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Jésus et le pouvoir

Le pouvoir dont a fait preuve Jésus est illimité. Que ce soit sur la matière, la maladie, la mort, les puissances occultes, Jésus a fait la preuve qu’Il peut soumettre à sa parole toute force dans le monde. dans d’autres mains, un tel pouvoir ne serait pas sans danger. Abraham Lincoln a dit très justement : " Presque tous les hommes peuvent supporter l’adversité, mais si vous voulez tester le caractère d’un homme, donnez-lui du pouvoir. " La grandeur de Jésus se voit cependant, non dans le pouvoir qu’il possède, mais dans sa façon de l’utiliser. Venu pour servir Dieu et sauver les hommes, il ne fait rien qui ne cadre avec ces buts. Il évite les trois pièges qui font souvent la chute des hommes puissants.

 

1er piège : l’utilisation du pouvoir au service de son image

 

C’est l’époque de la fête juive des Cabanes à Jérusalem. Des foules immenses affluent vers la capitale. Une occasion unique pour Jésus de se faire connaître. Ses frères naturels, qui ne croient pas en lui, le lui font remarquer : " Quand on veut être connu, on n’agit pas avec tant de discrétion. Puisque tu accomplis de si grandes choses, fais en sorte que tout le monde le voie. " Logique. Sauf pour Jésus ! Rien n’est plus étranger à sa mentalité que de se donner en spectacle.

 

Certes, ses miracles attirent les foules. Mais Jésus hait la publicité tapageuse faite autour d’eux. A plusieurs reprises, il recommande à ceux qu’il guérit de ne pas l’ébruiter. Mais les miraculés ne suivent pas son conseil. Il fuit donc dans les lieux déserts pour éviter les foules. Ailleurs, il s’isole. Il veut être seul avec le malade dont il s’occupe. Le voyeurisme malsain le rebute.

 

Une telle réserve de la part de Jésus se justifie. Il connaît l’humeur changeante des foules. Acclamé hier, il sait qu’il peut être injurié demain… par les mêmes personnes. Jésus n’a pas besoin de cours de psychologie pour connaître l’homme. Il le sait : la foule est pour lui tant qu’il sert ses intérêts. Mais la mission de Jésus va au-delà du soulagement de la misère du monde. Il a des vérités à dire, dures à entendre. La recherche de notoriété n’entre pas en ligne de compte avec sa mission.

 

2ème piège : l’utilisation du pouvoir en vue d’obtenir certains soutiens malsains

 

Depuis longtemps, le roi Hérode a envie de connaître Jésus. La réputation de Jésus est telle qu’il est devenu un personnage incontournable. Hérode le sait : Jésus n’est pas apprécié des chefs religieux juifs. Accusé devant Pilate, il est en mauvaise posture. Jésus est présenté à Hérode, qui est friand de miraculeux. S’il veut trouver un appui placé, c’est le moment. Il lui suffit d’un petit prodige pour satisfaire la curiosité du roi.

 

Jésus ne répond à aucune de ses attentes. Il ne dit ni ne fait rien pour gagner l’amitié douteuse d’Hérode. En colère, le roi le renvoie. Jésus a laissé passer sa chance. Peu importe ! Mieux vaut la solitude dans l’intégrité que l’amitié avec la canaille. Jésus peut tout, sauf se corrompre.

 

3ème piège : l’utilisation du pouvoir pour sauver sa peau

 

Jésus n’ignore pas la fin qui l’attend. A plusieurs reprises, il en fait part à ses disciples. Il lui faut aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des chefs religieux, être tué et ressusciter le troisième jour. La voie tracée est inéluctable.

 

Jésus, pour autant, n’est pas résigné. C’est volontairement qu’il donne sa vie : " Personne ne peut m’ôter la vie, dit-il. Je la donne de mon propre gré. J’ai le pouvoir de la donner et de la reprendre. " Simon pierre ne l’entend pas de cette oreille. Alors qu’une troupe de soldats s’approche de Jésus pour l’arrêter, il tire son épée de son fourreau, frappe le serviteur du grand-prêtre et lui emporte l’oreille. Mais Jésus le réprimande :

     

  • remets ton épée à sa place, car tous ceux qui se serviront de l’épée mourront par l’épée.

