrement, par le Transsibérien, en Chine, au diable l'avarice (quand on voyage clandestinement sans billet!).

Blaise Cendrars, on le voit est allé à la bonne « école buissonnière».Pour une part, il effectua ses fabuleux voyages en compagnie d'un certain Rogovine et vécu avec lui des produits de la vente de pacotilles diverses (des cercueils, des couteaux de poche, des tire-bouchons, etc...).

C'est à vingt ans que Blaise Cendrars qui plus tard devait se faire naturaliser français, vint pour la première fois en France. Pour subvenir à ses besoins, notre génial poète (aventurier au bon sens du terme) entreprit de cultiver le cresson; puis comme cette activité ne s'avéra pas assez rentable, il se fit apiculteur. (Le début de sa fortune !). Huit mille francs de miel par an, proclame-t-il, j'étais riche.

Entre-temps il se lia d'amitié avec Gustave le Rouge, l'auteur du «Mystérieux docteur Cornélius ». Peu après, il «copina», avec Rémy de Gourmont dont il admire « Le latin mystique ». Enfin, le voilà à Bruxelles et à Londres. Londres, où il se fait jongleur dans un music-hall, et partage la chambre d'un jeune étudiant qui n'était autre que Charlie Chaplin, à l'époque inconnu et comme lui les poches vides.

Mohamed El jerroudi

Quarante-cinq années de poésie.

Edmond Jabès (1912-1991), écrivain de langue française qui marqua la seconde moitié du XXe siècle par sa voix et son écriture, et qui, pourtant, occupe une place non définie (peut-être une "non-place") dans le champ littéraire français. S’il en est ainsi ,alors que faudrait-il pour que cet auteur qui a donné des poèmes de grande qualité ne soit pas victime de l’oubli ?

D'abord,une perspective esthétique qui s'attacherait à dégager les options stylistiques ainsi que l'évolution de celles-ci, surtout depuis Le Livre des Questions (1963), à comprendre l'unité de la voix de l'auteur dans la diversité générique qui fut la sienne. Une critique minutieuse devrait décrypter ses procédés d'écriture comme à la dynamique interne (notamment liée au dialogisme) et aux motivations intimes de sa création (par exemple la question du Livre ou la relation du signe à l'absence).

Ensuite,une approche historique qui reviendrait sur la problématique de la vocation et de la filiation et aborderait l'intertextualité passée et présente de cet auteur venu du carrefour égyptien de la francophonie, notamment dans le cheminement particulier d'une éthique juive fertile en paradoxes.

Et une étude sérieuse qui saurait s'intéresser aux modalités d'émergence de ses œuvres dans des lieux et des moments donnés, et, plus généralement, à la présence-absence de l'auteur en France eu égard à la situation depuis le début des années soixante — grâce à des recherches précises sur le corpus disponible — et dans ses diverses langues de traduction (l'hébreu, l'italien, l'anglais, l'arabe…).

Enfin,donner la parole aux chercheurs et amis ayant accompagné cette œuvre depuis plusieurs décennies, à celles et à ceux dont les travaux sont en cours ou qui abordent cette œuvre, dans le but de nourrir une synthèse prospective sur des écrits dont l'actualité ne se dément pas en France comme à l'étranger.

Bibliographie :

  • Je bâtis ma demeure, 1943-1957, Gallimard, 1975.
  • L'eau du puits, 1955.
  • L'absence de lieu, 1956.
  • Chansons pour le repas de l'ogre, 1943-1945.
  • Le fond de l'eau, 1946.
  • Trois filles de mon quartier, 1947-1948.
  • La voix d'encre, 1949.
  • La clef de vošte, 1949.
  • Les mots tracent, 1943-1951.
  • L'écorce du monde, 1953-1954.
  • Le milieu d'ombre, 1955.
  • Du blanc des mots et du noir des signes, 1953-1956.
  • Petites incursions dans le monde des masques et des mots, 1956.
  • Le pacte du printemps, 1957.
  • Le livre des questions I, Gallimard, 1963.
  • Le livre des questions II, Gallimard, 1964.
  • Le livre des questions III, Gallimard, 1965.
  • El ou le Dernier livre, Gallimard, 1973.
  • Récit, 1980.
  • Le livre des marges, LGF, 1987.
  • La mémoire et la main, 1974-1989.
  • I. Des deux mains, 1975.
  • II. Le sang ne lave pas le sang, 1976-1980.
  • Le livre des ressemblances, Gallimard, 1980.
  • Le livre des questions IV, Gallimard, 1983.
  • Le livre du dialogue, Gallimard, 1984.
  • L'appel, 1985-1988.
  • Le parcours, Gallimard, 1985.
  • Le livre du partage, Gallimard, 1987.
  • Poésies complètes, Gallimard, 1990.
  • Désir d'un commencement, angoisse d'une seule fois, Fata Morgana, 1991.
  • Le livre de l'hospitalité, Gallimard, 1991.
  • Petites poésies pour les jours de pluie et de soleil, Gallimard, 1991.

Mohamed El jerroudi

L'image paradoxale.

René Char

René Char a toujours aimé vivre en marge de la société. Enfant, il se lie d'amitiés avec les "matinaux" sortes de vagabonds vivant au rythme des jours et des saisons. Le 20 février 1928 paraissent ses premiers poèmes aux Editions Le Rouge et Le Noir (il aimait d'ailleurs beaucoup ce roman de Stendhal) sous le titre "Les cloches sur le coeur", poèmes écrits entre 15 et 20 ans.

Du front d'Alsace, qui introduira dans sa poésie la pénombre des forêts, la neige voluptueuse, Char passe vite à la Résistance, à Céreste, où il est de 1942 à 1944 le capitaine Alexandre, chef de secteur dans l'Armée secrète. La vie âpre, souterraine, des maquis des Basses-Alpes sera consignée dans les Feuillets d'Hypnos (1946): affrontement de la mort et de la trahison, régression vers la vie des cavernes, plongée dans une nuit qu'éclaire seule la bougie de Georges de La Tour,"amitié fantastique". Après la Libération, Seuls demeurent (1945), somme des temps de guerre, est suivi du Poème pulvérisé (1947), de Fureur et mystère (1948) et des Matinaux (1950) qui ont"mission d'éveiller", de redonner chance, au sortir de la réclusion, aux mille ruisseaux de la vie diurne.

Le théâtre "sous les arbres" introduit la vivacité d'une poésie orale qui plonge dans la tradition des conteurs provençaux, des "Transparents" vagabonds. Après 1950, la vie de Char, dans la proximité d'Yvonne Zervos, se fait plus invisible tout en s'enrichissant de rencontres essentielles: "alliés substantiels" (Braque, Staël, Miró, Vieira da Silva), philosophes et penseurs (Beaufret, Heidegger, Bataille, Camus, Blanchot).

Des plaquettes publiées par Guy Lévis Mano et Pierre-André Benoit sont régulièrement réunies par Gallimard: La Parole en archipel (1962), Le Nu perdu (1971), La Nuit talismanique (1971), témoignage d'une époque d'insomnies habitées par des essais de peinture sur écorce; Aromates chasseurs (1975) où la figure d'Orion tente de tracer un troisième espace, quand l'espace intime et l'espace extérieur sont subvertis, détruits; Chants de la Balandrane (1977), Fenêtres dormantes et porte sur le toit (1979), où l'âpre dénonciation des "utopies sanglantes du XXe siècle" alterne avec l'éveil des fenêtres des peintres; dans Les Voisinages de Van Gogh (1985), le sentiment de la proximité de la mort rend une tendresse ravivée, pour saluer le monde dans ses plus minuscules éveilleurs:"Maintenant que nous sommes délivrés de l'espérance et que la veillée fraîchit... bergeronnette, bonne fête!"

Dans cette oeuvre, le "trésor des nuages", image paradoxale du poème le plus résistant, prend diverses formes: aphorismes qu'illimite la métaphore " sans tutelle", poèmes versifiés au rythme du marcheur, poèmes en prose où le sujet s'intègre à une matière résistante, se noue à la syntaxe, théâtre sous les arbres où la parole allégée vole et s'échange.

La poésie, prise entre "fureur"et"mystère", entre la fragmentation d'une " énergie disloquante", et la continuité de "cette immensité, cette densité réellement faite pour nous et qui de toutes parts, non divinement, nous baignaient", gravite autour de quelques éléments centraux. Ainsi la contradiction, à l'oeuvre dans la nature, l'histoire, la langue, anime la lutte des "loyaux adversaires", lampe et vent, serpent et oiseau; cette "exaltante alliance des contraires" produit le soulèvement du réel qui permet au poète, "passant" et "passeur", de franchir la haute passe; aimantée par l'inconnu en-avant, qui éclaire et pulvérise le présent, cette poésie n'a cessé d'affirmer une "contre-terreur", d'annoncer l'éclatement des liens de l'homme, emprisonné dans ses intolérances, de s'opposer à l'asservissement des sites par des fusées de mort.

Impérieux et tendre, nuage et diamant, aussi attentif aux espaces cosmiques qu'au chant du grillon, le poème de "l'appelant", toujours "marié à quelqu'un", fonde une " commune présence", un commun présent qui fait passer ensemble les êtres vers l'avenir, avec pour viatique l'espoir de l'"inespéré".

Mohamed El jerroudi

Ecrivain brésilien

Paulo Coelho

Avant d'être auteur de best-sellers, Paulo Coelho a été dramaturge, metteur en scène et compositeur populaire pour deux stars de pop-music brésiliennes, Elis Règina et Raul Seixas. Il a également travaillé comme journaliste et scénariste pour la télévision. Ses ouvrages - 'L'Alchimiste', 'La Cinquième Montagne', 'Onze minutes'... - occupent les meilleures places des ventes dans les listes internationales.

Son secret ? Ce n'est pas tant une écriture exceptionnelle qu'un véritable don et un talent immense pour évoquer de manière évidente, sans considération religieuse, l'Homme, le monde et les rapports qui les unissent.

Proche de ses lecteurs par les thèmes qu'il aborde, il leur parle, il les aide et les touche au point qu'en 1999, d'après une enquête du magazine Lire, Paulo Coelho est le deuxième auteur le plus vendu au monde.

Son oeuvre développe les thèmes de son propre apprentissage et restitue une spiritualité complexe dans les termes simples et des formes diverses. Aujourd'hui, Paulo Coelho est un homme honoré et une figure internationale de la scène littéraire. Au Brésil, il s'est vu récemment décerner une place à l'Académie des lettres - l'équivalent de l'Académie française. Il a également créé une fondation pour le soutien des défavorisés au Brésil et s'investit dans de nombreux programmes humanitaires dans le monde, notamment pour l'Unesco.

En 2006 il sort 'Comme le fleuve qui coule', recueil de textes qu'il a publié dans différents journaux entre 1998 et 2005, avant de nous entraîner dans l'univers mystérieux de 'La Sorcière de Portobello' en 2007.

Mohamede El jerroudi

L'homme aux semelles de vent.

Arthur Rimbaud

Naissance, le 20 Octobre, d’Arthur Rimbaud à Charleville. Son père, Fréderic Rimbaud est militaire et sa mère, Vitalie Cuif, la fille de propriétaires ruraux. Arthur Rimbaud a un frère, Frédéric et aura deux sœurs Vitalie (1858) et Isabelle (1860) .

Lors de son enfance, son père est le grand "absent" et sa mère, dévote, susceptible et austère incarne une attitude qu’il rejette et qu'il va chercher à fuir. L’école va lui permettre de s’éloigner de l’emprise familiale et de découvrir les plaisirs de la lecture.

1861

Séparation des parents d'Arthur Rimbaud

1865

A partir de Pâques, Arthur Rimbaud est admis au Collège municipal de Charleville Il est brillant, premier en latin et en français, et s’éveille à la poésie . Il rêve déjà d’être publié

1868

Il écrit les poèmes qui composeront les Etrennes des Orphelins.

1870

En janvier, Georges Izambard entre comme professeur au Collège de Charleville. Il aura une influence libératrice sur le jeune élève. Grâce à ce jeune enseignant, Arthur Rimbaud découvre les célébrités parnassiennes (Leconte de Lisle, Banville, Verlaine) avec lesquelles il entretient une correspondance. En mai, Rimbaud adresse des poèmes à Théodore de Banville

Le 29 Août, en pleine guerre entre la France et la Prusse, Rimbaud fait sa première fugue. Il est arrêté à Paris le 31 août, conduit au dépôt, puis à la prison de Mazas. Il est enfin libéré le 4 septembre.

Le 7 Octobre, deuxième fugue qui le mène à Bruxelles puis à Douai. Il complète un ensemble de textes qui aura pour nom Le cahier de Douai .

1871

Arthur Rimbaud prend parti pour les Insurgés parisiens. Il adresse à Georges Izambard et Paul Demeny ses fameuses lettres du voyant, très marquées par cette épisode historique.

Fin Septembre 1871, il s’installe dans le cercle familial de Verlaine.

Lors d’un rituel dîner, il lira devant tout le parnasse son Bateau Ivre qui soulèvera un enthousiasme général.

1872

Début 1872, Verlaine qui a quitté sa femme Mathilde est devenu son compagnon . Ils mènent une vie d’errance entre la France, l’Angleterre et la Belgique.

1873

De janvier au début d'avril, puis du 27 mai au 3 juillet, Rimbaud et Verlaine sont à Londres. Le 3 juillet, ils se querellent et se quittent. Le 8 juillet, les deux poètes sont à Bruxelles et, le 10 juillet, Verlaine blesse son ami d'un coup de révolver. Cela lui vaudra deux ans de prison.

De retour à Roche, Rimbaud termine Une saison en enfer qui sera imprimé en Belgique en Octobre 1873, seul livre à être publié de son vivant. Une page est tournée. C’est l’adieu à la poésie

1874-1878

L'homme aux semelles de vent comme l'appelle Verlaine multiplie les voyages et les petits boulots à travers l’Europe. Il séjourne à Londres avec Germain Nouveau. Puis il va en Allemagne, en Autriche, Hollande, Suède, Danemark, Suisse et Italie.

