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  <title>negmawon</title>
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  <tagline type="text/plain" mode="escaped">Le blog des cultures artistiques du monde noir</tagline>

  <modified>2009-09-27T14:26:43+00:00</modified>
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  <title>Rêve réalisé une réalité rêvée</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2009/09/27/141655-reve-realise-une-realite-revee" />
  <issued>2009-09-27T14:26:43+00:00</issued>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Un rêve qui vous prend dans la nuit et vous saisi au petit matin.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Un rêve qui vous prend dans la nuit et vous saisi au petit matin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img align=&quot;left&quot; style=&quot;margin: 1em;&quot; src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/reve-1.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;COUCHE DANS LE NOIR&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sillonnant l’espace infini des mes rêves, un souvenir enfoui dans ma mémoire cellulaire resurgit et du tréfonds de mon être, je vivais l’hallucination sanie. Je me retrouvais dans mon île dans un temps où les choses n’étaient pas comme maintenant et pourtant pas très différente d’aujourd’hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;ALORS&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je promenais mon songe par la main sous un soleil caniculaire d’un mois indéfini. Je baladais le rêve vagabond dans les dédales de ruelles encombrées de cris, d’une populace vivant pour la misère et l’argent, pour l’amour et l’argent. Je poursuivais mes pérégrinations, taraudant l’itinéraire de mon illusion à travers les sentiers inexplorés d’un temps dément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;TANT ET TANT FIT QUE&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je longeais la mer, je longeais le morne, je longeais la savane et je voyais des gens tapis derrière leur porte qui guettaient leurs angoisses, s’émargeant de la liesse, refusant de faire danser leur âme.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je déambulais dans la désunion, je déambulais dans le désordre, je déambulais dans la confusion et je voyais des gens assis qui attendaient la transe, des êtres sans racine, divaguant au-delà du vivant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je cheminais dans la ville, je cheminais dans le bourg, je cheminais dans la campagne et je voyais des gens qui transpiraient à grosse gouttes leurs appréhensions, remâchant sans cesse leur désillusion et dans leurs yeux, une détresse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je poursuivais l’errance dans ce temps suranné qui suturait hier à aujourd’hui, le souvenir sans la reconnaissance et le crime sans coupable. Je continuais ma divagation dans ce temps éhonté qui alitait mon présent, le souvenir avait la reconnaissance mais le crime restait sans coupable. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;TEL UN VOLAN SOUKOUGNAN JE MATAIS,  ET&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Derrière les balcons ouvragés une vie se déroulait à l’abri des indiscrétions.&lt;br /&gt;
Je ne voyais rien, mais j’apercevais des ombres rasantes, passant et venant, protégeant leur intimité de persiennes ou de rideaux, d’une vie, qu’ils se croyaient envier. Cela n’arrêtait pas ma révélation. Je suis dans mon rêve, rien ne peut m’altérer, ma volonté est Dieu, les maux sont passés et les ennuis sont défunts. Alors je m’enfonçais dans le secret de la nuit d’hier, je m’élevais au-dessus de ma vision, je parcourais leurs familiarités et je vis dans le secret des cases des poitrines opulentes qui se dressent,&lt;br /&gt;
pointent,&lt;br /&gt;
dardent,&lt;br /&gt;
bandent,&lt;br /&gt;
Prêtent à subir la caresse d’une langue.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Et je vis  aussi dans le secret des cases des croupes fessues qui acceptent,&lt;br /&gt;
appellent,  &lt;br /&gt;
refusent,&lt;br /&gt;
supplient,&lt;br /&gt;
Et se repentent aux premiers assauts de la bête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;MALGRE LES MALGRE&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je m’échappais à regret de la nuit d’hier, laissant la vie à ses privautés, pour me retrouver dans un autre rêve, reprendre le chemin d’aujourd’hui, remonter vers la rade, regarder des gens attablés aux commissures d’un bar malfamé, s’assommant à coup de verres de rhum et de bière bu, à même le goulot – qui à chaque gorgée avalée, déglutissaient le haïssable de leur vie cotie. Dans l’arrière-cour, quelques uns déversait une agressivité mal contenue, fessant « bliguidim » des dominos sur une table déjà passablement bancale. Dans une arrière salle, un homme courtisait une serveuse au corps d’ébène, lui demandant : - C’est combien ?&lt;br /&gt;
La femme à la coucoune accueillante répondait : - C’est pas cher !&lt;br /&gt;
- C’est pas cher, c’est combien d’argent ? Rétorquait le monsieur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je les laissais poursuivre leur transaction et je promenais mon excursion dans les circonvolutions du probablement possible, pas tout à fait vraies. Je remontais le morne m’immisçant dans la conversation de deux femmes ménopausées en mal de commérages : - Tu ne te rends pas compte, un jeune garçon qui viole que des vieilles personnes.&lt;br /&gt;
- Il doit être malade, pour ne pas dire plus, la dernière femme qu’il a violé est une de mes voisines, elle a au moins soixante-dix ans. Tu sais ce qu’il lui a fait ?&lt;br /&gt;
-    Non je ne sais pas. Répondait l’une des commères.&lt;br /&gt;
- Tu ne sais pas ! Eh bien je vais te le dire ! Renchérissait la seconde. Il a mis son lolo dans sa bouche. Tu te rends pas compte que la malheureuse a failli tomber enceinte par l’estomac.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;DONNE LE LUI, DONNE LE LUI MÊME&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Décidément toutes la vie se rapporte à l’amour et à l’argent, à la misère et à l’argent. Je me détourne du soleil, me retrouvant à mon tour pris dans l’engrenage, et dans la moiteur rassurante de la nuit, émerge une pièce irréelle. Je vis un fantasme. Une femme sensuelle qui n’est pas toi, se trouve à quatre pattes derrière moi, elle est maintenue dans cette position par deux personnes qui lui tiennent les bras. D’une main, je lui écarte les pommes de ses fesses, pendant que je lui enfonce mon sexe dans sa fente béante, tandis que de l’autre main, je lui titille le mamelon gonflé de son sein - Horreur- je me fais violeur. Empressé par la situation, j’éjacule. Un vent d’angoisse me submerge, je me réveille en sursaut de mon rêve, constant que mon slip est trempé. Cela assombrit ma journée et énerve passablement mon ego.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’amarre du rêve et de la réalité, ma vie se confine à une épissure, mon rêve est ma réalité et mon imagination alimente mon rêve.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;b&gt;Evariste Zephyrin&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;
(1995-2004)&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Le syndrome de Berlin : Jesse Owens, Maurice Carlton et Usain Bolt</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2009/09/10/139195-le-syndrome-de-berlin-jesse-owens-maurice-carlton-et-usain-bolt" />
  <issued>2009-09-10T22:41:06+00:00</issued>
  <modified>2009-09-10T22:41:06+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Lors des derniers championnats du monde d’athlétisme ayant lieu à Berlin du 15 au 23 août, les fins connaisseurs du sport ont tous gardé en mémoire les exploits de Jesse Owens. Les Guadeloupéens quant à eux, pouvaient  se souvenir que Maurice Carlton, lors de la XIème Olympiade de 1936, foulait les pistes du 100 m dans un contexte belliqueux, agrémenté d’une politique  racialiste, sur fond de propagande raciste.
Soixante-treize ans plus tard, dans le même stade, modernisé, l’atmosphère était plus clémente, plus apaisée, les exploits sportifs au rendez-vous. </summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lors des derniers championnats du monde d’athlétisme ayant lieu à Berlin du 15 au 23 août, les fins connaisseurs du sport ont tous gardé en mémoire les exploits de Jesse Owens. Les Guadeloupéens quant à eux, pouvaient&amp;#160; se souvenir que Maurice Carlton, lors de la XIème Olympiade de 1936, foulait les pistes du 100 m dans un contexte belliqueux, agrémenté d’une politique&amp;#160; racialiste, sur fond de propagande raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soixante-treize ans plus tard, dans le même stade, modernisé, l’atmosphère était plus clémente, plus apaisée, les exploits sportifs au rendez-vous.&amp;#160;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L&lt;img align=&quot;left&quot; style=&quot;margin: 1em;&quot; src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/Usain-Bolt.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;ors des derniers championnats du monde d’athlétisme ayant lieu à Berlin du 15 au 23 août, les fins connaisseurs du sport ont tous gardé en mémoire les exploits de Jesse Owens. Les Guadeloupéens quant à eux, pouvaient&amp;#160; se souvenir que Maurice Carlton, lors de la XIème Olympiade de 1936, foulait les pistes du 100 m dans un contexte belliqueux, agrémenté d’une politique&amp;#160; racialiste, sur fond de propagande raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Soixante-treize ans plus tard, dans le même stade, modernisé, l’atmosphère était plus clémente, plus apaisée, les exploits sportifs au rendez-vous. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Berlin 2009, a consacré un nouveau dieu du stade, le Jamaïcain Usain Bolt. Ce jeune prodige focalisa tous les regards, célébrant les avancées athlétiques d’une région insulaire&amp;#160;: les West-Indies.&lt;/p&gt;
Depuis les années 20, cette région a toujours présenté des élites sportives de niveau mondial : l’Haïtien Sylvio Cator recordman du monde du saut en longueur (1924), en 1948 au 400m Herb Mac kenley, Arthur Wint, les années 60, les sprinters Figuerola, Roger Bambuck, Lennox Miller,&amp;#160;&amp;#160; un peu plus tard Juantorenna et nous pouvons compléter cette liste, pour une période plus récente en ajoutant&amp;#160;: Don Quarrie, Hasely Crawford, Grace Jackson Ato Boldon etc. 
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La présence d’une élite athlétique caribéenne&amp;#160; au plus haut niveau date&amp;#160;!&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les performances d’Usain Bolt 9’’58 et 19’’19,&amp;#160; les marques des deux records du monde du 100 m et du 200 m, placent l’athlétisme mondial dans une nouvelle dimension et affirment que l’athlétisme est une affaire hautement professionnelle. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout d’abord, ces performances rafraîchissent une discipline en perte de vitesse et en recherche de nouvelles images porteuses, voire marchandes à forte valeur ajoutée. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ensuite, Bolt bouscule les idées reçues qui établissent savamment des barrières aux limites humaines, ici le maximum de la vitesse semblait atteint, figé et renforcé par les affaires de dopage. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au-delà du sport, Bolt fierté d’une nation, ravive comme en 1936, les querelles et les partisans de faux débats ethnicisés sur une prétendue hégémonie noire. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces questions et débats enserrent les performances des athlètes noirs dans un présupposé déterminisme biologique, donc seraient sans relations avec le travail exercé sur les corps placés dans des contextes socio-politiques, économique, religieux et scolaire, ce qui aurait tendance à déplacer les réalités et nourrir tous les aphorismes sur les Noirs. &lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;font-family: Verdana; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoBodyText&quot;&gt;A ma grande déception, cette idée se vend bien et plait. Toutefois à ce jour rien n’est scientifiquement prouvé.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les résultats de Berlin, tout comme ceux des championnats du monde ou des Jeux olympiques&amp;#160; est l’occasion de faire les mêmes constats de carences, depuis dix ans l’équipe de France d’athlétisme recule, la France&amp;#160; est à la 20ème place aujourd’hui §&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle se répète, de faibles résultats, l’absence de combativité et surtout le fatalisme dans lequel s’installent nos sportifs, tendent à devenir un quotidien qui dérange peu&amp;#160;; Au contraire cette attitude conforte certains dans leurs préjugés et positionnement, trouvant toujours des arguments explicatifs exotiques : l’autosatisfaction,&amp;#160; le dopage des autres,&amp;#160; comment peut-on triompher d’hommes qui ont la «&amp;#160;chance d’aller à l’école en courant 10 km à pied&amp;#160;» sur les hauts plateau&amp;#160;?&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La méthode coué, nous est présentée sur un ton de jovialité lors des déroutes&amp;#160;: &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-align: justify; text-indent: -18pt;&quot;&gt;-&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;Ah ça ira, tout va très bien madame la marquise&amp;#160;!&amp;#160;» Ce n’est pas grave, on est en phase d’expérimentation ! &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-align: justify; text-indent: -18pt;&quot;&gt;-&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;&amp;#160;L’Arlésienne et le refus de prendre le taureau par les cornes, devient lassant pour les hommes de terrains sur qui pèsent les responsabilités, à qui ont demande plus et souvent sont pris pour cible…&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les résultats des petites îles de la Caraïbe, la deuxième place de la Jamaïque, derrière les Etats-Unis, représente une zone géographique performante&amp;#160;: la&amp;#160;12ème place de Cuba, la 16ème de Barbade,&amp;#160; la 21ème&amp;#160; de Trinidad et Tobago,&amp;#160;la 22ème des Bahamas, 26ème de Puerto Rico. Ces résultats, comme d’habitude renvoient la question que font les &amp;#160;Antilles, ce qui&amp;#160; sous-tend&amp;#160; que font les Guadeloupéens, Martiniquais et Guyanais&amp;#160;? &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette année nos représentants étaient pourtant présents, dans une grande impuissance ma foi : Darien Garfield (haies), Eloyse Lesueur (longueur), Jessica Cerival (poids) et bien entendu les sprinters Ronald Pognon, Eddy Delépine, David Alerte finaliste du 200m, Solène Désert et Johanna Danois. La majorité d’entre eux s’entraîne en France sauf Johanna danois. Cette jeune athlète guadeloupéenne éliminée en demi-finale dans un contexte difficile (le mouvement social de la Guadeloupe) a montré plus que des dispositions. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle atteste que les talents peuvent travailler en Guadeloupe, dès qu’ils sont placés dans de bonnes conditions, facilitées par une dynamique municipale qui offre des installations performantes et laisse travailler paisiblement un entraîneur&amp;#160;: Ornélien Gombeau. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces dynamiques porteuses sont dans la lignée d’une tradition athlétique guadeloupéenne perdue.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Les lendemains de Berlin semblent prometteurs. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un plan Caraïbe pensé sans grande consultation locale nous sera bientôt présenté comme la nouvelle panacée. Cette soudaine promptitude à réagir m’interroge : est-il en mesure de répondre à l’ampleur du chantier dans des îles où le loisir prime sur le travail ? &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette brusque prise en considération des «&amp;#160;antillais&amp;#160;» qui découvre – enfin - les vertus de s’entraîner sur place ne doit se résumer à un plan de communication, une vaste récupération d’idées assemblées pêle-mêle, sans vouloir traiter les réelles causes, prendre en compte l’action des hommes de terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est peu question de reconnaissances de compétences locales, qui durant les 20 dernières années ont été savamment épuisées, peu encouragées voire combattues.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un grand nombre d’athlètes talentueux ont disparus. Ces talents tués résultent d’un état d’esprit institué et de pratiques destructrices qui ne s’avouent pas, mais qui sont bien actifs et bien entretenus dans nos Régions où il faut couper toutes les têtes qui dépassent.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tous ceux qui sont sur les terrains face aux jeunes sont capables de dire les difficultés, les vexations qu’ils doivent surmonter pour fidéliser les jeunes, leur donner le goût de l’effort,&amp;#160; surtout les rendre performant,&amp;#160;&amp;#160; leur permettre de s’entraîner et de mener leur scolarité de front, afin réussir sur les deux tableaux. