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Selon Luc

La démarche de Luc

Après Matthieu et Marc, Luc est le 3ème de la liste des auteurs d’un évangile intégré dans le Nouveau Testament. Différent des deux premiers, l’évangile de Luc est en rapport direct avec la personnalité de son auteur. Luc est le seul qui n’a pas côtoyé Jésus de son vivant. Aussi, sa démarche porte-t-elle dès le départ la marque du souci historique. Après avoir fait des recherches précises depuis les origines sur les faits touchant à l’existence de l’homme Jésus, Luc a décidé de faire le récit des événements qui se sont produits en Israël autour de lui. Il nous livre dans son évangile le résultat de son enquête. La démarche de Luc est d’autant plus importante qu’il n’est pas d’origine juive mais grecque. Luc a besoin de fonder sa foi sur un témoignage crédible, authentifié. Les questions liées à la naissance, la vie, la mort et la résurrection de Jésus ont une telle portée que l’approximation n’est pas concevable. D’où le travail d’investigation si sérieux qui est à la base de son document. Singularité de son Evangile L’évangile de Luc se singularise des autres récits de la vie de Jésus de plusieurs manières :

1. l’ordre chronologique :

Au contraire de Matthieu, Luc relate les paroles de Jésus en rapport avec les circonstances directe où elles furent prononcées. Des quatre évangiles, Luc est celui qui donne le tableau le plus étendu et le plus complet de la vie de Jésus. Il est le seul à relater en détail les évènements préparatoires à Sa venue. L’Evangile de Luc commence ainsi, non par la naissance de Jésus, mais par celle de son précurseur, Jean le Baptiste. Il relie l’apparition de Jean aux annonces faites des siècles auparavant par les prophètes juifs à ce sujet. De même, Il est le seul à évoquer les faits particuliers touchant à la période de l’enfance de Jésus. Son sens historique lui fait noter les dates et âges à partir desquels Jésus commence son ministère, renseignement unique et précieux. De plus, non moins de 16 paraboles et 6 miracles ne sont rapportés que par Luc

2. l’universalité

Luc fait remonter la généalogie de Christ à Adam, père de l’humanité. Il présente Jésus comme le Rédempteur universel. Les nations sont incluses dès la première annonce de la bonne nouvelle par les anges. Luc fait sortir Jésus du cadre trop étroit de la nation juive pour le proposer comme le Sauveur envoyé par Dieu pour tous.

3. l’individualité

L’évangile universel de Luc est en même temps l’évangile de l’individu. Le salut est proposé à chacun personnellement. Luc esquisse dans son récit de nombreux portraits personnes : Elisabeth, marie, Marthe et Marie, Simon, Lévi, Zachée… Chacun peut se reconnaître dans la panoplie des êtres décrits par Luc.

4. les questions sociales

Médecin de formation, Luc souligne le fait que Jésus est non seulement le Sauveur de tout homme, mais de tout l’homme. Il est le Médecin divin du corps et de l’âme. Il est l’Ami des méprisés, des bas-tombés, des parias et des rejetés de la société. Luc seul raconte le dernier échange, intime, que Jésus eut avec un condamné de droit commun, crucifié avec Lui. Tous les gestes, toutes les paroles de Jésus expriment son humanité. Pour Luc, il est, par excellence le Fils de l’homme.

Un auteur : 2 livres

Comme celui de Matthieu, Marc et Jean, Luc termine son Evangile par les faits incontournables de la mort, de la résurrection et de l'ascension du Christ. Son enquête pourtant ne s'arrête pas là. Jésus étant toujours vivant et agissant, il va relater dans un second livre, intitulé dans nos bibles "Actes des apôtres", tout ce que le Sauveur va continuer à faire depuis le ciel dans les 30 années qui suivront son départ. Depuis, l'histoire de Jésus, jamais finie, se poursuit. Une question se pose cependant aujourd'hui : quelle est votre histoire avec Jésus ? Qui est-il pour vous ? Puissiez-vous, comme Luc, vous livrer à une enquête minutieuse à son sujet... et parvenir à la même conclusion que lui. Bonne lecture !