1878

Rimbaud vit à Chypre où il dirige une équipe d'ouvriers qui exploitent une carrière.

1879

En mai 1879, la fièvre typhoïde l'oblige à retourner en France.

1880

Départ pour l’Afrique où il passe les dernières années de sa vie.

A Aden, il est engagé par l’agence Mazeran, Vianney Bardey et Cie spécialisé dans le commerce d’import–export. Il sera éprouvé par les fièvres et la syphillis et rejoint l’agence de Harar en Ethiopie en 1881.

1884

Publication de son rapport sur l’ogadine qui témoigne de sa curiosité ethnologique et linguistique.

1886-1887

Une expédition commerciale qui devait lui rapporter une fortune (un trafic de fusils et de cartouches pour le roi du Choa) tourne au désastre.

Arthur Rimbaud est de plus en plus fatigué, égaré.

Pendant cette période, le Vogue publie ses illuminations

1888-1890

Rimbaud continue à faire du commerce en Abyssinie.

1891

Au début de l'année, il souffre d’une violente douleur au genou. Il est opéré à Marseille, le 20 mai . Le 27 mai, il est amputé de la jambe droite. Il quitte Marseille pour Roche, près de Charleville.

Le 23 août, il revient à Marseille. La maladie progresse rapidement. Au début d'octobre, le bras droit est paralysé et la jambe gauche est prise de tremblements. Le 9 novembre, il a des hallucinations.

Le 10 novembre, mort d'Arthur Rimbaud, à l'âge de trente-sept ans.

Mohamed El jerroudi

Notre Terre...notre blessure.

Mahmoud Darwich, lors d'une rencontre poétique à Fes ( Festival international de la musique sacrée juin 2001 )

Mahmoud Darwish est né en 1941 à Al-Birwah, en Galilée, à 9 kilomètres à l'Est de Saint-Jean d'Acre en Palestine sous mandat britannique, aujourd'hui Israël. Il est le second enfant d'une famille musulmane sunnite de propriétaires terriens, avec quatre frères et trois sœurs. Après l'établissement d'Israël en 1948, le village fut rasé entièrement et la famille Darwich s'enfuit au Liban, où elle resta un an, avant de rentrer clandestinement en Israël où elle découvre que leur village a été remplacé par une colonie juive. La famille s'installe alors à Dair Al-Assad.

Darwish a commencé ses études primaires à Dair Al-Assad, tout en vivant sous la menace constante d'être découvert et exilé par les autorités israéliennes. Plus tard, il finit ses études secondaires à Kufur Yasif, deux kilomètres au Nord de Jdeideh. Enfin, il part pour Haïfa. Son premier recueil de poésie fut publié quand il avait dix-neuf ans (Asafir bila ajniha, Oiseaux sans ailes, 1960). En 1964, il sera reconnu nationalement et même internationalement comme une voix de la résistance palestinienne grâce à Awraq Al-zaytun (Feuilles d'olives). Ce recueil deviendra très populaire notamment avec le poème Carte d'Identité.

À la fin de ses études, Mahmoud Darwich commence à publier des poèmes et des articles dans des journaux et magazines comme Al-Itihad et Al-Jadid, pour lequel il deviendra plus tard rédacteur. En 1961, il rejoint secrètement le Parti Communiste d'Israël, la Rakah, et commence à travailler comme rédacteur adjoint de Al-fajr.

Il sera plusieurs fois arrêté et emprisonné pour ses écrits et activités politiques entre 1961 et 1967. Pendant cette période, Darwich rêve de révolution et chante la patrie, la défense de l'identité niée des siens et la solidarité internationaliste. Le poème Identité ( Inscris : Je suis arabe ), le plus célèbre de son recueil Rameaux d'olivier publié en 1964, dépassent rapidement les frontières palestiniennes pour devenir un hymne chanté dans tout le monde arabe.

En 1970, il part pour Moscou étudier l'économie politique. En 1971, il part au Caire, où il travaille pour le quotidien Al-Ahram. À Beyrouth, en 1973, il dirige le mensuel Shu'un Filistiniyya (Les affaires palestiniennes) et travaille comme rédacteur en chef au Centre de Recherche Palestinien de l'OLP et rejoint l'organisation. En 1981, il crée et devient rédacteur en chef du journal littéraire Al-Karmel.

Assigné à résidence à Haïfa où il travaille comme journaliste, il s'exile au Liban de 1971 à 1982, rejoignant Beyrouth.

Pendant l'été 1982, Beyrouth est l'objet de bombardements du 13 juin au 12 août; l'armée israélienne cherchant à faire fuir l'OLP de la ville. Darwich relatera la résistance palestinienne au siège israélien dans Qasidat Bayrut (1982) et Madih al-xill al'ali(1983). Le poète repart en exil, au Caire, à Tunis puis Paris. En 1987, il est élu au comité exécutif de l'OLP.

Un an plus tard, en 1988, un de ses poèmes, En traversant les mots passants, est discuté à la Knesset, il est accusé de souhaiter voir partir les Juifs d'Israël. Mahmoud Darwich s'en défendra en expliquant qu'il voulait dire qu'ils devaient partir de la Bande de Gaza et de Cisjordanie. Le poète écrivit :

"Alors quittez notre Terre

Nos rivages, notre mer

Notre blé, notre sel, notre blessure."

Membre du comité exécutif de l'OLP, président de l'Union des écrivains palestiniens, Mahmoud Darwich est le fondateur et le directeur de l'une des principales revues littéraires arabes, Al-Karmel, qui a cessé de paraître en 1993.

La même année, après les accords d'Oslo, Mahmoud Darwish quitte l'OLP, il proteste contre l'attitude conciliante de l'organisation dans les négociations, il préfère une paix mais une paix juste.

Il continue à être rédacteur en chef du magasine Al-Karmel, et vit à Paris avant de retourner en Palestine en 1995, ayant reçu un visa pour voir sa mère. Il eut ainsi la permission de retourner en Palestine pour les funérailles de son ami l'écrivain Emile Habibi et de visiter la ville où il a vécu mais pour quelques jours seulement. Il reçoit une autorisation de séjour des autorités israéliennes et s'installe dans une ville de Cisjordanie, Ramallah, ville où Yasser Arafat avait ses quartiers. La ville deviendra un champ de bataille en 2002.

Yossi Sarid, qui était ministre de l'éducation israélien, proposa en mars 2000 que certains des poèmes de Mahmoud Darwish soient inclus dans les programmes scolaires israéliens. Mais le premier ministre Ehud Barak refusa, "Israël n'est pas prêt."

L'œuvre de Darwich, essentiellement poétique, est une véritable défense et illustration d'une terre, d'un peuple, d'une culture en même temps qu'une entreprise hardie de genèse littéraire. Elle est hantée d'un bout à l'autre par une seule idée, une seule référence, un seul corps: la Palestine. La solitude et le désarroi de l'exil exprimés côtoient l'acceptation noble et courageuse où le désespoir profond devient générateur de création, porteur d'une charge poétique intense.

L'œuvre en prose de Darwich comprend un récit, Une mémoire pour l'oubli, qui restitue un jour de la vie d'un homme, le poète lui-même, pendant le siège de Beyrouth en 1982 par les troupes israéliennes."

Mahmoud Darwish vit actuellement entre Ramallah et Amman.

Mohamed El jerroudi

Le poète éxilé

Abdellatif Laâbi

Écrivain marocain de langue française, il a joué un grand rôle dans le renouvellement culturel au Maroc, mais ses écrits et prises de position hostile au régime d’Hassan II lui ont valu la prison, puis l’exil en France.

Abdellatif Laâbi est né en 1942 à Fès (Maroc) dans une famille d’artisans. Professeur de français, il fonde avec des poètes marocains en 1966 la revue Souffles (Anfas) en 1966. Il crée aussi, avec Abraham Serfaty, l'Association de Recherche Culturelle, l’ARC. Les deux hommes seront arrêtés. Son combat pour la liberté d’opinion vaut à A. Laâbi d'être emprisonné à plusieurs reprises de 1972 à 1980. Il est assigné à résidence, puis s’exile en France en 1985.

La même année, Jack Lang le nomme commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres. Abdellatif Laâbi est, depuis 1988, membre de l’Académie Mallarmé. Actuellement,Il vit en région parisienne et harhora près de Rabat.

Publication :

  • Le Règne de barbarie. Paris: Seuil, 1980 (épuisé).
  • Histoire des sept crucifiés de l'espoir. Paris: La Table rase, 1980.
  • Sous le bâillon le poème. Paris: L'Harmattan, 1981.
  • Discours sur la colline arabe. Paris: L'Harmattan, 1985.
  • L'Ecorché vif. Paris: L'Harmattan, 1986.
  • Tous les déchirements. Paris: Messidor, 1990 (épuisé).
  • Le soleil se meurt. Paris: La Différence, 1992
  • L'Etreinte du monde. Paris: © La Différence et © Abdellatif Laâbi, 1993.
  • Le Spleen de Casablanca. Paris: La Différence, 1996.
  • Poèmes périssables. Paris: La Différence, 2000.
  • Les Fruits du corps. Paris: La Différence, 2003.
  • L'automne promet. Paris: La Différence, 2003.

Romans

  • L'Oeil et la Nuit. Casablanca: Atlantes, 1969; Rabat: SMER, 1982.
  • Le Chemin des ordalies. Paris: Denoël, 1982.
  • Les Rides du lion. Paris: Messidor, 1989 (épuisé).
  • L'Œil et la nuit. roman, coll. « Minos », 2003

Théâtre

  • Le Baptême chacaliste. Paris: L'Harmattan, 1987.
  • Exercices de tolérance. Paris: La Différence, 1993.
  • Le Juge de l'ombre. Paris: La Différence, 1994.
  • Rimbaud et Shéhérazade. Paris: La Différence, 2000.

Mohamed El jerroudi

La parole fusillée.

Federico Garcia Lorca

Né à Grenade (Espagne) le 05/06/1899 ; Mort à Grenade (Espagne) le 19/08/1936

Federico Garcia Lorca naît en 1899 au sein d'une famille andalouse aisée et libérale. Il s'intéresse très tôt aux différents domaines des arts et emprunte la voie de la poésie dès 1921 avec Canciones puis Romancero gitano (1928). En alliant modernité et folklore populaire, Garcia Lorca emporte rapidement la reconnaissance du public. Ses nombreux voyages, notamment sur le continent américain, ont approfondi et enrichi ses oeuvres (Poète à New York, 1934). Dès 1935, Garcia Lorca bifurque légèrement vers le chemin dramatique. Il fonde la Barraca, sa propre compagnie théâtrale .

Après le succès de "Noces de sang" crée en 1933, le poète et dramaturge andalou Federico Garcia Lorca crée le deuxième volet de sa "trilogie rurale", Yerma. Yerma ne peut pas avoir d'enfant et doit faire face aux préjugés et aux tabous d'une société espagnole rongée par la morale religieuse. La pièce, bien que conspuée par la droite conservatrice, remportera un succès retentissant dans les milieux littéraires. Après l'arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936, Lorca achèvera sa trilogie avec "la Maison de Bernarda Alba", peu de temps avant d'être fusillé par des troupes rebelles opposées à la coalition de gauche récemment élue. Il mourra peu de temps après le début de la guerre civile espagnole.

Le poète espagnol Federico García Lorca, 37 ans, est fusillé par les franquistes près de Grenade. La guerre civile a éclaté un mois plus tôt en Espagne. Elle oppose l'armée fasciste du général Franco au gouvernement républicain. Les sympathies de gauche du poète, son engagement auprès des plus défavorisés et son homosexualité lui coûteront la vie.

Mohamed El jerroudi est (Membre fondateur de l'association "Les amis de Lorca" ) Tétouan-Maroc

Le poète épuisé

Antonio Machado

Antonio Cipriano José María Machado Ruiz, connu sous le nom de Antonio Machado, est un poète espagnol né le 26 juillet 1875 à Séville, et mort le 22 février 1939 à Collioure. Il est l'une des figures du mouvement littéraire espagnol connu sous le nom de Génération de 98. Il mélange la rêverie mélancolique et raffinée à l'inspiration terrienne.

Machado est né à Séville un an après son frère Manuel. Sa famille s'installa à Madrid en 1883 et les deux frères rejoignirent l'Institution Libre d'Enseignement. Durant trois ans, et avec l'encouragement de ses professeurs, Antonio se découvrit une passion pour la littérature. Il perdit son père en 1893, alors qu'il n'avait que 17 ans. Il effectua plusieurs métiers, dont celui d'acteur. En 1899, il se rendit à Paris avec son frère, qui avait obtenu un emploi de traducteur à la maison Garnier. Il entra alors en contact avec les poètes Jean Moréas, Paul Fot and Paul Verlaine, et d'autres figures de la littérature contemporaine, dont Rubén Darío et Oscar Wilde Ces rencontres confortèrent Machado dans sa décision de devenir lui-même poète.

En 1901, il publia ses premiers poèmes, dans le journal littéraire Electra. Son premier livre de poésies fut publié en 1903 sous le titre Soledades. Une nouvelle édition complétée paraîtra en 1907 sous le titre Soledades. Galerías. Otros Poemas.

La même année, Machado se vit offrir une place de Professeur de Français à Soria. Là, il rencontra Leonor Izquierdo Cuevas, avec laquelle il se maria en 1909. Il avait 34 ans et Leonor 15 seulement. Le couple se rendit de nouveau à Paris en 1911. Pendant l'été cependant, Leonor, atteinte de tuberculose, dût retourner en Espagne où elle mourra le 1er août 1912, quelques semaines après la publication de Campos de Castilla. Très affecté, Machado quitta Soria pour ne jamais y retourner. Il alla vivre à Baeza, en Andalousie, où il resta jusqu'en 1919. Une nouvelle édition de Campos de Castilla fut publiée en 1916, incluant des poèmes relatifs à la mort de Leonor.