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En effet, la réussite sportive pensée essentiellement par un accès au haut niveau, sans prendre en compte la réussite scolaire, universitaire, de l’emploi est un leurre et une histoire douloureuse de laissés-pour-compte bien connue de nos sportifs. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b&gt;Les stades se ferment délibérément. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La pratique de l’athlétisme qui attiraient les classes populaires est tributaire des coûts exorbitants de pratiques qui pèsent sur les clubs et les familles. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les hommes impliqués dans une telle aventure seront-ils réellement accompagnés et pris en considération au-delà de beaux discours&amp;#160;? &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les collectivités, les organisateurs de grandes compétitions qui invitent nos voisins de la Caraïbe savent les angoisses et le prix à payer pour maintenir des grands évènements, pour recevoir Bolt, Merrit, Philipps. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces manifestations prisées par la fédération internationale sont systématiquement boycottées par l’élite nationale. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est aussi bon de rappeler que nos îles voisines – contrairement à nous où l’athlétisme s’enseigne dès les petites classes - Cuba et la Jamaïque sont dotées de moins d’installations performantes que la Guadeloupe.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;#160;Penser le sport uniquement en termes d’infrastructures au détriment de la formation de cadres performants et de codes éthiques, la création d’un climat de confiance limite les actions et les degrés d’engagements. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le sport jamaïcain, cubain, trinidadien est pensé par des hommes passionnés fortement impliqués dans leur société respective,&amp;#160; par une haute idée politique qu’ils ont de leur pays, un état d’esprit, un pragmatisme de terrain et une volonté de réussir. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pendant plus de 10 ans, les entraîneurs jamaïcains se sont formés dans les plus grandes universités américaines, sont venu se mettre au service de leurs populations et s’engagent corps et âme pour leurs athlètes.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;b style=&quot;&quot;&gt;Le syndrome de Berlin&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Après les jeux olympiques de Berlin de 1936, les exploits de Jesse Owens ont conduit la Fédération Française d’athlétisme à s’intéresser à l’Afrique en organisant avec un quotidien L’Auto. Cette entreprise prit le nom de la «&amp;#160;mission l’Auto&amp;#160;», c’est-à-dire la recherche de la «&amp;#160;perle noire&amp;#160;» pour renforcer les équipes de France. Deux ans après, cette mission fut abandonnée après un grand échec, aucun athlète talentueux n’a été détecté. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le plan Caraïbe annoncé semble être le même réflexe de nature épidermique, espérons que les issues soient plus favorables. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette professionnalisation qui nous est annoncée, sans dire son nom, sans se décliner sera-t-elle au service de nos jeunes ? &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sera-t-elle en mesure de créer de nouveaux modèles d’excellence et d’identification ? &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sera-t-elle au service de l’image de nos Régions ?&lt;/p&gt;
Harry P. Mephon
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sociologue, auteur de &lt;i style=&quot;&quot;&gt;Corps et Société en Guadeloupe. Sociologie des pratiques de compétitions. P&lt;/i&gt;resses Universitaires de Rennes 2007&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entraîneur d’athlétisme&lt;/p&gt;</content>
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  <title>Lancement du DrépaCTION</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2009/06/02/125188-lancement-du-drepaction" />
  <issued>2009-06-02T18:54:50+00:00</issued>
  <modified>2009-06-02T18:54:50+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Au bout du petit matin, le morne au sabot inquiet et docile — son sang impaludé met en déroute le soleil de ses pouls surchauffés.</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped">&lt;p&gt;Au bout du petit matin, le morne au sabot inquiet et docile — son sang impaludé met en déroute le soleil de ses pouls surchauffés.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;titlepage2r&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La drépanocytose: première maladie génétique&lt;/strong&gt;&lt;b&gt; &lt;strong&gt;au monde et en France, et pourtant la plus méconnue&lt;/strong&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;textenormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Patrick Karam,&lt;em&gt; délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer&lt;/em&gt;,&lt;br /&gt;
et France Ô / RFO présentent: le DrépaCTION 2009, première édition d'une grande opération de sensibilisation&lt;br /&gt;
et d'appel aux dons pour la lutte contre la drépanocytose du &lt;strong&gt;13 au 19 juin 2009&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;textenormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'Assemblée générale de l'ONU se réunira le 19 juin pour officialiser cette date comme étant&lt;br /&gt;
la première journée internationale de lutte contre cette maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;textenormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une conférence de presse de présentation de l'opération aura lieu le &lt;strong&gt;jeudi 4 juin&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;2009&lt;/strong&gt; à 18h&lt;br /&gt;
à la délégation interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer (salle Félix Éboué - 27, rue Oudinot Paris 7ème).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;texterouge&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Samedi 13 juin 2009 20h au Zénith de Paris &lt;/strong&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;
une vingtaine d'artistes se donnent la main pour cette soirée de gala… &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Jacob Desvarieux, Jean Philippe Marthély, Passi et le groupe Bisso Na Bisso, SHOUBOU,&lt;br /&gt;
Medhy Custos, Soft, Neg'Marrons et bien d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Location au tarif unique de 20€ à la FNAC, Carrefour, au 0892 68 36 22 (0, 34€/min).&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'intégralité des bénéfices sera reversée au Collectif «Ensemble contre la Drépanocytose».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La drépanocytose est en France la maladie génétique la plus répandue et pourtant la plus méconnue.&lt;/strong&gt; Il s'agit d'une anomalie de l'hémoglobine qui altère le transport de l'oxygène dans le sang et déclenche des crises extrêmement douloureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'OMS, l'UNESCO et l'ONU, l'ont classée au quatrième rang dans leurs priorités de santé publique mondiale (derrière le cancer, le virus du VIH et le paludisme).&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;150'000 de nos compatriotes sont porteurs du gène&lt;/strong&gt; drépanocytaire et plus de&lt;strong&gt; 12'000 personnes sont malades dans notre pays.&lt;/strong&gt; Principales populations touchées: les familles ultramarines de l'Hexagone et d'Outre-mer, mais aussi les Français originaires d'Afrique sub-saharienne et d'Afrique du Nord. Cette appartenance aux minorités fait que les familles concernées éprouvent un sentiment d'oubli voire de discrimination à leur égard. À ce ressenti s'ajoute l'injustice d'une méconnaissance de cette affection en France par rapport aux pays européens voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Patrick Karam, a proposé, avec le concours des meilleurs spécialistes, un plan d'action de grande envergure. Il a également impulsé en avril 2009 la création du Collectif «&lt;strong&gt;&lt;i&gt;Ensemble contre la Drépanocytose&lt;/i&gt;&lt;/strong&gt;» présidé par Mme Jenny Hippocrate-Fixy. Ce collectif fédère soixante associations qui luttent au quotidien contre la maladie et accompagnent les familles.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La conférence de presse du jeudi 4 juin permettra de lever le voile sur le DrépaCTION. Cette opération organisée par la délégation interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer en partenariat avec le Collectif «Ensemble Contre la Drépanocytose», France Ô/RFO, Tropiques FM et le groupe Bernard Hayot (GBH) prévoit:&lt;/p&gt;
&lt;ul type=&quot;disc&quot;&gt;
    &lt;li class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un      grand concert au Zénith de Paris le samedi &lt;strong&gt;13 juin&lt;/strong&gt; 2009      pour le lancement de la campagne;&lt;br /&gt;
    &amp;#160;&lt;/li&gt;
    &lt;li class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un      comité de parrainage du DrépaCTION qui comprend des personnalités de      premier plan;&lt;br /&gt;
    &amp;#160;&lt;/li&gt;
    &lt;li class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un      site Internet dédié et un appel à la générosité publique pour récolter des      fonds qui seront reversés en faveur du Collectif «&lt;em&gt;Ensemble contre la      drépanocytose&lt;/em&gt;»&amp;#160;pour la Recherche;&lt;br /&gt;
    &amp;#160;&lt;/li&gt;
    &lt;li class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Des      partenariats avec les médias, dont de grands groupes nationaux. Le      DrépaCTION sera notamment relayé par l'ensemble des chaînes du groupe      France Télévisions et Trace TV;&lt;br /&gt;
    &amp;#160;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;De multiples actions dans toute la France organisées par le Collectif «&lt;em&gt;Ensemble contre la drépanocytose&lt;/em&gt;».&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;b&gt;Prenons en charge nos problèmes &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img align=&quot;left&quot; style=&quot;margin: 1em;&quot; src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/AudreyetSarah-Vinga.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Bonjour mes ami(e)s,&amp;#160; confrères et consœurs, les Pyétons et Pyétonnes. &lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Je vous soumets &amp;#160;un communiqué de la Délégation interministériel &amp;#160; à propos&amp;#160; de la première DREPACTION.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Une de mes filles est atteinte de la drépanocytose, elle est&amp;#160; porteuse des deux gènes et&amp;#160; comme ils disent,&amp;#160; elle est à 100 %.&amp;#160;&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Des chercheurs&amp;#160; ont vu une corrélation entre «&amp;#160;l’aire du buffle&amp;#160;»&amp;#160; et la propagation de cette maladie, qui correspond à une mutation génétique de l’hémoglobine. Quand on est porteur d’un seul gène, l’individu se trouve protégé de la malaria, du paludisme, maladie tuant plus de 2 000 000 de personne par an&amp;#160; dans le monde.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Mais lorsque les parents, la mère et le père transmettent à l’enfant chacun leur gène, ce qui protège les parents «&amp;#160;tue&amp;#160;» leur progéniture. C’est une maladie qui cause d’atroces douleurs, une souffrance pour l’enfant et pour les parents qui se sentent responsable d’avoir transmis à l’enfant ce fameux gène, mais l’un des deux parents doit faire une croix sur sa vie professionnelle, car il faut être en permanence avec l’enfant, l’adolescent voire même plus tard, car la crise survint à n’importe quel moment.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Lorsque ma fille est née, un&amp;#160; ou deux mois après, elle était hospitalisée et c’est à ce moment que les médecins nous ont parlé de cette maladie, nous demandant si nous avions fait le test.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Nous n’avions jamais entendu parler de la drépanocytose, nous fîmes le test,&amp;#160; nous étions hétérozygotes, porteur d’un seul gène. Les tests faits sur notre bébé révélaient qu’elle était porteuse des deux gènes, et je me souviens du médecin nous&amp;#160; annonçant la nouvelle (ma compagne et moi) d’une voix banale, détachée&amp;#160;: - Votre fille a&amp;#160; 6 mois à vivre&amp;#160;!&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Puis rajoutait qu’il ne comprenait pas pourquoi ses collègues n’avaient pas fait le test de dépistage&amp;#160;!&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;On reçoit le diagnostic comme un&amp;#160;coup de poing, on reste sans voix, sans réaction, on ne peut que s’asseoir, incapable de formuler quoi que ce soit, ma compagne retient ses larmes, mais nous sommes défaits.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Puis,&amp;#160; quelques temps après,&amp;#160; j’apprends&amp;#160; qu’une loi, décret ou circulaire, disons un acte obligeait les hôpitaux (médecins gynécologues)&amp;#160; à faire un test chez les femmes d’origine antillaise, africaine de l’ouest, indienne lors du deuxième mois de la grossesse, ils prélèvent un « petit&amp;#160;bout» du placenta, qui est analysé afin de déterminer si le fœtus est porteur de la maladie,&amp;#160; si oui ils avortent.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Ils avaient oublié de le faire, ils avaient oublié de faire l’examen.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Oui, cela arrive l’homme est faillible, ma fille a 23 ans, elle est à 100 % invalide, pas dans le sens où elle n’a pas l’usage de son corps, de ses membres, elle est normale sauf qu’elle traîne une jambe,&amp;#160; une des&amp;#160; séquelles due à crise aigue (embolie cérébrale) et tous les 15 jours ou tous les mois, on la branche sur un appareil afin de lui changer le sang.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;L’enfant fera toutes les maladies possibles et existantes,&amp;#160;l’enfant passera 6 mois de l’année à l’hôpital, pas n’importe lequel, pour ma fille ce fut Necker, puis une fois adulte l’hôpital Henri Mondor de Créteil, il fut pas toujours possible pour la mère&amp;#160; de prendre un lit pour rester auprès de l’enfant, alors&amp;#160; tous les jours faire les 40 km en transport en commun pour arriver à l’heure des visites et partir le plus tard possible.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Quand le personnel soignant était compatissant il vous laissait dans la chambre jusqu’à 22 h, d’autres vous rappelaient que l’heure des visites est terminée et vous devez partir …&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Lors d’une conférence sur cette maladie, il y a quelques jours,&amp;#160;&amp;#160; j’ai appris qu’il naissait en France chaque année 7 000 enfants atteints de la drépanocytose.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Chaque année, ils oublient 7 000 fois de faire le test de dépistage&amp;#160; de la drépanocytose.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Je vous laisse en tirer la conclusion !&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;#160;C’est la première maladie génétique en France, elle devance en nombre de malades &amp;#160;la myopathie et d’autres maladies génétiques bénéficiant des levées de fonds grâce&amp;#160; au Sidaction.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;#160;Bien sûr, la drépanocytose&amp;#160; n’a pas ces égards, pas d’émissions pour récolter des fonds. C’est sans importance, d’ailleurs 97 % des gens ignorent que cette maladie existe.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;#160;Heureusement que les Etasuniens font de la recherche et développent des médicaments, ceux qui ont permis à ma fille de fêter sa 23 eme année.&amp;#160;&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;Aujourd’hui, il y a une DREPACTION, les artistes se sont mobilisées, les bénéfices récoltés lors de ce concert seront reversés au Collectif «&amp;#160;Ensemble contre la Drépanocytose. »&amp;#160;&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;J’ai eu l’assurance verbale du Délégué interministériel à l’égalité des chances des … P. Karam, qu’il en sera ainsi.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Je vous demande de relayer cette information à tous vos contacts, afin que le ZENITH soit plein le 13 juin à 20 h&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Prenons en charge nos problèmes, ceux qui peuvent y aller c’est 20 euros la place.&amp;#160;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Merci pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;Tony Mardaye&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pyepimanla.com/10-mai-juin-0229/logo/pdf/Dr%E9paction%201.pdf&quot;&gt;&amp;#160;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pyepimanla.com/10-mai-juin-0229/logo/pdf/Dr%E9paction%201.pdf&quot;&gt;Communiqué&lt;/a&gt; 1 - &lt;a href=&quot;http://www.pyepimanla.com/10-mai-juin-0229/logo/pdf/Dr%E9paction%202.pdf&quot;&gt;Communiqué&lt;/a&gt; 2 (pdf)&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;#160;&lt;/p&gt;

