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Clausewitz et Sun Tzu après les conservateurs

Les concepts d'information militaire stratégique et les théoriciens de la quatrième génération de penseurs de la guerre tels John Boyd ont beaucoup utilisé la pensée de Sun Tzu pour illustrer leurs points de vue. Quelques scribouillards ont même proclamé triomphalement Clausewitz défait par Sun Tzu dans cette guerre parce que Les Américains semblent avoir suivi les principes de Sun Tzu tandis que les experts russes qui conseillent les Irakiens se réfèrent plus habituellement à Clausewitz tout comme la défense des russes contre Napoléon en 1812. Ce genre de triomphalisme est abandonné depuis longtemps. Pour qui comprend l'Art de la Guerre, c'est un moyen de la gagner, alors que les théoriciens de l'information stratégique se focalisent sur l'aspect purement militaire et manquent absolument de perspective sur ce qui se passera après. Ils se concentrent trop sur les succès sur le terrain et sous-évaluent la nécessité de les transformer en victoire véritable. Les trois éléments fondamentaux de la stratégie de Sun Tzu qui trouve sont origine à la fin du sixième siècle avant notre ère pourrait difficilement s'applique à notre époque : en trompant  méthodiquement l'ennemi vous risquez de décevoir votre population, ce qui serait problématique dans n'importe quelle démocratie. Une stratégie indirecte, en général, affaiblirait les moyens d'atteindre un adversaire capable d'agir rapidement et avec détermination. La propagande lui éviterait d'entreprendre les combats à une époque qui le désavantagerait et le placerait dans la position de choisir un meilleur moment pour autant qu'ils possèdent des hommes et des armes en suffisance. On peut gagner des batailles grâce aux principes de Sun Tzu mais difficilement des guerres. Les principes de la gravitation des affaires militaires, le désir des conservateurs de remodeler le monde à leur convenance et les principes de Sun Tzu sont parmi les causes des victoires de l'Amérique  mais aussi de ses défaites. Insistons sur ces problèmes et concentrons-nous sur deux protagonistes fournisseurs de paradigmes, de lentilles aux travers desquelles nous essaierons de comprendre la stratégie de notre siècle. Il apparaît que Sun Tzu se préoccupait peu des conditions politique à une époque de guerres civiles incessantes, Son seul principe était de survivre en payant le moins cher possible et en évitant le combat, puisque même un combat victorieux contre des forces secondaire risquait de le laisser affaibli pour engager la bataille suivante avec un ennemi plus important. L'incapacité de Sun Tzu à concevoir à mettre en forme, par le calcul sur la conduite de la guerre, les conditions socio-politiques ultérieures se trouvaient sans importance comme l'indique la mention antérieure. Mais c'est un des aspects les plus importants de la guerre aujourd'hui. Finalement, si on prend en compte que l'approche de Sun Tzu est sans doute efficace à l'encontre d'e l'ordre de puissance militaire relativement faible  des communautés auxquels il appartient tels le système des seigneurs de guerre et des dictatures, adversaires habituels de ces époques. Son ouvrage est plein d'exemples d'actions relativement simples contre l'armée de l'adversaire ou contre sa communauté qui emmènent un désordre complet et dissout sa volonté de combattre entièrement. Cette méthode est, sans doute, profitable contre des adversaires assez faibles mais plus problématiques avec d'autres établis plus fermement. Apparemment, voilà le mauvais calcul effectué par l'état-major israélien dans sa lutte contre le Hezbollah lors de la dernière guerre du Liban.

Une nouvelle interprétation de Clausewitz

La plupart des interprétations précédentes fixèrent l'attention sur l'importance des victoires napoléoniennes pour la pensée de Clausewitz comme théoricien militaire. Arguons que ce ne sont pas uniquement ses victoires mais aussi les limites de sa stratégie, révélée en Russie et à Waterloo qui ont permis à Clausewitz (1780-1831) de développer une théorie générale de la guerre.

