Un conte de cent mots pour l'élu.
samedi 10 mars 2007 :: Article :: Alerter la modération
Un conte de cent mots pour l'élu.
Il y a bien longtemps, je m’étais inventée l’homme idéal, celui qui jamais il ne sera possible de rencontrer tant la perfection l’habite. Il régnait tel un roi sur mes pensées. Elégant, sécurisant, déstabilisant, il était à la fois émouvant et enivrant de sensualité. D’une beauté intérieure sans faille et d’un charme m’empêchant presque de respirer, j’admirais les reflets de l’amour parfait qu’il incarnait. Je l’avais crayonné et imprimé sur toutes les parois de mon imaginaire, puis gommé pour que personne ne puisse dérober le chef-d’œuvre de mes mille et un espoirs. Comme un conte que je me relatais, il m’inspirait une croyance en laquelle je me rattachais les soirs de solitude. L’ange-gardien de mon repos abreuvait mes songes les plus audacieux. Le sauveur apparaissait comme par enchantement les nuits faibles de sommeil, et mon vaillant chevalier combattait les interdits, détruisant l’irréalisable ainsi mon cœur angélique délivrait tous les possibles de l’amour. Créé de richesse, l’histoire n’existait que sur le papier avec pour héros le fruit de mon inventé, voilà comment je vivais l’attente d’un miracle de vie. Pensez-vous que le virtuose de ce qui n’existe pas, puisse un jour se manifester demandais-je à une enchanteresse ? « La probabilité te répondrait non, pourtant si tu crois aux présages de l’amour, la sagesse te mènera à lui, alors garde la foi ! » Durant des années je l’ai cherché mais en vain, tant qu’à bout de souffle le conte imaginaire de mon cœur en avait perdu les couleurs du pourpre de l’amour. Depuis je demeurais entre le blanc et le noir de mes pages, écrivant de ma plume les confidences de ma quête en laissant répandre l’encre de ma sensibilité. Puis un jour, le prince de l’imaginaire m’est apparu. C’était en hiver, la lumière faible du jour effectuait sa révérence, le froid nocturne prenait place et le ciel-de-nuit se dessinait d’étoiles témoin du miracle. Mon mirage se tenait face à moi. Alors que mon regard s’était agrippé au sien, le temps qui était suspendu à l’éternité n’a duré en réalité qu’une seule et minuscule petite seconde. Une seconde où j’ai senti mon cœur être réquisitionné par la magie de l’alchimie. Pétrifiée face à mon inconnu, sans mot pour venir me sauver, je l’ai regardé s’éloigner et disparaître ne me laissant que le parfum du silence.
Un conte de cent mots que je lui livre à ce jour comme présent où seul l’élu de cette romance se reconnaitra, car dans mon vocabulaire, il dénichera le mot clé pour accéder à la suite de l’histoire !

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