&lt;hr align=&quot;left&quot; width=&quot;33%&quot; size=&quot;1&quot; /&gt;

&lt;p class=&quot;MsoFootnoteText&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;&quot; href=&quot;http://www.pyepimanla.com/#_ftnref1&quot; name=&quot;_ftn1&quot; title=&quot;&quot;&gt;[1]&lt;/a&gt; La&amp;#160; drépanocytose&amp;#160; est une maladie due à une malformation génétique de l'hémoglobine. Dans l'hémoglobine anormale (hémoglobine S), un acide aminé en remplace un autre (une valine remplace l'acide glutamique en position 6 de la chaîne protéique). Cela entraîne une anémie tandis que les globules rouges, normalement circulaires, ont une forme en lame de faux. Cette malformation est léthale à l'état homozygote (c'est-à-dire lorsque le gène S est présent à deux exemplaires), et son maintien dans des populations humaines à l'état hétérozygote (un seul exemplaire du gène S) est certainement le résultat d'un &quot;avantage sélectif&quot;. Ceci a été suggéré par les distributions géographiques en grande partie superposables de la drépanocytose et du paludisme à &lt;i&gt;Plasmodium falciparum&lt;/i&gt;. L'hémoglobine S, en conférant une certaine résistance (d'origine non immunitaire !) au paludisme à &lt;i&gt;P. falciparum&lt;/i&gt; chez les individus hétérozygotes, aurait été sélectionnée parce qu'elle donne un avantage aux porteurs de la mutation. &lt;a href=&quot;http://www.tribunes.com/tribune/art97/com.htm&quot;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</content>
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  <title>ESCLAVAGE : PSEUDO-HISTORIENS, VRAIS NEGATIONISTES</title>
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  <issued>2008-05-01T13:13:26+00:00</issued>
  <modified>2008-05-01T13:13:26+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Depuis quelque temps, sous la houlette de l’historien français Olivier Pétré-Grenouilleau, un vaste mouvement de réécriture du phénomène de l’esclavage est en cours. On sait la polémique...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;img src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/esclave-1000.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Depuis quelque temps, sous la houlette de l’historien français Olivier Pétré-Grenouilleau, un vaste mouvement de réécriture du phénomène de l’esclavage est en cours. On sait la polémique qu’avait entraîné les thèses défendues par ce dernier et par quelques porteurs d’eau africains et antillais, notamment la principale d’entre elle, à savoir que l’esclavage arabo-musulman fut pire, ou en tout cas plus important, que l’esclavage atlantique pratiqué par les Européens. Il s’agissait là, ni plus ni moins, que d’un retour à de vieilles thèses relativistes datant du début du XXe siècle qui mettaient sur le même plan esclavage antique (Grèce, Rome etc.), servage asiatique, esclavage arabo-musulman et esclavage euro-atlantique. Il s’agissait, plus profondément, de nier la spécificité de l’esclavage euro-atlantique en la ramenant à une forme d’asservissement de l’homme par l’homme comme une autre, alors que justement cet esclavage a nié la qualité d’être humain à l’Africain déporté. Pire : il a engendré tout un ensemble de théories racistes visant à classer les « races humaines » et plaçant la noire tout au bas de l’échelle. Par comparaison, l’esclavage arabo-musulman n’avait rien de racial puisqu’il mettait dans les fers aussi bien les Africains noirs que les Européens. Il y eut ainsi plus d’un million d’esclaves « blancs » en Afrique du Nord au cours des Xe et XIe  siècles et, par exemple, Cervantès, le célèbre auteur de « Don Quichotte », fut capturé par les Barbaresques et mena trois ans durant une vie d’esclave à Alger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Comment donc ne pas voir la spécificité de l’esclavage euro-atlantique, son caractère inouï, profondément scandaleux ? Et ici, Christiane Taubira a eu parfaitement raison, au moment de la rédaction de la loi qui porte son nom, de refuser d’écouter les sirènes qui lui demandaient de l’étendre à « toutes les formes d’esclavage ». S’il est évident qu’il y a des éléments commun à toutes les formes d’asservissement qui se sont produites au cours de l’histoire humaine, et cela à travers toute la planète, il n’en demeure pas moins que l’esclavage euro-atlantique est le seul qui ait rejeté l’asservi dans la pure animalité. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Dans le sillage du relativisme Pétré-Grenouillesque s’est greffé plus récemment un courant beaucoup plus néfaste que l’on peut qualifier sans détour de « courant négationniste ». En clair, il s’agit pour ces pseudo-historiens, martiniquais et surtout guadeloupéens, de nier le caractère profondément inhumain de la plantation esclavagiste, de replacer « dans leur contexte », comme ils disent, les atrocités et les abominations commises par les colons européens et finalement de banaliser ce qu’aux Etats-Unis, on appelait à juste raison « l’institution particulière ». Il est effarant de constater que ce sont des Antillais, auto-proclamés historiens, qui s’attèlent à cette tâche ignoble qui, s’agissant d’autres « crimes contre l’humanité », leur aurait valu convocation immédiate devant les tribunaux. Auto-proclamés parce qu’il faut se garder de confondre « enseigner l’histoire » et « faire de l’histoire », exactement comme personne ne confond  « enseigner la littérature » avec « faire de la littérature ». En effet, il ne suffit pas de passer des heures ou des jours entiers aux archives, d’en extraire tel ou tel document que l’on commentera par la suite dans un article ou un livre, pour s’arroger du titre d’historien. Un historien, comme un écrivain, doit avoir une théorie. Une théorie de l’histoire. Avant de nous brandir triomphalement telle découverte dans telle archive ou d’asséner des arguments d’autorité, il doit expliciter ses présupposés théoriques et indiquer clairement dans quel cadre de pensée il situe son travail. De même, un écrivain qui n’a pas au départ une théorie de l’écriture n’est qu’un littérateur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


