Tous les blogs Créer un blog  

Mon Guide du Champagne

Vintage 2002 Dom Pérignon

Les bouteilles de Dom Pérignon ont toujours été pour moi un mystère, une interrogation forte sur le difficile équilibre qu’une parque peut entretenir entre les forts volumes et une immense exigence de qualité. Je me suis également souvent posé la question de l’influence d’un tel nom, d’un mythe si puissant, comme peut m’être le champagne Dom Pérignon, sur la qualité et surtout l’indépendance d’un jugement ou d’une dégustation.

Bien que j’eu plusieurs fois l’occasion de boire une flûte de Dom Pérignon, j’avoue que cette année, sachant que cela ferait un fort bel article pour le blog, j’ai mis en attention toute particulière à déguster le millésime 2002 qui nous a été servi. En préambule, je dois dire que les bouteilles étaient des versions Andy Warhol d’un fort mauvais goût avec leurs étiquettes bariolées et leur coffret à l’unisson. Mais enfin visiblement d’autres convives ont aimé et puis peu importe le flacon pourvu qu’on ait la finesse…

Cela ne m’a pas empêché donc de me faire servir une flûtes et de me plonger dans sa dégustation. Le Dom Pérignon Vintage 2002 est une cuvée intéressante, car c’est un millésime très équilibré, qui a profité de conditions climatiques idéales, avec un hiver très froid, un printemps tempéré sans chute de grêle et un été chaud et sec. La vendange avait été simple et sans pluie, et je crois me souvenir que les maisons se réjouissaient de la qualité des raisins.

Ce Vintage 2002 signé Dom Pérignon fut l’une des plus belles cuvées dégustées dans ce millésime. C’est un vin à la bulle fine, exubérante, nombreuse et dansante. L’effervescence danse dans un vin à la robe or intense, qui cache pourtant une infinie finesse. Le nez présente des arômes chauds de blé et d’herbe coupée, avec une touche de fruits secs et d’agrumes confits. Enfin, le nez s’ouvre vers des notes fumées et briochées très intéressantes. En bouche, j’ai beaucoup apprécié les sensations soyeuses et lisses qui habillent le palais avant de dévoiler la finesse, la densité et la richesse de ce champagne. C’est une bouche qui se concentre autour du fruit et de la minéralité. La fraicheur ne quitte jamais la bouche, et le vin développe au fil des secondes une intensité et une profondeur étonne. La fin de bouche est marquée par une légère salinité, et une touche fauve très agréable, corsée par une légère amertume.

Sans faire de mystère, j’ai clairement été bluffé par cette cuvée, ce Vintage 2002. Je ne m’attendais pas à une telle réussite, à un champagne mêlant si habillement complexité et finesse, élégance et puissance. Une cuvée qui est déjà je crois à un très haut niveau et qui ne gagnera probablement pas énormément en vieillissant encore, mais développera alors une autre gamme d’arômes.

Grand Siècle Laurent-Perrier

J’ai toujours trouvé étrange l’idée de Laurent-Perrier de lancer une cuvée de prestige qui ne soit pas un millésime. Non pas que j’élève cette pratique champenoise du millésime au rang d’institution incontournable, mais ce choix est clairement une exception dans l’effervescent paysage du champagne. C’est donc un assemblage de crus et d’années qui composent le Grand Siècle de Laurent-Perrier.

La première fois que j’ai dégusté cette « curiosité » n’est pas si vieille que cela, puisque cela remonte à 2001. C’était en compagnie d’un ami de longue date, qui m’avait offert la bouteille quelques mois plus tôt et je l’avais conservé précieusement dans ma cave. Confortablement installés sur la terrasse de ma maison de campagne un soir de l’été 2001, nous avons patiemment et religieusement savouré ce nectar.

Le premier ravissement arriva avec le nez, qui arrive à combiner à la fois puissance et nuances. Je me souviens d’un vin aux notes gourmandes de brioche, de fruits secs avec une petite touche de miel très agréable. La bouche m’avait moins étourdi dans un premier temps, mais en s’ouvrant un peu le Grand Siècle a pris toute sa dimension, alliant onctuosité et élégance et surtout une très longue persistance aromatique. Un beau moment, qui s’étira paisiblement durant cette soirée estivale.

Quelques années plus tard (en 2005 ou 2006, je ne me souviens plus bien), c’est dans un grand restaurant parisien que j’ai de nouveau trempé mes lèvres dans une flûtes de Grand Siècle. Accompagnant un lièvre à la royale, met puissant si il en est, il avait parfaitement su sublimer le plat, ajoutant une touche savoureuse et fraîche. Le Grand Siècle Laurent-Perrier allie en une cuvée ce que beaucoup de champagnes ne peuvent apporter à eux seuls.