Entre 1919 et 1931, Machado fut Professeur de Français à Ségovie, plus proche de Madrid où habitait son frère. Les deux frères se rencontraient régulièrement et collaborèrent dans de nombreuses pièces de théâtre à succès. Il eut une histoire secrète avec Pilar Valderrama, une femme mariée, qu'il évoquera dans ses poèmes sous le nom de Guiomar. Lorsqu'éclata la Guerre civile d'Espagne, en juillet 1936, Machado était à Madrid. Il se trouva séparé pour toujours de son frère, qui se trouvait en zone nationaliste, mais aussi de Pilar qui se rendit au Portugal.

Il mit sa plume au service du parti républicain. Machado fut évacué avec sa mère et son oncle à Valence, puis à Barcelone en 1938. A la chute de la République Espagnole, ils furent contraints de fuir vers la France. Arrivé à Collioure, à quelques kilomètres de la frontière, épuisé, Machado y mourra le 22 février 1939, trois jours avant sa mère. Machado est enterré à Collioure, Leonor à Soria.

Louis Aragon lui rend hommage dans Les poètes, chanté par Jean Ferrat : Machado dort à Collioure Trois pas suffirent hors d'Espagne Que le ciel pour lui se fît lourd Il s'assit dans cette campagne Et ferma les yeux pour toujours.

Principales œuvres • Soledades (1903) • Soledades. Galerías. Otros poemas (1907) • Campos de Castilla (1912) • Poesías completas (1917) • Nuevas canciones (1924) • Poesías completas (1936) • Juan de Mairena (1936)

Edition française : Champs de Castille - Solitudes, Galeries et autres poèmes - Poésies de la guerre, traduits par Sylvie Léger et Bernard Sesé, préface de Claude Esteban, Gallimard, 1973, coll. Poésie/Gallimard, 1981.

Mohamed El jerroudi

Daniel Soil.

Daniel Soil est un romancier belge qui vit au Maroc.

L’auteur est un artiste qui s’isole de son monde pour s’exprimer sur quelques feuilles de papier. L’action d’aller chez un éditeur représente le premier mouvement social de la part de l’auteur. Mais c’est également le début d’un doute immense et d’un bain d’incertitudes. Certains éditeurs s’illustrent par leur silence quand d’autres informent l’écrivain sur les éléments choquants qu’il faudrait modifier. Les derniers sont bien sûr plus intéressants, ce qui a amené Daniel Soil à finalement être publié en 1999 par Francis Danmark chez « Castor Astral ».

L’inquiétude s’est alors transformée en but : faire vivre ce livre le plus longtemps possible. Il s’agit de faire la promotion de son ouvrage, afin de se faire connaître un peu partout. Un objectif que M. Soil a atteint lorsqu’il s’est illustré comme lauréat du « Prix du 1er roman » à Chambéry, en Savoie. Un prix important à ses yeux puisqu’il est accordé par les gens de la ville. Ce qui l’a amené par la suite à rencontrer ses lecteurs et débattre avec eux des torts des retords de son ouvrage. Mais cette expérience l’a également ‘boosté’ : « Maintenant il y a pour moi une nécessité d’écrire.

L’écriture est un travail d’artisanat et on peut être artisan du mot. » Son second ouvrage, « Comme si seule une musique… » a été publié en 2004. Mais à la grande surprise de son auteur, le premier éditeur l’a catégoriquement refusé. Daniel Soil pense qu’il n’y a pas de talent définitivement acquis et qu’il faut toujours se remettre en question. Il trouvera finalement un éditeur en la personne de Louis Villequin et naitra à travers ce second ouvrage, la conscientisation de ses obsessions. Une des siennes est de nature géographique : tout au long de ses ouvrages, la précision géographique est détaillée. La deuxième concerne le lien filial : ‘que se passe-t-il entre un père et son fils ?’.

Quant à son dernier livre, il porte une nouvelle fois sur le Maroc, en contant les souvenirs d’un jeune garçon et son père à travers les rues de Bruxelles, après que celui-ci soit sorti de prison.

"Sans doute" Son roman sur le Maroc profond.

Daniel Soil oeuvrant pour le rapprochement de la Belgique et le maroc,n'hésite jamais à apporter son soutien( il faut rappeler qu'il est Conseiller à la Délégation Wallonie- Bruxelles à Rabat).

Il vient d'annoncer récement," que l’action de la part de la Belgique et de ses organismes pour promouvoir la culture à l’étranger et dans ce cas, plus spécialement au Maroc. Les communautés et les régions se dispersent un peu partout dans le monde afin d’assurer leur propre promotion en partenariat avec les autorités locales.

C’est ainsi que le centre Wallonie-Bruxelles offre une bourse d’un million d’euros à Rabat qui s’ajoutent à celle donnée par le gouvernement marocain. Et grâce à cette somme, différents échanges sont organisés : au niveaux des professeurs, des artistes, des jeunes ou des scientifiques. Ce lien est très important sur le plan social, culturel et éducatif.

Aujourd’hui, il est important de noter que la coopération internationale est essentielle pour tous les partenaires dans un esprit de partage et fraternité."

De mon côté, il ne me reste qu'à lui dire:

-Merci à toi Daniel, l'ami du Maroc.

Mohamed El jerroudi

Des Mozart assacinés

Saint-Exupéry

Sahar morocain

La bibliographie de Saint-Exupéry n'a rien d'impressionnante. Cinq livres au total, qui ont pourtant suffi à assurer sa gloire avant même sa disparition.

C'est au Maroc, à Cap-Juby, que Saint-Exupéry écrit son premier roman en 1929. Il l'intitulera "Courrier Sud", titre emprunté à une inscription de sac postal. Saint-Ex écrit la nuit, sur une planche posée entre deux fûts d'essence, l'histoire d'un pilote de l'Aéropostale mis à mal par un amour d'enfance. Comme un souffle autobiographique, pour celui qui gardera toute sa vie le souvenir de ses fiançailles rompues avec son premier amour, Louise de Vilmorin.

D'Argentine, Saint-Exupéry écrit son deuxième ouvrage, " Vol de nuit". André Gide en signe la préface et le roman remporte le Prix Fémina en 1931. Encore une fois, l'aviation et les hommes sont au centre du récit, et l'aventure de ces nouveaux pionniers capte le public. De retour de reportage, en Espagne et à Moscou, Saint-Ex publie en 1939 "Terre des Hommes". Le récit quitte le champ de l'héroïsme pour explorer une pensée plus humaniste qui ne le quittera plus.

Une fois qu'il était dans un train qui partait de MARRAKECHE à Casablanca,et après avoir vu dans un wagon des enfants marocains aux visages crasseux , mal habillés ,aux corps fragiles et affamés, il s'est dit:

"Je vois en ses enfants des Mozart assacinés"

Mohamed El jerroudi

Un personnage controversé

Tariq RAMADAN

Que dire de cet intellectuel qui suscite l'intétêt des médias occidentaux?

Ses écrits et déclarations sont très soigneusement observés par ceux qui s'intéressent à la place de l'islam et au devenir de l'intellectuel suisse. Tariq Ramadan est entre autres vivement critiqué par des intellectuels et hommes politiques et organisations de droite comme de gauche.

Tariq Ramadan est rapidement devenu un prédicateur populaire parmi les jeunes musulmans, où ses discours sont diffusés sous la forme de cassettes audio. Il prône la stricte observance du Coran et des hadiths aux jeunes des banlieues, tout en voulant concilier l'appartenance musulmane avec la vie commune et les lois des sociétés européennes. Selon Ramadan, les musulmans devraient garder intacte leur propre communauté, et éviter les mariages avec des non-musulmans (sauf conversion à l'islam). Il est critiqué sur ce point dans l'article de Leila Babès « L’identité islamique européenne d’après Tariq Ramadan ».

Il est accusé par Caroline Fourest, ainsi que notamment Soheib Bencheik, Antoine Sfeir et Mohamed Sifaoui, d'être un « maître du double langage » (taqiya) déclarant une chose au public non-musulman et une autre au public musulman .Celle-ci publie en octobre 2004 Frère Tariq aux éditions Grasset: elle y analyse la vingtaine d'ouvrages écrits par Tariq Ramadan, ainsi que la plupart de ses conférences enregistrées. Elle affirme que la pensée de Tariq Ramadan reste fondamentalement plus islamiste qu'ouverte à une adaptation à la culture politique démocratique et une cohabitation avec la société occidentale. Tariq Ramadan a répondu que Caroline Fourest interprétait librement ses discours en les sortant de leur contexte .Lors d'un procès qu'il perdit contre Antoine Sfeir, érudit libanais et directeur des Cahiers de l'Orient, il apparut que celui-ci le considérait comme un islamiste dangereux, militant contre l'intégration, un « fondamentaliste charmeur », un « spécialiste du double langage », ce que vinrent appuyer d'autres témoins, parmi lesquels le journaliste Mohammed Sifaoui, remarqué pour ses enquêtes sur les islamistes qui vint dire à la barre que « ce que dit Antoine Sfeir est en-deçà de la réalité ».

Peu après, Tariq Ramadan intervient dans les débats concernant la loi française sur les signes religieux : avant le vote de la dite loi, il engage ceux qui le suivent à s'opposer à cette loi, au nom de l'islamophobie supposée de celle-ci. Dans un texte paru sur oumma.com, il déclare : « La lutte que nous sommes en train d’entamer sera longue et elle exige une vision claire des enjeux globaux présents et futurs. (…) il faut se lever aujourd’hui et s’opposer à ce projet de loi discriminatoire et insensé ».

Au moment où ce débat a lieu dans le pays est organisée une rencontre télévisée entre lui et le ministre de l'Intérieur - à l'époque, Nicolas Sarkozy - lors de l'émission 100 Minutes pour convaincre. Sur le thème du voile islamique à l'école, lorsque Nicolas Sarkozy lui demande s'il peut demander que les élèves musulmanes portent seulement un signe discret d'appartenance, Tariq Ramadan répond « Un signe discret ? Oui, si la loi le dit, c'est OK.» Sur la laïcité, Tariq Ramadan déclarera ensuite, une fois la loi votée et appliquée: « Ma pensée a évolué. Je considère que la loi de 1905 convient parfaitement à l'intégration de l'islam. Il suffit de l'appliquer de manière simple et égalitaire.»

Sur le thème de la lapidation des femmes, il affirme : « Je demande un moratoire pour qu'on cesse l'application de ces peines-là dans le monde musulman. Ce qui compte, c'est de faire évoluer les mentalités. Il faut un discours pédagogique.» Il le rappelle en 2007, dans un débat avec Philippe de Villiers, dans l'émission française Ripostes.

NO COMT

Au moment où les intellectuels eureupéens doivent l'écouter et dialoguer avec lui( qui est à mon point de vue une richesse pour les deux côtés), les médias se l'arrachent. L'homme se trouve pris en tenailles par ses calomniateurs, qui s'acharnent contre lui à la moinde declaration qu'il fait en public.

Et à propos du public , Tariq RAMADAN n'a pas à s'en pleindre: désormais il connaît une réputation internationale auprès de ses admirateurs.C'est parce qu'il dérange sans aucun doute.

Mohamed El jerroudi

Jamel Debbouze indésirable

Jamel Debbouze

C'est en lisant l'article de José GARCON , que je me suis posé une question sur le maghrèbe.Alors que nous sommes à quelques heures du 14 Juillet 2007, les acteurs du film "Indigenes" défileront comme des fantomes sur Les Champs-Elysees.

Le texte de José GARCON que voici, est révélateur pour nous qui rêvons d'un maghrèbe uni.Lisons le texte d'abord.

"Cela ressemble à une mauvaise blague : Jamel Debbouze absent de l'avant-première à Alger du film «Indigènes» pour cause de refus de visa. Depuis samedi, c'est une désespérante réalité : les autorités algériennes ont bien refusé un visa à l'acteur qui l'avait demandé il y a une bonne dizaine de jours.

Ce refus a été confirmé à Paris par Jean Bréa le producteur du film et à Alger par Caroline Aymard, l'attaché de presse d'Unifrance. Les Algérois, qui se bousculaient samedi soir à l'Algeria, l'une des plus grandes salles de cinéma de la capitale, pour assister à la projection n'ont pu ainsi apercevoir ni Jamel Debbouze ni Samy Naceri qui n'a pas fait le déplacement.

Si l'absence de ce dernier est dûe officiellement à des «problèmes familliaux de dernier moment», on ne peut exclure qu'il s'agisse d'un acte de solidarité avec Jamel Debbouze. Au bout du compte, seuls le réalisateur Rachid Bouchareb et Jean Bréa se trouvaient à Alger pour cette avant-première. Ni l'un ni l'autre n'ont commenté cette affaire, le producteur se bornant à confirmer que les autorités algériennes n'avaient fourni aucune explication. Depuis quelques jours, il était patent que Debbouze n'était pas bienvenu, même si les administrations algériennes concernées étaient aux abonnés absents.

Le quotidien francophone El Watan rapportait, dimanche, que les ministères des Affaires étrangères et de la Culture avaient refusé de répondre à ses questions, tandis que le consulat d'Algérie à Paris était «injoignable».Ce silence embarrassé ne change rien à une affaire qui, ébruitée, devient des plus génantes pour les autorités algériennes et la ministre de la culture Khalida Toumi, très connue en France pour ses prises de position en faveur de la démocratie pendant la guerre civile de la décennie 90. `

Comment justifier en effet que soit déclaré persona non grata à Alger un comédien qui est non seulement trés connu et aimé par les Algériens mais qui est aussi l'un des acteurs principaux et des initiateurs d'un film rendant hommage au sacrifice des «Indigènes» dans l'armée française ? Surtout quand les raisons du refus de visa de Jamel Debbouze sont un secret de polichinelle.