Extrait : parabole du père et des deux fils :

11 ¶ Il dit encore : Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père : « Père, donne–moi la part de fortune qui doit me revenir. » Le père partagea son bien entre eux. 13 Peu de jours après, le plus jeune fils convertit en argent tout ce qu’il avait et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en vivant dans la débauche. 14 Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer de tout. 15 Il se mit au service d’un des citoyens de ce pays, qui l’envoya dans ses champs pour y faire paître les cochons. 16 Il aurait bien désiré se rassasier des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait. 17 Rentré en lui–même, il se dit : « Combien d’employés, chez mon père, ont du pain de reste, alors que moi, ici, je meurs de faim ? 18 Je vais partir, j’irai chez mon père et je lui dirai : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi ; 19 je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite–moi comme l’un de tes employés.” » 20 Il partit pour rentrer chez son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa. 21 Le fils lui dit : « Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. » 22 Mais le père dit à ses esclaves : « Apportez vite la plus belle robe et mettez–la–lui ; mettez–lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. 23 Amenez le veau engraissé et abattez–le. Mangeons, faisons la fête, 24 car mon fils que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! » Et ils commencèrent à faire la fête. 25 Or le fils aîné était aux champs. Lorsqu’il revint et s’approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses. 26 Il appela un des serviteurs pour lui demander ce qui se passait. 27 Ce dernier lui dit : « Ton frère est de retour, et parce qu’il lui a été rendu en bonne santé, ton père a abattu le veau engraissé. » 28 Mais il se mit en colère ; il ne voulait pas entrer. Son père sortit le supplier. 29 Alors il répondit à son père : « Il y a tant d’années que je travaille pour toi comme un esclave, jamais je n’ai désobéi à tes commandements, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis ! 30 Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, pour lui tu as abattu le veau engraissé ! » 31 Le père lui dit : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; 32 mais il fallait bien faire la fête et se réjouir, car ton frère que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! »

Selon Marc

Un récit dynamique

Après celui de Matthieu, l’Evangile selon Marc est celui que nous trouvons en 2ème position dans le Nouveau Testament. S’il est le plus court des 4 évangiles, celui de Marc est aussi le plus animé de tous. L’objectif de son auteur est clair : par son style concis, ses descriptions alertes, détaillées, le but de Marc est de donner à ses lecteurs une vision active, énergique et dynamique de la vie de Jésus. Tel un reporter, Marc suit Jésus à la trace et décrit ses actions au présent. Le mot-clé de son évangile est, dit-on, le mot « aussitôt », un terme qui indique le mouvement, le déplacement incessant de Jésus d’un endroit à l’autre ou la rapidité d’un geste à l’autre. En cela, l’Evangile de Marc est un bon complément à celui de Matthieu qui avait pour objet de mettre l’accent plutôt sur le caractère juif de la personne et du message du Christ.

Qui est Marc ?

Marc n’est pas un anonyme dans le Nouveau Testament. Son nom véritable est en fait Jean-Marc. Jean est son nom juif, et Marc son nom romain : un détail qui souligne peut-être que les destinataires de son évangile ne sont pas d’abord des juifs, mais des païens. Un événement anodin que seul Marc rapporte dans son évangile fait que beaucoup de commentateurs identifient Marc au jeune homme qui s’enfuit nu du jardin de Gethsémané au moment de l’arrestation de Jésus.

C’est dans le livre des Actes que nous trouvons les mentions les plus fréquentes de Marc. Sa mère d’abord était une certaine Marie, dans la maison de laquelle l’apôtre Pierre se rendra à sa sortie miraculeuse de prison. Parent de Barnabas, compagnon de la première heure de l’apôtre Paul, Marc accompagnera pour un bout de chemin les deux apôtres lors de leur premier voyage missionnaire. Par crainte de l’opposition, il les abandonnera ensuite et retournera à Jérusalem : une fuite qui sera ultérieurement un sujet de tension vive entre Paul et Barnabas.

Evangile de Marc… ou de Pierre ?