Puis Jésus ajoute :

     

  • Penses-tu donc que je ne pourrais pas faire appel à mon Père ? A l’instant même, il enverrait des milliers d’anges à mon secours.

 

Jamais, et d’aucune manière, la cause de Jésus n’a besoin d’être défendue par la force ou les armes. C’est lui faire injure de penser qu’on peut le servir de la sorte. Jusqu’au bout, Jésus refuse les offres qui lui sont faites pour sauver sa vie. Alors qu’il pend sur la croix, sous le chaud soleil d’Orient, les passants et les chefs religieux l’interpellent :

     

  • Dire qu’il a sauvé les autres, et qu’il est incapable de se sauver lui-même. C’est ça le roi d’Israël ? Qu’il descende donc de la croix, alors nous croirons en lui !

Jésus ne répond pas. Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Un miracle de plus ne changerait rien aux positions prises.

 

Résolu, Jésus accomplit sa mission jusqu’au bout. Telle est sa force, celle d’un homme incorruptible ! Qui d’autre que lui est digne de régner sur le monde ?

 

Tiré du livre : le Grand Visiteur.

Le handicap de Jésus

Handicap

« Tu n’es pas à ma place ! Tu as beau parler, vouloir me consoler, tu ne sais pas ce que c’est que d’être comme moi ! » La réplique de la personne handicapée au bien-portant est sans appel. Que sait-il en effet de sa souffrance, de ses frustrations, de ses limites ? A-t-il une idée de ce que signifie vivre un seul jour, une seule heure, paralysé, emprisonné seul avec lui-même ?

Jésus est-il apte à comprendre les personnes handicapées ? La question est de taille. Lui qui marche sur la mer et semble n’avoir jamais connu de maladie, que sait-il di monde des paralysés, des infirmes, des blessés… ? N’est-il pas l’étranger par excellence de la société des invalides ? L’apparence est trompeuse…

Le handicap de Jésus

La question des limites

L’obligation de vivre dans des limites imposées est ce qui distingue en premier la personne handicapée du bien-portant. Nous nous méprenons sur la personne de Jésus si nous pensons que l’humanité ne lui a rein coûté. Car, dit l’Evangile, Jésus existait avant d’être homme. De toute éternité, il était Dieu, libre, tout puissant, sans limite, assujetti à aucune contingence. Devenir homme l’a donc contraint à quitter un état supérieur pour une condition nettement moindre.

Le premier handicap de Jésus a été son humanité. Une perte de son état premier comme celle que connaîtrait un homme à qui l’on imposerait de devenir fourmi, ver de terre ou… cafard. Un choix qu’il a cependant fait volontairement, comme tout ce qu’il fera dans sa vie…

La différence

Si la personne handicapée souffre de la différence, sachons que Jésus a connu cette souffrance également. Car si quelqu’un, en son temps, était hors norme, c’était bien lui. Jésus ne cadrait avec aucun système dans lequel on voulait le classer. Pour les hommes religieux, il buvait et mangeait trop pour être pris au sérieux. Pour les nationalistes juifs, il était trop ami avec les occupants romains. Pour les Romains, il était un Juif trop remuant. En tout et partout, Jésus par sa simple présence, perturbait, gênait.

Aussi le regard des autres sur Jésus était-il souvent hostile, inamical. Plus Jésus affirmera ce qu’Il est, plus il se fera d’ennemis. Plus aussi, il se retrouvera seul, trahi, abandonné de tous. Parce qu’il n’entre pas dans les schémas établis, Jésus vivra une marginalisation, un rejet progressif. Comme la personne handicapée, il souffre de son identité particulière. Une identité dont on ne veut pas entendre parler, parce qu’elle dérange. Seule une poignée d’amis (et encore) lui resteront fidèles jusqu’au bout.

La solitude

Si Jésus était souvent entouré, il savait aussi ce que signifie être seul. Sa solitude ne venait pas tant de l’isolement que de l’incompréhension des autres. Même sa famille naturelle, sa mère, ses frères et sœurs ne le comprenaient pas. Pour eux, il était quelqu’un d’anormal, d’un peu « dérangé, un objet de scandale. Aussi le provoquaient-ils parfois, allant presque jusqu’à se moquer de lui. Mêmes réactions à Nazareth, le village où il a grandi. Jésus n’est pas le bienvenu. On préfère qu’il s’en aille, qu’il ne se mêle pas aux autres.