Bien que Clausewitz fut un admirateur de Napoléon presque toute sa vie, il reconnut, à la fin de sa vie, la signification théorique, des différents évènements historiques, issue de l'application d'une stratégie militaire simple et consistante. Il essaya désespérément de trouver une solution qui puisse réconcilier des extrêmes symbolisés par les succès de Napoléon à  Iéna et Auerstedt, Les limites du primat de la  force révélé par la campagne de Russie et la défaite finale à Waterloo. Ce qui le força à mettre l'emphase sur le rôle des méthodes et des politiques comme finalité dominante parmi lesquelles une bonne stratégie doit  opter. C'est pourquoi, il ne recommanda pas une seule stratégie dogmatiquement, mais la recherche de l'équilibre de différentes oppositions. On peut trouver quatre différences fondamentales qui contrastent le jeune et le vieux Clausewitz qu'il faut souligner ; elles sont importantes pour le débat contemporain à propos de son œuvre.

Le primat de la force sur la politique

La guerre existentielle relative à l'identité propre d'une nation qui l'engagea dans sa jeunesse contredit ses positions ultérieures contre la vision instrumentale de la guerre, qu'il favorisera dans ses derniers ouvrages.

La poursuite du succès militaire par une violence illimitée incarnant le "principe de destruction" contre l'importance d'une limitation de la violence de la guerre tel qu'il le préconisera plus tard. La primauté de la défense est la forme de guerre la plus forte opposée à la promesse d'un résultat décisif donné par l'offensive.

L'approche finale de Clausewitz se condense dans sa Trinité, décrite à la fin du chapitre I du livre I. La Trinité avec ses problèmes spécifiques est le legs de Clausewitz et le vrai commencement de sa théorie. Il dit " : n'importe comment le concept de la guerre que nous avons formulé(la Trinité) apporte un première lumière sur la structure fondamentale de la théorie et nous permettrons d'identifier  une première différenciation de ses composants majeurs."

Clausewitz décrit la Trinité comme suit :

La guerre est un véritable caméléon qui s'adapte aux caractéristiques d'une situation donnée. Comme phénomène totalisant ses tendances dominantes en font toujours une trinité paradoxale, composée de violence primordiale, de haine et d'inimité, qu'on doit voir comme une force aveugle jouant sur la chance et les probabilités, là où un esprit créatif est livre d'agir, là où son élément de subordination, instrument d'une méthode est le pur sujet de la raison. Le premier chapitre de "De la Guerre" et sa Trinité  est le résultat ultime de la théorie et une tentative pour synthétiser les paradoxes impériaux. Cette Trinité est assez différente de la soi-disant  "guerre trinitaire" qui n'est pas dérivée de Clausewitz lui-même mais du travail de Harry G Summers Jr.  Bien sur, il se réfère au concept de Clausewitz dans son livre très influent à propos de la guerre du Vietnam, il falsifie fondamentalement l'idée de Clausewitz qui explique dans son paragraphe que la première des trois tendances concerne les gens, la seconde, le commandant et son armée et la troisième principalement le gouvernement. A partir de ces prémisses, nous ne pouvons conclure que la "guerre trinitaire" et ses trois composants, le peuple, l'armée et le gouvernement qu'il s'agit vraiment d'une catégorie conceptuelle ni comment les trois éléments se combinent. Depuis que Summers mit en évidence cette conception, elle a été souvent répétée en particulier par le très influent Martin van Creveld. On doit donc conclure que les trois éléments de la "guerre trinitaire" ne sont que des exemples de la Trinité de Clausewitz, plus fondamentale. Ils  peuvent s'appliquer de manière significative à quelques situations historiques et politiques, comme Summers le démontre dans le cas du Vietnam avec ses fossés infranchissables entre le peuple, l'armée et le gouvernement américain. Nonobstant la possibilité d'utiliser ces exemples, Clausewitz, sans aucun doute, définit sa Trinité différemment dans un concept plus large et moins contingent.

