Michel Delore, l'homme qui court
mercredi 27 mai 2009 :: Entretien :: Alerter la modération
Le journaliste-écrivain a commencé à courir dans les années 70. A l'époque, il n'y avait que les voleurs pour prendre ainsi leurs jambes à leur cou ... Aujourd'hui, à 72 printemps, il reste un assidu de la course à pied. Parmi ses projets : la Saintélyon 2009 et ses 69 kilomètres à parcourir de nuit. Ce sera sa 23ème participation à cette course qu'il a remporté huit fois entre 1970 et 1980 (Record de l'épreuve en 1978 avec 5h20). Vous voyez, l'homme n'est pas un novice et quand il donne des conseils, c'est l'expérience qui parle !
« Le jogging pour mon bien être » a-t-il pour principal public les coureurs débutants ou un coureur un peu plus expérimenté peut-il s’y plonger ?
Mon nouveau livre s'adresse aux personnes qui n'ont même pas (encore) envie de courir : je leur propose de venir nous rejoindre. Je m'adresse à celles qui voudraient bien courir mais ne savent pas très bien comment s'y prendre. Je m'adresse aussi à celles qui recherchent une activité sportive de loisir et qui pourraient choisir autre chose : le jogging c'est mieux ! Je m'adresse aussi à un public féminin qui recherche plus le plaisir de respirer et transpirer que la compétition : le chapitre le plus important est consacré aux femmes de tous âges, en collaboration avec le docteur Catherine Guyot, une amie grenobloise, ancien médecin de l'équipe de France féminine de cyclisme, et qui court (à pied). Un coureur à pied peut se reporter à ce livre sur le jogging : on a toujours quelque chose à apprendre, souvent des petits détails oubliés qui font qu'on éprouve plus de plaisir à courir. Naturellement à la fin du livre j'invite celles et ceux qui le souhaitent à se laisser tenter par une première compétition : par exemple une course réservée aux femmes comme "la parisienne" (au moins 10 000 femmes). Mon chapitre sur les femmes se situe dans un esprit très émancipateur les concernant : je rappelle le combat des femmes pour avoir le droit de prendre le départ des marathons, ce n'est pas si vieux ! Et l'admission des femmes aux Jeux Olympiques à partir de 1948 coincide étrangement avec leur droit de vote aux élections (le droit de vote leur fut accordé en 1945, NDLR)
Je trouve que ce livre est complémentaire de « Courir, du jogging au marathon », un peu comme une préface … Le voyez-vous comme ça ?
Ce nouveau livre est en effet une sorte de tome un : j'aurais dû commencer par là, par un livre complet pour les débutant(e)s. Il m'aura fallu une expérience supplémentaire pour arriver à concevoir ce livre de façon très pédagogique : j'ai observé que le plus difficile dans la plupart des sports est l'initiation de ceux et celles qui commencent. En natation, vous lancez un enfant dans la piscine, il flotte tout de suite, s'amuse dans l'eau, alors qu'un adulte a peur de se noyer dans un mètre cinquante de flotte et doit prendre 15 leçons par un maître-nageur avant d'arriver à faire quelques brasses correctes. Même chose en ski ou en patinage...Les lecteurs de "Courir" sont déjà des personnes adeptes du sport.
Pourriez-vous en trois phrases trouver des arguments pour donner l’envie à un novice de se mettre à courir ?
Courons vers de nouveaux horizons, de nouvelles découvertes, de nouvelles espérances....
Le bon coureur est-il plutôt celui qui va réussir à atteindre un bon niveau à force de travail ou celui qui va persévérer dans ses efforts quelque soit son emploi du temps, la météo, ses obligations professionnelles et familiales.
Je ne crois pas qu'il existe "de bons coureurs", et les autres...pas bons. Il y a ceux et celles qui se passionnent, se donnent des objectifs, pensent à leur bien-être. A chacun(e) sa manière de pratiquer.
La course à pied a beaucoup évolué depuis les années 70, plutôt positivement selon vous ?
Evidemment la course à pied (hors stade) a évolué dans le bon sens : d'un sport élitiste on est passé au sport de masse, ouvert à tous (hommes et femmes), à tous les âges (surtout aux plus de 40 ans qu'il y a peu les médecins ne trouvaient bons que pour la chaise longue ; je cite dans mon livre l'opinion de mon médecin qui à cet âge là voulait que j'arrête tout : et c'est là qu'a vraiment démarré ma carrière sportive dans les courses d'endurance à pied, en vélo, en ski de fond). La course à pied hors stade c'est aussi la société sans classe : autrefois l'athlétisme était un sport universitaire, aujourd'hui on côtoie des gens de tous bords, des ouvriers, des ruraux, des policiers, des gardiens de prison, le cardinal-archevêque de Lyon (1 h 5O' au semi marathon) et plus récemment un client assidu du Fouquet's (suivez mon regard....).
L’essor de la course à pied est-il dû au fait que c’est un sport « prêt à consommer » à l’image de la société actuelle ?
L'essor de la course à pied est évoqué au début du livre : un loisir praticable partout, n'importe quand, peu onéreux (seules les chaussures constituent un problème car elles ne souffrent pas la médiocrité).
Vos projets côté livres
Si ce nouveau livre est un peu un tome 1, "Courir du jogging au marathon" (42 000 ex. déjà vendus, sans doute le record absolu de tous les livres français jamais parus en athlétisme) est un tome 2. Et je prépare une sorte de "tome 3", un livre presque terminé à l'intention des coureurs confirmés qui veulent aller plus loin encore avec la réponse à de multiples questions très "pointues" et souvent inédites.
Vos projets côté courses
Cette année, je me prépare en vue de ma 23ème participation à la Saintélyon (St Etienne-Lyon) 69 km de nuit par les chemins et petites routes des monts du Lyonnais. J'essaie de tenir un programme régulier : du sport un jour sur deux, donc 4 entraînements par semaine, parfois du VTT sur parcours roulant pour faire travailler d'autres muscles. Je pratique les étirements et me fais masser par des kinés du sport chaque semaine. Je viens de découvrir la remise en forme des jambes par la cryothérapie des instituts Hyperminceur (enveloppement des jambes par des bandelettes très froides durant 20 à 3O').
Votre motivation est-elle chaque jour aussi présente ?
La motivation ? Pas un problème dès lors que l'on a des objectifs (réalistes) : par exemple samedi prochain une course sur 4 h autour d'un lac dans la ville nouvelle de l'Isle d'Abeau, à l'est de Lyon. (Michel a aussi au programme le Marathon de la Côte d'Amour comme course préparatoire à la Saintélyon, je me ferai un plaisir d'être à ses côtés... au moins au départ... parce qu'après ce sera ses semelles que je verrai certainement !)
Propos recueillis le 26 mai 2009


Commentaires :: Ajouter un commentaire
1. Le mardi 2 juin 2009 à 17:54, par Madie
2. Le samedi 30 mai 2009 à 13:42, par Mac'
3. Le samedi 30 mai 2009 à 11:57, par Ginette