Les stratégies de la PQN
Elle prône le repositionnement
Les quotidiens nationaux enregistrent une pénétration de 32,8% sur les chefs d’entreprises et plus de 10% pour les salariés, les cadres et les professions libérales. La PQN touche chaque jour 31% des individus appartenant au foyer dont les revenus dépassent 42000 euros/an. Autrement dit, la PQN est ciblée dans un lectorat CSP moyen/plus.
Néanmoins, pour survivre, la PQN doit dépasser ces frontières. Pour cela, elle cherche à modifier son image de marque, grâce à de nouveaux logos, de nouvelles maquettes, de nouveaux formats, des suppléments, etc.
Elle prend des risques pour rajeunir son lectorat
Elle a besoin d’une image plus dynamique, plus jeune, plus vive et cherche à attirer une nouvelle cible : « les jeunes actifs urbains » qui sont une cible privilégiée parce qu’ils représentent l’avenir. On a constaté que le taux de pénétration pour les jeunes générations (15-34ans) était de 31,5% en Ile de France, ce qui montre donc que les jeunes gens recherchent aussi une information de qualité. Cela encourage donc les éditeurs à poursuivre en ce sens.
Une information qui doit être claire et utilisable
La PQN cherche à trouver un mode plus attractif de mise en page qui permet de mieux assimiler l’information, Nicolas Beytout, ancien directeur de la rédaction du Figaro, explique ainsi que son quotidien était « certes intéressant », mais « fouillis, peu pratique, et, au final décevant ».C’est donc par souci de clarté, ainsi que de mise en scène, que le quotidien Le Figaro a intégré au corps principal du journal, deux cahiers, l’un avec l’actualité générale et la culture, l’autre avec l’art de vivre et le sport. En classant les informations, le journal est plus lisible et donc plus accessible à un lectorat plus étendu. Les dirigeants des grands quotidiens cherchent désormais à rendre leur journal plus attirant, prouvant par là une certaine adaptabilité pour plaire à leur lectorat.
Une réputation à maintenir
Les grands titres de la PQN tiennent à leur réputation d’informateurs prestigieux, donnant une information de qualité, souvent en avant première. Leur valeur ajoutée réside dans le fait qu’ils mettent en relief des analyses et des points de vue éditoriaux. La PQN reste un média un des médias privilégié en terme d’information de qualité. Même si elle essaye de se rendre plus accessible à un lectorat plus jeune, elle entend conserver sa réputation d’ « informateur de qualité ». La PQN est identifié comme le média du débat démocratique et politique. Serge Guerin, professeur de sciences de la communication à Lyon, affirme que la PQN devrait cependant être plus partisane, plus idéologique et prendre davantage position afin de regagner le cœur des lecteurs.
Exemple de dispositifs mis en œuvre pour faire face à la concurrence des gratuits
Libération, le gratuit d’un jour
Le vendredi 11 avril, le quotidien Libération sera diffusé gratuitement à 500 000 exemplaires dans tous les kiosques de France. Une première en France. L’objectif est de reconquérir d'anciens lecteurs et de faire découvrir la nouvelle formule à tous ceux qui ne seraient pas des familiers du titre. Depuis le lundi 7 avril 2008, des coupons d'échange sont à découper dans le journal. Mercredi 9 avril, 450 000 coupons sont pour leur part dispensés par les NMPP à tous les kiosques distribuant habituellement Libération. Enfin, 50 000 coupons seront aussi distribués le vendredi 11 avril aux endroits stratégiques de Paris et dans les kiosques. Sur présentation de ce coupon, un exemplaire de l'édition de Libération du 11 avril 2008 sera remis gratuitement (sous réserve de disponibilité). Une campagne de publicité radio est programmée les mercredi 9 et jeudi 10 avril pour soutenir l'opération : « Le 11 avril, Libération est gratuit. Lisez-le, vous comprendrez pou
rquoi il est payant»
Les quotidiens partent à la conquête du métro
10/09/2008
Pierre Mongin, le président de la RATP, et Francis Morel, le président du SPQN, détaillent le relancement de la vente à la criée des quotidiens nationaux dans onze stations du métro.