La notion de Trinité diffère explicitement de sa fameuse formule sur la guerre la décrivant comme la continuation de la politique par d'autres moyens. S'il semble répéter sa formule, ce n'est que pour une des trois tendances que chacun doit considérer s'il ne veut se retrouver sujet d'une perte de réalité immédiate. Si on interroge la formule de plus près, elle est décrite comme la continuation de la politique, mais avec d'autres moyens que ceux qui sont propres à la politique elle-même. Ces deux parties du constat constituent deux extrêmes :  la guerre, à la fois comme une continuation de la politique qui appartient principalement à la sphère militaire. Clausewitz souligne que les méthodes évoquées utilisent d'autres moyens, non politiques. Ceci crée une tension implicite entre le statut de la guerre, le continuum de la mise en œuvre d'une politique et la nature des autres moyens. Résoudre cette contradiction mène toujours à la primauté du militaire comme le démontre explicitement, ce tiers exclu qu'exprime la Trinité. Si on porte le discours sur les formes contemporaines de la guerre, Si Clausewitz incarne la "forme ancienne" de la guerre. Mais comme les intérêts n'importe quel  état et de la société en guerre se confondent, sa Trinité demeure le point de départ pour une théorie générale de la guerre et du conflit violent. Là où Sun Tzu généralise des principes stratégiques contres des adversaires faibles qui mènent au succès dans des circonstances particulières. Clausewitz développe une théorie politique de la guerre d'une grande ampleur en spéculant sur le succès, les limitations et l'échec des choix de Napoléon dans sa façon de mener la guerre. IL est parvenu, sur ce canevas, à développer une théorie générale de la guerre qui transcende la stratégie militaire purement circonstancielle. Clausewitz ne niait pas l'influence de la menée de la guerre sur la politique mais pour la contredire. Il insiste pour affirmer que c'est la politique de la communauté qui doit décider si la guerre est nécessaire et quels sont les buts qui doivent être atteints par celle-ci, sans promettre des victoires faciles comme le font les conservateurs inspirés par les théoriciens de la guerre de n'importe quelle génération ou finalement ceux qui s'inspirent absolument des utiles recommandations de Sun Tzu.

Gageons que la guerre du vingt et unième siècle combine les deux. Au cours des décades précédentes, la promesse de résoudre les problèmes politiques en ne comptant que sur les moyens militaires a montré ses effets dévastateurs. Clausewitz, revenu dans l'agenda, le primat du politique est de retour.