Le comique d'origine marocaine se voit en effet reprocher de soutenir le...Maroc dans le conflit du Sahara Occidental, d'avoir ses entrées auprès du roi Mohammed VI et d'avoir eu le mauvais goût de se marier en grande pompe à Marrakech ! Les autorités algériennes auront du mal à convaincre du contraire compte tenu de la campagne virulente lancée sur ces thèmes il y a quelques mois à Alger contre Jamel Debbouze.

Dimanche, le quotidien El Watan commentait cette affaire en se demandant «pourquoi les autorités marocaines n'ont pas fermé les portes devant les chanteurs Khaled et Mami qui font un tabac à Casablanca, Rabat et Marrakech»? Et d'ajouter: «Faut-il exiger de toutes les célébrités qui veulent venir en Algérie de montrer patte blanche sur le dossier sahraoui avant de leur accorder un visa?»."( source:LIBERATION.FR : Mercredi 11 octobre 2006 )

Après lecture de ce texte, je me suis demandé:si la culture et les arts sont une entrave pour le rapprochement des deux peuples , alors il y a de quoi être pessimiste pour les générations futures des deux pays.

En attendant que les choses soient claires , Moi...,je dis mon indignation...!

Mohamed El jerroudi

Le mur ébloui

Fouad Bellamine

Fouad Bellamine naît à Fès le 28 Novembre 1950. De son enfance dans la médina de Fès il garde un rapport particulier à la lumière, aux murs et à l’architecture qu’ils cernent. Toute son œuvre porte la marque de ses traces. L’univers de la création se découvre à lui précocement. Né au sein d’une famille d’artisans traditionnels, il est « initié » à l’esthétique par des voies insoupçonnables : son père était un talentueux peintre du dimanche (il peignait des paysages dans la campagne de Fès) son grand-père était non seulement passionné de « Melhoun » mais avait pour métier le tissage de la soie. Fouad Bellamine se rappelle que celui-ci faisait sécher ses pelotes de fil de soie sur un support en roseau et ce rituel était une occasion de moments contemplatifs précieux : la lumière faisait chanter les couleurs de la soie. Ce lignage l’installe dans une familiarité avec le manuel, la couleur, la teinture. Très tôt fasciné par les grands peintres, il se confectionne « son musée imaginaire » à partir d’illustrations de peinture subrepticement découpées dans le Larousse familial. Au terme de ses études secondaires, il quitte Fès pour l’Ecole des Arts Appliqués de Casablanca en 1967.

C’est en 1972 et à seulement vingt et un ans, que Fouad Bellamine expose pour la première fois à la galerie «La Découverte» de Rabat. Il y montre des travaux placés sous le signe du paysagisme abstrait. En effet, Fouad Bellamine manifeste à cette époque une curiosité boulimique pour tout ce qui touche à la peinture. Il voue une admiration particulière à Nicolas de Staël. En 1974, il expose à la galerie Bab Rouah.

Pendant la décennie soixante dix, Fouad Bellamine est hanté par la recherche et l’exploration, aussi bien au plan théorique que pratique. Il suit avec attention les débats autour de la peinture au Maroc mais également en Occident. C’est une époque d’intenses dialogues avec différents matériaux et médiums: aucune approche n’est négligée. Il manipule de la peinture, des feutres, des encres indigo sur des supports aussi divers que le papier, le bois et le textile. Toutes les matières et textures sont passées au crible de sa curiosité. L’accès à la toile est frontal, marqué par une constante : l’horizontalité. Il se construit alors son propre langage plastique et un rapport très personnel à la lumière et à l’espace.

Il se plaît aussi à réaliser des installations inattendues, très dépouillées (en effet, Bellamine est déjà préoccupé par l’abandon de la toile et du support pour se livrer à des travaux tenant compte de l’espace total, à savoir le mur, le sol, le plafond et le cube, lieu d’exposition, devient alors le réceptacle. Et en même temps partie composante et intégrante de l’œuvre). A la fin des années soixante dix, la sérialité est déjà présente dans son œuvre, définie par un minimalisme affirmé.

A cette époque, où l’identité et la spécificité faisaient l’objet de débats permanents entre intellectuels et artistes, Fouad Bellamine entend assumer une identité qu’il sait plurielle et s’insurge contre ce qu’il perçoit comme un dangereux réductionnisme. Il prend alors ses distances par rapport au discours ambiant et clame son désir d’ouverture sur le monde et la modernité. « Il n’y pas de peinture marocaine, dira-t-il quelques années plus tard, il n’y a que des peintres marocains. ».

Cet itinéraire amène progressivement l’artiste à concevoir l’acte de peindre comme liberté de l’être et affirmation du geste, du corps et de soi.

En 1980, l’artiste monte sa première exposition personnelle à la galerie « Medamothi» à Montpellier où Bernard Teulon Nouailles 2 salue dans l’installation de Fouad Bellamine «L’éloge de l’horizontale».

En 1982, Fouad Bellamine est invité à la douzième Biennale de Paris où il montre une pièce de huit mètres, à même le sol, au Musée d’Art Moderne, pièce qui attire l’attention de la critique spécialisée. Otto Hahn dans l’hebdomadaire L’Express souligne que « Dans l’éclectisme de bon aloi qui domine quelques personnalités se remarquent : le Hongrois Gabor #OOPS !#orszky, le Marocain Fouad Bellamine, l’Allemand Artmunt Neümann, l’Autrichien Alfred Klinkan. Et le Français Jean-Charles Blais…. ».

L’année 1983 marque un tournant important dans la vie de l’artiste : l’obtention d’une bourse de l’Etat français lui permet de mettre à profit un long exil volontaire à Paris pour entamer une carrière internationale, exil qui ne s’achève qu’en 1989. Ce départ vers un ailleurs revêt une signification particulière : en quittant le pays natal, l’artiste abandonne le corset de la tradition et de la mémoire. Ce voyage devient ouverture et affranchissement.

A Paris, Il réside à la Cité Internationale des Arts où il s’investit entièrement dans sa peinture. Plusieurs horizons s’offrent à lui. C’est le début de sa carrière internationale.

Il choisit de compléter sa formation universitaire en préparant un DEA en Histoire et Théorie de l’Art à l’Université Paris VIII et une thèse de 3ème cycle sur le « Concept de muralité dans la peinture contemporaine » et de vivre l’expérience de chargé de cours au sein de cette même Université.

Plusieurs expositions internationales collectives lui offrent l’opportunité de rencontres et de dialogues avec des artistes du monde entier:

« L’arc ouvre mais sur quoi, Sur qui ? N’est pas « l’ouvert sur le rien » dont parle Edmond Jabès ? Le vide est ici, comme dans toute la peinture chinoise, un principe actif, dynamique, le lieu où s’engendre une forme toujours irréalisée et incertaine de ses limites… »3

C’est dans la galerie « Jean-Yves Noblet » (Paris et Grenoble), puis dans la galerie« Nikki Diana Marquardt » (Paris) que Fouad Bellamine s’expose au public parisien. La critique est positive. C’est la période dite des « Arches parisiennes ». Durant toute cette période (1980-1990), le peintre se concentre sur « la distribution du geste et l’expérience de l’espace ». L’horizontalité et la verticalité se conjuguent pour créer une nouvelle inscription. Baptisée indifféremment arc, arche, voûte ou ogive, tout le corps participe à la création par le geste fondateur d’espace, et de lumière. La rupture est consommée dans une trace flexible où la mémoire est toujours présente.

« Par accumulation de gestes, recouvrements, superpositions des couches, des traînées, des coulures, des coups de peinture (cette répétition est essentielle car elle fonde le rituel de peindre) qui cernent et évident au fur et à mesure le « vide » central, il force la réversibilité du temps et de l’espace, confond leurs dimensions, leurs qualités effectives: il construit un espace avec du temps, par la peinture.

Il les démesure dans la forme émergente parallélépipédique. Il les ramène du fond de la toile comme l’avant scène de la peinture … »4

L’artiste inaugure la décennie 90 par les toiles dites « Tables des Dieux », caractéristique de la création d’espaces scéniques. Il peut alors parler d’une véritable mise en scène, d’une théâtralité, de l’espace et de sa peinture.

Mais Fouad Bellamine est aussi un artiste qui n’hésite pas à mettre sa notoriété au service de la cause picturale. Dès son retour au Maroc, il s’investit dans l’enseignement et la formation. Préoccupé par l’absence d’une réelle politique culturelle contemporaine, d’absence d’institutions culturelles et d’espaces d’exposition, il contribue à la formation des enseignants en Arts Plastiques comme professeur d’Histoire de l’Art et d’expression plastique au Centre Pédagogique Régional de Rabat. Il ne ménage aucun effort non plus pour créer des opportunités d’ouverture et de dialogue avec d’autres artistes.

Fouad Bellamine n’hésite pas à se faire «artiste commissaire» d’expositions d’Art Contemporain pour présenter des œuvres de qualité ici et ailleurs (Exposition « Carte Blanche » à la Villa des Arts de Casablanca en I996, et « Double Abstraction » à Dar Mrini à Rabat en 2001 …).

C’est dans le même souci pédagogique d’une meilleure diffusion de l’art contemporain et d’une plus grande accessibilité aux œuvres d’art, que Fouad Bellamine initie, en 1997, dans un cadre associatif (l’Association des Amis des Arts), la création d’une collection permanente d’Art Contemporain (« Présences Plastiques ») à l’Hôpital d’Enfants de Rabat, première expérience du genre au Maroc.

« Les répétitions du geste nous adressent un autre avertissement : le tableau ne s’achève pas au moment où s’arrête la description .Tout ce qui en est décrit ne fait que l’inachevé. Seule la peinture a le pouvoir de décider du moment auquel elle se prêtera à d’autres regards que celui du peintre… »

Depuis la fin des années quatre vingt dix, et jusqu’à ce jour, Fouad Bellamine continue à exalter le geste dans sa peinture, dans une « monumentalité gestuelle » structurante et architecturale. La sérialité dont il ne se départit plus est une occasion d’explorations successives de l’espace, des textures et de clins d’oeils à l’histoire de l’art. L’artiste est toujours curieux et à la quête de tout ce qui fait œuvre ici et ailleurs. Il n’a jamais arrêté de prôner ni la modernité ni l’ouverture. Il ne cesse d’encourager l’initiation aux expressions artistiques sous toutes leurs formes au Maroc et ailleurs.

Mohamed El jerroudi

La mal-vie de Malek.

Malek

Chanteur compositeur, il est l’un des rares artistes à dire qu’il vit (difficilement) de son métier. « Nous travaillons pour les pirates, c’est eux qui vivent de notre travail, pas nous ».

Injustice ? c’est peu dire. C’est tout un secteur aux potentialités productives insoupçonnables, celui de la musique, qui est pris en otage par des trafiquants de cassettes qui, dans l’impunité totale, se plaisent à détourner la propriété intellectuelle d’autrui à leur seul profit.

Comment expliquer le contraste, plus que criant, entre la richesse et la diversité dont tout le monde parle s’agissant de la musique marocaine, et l’absence de vedette de stature arabe et encore moins internationale, sinon par l’absence d’une production musicale structurée et viable qui englobe aussi bien l’édition que l’animation en passant par la réalisation et la promotion ? En fait, il s’agit d’une industrie qui, comme telle, a besoin d’un tissu d’entreprises de production, de promotion et d’animation, pour assurer un niveau respectable de croissance à la fois quantitatif et qualitatif de production ; générer des emplois et des richesses qui profitent à tout le monde.

Or, comment une telle industrie pourrait-elle s’installer quand elle est confronté à tous les entraves imaginables qui oeuvrent toutes à la saper à la base. Le piratage est entre tous, le plus redoutable. « Beaucoup de sociétés de production ont été contraint de mettre la clef sous le paillasson , celles qui survivent ont de moins en moins envie de produire des artistes connus » affirment Malek. Et pour cause. La production des chanteurs anonymes ne coûte pas grand chose et en plus, il ne sont pas trop regardant sur ce qu’advient de leur produit. On l’a dit, le piratage fausse tout.

Malek en sait quelque chose, non seulement en tant que chanteur-compositeur, mais également en tant que producteur avant de s’en mordre les doigt . Pourtant l’itinéraire de Malek, son talent, aurait pu le mener très loin.

C’est à 14 ans qu’il se découvrit un talent de poète. Le lycée, l’adolescence, les belles filles, le temps des fleurs quoi ; et comme tous les jeunes de son âge, Malek était beau et croyait lui aussi au ciel.

A 16 ans, il commence déjà à gratter la guitare, Brel, Brassens, Piaf, Serge Reggiani, Gilbert Becaud, ont pignon sur rue et il est difficile de ne pas succomber à leur influence. Nous sommes dans les années 70.

C’est à Montpellier, où il s’est rendu pour terminer ses études, que le Jeune Malek, affronte pour la première fois le public. Il commence déjà à faire les cafés théâtres avec un groupe. Il réussit même à éditer un 45 tours sous le titre : Une Mère.

C’est alors qu’il décide d’abandonner les études pour se donner tout entier à sa passion : la musique. En 81, c’est la sortie de son premier album : La Mal-vie, une très belle chanson qui connaît un grand succès. Bientôt suivie d’autres, 8 album en tout.

L’influence de Brel est manifeste dans certains, mais déjà le cachet Malek prend de l’ampleur. Un cachet fait d’une double culture, celle française du côté de la mère, Marie-Louise Belarbi pour ne pas la nommer : « une dame de culture qui m’a élevé dans la tolérance ». Celle marocaine aussi, le père, Oujdais de naissance et dont Malek garde les marques dans sa musique, le parfum raï. La parfaite harmonie avec Hamid Bouchnak viennent-ils de là ? Sans doute. « J’assume ma double culture et j’essaie au mieux d’en faire une source de créativité » dira Malek.