                                       EPISTEMOLGIE ADAPTEE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


En fait, quand on compare, le fonctionnement des différentes Sciences Humaines aux Antilles, on se rend compte que l’histoire__en particulier, celle pratiquée par les négationistes__est la seule à n’avoir pas fait l’effort de réfléchir à une épistémologie adaptée à nos particularités. La seule à n’avoir pas ressenti le besoin de proposer de nouveaux concepts opératoires. Tant en linguistique, qu’en analyse littéraire, en anthropologie et sociologie, ou encore en économie, nos spécialistes se sont attelés, depuis au moins trois décennies, à produire un savoir fondé non pas seulement sur les principes généraux de leur discipline tels qu’ils sont généralement en usage en Europe ou en Amérique du Nord, mais aussi sur de nouveaux découpages du réel, du réel antillais s’entend, de nouvelles manières de conceptualiser ce dernier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ainsi, en analyse littéraire, aucun chercheur antillais ne se contente de se référer seulement à Roland Barthes, Gérard Genette ou quelques autres autorités occidentales en la matière. Il dispose désormais de tout un appareillage conceptuel forgé pour la littérature antillaise et sa spécificité. Ainsi le concept de « diglossie littéraire », concept central, fondamental, à partir duquel vont s’articuler ceux de « langue indigène du récit », « procuration linguistique », « surconscience linguistique », « souveraineté littéraire » et bien d’autres. Mieux, une véritable transversalité s’est instaurée entre les quatre disciplines susnommées lesquelles non seulement puisent dans l’une ou l’autre selon les besoins, mais travaillent autour du même concept : par exemple, celui de « créolisation », lui aussi fondamental.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Il n’y a que l’histoire à être demeurée à l’écart de ce recentrage épistémologique et à continuer à nous asséner, imperturbablement des choses du genre « Le 12 février 1840, le gouverneur Untel a décrété ceci… » ou « A la fin du 19è siècle, les ouvriers agricoles entamèrent des grèves… ». A continuer, ce qui est tout aussi grave, à ignorer l’apport théorique de l’anthropologie antillaise ou de l’analyse littéraire antillaise, disciplines auxquelles nos historiens ne font qu’allusion sans qu’on comprenne bien comment lesdites allusions s’articulent à leurs démonstrations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Nous posons donc la question : où est l’épistémologie des sciences historiques adaptée à notre réalité ? Quels en sont les concepts opératoires ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Parmi, tous ces prétendus historiens, le plus inconsistant théoriquement, celui chez qui, malgré beaucoup d’esbroufe, on dénote la plus grande vacuité conceptuelle n’est autre que le dénommé Frédéric Régent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


                                     ARCHIVE SYMBOLIQUE&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Quelle est donc la théorie, quelles sont les théories sur lesquelles s’appuient les Antillais et Africains qui grenouillent dans le sillage de Pétré-Grenouilleau ? Aucune ! Or, s’agissant des pays colonisés, en particulier ceux où l’écriture était du seul ressort du maître ou du colon (ce qui ne fut pas le cas de l’Asie ou du monde arabe où malgré la domination coloniale, les indigènes purent conserver une certaine maîtrise de l’écrit dans leur propre langue), il y a une véritable critique des archives à opérer. Il y a à réfléchir à la notion même d’archive. D’abord, on note que celle-ci n’émane que du maître et de lui seul ; ensuite, il apparaît que ce qui est archivé ne visait qu’à asseoir le pouvoir du maître et était donc souvent délibérément tronqué ou manipulé. Chiffres, listes, notations diverses, actes juridiques parfois, tout ce qui est de la main du colon ou de l’Etat colonial est suspect ou, en tout cas, doit être interrogé. Enfin, nos petits Pétré-Grenouilleau locaux font carrément l’impasse sur ce que Dany Bébel-Gisler appelait dans « Le Créole, force jugulée (L’Harmattan, 1972) « l’archive symbolique » de notre culture à savoir le créole et toutes les productions orales dans cette langue (contes, récits familiaux, proverbes, chants de travail etc.). Ils font donc abstraction de l’esclave, du vécu de l’esclave. En ne fondant leur propos que sur l’écrit du maître blanc, ils font comme si l’esclave noir était demeuré les bras croisés et n’avait pas, au cœur même de l’effroyable, recréé une nouvelle culture, un nouveau rapport au monde. Pour ces messieurs, l’esclave n’écrit pas donc il n’a rien à dire !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Au-delà de l’absence de toute réflexion théorique, ce qui est plus scandaleux chez eux, c’est qu’en s’employant à minimiser les atrocités de la période esclavagiste, ils poursuivent en réalité un autre but, un but soigneusement dissimulé, masqué : montrer qu’en dépit de tout ce que nous a fait subir la puissance coloniale, nous pouvons aujourd’hui continuer à vivre en son sein car grâce à de grands hommes, de grands humanistes émanant de cette même puissance, nous avons pu recouvrer notre dignité d’homme et manger à la même table que nos anciens maîtres. Ce négationnisme est donc une forme de néo-assimilationnisme. Il vise à brouiller les cartes et à nous faire perdre de vue, ce qu’Aimé Césaire a nommé « le génocide par substitution ». Le négationnisme de ces pseudo-historiens, dont certains ont vainement tenté d’entrer à l’Université, sert en fait le phénomène de caldochisation, c’est-à-dire le remplacement des Antillais à tous les postes de responsabilité par des gens venus d’ailleurs. En donnant des gages aux Caldoches, en relativisant l’esclavage, en se faisant les porteurs d’eau des Pétré-Grenouilleau et autres, ils espèrent telle ou telle gratification : poste de directeur de telle institution ou tel organisme de l’Etat français, petit chef de ceci ou de cela, invité systématique des plateaux-télés coloniaux etc. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Tous ceux qui ont la nation martiniquaise ou guadeloupéenne chevillée au corps se doivent de combattre avec la dernière énergie les négationnistes car ces derniers, en répandant leur discours mensongers dans l’esprit de nos élèves et de nos étudiants, sont en fait à la pointe du combat pro-assimilation. Ils sont les nouveaux hussards de l’entreprise d’éradication de notre identité créole. Ils ne visent ni plus ni moins, en final de compte, qu’à prouver que, malgré l’esclavage, nous avions vocation à devenir de bons Français. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Historiens, ces gens-là ? Que non ! Agents du colonialisme français.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;
Raphaël Confiant&lt;/strong&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Mars 1948, retour sur la répression sanglante du Carbet.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2008/03/19/69266-mars-1948-retour-sur-la-repression-sanglante-du-carbet" />
  <issued>2008-03-19T23:04:11+00:00</issued>
  <modified>2008-03-19T23:04:11+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Ce mois de mars 2008, se caractérise dans l'histoire martiniquaise par un funeste cinquantenaire, celui d'une répression sanglante  ayant eu lieu  le 4 mars 1948  dans la petite commune du...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;img src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/martiniquaise-1940.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ce mois de mars 2008, se caractérise dans l'histoire martiniquaise par un funeste cinquantenaire, celui d'une répression sanglante  ayant eu lieu  le 4 mars 1948  dans la petite commune du nord caraïbe, celle du Carbet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Pour comprendre ce qui c'est passé ce jour là, il est impératif de contextualiser cet évènement en  brossant un tableau de la situation de l'île à cette époque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Il faut se remémorer, durant la seconde guerre mondiale, la Martinique, comme d'autres colonies a largement pourvu à l'effort de guerre, nombre de Martiniquais et Guadeloupéens sont entrés en dissidence, ils sont partis renforcer les rangs des troupes de l'armée française de libération, et aussi  la Martinique a été contrainte de vivre une période drastique particulièrement traumatisante,  car coupée de la métropole qui ne peut plus la ravitailler, ni exporter sa production, la Martinique  se retrouve  confrontée aux pénuries, aux rationnements et les files s'allongent devant  les magasins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Au lendemain de la guerre, la Martinique est exsangue, en proie à une situation de délabrement économique et social des plus atroce.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


L'excèdent naturel annuel qui est de l'ordre de 2 993   à cette époque, est loin d'être un atout, un élément dynamique grâce auquel la Martinique pourrait se développer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


La population active comptabilisant 73 000 travailleurs, est majoritairement  employée dans le secteur agricole (41 422), ceci contribue à expliquer la raison pour laquelle, le tissu industriel est quasi-inexistant, en outre, en 1948, l'industrie est  axée sur la distillation de la canne à sucre, ainsi l'industrialisation est étroitement liée et dépendante de l'agriculture coloniale, aux conditions de travail pénibles, aux conditions salariales peu rémunératrices pour les ouvriers agricoles.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

A coté de cette agriculture industrielle et coloniale, jouxte tant bien que mal, ce que l'on pourrait englober dans un secteur tertiaire restreint, à savoir les fonctionnaires, les artisans, les commerçants et les professions libérales.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Par-dessus cet état de fait marqué par de fortes tensions sociales, se greffe une situation de sous-développement dramatique du pays.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

La société est foncièrement inégalitaire, il y a un important clivage entre la minorité possédante (essentiellement béké) et  la majorité de la population réduite à une misère économique et sociale insupportable.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Le gros de la population se compose de familles nombreuses, vivant entassées dans des cases d'une  à deux pièces, dans des quartiers populaires qui ont des allures de taudis, les infrastructures sanitaires sont absentes, les hôpitaux sont d'une grande insalubrité, d'une grande pauvreté et le dénuement y est tel, que l'on est obligé d'amasser les bébés par 3 ou 4 dans des caisses en bois en guise de berceaux, les écoles sont aussi  dans un état pitoyable avec des locaux exigus et sordides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Face à cela, le peuple a réagi et une lutte s'est alors engagée sur un plan social et politique, impulsée par des forces populaires s'appuyant sur les syndicats d'une part (la CGT, la Fédération des syndicats de fonctionnaires) et sur les partis politiques d'autre part, principalement le parti communiste (PC) et son organe de presse Justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ces éléments moteurs estimaient qu'il fallait passer par la lutte pour extirper le pays de la pauvreté.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Mais en 1948, l'histoire des relations internationales  où l'on verra le bloc capitaliste et communiste s'affronter dans une répartition bipolaire du monde, venir influer sur l'histoire martiniquaise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