C'est la guerre qui fait les bonnes affaires

 Mensonges,hypocrisie et agendas cachés. Le président américain n'a naturellement rien évoqué de semblable en expliquant sa doctrine libyenne au monde, On a un peu l'esprit secoué par tous les trous noires qui ensablent cette splendide petite guerre qui n'en est pas une ( intervention limitée dans le temps, actions à objectifs militaires limités, comme le dit la Maison Blanche) matinée de l'incapacité de la pensée positive de condamner à la foi le main de fer de Kaddafi et le le « bombardement humanitaire »anglo-franco-américain. La résolution 1973 de l'ONU fonctionne comme un cheval de Troie allouant au consortium atlantique et l'OTAN le droit d'agir en son nom pour aider une insurrection armée. En plus de ne rien avoir à faire avec la protection des civils, cet arrangement est absolument illégal du point de vue des lois internationales, la fin prévue, comme le savent même les enfants mal nourris d'Afrique, mais au personne n'a jamais avoué, c'est le renversement des régimes. Le Lieutenant Général canadien Charles Bouchard, commandant pour la Libye, a beau insisté qu'il s'agit là d'une opération uniquement conçue pour protéger les civils, ces innocents n'en sont pas moins armés de de véhicules blindés, de chars et de Kalashnikovs et sont, en réalité, des soldats dans une guerre civile et la question est de savoir si, actuellement, l'OTAN va rester leur force aérienne en suivant le consortium atlantique. Incidemment, le « ligue des volontés » qui se bat en Libye est faite de douze membres de l4OTAN hors de 28 plus le Qatar. Çà n'a rien à voir avec une « communauté internationale ». Pour le résultat du mandat de l'ONU, la zone d'interdiction de vol, il faudra attendre l'émergence d'un gouvernement « rebelle » et la fin de la guerre civile ( si elle arrive tôt) Alors, il sera possible d'analyser si les Tomahawks et les bombes étaient justifiés, pourquoi les civils de Cyrénaïque protégés et pourquoi ceux de Tripoli bombardés. Quels sortes de rebelles ont été mis à l'abri et ces actions étaient-elles légales ? Comment l'histoire d'amour entre les révolutionnaires libyens et l'ouest peut se terminer dans un divorce sanglant (souvenez-vous de l'Afghanistan) et quels sont les acteurs occidentaux qui attendent d'immenses profits de la nouvelle Libye unifiée( ou balkanisée). Pour l'instant, il est au moins assez facile d'identifier les profiteurs. Le Pentagone : Robert Gates, chef du Pentagone a dit, le regard droit, qu'il existait seulement trois régimes répressifs dans tout le moyen-orient, L' Iran, La Syrie et La Libye. Le Pentagone s'occupe du maillon faible, le Libye. Les autres restant classiquement au tableau démoniaque des néo-conservateurs. L' Arabie Saoudite, le Yémen, Le Bahreïn et cetera sont des modèles de démocratie. A ce jeu de cache cache, le Pentagone s'arrange pour se battre deux fois. Çà a commencé avec l' AFRICOM de Bush, gonflée par Obama et rejetée par un grand nombre de gouvernements africains et les organisations des droits de l'homme. Aujourd'hui, ce sont les mignons européens de l'OTAN qui assurent la liaison. C'est la première guerre africaine de l' AFRICOM conduite par le général Carter Ham depuis son quartier général de Stuttgart. L'AFRICOM, comme le dit Horace Campbell de l'Université de Syracuse, c'est de l' entôlage «  fondamentalement, c'est un cartel de fournisseurs de l'armée américaine tels Dyncorp, MPRI (société anonyme professionnelle de ressources militaires), KBR (un substitut d' Halliburton) opérant en Afrique. Les planificateurs militaires américains qui bénéficient des retours d'ascenseurs de la privation de la guerre sont ravis d'apporter une crédibilité à l' AFRICOM sous le couvert de la intervention en Libye. Les Tomahawks de l' AFRICOM ont aussi frappé de manière métaphorique l'Union Africaine qui contrairement à La Ligue Arabe, se laisse facilement acheté par l' ouest. Les pétro-monarchies arabes ont applaudi mais pas l' Égypte ni la Tunisie. Seuls, cinq pays africains ne sont pas subordonnés à l' AFRICOM : la Libye est l'un d'eux en compagnie du Soudan, de la Cote d'Ivoire, de l' Érythrée et du Zimbabwe. L'OTAN : Le plan directeur de l'OTAN est de gouverner la comme un lac atlantiste . Dans cette perspective, pour le Pentagone, la Méditerranée est infiniment plus importante que l'Afrique. Il n'existe que trois nations sur vingt, dans la région, qui n'appartiennent pas à l'OTAN ou qui n'y entretiennent aucun partenariat, la Libye, la Syrie et le Liban. N'ayez aucune illusion, la Syrie est le suivante sur la liste . Le Liban est déjà sous embargo depuis 2006. Maintenant le Libye, les américains par l'intermédiaire de l'OTAN est en train de fermer le cercle. L' Arabie Saoudite : Quelle bon affaire, Le roi Abdullah se débarrasse de son éternel contempteur Kaddafi. La Maison des Saoud, avec une abjection caractéristique fait un pas en arrière au bénéfice de l'ouest et l'attention de l'opinion mondiale distraite de l'invasion saoudienne du Bahreïn qui vise à abattre un mouvement de protestation pro- démocratique, paisible et légitime. La maison Saoud a vendu à la Ligue Arabe la fiction de la zone d'interdiction de vol en Libye. C'est un mensonge, seulement onze membres sur 22 étaient présents au vote et six, membres du Conseil de Coopération du Golf que l'Arabie Saoudite patronne. Il ne restait plus qu' à tordre le bras à trois autres. Le Syrie et l'Algérie étaient contre. Finalement, seulement neuf sur 22 pays arabes ont voté pour la zone d'interdiction de vol. Maintenant, l'Arabie Saoudite peut faire dire très naturellement par Abdulrahman al-Attiyah président du Conseil du Golf : «  le système libyen a perdu se légitimité » Le Qatar : les hôtes de la coupe du monde de football 2022, s'y entendent pour ficeler l'affaire. Leurs Mirages aident à bombarder la Libye et Doha s' apprête à gérer le pétrole