A la fin des années 80, Malek et quelques autres artistes dont Hamid Bouchnak, Mouskir, Saïd Fikri, Sidonie et d’autres, dans un élan d’enthousiasme, ont cru pouvoir s’investir dans la production en créant Maya Productions. L’idée était de mettre leurs efforts et leurs talents en commun au service de la promotion de la chanson marocaine.

Après tout, les société de productions n’étaient pas légion et tout reste à faire dans le domaine. C’est ce qui se fait dans les autres pays où la musique est une véritable industrie. Pas au Maroc malheureusement. Malek est ses amis ne tarderont pas à le découvrir.

Mohamed El jerroudi

Les rêveries de Abdelkrim Ouazzani

Abdelkrim Ouazzani

L’œuvre de Abdelkrim Ouazzani s’inscrit dans le rêve. Elle propose une vision du monde à double niveau : la douceur et l’harmonie pour les couleurs et les formes, preuve que cet artiste est habité par un désir ardent pour le choix des thèmes.

Il s’agit d’imaginaire mais d’un rapport symbolique au réel. Notre environnement, notre existence sont présentés nimbés de coloris tout en nuance, joliesse et tendresse. Qui s'ouvrent sur une espérance tranquille.

Par contre son œuvre et sa transposition métaphorique accouchent d’une inquiétude latente. Le trait se fait faille, la chose se matérialise, les humains évoluent dans un univers qui se vide. Car il faut rappeler que le style de Abdelkrim Ouazzani est tellement épuré, qu’il nous donne l’impression que notre présence est à la fois une éternelle absence dévorée par la force insaisissable de l’éphémère.

Métal, plâtre et acrylique sur toile, 70 x 50 cm

La vie s’écoule, s’étale. Les choses se ramifient, envahissant un espace qui se dérobe comme par magie, à notre regard.

Une méditation à propos de la vie qui, jamais ne tombe dans le morbide. Comme si rêve et réalité se confondent en un même Chemin qui a pour seul objectif, une implacable emprise sur l’imaginaire….le nôtre… !

Le côté visionnaire de Abdelkrim Ouazzani ne s’accommode guère du foisonnement pictural que connaît le Maroc. Cet artiste qui travaille à l’écart des modes est constamment à l’écoute de sa profonde certitude.L'écho de l'universel est sans doute sa propre préoccupation.

Voilà pourquoi, Abdelkrim Ouazzani , nous touche tout en nous offrant, sans l’imposer, son univers personnel.

Mohamed El jerroudi

eljerroudi56@yahoo.fr

Gnaoua ( musique envoutante )

Les Gnaoua sont les descendants d’anciens esclaves issus de populations d’origines Afrique Noire. De plusieurs races (Sénégal, Soudan, Ghana)

Les Gnaoua emmené par les anciennes dynasties qui ont traversés l’histoire du Maroc, commençant par l’empire MOUAHIDI pour les travaux et les bâtiments des palais, et le renforcement des armées de guerrier redoutable en ce temps la. La constitution en confréries des gnaoua à travers le Maroc sont des maîtres musiciens (des mâalem) des joueurs d’instrument (qraqech, guenbri), des voyantes (chouafat), des médiums et des adeptes. Ils pratiquent ensemble la nuit un rite de possession syncrétique et où se mêlent à la fois des apports africaines et arabo-berbère, pendant lequel des adaptes s’abonnent à la pratique des danses de possession et à la Transe.

En plus d’être une music spirituelle c’est un récit de leur passé d’esclavage leurs vie quotidienne et des souffrances du passé, après être reconvertie à l’Islam les gnaoua ont adoptés un autre style de music au quelle se mélange le rythme gnaoua et les paroles arabe et au quelle en évoque le dieu et le prophète Mohamed. Comme principe sujet musical. Aujourd’hui la music gnaoua et après avoir été enrichie de tout ce passé il adapte un autre style musical au quelle s’évoque la vie des gnaoua Musulman et libre. Un chant à un style le plus mouvementé, plus libre, mais cela sans oublier le passé et la tradition.

Mohame El jerroudi

Nass El Ghiwane

Groupe formé à Casablanca au début des années 1970, Nass El Ghiwane,renouvelle la musique marocaine avec des textes poétiques soutenus par unemusique rythmée proche de celle des Gnawa

En juin 1971, l'assistance du théâtre national Mohamed V de Casablanca se déchaîne littéralement et manifeste son enthousiasme par un tonnerre d'applaudissements.

Sur scène, cinq garçons chevelus interprètent, avec conviction et sur un rythme soutenu, un répertoire qui revisite le patrimoine musical marocain tout en y incorporant des textes de qualité, reflets de la misère morale et matérielle du peuple. Le succès du groupe est tel que le public clame son rejet de la seconde partie du programme : l'orchestre de la radio jouant des chansons-loukoum, pâles imitations de la variété égyptienne, qui ont sans doute étouffé des années durant l'émergence d'une musique plus proche de la réalité du pays.

Les auteurs de ce nouveau courant musical se nomment Nass El Ghiwan, une appellation qui renvoie à une confrérie religieuse et qui signifie les gens qui aiment leur prochain et la liberté. A l'exception d'Abderrahmane Kirouj, dit Paco, né à Essaouira (l'ex-Mogador où se trouve un important centre de réunion des Gnawa ), tous ont grandi à Hay Mohammadia, un quartier ouvrier de Casablanca, foyer de résistance au colonialisme français. Ils effectuent leurs débuts sur les planches au sein d'une de ces nombreuses petites troupes de théâtre avant-gardistes lancées par Tayeb Saddiki, le plus célèbre des metteurs en scène marocains. Ils y perfectionnent leur diction et leur gestuelle.

Le groupe Nass El Ghiwan est créé au début de l'année 1970 après une tournée de la troupe en France. A partir de 1973 les Nass El Ghiwan imposent leur style, maintes fois copiés après, qui symbolise à lui seul toute la diversité et tous les contrastes marocains, voire toutes les facettes de l'art sonore du royaume chérifien.

Nass El Ghiwane

Les textes sont frondeurs, impitoyables pour l'idéologie dominante et font revivre la poésie, les proverbes et les dictons populaires, à coup de mots réactualisés et chantés en arabe dialectal accessible à tous. Pour que le message passe mieux, on y associe des rythmes empruntés aux Gnawa (surtout), aux H'madcha, aux Aïssawa ou aux Berbères de l'Atlas, le tout joué sur des instruments acoustiques traditionnels (bendir, guembri, banjo...). On peut dire avec Ahmed Aydoun (auteur de "Musiques du Maroc",Ed. Page 2 Eddif) que : "Nass El Ghiwan est un groupe novateur qui, à la fois, respecte les traditions musicales et manifeste une foi profonde dans le changement". Nass El Ghiwan a influencé au moins deux générations d'artistes marocains et si, aujourd'hui la formation exerce peu d'attraction (parfois, ils viennent réveiller encore la nostalgie en France et en Europe), elle n'en demeure pas moins la plus brillante des références marocaines.

Il y a bien un avant et un après Nass El Ghiwan. Cet album, gravé à l'époque en hommage à H'gour Boudjemaâ un des membres du groupe disparu tragiquement en 1974, restitue toute la magie poétique et rythmique d'une période inoubliable.

Mohamed El jerroudi

Kateb Yacine

Kateb Yacine

Kateb Yacine est né en 1929 à Constantine, dans l'Est de l'Algérie. Son père avait une double culture, française et musulmane. Après l'école coranique, il entre à l'école et au lycée français. Il a participé, lorsqu'il avait 15 ans (1945) à Sétif à la grande manifestation des musulmans qui protestent contre la situation inégale qui leur est faite. Kateb est alors arrêté et emprisonné quatre mois durant. Il ne peut reprendre ses études et se rend à Annaba, puis en France. De retour en Algérie, en 1948, il entre au quotidien Alger Républicain et y reste jusqu'en 1951. Il est alors docker, puis il revient en France où il exerce divers métiers, publie son premier roman et part à l'étranger (Italie, Tunisie, Belgique, Allemagne...). Ensuite, il poursuivra ses voyages avec les tournées de ses différents spectacles. Il est mort en 1989.

Bibliographie :

Nedjma, Edition du Seuil, Paris, 1956, Points roman, 1981.

Le cercle des représailles, Edition du Seuil, Paris, 1959.

Le Polygone étoilé, Edition du Seuil, Paris, 1966

L'homme aux sandales de caoutchouc, Edition du Seuil, Paris, 1970.

L'oeuvre en fragments, Edition Sindbad, 1986.

Théâtre en arabe dialectal algérien :

Mohammed prends ta valise, 1971.

Saout Ennisa, 1972.

La guerre de 2000 ans, 1974.

La Palestine trahie, 1972-1982.

Mohamed El jerroudi

Charles Baudelaire

Charles Baudelaire (1821-1867)

L'enfant

Né à Paris, en 1821, Charles Baudelaire perd son père à l'âge de 6 ans. Sa mère se remarie avec avec le commandant Aupick quelques années plus tard. Il déteste ce beau-père, général de division, ambassadeur et sénateur du second empire qui le prive de l'affection maternelle. Rebelle à toute autorité, il se sera placé au lycée de Lyon, puis au lycée Louis-Le-Grand.

L'étudiant

Lauréat du Concours Général (2ème prix de vers latins) et bachelier (1839), il s'abandonne à la vie du Quartier latin, où il se fait remarquer par son dandysme. Ses fréquentations douteuses effraient sa famille et on l'embarque pour un voyage aux Indes (1841) qui ne l'intéresse pas et qui restera d'ailleurs inachevé.

Le Dandy

A son retour, Baudelaire, majeur et en possession d'une belle fortune provenant de l'héritage paternel, se loge 10, quai de Béthune, puis à l'hôtel Pimodan (17, quai d'Anjou). Il fréquente alors Jeanne Duval, une Antillaise qui le rend syphilitique, fait la connaissance de Théophile Gautier et dépense sa fortune sans compter. Sa famille n'acceptant pas ce choix de vie le pourvoit en conseil judiciaire en 1844 qui lui mesure ses ressources jusqu'à sa mort. Sa vie sera désormais empoisonnée par des difficultés financières et le conduira à attenter à sa vie en 1845.

Les tourments

Des périodiques publient ces premiers vers, ces essais et ces critiques. Il traduit également les oeuvres d'Edgar Poe. C'est à cette époque qu'il cristallise autour de Mme Sabatier, la "Présidente", ses amours pétrarquistes, tandis qu'il connaît avec Jeanne Duval les orages d'une passion charnelle et une relation avec Marie Daubrun, la "Femme aux Yeux Verts". Il publie, en juillet 1857, son oeuvre majeure très controversée Les Fleurs du Mal. Poursuivi en justice pour immoralité, il est condamné, le 20 août 1857, à 300 francs d'amende et à la suppression de six pièces. Le procès a été révisé par la chambre criminelle de la Cour de Cassation de Paris et Les Fleurs du Mal sont réhabilitées le 30 mai 1949. Accablé de dettes, il part donner des conférences en Belgique en 1864, où il séjournera quelques temps. En 1866, il est atteint d'une paralysie générale et est ramené à Paris, où il meurt. Il est enterré au cimetière Montparnasse.

Mohamed El jerroudi

Fernando Pessoa

Biographie

Fernando Pessoa, qui est aujourd'hui peut-être le seul poète portugais dont la notoriété a franchi les frontières de son pays, était presque inconnu de son vivant et écrivait sous de multiples identités.

Ces noms qu'il utilisait pour signer ses textes, n'étaient pas de simples pseudonymes, mais de véritables personnalités et que l'on appelle des 'hétéronymes'. Chacun des personnages qu'il faisait naître, possédait un caractère, une biographie, une date de naissance, des opinions politiques et religieuses.

Pessoa en dehors de son travail poétique mena une vie modeste, effacée et sédentaire, et créa quelques revues éphémères. Né en 1888, il mourut en 1935, laissant derrière lui une malle contenant son oeuvre, et qui depuis n'a cessé d'être inventoriée afin de libérer tous les poèmes, endormis et inconnus, qu'elle contenait.

Mohamed El jerroudi

La lumière ne trompe jamais

Jilali Gharbaoui

Jilali Gharbaoui est. né en 1930 à Jorf el-Melh près de Sidi Kacem. Très jeune, Gharbaoui perd ses parents. Il est en partie élevé dans un orphelinat. Il fait ses études secondaires à Fès et devient marchand de journaux. Passionné de peinture, Gharbaoui commence à peindre des tableaux impressionnistes, avant de suivre des cours à l’Académie des Arts de Fès. Grâce à l’intervention de l’écrivain Ahmed Sefrioui, alors directeur des Beaux-Arts à Rabat, Gharbaoui obtient une bouse d’études, de 1952 à 1956, à l’école supérieure des Beaux Arts de Paris. Il poursuit ensuite sa formation en arts plastiques à l’Académie Julien en 1957, avant de séjourner un an à Rome, en sa qualité de boursier du gouvernement italien.

De retour au Maroc, Jilali Gharbaoui s’installe en 1960 à Rabat. Après une courte période d’expressionnisme, l’artiste s’achemine vers la peinture informelle. Il peint des tableaux non-figuratifs, fondés sur une gestualité nerveuse. L’intéressé est plus préoccupé par la lumière que par la matière. Dans un entretien accordé, en 1967, à la revue Souffles, il affirme : « La quête de la lumière est pour moi capitale. La lumière ne trompe jamais. Elle nous lave les yeux. Une peinture lumineuse nous éclaire ».

Gharbaoui a fait deux tentatives de suicide et effectué plusieurs séjours dans des hôpitaux de psychiatrie. Sa vie privée est inséparable de son art. La tension qui se dégage de ses œuvres entretient une juste résonance avec son mal de vivre. Jilali Gharbaoui a été logique avec son mode de vie jusqu’à la mort. Il s’éteint, en 1971, sur un banc public au Champ de Mars à Paris dans la misère la plus totale. Son destin rappelle celui de nomdreux artistes qui n'ont pas non plus profité des fruits de leur cote montante.

