Mon plus bel interdit
jeudi 15 mars 2007 :: Mon plus bel interdit :: Alerter la modération
Extrait du roman : Mon plus bel interdit.
Extrait du roman : Mon plus bel interdit.
Chapitre : 20 : Le décor de mon rêve.
Mes yeux se sont fermés malgré moi, m’entrainant vers cette réalité que j’avais embrassé, touchée du bout de mes doigts. Comme une bande-annonce, un film qui fait sa promo, je revivais en flash-back le troublant de ce bout d’histoire. Sans arrêt, les mêmes sensations colorées passaient en boucle dans ma mémoire. Chaque geste, chaque mot, chaque émotion s’imposaient au souvenir qu’il avait laissé sur mes lèvres, ma peau, éveillant mes désirs, mes envies les plus secrètes. Comme dans un tourbillon, il m’entraînait toujours plus loin. Voilà comment j’ai quitté le monde de la réalité pour me réfugier dans l’irréalité qui m’a portée et emportée vers une dimension où j’ai eu ce pouvoir de goûter au péché de Mon plus bel interdit. La vision de ce monde où tout semble authentique, là où je savais que je pouvais ressentir son toucher m’envahir, me faire frémir à en perdre la raison. Ma sagesse, petit à petit partait à la dérive, elle ne faisait pas partie du rêve. Mon corps prit le contrôle, dictant le désir qu’il attendait de ce moment. Je ne pensais plus qu’au plaisir de nos corps enlacés. Ma convoitise le dessinait plus vrai que nature, je le touchais, le ressentais, le respirais, il était présent dans le décor de mon illusion. Voilà comment j’ai voyagé vers l’extraordinaire songe qui m’emporta dans ce royaume d’une seule et une nuit.
Le rêve :
Je me retrouvais comme par magie que ce lit à baldaquin trônant au milieu d’une pièce au décor fastueux. La chambre était éclairée par de petites bougies à même le sol, la lueur des flammes tamisait une intimité très sensuelle, éveillant les délices de l’amour. L’atmosphère dégageait une volupté dévorante comme un climat tropical qui vous colle à la peau, comme une brûlante soif de passion, comme une caresse qui murmure l’enchantement des plaisirs inavoués. Face à moi, des voilages de soie s’ouvraient sur une gigantesque terrasse dominant l’horizon pourpre du crépuscule. Les rocheuses de l’Estérel se dessinaient de bruyères, d’arbousiers, de cistes, de genêts, dégageant des senteurs que le vent parsemait au travers de ces massifs aux couleurs ocre. Je fis quelques pas qui me dirigèrent vers ce somptueux cadre où sur ma gauche je pouvais apercevoir une fontaine sculptée d’ange, dont le clapotis de l’eau ruisselante jouait l’hymne à l’amour berçant doucement le rythme du temps. Un petit salon en fer forgé, couvert de coussins douillets, était revêtu d’étoffes de soie au ton vert pastel se fondant dans le cadre. Un peu plus loin, une table était dressée pour deux, d’une nappe de dentelle en dessin de lierre, où dessus était déposée une corbeille en osier contenant fraises, framboises, mûres et grappes de raisin rouge. Il y avait aussi deux coupes en cristal remplies d’un vin pétillant aux reflets or. Le cœur de la table était orné d’un immense bouquet de bleuets, d’iris, de lavandes, de roses, de jacinthes, de pivoines, parsemé de mimosa séché. Le sol était recouvert de pétales de fleurs aux senteurs légères qui se mélangeaient aux doux parfums des fruits sucrés de l’été. Sous les voûtes entremêlées de lierre, les vieilles pierres typiques de la demeure enfermaient sans doute un tas d’histoires dont elles gardaient le secret. L’endroit était riche en magie. L’air semblait délivrer un opium ensorcelant dominant mon envie d’assouvir mes fantasmes les plus cachés. A demi-dévêtue, je laissais le vent me frôler comme une caresse frivole, légère, étourdissante, qui doucement m’enlaçait d’une essence avinée d’ivresse. Tous mes sens s’ouvraient aux prémices de l’amour. Puis je sentie juste derrière moi un corps se coller au mien. C’était agréable cette chaleur humaine me parcourir comme du velours. Sa main douce dégagea mes longs cheveux noirs qui recouvraient ma nuque. Ses lèvres délicatement goûtaient ma peau mate cuivrée par le soleil méditerranéen. Délicatement il me retourna pour que je sois face à lui. Il me repoussa sans rien dire. Il n’avait pas besoin de parler, ses mots voltaient tout autour de moi sans bruit pour déposer sur ma bouche. Il m’emprisonna dans ses bras où ses baisers m’embrasaient de son désir passionnel. Ses mains se posèrent sur mes épaules puis glissèrent le long de mon dos jusqu’aux chutes de mes reins…….. A suivre

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