En effet, sept mois auparavant, le 23 août 1947, débarque le tout premier préfet de l'histoire de la Martinique, M. Pierre Trouillé, de nombreux espoirs sont fondés par la population, mais c'est en vain, car le préfet n'a  été nommé pour apaiser les tensions sociales, ni pour améliorer le quotidien des Martiniquais, il était au contraire mandaté pour enrayer par tous les moyens possibles les révoltes sociales et contrer les éléments communistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ainsi, en Martinique à cette époque,  il y avait  deux camps qui s'opposaient, d'un coté, les aspirants aux changements en matière de protection sociale et de droits du travail, c'est à dire la population noire dans sa grande majorité, et  de l'autre coté,  les possédants, la population blanche, notamment les békés  partisans du statut-quo, ils ont un allié de poids en la personne du préfet Trouillé.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les forces progressistes s'inscrivent dans une logique dictée par l'urgence de leur condition, alors que les autres ont plutôt intérêt à ce qu'il y ait peu d'évolution.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ces deux logiques antagonistes ont conduit aux évènements du 4 mars 1948.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les faits ont comme localisation initiale l'habitation Lajus au Carbet, un domaine colonial racheté en 1919 par Jaques Bailly sur lequel il a transféré sa distillerie de l'habitation Dariste en 1921 par autorisation du gouverneur, une mutation agro-industrielle loin d'avoir été anodine puisque c'est dans cette distillerie où ont été réalisés les tous premiers rhums vieux de la Martinique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Mais en 1948, les coupeurs de cannes de la plantation Lajus, qui depuis janvier ne sont payés que partiellement, réclamaient au 1er mars  que les dispositions, prises un an auparavant pour la coupe de la canne, dans les pièces encombrées d'herbes hautes et de lignes, soient mises en application.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le distillateur  J.Bailly leur a opposé une fin de non recevoir et  a exclu un aménagement prévoyant une diminution du travail en la matière et encore moins d'en modifier à la hausse son coût. Ce qui revenait à s'opposer ni plus ni moins à l'application d'une mesure légale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ce refus a entraîné la cessation immédiate du travail de tous les ouvriers agricoles de la plantation, un arrêt jugé comme une impudence par le gros distillateur qui en guise de négociation à fait mander les forces de l'ordre, leur enjoignant de ne pas hésiter à faire usage de leur armes à feu sur les grévistes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le 4 mars, après trois jours de grève où chacun campaient sur ses positions, J.Bailly change de tactique et invite ses ouvriers à venir à  l’habitation Lajus percevoir le complément de leur solde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les syndicats perçoivent cela comme une machination, un appeau patronal, mais ils ne peuvent empêcher les travailleurs grévistes d'aller recevoir le salaire qui leur est dû.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

A 18 heures l'opération achevée les ouvriers regagnent le bourg, ils cheminent le long de la RN2 quand ils croisent sur leur route une jeep provenant de Saint-Pierre et ayant à son bord une dizaine de gendarmes environs.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

En arrivant à hauteur d'un gréviste et de son épouse restés en arrière du groupe,  les gendarmes  stoppent alors leur véhicule et s'acharnent à coups de crosses sur André Jacques. Ils se livrent à un passage à tabac en règle, Yvonne Jacques  tente de venir en aide à son mari,  elle se fait tirer dessus, la  balle l’atteint à la jambe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le bruit des déflagrations alerte les ouvriers qui rebroussent chemin et  interviennent pour prêter assistance à leurs camarades.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le frère du molesté, Henry Jacques tente de désarmer le  tireur, mais il est  mis en joue par les gendarmes et abattu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ce soir là les balles ont fusées au Carbet tuant trois personnes, les deux frères Jacques et Mathurin Dalin et blessant grièvement deux autres personnes, madame Jacques et André Balmer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ces évènements ont été relatés dans le journal Justice, faisant exception dans une presse peu loquace mais cette dénonciation déplaira fortement  au préfet Trouillé qui fera en sorte que les journalistes des articles soient condamnés pour &quot;diffamation&quot; à six mois de prison et le journal à 100 000 francs d'amende.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Néanmoins, cette fusillade a consterné la population martiniquaise, le petit   peuple martiniquais, c'est même dit,  qu'à l'époque de l'amiral Robert pendant la seconde guerre mondiale (An tant Robè), on n'avait pas osé tirer sur des travailleurs, mais c'était oublier les précédents de 1900 au François ( 10 morts) et de 1925 à Bassignac à Trinité ( 2 morts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les luttes ouvrières martiniquaises sont parsemées de cadavres, les békés ne sont pas privés  afin de protéger leurs intérêts faire appel à la gendarmerie ou  de recourir à leurs sbires et spadassins pour éliminer, ceux qu’ils estimaient gênant à la bonne marche de leurs affaires et  ce 4 mars 1948  a été en Martinique  une autre journée marquée par la répression sanglante des forces coloniales,  et à nouveau ce même Trouillé  3 ans plus tard, le 7 mars 1951 donnera l’ordre à ses gendarmes de tirer sur la foule. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;
Emmanuelle Deschè&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.pyepimanla.com/mars-2008/articles/actualites/histoire-martinique.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;source&lt;/a&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Enfin un dictionnaire du créole martiniquais !</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2007/10/02/59599-enfin-un-dictionnaire-du-creole-martiniquais" />
  <issued>2007-10-02T14:38:25+00:00</issued>
  <modified>2007-10-02T14:38:25+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Les Martiniquais en avaient fini presque par en faire un complexe : ils étaient jusqu’à cette année 2007, le seul et unique peuple créolophone de la planète à ne pas disposer d’un dictionnaire...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;img src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/dictionnaire-1-reduit.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Les Martiniquais en avaient fini presque par en faire un complexe : ils étaient jusqu’à cette année 2007, le seul et unique peuple créolophone de la planète à ne pas disposer d’un dictionnaire pour son créole. Même des créoles parlés par une petite population, comme le marigalantais, ou en voie d’extinction comme le louisianais, en possédaient un et cela,  depuis des décennies. Nous avions certes d’excellentes grammaires du créole martiniquais (Jean Bernabé, Robert Damoiseau etc…), de très bonnes études d’anthropologie créole (Gerry et Thierry L’Etang, Raymond Relouzat etc.), d’innombrables travaux sur la littérature créole et, depuis le début des années 70 du siècle dernier, un nombre conséquent de publications poétiques, théâtrales ou romanesques en langue créole, mais pas de dictionnaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

    Eh bien, voici que cet « oubli » est désormais réparé grâce à Raphaël Confiant et aux éditions Ibis Rouge !  Et le résultat est plus qu’impressionnant :&lt;br /&gt;

  - plus de 1.470 pages en 2 volumes&lt;br /&gt;

   - près de 20.000 entrées&lt;br /&gt;

   - environ 15.000 citations d’auteurs créolophones visant à illustrer ces entrées à la manière du dictionnaire Littré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


Ce travail colossal, qui a duré près d’une quinzaine d’années, est le fruit du travail acharné et solitaire d’un seul homme : Raphaël Confiant. On notera d’emblée le caractère insolite de l’entreprise car de nos jours, et cela quelle que soit la langue, plus aucun dictionnaire ne s’élabore tout seul. Il y a toujours un maître d’œuvre épaulé par toute une équipe de collaborateurs. C’est dire que R. Confiant a travaillé à l’ancienne, à la manière des dictionnaristes du 19è siècle, bénéficiant toutefois de ce formidable outil qu’est l’ordinateur. La préface de l’ouvrage nous éclaire quelque peu sur la méthode mise en œuvre par l’auteur qui nous apprend d’emblée qu’il n’a pas fait d’études lexicographiques au sens propre du terme à cause de « la relation problématique qu’entretient le Martiniquais avec son vernaculaire ». En clair, il n’a pas procédé comme le font tous les lexicographes du monde, c’est-à-dire bâtir des questionnaires et se rendre sur le terrain pour interroger les locuteurs. Il a procédé « de biais », comme il le dit lui-même, c’est-à-dire en profitant des enquêtes ethnographiques qu’il menait pour l’écriture de romans tels que « Commandeur du Sucre » ou « Régisseur du rhum ». Pendant qu’il interrogeait tel vieux commandeur d’habitation sur son métier, il en profitait pour relever dans le même temps les mots liés à la coupe de la canne à sucre, par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

D’autre part, R. Confiant a aussi dépouillé presque tout ce qui a été écrit en créole depuis que le créole martiniquais s’écrit à savoir depuis la publication du recueil de fables de la Fontaine traduites en créole, « Les Bambou » (1846), dues à la plume d’un Béké dénommé François-Achille Marbot jusqu’à l’actuelle rubrique hebdomadaire (2007) de Jid, « Kréolad », dans le magazine « Antilla », en passant par les œuvres de Gilbert Gratiant, Marie-Thérèse Lung-Fou, Georges Mauvois, Monchoachi, Joby Bernabé, Térez Léotin, Georges-Henri Léotin, Jala, Serge Restog, Jeff Florentiny, Vincent Placoly, Jean-François Liénafa, Serge Restog, Robert Nazaire, Marcel Lebielle, Daniel Boukman etc…On s’aperçoit au passage, en lisant les citations d’auteur qui accompagnent les entrées, que la littérature martiniquaise en langue créole est beaucoup plus riche qu’on ne le croit généralement. La raison de sa semi-invisibilité est sans doute due à son manque de médiatisation et surtout au fait que le créole est finalement assez peu enseigné à l’école, chose qui aurait permis au plus grand nombre de connaître lesdites œuvres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

En explorant donc le lexique du créole martiniquais sur près d’un siècle et demi, l’auteur nous donne à lire une sorte de dictionnaire historique et non un simple dictionnaire de la langue telle qu’elle est parlée aujourd’hui. Les vieux mots (ou archaïsmes) tels que « tondilié » (tonnelier), « komotif » (locomotive) ou encore « chaspann » (puisette) y côtoient les mots nouveaux (ou néologismes) tels que « kouchal » (en mauvais état) ou « djonmpi » (SDF drogué). Autre point intéressant : toutes les variantes phonétiques sont scrupuleusement notées comme pour « lariviè »/ « lawviè »/ « layiviè » (rivière).  D’autre part, l’auteur s’est soucié de l’étymologie puisqu’on y apprend que « kouliwou » vient du caraïbe, « manawa » de l’anglais, « katjopin » de l’espagnol, « danma » (talisman) de l’africain ou encore « kolbou » du tamoul. Il va même jusqu’à différencier les mots qui viennent du français standard comme « chimiz » (chemise) ou « tranglé » (étrangler) de ceux qui viennent du français régional (des parlers d’oïl : normand, poitevin, picard etc…) comme « razié » (buisson) ou « zen » (hameçon), et même de l’ancien français comme « bwareng » (bréhaigne).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Poussant encore plus loin son travail, R. Confiant traduit en français chacune des citations d’auteur créolophone qui illustrent les entrées, chose qui séduira à n’en pas douter l’utilisateur non-créolophone de son ouvrage ou ceux qui sont en train d’apprendre la langue. Mieux, il recense aussi les expressions idiomatiques comme « ba lari chenn » (errer), les proverbes (« Chak betafé ka kléré pou nanm-li ») et même les titim (devinettes). Sans compter que l’auteur ne se contente pas de donner la signification de chaque entrée, il explique de quoi il s’agit soit de lui-même soit en citant un auteur qui a travaillé sur la question.  Ainsi pour « tjenbwa », il ne se contente pas de traduire par « sorcellerie », il cite Eugène Revert, Hélène Migerel, Franck Degoul etc…, ce qui donne un petit côté encyclopédique à son dictionnaire, chose qui, là encore, séduira l’utilisateur non-créolophone. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Il s’agit donc, on s’en rend compte, d’un travail colossal dont on peut se demander comment un homme seul a pu en venir à bout, même au terme de quinze années d’un labeur que l’on devine acharné. Quand on pose la question à l’auteur, il répond par une boutade :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


