Supplément semestriel au n°3 de New Patchwork
Chaque semestre, en avril et en octobre, la rédaction de New Patchwork diffuse un petit essai dans la rubrique " Divers " de la revue littéraire ...
25/04/07 :: DIVERS :: aucun commentaire
Description de mon blog
Chaque semestre, en avril et en octobre, la rédaction de New Patchwork diffuse un petit essai dans la rubrique " Divers " de la revue littéraire ...
25/04/07 :: DIVERS :: aucun commentaire
La nouvelle revue trimestrielle des questions littéraires
17/04/07 :: Ma première catégorie :: aucun commentaire
Je m'appelle Tomy. Je suis né sur une île perdue de l'océan, au milieu des huttes et des cocotiers. Il y a deux ans, papa, maman, mes deux soeurs et moi sommes arrivés en Angleterre, avec toute l'équipe. Dans notre île, la grande montagne blanche s'était réveillée... Nous habitons dans un quartier pauvre de Londre: une cité a été aménagée pour nous; je ne l'aime pas. Elle est laide, avec ses tours noirâtres et ses cheminées qui montent vers le ciel enfumé. Aujourd'hui est un grand jour car nous avons décidé de préparer un éventuel retour dans l'île. Nous nous sommes rapidement installés dans le hangar de Jim, notre chef, et attendons les derniers membres de la communauté.
Nous sommes maintenant au complet, assis sur des sièges de fortune. Jim se lance dans un discours qu'il affectionne en temps de crise: la réunion promet d'être passionnée. Nous écoutons attentivement son plaidoyer: " Chers amis, inutile de vous rappeler les faits: je pense au retour. la vie dans cette cité est devenue monotone. Nous ne voyons l'avenir que d'un oeil inquiet. La plupart d'entre nous n'ont pu trouver que quelques petits métiers; nos enfants ne parviennent pas à s'intégrer dans leurs écoles. Nous formons un monde à part, isolé. Dernièrement, Sam a perdu son emploi... "
Une voix bourrue l'interrompt. C'est monsieur Guillain, l'homme le plus riche parce qu'il " travaille dans la finance ": " Jim, tu as tort de parler ainsi de notre vie. Nous ne sommes pas si malheureux et nous devenons civilisés. Finie pour nous, cette vie primitive. Finies, les huttes croulantes, l'hygiène désastreuse. Nous apprenons à nous amuser! Nous allons perdre le confort si nous repartons! Et puis... il y a le volcan. Qui nous dit qu'il ne va pas gronder à nouveau? " La réponse suivit alors un bref silence: " Bien sûr Guillain, mais il n'est pas question pour nous, lorsque nous retournerons là-bas, de mener de nouveau cette vie primitive. Simplement, nous garderons nos traditions, nos fêtes. Ici, nous sommes perdus. Et puis, il faut penser aux autres. Beaucoup n'ont pas le métier que tu exerces; cet univers leur est encore inconnu. Mon rêve, ce serait de construire un genre d'hôpital, une école où on apprendrait l'histoire de nos ancêtres et nos coutumes aux enfants. Nous retrouverions ainsi nos racines, notre terre. Reconstruire ne me fait pas peur! "
Il questionne Rakal, le plus vénérable et le plus ancien de notre tribu. Celui-là pense sagement que Jim a raison, que nous ne pouvons pas rester en Angleterre: nous risquerions de nous détruire, de perdre nos traditions. Puis une grande clameur s'élève dans l'assemblée: le discours de notre chef a conquis les plus réticents; presque tous sont d'accord. Nous procédons au vote. Ce dernier confirme mes pensées; le retour est approuvé par une très large majorité. Nous partons.
Et voilà que notre réunion prend fin. je lis dans les yeux de mes parents, et surtout de grand-mère, une joie intense, celle de la liberté retrouvée.