De manière évidente, l’évangile de Marc est lié à la personne de l’apôtre Pierre. Pierre lui-même appelle d’ailleurs Marc, dans l’une de ses lettres « son fils », ce qui tendrait à démontrer que c’est au travers de Pierre que Marc fut gagné à la foi au Christ. Le récit de Marc abonde en détails précis, à la fois sur le vécu de Jésus et celui de Pierre à ses côtés. D’autre part, sont omis les faits qui, dans les autres évangiles, parlent à l’honneur de l’apôtre : sa marche sur les eaux à la rencontre de Jésus, la bénédiction que le Christ prononce sur lui… Pierre ne désirant pas qu’une quelconque gloire lui soit attribuée. L’Evangile de Marc est le récit de la vie de Jésus au travers du regard d’un témoin oculaire, proche de Jésus et présent sur les lieux où l’action se passe.

Enseignement principal de l’Evangile selon Marc

Le 1er enseignement de l’Evangile de Marc est que si Jésus est un homme spirituel, il n’est pas pour autant, comme Bouddha, un contemplatif inerte. Toujours en mouvement, par monts comme par vaux, Marc nous présente Jésus comme un homme qui, semble-t-il, n’a pas assez de 24 heures par jour pour faire tout ce qu’il a à faire. Debout très tôt, il prépare ses journées en passant plusieurs heurs dans la prière, face à face avec son Père. Le soleil levé, il se met en route avec ses disciples. Il va de lieu en lieu faisant le bien, guérissant et délivrant les hommes sous l’oppression du mal. Il s’occupe des foules dans leurs besoins les plus terre à terre comme les plus profonds. Jésus, nous montre Marc, est Dieu sous les traits d’un Dieu proche, en prise direct avec le concret, un Dieu incarné, vivant dans le réel de nos situations, seul capable de répondre à nos besoins, des plus simples aux plus complexes.

Comme Matthieu, Marc souligne cependant le fait que l’œuvre principale de Jésus ne sera pas celle qu’il a accompli de son vivant, mais au moment de sa mort. A trois reprises, Marc souligne le fait que Jésus parle de sa mise à mort comme d’un événement certain et le plus essentiel de son parcours. Par elle, dit-il, la rançon nécessaire pour le rachat des hommes sera payée.

Extrait de l’Evangile selon Marc

Marc, chapitre 7,versets 14 à 23

« 14 Il appela encore la foule et se mit à dire : Ecoutez–moi tous et comprenez. 15 Il n’y a rien au dehors de l’être humain qui puisse le souiller en entrant en lui. C’est ce qui sort de l’être humain qui le souille. 16 17 Lorsqu’il fut rentré à la maison, loin de la foule, ses disciples l’interrogèrent sur cette parabole. 18 Il leur dit : Etes–vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez–vous pas que rien de ce qui, du dehors, entre dans l’être humain ne peut le souiller ? 19 Car cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, avant de s’en aller aux latrines. Ainsi il purifiait tous les aliments. 20 Et il disait : C’est ce qui sort de l’être humain qui le souille. 21 Car c’est du dedans, du cœur des gens, que sortent les raisonnements mauvais : inconduites sexuelles, vols, meurtres, 22 adultères, avidités, méchancetés, ruse, débauche, regard mauvais, calomnie, orgueil, déraison. 23 Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l’être humain.

Lisez l’Evangile selon Marc : il vous fera connaître le Sauveur de marque que Dieu nous a envoyé !

Selon Matthieu

Portail d’entrée

L’Evangile selon Matthieu sert de portail d’entrée au Nouveau Testament. C’est donc par lui que, souvent, le lecteur s’initie à la découverte de l’Ecriture sainte. Aussi, est-il un des évangiles préférés par tous les lecteurs de la Bible. Cette préférence n’est pas nouvelle. L’Evangile selon Matthieu est, en effet, le plus cité des évangiles dès le début de l’histoire chrétienne. La popularité de cet évangile n’est pas due au hasard. Elle tient à plusieurs causes que nous allons voir ci-dessous. Auparavant , il convient de dresser un court portrait de son auteur.

Qui est Matthieu ?