« Man sé an chaben, pa janmen bliyé sa ! » (Je suis un chabin, ne l’oubliez jamais !)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


On regrettera toutefois que les mots ne soient pas catégorisés grammaticalement. Il est vrai qu’en créole, un même mot peut être tout à la fois un nom, un verbe, un adjectif et un adverbe et que ces catégorisations d’essence latine ne peuvent guère s’appliquer à une langue comme le créole, mais on aurait tout de même apprécié qu’on nous indique quand tel mot fonctionne comme un nom et quand il fonctionne comme un verbe, un adjectif ou un adverbe. Heureusement que le plus souvent, les citations d’auteurs créolophones et leurs traductions viennent désambiguïser les choses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


En tout cas, Raphaël Confiant nous donne là une œuvre majeure pour notre culture non seulement martiniquaise, mais créole au sens large du terme, puisqu’il se garde d’oublier les mots qui, grâce à l’intense circulation entre les îles des Antilles et l’immigration, ont fini par s’agréger au lexique du créole martiniquais comme le saint-lucien « kouchal », le guadeloupéen « chokolaté », l’haïtien « kolokent »  ou le guyanais « kwata ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Woulo-bravo, chaben !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;strong&gt;Mandibèlè (Daniel Dobat&lt;/strong&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Maryse Condé  et son île à mer !</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2007/07/30/57186-maryse-conde-et-son-ile-a-mer" />
  <issued>2007-07-30T13:11:04+00:00</issued>
  <modified>2007-07-30T13:11:04+00:00</modified>
  <id>http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2007/07/30/57186-maryse-conde-et-son-ile-a-mer</id>
  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Et vient avec le temps, le moment où nos priorités évoluent, car notre vie  est à accomplir  et comme une page blanche, elle est à remplir tant que nos jours ne sont pas finis. Certes...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;img src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/maryseconde.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt; &lt;br /&gt;

Et vient avec le temps, le moment où nos priorités évoluent, car notre vie  est à accomplir  et comme une page blanche, elle est à remplir tant que nos jours ne sont pas finis. Certes l’adolescence  a passé entre mots et douleur, la jeunesse trépassé, à peine eut  le temps de se retourner, que surgit la vieillesse,  l’âge où  l’on ressasse la fugacité qui s’en est allée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Et vient le temps,  où le grand âge entraîne la fragilité du corps et de l’esprit, et comme l’enfant l’être appelle à l’attention car il ne saurait être oublié, désormais il dépend.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


C’est la réflexion qui m’est venue en écoutant l’interview accordée par Maryse Condé à RFO. Elle voulait partir en rasant les murs, discrètement, furtivement, mais elle fut rattrapée sur le pas de la porte,   eut droit à son banquet. Honneur lui fut rendu à force de tu, amicalité et sourire  ont présidé l’hommage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Et j’écoutais   une femme contuse, les yeux secs mais la voix embue de larmes expliquer que des raisons de santé et familiales l’obligeait à quitter la Guadeloupe définitivement. Elle est arrivée à un âge où elle exprime l’envie d’être avec ses enfants et petits-enfants, d’autant qu’elle était empreinte d’un sentiment d’abandon et de solitude. Désormais elle vivra à New York là où foisonne le monde, à Paris là où sont ses médecins, la Tunisie là où sont ses enfants, entre autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Elle ajoutait avec une émotion non feinte, que sur le plan humain la Guadeloupe fut pour elle une grande déception, n’ayant jamais pu se rendre utile, n’étant jamais sollicitée en rien et  pour rien, les instances culturelles ne sont pas montrées intéressées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Maryse Condé estime que la Guadeloupe n’a pas gagné de sa présence, imputant ce fait à son esprit critique qui n’a pas convenu aux « Guadeloupéens ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Elle poursuit, disant  qu’elle ne laisse  rien, alors qu’elle a beaucoup pris, pas des gens, mais du pays qui lui parlait, de la nature,  du vent, de la mer, de la montagne, une voix belle et puissante qu’elle a enregistrée et restituée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Elle a pris peu des gens de ce pays laminé, de ces gens décervelés par la colonisation,  qui se replient  sur les traditions, ayant peur de l’avenir, infatués dans le passé, refusant la nouveauté et la création.  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 

C’est le portrait peu amène qu’elle a dressé de son peuple  lorsque notre Grande Dame  de la littérature antillaise faisait ses adieux à la terre qui l’a vu naître, avec des paroles  acrimonieuses, elle réglait ses comptes, du moins ce fut ressenti ainsi, telle que, et d’aucuns s’empressaient de clamer que Maryse Condé conculquait et insultait la Guadeloupe, du moins les Guadeloupéens.   Des réactions hypostasiant les propos de Maryse Condé leur donnant une portée prégnante, en dépit des atténuations et de toute la déception  que Maryse Condé manifestait au cours de cet entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les Antillais sont en permanence en butte  aux dénigrements. Cette population soumise et dominée, est perpétuellement insultée, je relève deux exemples: «Quand je discute avec un grand nombre ( échantillon représentatif  de mes cons citoyens martiniquais, je me dis que leur cerveau tourne autour du resto, coco, ciné (surtout pas d'auteurs). C'est en grande majorité des crétins ( toutes catégories &quot;sociodermique&quot; confondues) qui se croient culturellement évolués parce que leur île est plus riche ( en quoi ?) qu'Haïti.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Et pour finir, leur définition de la culture c'est : accras, boudin, matoutou, zouk et tout le reste (yoles, bèlè, mazouk, biguine, créole, carnaval), c'est de la tradition. »  J’ai relevé ces propos sur BMJ, ils sont en date du 16.07. 2007, ce qui vaut pour les Martiniquais vaut pour les Guadeloupéens.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le deuxième exemple est tiré du livre : Terreur noire  à la Guadeloupe de Corneille Bazile, l’édition que j’ai en main date de 1976, mais je ne saurais dire si l’ouvrage a été écrit à ce moment (1) : « Le bonheur d’autrui est un spectacle qui dessèche et dévore les habitants de la Guadeloupe. La seule chose qui leur fait supporter leur vie étroite, c’est le sinistre plaisir d’arracher toute poésie à la vie de leurs voisins. Et pour cela ils emploient tous les moyens. En l’occurrence ils deviennent professeur de mal… On dirait qu’ils ressentent la plus grande jouissance à faire le mal. Ils rayonnent de joie quand ils ont désuni un ménage, quand ils ont semé le mal dans une famille, quand ils ont mis quelqu’un dans l’incapacité de travailler, enfin quand ils ont fait couler des larmes. Ils se nuisent avec habilité et avec finesse. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Les paroles de Maryse Condé se surajoutant  à tellement d’autres de même acabit, font qu’elle se décrédite et nous salit. Non, pas elle pour qui « nous » avons une tendresse toute particulière ! Ce n’était pas à cette voix autorisée à darder son « peuple », mais une voix à témoigner et à porter son « peuple ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Contrairement à ce qu’elle dit, Maryse Condé a apporté beaucoup à la Guadeloupe, à la Martinique, et pas seulement à nous Antillais. Elle n’avait pas besoin d’être en représentation permanente, il suffisait qu’elle écrive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Puis ceux qui l’auront bloqué, qui sont-ils, des êtres pénétrés de leur grandeur éphémères qui tantôt redeviendront des êtres insignifiants, sitôt que, alors que madame Maryse Condé, son œuvre la perpétuera.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Nul besoin qu’elle soit amère ou aigrie, qu’elle prenne conscience de sa réelle dimension.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Je témoigne à madame Maryse Condé toute ma sympathie et lui accorde tout mon soutien dans l'épreuve à laquelle elle doit faire face. Je lui souhaite un prompt rétablissement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;(1) In the~Corneille Bazile, La Terreur iVoire &amp; la Guadeloupe, Pointe-~-Pitre, 1925, p. 10. 496 (Information apportée par Jean Sahaï qui répondait à mon interrogation concernant la date de la première édition du livre de Corneille Bazile.
&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;Tony Mardaye
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.pyepimanla.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;source&lt;/a&gt;</content>
</entry>
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  <title>L'image en question</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2007/07/11/56302-limage-en-question" />
  <issued>2007-07-11T14:52:50+00:00</issued>
  <modified>2007-07-11T14:52:50+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Parmi les peintres majeurs au sein de l’espace caraïbe, Richard-Viktor Sainsily occupe une place incontournable. On sait que la Guadeloupe est régulièrement le lieu de nombreuses fouilles...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;img src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/sainsily.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Parmi les peintres majeurs au sein de l’espace caraïbe, &lt;a href=&quot;http://www.sainsily.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Richard-Viktor Sainsily&lt;/a&gt; occupe une place incontournable. On sait que la Guadeloupe est régulièrement le lieu de nombreuses fouilles archéologiques, souvent fructueuses, comme l’établit l’excellent ouvrage d’André Delpuech, récemment paru et significativement intitulé : Guadeloupe amérindienne 1. Très tôt, Sainsily a tenu compte de cette réalité indiscutable qui fait de la Guadeloupe une île de la Caraïbe. Plusieurs tableaux du peintre, Karib II. Myriia et Kérabon - Bastè en particulier, incorporent des signes pétroglyphiques, qui s’inspirent des motifs gravés que l’on peut contempler aussi bien à Trois Rivières qu’à Capesterre-Belle-Eau et à Baillif 2. Ces productions sont toutefois sans commune mesure avec ce que donne à voir la série des Anthropométries proposée par l’artiste. L’œuvre a, dès ce jour, évolué et elle est devenue le lieu d’un questionnement majeur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


L’exposition Figurations Caribéennes, qui s’est tenue à l’Artchipel Guadeloupe du 17 mars au 7 avril 2001, a réuni, à côté de Richard Viktor-Sainsily, deux peintres au talent incontestable : Michel Rovelas et Ismaël Mundaray 3. Entre le coloriste Rovelas et la sobriété formidable, pour ne pas dire fondamentale, de l’œuvre de Mundaray, les Anthropométries offrent un visage sombre, une face tendue, un univers où sont mises à jour et à nu les tensions et les enjeux qui caractérisent l’espace caraïbe. Ce que Rovelas exprime, ce que Mundaray présente, Sainsily le fait fulgurer de manière mesurée : pour l’artiste, le tableau est un espace intensif où se déploie un certain jeu de forces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