de l'est libyen. Ils ont été les premiers à reconnaitre les « rebelles » libyens comme seul gouvernement légitime, un jour après s'être assurer le contrat pétrolier. « Les rebelles » : Indépendamment des revendications légitimes liés aux mouvements de la jeunesse libyenne, le groupe d'opposition le plus organisé est le Front National pour le Salut de la Libye, financé depuis des années par l'Arabie Saoudite, la CIA et les services français. Le « Conseil Intérimaire Transitionnel National » rebelle, c'est le bon vieux Front National plus quelques militaires ralliés. C'est l'élite des « civils innocents » protégés par le « coalition ». Et tout en suite le « Conseil Intérimaire Transitionnel National » a un nouveau ministre des finances, l'économiste, Ali Tarhouni, formé aux États-Unis. Il a révélé qu'un certain nombres de pays occidentaux lui permettent d'accéder aux fonds souverains libyens et que le Royaume-Uni lui fournit 1,1 milliard de dollars des fonds de Kaddafi. Ce qui vieux dire que le consortium et maintenant l'OTAN ne payeront que pour les bombes, Cette escroquerie guerrière, celle-ci est sans prix puisque l'ouest utilise l'argent même de la Libye afin de financer une bande de rebelles opportunistes pour combattre le gouvernement libyen. Les américains, les français et les anglais sautent de joie tout en se demandant pourquoi Paul Wolfowitz n'a pas eu une aussi bonne idée lors de l'invasion de l'Irak en 2003. La France : Oh la la, ce pourrait etre l'argument d'une nouvelle proustienne. La collection de printemps du défilé de la maison Sarkozy, une interdiction de vol modèle avec accessoires Mirages et Rafales. Mode spectacle mise au point par Nouri Mesmari, chef du protocole de Kaddafi ayant fait défection vers la France en octobre 2010, Les services secrets italiens ont écoulé à l'attention d'une presse sélectionnée la manière du procédé. Le rôle des services secrets français, la DGSE est expliqué sur le site subventionné Maghreb Confidentiel . Le coq au vin mijote depuis novembre 2010, ses cuisiniers sont Mesmari, le Colonel de l'armée de l'air Abdullah Gehani et les services francais. Mesmari est surnommé le « wikileaks libyen » en récitant pour à peu près tout le monde chacun des secrets militaires de Kaddafi. Sarkosy a beaucoup aimé, furieux de la résiliation, par Kaddafi, de juteux contrats pour des rafales ( censés remplacer les Mirages aujourd'hui détruits) et pour des centrales nucléaires. Cela explique pourquoi Sarkosy s'est montré si rapide à se poser en nouveau libérateur arabe, premier chef européen à reconnaitre les « rebelles » et dégoutant ainsi un certain nombre de gouvernements européens et premier à bombarder les forces de Kaddafi. Le tout offrant un rôle sans vergogne au philosophe auto proclamé Bernard Henri-Lévy qui trait frénétiquement la presse du monde entier en clamant qu'il a suscité les frappes humanitaires en téléphonant de Benghazi. C'est à la foie un moule et la cerise intellectuel le sur une bombe préparée à l'avance. On ne peut arrêter Le terminateur Sarkosy. Il a prévenu chaque chef arabe qu'il aurait à faire face à des opérations dans de style de celles si il s'attaquait à ses protestataires. Il a même dit que la Cote d'Ivoire serait la suivante. Bahrain et le Yémen, en sont, naturellement exempts. Çà n'a pas marché avec Omar Suleiman « Scheik al Torture » en Égypte, çà marchera peut-être en Libye. Al-Queda :l'homme-lige, si pratique d'usage, refait surface. Le triolet et l'OTAN se battent de nouveau à ses cotés par l'intermédiaire d'Al-Queda au Maghreb(AQM). Abdel-Hakim al-Hasidi, chef rebelle libyen s'est battu aux cotés des Talibans en Afghanistan a confirmé longuement à la presse italienne qu'il a personnellement recruté autour de 25 jihadis de la région de Derma dans l'est lybien pour se battre contre les américains en Irak, «  Maintenant ils sont sur la ligne de front Adjabiya » dit-il. Idriss Deby, président tchadien, a signalé que l'AQM a effectué des opérations sur des arsenaux militaires de Cyrénaïque et détient maintenant assez bien de missiles terre-air. Début mars, AQM a publiquement apporté son soutien aux « rebelles » ; L'ombre de Ben Laden doit surement tirer le chat d'Alice aux pays des merveilles derrière elle, voilà que le Pentagone travaille de nouveau pour lui. Les Privatisateurs de l'Eau : on sait peu, à l'ouest que la Libye et l' Égypte sont assises sur la nappe aquifère calcaire de Nubie, un océan d'eau douce d' une grande valeur. Eh bien oui, cette guerre est une guerre de l'eau. Son contrôle sera extrêmement profitable. Des adductions géantes enterrées profondément dans le désert sur 4.000 kilomètres ont été réalisées par le régime de Kaddafi qui a dépensé pour ce projet 25 milliards de dollars sans emprunter un seul centime au Fond Monétaire International ( mauvais exemple pour un pays en développement). Le Grande Rivière Faite par les Hommes fournit de l'eau à Tripoli, Benghazi et toute la cote libyenne. Le volume d'eau estimé par les scientifiques est estimé à 200 ans du débit du Nil. Il faut mettre ceci en parallèle avec les trois sœurs, ainsi nommées, Veolia(anciennement Vivendi), Suez Ondeo( anciennement Générale des Eaux) et Saur, compagnies françaises qui contrôlent 40% du marché global de l'eau. Tous le regards sont tournés vers les pipes-lines en se demandant si ils seront bombardés, Si le scénario, très possible, de leur destruction se réalise, de juteux contrats de « reconstruction » bénéficieront à la France. Ce sera la dernière étape de la privatisation de l'ensemble de ces eaux, libres pour l'instant. Ainsi passons-nous d'une doctrine de choc à une doctrine de l'eau. Ce n'est là qu'une petite liste de profiteurs, personne ne sait encore qui aura, finalement, le pétrole et le gaz naturel. En attendant, le spectacle explosif doit continuer. Vraiment, il n'y a pas de meilleur affaire que la guerre.