Le nom de Matthieu est présent dans toutes les listes d’apôtres citées dans les évangiles. Juif qui exerçait le métier de collecteur d’impôts au service de Rome (l’occupant), Matthieu faisait partie d’une catégorie de personnes souvent haïe par la population. En effet, les collecteurs d’impôts (ou publicains) avaient mauvaise réputation. Ils étaient connu, souvent à juste raison, pour être voleurs. Les collecteurs d’impôts étaient en fait des péagers. Ils étaient chargés de prélever les impôts et les droits de passage sur les marchandises que l’on transportait d’un territoire à l’autre. Aussi, profitaient-ils de leurs positions pour exiger des contribuables plus que nécessaire, cela d’autant plus qu’aucune loi ne protégeait les victimes contre de tels abus.

C’est alors qu’il était en plein travail que Matthieu rencontre Jésus. Celui-ci le voyant lui ordonne de le suivre. Immédiatement Matthieu, sans discuter, obéit, laissant sur place sa fonction. Plus tard, Jésus l’appellera à intégrer le groupe des douze qui l’accompagnera durant les 3 années de son ministère public. En optant pour Matthieu, Jésus a fait un double choix : il a montré que ceux qui étaient le mieux préparés à le recevoir n’était pas les « justes », mais les pécheurs ; en choisissant un homme lettré, il voyait en lui l’évangéliste potentiel dont nous bénéficions des talents encore aujourd’hui.

L’Evangile selon Matthieu

Dès la première phrase, Matthieu dévoile le but premier de son évangile. Il y présente Jésus comme le fils de David et le fils d’Abraham. De toutes les figures juives de l’Ancien Testament, David et Abraham occupent les places de tout premier ordre. Abraham est considéré comme le père de la nation juive, ainsi que le père de la foi juive. David est connu comme le roi juif par excellence, un roi selon le cœur de Dieu. Fait important : les deux hommes ont été l’objet de promesses de la part de Dieu quant au Messie qui devait venir. Le but de Matthieu est de démontrer que Jésus est l’accomplissement des promesses messianiques données à Abraham et David pour les juifs. Il est le Roi des Juifs. C’est d’ailleurs en tant que tel qu’il sera officiellement condamné. « Cet homme est Jésus, le roi des juifs » sera le libellé de l’inscription indiquant le motif de sa condamnation et placée au-dessus de sa tête à la croix.

La conviction de Matthieu, étant que Jésus est le Messie promis et annoncé aux juifs, va colorer tout son évangile. Des 4 évangiles, il est celui qui cite le plus souvent l’Ancien Testament. Matthieu veut démontrer que le vie de Jésus est la réalisation de ce qui était écrit au sujet du Christ. Aussi, le mot-clé de son évangile est le mot « accompli ». Jésus est Celui qui accomplit les promesses données par Dieu aux prophètes. Il réalise l’espérance tant attendue.

L’Evangile du royaume

Pour Matthieu, Jésus est plus que le Roi des juifs. Avec lui, le Royaume de Dieu (ou des cieux) fait irruption dans le monde. Plus de 50 fois, on retrouve cette expression dans l’écrit de Matthieu. 7 paraboles, en particulier, rapportant des extraits de discours de Jésus, écrites au centre de l’évangile, décrivent la façon avec lequel ce royaume se manifeste et cohabite avec le royaume des ténèbres qui domine ce monde. Le discours de Jésus le plus célèbre, le sermon sur la montagne, est en quelque sorte la charte du Royaume.

Autres particularités

Une des raisons de l’affection des croyants pour l’évangile de Matthieu tient à son écriture très structurée. L’évangile est plein de parallélisme. Les chiffres 7 et 3 y occupent une place importante. Le « Notre Père » comporte 7 demandes, le royaume de Dieu est présenté par 7 paraboles, 7 malheurs sont annoncés aux pharisiens ennemis de Jésus, 7 pains et 7 corbeilles sont mentionnés dans le miracle de la multiplication, le pardon doit aller jusqu’à 70 fois 7 fois… Jésus est tenté 3 fois dans le désert, il prie à 3 reprises avant d’aller à la croix… La structure de l’évangile apparaît si clairement lorsqu’on le lit qu’il est celui dont on retient le mieux le contenu.

Extraits de l’Evangile selon Matthieu

Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon (l’Argent) : chapitre 6, verset 24

Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux, car c’est la loi et les prophètes : chapitre 7, verset 12

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