A ce titre, on peut se demander si Sainsily est un peintre (post)moderne ou un artiste à la recherche des traditions. En réalité, ce que la théorie fait ou veut faire, la pratique picturale, admirablement, le défait, soucieuse seulement d’être actuelle. Elle oppose ainsi, sans ostentation mais sans fausse humilité, à la discontinuité de certaines réductions conceptuelles et aux nombreux slogans de la modernité, la continuité d’une réflexion qui procède exclusivement par passages et devenirs. A la valse de mots et des étendards répond une certaine énergie figurale. Dès lors, la pratique picturale peut se poser comme un opérateur de renouvellement face aux prétentions parfois réductrices de la pensée, que l’artiste confronte, au sein même de l’espace caraïbe, à son propre Dehors.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Dans l’art du peintre, il ne s’agit rien de moins que de peindre les forces. Tâche qui est celle de la peinture et dont l’une des figures les plus marquantes fut Francis Bacon. Jamais Sainsily n’est plus suggestif que dans ces drames de la mémoire et de l’histoire dont chaque tableau constitue la figuration provocante et non conceptuelle. Dans Anthropométrie IV, au corps presque mort, agonisant, étrangement acéphale, répond comme supplément figuratif un adorno détaché dans l’espace supérieur du tableau. L’adorno est la puissance qui vient troubler, hanter le corps, oublieux d’un certain passé. On songe à la distinction que proposaient Gilles Deleuze et Félix Guattari entre « l’organisme » et le « Corps sans organes » (sans organisation) 4. L’adorno s’attaque à un corps, à une organisation physiologique dont la constitution est avant tout sociale. Ce « corps plein » n’en est toutefois pas un : manque la tête. Cette pratique fait immanquablement penser à certaines (dé)figurations de la fin du 19ème siècle, lorsque Gustave Moreau et Odilon Redon proposaient de multiples scènes autour de la décapitation de Jean-Baptiste. A cette nuance toutefois que dans les tableaux de Moreau et de Redon, il n’y avait que la tête… dans tous ses états, si l’on peut dire. A ce corps manque donc une la tête, dont l’on peut supposer que l’adorno sera le futur donateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Toutefois, l’angoisse que suscite ce tableau naît précisément de ce que nous semblons être dans deux mondes « incompossibles » 5 : cette situation n’est guère liée à une dualisation du corps et de l’âme, en conformité avec le système dualiste occidental ; elle est reliée à l’espace intermédiaire, en creux, quoique nourri de signes, qui est celui de l’entrevision. D’une part, donc, le corps, un corps, une singularité figurative décapitée ; d’autre part, la figurine amérindienne envisagée comme puissance. Il s’agit de bien comprendre la fonction figurative de l’adorno : Ce terme, adopté de l’espagnol adorno, qui signifie « ornement », désigne les décors plastiques ou figurines en bosse qui étaient ajoutés aux bords de vases en céramique, ou qui faisaient fonction d’anses. Les adornos sont introduits aux Antilles par la sous-tradition saladoïde, autour du début de l’ère chrétienne, et constituent néanmoins le trait caractéristique de la sous-tradition barrancoïde dont les influences avec le salaloïde sont connues. Les adornos représentent toujours des êtres vivants (biomorphes), soit des animaux (zoomorphes), soit des humains (anthropomorphes), soit un mélange des deux (anthropozoomorphes) 6.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Entre eux, dans l’entre-deux figuratif, non pas le rien, mais rien, aucun entre-pli, nul Zwiefalt leibnizien 7 ne semble pouvoir réunir ces mondes cruellement séparés bien que souterrainement en rapport. Ces mondes interagissent, mais c’est comme si le maximum de rapport était le non-rapport même. Certes, au centre du tableau, il n’y a pas que le vide : mais que dire de ces inscriptions qui, assurément, ne sont pas dénuées de signification, sinon qu’elles ne font pas immédiatement sens ? A cet égard, Sainsily nous semble rejoindre les préoccupations de bon nombre de poètes dits « modernes » qui incorporent au poème la puissance scissionniste du blanc typographique et rythmique. Dans l’histoire littéraire, le cas le plus connu est évidemment Un coup de dés de Mallarmé. Comme l’explique Merleau-Ponty, « il suffit que, dans le plein des choses, nous ménagions certains creux, certaines fissures […] pour faire venir au monde cela même qui lui est le plus étranger : un sens » 8. Sainsily se situe dans ce courant de pensée quand il place entre les figures mêmes, des signes énigmatiques comme ce que la peinture peut apporter à la pensée sans toutefois s’y substituer. Même si l’entre-deux figuratif est innervé par un texte, il creuse un espace sans fond.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les Anthropométries forment toutefois une série. Et ce qui est barré dans un tableau trouve ressource et perpétuation souvent dans un autre tableau. La série des Anthropométries, même si elle ne saurait se constituer en dispositif narratif à caractère pictural, énonce un drame. C’est une création continuée. Dans Anthropométrie X, le corps s’est réveillé, comme d’un cauchemar venu d’un passé immémorial, mais ineffablement présent. Le réveil, ou plutôt l’éveil, est torturé. Le corps semble en proie à une intoxication, le tableau devient scène d’hystérie. Un corps se convulse, est tordu par quelque nouvel adorno au secret pouvoir, comme le reflux d’une trace perdue qui choisirait un lieu pour se matérialiser. Pourtant, le corps est bien ce qui résiste, incapable d’installer une autre signification que celle de la tourmente, de la tempête dans un corps. Sainsily est le moins figé des peintres : comme dans l’entretien qu’il nous a accordé, il ne clôt pas le débat dans quelque nominalisation picturale, il expérimente sans cesse : « La première étude de l’homme qui veut être poète est sa propre connaissance, entière ; il cherche son âme, il l’inspecte, il la tente, l’apprend » indiquait Rimbaud dans la seconde lettre dite « du voyant » 9. Ce propos de poète vaut également pour le peintre : il s’agit de (se) connaître avant de (se) conclure. Un drame est ainsi représenté : l’assimilation du passé non suffisant, mais persistant, troublant, tel une hantise, ne se fait pas avec aisance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Cette scène-torture culmine dans le triptyque suivant, où enfin l’artiste s’accorde le droit à la couleur. Au centre d’une pièce, ou d’une arène, sans qu’il en semble, pour autant, prisonnier, une figure humaine est accroupie, enserrant de ses mains ce qui, dans les autres tableaux, faisait défaut : la tête. Dans les œuvres évoquées précédemment, il s’agissait de peindre les forces, de faire entrer les forces dans un rapport qui est aussi le non-rapport, de situer l’essentiel (le concept) dans un entre-monde qui ne livre rien qu’une énigme mais peut constituer une donation de sens. Même si la force est rapport, dans cette nouvelle Anthropométrie, le rapport s’est intériorisé en même que le peintre procède à une subtile reconfiguration. La torture est dans l’individu qui, pour l’occasion, a récupéré son intégrité. Les forces ont été intériorisées en même temps que l’artiste opère une correction figurative : le peintre livre à notre attention le spectacle d’un être en proie au doute, à une modification aussi bien intellectuelle que physiologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Il s’agit de bien comprendre la signification de cette œuvre. Le corps accroupi prend la forme d’un zémi à trois pointes. Après le corps en crispation, qui résiste, assailli, vient ainsi le devenir-zémi de la figure comme une possible nouvelle naissance à soi. Quant aux zémis, André Delpuech note :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Des petits objets de forme triangulaire, appelés trigonolithes ou « pierres à trois pointes », mais fabriqués aussi bien en coquillage et en corail, ont été retrouvés, à partir des premiers siècles de notre ère dans les sites cedrosan saladoïdes. Présents uniquement dans les îles des Antilles, ces artefacts originaux sont devenus avec le temps de plus en plus grands et de plus en plus ouvragés, pour aboutir à de véritables chefs d’œuvre chez les Taïnos. Chez ces derniers, ils étaient dénommés zemi, terme désignant aussi bien les divinités elles-mêmes que les idoles et fétiches les représentant, porteurs de pouvoirs politiques et religieux des caciques et des chamanes antillais 10.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Cette transformation n’a rien toutefois d’une épiphanie ou de retrouvailles illusoires avec une terre perdue : rien n’annonce un retour vers un quelconque âge d’or. La rémanence n’est ici qu’urgence. Sainsily se tient loin, très loin des mots-étendards, des slogans de la modernité. La rémanence du passé amérindien donne naissance à un cas figuratif proprement tératologique. De l’ancien rapport de forces est née une véritable ontologie du questionnement perpétuel, puisque ce devenu-zémi est également un méditatif, un penseur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


A cet effet, l’afflux de la couleur rouge livre un spectacle cruel, qui dévoile l’enjeu de la réflexion menée par le peintre, comme elle énonce la possibilité de peindre le monde – ce monde de la Caraïbe – avec des couleurs. Le dernier volet du triptyque ne laisse pas toutefois d’inquiéter. Dans les deux premiers volets, la figure humaine est constituée en puissance de vie. Elle était une force, de prostration certainement, mais tout de même un être en vie, pensant. Et pourtant le troisième volet scinde de nouveau la figure, comme si, décidément, chez Sainsily, les figures ne pouvaient être complètes, étaient toujours victimes d’une amputation. Dans ce volet ultime, la figure semble avoir rampé hors du champ de vision de l’amateur d’art, comme si elle souhaitait son effacement, entrer dans un devenir-imperceptible, laissant à la couleur rouge, événement ontologique, le soin de conclure… sans qu’on ne puisse dire ce qu’il en est finalement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ismaël Mundaray : une lutte contre l’oubli.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Pour éclairer quelque peu cet art qui donne à penser plus qu’il n’impose une théorie, la médiation d’Ismaël Mundaray peut être utile. La pratique picturale d’Ismaël Mundaray se veut plus silencieuse, presque mélancolique : elle est une peinture-prosoppopée. Le jeu des forces laisse la place à une activité à la fois mélancolique et résolue où l’épiphanie et la présentification de l’existant en son indéfectibilité constitue un défi permanent à l’oubli. La disparition des figures humaines, déjà amorcée par Sainsily sous la forme de figurations de personnages acéphales, est dans ce cas une mise en avant d’objets et de situations qui font de la peinture un art à la fois d’humilité et d’engagement. Comme l’explique Jocelyn Valton, la présentation par le peintre d’objets issus de l’espace caraïbe se veut une « un cri silencieux de protestation et de revendication du droit à l’existence » 11. Elle est également discret étonnement devant le simple fait de l’existence, en même temps qu’un combat pour la survie. Elle crée un appel d’air pour la création de ce monde possible : l’espace caraïbe. Au vu de ces deux pratiques picturales apparaît l’un des enjeux de la mémoire : renouer avec son passé, le conjuguer au présent, est-ce possible ? La mise en jeu du pensé et de l’impensé de la mémoire collective révèle des tensions, distorsions, mais également ouvrent à des acceptations, donnent à voir et à penser de possibles, de futures célébrations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Richard-Viktor Sainsily n’est ni moderne, ni postmoderne, il est simplement actuel. Il est le peintre de l’énergie figurale plutôt que le défenseur acharné d’une notion ou d’un système d’interprétation global. Il est l’artiste de l’entre-monde, des expérimentations et des questionnements. Il est également l’un des penseurs autour des enjeux liés à l’espace caraïbe. Inventant l’entre-concept, dans le délitement relatif des figures, il est le peintre qui initie à un art de la profondeur, laquelle est à la fois l’indispensable propédeutique ou l’aboutissement logique de la création de cet espace caraïbe, indispensable aujourd’hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Yann Fremy&lt;/strong&gt;, Professeur de Francçais.</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>Les noces de vanille</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2007/07/11/56301-les-noces-de-vanille" />
  <issued>2007-07-11T14:41:21+00:00</issued>
  <modified>2007-07-11T14:41:21+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Le soleil commence à peine à poindre ses premiers rayons, que déjà il faut se précipiter, car ce matin nous sommes conviés à assister à un singulier «mariage ». Il s’agit d’une union en vue...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;img src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/vanille_1.jpg&quot; alt=&quot;br /
br /&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Le soleil commence à peine à poindre ses premiers rayons, que déjà il faut se précipiter, car ce matin nous sommes conviés à assister à un singulier «mariage ». Il s’agit d’une union en vue d’une fécondation florale et si nous devons nous presser c’est parce que ces petites fleurs blanches n’ont qu’une très courte durée de vie, à savoir que quelques heures très tôt le matin. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Debout devant la plante lianescente chargée de ces petites fleurs blanches se tient un vigoureux grand-père, c’est lui qui célèbrera le mariage. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le «marieur » a une dextérité étonnante  au vue de son grand age. Tenant délicatement une fleur d’une main, de l’autre il se saisit de son petit couteau aussi pointu qu’un scalpel, à l’aide de la pointe et avec une précision chirurgicale, il incise un petit capuchon situé au cœur de la fleur. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Il vient  juste de percer la protection des organes sexuels male de la fleur. Toujours avec sa pointe, il redresse une fine languette, ce qui met en évidence les organes femelles. Avec ses doigts il exerce une petite pression sur ces deux parties, c'est-à-dire qu’il a rapproché l’étamine qui contient le pollen vers le stigmate. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Ainsi s’achève le mariage qui n’est autre que la pollinisation de la fleur de vanille. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Notre grand-père marieur renouvellera cette opération autant de fois qu’il y a de fleurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


