On parle beaucoup en ce moment de la voiture électrique, cette réponse magique aux problèmes d'environnement sur la planète. En marketing, on parle de "résoudre la contradiction" entre d'une part une envie (le besoin de mobilité) et d'autre part une contrainte ou une culpabilité (émettre du Co2 à chaque fois qu'on prend son véhicule). C'est un peu le même processus que dans les publicités pour les desserts "light". Vous pouvez manger des choses bonnes tout en ne grossissant pas. Et ça fonctionne.
Pour la voiture électrique, on peut penser que le raisonnement initial est plutôt bon : face aux rendements très faibles des moteurs thermiques (20 à 30%), les 90% d'énergies restistués par un moteur électrique font rêver (il n' y a que 10% de pertes entre l'énergie consommée et l'énergie restituée à l'essieu). De plus, en ayant massivement recours à l'énergie de la grille électrique, la nature de la consommation automobile suivra le mix énergétique de la production : si nous produisons plus d'électricité propre (éolien, solaire, etc.), les voitures consommeront elles aussi de l'énergie propre.
D'autre part, il est réaliste de penser qu'en optimisant la courbe de la demande et de la production (recharger les voitures en heures creuses, par exemple dans la nuit), il n'est pas exclus que la capacité de production actuelle puisse suffir à satisfaire la demande. Cela est d'autant plus vrai pour les centrales nucléaires, où arrêter et redémarrer une tranche n'est pas simple.
En revanche, côté distribution, on peut s'attendre à voir poindre de nouvelles contraintes sur le réseau électrique du fait du déplacement des centres de consommation. En effet, si, à terme, les habitants d'un lotissement de 20 maisons se mettent à recharger en même temps leur voiture électrique la nuit, il est fort probable que les transformateurs de distribution actuels ne supporteront pas cette charge. Cela est donc plutôt une bonne nouvelle pour l'industrie des transfos, qui doit d'autre part faire face à la demande liée à l'élimination du pyralène dans les anciens appareils.
Parmi les autres composants qui devraient bénéficier de cette nouvelle tendance, il faudra bien entenu citer les compteurs dits "intelligents", qui pourront gérer la facturation de la charge ET de la décharge de la batterie du véhicule (tout comme les installations solaires récentes, une batterie pleine chargée en heure creuse pourrait restituer l'énergie en heures pleines et ainsi créditer le compte du consommateur). Mais il est vrai qu'en France, nous sommes encore dans un système tarifaire qui ne permet pas (encore) ce type d'opérations.
Une autre question qui se pose est l'adaptation de la grille de transmission, mais c'est encore un autre sujet.