Dom Ruinart 1998

Que ce moment fut divin, que ce moment fut intense, que ce moment fut inoubliable. Le week-end dernier, à l’occasion de la visite d’un couple d’amis, j’ai sorti de ma cave une bouteille de Dom Ruinart 1998, un petit trésor acheté il y a déjà 2 ans, et que je conservais précieusement à la fois pour qu’il gagne en maturité et en attendant un moment s’y prêtant.

 

Avec cet automne qui s’annonce rude, ce fut au coin de la cheminée que nous entamèrent la dégustation du Dom Ruinart 1998, un champagne Blanc de Blancs qui puise le meilleur de la Champagne des chardonnays (deux tiers viennent de la Cote des Blancs et un tiers de la montagne de Reims). Servi dans des flûtes Riedel, plébiscitées par les meilleurs sommeliers, nous avons découvert un champagne à la robe or pâle, avec quelques reflets verts et argentés. Une robe lumineuse, soyeuse soulignée par une effervescence d’une très grande finesse.

 

J’ai plongé mon nez avec gourmandise dans la flûte, non sans avoir auparavant fait tournoyer le vin quelques secondes afin de concentrer les arômes pour mieux les apprécier (et les distinguer disons-le aussi). Immédiatement des arômes minéraux s’imposent, suivis par une touche florale et fruitée. Au second nez, ce sont des arômes de fruits jaunes et de miel qui se distinguent.

 

Vint ensuite le moment de la première gorgée, celui où tout se décide, tout commence ou tout s’achève, les plus grandes promesses, comme les petites déceptions. Et pour le fleuron de la gamme du Champagne Ruinart, pas de doute, c’est une réussite. L’attaque est pleine de fraicheur, sur une dominante fruitée (agrumes). On découvre des fruits exotiques, et quelques épices, des notes de mangue, de fruits jaunes bien mûrs. La trame est soyeuse, délicate. Un très grand champagne, qui possède certainement une très belle garde.

Cuvée Louise Pommery

J’ai rencontré Louise pour la première fois il y a 12 ans lors de la finale de la Coupe du Monde de football. Invité en loge par un de mes très bons amis qui dirigeait à l’époque l’un des sponsors des Bleus, j’ai assisté à cette soirée mémorable. Mais j’ai surtout (je ne suis pas un grand amateur de football), dégusté un très bon champagne. Oh certes les puristes vous diront que Louise Pommery a connu grandeur et décadence, ce qui n’est peut-être pas faux, mais je peux vous dire que la Louise que j’ai goûté était de celle qui émerveille, qui ensorcelle. C’était une Louise Pommery 1989 en magnum, or chacun sait que servi en magnum un champagne est toujours sublimé.

Ce millésime 1989 était tout bonnement sublime, pleine de finesse, d’élégance et ce tourbillon d’arômes qui font la saveur et la signature de la maison de champagne Pommery.

Et un !

Bien qu’accusant moins de 10 ans, la robe de ce champagne était déjà légèrement ambrée, avec des reflets cuivrés magnifiques. Les bulles étaient vives, nombreuses, dansantes, et surtout fines.

Et deux !

Le nez de cette Louise Pommery était encore un peu fermé, j’ai dégusté quelques années plus tard ce même millésime et l’évolution était sensible. Pourtant on découvrait déjà les fleurs blanches, l’aubépine, et cette pointe d’agrumes confits qui me plait tant. Après quelques minutes d’aération, ce sont des arômes plus épicés qui sont apparus, des arômes légèrement poivrés.

Et Trois zéro !

La bouche enfin était bluffante. Pleine, riche, très structurée, elle m’a impressionné par son mélange ambitieux et réussi de complexité et de amplitude. Les arômes étaient riche, très axés sur le fruits jaunes, très généreux, porté par une touche minérale et surtout toujours cette animalité qui me séduit tant. Un grand champagne !

De ma soirée je retiendrai bien entendu la victoire historique de Zidane et les siens, mais ma plus belle rencontre de la soirée sera avec Louise Pommery.

Calendrier

« février 2011
lunmarmerjeuvensamdim
123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28

Derniers commentaires

Le blog relève du régime de la loi sur la Confiance et l'Economie numérique (LCEN) du 21 juin 2004.

A ce titre, le blogueur pourra voir sa responsabilité engagée dans les cas prévus par la loi sur la presse et la communication (injure, diffamation, atteinte à la vie privée), de même qu'il est passible des dispositions de l'article 227 du code pénal au titre de la diffusion de message à caractère violent ou pornographique, ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité de la personne humaine.

France Télévisions Interactive décline donc toute responsabilité concernant le contenu du blog mais se réserve toutefois le droit de suspendre, refuser ou retirer, à tout moment et sans mise en demeure, l'accès et la diffusion de tout ou partie d'un blog contrevenant aux lois et règlements en vigueur, et de demander au participant de supprimer un Contenu manifestement contraire aux règles de conduite ou faisant l'objet de réclamation par des tiers.