En le regardant, concentré à sa tâche, nous prenons conscience qu’il est en train de reproduire à l’identique un rituel ancestral pratiqué à l’origine sur les terres du Yucatan au Mexique par les Aztèques. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


A cette évocation, nous nous retrouvons projeté dans le passé à Tenochtitlan où poussait le « Tlilxochilt », nom aztèque de la vanille qui se traduit par « gousse noire ». &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Des témoignages nous informent qu’à la cour aztèque une domestique avait coutume de préparer un cacao dans un verre en or dans lequel elle ajoutait un peu de tlilxochilt. Une fois sa préparation achevée elle l’apportait à l’Empereur avant qu’il n’aille s’unir à l’une de ses femmes. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Un peu plus tard, l’Empereur Moctezuma II servira cette boisson dont raffolait les Aztèques, au conquistador Cortès qui fera connaître cet arôme à la cour d’Espagne. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le tlilxochilt changea de nom et en y prêtant attention on constate que cette évolution étymologique a elle aussi une signification fécondatrice. En effet le tlilxochilt sera appelé « vainilla » mot espagnol dont la source latine est «vagina » origine de vagin et qui dans notre cas veut dire, gousse, gaine, étui. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


La vanille a dès lors connu une diffusion et un engouement mondial jamais atténué. Sa commercialisation a débuté au sein du négoce colonial. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Pendant longtemps se sont les terres de Veracruz au Mexique qui en étaient les seules productrices. Les puissances coloniales on tentées vainement d’introduire cette plante ailleurs dans leurs empires coloniaux sans succès, jusqu'à la découverte de la technique du mariage par un jeune esclave bourbonnais du nom d’Edmond Albius en 1841. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Cette technique est encore pratiquée, c’est celle qu’a utilisée notre grand-père marieur. Un bon marieur ou une bonne marieuse peut réaliser de 1500 à 3000 unions florales par jour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les autorités coloniales françaises ont implanté la vanille à l’île Bourbon, mais aussi à la Martinique et à la Guadeloupe. La production de masse de la vanille sera supplantée à cause du développement d’une forme de monoculture en Martinique, les petits planteurs lui substitueront la banane et la canne à sucre. Toutefois, il demeure encore en Guadeloupe une petite production.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Avant d’en arriver au mariage il faut d’abord planter la vanille, que vous voyez sur cette image sous sa forme initiale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Etant donné qu’il s’agit d’une orchidée lianescente il faut d’abord mettre en terre un tuteur qui lui servira de support pour grimper. On plante les lianes en faisant de boutures qui seront fixées le long des tuteurs. Ce n’est qu’au bout de deux ans que ces lianes commencent à fleurir. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le fruit de ce mariage est la gousse de vanille de couleur verte avec à son bout les restes séchés de la fleur fécondée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les fruits arrivent à maturité au bout de neuf mois et sont récoltés pour être mis à sécher. Ce séchage, où l’on alterne l’exposition au soleil afin de favoriser la fermentation, dure environ quatre mois. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Durant cette période de fermentation, la vanille développe un parfum réglissé unique au monde, la vanilline. C’est aussi à ce moment que la gousse devient noire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Au bout de nos réflexions sur la vanille voilà qu’il est prés de midi et notre grand-père achève son dernier mariage.

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



&lt;strong&gt;
Emmanuelle Deschè&lt;/strong&gt;</content>
</entry>
<entry xml:lang="fr">
  <title>« Lézenn » de Rodolf ETIENNE</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2007/07/11/56300-lezenn-de-rodolf-etienne" />
  <issued>2007-07-11T14:34:25+00:00</issued>
  <modified>2007-07-11T14:34:25+00:00</modified>
  <id>http://blog.francetv.fr/negmawon/index.php/2007/07/11/56300-lezenn-de-rodolf-etienne</id>
  <author><name></name></author>
  <dc:subject>blackitude</dc:subject>
  <summary>Sa traduction créole des poèmes « Les Indes » (1956) d’Edouard GLISSANT



Trentenaire, Rodolf ETIENNE est Martiniquais. Il est journaliste pour le support quotidien « France Antilles ». En...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;img src=&quot;/nng_images.php?img=/negmawon/files/n/e/g/negmawon/images/R_Etienne.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


&lt;strong&gt;Sa traduction créole des poèmes « Les Indes » (1956) d’Edouard GLISSANT&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Trentenaire, &lt;strong&gt;Rodolf ETIENNE&lt;/strong&gt; est Martiniquais. Il est journaliste pour le support quotidien « France Antilles ». En septembre 2005 est paru « Lézenn » (sept. 2005 - éd. Le Serpent à plumes), traduction créole du  long texte poétique « les Indes » (1956) d’&lt;strong&gt;Edouard GLISSANT&lt;/strong&gt;. « Les Indes » est un recueil de six chants qui portent une Mémoire : le périple du découvreur Colomb. Rodolf ETIENNE nous livre là sa première démarche de traduction, fondée sur « une culture graphique empirique ». Son ambition : « &lt;strong&gt;guider les autres comme moi je m’étais laissé guider par le texte d’Edouard GLISSANT&lt;/strong&gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;
1. L’acte de traduction : une ré-action&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le débat en Martinique autour du créole est vif. Néanmoins, Rodolf ETIENNE insiste bien sur sa démarche apolitique : « je n’ai pas voulu participer à ce débat polémique et politique ». Ecrire en créole constitue « un engagement fort » pour « fixer la langue dans l’écrit ». Rodolf ETIENNE est conscient de la force du texte d’Edouard GLISSANT. Force suggestive qu’il « essaie de rendre en créole ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;2. Les étapes du texte « Lézenn » : de 1994 à 2005&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


En 1994, Rodolf ETIENNE lit le roman en créole de Raphaël CONFIANT « Kôd Yanm » (1986). Un « déclic » s’opère en lui : la traduction ! Rodolf ETIENNE envisage de traduire ce texte en français. Mais, il lui faudra abandonner ce projet quand la traduction de Gerry L’ETANG paraît en 1995 : « le Gouverneur des Dés ». Toujours en 1994, Rodolf ETIENNE écoute avec attention Edouard GLISSANT définir à la télévision martiniquaise ses concepts de création, à l’occasion de la parution chez Gallimard de « Poèmes complets » rassemblant neuf recueils poétiques parus entre 1954 et 1993, dont  : « les Indes ». Interpellé, Rodolf ETIENNE réserve à Edouard GLISSANT une admiration toute particulière : « un Grand homme qui porte sur le monde et sur l’individu un regard ouvert ». Ce cumul d’événements littéraires conforte le jeune journaliste dans cet acte de l’Ecrire et du Lire en créole. De là, il a « osé imaginer traduire « les Indes » en créole », avec l’aval poétique de l’intéressé qui l’encouragera, dans chaque étape de cette conception graphique et sémantique. Un défi qu’il relève avec une célérité-fébrilité : en une semaine, il achève sa première traduction en créole ! S’il a rencontré quelques écueils phonétiques, Rodolf  ETIENNE a pu consulter Edouard GLISSANT, Patrick CHAMOISEAU et Raphaël CONFIANT. Rodolf  ETIENNE s’est consacré à près d’une dizaine de versions différentes entre 1996 et 2005, attaché à une transcription de sens et de sons. Faire des choix sémantiques participe au façonnement d’un texte neuf à partir d’un texte donné : il lui a fallu « tenter de trouver un compromis qui me satisfasse et en tenant compte du lecteur novice ». Rodolf ETIENNE a eu recours à quelques néologismes. Plus systématiquement, il a préféré ne pas dénaturer le créole en posant une graphie phonétique, « pour rendre le mot créole ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3. L’acte de traduction : une création pour guider et oraliser&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

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Guider&lt;/strong&gt; : une tentative, un défi, qu’il relève avec une conviction : « une invitation à mieux lire le créole, parce que le créole peut rendre compte de certaines idées. Il peut faire partager des émotions fortes ». Le créole devient ainsi vecteur émotionnel et mémoriel : « les Indes » est un texte poétique traçant cet itinéraire d’Hier, la découverte de Christophe Colomb. La démarche de Rodolf ETIENNE affirme l’écriture du chant d’Edouard GLISSANT : Rodolf ETIENNE donne au créole un pouvoir d’Oralité vive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;strong&gt;Oraliser&lt;/strong&gt; : une Oralité libérée par des réajustements formels. Porte-voix d’une mémoire et d’une langue : si les chants poétiques d’Edouard GLISSANT ont « une grande portée orale », Rodolf ETIENNE la soutient par une ponctuation-guide. Ponctuation qui permet à l’œil et à la lecture à voix haute de se poser : respirer et aspirer le texte. Pleinement. En balisant ainsi sa traduction, Rodolf ETIENNE, a donc pensé aux gens « en marge », ceux qui ont « un rapport jeune » avec la langue créole : « il faut leur offrir des soutiens » - « guider les autres comme moi je m’étais laissé guider par le texte d’Edouard GLISSANT ». Il tente, explique-t-il, de « rattacher le lecteur à un pouvoir oral ». En réajustant le texte, en lui apposant le sceau du créole, Rodolf ETIENNE a choisi de « rompre la linéarité des versets par une rythmique en vers créoles ». Syncoper le texte originel en rythmes plus construits répond à la spontanéité tonique et phonique du créole. Sa traduction fait figure de « passerelle » entre le texte et le lectorat, comme un trait d’union légitime. Intime.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

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4. Le statut questionné de cette traduction en créole&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Quel statut pour ce texte qui exprime – en créole - la poésie d’Edouard GLISSANT ? « je ne suis pas Professeur de créole, je suis écrivain en créole. Je n’ai pas envie de faire de doudouisme… » explique Rodolf Etienne. La légitimité de sa démarche a souvent été questionnée, bousculée, voir chahutée : réduit au seul statut de traducteur, il a aussi dû expliquer sa motivation de créer un texte à partir des « Indes ». Rodolf ETIENNE a accompli un travail de création : traduire en créole le texte originel contribue à une appropriation ultime du texte. Surtout, traduire est un acte d’écriture en soi. La traduction confirme le statut d’auteur de Rodolf ETIENNE : il ne se fait pas seulement facteur de parole, mais bien acteur de parole ! Son auto-définition, sans prétention : « je suis un jeune auteur créole ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;em&gt;La traduction « Lézenn » est parue en septembre 2005. Rodolf ETIENNE continue, pourtant, à entretenir avec ce texte une maturation : « plus je lis le texte, plus il me parle ». Cette traduction va donc connaître une ré-édition enrichie de quelques modifications et d’illustrations en noir et blanc.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
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&lt;strong&gt;Véronique LAROSE&lt;/strong&gt; – janv. 2006</content>
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