Comme la personne handicapée, Jésus connaît ce que veut dire être mis de côté. Il sait ce que signifie le fait de souffrir du mépris, de la honte des autres, du rejet. Ayant connu la solitude, il est le compagnon idéal de tous les solitaires, de ceux, nombreux, qui souffrent en silence d’être déconsidérés.

La souffrance

« Si tu veux ma place, prends aussi mon handicap ! » Disposé sur un parking à l’endroit réservé aux personnes handicapées, cet écriteau interpelle. Il propose un échange : l’avantage personnel que représente la place de parking contre les limites quotidiennes qui sont imposées à son bénéficiaire. A ce jeu-là, le calcul est vite fait. Nul besoin d’un long temps de réflexion. N’importe quelle personne handicapée, si vous lui posez la question, signe immédiatement le contrat. Pas sûr que, du côté des bien-portants, on soit aussi emballé par la proposition.

Nous l’avons déjà dit, la première dimension du handicap de Jésus a été de devenir homme. De la liberté totale, absolue, éternelle, il est passé pour un temps aux limites physiques de l’humanité. Là ne s’arrête cependant pas son parcours. Car Jésus avait comme objectif non seulement de devenir homme, mais d’être pleinement assimilé à eux, dans leurs détresses, leurs souffrances. En ce sens, plus que quiconque, il a connu sur la croix la situation extrême du handicap. Cloué, non dans un fauteuil, mais sur deux poutres de bois, il était pendu là, en plein soleil, des heures durant. Tourmenté par la soif, dans l’impossibilité de se mouvoir, se gratter le nez, changer de position, essuyer ses larmes, bouger bras ou jambes… Livré au bon plaisir d’autrui, il a agonisé, seul, en proie au mépris, à la moquerie d’une foule déchaînée du sein de laquelle plusieurs le ridiculisaient, riaient de la souffrance qui défigurait son visage et déformait son corps meurtri. Il est ici l’homme de douleur par excellence…

La croix, dit la Bible, est le lieu d’un échange. Là, Jésus troque la condition d’homme juste, sans tache, ni tare, pour celle de l’homme meurtri, blessé, affligé des maux dus au péché. Il accepte de prendre notre place et, pour ce faire, il subit dans sa personne la souffrance résultant de la rupture avec Dieu. Le handicap de Jésus atteint ici son point culminant. Affaibli à l’extrême, aucune partie de son corps n’est épargnée par la douleur. De la tête aux pieds, il n’est que plaies, déchirures, blessures, amas de chair vive sanguinolente.

Dans son âme, la souffrance n’est pas moindre. Il est seul, abandonné de tous, plongé dans la nuit la plus noire. Le désespoir est à son comble. Il est ici privé, handicapé de la présence de son Père. Il ne lui reste plus rien. Il boit, jusqu’à la dernière goutte, la coupe du tourment. Les flammes du remords et de la culpabilité, conséquences de nos péchés, le ravagent, le consument entièrement. Pour moi, pour vous, pour notre salut, il devait passer par là.

Extrait de mon livre : Je vis avec cet intrus, le handicap : Editions BLF

L'enfance et la famille de Jésus

La famille de Jésus

Le témoignage des Evangiles sur l’enfance de Jésus est succinct. Contrairement à une idée reçue, il n’est pas resté enfant unique dans le foyer de Marie et Joseph. Alors que Jésus enseigne à Nazareth, ses contemporains s’étonnent : « D ‘où tient-il cette sagesse et le pouvoir d’accomplir ses miracles ? N’est-il pas le fils du charpentier ? N’est-il pas le fils de Marie, et le frère de Jacques, de Joseph, de Simon et de Jude ! Ses sœurs ne vivent-elles pas toutes parmi nous ? D’où a-t-il reçu tout cela ? » Jésus a donc au moins quatre frères et deux sœurs. Faire de Marie une femme définitivement vierge est :

Culturellement inacceptable

Quel sens le mariage de Marie et Joseph a-t-il sans la possibilité de fonder une famille ? La Bible dit : « Des fils : voilà bien l’héritage que donne l’Eternel, oui, des enfants sont une récompense. » dans la culture juive de l’époque de Jésus, une famille nombreuse est signe de bénédiction. Que Marie, choisie par Dieu pour porter son Fils, devienne mère de beaucoup d’enfants, n’est qu’un juste retour des choses.

