Un des 4 pôles des Etats généraux de la presse
Cette question fait l’objet d’une réflexion au sein d’un pôle constitué à l’occasion des Etats généraux de la presse. Composé de 20 professionnels de la communication et politiciens, le pôle s’interroge sur le devenir des métiers du journalisme et sur les moyens de reconquérir la confiance du public.
Peu de crédibilité
En 2007, une étude a d’ailleurs été réalisée par TNS Sofres concernant la confiance des Français dans les médias. http://www.tns-sofres.com/etudes/pol/140207_confmedias_r.htm
S’agissant de la presse écrite, l’enquête a révélé que 45 personnes sur 100 pensent qu’en général dans les nouvelles il y a sans doute pas mal de différences entre la façon dont les choses se sont passées et la façon dont le journal les raconte ou bien que les choses ne se sont vraisemblablement pas passées du tout comme le journal les raconte.
Les points de souffrance de la presse observés par le pôle « Métiers du journalisme » des Etats généraux de la presse
Vous l’aurez compris, la crédibilité est donc l’un des points de souffrance du métier de journaliste. Le journalisme fascine mais pas les journalistes parce qu’ils font l’objet de nombreuses critiques.
On leur reproche leur inculture et leur comportement moutonnier. En effet, ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi tous les journaux parlaient des mêmes choses ? Alors certes, lorsqu’il s’agit d’évènements importants, il est normal que tous rapportent les mêmes faits (même si les versions sont différentes !) mais il arrive souvent que des sujets sans importance fassent l’objet d’article dans plusieurs titres.
Autre caractéristique souvent reprochée aux journalistes : l’art du flou et de l’à peu près. La richesse des articles est discutable. On parle aussi d’une certaine négligence face à la vérité. Etre journaliste c’est travailler dans le rush et essayer de rédiger les meilleurs articles. Mais la contrepartie de tout cela, c’est aussi le manque de vérité. Les journalistes font parfois l’impasse sur la véracité de leur propos. Et puis, leur manque d’esprit de suite est souligné. En effet, on nous parle d’un évènement qui suscite tout l’intérêt des médias et du jour au lendemain, il n’y a plus de suite et on ne connaît pas la fin.
Un succès grandissant chez les étudiants
Malgré les difficultés que rencontre actuellement la presse écrite, les étudiants y sont toujours autant intéressés et tous rêvent d’avoir un jour la fameuse « carte de presse ».
Aujourd’hui, le métier tend à se développer, notamment par le journalisme en ligne et la presse spécialisée technique et professionnelle. Mais les trois grandes familles restent : les spécialistes de la presse écrite, ceux de la télévision et les journalistes radio.
En France, les formations sont nombreuses. Mais seules 12 sont reconnues par la profession. Voici la liste :
- Centre de formation des journalistes (CFJ-Paris)
- Centre universitaire d’enseignement du journalisme (Cuej-Strasbourg III)
- Ecole des hautes études en sciences de l’information et de la communication (Celsa-Paris IV)
- Ecole de journalisme et de communication de Marseille (EJCM)
- Ecole de journalisme de Toulouse (EJT)
- Ecole supérieure de journalisme (ESJ-Lille)
- Institut de la Communication et des Medias (ICM-Grenoble III)
- Institut Français de Presse (IFP-Paris)
- Institut pratique de journalisme (IPJ-Paris)
- Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA-Bordeaux)
- IUT de Lannion
- IUT de Tours
En 2007, seuls 15 % des nouveaux titulaires de la carte de presse sortaient d’une de ces écoles.
Mais beaucoup d’autres écoles forment au métier de journaliste : ISCPA, HEJ, EFJ ou encore IEJ.
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INTERVIEW
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Nous avons d’ailleurs rencontré Maïmouna Barry, une étudiante en 3ème année de Journalisme à l’IEJ. Elle a accepté de répondre à nos questions.
Peux-tu nous présenter ta formation ?
Je reçois une formation complète à l’IEJ. On nous forme aux différents supports des médias, c’est-à-dire la télé, presse écrite, radio et web. L’accent est aussi mis sur les cours dit de culture générale comme la géopolitique. Une initiation à la caméra et aux multiples outils que doit maitriser un journaliste sont au programme. L’école forme des journalistes polyvalent et à l’aise sur tous les supports.
Qu’est-ce qui t’intéresse dans le métier de journaliste ?
Ce qui m’intéresse dans le métier de journaliste est la communication, la recherche de la vérité. Les journalistes sont l’interface entre le peuple et l’Etat. C’est le catalyseur d’information qui permet de la rendre accessible à tous. C’est une sorte de médiateur. Partager et faire partager est l’adage des journalistes à mon sens.
Penses-tu que le secteur du journalisme propose encore des débouchés aux futurs diplômés ?
Le journalisme attire beaucoup de monde mais il y a peu d’élus. Mais si on sent que seul ce métier nous permet d’avoir un épanouissement personnel, alors il faut se jeter à l’eau. Je ne me vois pas faire autre chose que du journalisme. De toute manière pour tous les métiers il faut se battre.
D’après toi qu’est-ce qui fait un bon journaliste ?
Un bon journaliste est quelqu’un d’honnête. Il dénonce des faits mais ne les invente pas. Je pense qu’il faut connaitre les limites car un dérapage peut vite arriver.
Quelle place accordes-tu à la formation dans la réussite d’un journaliste ?
Une place capitale même si on peut apprendre de manière autodidacte. Je pense avoir appris pas mal de choses. Je n’aurai pas besoin de trop apprendre sur le terrain vu que j’aurai appris auprès de mes professeurs journalistes le savoir-faire du métier. Mes stages auront également apporté leur pierre à l’édifice.