Serge-René Fuchet
17/04/07 :: NOUVELLE :: aucun commentaire
New Patchwork n°3 - rubrique Poésie - avril 2007
Le Rivage des Syrtes est avant tout le récit d'une destinée tragique, celle de la seigneurie d'Orsenna, un vieil empire figé et déclinant, vivant seulement de sa gloire passée. Sa torpeur est à l'image de la guerre qu'elle livre depuis trois cents ans au Farghestan, pays situé sur l'autre rivage de la mer des Syrtes. Un roman de guerre, d'une guerre longtemps assoupie par l'oisiveté d'une seigneurie voluptueusement enlisée dans ses Délices de Capoue, mais qui ne tarde pas à se ranimer dans les esprits et dont le souvenir déchaîne les passions. Le héros du roman, Aldo, jeune officier dépêché sur le rivage des Syrtes, est l'instrument d'une narration au contenu épuré, qui en dépit de dialogues grandiloquents et d'excursus se noie dès les premières pages dans un " Océantune " descriptif où s'affirme dans des portraits dénués de psychologie le héros gracquien, sorte de " plante humaine " insérée dans un terreau précis et au sein d'un univers de sensations générées par des sons, des visions, des odeurs, des hantises, des impressions tactiles ou encore des effets synesthésiques.
Julien Gracq crée de cette manière un univers un peu baudelairien comme le suggère l'article Richard Wagner et Tannhaüser à Paris, dans Les Fleurs du Mal,un univers des sens dominé par des couleurs et des sons qui génèrent intuitivement des idées et contribuent à la formation d'un univers poétique. La prédominance de la description sur la narration induit celle de la poésie sur un récit au contenu narratif épuré se fondant sur quelques strates géo-historiques conséquentes mais sans réelle substance. Alors jaillit dans la magie du verbe gracquien un authentique récit poétique qui n'a rien à envier à l'œuvre surréaliste d'André Breton mais s'en est plus ou moins inspiré quant aux visions. Des surréalistes, Gracq a retenu le primat de l'image, et donc la primauté du visuel. Il a comme son héros Aldo " les yeux bien ouverts " sur la beauté de son univers. Le personnage gracquien est dans son essence même un être de l'attente, hypersensoriel et capable de générer des sensations fortes propres à la description poétique de lieux " hantés " où le paysage est vivant et comme chargé d'électricité.
De telles descriptions de contrées désertiques comme les steppes, les lagunes, les jardins édéniques ou les faubourgs nocturnes contribuent à un effet d'étrangeté et d'insolite, et font en même temps de son roman Le Rivage des Syrtes une véritable poésie de la géographie. Les rimes du poème se retrouvent alors dans l'accord entre les personnages, l'environnement et les sentiments. C'est un accord que rend possible une sorte de porosité générale des êtres et de l'univers.
Julien Gracq se révèle être de facto un " poète de la géographie et de l'histoire ", disciplines intrinsèquement liées: libéré à la fois de toute chronologie vraie, comme de toute morphologie géographique orthodoxe, c'est leur continuum épuré qui sert de substrat au Rivage des Syrtes. Le cours du récit poétique gracquien dévoile des collusions de la géographie et de l'histoire dans les descriptions, telle la reprise du thème de " la ville - repliée - derrière - ses - murailles ", qui suscite la remémoration des dynasties de l'Empire de Chine, les allusions à l'Italie de la Renaissance ou aux époques de grandeur de la république vénitienne. Mieux, la fin du roman fait irrésistiblement penser au climat des années trente.
Bref, c'est une mosaïque subtile et harmonieuse de morceaux empruntés à des strates géo-historiques différentes, sous l'apparence de citations explicites, de références ou d'allusions linguistiques. En l'espace de quelques phrases peuvent ainsi se confondre plusieurs couches spatio-temporelles. Julien Gracq devient " poète de l'Histoire ". Un long poème en prose stratifiée dévoile ainsi au fil de la métaphore et de la figure d'analogie une épaisseur poétique redoublée et une mise en perspective historique de l'intégralité du commentaire enrobant la " fable " du roman.
Le Farghestan, sorte de " far west " oriental, avec sa désinence " -tan ", celle de Pakistan, d'Afghanistan, de Turkménistan, est bien une terre promise, mais également une frontière: la frontière. Le mythe du western, véhiculé dans le monde entier par la culture médiatique américaine à tort et à travers, comme pour compenser une histoire un peu trop récente, s'avère récurrent du fait des images haut en couleur des grands espaces et de la propagation d'un esprit pionnier.