Bibliquement incorrect

L’évangéliste Matthieu est précis. Marie est bien vierge lorsque Jésus est conçu en elle. Elle le restera jusqu’à sa naissance. Troublé par la grossesse de sa fiancée, Joseph reçoit en songe la visite d’un ange qui le rassure sur l’origine de ce qui se passe en Marie. « A son réveil, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait commandé : Joseph prit sa fiancée pour femme. Mais il n’eut pas de relations conjugales avant qu’elle ait mis au monde un fils, auquel il donna le nom de Jésus. »

Il y a quelque chose d’injuste à imaginer que Dieu exige de Marie et Joseph, légalement mariés, de rester indéfiniment vierges. Jusqu’où, dans l’expression de son amour pour sa femme, Joseph a-t-il le droit d’aller ? Lui est-il permis de l’embrasser ? Peut-il la caresser ? Que doit-il faire de ses désirs d’homme ? Pourquoi Dieu insiste-t-il tant auprès de Joseph pour qu’il épouse Marie si, par la suite, il lui interdit de s’unir à elle ? Dieu donne toujours plus qu’il ne demande. Il ne peut exiger pareille chose du couple qu’il a choisi comme foyer d’accueil pour son Fils.

Historiquement en voie d’être infirmé

Plus que tout autre discipline, l’archéologie a contribué à crédibiliser la Bible. Des dizaines de découvertes ont permis d’exhumer des documents confirmant l’exactitude de nombreux récits concernant des lieux, des civilisations ou des personnages dont la Bible parle. La dernière trouvaille en date est celle de l’ossuaire de Jacques. En novembre 2002, André Lemaire, directeur d’études à l’Ecole pratique de la Sorbonne, annonce une nouvelle stupéfiante : la découverte d’un ossuaire du 1er siècle portant l’inscription suivante en langue araméenne : « Jacques, fils de Joseph, frère de Jésus. » Elle serait, selon les spécialistes, la première preuve épigraphique de l’existence du Christ et de son lien de parenté direct avec Jacques. Le débat fait rage. L’inscription est-elle authentique ou un rajout tardif ?

Pour les lecteurs honnêtes de la Bible, cette découverte n’est pas nécessaire. Elle confirme cependant un texte écrit par Paul : « Ce n’est que trois ans plus tard que je suis allé à Jérusalem pour faire la connaissance de Pierre, chez qui je suis resté quinze jours. A part lui et Jacques, le frère du Seigneur, je n’ai rencontré aucun apôtre. »

Les années secrètes

Luc, l’auteur grec d’un Evangile, a le souci du détail et de l’exactitude historique. La période de l’enfance étant la plus secrète de la vie de Jésus, il fait des recherches et s’informe de tout depuis les origines Aucun miracle, aucun fait surnaturel ne marque cette période. La croissance de Jésus est intérieure et silencieuse. « Le petit enfant grandissait et se développait. Il était plein de sagesse, et la grâce de Dieu reposait sur lui », écrit Luc.

Qui souhaite un bouleau adulte dans son jardin n’aura pas à attendre longtemps. Qui désire un chêne devra faire preuve de patience. La croissance est plus lente. Mais la solidité et la longévité du chêne ne sont pas comparables avec celles du bouleau. Jésus est de la race du chêne.

On s’étonne de l’impact de la vie et de l’enseignement de Jésus jusque dans notre siècle. Il n’a jamais écrit un livre, et cependant aucune bibliothèque ne pourrait contenir les livres écrits à son sujet. Il n’a jamais composé un cantique, et pourtant le nombre de mélodies dont il est aujourd’hui le thème est tel que tous les compositeurs réunis ne sauraient l’égaler. Il n’a jamais appris ni exercé la médecine, mais qui pourrait dire le nombre de cœurs brisés par la souffrance qui, depuis 20 siècles, ont trouvé auprès de lui la guérison ? Il n’a jamais commandé une armée, ni enrôlé un soldat, et pourtant aucun chef n’a levé plus de volontaires que lui… Pourtant, la vie publique de Jésus, commencée à trente ans, ne durera que trois ans. Jésus illustre le principe de Dieu selon lequel la formation d’un outil compte au moins autant que son utilisation. Les années secrètes de la vie de Jésus sont celles de sa préparation en vue de l’œuvre de sa vie.

