New Patchwork n°2 - rubrique Théâtre - janvier 2007

S'il est un écrivain qui paraît incontournable au sein du courant littéraire ainsi dénommé Nouveau Théâtre, c'est bien Samuel Beckett. En fait, d'ailleurs souvent annexé par le Nouveau Roman et par le Théâtre de l'Absurde, Samuel Beckett n'appartient à aucune école. Son écriture, sa vision s'inscrivent en marge des mouvements contemporains. Grand penseur solitaire, il a toujours été indifférent à tout phénomène de mode. Son oeuvre, libre de toute influence, obéit à une nécessité intérieure: il crée au sein d'un isolement volontaire, sans chercher ni à plaire ni à convaincre. Avec Georges Bataille, Maurice Blanchot, Julien Gracq et Georges Pérec, il forme une catégorie d'écrivains originaux et inclassables qui, dans la seconde moitié du XXème Siècle, ouvrent à la Littérature des voies inédites.

C'est par le théâtre que l'oeuvre de Samuel Beckett s'est révélée au grand public. Dès sa première pièce, En attendant Godot, Samuel Beckett renonce définitivement aux règles, souvent rénovées ou transgressées, du théâtre traditionnel. Chez lui, pas de distinction de genre, des personnages à la dérive, une action qui se résume à une attente interminable, des lieux dépourvus d'identité, un dialogue terre à terre: Beckett met en scène la condition humaine contemporaine. Ainsi crée-t-il au passage des effets comiques tout empreints de douleur. Le changement fondamental qu'il provoque dans l'univers du théâtre n'aura pas eu d'égal dans l'histoire littéraire. A la même époque, Eugène Ionesco et Jean Genet participent à l'élaboration de ce théâtre d'avant-garde qui sera baptisé Théâtre de l'Absurde.

Death in March