Mohamed El jerroudi

Le culte de la personnalité

Ahmed Reda Benchemsi

Le journaliste Marocain Ahmed Reda Benchemsi vient d’être choisi comme lauréat catégorie «Journaliste» de la deuxième édition du Prix Samir Kassir pour la liberté de la presse pour son article sur le roi Mohamed VI intitulé "Le culte de la personnalité". Publié le 29 juillet 2006 dans l'hebdomadaire francophone Telquel.

Agé de 33 ans, cet ancien correspondant de Jeune Afrique connu pour sa plume audacieuse a fondé en 2001 l'hebdomadaire francophone Telquel qui édite aussi le magazine Nichane (en arabe). Benchemsi s'était déjà distingué en remportant le Prix Lorenzo Natali 2004 pour la région monde arabe qui récompense les journalistes au service des droits de l'homme, de la démocratie et du développement.

Le portrait que dresse Ahmed Benchemsi du phénomène à partir de l’exemple Marocain n’est pas tellement différent de ses expressions dans d’autre pays comme on peut le constater en le lisant .

Mohamed El jerroudi

Post-colonialisme

Mahdi Elmandjra

Le post-colonialisme est un phénomène très récent qui date du début des années 1990, comme suite à la chute des régimes communistes, la Guerre du Golfe et l'effritement du peu d'unité que le Tiers Monde était parvenu à construire (Conférence des Non-Alignés, Groupe des 77, Organisations régionales ...). Le post-colonialisme est, avant tout, le produit du "nouvel ordre mondial".

J'ai utilisé le terme 'post-colonialisme', pour la première fois, en septembre 1990 (après le déploiement des troupes américaines en Arabie Saoudite) dans le titre d'un article publié par la Revue Futuribles et intitulé "La Crise du Golfe, prélude à l'affrontement Nord-Sud. Les débuts du postcolonialisme"1 Voici la définition du post-colonialisme que l'on y trouve:

"Celui-ci est le produit d'une fausse décolonisation dont les populations du Sud sont aujourd'hui pleinement conscientes, d'une part, et de la peur du Nord qui craint les transformations radicales qu'une telle prise de conscience ne manquera pas d'apporter, d'autre part. La peur de la "déstabilisation" explique le renforcement de l'alliance naturelle entre les faux décolonisés et les faux décolonisateurs, et justifie des actions "préventives" à visage découvert." 2

Le post-colonialisme a ses caractéristiques propres qui le distinguent du colonialisme et du néo-colonialisme. Le colonialisme est un processus bien connu. Il est basé sur l'occupation militaire et l'exploitation des ressources humaines et naturelles à des fins économiques. La possession de colonies donnait au colonisateur un poids politique sur le plan international.

La population locale n'avait aucun droit de participation dans les systèmes de prise de décisions concernant la région ou le pays. La période coloniale a été très longue - près de 500 ans si l'on tient compte du début de la colonisation du continent américain. Des mouvements de résistance se sont constitués pour libérer les colonies dès le début du siècle. La "décolonisation" a commencé après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement s'est amplifié durant les années 1960 et s'est plus ou moins achevé dans les années 1970.

Avec l'indépendance il s'est graduellement établi de nouveaux rapports avec l'ex-colonisateur dans le cadre de la "coopération" d'où émergea le "néo-colonialisme" avec le concours conscient ou inconscient des cadres et décideurs des anciennes colonies. Le néocolonialisme permettait à la Métropole de garder ses marchés, sa présence culturelle et parfois sa présence militaire à des frais très minimes.

Quant à la classe dirigeante, elle obtenait une aide technique pour l'exécution de modèles de développement basés sur un mimétisme aveugle et totalement inadaptés. Cela permet cependant la vente d'équipement, l'octroi de prêts, le placement d'experts et l'acquisition d'informations précieuses sur la situation économique et sociale du pays. Le système facilite la corruption et l'enrichissement excessif d'une minorité de "responsables" des deux bords.

Les dirigeants bénéficient, également, d'une forme de protection politique et militaire leur permettant de rester au pouvoir avec une immunité presque totale. Dans de pareils cas, l'ancienne métropole ne parle ni d'absence de démocratie, ni d'abus des droits de l'homme ni d'excès de corruption. Ce qui compte ce sont les intérêts stratégiques, politiques et économiques du néo-colonisateur.

On a mis beaucoup de temps à comprendre que si l'indépendance politique est un acte formel qui prend quelques minutes (la signature d'un traité), la libération économique, par contre, requiert plusieurs années, des réformes structurelles (non pas les "ajustements" du FMI et de la Banque Mondiale) et énormément de volonté politique pour résister au diktat des instances financières internationales et des firmes multinationales. Par "libération" économique on entend tout simplement la possibilité de faire ses propres choix.

La colonisation économique est la base même du néo-colonialisme lequel facilite une domination discrète dans beaucoup d'autres domaines. Il y a, finalement, la libération culturelle qui est la plus difficile et la plus longue - un minimum de deux générations sinon trois (entre 50 et 75 ans environ). C'est à travers les systèmes éducatifs que l'on décolonise sa culture et que l'on récupère ses valeurs mais la réforme des systèmes d'éducation est un processus à long terme.

Après ces brèves références au "colonialisme" et au "néo-colonialisme", revenons au "post-colonialisme" et essayons de comparer, en style télégraphique, les trois systèmes de colonisation en nous basant sur un nombre d'indicateurs à titre illustratif. Notons tout d'abord que le chef de file du post-colonialisme n'est pas une ancienne colonie mais un grand pays qui n'a jamais été considéré comme une puissance coloniale : les Etats-Unis d'Amérique.

MOTIVATION PRINCIPALE Colonialisme : économique Néo-colonialisme : politique Post-colonialisme : culturelle

ROLE MAJEUR DE L'ELITE POLITIQUE Colonialisme : participation aux mouvements de libération Néo-colonialisme : contribution à la consolidation du pouvoir de l'Etat Post-colonialisme : défense du statu quo et de la "stabilité"

NATURE DES CONFLITS ARMES Colonialisme : inter-occidentaux et coloniaux Neo-colonialisme : idéologique Post-colonialisme : culturelle, inter-ethnique, Nord-Sud

DISTRIBUTION POPULATION NORD/SUD Colonialisme : Nord = 40%-30% Sud = 60%-70% Néo-colonialisme : Nord = 35%-20% Sud = 65%-80% Post-colonialisme : Nord = 20%-15% Sud = 80%-85%

MOUVEMENTS MIGRATOIRES Colonialisme : Du Nord au Sud (du Sud au Nord lors de recrutement des soldats) Néo-colonialisme : Du Sud au Nord, à la demande du Nord Post-colonialisme : Très forte limitation, sinon arrêt de l'immigration en provenance des pays du Sud

PUISSANCE DONT DÉPEND LE POUVOIR DE DÉCISION SUR LE PLAN INTERNATIONAL Colonialisme : Pays colonisateur Néo-colonialisme : Pays ex-colonisateur & groupe Banque Mondiale Post-colonialisme : Etats-Unis d'Amérique avec accord formel de l'ex-colonisateur

ROLE DES NATIONS UNIES Colonialisme : appui timide aux mouvements de libération (Conseil de Tutelle, débats Assemblée) Néo-colonialisme : rôle actif domaine décolonisation politique et économique (Nouvel Ordre Economique) Post-colonialisme : Chambre d'écho des Grandes Puissances, les Etats-Unis en premier lieu, utilisation du Conseil de Sécurité d'une manière abusive et du Secrétaire général qui suit fidèlement les instructions qui lui parviennent de ces mêmes Puissances. "Casques Bleus" instrument de cette nouvelle politique.

NATIONS UNIES

Les illustrations ci-dessus sont données à titre d'exemples et il y a tout un travail de recherche détaillée qui reste à faire pour expliciter le passage du colonialisme, au néo-colonialisme et au post-colonialisme. Il s'agit d'un processus qui affecte l'ensemble du Tiers Monde et dont la compréhension est une des conditions de la libération du monde post-colonial.

Il faut admettre, en toute objectivité, qu'il n'y a de colonisateurs que quand il y a des colonisables. La véritable décolonisation reste à faire. Elle va requérir un minimum de 10 à 15 ans et une transformation assez radicale des pays du Tiers Monde. Les grandes puissances finiront par comprendre que leur qualité de vie et leur survie dépendront dans un proche avenir de décisions prises en dehors de leurs capitales. Ce jour là on pourra aborder en toute sérénité le problème de la redistribution des ressources et réduire les inégalités effarantes qui caractérisent les rapports Nord-Sud (80% des ressources totales du globe pour moins de 20% de la population mondiale).

Mais la libération du Sud passe d'abord par une décolonisation culturelle car un des principaux objectifs du post-colonialisme est l'hégémonie culturelle et la propagation des valeurs occidentales. Les conflits à venir seront des conflits de valeurs et il y a une très grande urgence à développer une communication culturelle entre le Nord et le Sud.

Une communication que le Nord a toujours refusé d'entamer estimant que ses valeurs étaient les plus aptes à résoudre les problèmes contemporains, les plus modernes, les plus susceptibles d'apporter des solutions aux défis du futur et les plus adéquates pour les pays du Sud car elles sont "universelles"!

Cette prétention arrogante est, peut-être, le plus grand obstacle à des rapports sains entre le Nord et le Sud. Le post-colonialisme, en dehors de son arsenal nucléaire, de ses casques bleus, de sa puissance économique, et de son influence politique, est, avant tout, une arme qui vise à détruire la diversité culturelle. Tant que les êtres humains demeureront des humains, et ne se transforment pas en robots, un tel objectif ne sera jamais atteint. Combattre le post-colonialisme c'est d'abord défendre la diversité culturelle.

Paru dans l'Opinion, 02/10/94, Rabat ; Al Alam, 21/10/94, Rabat / Al Quds, 29/10/94, Londres.

Source: http//:www.elmandjra.org

Mohamed El jerroudi

La lettre qu'il fallait lire

Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi

Lettre ouverte de Mohamed Ben Abdelkrim Al Khattabi aux puissances européennes

Le lecteur trouvera ci-dessous la traduction intégrale de la lettre adressée par Abdelkrim aux Chefs d'Etat des grandes puissances européennes et à la Société des Nations à Genève le 6 septembre 1922, en plein début de la guerre du Rif. Ce document a été publié par Maria Rosa de Madariaga dans son ouvrage Espana y el Rif.

aux nations civilisées

Nous avons déjà adressé des communications aux ambassadeurs de certaines puissances à Tanger, en leur exprimant nos griefs à l'égard de l'Espagne et nous ignorons si notre correspondance vous est parvenue. Aujourd'hui, nous faisons appel encore une fois à vos sentiments humanitaires et nous vous demandons d'agir pour le bien-être de l'humanité entière indépendamment de toute religion ou de toute croyance. Il est temps que l'Europe, qui a proclamé au XXème siècle sa volonté de défendre la civilisation et d'élever l'humanité, fasse passer ces nobles principes du domaine de la théorie à celui de la pratique ; il est temps qu'elle se dresse pour défendre les humiliés contre les agresseurs et qu'elle défende, face aux puissants, les droits des faibles que leur sens traditionnel de la dignité ne peut mener, sans apport de secours extérieurs, qu'à une seule fin : l'autodestruction. Le Rif est actuellement le théâtre d'une guerre, une guerre injustifiée aux yeux du seigneur, qui causera la destruction inutile de beaucoup d'Espagnols et de Rifains.

Les Espagnols croient que l'Europe les a chargés de réformer et de civiliser le Rif. Mais les Rifains demandent : " Est-ce que la réforme consiste à détruire des maisons en utilisant des armes interdites, est-ce qu'elle consiste à s'ingérer dans la religion d'autrui ou à usurper ses droits ? Ou bien n'est-elle qu'un mot pour désigner l'annexion de la terre des autres sous couvert de protection ? L'objectif de la protection est de préserver les droits et de protéger les sujets en question, et l'Europe peut constater à l'heure actuelle que nous avons besoin de quelqu'un qui nous protège contre l'agression de ce pouvoir qui s'attaque à notre liberté, notre indépendance, notre honneur et nos femmes.

Le soulèvement du Rif est le résultat de l'oppression et des abus de pouvoir par des jeunes Espagnols placés ici à des postes de commande. Ils ont autorité même sur les grands docteurs Musulmans, les fonctionnaires civils et les troupes indigènes ; c'est ainsi qu'ils ont commencé à prendre possession de la terre et des gens - ce qui nous rappelle les temps de la barbarie -, mais par le simple fait de porter le nom d'Européens, ils prétendent être des gens civilisés, alors qu'en réalité, loin d'être des réformateurs ou des protecteurs, ils ne sont que des conquérants aveugles.

Le Rif a mené une existence libre et ses hommes sont sacrifiés actuellement dans la défense de leur liberté et de leur religion. Le Rif ne s'oppose pas à la civilisation moderne ; il n'est pas non plus opposé aux projets de réforme ni aux échanges commerciaux avec l'Europe. Le Rif aspire à l'établissement d'un gouvernement local : c'est un point fondamental pour la protection de ses propres droits ainsi que des droits des étrangers, conformément aux clauses des accords commerciaux qui lient les puissances européennes aux puissances d'Afrique occidentale. Mais le Rif ne veut pas que les rênes du pouvoir soient aux mains d'hommes qui reçoivent de l'or étranger en paiement de leur autorité et de leur patriotisme, qui livrent la terre et ses habitants à ceux qui leur offrent de l'argent et qui ne se soucient que de veiller à leurs seuls intérêts personnels. Ces hommes, sous le couvert de titres divers qui leur ont été conférés, ne sont à l'heure actuelle que les instruments des intérêts des Espagnols, et n'ont aucun égard pour la loi islamique et pour les coutumes nationales.