Pepe Escobar


La privatisation de la guerre et son prix

Ricardo Urbina, juge fédéral de Washington vient de produire une jurisprudence qui jette à la poubelle les arguments insistants contre la sous-traitance de la guerre à des mercenaires du secteur privé. En Prononçant un non-lieu à l’égard des agents de Black Water qui tuèrent 17 irakiens, place Nisour, en septembre 2008, le juge met en lumière l’incapacité du gouvernement à tenir ces hommes pour responsable des crimes qu’ils ont commis. Dans les arrêts, il spécifie justement que le gouvernement viola grossièrement le droit des inculpés à se défendre, Il esquisse une instruction inepte se fondant sur les déclarations des inculpés aux fonctionnaires du Département d'État qui employaient la firme de Caroline du Nord pour protéger les état-majors et les convois en Irak, Il parle aussi des violations les plus insensées des droits constitutionnels des inculpés, Pendant la Campagne Barack et Hillary firent la course pour me montrer les plus durs avec les mercenaires, Il est clair pour Obama que la façon de faire fonctionner sa rhétorique est débarrasser des milliers de porte flingues privés toujours déployés en Irak, en Afghanistan et ailleurs. Les tueries de la place Nisour ne furent ni les seules ni les dernières, L’armée emploie aussi des firmes telles que CACI International Inc. Impliquées dans plus d’un tiers des incidents survenus en 2003 et 2004 à Abu Ghraib, Des gardes de Black Water qui avaient pris Xe services comme pseudo et d’autres firmes de sécurité telle Triple Canopy se sont trouvé impliquées dans d’autres attaques terroristes, Le 7 janvier, deux anciens gardes de Black Water sont arrêtés et inculpés de meurtre pour des tirs qui laissèrent deux afghans morts en mai 2009, pourtant le gouvernement ne peut tenir son armée contractuelle pour responsable puisque, quand l’occupation formelle de l’Irak prit fin, en 2004, l’administration Bush obtint du gouvernement irakien l’immunité légale pour celle-ci. La Chambre s’est évertuée à dissimuler le tout sous le loi Américaine, l’Acte de Juridiction Militaire Extra-territorial étend les lois civiles aux parties contractuelles, et le Code Uniforme de Justice Militaire fut élargi en 2006 pour s’étendre aux entrepreneurs civils. Les réquisitions du gouvernement n’ont pas trouvé un seul coupable des tueries, Une plainte des victimes d’Abu Ghraib contre ces opérateurs, refusée par une cour d’appel fédérale jugeant que les compagnies bénéficiaient de l’immunité que leur conférait les contrats de l'État. Furieux , le gouvernement irakien menace d’assigner Xe aux États-Unis et en Irak, Mais les chances de succès s’amenuisent, de nombreuses familles victimes de l’incident ont accepté, la semaine dernière un arrangement avec Xe, inquiètes de voir le procès ne rien leur apporter, Il y a de nombreuses raisons de s’opposer à la privatisation de la guerre, En comptant sur ces contrats, le gouvernement subit la scrutation public, et les mercenaires en roue libre contrecarrent les efforts de l’armée qui fait ce qu’elle peut pour gagner la confiance du public, fondamentalement, le gouvernement ne peut pas ou ne veut pas garder le contrôle légal de ses spadassins.  Une nation ou les lois sont maitresses ne peut pas partir en guerre ainsi.   10/012010, page A16, NYT edition.

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