LE FIGARO. - Pourquoi la RATP a-t-elle décidé de relancer la vente à la criée des quotidiens nationaux dans le métro ?
Pierre MONGIN.- Ce partenariat est né d'une rencontre il y a neuf mois avec les dirigeants du Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN). Je considère qu'il est de la mission de service public de la RATP de favoriser l'accès à la presse de ses voyageurs. Dès la création du métro en 1900, ce sont déjà 300 « bibliothèques Hachette » qui avaient été ouvertes afin d'inciter les Parisiens à descendre dans le métro pour acheter leur quotidien et fréquenter ce nouveau moyen de transport. Les 4,5 millions de voyageurs qui fréquentent chaque jour le métro, auxquels s'ajoutent 1,7 million du réseau RER que nous gérons, sont un formidable levier pour renforcer la diffusion de la presse payante. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de la RATP, tournée vers le voyageur. Le journal fait partie inhérente du voyage, et permet d'enrichir le temps de transport.
Des magasins Relay sont déjà présents dans vos stations…
P. M.- Cette expérimentation de vente à la criée est organisée en partenariat avec le SPQN mais aussi avec Relay qui dispose de 130 magasins dans les stations, la SDVP (filiale de distribution du Parisien) et les Nouvelles Messageries de la presse parisienne (NMPP). Ce mode de commercialisation complémentaire va permettre d'étendre l'activité des Relay et accroître leur chiffre d'affaires. Les quotidiens représentent déjà 40 % des ventes d'exemplaires de la presse sur le réseau RATP.
Comment va s'organiser ce test prévu jusqu'à fin décembre ?
Francis MOREL.- Cette expérimentation s'inscrit dans le plan mis en place depuis deux ans par les éditeurs et leurs partenaires, comme les NMPP, pour se rapprocher des lecteurs et augmenter le nombre de points de vente. Cette proximité est fondamentale. Les journaux sont achetés si les lecteurs les trouvent facilement sur leur chemin quotidien. La vente à la criée permet d'être sur leur route à des endroits de fort passage. Une vingtaine de vendeurs, présents depuis mardi dans onze stations de métro très fréquentées (lignes 5, 11, 14 du métro, et A et B du RER) proposent l'ensemble de la presse quotidienne nationale, soit 14 titres. Ce dispositif constitue une nouvelle étape dans la détermination des éditeurs d'accroître le nombre de points de vente. Notre objectif avec les NMPP est d'atteindre les 33 000, d'ici à deux ans. À fin juillet, le réseau était composé de 30 500 points de vente. Soit 640 de plus qu'en juillet 2006. C'est l'un des premiers succès du plan Défi 2010 mis en place par les NMPP.
Quel objectif de vente vous êtes-vous fixé ?
F. M. - Nous n'avons pas réellement fixé d'objectif chiffré pour ce test. Il doit permettre avant tout d'expérimenter ce mode d'achat apprécié pour sa praticité et sa convivialité. Il devrait permettre de toucher aussi un public plus jeune. La vente à la criée pourrait représenter une augmentation de chiffre d'affaires de l'ordre de 5 % d'un Relay. Nos études montrent qu'il n'y a pas de risque de cannibalisation entre ces modes de distribution. Les journaux vendus à la criée, ce sont d'abord des achats d'impulsion supplémentaires.
Envisagez-vous d'étendre ce mode de vente à la criée dans le métro aux titres de presse magazine ?
F. M.- Contrairement aux quotidiens, le nombre de magazines est très important. Ce serait très compliqué à mettre en place, notamment pour des questions d'encombrement. La vente à la criée, très concentrée dans le temps, doit rester souple. Le réseau des magasins Relay est là pour assurer une bonne mise en avant et diffusion des magazines.