Dans son chef d'œuvre Le Rivage des Syrtes, plus que partout ailleurs dans ses livres, Julien Gracq démasque l'artiste singulier qui vit en lui, l'artiste de " la mise en écho généralisée de l'Histoire ". C'est un poète de l'histoire plutôt qu'un philosophe. Il affirme son identité de poète par cette œuvre majeure de la littérature du vingtième siècle mais également par sa manière de parler de lui-même au travers d'autres écrivains comme Ernst Jünger et Les Falaises de marbre, Oswald Spengler et Le Déclin de l'Occident ou Chateaubriand le grand romantique et ses Mémoires d'Outre-Tombe. Ainsi par ses transferts inconscients d'écrivain se reconnaît-il lui-même au fil d'un auto-portrait comme un poète de la Géographie et de l'Histoire.
Constance d'herbay
16/04/07 :: POESIE :: aucun commentaire
New Patchwork n°3 - rubrique Théâtre - avril 2007
Pourquoi ne pas évoquer Julien Gracq, le dernier des Romantiques, en ce numéro 3 d'avril 2007 ? Rien ne nous en empêche en effet, pas même les élections présidentielles ou législatives… Et c'est vrai que dans des périodes comme çà, il peut prendre l'envie à quelque lectrice ou lecteur d'élever le débat des idées un peu plus haut… en tout cas quant à l'usage de la langue française, au style, et à la littérature.
Amorce banale de journalisme littéraire, pourrait-il être rétorqué. Oui, mais précisément, ce n'est point la réflexion que nous attendons d'une lectrice ou d'un lecteur averti… La question pertinente serait plutôt: pourquoi mêler Julien Gracq au théâtre, qui plus est au moyen de son roman le plus célèbre et le plus remarquable d'entre tous, Le Rivage des Syrtes ? Alors quelqu'un dira: après tout, puisque l'illustre Nicolas Sarkozy, candidat aux élections présidentielles de 2007, se permet sans vergogne de mêler la politique à la littérature, pourquoi ne pas mélanger roman et théâtre ?!
Dans le cadre de son seul et gigantesque monument de la littérature française moderne, Le Rivage des Syrtes, ce modeste Julien Gracq, qui a - comme tous les jeunes de vingt ans le savent à en croire le désormais célèbre François Bayrou - refusé le prix Goncourt, justifie le caractère singulier de son roman par la nature de récit poétique qu'il lui a sciemment conférée. Il y introduit un décor de théâtre qui se constitue par petites touches au fil de la description. De la sorte, Julien Gracq a fait du Rivage des Syrtes un livre trangenres; d'où l'idée d'imiter Aldo transgressant la frontière du Farghestan, et par un tour transpositionnel et métaphorique de procéder à une transgression des frontières des domaines génériques en élargissant le concept classifiant de roman à ceux de récit poétique ou de récit théâtral. Etablissons précisément en quelques lignes la preuve de ce décor théâtral.
Un des aspects majeurs du Rivage des Syrtes s'illustre par des processus actantiels d'apparition et de disparition des personnages du roman, qui incite à rattacher son univers singulier à celui de la mort. En effet, le thème global du roman n'est-il pas l'anéantissement d'une civilisation parvenue au terme de son agonie ? Oswald Spengler a écrit dans Le Déclin de l'Occident que " la civilisation est la victoire par laquelle la ville se libère du sol et se tue elle-même ". Il y a montré que c'est lorsqu'elles sont parvenues au point culminant de leur éclat que les civilisations s'écroulent.
Orchestration de la ville funèbre au bord de l'eau apparaît alors la Maremma des lagunes où l'on donne de grandes fêtes, mais qui ressemblent à des fêtes funèbres. Maremma rappelle Venise, qui est bien en effet l'archétype de " la ville morte ". On sait qu'elle a justement fasciné Thomas Mann puis Visconti dans La mort à Venise. Maremma est une ville qui, assoupie dans la mémoire de son glorieux mais très lointain passé, se mire au bord d'eaux mortes. En italien, Maremma signifie " bord de mer "; il renvoie dans cette langue à un nom propre. Il s'agit d'une région d'Italie, le long du littoral tyrhénien, en Toscane, allant de l'embouchure de la Cecina à Ortebello. Cette zone était autrefois marécageuse et insalubre.
