Le besoin de faire une pause se fait sentir. Ma recette pour atteindre ce hors du temps est simple : le CD de Nora Jones, quelques bougies aux senteurs d’ambre boisé. Des coussins moelleux à même le sol près de la cheminée où se consument quelques bûches. J’aime l’odeur de bois qui flambe, la lueur des flammes qui dansent et le doux crépitement qui me réchauffe comme les bras d’un homme pourraient le faire. A défaut de ne pas avoir les bras, je me contente d’un feu ! Une tasse de chocolat chaud, volet mi-clos, portes fermées, je m’isole du monde. Inscrite sur la liste des abonnées absentes, je m’installe, je m’évade au son de la musique. Etre blottie dans l’un de ces moments de paix est comme si rien n’existait plus. Je deviens mon double, mon second, ma jumelle. Je jette toutes les pensées impures. Il n’y a plus de place pour les analyses logiques ou illogiques ; plus de place pour les remises en question, plus de place pour la compréhension ou l’incompréhension, pour de place pour l’attente qui me mène bien souvent par le bout du nez. Je mets le temps en suspens, je suis hors de portée, intouchable, immobile, imperturbable, stoïque, plongée au cœur de mon silence, celui qui m’appartient, celui que je sculpte comme une œuvre, un silence modelé, pétri, moulé à ma façon. Ainsi je bascule la situation dans l’autre sens car vous vous glissez dans mon silence et je deviens votre attente !