Le Rif est soucieux d'établir un système de gouvernement pour lui seul, qui dépende uniquement de sa propre volonté ; il veut établir ses propres lois et ses traités commerciaux afin d'être le protecteur de ses droits sur le plan intérieur et international. L'Europe ne peut refuser un gouvernement de ce genre, tant qu'il ne s'oppose en aucune façon aux droits des Européens ou aux réformes ou à la civilisation.

L'Europe entend qu'il existe au Rif un soi-disant "Khalife" avec un "Protectorat espagnol" et des "Protecteurs". Elle peut donc penser que ceux-ci sont établis constitutionnellement et qu'ils gouvernent en toute justice. Il n'en est rien. Le Rif a déjà fait appel à l'aide de ceux qui en Europe ont un sens de la justice, il a adressé une communication aux représentants des puissances, et il se trouve encore en armes pour chasser les destructeurs, dans l'attente d'une réponse des nations civilisées. Si celles-ci interviennent, et règlent le problème d'une manière satisfaisante pour le Rif et protègent les droits des deux parties, le Rif aurait alors la certitude que ces réclamations en faveur de l'humanité et de la civilisation étaient bien fondées; mais si elles se tiennent à l'écart et ne convoquent pas une conférence à laquelle les chefs du Rif seraient invités pour établir le bien-fondé de leurs déclarations et se charger d'exécuter tout accord conclu, il sera clair que l'Europe ne cherche qu'à lutter contre tout le monde Musulman avec n'importe quelles armes et par n'importe quel moyen.

Cependant, nous ne pouvons pas penser que la conscience de ceux qui tiennent les rênes politiques du monde civilisé, qu'ils soient Présidents ou Princes, puisse accepter avec sérénité une telle ignominie ; nous entendons ici particulièrement les pays que des liens solides unissent au monde de l'Islam. C'est le temps lui-même qui comblera ou détruira nos espoirs et l'opinion des justes estimant le moment venu nos espoirs à leur vraie valeur.

Quel était le but de l'Europe en réunissant la conférence d'Algésiras ? Cherchait-elle à établir la loi et l'ordre, à promouvoir le bien public et garantir la prospérité économique ? Si le motif était bon et exempt de toute convoitise ou de toute visée politique ou militaire (comme nous croyons qu'il le fut sans aucun doute), il répond exactement aux vœux du Rif. Le Rif n'a aucune objection d'aucune sorte à ces conditions. Tout ce qu'il veut est de se débarrasser de l'oppression espagnole, de l'agression militaire et établir son propre gouvernement local, avec une administration qu'il contrôlera lui-même.

Est-ce que l'Europe trouve dans ce souhait quoi que ce soit de nuisible à ses intérêts ou une atteinte aux droits de ses communautés ? Y a-t-il quelque préjugé racial ou national qui l'oblige à fermer les portes de ses cercles politiques à ceux qui souffrent sous le joug espagnol ? Si l'Europe n'est pas prête à entendre les doléances du Rif et si elle considère que celles-ci sont loin de la vérité, laissons-la découvrir la vérité par la bouche des Espagnols mêmes, par ceux qui ont déclaré à leur parlement qu'il était nécessaire de se retirer à cause de leur échec et des outrages commis par les soldats et d'autres éléments, qui ne leur ont pas permis d'apaiser l'indignation et la colère du Rif.

Voici les doléances que nous vous adressons ouvertement, ô, nations civilisées de l'Europe ! Que la paix soit sur vous !

Signé : Mohamed Abdelkrim

PS:J'ai rapporté cette lettre par devoir de mémoire à cet homme qui a marqué l'histoire par la seule chose qu'il possédait:sa dignité...!

Mohamed El jerroudi

BEN CHEFFAJ Saad , ou les revers de l'indicible.

  • BEN CHEFFAJ Saad

BEN CHEFFAJ Saad est représentatif de divers aspects de la peinture marocaine. Actuellement, et depuis toujours, il est hanté par le désir de vaincre toute entrave, afin de construire un dialogue fructueux. BEN CHEFFAJ Saad n’est pas seulement un artiste peintre mais un intellectuel conscient de son rôle dans la société. Il a toujours combattu la laideur artistique, la bêtise humaine et la terreur de l’ignorance. Pour lui, l’artiste a des responsabilités à assumer et il est de son devoir de s’en acquitter. Aider à comprendre, interpeller, former, initier sont autant de tâches dont se serait investi un artiste. Chez le peintre, ces tâches sont une mission, et cette mission est une raison d’être.

BEN CHEFFAJ Saad ne se contente pas de contempler et de méditer mais il engage le dialogue avec lui-même et avec l’autre. Sa maîtrise d'une technique singulière et du pinceau le place dans la trempe des artistes qui ont marqué l’histoire de l’art. C’est exactement cet esprit pluriel de l’artiste qui est mis en exergue dans ses oeuvres. Il prône la différence et condamne l’indifférence meurtrière.

Tableau de l'artiste (technique mixte 64x45 cm)

Revers, envers, travers. Frontières, entre-deux, écarts. Autant de termes qui énoncent l'instabilité des postures et des représentations que Saâd Ben Cheffaj nous révèle. Dans son œuvre, le bas côtoie le haut, le masculin s'incorpore au féminin et inversement, dans un monde où l'envers se frotte à l'endroit, le religieux fréquente le sexuel.

Dans sa peinture, l'image et le jeu sur le matériau visuel occupent une place centrale. Chaque tableau montre comment le dispositif pictural est construit sur un modèle de surveillance qui questionne le statut du spectateur. Une oeuvre, axée sur une technique de la transgression et du mal, précise les traits d'une esthétique poly sexuée qui exhibe la circulation des identités sexuelles, sociales et imaginaires, en truquant les images et en piégeant l'identification visuelle.

Nul doute que cette œuvre inclassable, dérange car elle parle de l'humain, de la profusion des identités qui déstabilise les repères, de l'énergie pulsionnelle qui s'incarne dans un objet de désir qui peut être féminin, masculin ou relevant d'un troisième genre.

  • Mohamed El jerroudi

Mohamed Choukri ,l'écrivain écorché vif.

Mohamed Choukri

Né à Beni Chiker (Rif marocain) en 1935 Décédé à Tanger le 15 novembre 2003

Mohamed Choukri grandit au sein d'une famille modeste du Maroc, dans la région du Rif, frappée dans les années 1940 par l'exode rural. Suivant le mouvement, il s'installe en 1943 à Tanger, où il vainc son analphabétisme et devient même instituteur après quelques années de vagabondage. Il publie ses premiers poèmes au début des années 1960 au Maroc mais ce n'est que lors de la parution de l'un d'eux dans une revue libanaise renommée qu'il se fait véritablement remarquer. Cet écrivain au mauvais caractère affiché acquiert une réputation internationale suite à la publication du 'Pain nu', roman brisant trop de tabous - homosexualité, drogue, prostitution - pour que son pays natal ne le publie en 1981. Il sera donc édité en France à ce moment là et ne connaîtra de version arabe que vingt ans pus tard. Mohamed Choukri n'a jamais apprécié la médiatisation et fuyait les salons littéraires télévisés, auxquels il préférait de loin sa propre table ronde, qui se tenait régulièrement dans un célèbre bar américain de Tanger, le 'Négrosco'. Malgré une renommée internationale certaine, il n'est jamais parti de son modeste appartement de Tanger, où il a vécu jusqu'à sa mort, provoquée par un cancer. Pour lui, l'écriture nétait pas une simple promenade, mais une protestation...!

"La littérature doit être à l'opposé de l'histoire officielle" Mohamed Choukri

Mohamed El jerroudi

L'artiste Nomade

Mohamed Kacimi (1942-2003 )

Peintre, poète et créateur d’événements. Un artiste Pluridisciplinaire, comme il aimait se présenter. Mohamed Kacimi fut un artiste peintre qui ne cessa de mener ses recherches et expériences à la quête de son «inaccessible étoile». «Un peintre des voyages» comme le qualifiait le poète Mohamed Bennis.

«Il aura marqué d’une présence continue, féconde le champ de la peinture marocaine, assurant ainsi une contribution certaine à l’essor et au développement de la vie culturelle de notre pays», témoigna l’écrivain et critique d’art Edmond Amrane EL MALEH.

Kacimi était aussi, et surtout, un grand humaniste, pourfendeur des droits de l’Homme et de la paix. Sa dernière exposition en avril 2003 à la galerie Al Manar, était plutôt un cri contre l’agression américaine contre l’Irak. Il était sorti d’un long silence pour formuler son indignation contre la guerre et son espoir contre la destruction. Il savait déjà que sa maladie était en étape avancée, mais son humanisme et altruisme l’empêchaient d’étaler sa propre souffrance.

A ma connaissance, Mohamed Kacimi avait laissé un testament où il dit que sa résidence sera transformeé en orphelina , son atelier devra être un espace pour les jeunes peintres les plus démunis. Maintenant 4 ans après sa morts , rien n'est encore fait...!

©Mohamed El jerroudi

La mort d'un juste

Driss Benzekri

Dites «Vérité et justice», ou encore «Equité et réconciliation» - et tout de suite les Marocains évoquent son nom : Driss Benzekri bien sûr, l’ancien opposant de Hassan II devenu ensuite un des piliers de la réconciliation nationale sous son fils Mohamed VI, l’ancien militant marxiste-léniniste converti au dialogue et à la diplomatie, et qui a participé à la modernisation et l’ouverture démocratique du pays au début des années 2000. Driss Benzekri – ou l’histoire d’un parcours improbable, porteur de grandes espérances mais aussi de vraies frustrations : c’est un peu une page de l’histoire du Maroc qui se tourne avec la mort de cet infatigable militant des droits de l’homme, décédé à 57 ans des suites d’un cancer.

Mais Driss Benzekri n’est pas mort puisque les hommes qui passent se souviennent encore de lui et qu’un éclat vivant de la nature qui dure immortalise son nom.

Mohamed El jerroudi

Maroc: Tétouan - Disparition d'un tableau à l'Ecole des beaux arts

L'artiste Ahmed Benyessef

Je voudrais bien soumettre au public ce billet par solidarité avec Ahmed Ben yessef l'un des grands artistes marocains.

L’artiste AHMED BEN YSSEF est victime d’un vole d’une de ces œuvres Produite dans les années 60 . Epoque où il était étudiant à l’école des beaux arts De Tétouan . L’affaire serait passée inaperçue s’il s’agissait d’un autre. Mais A.benyessef n’est pas inconnu .Artiste universel par ses expositions de par le monde . il est L’artiste le plus chère de sont époque. Un de ces tableau peut coûter des milliers de dirhams. Cette affaire vient juste à quelques mois de l’inauguration du nouveau musée d’arts moderne à tétouan. C’est pourquoi la place de A.BENYESSEF est plus qu’importante.

Une enquête est en cours . Mais une question s’impose : Ahmed Benyessef serait-il le seul artiste marocain qui est lésé ?

Mohamed El jerroudi (Tétouan Maroc )

Casablanca n'est plus comme avant

Casablanca

Il était un temps où cette métropole vivait dans la sérénité .Ville cosmopolite par excellence, ces habitants vivaient dans une convialité Exemplaire ,quelque soient leurs confessions. Maintenant les choses en sont autrement. C'est que la tragédie perpétrée par les "sectes de la bêtise , par leurs actes ignobles (au nom de l'islam) , ils portent atteinte à cette religion de tolérance et d'ouverture sur l'autre.

La question qui s'impose présentement, pourquoi nous sommes arrivés à un tel dérapage... En attendant que je reviènnes de mon choc, j'aimerais bien dire...

Casablanca n'est plus comme avant...!

Mohamed El jerroudi

l’homme qui vivait debout

Driss Chraibi

Texte de T. benjelloun( que j'ai repris sur mon blog en hommage à ce grand écrivain morocain de lague française )

"Ce vendredi 6 avril 2007 Driss Chraibi est enterré au cimetière des Chouhadas à Casablanca.