En ce sens, les quatre dernier mots du roman Le Rivage des Syrtes sont: " … le décor était planté ". Au delà de l'exemple extrême de Maremma - Venise, c'est alors tout l'univers du Rivage des Syrtes qui apparaît comme un gigantesque scène de théâtre où se célèbrent somptueusement les noces de l'Amour ou du Désir, et de la Mort. Pour mourir, les civilisations choisissent leurs plus beaux costumes, comme ceux des candidats aux élections présidentielles de 2007 par exemple, et elles se maquillent de leurs fards les plus spectaculaires, à l'instar de Ségolène Royal ou Dominique Voynet. Le romancier Julien Gracq est le metteur en scène de ce spectacle: c'est la dernière représentation, soit, mais cela aura été la plus belle.
Death in March
16/04/07 :: THEATRE :: aucun commentaire
New Patchwork souhaite une fructueuse année 2007 à ses lectrices et lecteurs, avec tous nos voeux de santé et de bonheur.
27/12/06 :: Ma première catégorie :: aucun commentaire
New Patchwork n°2 - rubrique Théâtre - janvier 2007
S'il est un écrivain qui paraît incontournable au sein du courant littéraire ainsi dénommé Nouveau Théâtre, c'est bien Samuel Beckett. En fait, d'ailleurs souvent annexé par le Nouveau Roman et par le Théâtre de l'Absurde, Samuel Beckett n'appartient à aucune école. Son écriture, sa vision s'inscrivent en marge des mouvements contemporains. Grand penseur solitaire, il a toujours été indifférent à tout phénomène de mode. Son oeuvre, libre de toute influence, obéit à une nécessité intérieure: il crée au sein d'un isolement volontaire, sans chercher ni à plaire ni à convaincre. Avec Georges Bataille, Maurice Blanchot, Julien Gracq et Georges Pérec, il forme une catégorie d'écrivains originaux et inclassables qui, dans la seconde moitié du XXème Siècle, ouvrent à la Littérature des voies inédites.
C'est par le théâtre que l'oeuvre de Samuel Beckett s'est révélée au grand public. Dès sa première pièce, En attendant Godot, Samuel Beckett renonce définitivement aux règles, souvent rénovées ou transgressées, du théâtre traditionnel. Chez lui, pas de distinction de genre, des personnages à la dérive, une action qui se résume à une attente interminable, des lieux dépourvus d'identité, un dialogue terre à terre: Beckett met en scène la condition humaine contemporaine. Ainsi crée-t-il au passage des effets comiques tout empreints de douleur. Le changement fondamental qu'il provoque dans l'univers du théâtre n'aura pas eu d'égal dans l'histoire littéraire. A la même époque, Eugène Ionesco et Jean Genet participent à l'élaboration de ce théâtre d'avant-garde qui sera baptisé Théâtre de l'Absurde.
Death in March
27/12/06 :: THEATRE :: aucun commentaire
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Serge-René Fuchet Ecrivain, rédacteur en chef de New Patchwork
27/12/06 :: ROMAN :: un commentaire
New Patchwork n°2 - rubrique Nouvelle - janvier 2007
Treize février de l'an deux mille sept. Hanke laisse sa main gauche se mouvoir, pousse légèrement la manche de sa chemise blanche qui camoufle sa montre Tag Heuer. Il est quatorze heures cinq.
Un de ses bras étendu en avant, tâtonnant dans le vide, Orion, le géant aveugle, avance lentement. D'un geste de la main, il creuse et crée l'espace: aucune perspective ne s'offre à lui, aucun but n'est fixé à sa déambulation dans le couloir du manoir. Ignorant tout du lieu où il se rend, attiré par un lointain dont il ne voit rien, et dont il sait, pourtant, l'existence, le géant doit se contenter du présent qu'il atteint dans l'immédiat, à l'extrémité de son corps.
Un stylo à la main droite, Hanke chemine, ligne à ligne, sur la feuille blanche. Main écrivant, stylo-plume fermement inséré entre le pouce, l'index et le majeur; plume frottant la feuille de papier avec une impressionnante régularité. C'est de l'encre noire qui coule. Soudain Hanke sent son index lâcher le stylo. Une goutte de sang se répand sur le mot " main ". Le rouge écarlate du sang se mélange à l'encre noire. Hanke relève la main et regarde son pouce. Il y a du rouge et du noir sur sa peau. Il sort son mouchoir et essuie de sa main gauche. Il remet l'étoffe à sa place dans son pantalon de velours noir et regarde.