Les frères et sœurs naturels de Jésus

Quel type de relations Jésus a-t-il avec ses frères et sœurs ? Si les Evangiles sont muets sur la période de l’enfance, ils précisent que ses frères, à l’âge adulte, ne croient pas en lui. Ils ne manquent pas de le lui montrer.

L’évangéliste Marc rapporte un fait précis à ce sujet. Pour avoir accompli plusieurs miracles, Jésus est devenu populaire. Il draine des foules de plus en plus nombreuses. Suivis partout, Jésus et ses disciples n’ont même plus le temps de manger. « Quand les membres de sa famille l’apprirent, ils vinrent pour le ramener de force avec eux. Ils disaient en effet : Il est devenu fou. »

Manifestement, le baromètre des relations familiales n’est pas au beau fixe. Sa famille est dépassée par le phénomène Jésus ! Elle craint peut-être que les choses tournent mal. Assez de croix sont dressées sur les routes de Judée pour savoir comment Rome traite les agitateurs. Et puis, l’honneur familial est en jeu. A cause de la réputation d’une personne, il y a des noms de famille difficile à porter. Jacques, Joseph, Simon et Jude n’ont pas envie d’être affublés du sobriquet « frère d’un fanatique ».

Le miracle de la foi se produira pourtant ! Au moment où Jésus est crucifié, seule Marie, sa mère, est présente. Mais après sa résurrection, ses frères la rejoignent. Ils feront partie, avec les apôtres, du premier groupe qui témoigne publiquement du retour à la vie du Fils de Dieu. Jacques et Jude, deux frères de Jésus, écriront chacun une lettre intégrée au Nouveau Testament, seconde partie de la Bible. Nul doute que leur adhésion à la foi en Jésus, Fils de Dieu, donne un poids particulier à la validité du témoignage rendu à ce grand frère auquel ils ne croyaient pas.

Naissance de Jésus

Qui est Jésus ?

Dans notre France du 21éme siècle, nul doute que la réponse à cette question taraude peu de gens. Jésus a sans doute existé, mais c’est un personnage du passé. Si Jésus a eu ses heures de gloire dans l’histoire, il n’est plus d’actualité. Place doit être faite à de nouveaux penseurs, de nouvelles idées…

Pour rejeter un modèle, encore faudrait-il avoir les moyens de la comparaison. Or, Jésus est si éclectique, un tel mélange de simplicité et de complexité, d’humanité et de divinité, de similarités avec nous et de différences, qu’aucun personnage dans l’histoire, si haut en couleur soit-il, je l’affirme, ne l’égale. Affublé de toutes les étiquettes possibles, Jésus reste inclassable.

Ce que je vous propose ici, et dans les billets suivants, est d’essayer de décrypter un peu qui est Jésus. Il faut l’avouer dès le départ : une telle aventure, un tel défi s’avère d’ores et déjà voué à l’échec. Faire le tour de la personne du Christ, c’est comme faire avec une barque le tour d’un océan Jean, qui était un proche de Jésus, termine le livre qu’il a écrit sur lui (l’Evangile) en disant : Jésus a encore fait beaucoup d’autres choses ; si on les écrivait en détail, le monde même, j’imagine, ne pourrait contenir les livres qu’on écrirait. Encore moins, évidemment, mon blog…

Jésus : le signe de Dieu

Sept siècles, avant la naissance de Jésus, le prophète Esaïe est porteur d’une annonce incroyable : « Le Seigneur vous donnera lui-même un signe : voici la jeune fille sera enceinte et elle enfantera un fils. » Derrière ces mots, 3 réalités s’affirment, toutes aussi insolites l’une que l’autre :

Jésus, le Fils de Dieu, naît d’une femme

Il n’est pas comme E.T, l’extraterrestre sorti d’un vaisseau spatial ou parachuté du ciel sur la terre. Certes, il vient d’en haut. Mais, pour venir dans ce monde, il ne prend pas de raccourci. Il emprunte la même route que nous. Il est formé dans le secret du ventre d’une femme. Puis, il naît et apprend à vivre comme tous les enfants du monde.