l’homme qui vivait debout, sans concession, sans pathos. Il a été, comme il se définissait lui-même, notre « ancêtre ». Il nous a montré la voie et surtout nous a appris que la littérature c’était de la rage et de la révolte. Son premier roman « Le Passé simple » (1954) a été pour nous autres maghrébins aussi important que « L’Etranger » d’Albert Camus. C’est un livre qui disait les choses avec force et précision, qui parlait vrai et dépassait de loin les frontières du Maroc pour atteindre vite l’universel. Révolte contre les traditions rétrogrades, contre le conformisme social et religieux, révolte contre le père qui symbolisait tout cela, révolte aussi contre le langage, la langue française dans laquelle il a toujours écrit et qu’il a superbement enrichie. Driss qui n’avait pas beaucoup le sens politique --et tant mieux—a publié son roman au plus mauvais moment possible : 1954, tout le pays réclame et lutte pour le retour du roi Mohamed V et l’indépendance du Maroc. La presse française pointe du doigt ce roman qui critique de manière véhémente et sans nuances la société traditionnelle marocaine, cette société qui s’opposait à l’Occident occupant le pays. Les militants nationalistes dont Mehdi Ben Barka décidèrent de boycotter ce livre et ne se privèrent pas de faire la leçon à Chraibi qui passait à leurs yeux pour un inconscient ou pire pour un traître. Le pauvre ! Il n’avait pas vu venir cette rafale de critiques et de remontrances. Il en fut assez malheureux et mit des décennies avant de renouer avec le Maroc et son public. Il poursuivait son chemin et publiait l’année d’après « Les Boucs » le meilleur roman écrit sur l’immigration nord-africaine. Ce livre est toujours d’actualité. Livre impitoyable, acerbe, vrai et cruel. Sa meilleure période restera celle où le Maroc lui a tourné le dos. Il écrira d’autres livres, toujours marqués par une ironie féroce, par un humour dévastateur et un style sec, dans le sens d’être aussi dépouillé qu’une statue de Giacometti. Pas de graisse. Pas d’adjectifs ni de redondance. Son roman « La civilisation ma mère » est une pure merveille. Là, il réglait ses comptes avec la tradition et aussi avec le progrès à travers sa mère à qui il faisait découvrir le monde occidental. Il marquera le retour au pays par deux éléments : confier à l’inspecteur Ali plusieurs enquêtes au pays, personnage porte-parole, puis célébration de la spiritualité à travers sa redécouverte de l’islam, un islam apaisé, lumineux, un islam où la poésie et l’exigence de l’élévation l’emportent sur les interprétations littérales et malheureuses. Il est mort après avoir attrapé une pneumonie dans sa ville natale, El Jadida où il se trouvait au mois de mars en compagnie de sa femme et de son ami Kacem Basfao, professeur d’université, et grand lecteur des œuvres maghrébines. Il a tenu à être enterré dans son pays. Le Maroc lui a rendu hommage. Mieux vaut tard que… Son décès est passé quasi inaperçu dans les médias français. Pierre Assouline l’a fait remarquer dans son blog du 5 avril. Un grand écrivain s’en va. Ce n’est pas une vedette de la chansonnette, ni un saltimbanque. Il n’est pas américain. Ecrivain marocain d’expression française. L’époque est ainsi. De son vivant, son œuvre a été superbement ignorée de la part des grands jurys littéraires français. Comme Kateb Yacine, comme Mohamed Khaïr Eddine. Driss Chraibi s’en est allé sans nous dire ce qu’il a pensé de la rupture avec la francophonie. Je sais qu’il n’aimait pas ce mot. C’était un écrivain-monde. Un des grands. Il est toujours temps de réparer un oubli, une négligence. Les livres sont là. Il a déclaré en 2006 à un journal marocain que « si la civilisation arabo-musulmane s’est éteinte, c’est parce que nous n’avons pas pu apporter autre chose à l’édifice humain ». Cette lucidité est son trait de caractère essentiel. Quand il évoquait le conflit israélo-palestinien, il disait « le problème de la Palestine me hante ». Tout est dit. Son rire, son humour, sa dérision nous manqueront beaucoup ."

Mohamed El jerroudi

La dignité humaine

La rafle des migrants subsahariens exécutée le 23 Décembre 2006 à Rabat par les forces de Police au Maroc et leur refoulement collectif vers la frontière algérienne sont une atteinte grave au Droits Humains.

Ces migrants fuient la misère, la guerre civile et souvent la dictature de leurs gouvernants. Ils tentent de survivre dans des conditions d'extrême précarité.

Le Maroc, pays de transit, doit intégrer cette donnée structurelle et développer une politique respectant les lois marocaines et garantissant les droits fondamentaux reconnus universellement aux migrants se trouvant sur son territoire. Nous condamnons les pratiques policières émanant d'un passé que nous souhaitons révolu. Nous refusons par ailleurs que le Maroc joue le rôle du "gendarme" de l'Union Européenne et appelons les autorités Marocaines au respect de "La Convention Internationale sur les droits des migrants et les membres de leurs familles", dont le Maroc est signataire. Les sociétés civile et les forces démocratiques dans le pays doivent se mobiliser (sans oublier l'Union Eurepéenne) pour imposer un traitement des migrants au Maroc, basé sur le respect des droits de ces migrants et sur le respect de leur dignité humaine.

Mohamed El jerroudi

Le cadavre humilié

__La chaîne de télévision espagnole "Antena 3" a diffusé, mercredi, des images inédites de gardes civils espagnols (gendarmes) jetant un corps inerte, celui d'un Marocain, par-dessus la clôture séparant le préside occupé de Sebta du reste du territoire marocain.

Les images auxquelles a eu accès la chaîne privée remontent au printemps 2004 et ont été filmées par les caméras de surveillance installées le long de la clôture de séparation, quelques minutes seulement après une altercation entre des gardes civils et des présumés contrebandiers marocains.

L'enregistrement montre une patrouille de la garde civile espagnole qui s'approche du grillage, puis des éléments de ce corps de sécurité qui ouvrent le coffre du véhicule, sortent un corps humain inerte et le jettent par-dessus la clôture, avant de s'éloigner tranquillement du lieu de "l'opération".

Après la diffusion des images, la télévision espagnole a révélé la version des faits données alors au juge par les gardes civils qui ont participé à cette opération, version démentie par les caméras de surveillance, dont le "témoignage" n'a été rendu possible que deux ans et demi plus tard.

Dans leurs déclarations devant le juge, les gardes civils avaient alors affirmé que le ressortissant marocain a été arrêté à Sebta puis relâché de l'autre côté de la clôture de séparation dans une opération routinière. Ils ont assuré que l'homme en question était conscient, sain et sauf, ne souffrant ni lésions, ni blessures, à l'exception d'une légère égratignure.

L'un des gardes civils est allé même jusqu'à déclarer que l'individu (le cadavre) les a insultés une fois de l'autre côté du grillage. Les images macabres n'ont suscité pour le moment aucune réaction de la part des organisations espagnoles de défense des droits de l'homme. ( Source: MAP)__

Mohamed El jerroudi

On n'est pas prophète dans son pays

Orhan Pamuk

, le lauréat du prix Nobel 2006 de littérature, est rentré tard mercredi en Turquie sous haute sécurité dans la crainte d'éventuels incidents en raison des controverses politiques qu'il a suscitées, ont rapporté jeudi les médias.

Aucun incident n'a cependant été signalé à l'aéroport d'Istanbul où il a été applaudi par quelques dizaines de passagers et leurs familles présents dans le terminal.

"Je suis un peu fatigué mais très content", a déclaré aux journalistes M. Pamuk qui avait appris avoir remporté en octobre le Nobel à l'université de Columbia à New York où il est professeur.

Il était ensuite brièvement revenu à Istanbul où il habite dans la plus grande indifférence de ses compatriotes avant de partir pour la Suède où le Nobel lui a été décerné dimanche.

La police anti-émeute s'est déployée massivement dans l'aérodrome après qu'une chaîne de télévision pro-nationaliste eut appelé les Turcs à accueillir le romancier à l'aéroport avec des drapeaux turcs.

"Ce prix appartient à la Turquie, à nous tous, à la culture et à la littérature turque dans laquelle je nage depuis des années comme un poisson", a dit souriant l'auteur de "Neige" et de "Le Livre Noir", vêtu d'un costume sombre et d'une cravate.

Orhan Pamuk, 54 ans, premier Turc à avoir été honoré de cette distinction, a suscité de vives polémiques en Turquie qui lui ont valu d'être qualifié de "renégat" par les milieux nationalistes avec ses prises de positions sur le conflit kurde et la question arménienne, longtemps restés tabous.

Il a été poursuivi pour "dénigrement de l'identité nationale turque" après avoir affirmé dans un magazine suisse en février 2005: "Un million d'Arméniens et 30.000 Kurdes ont été tués sur ces terres, mais personne d'autre que moi n'ose le dire". Les poursuites ont été abandonnées début 2006.

Mohamed El jerroudi

L'histoire et la francophonie

Quelques 175 millions de personnes sur les cinq continents parlent le français. Sur la base de cette langue en partage, le mouvement francophone a donné naissance à une Organisation internationale de la Francophonie. La diversité culturelle et la solidarité sont aujourd'hui les principaux thèmes promus par la Francophonie.

Né sous la plume du géographe français Onésime Reclus en 1880, le mot "francophonie" désigne aujourd'hui à la fois un concept socio-linguistique et une entité géopolitique : l'ensemble des personnes pouvant s'exprimer en français à des titres divers (sans majuscule) et la structure institutionnelle qui rassemble les pays "ayant le français en partage" au sein de l'Organisation internationale de la Francophonie (avec une majuscule).

Avec environ 175 millions de francophones dans le monde, le français est avec l'anglais l'une des deux seules langues parlées sur tous les continents.

De fait, depuis la première pierre posée à Niamey en 1970, la lente constitution d'une Francophonie culturelle, économique puis politique a réuni un nombre croissant de pays. De 18 membres en 1970 à 68 membres et observateurs depuis 2006, cet élargissement a aussi modifié l'équilibre géographique d'une Francophonie historiquement surtout africaine, comme l'a symbolisé le sommet de Hanoï en 1997, et pose désormais la question de sa cohérence et de ses missions.

L'affirmation politique de la Francophonie sur la scène internationale s'accompagne d'un recentrage autour des thèmes de la démocratie, de la diversité culturelle et du développement. Dans le contexte de la mondialisation, la Francophonie devient un instrument partagé d'influence au service de la diversité des cultures.

Mohamed El jerroudi

Eloge de l'amitié de T. Ben jelloun

Tahar Ben jelloun

De l'école coranique au prix Goncourt, de Tanger à Paris, T. Ben Jelloun raconte les amis qui l'ont accompagné au cours de sa vie. Des réflexions sur l'amitié à la croisée des cultures française et maghrébine. ARGUMENTAIRE : De l'école coranique au prix Goncourt, de Tanger à Paris, Tahar Ben Jelloun raconte les amis qui, toujours, ont accompagné sa propre vie. "L'amitié est une religion sans Dieu ni jugement dernier, écrit-il. Sans diable non plus. Une religion qui n'est pas étrangère à l'amour. Mais un amour où la guerre et la haine sont proscrites, où le silence est possible." Rare et précieuse, l'amitié ne souffre aucun manquement. Elle est une foi totale en l'autre au point que sa trahison est vécue comme une forme silencieuse du meurtre. Pour parler de ce jardin secret, de ses merveilles et de ses blessures, Tahar Ben Jelloun fait un retour sur lui-même, sur le bonheur de l'amitié partagée et sur la souffrance jamais apaisée d'avoir été trahi.

Mohamed El jerroudi

L'imaginaire au placard.

La poésie serait-elle le seul refuge de la douleur?Question qui m'habite depuis la lacture de mon premier poème.C'était dans les années 60 .A cette époque, les lecteurs de poésie étaient nombreux...Maintenant il est un fait que le monde devient de plus en plus cruel.Alors la poésie saurait elle donner des réponses à cette réalité morose.? Je veux dire donner le rêve et récupérer le lecteur.Ou bien doit elle (la poésie) disparaitre et laisser un vide.Si se serait le cas ,l'être humain sera obligé de mettre son imaginaire au placard. Ce qui amplifie mes inquiétudes...! Et pour ne pas sombrer à mes angoisses, je dois lire/écrire la poésie...une poésie à l'écart" des modes", qui parle de la vie et de la mort , tout simplement.

Mohamed El jerroudi

L'homme nu

Mohamed Drissi

Il s’agit de l'artiste Mohamed Drissi. Juste après sa descente de l'avion, il est décédé dans un métro à Paris. Son assassin ne risque rient puisque c'est un "Infarctus".Cela est arrivé le 8/01/2003.Drissi avait reçu une bourse qui lui permettait de travailler sur un projet. Juste avant son départ du MAROC , il m 'a confié que le séjour dans la cité des arts est un cadeau du ciel. Il étouffait comme artiste dans son propre pays. Considéré part tous comme le marginal que le Maroc ait jamais connu. Son seul délit était, de ne pas suivre ce que faisaient les autres. Libre d'esprit .Il n'écoutait que sa voix intérieure.

dessin de Mohamed Drissi

Il est à ma connaissance, le premier marocain à explorer dans son art LE NU. Mais le nu de drissi n'est ni érotique ni sensuel. Le nu pour lui exprime ce que peut sentir chaque être humain quelque soi sont appartenance: La douleur, l'angoisse et le désarroi,face à un monde en perte de vitesse. Voilà comment je vois Mohamed Drissi.Je lance un appelle à tous ceux qui l'ont connu,de bien oublier l'individu qu'il fut et de se pencher sérieusement sur son oeuvre...Serait-il un artiste qui continue à déranger même après sa mort?

Mohamed El jerroudi

Frontières

Parfois il m'arrive de me demander:"Mais qui a inventé les frontières? "Ce n'est pas Dieu ,m'a expliqué une personne qui a lu les livres de toutes les religions.... Il y a quelque jours , j'ai rencontré un poète .Je lui ai posé la même question.Il s'est gratté la tête,puis il s'est mis à penser....Après un instant , il m'a bien regardé et m'a dit:"Les frontières? moi, je connais pas.Et même si jamais elles existaient, elles sont idiotes.Et supposons qu'elles existent réellement.C'est dans la tête des hommes qu'elles existent.Moi je suis poète.Et dans ma tête,il n'y a pas de frontières." -Je peux te suivre poète? lui dis-je. -Pourquoi veux tu me suivre? -Pour aller là où il me semble. -Impossible! me répond-t-il. -Pourquoi? - Parceque t'es pas poète.Il a mis ses chaussures usées,et s'est dirigé vers une barque ,et s'est mis à ramer...sans me saluer.Quant à moi,je suis resté cloué sur la plage tout en le regardant disparaître vers le large comme un songe.

Mohamed El jerroudi

écoute

Ecoute Mon enfant. Le silence a déserté le vacarme du monde.

Le silence a déserté les chemins de tes rêves.

  1. Ecoute
  2. la douleur du mode.
  3. Le monde?
  4. a mal... très mal.
  5. Il se pleint des maux de tête.
  6. Eoute le bruit des blindés.
  7. Ils ont piétiné
  8. tes chateaux de sable
  9. Ecoute
  10. le bruit des vagues.
  11. Ils dévorent les corps
  12. de ceux qui rêvent
  13. comme toi,
  14. de planer sur les nuages.
  15. Ecoute
  16. le vacarme du monde.
  17. Tu comprendras
  18. qu'à force de l'écouter,
  19. tu risques de digerer
  20. chaque mensonge.
  21. OUI...
  22. tous les mensonges.

Mohamed El jerroudi

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