Hanke lève les yeux et regarde le grand tableau accroché au mur de son bureau: une vieille toile du peintre suisse Paul Klee, peu connue. Les couleurs rouge et noire dominent dans la répartition des figures géométriques qui a permis à la main d'occuper l'espace. Le rouge et le noir font penser à Stendhal. Il a relu La Chartreuse de Parme il y a un mois. Mais il n'a pas envie de rêver. Son index ne saigne plus. Il a arrêté d'écrire. Le récit n'a pas pris forme, même s'il avait quelque vague projet initial.
Hanke allume une cigarette et tend la main gauche pour attraper le journal de la veille. Il y a un gros titre en première page: " L'hiver le plus long ". Il tourne les pages de la main droite. Il a brusquement un geste d'énervement: il ne retrouve pas son article. La chronique gastronomique, les mots croisés, les faits divers... Ah si... voici en dernière page un petit titre avec son article encadré, mais pas de photographie: " Une quinquagénaire étranglée dans sa chambre à coucher ". Hanke parcourt l'article et ressasse les quelques phrases clés. Une femme célibataire d'une cinquantaine d'années, dont la mère tient à ce que l'anonymat soit préservé, a été mystérieusement étranglée dans sa chambre à coucher. La chambre n'avait pas de fenêtre et la porte était fermée à clé de l'intérieur. Parvenue sur les lieux, la police, avertie par la femme de ménage, n'a pu que constater la mort de cette dame, réputée quinquagénaire. L'inspecteur s'est refusé à tout commentaire et a tout simplement confirmé qu'il n'y avait aucun indice, si ce n'est que la thèse du suicide est d'ores et déjà écartée par le médecin légiste. L'inspecteur est persuadé que l'assassin avait la main gantée. La femme de ménage, interrogée au commissariat, est sortie vers midi; son alibi l'épargne de tout soupçon.
Hanke se cure les ongles en méditant. Il n'en est pas à son premier fait divers. Il relit encore l'article, parcourt les autres faits divers, et se voit déjà en train d'écrire son prochain abstract: " la main gantée a encore frappé ". Il est quatorze heures cinquante-cinq. La sonnerie du téléphone le sort de sa torpeur. Il décroche, plaquant l'écouteur sur son oreille gauche. C'est Jean, son collègue de journal.
" Hanke?! Tu vas recommencer! Un pépé a été étranglé dans sa chambre à coucher fermée à clé de l'intérieur!
- Hein? Quand celà?
- On ne sait pas exactement. C'est son petit-fils qui a vu le premier le cadavre étendu sur le lit. Il a fallu qu'il défonce la porte auparavant car personne ne répondait, ce qui n'était pas dans les habitudes de son grand-père, qui s'enfermait assez souvent à double tour à ces heures là mais répondait systématiquement quand on tembourinait à la porte.
- Ca alors! Je me demande comment il a pu entrer!
- Qui?
- Et bien, l'homme à la main gantée!
- L'homme à la main gantée? Comment peux-tu savoir qu'il portait des gants?
- Parce qu'une dame quinquagénaire a été assassinée avant-hier par un tueur à la main gantée! Je viens de le lire dans les faits divers du journal local d'hier et comme par hasard l'événement a eu lieu dans le même village de Belmont. Il n'y a aucun doute: nous avons à faire à un tueur en série qui s'en prend aux habitants de ce bled, Jean.
- C'est quand même un peu fort! Ah! Attends deux minutes! Il y a un fax qui vient d'arriver et on me signale que l'assassin aurait été arrêté par la police!
- Les nouvelles vont vite, décidément. Bon, je te retrouves au commissariat et on fait le papier après pour la première page!
- Pourquoi en première page?
- Bien voyons! Parce que je sais qui est l'assassin! "
Serge-René Fuchet
26/12/06 :: NOUVELLE :: aucun commentaire
La nouvelle revue trimestrielle des questions littéraires
16/11/06 :: Ma première catégorie :: aucun commentaire
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