Un homme n’est pas adulte du jour au lendemain ! Jésus ne le sera pas non plus ! Il passe par toutes les mêmes étapes de croissance que nous. C’est sur le tas et non dans les livres que Jésus va découvrir la condition humaine. D’origine sociale modeste, Jésus n’aura jamais les avantages d’une haute instruction ou d’une éducation distinguée. Cependant, des évènements incroyables vont se produire lors de sa naissance. Juste pour se prosterner devant lui, des savants, à la nouvelle de sa venue, parcourront des milliers de kilomètres. Par crainte de perdre son trône, un roi organisera une sorte de solution finale : l’extermination pure et simple de tous les enfants nés à la même époque dans la même contrée. « Le visage d’Hérode le meurtrier considérant l’enfant avec haine était une sombre prophétie de la manière dont les puissances de ce monde devaient le persécuter et retrancher sa vie de la terre : James Stalker. »

Jésus, le Fils de Dieu, naît d’une femme encore vierge

Marie est la mère de Jésus. Joseph n’est que son père adoptif. Le témoignage de Luc, l’historien ayant entrepris des recherches exactes depuis le début des évènements qui entourent la naissance de Jésus, est formel. C’est avant leur union que Marie s’est trouvé enceinte… sans aucune intervention humaine.

On a depuis beaucoup ricané sur le sujet. Accepter, en dehors de toute relation sexuelle, qu’un être humain naisse directement de Dieu… semble un peu gros pour être cru. Je douterais moi aussi si la suite de la vie de Jésus ne démontrait en tous points sa différence fondamentale de nature avec nous.

Jésus, le Fils de Dieu, naît d’une femme encore vierge, mais déjà fiancée

Ce choix de Dieu ne paraît pas très judicieux. A l’époque, les fiançailles sont beaucoup plus sérieuses qu’aujourd’hui. Une dot est payée par le futur mari au père de la fiancée. Les futurs époux, liés par contrat, sont considérés par les familles comme déjà mariés. Toute infidélité équivaut à un adultère et peut entraîner, selon la loi en vigueur, la peine de mort. Le risque pris par Marie, en acceptant de porter Jésus est significatif. Pour Jésus, elle doit être prête à sacrifier l’amour de Joseph, son avenir avec lui… et sa réputation.

La personnalité de Joseph ajoute un plus à la crédibilité du récit. Homme droit, il est déchiré à la nouvelle de la grossesse de sa bien-aimée. Il aime trop Marie pour lui porter préjudice… mais il ne peut poursuivre la relation avec elle. La mort dans l’âme, il doit se résoudre à rompre dans la plus grande dignité.

Il faudra un miracle pour que Joseph croie Marie. Dieu n’est pas un voleur de bonheur. La vérité connue, le secret qui va sceller leur union sera plus fort que toutes les pressions qui pourraient les séparer. Non ! « la corde à trois brins ne se rompt pas vite ! »

Jésus, un SDF

C’est dans une mangeoire que Jésus commence sa vie ! Marie aurait bien voulu le mettre dans un berceau, mais, dit l’Evangile, à l’endroit où il se trouve à Bethléem, l’auberge est comble. Seule l’étable est disponible. Pas de place pour Jésus !

Pas de place ! Un problème qui se répète tout au long de sa vie. Etonnant, en effet, le nombre d’endroits d’où on voudra l’expulser, de lieux où il se retirera pour sa sécurité. Dissident, Jésus se plie aux aléas d’une vie itinérante souvent forcée. Il n’hésite pas à dire à un candidat disciple potentiel : « Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas un endroit où reposer sa tête. »

Comme un SDF, Jésus n’a rien à lui. Ici, ce sont des amis qui l’assistent de leurs biens. Là, il emprunte un bateau pour s’adresser à la foule. Plus tard, un anonyme lui ouvre sa maison pour l’accueillir pour son dernier repas. Même l’âne sur lequel il sera monté pour entrer à Jérusalem lui est prêté. La pauvreté matérielle de Jésus contraste avec force sa richesse spirituelle.

Jésus finira entre le ciel d’où il vient et la terre où il est venu, abandonné de Dieu et rejeté par les hommes. Il sera enseveli dans une tombe préparée pour un autre. Venu pauvrement, pauvrement il quittera ce monde. Il n’y avait pas de place pour lui. En trouvera-t-il une dans votre cœur ?

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