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  <title>ÉCRITS DE BRUNO LEROY .</title>
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  <tagline type="text/plain" mode="escaped">Bruno LEROY est éducateur de Rue mais, également écrivain-poète. Il Témoigne des problématiques sociales avec un regard critique et poétique. Daniel Grimbert. Éditeur.</tagline>

  <modified>2005-11-19T17:24:24+00:00</modified>
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  <title>AUTORITÉ PARENTALE.</title>
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  <issued>2005-11-19T17:24:24+00:00</issued>
  <modified>2005-11-19T17:24:24+00:00</modified>
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  <dc:subject>Problèmes de société.</dc:subject>
  <summary>L'autorité parentale constitue la première protection de l'enfant.
En cas de défaillance de cette autorité parentale, la France bénéficie d'un double système de protection de l'enfant : une...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;L'autorité parentale constitue la première protection de l'enfant.
En cas de défaillance de cette autorité parentale, la France bénéficie d'un double système de protection de l'enfant&amp;nbsp;: une protection administrative assurée par les services de l'Aide Sociale à l'Enfance, et une protection judiciaire, dite mesure d'assistance éducative, prononcée par un juge des enfants.
PRINCIPES DE L'AUTORITE PARENTALE&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Avant 18 ans accomplis, l'enfant mineur est représenté dans tous les actes de la vie civile par ses parents, titulaires de l'autorité parentale. Celle-ci s'exerce à la fois sur la personne de l'enfant à travers le droit de garde, de surveillance et d'éducation, et sur ses biens.
Le mineur émancipé (16 ans révolus) cesse d'être sous l'autorité de ses père et mère (Article 482 al. 1 du Code civil).
Le droit de garde disparaît, ainsi que celui d'éducation (scolaire ou religieuse) et d'entretien, des parents face à l'enfant. Sauf quand l'enfant émancipé est dans le besoin (Article 205 et 207 du Code civil).
Les parents ne sont plus responsables des dommages du mineur (Art. 482 al. 2)
C'est la loi N°70-459 du 4 juin 1970 qui a modifié le titre IX du Livre 1er du Code civil et substitue à la notion de puissance paternelle celle d'autorité parentale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Définition&amp;nbsp;:&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'autorité parentale, c'est &quot; l'ensemble des droits et devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant (art 371 - 1 nouveau).Elle appartient aux pères et mères jusqu'à la majorité de l'enfant ou son émancipation pour le protéger dans sa sécurité, sa santé,et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne &quot;. Nouvelle formulation issue de la loi du 4 mars 2002.
C'est l'ensemble des droits et des devoirs que la loi reconnaît aux père et mère pour élever et protéger leurs enfants mineurs.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si la protection due à l'enfant n'était pas assurée, le recours au pouvoir judiciaire apparaîtrait alors nécessaire, par le truchement de l'assistance éducative, voire de la déchéance de l'autorité parentale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Exercice de l'autorité parentale&amp;nbsp;: La loi du 4 mars 2002 vient renforcer le principe de l'exercice commun de l'autorité parentale. Si tel était déjà le cas pour des parents mariés, le principe est étendu, de manière plus large qu'avant, aux parents non mariés.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans la famille légitime unie&amp;nbsp;:
Elle est exercée en commun par les père et mère (Art.372)
principe de cohésion de la famille
unicité de décision&amp;nbsp;: &quot; chacun des époux est réputé agir avec l'accord de l'autre quand il fait seul un acte usuel de l'autorité parentale &quot; (Art. 372-2)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;En cas de désaccord parental, il est fait appel au juge aux affaires familiales (JAF).
En cas de perte de l'autorité parentale par un des deux parents (hors d'état de manifester sa volonté - délégation volontaire - condamnation pour abandon de famille - déchéance - décès...) l'exercice de l'autorité parentale est automatiquement dévolue à l'autre parent (Art. 373-1).
Lorsque les parents sont séparés de fait, les règles du mariage demeurent. Les parents résoudront leurs conflits en recourant au JAF. Celui-ci peut même fixer la résidence de l'enfant chez l'un de ses parents et organiser les relations personnelles de l'enfant avec l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans la famille légitime - parents divorcés&amp;nbsp;:
Les parents divorcent l'un de l'autre, pas de leurs enfants&amp;nbsp;!
Il est conféré aux deux parents une responsabilité commune dans l'éducation de l'enfant (Art. 287 et 373-3 du Code civil).
A défaut d'accord amiable ou si l'accord apparaît contraire à l'intérêt de l'enfant, le juge désigne le parent chez lequel l'enfant a sa résidence habituelle. Le juge ne pourra écarter l'autorité parentale conjointe que si l'intérêt de l'enfant l'impose&amp;nbsp;!
Selon sa maturité, l'enfant est entendu et peut exprimer son souhait (13 ans et plus).
Le parent qui n'a pas l'enfant en résidence habituelle doit verser à l'autre une pension alimentaire. En contrepartie, il dispose d'un droit de visite et d'hébergement.
En cas de litige entre les parents sur le plan éducatif (scolarité, éducation religieuse, etc.) le JAF intervient dans la considération de l'intérêt de l'enfant mineur.
Si l'autorité parentale est dévolue à un seul parent, l'autre conserve le droit de surveiller l'entretien et l'éducation des enfants et doit être informé des choix importants relatifs à leur vie.
Le droit de visite et d'hébergement ne peut lui être refusé que pour des motifs graves.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans la famille naturelle (enfant né hors mariage)&amp;nbsp;:
L'enfant a les mêmes droits et devoirs que l'enfant légitime dans ses rapports avec ses deux parents.
L'autorité parentale est exercée de plein droit en commun par les deux parents de l'enfant naturel à deux conditions&amp;nbsp;:
s'ils l'ont tous deux reconnu avant qu'il n'ait atteint l'âge d'un an
s'ils vivaient tous deux ensemble au moment des reconnaissances lorsqu'elles sont concomitantes ou au moment de la dernière reconnaissance lorsqu'elles sont successives.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lorsque la filiation d'un enfant naturel n'est établie qu'à l'égard de l'un de ses parents, celui-ci exerce seul l'autorité parentale.
L'autorité parentale pourra être exercée en commun par les deux parents s'ils en font la déclaration conjointe devant le JAF.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans la famille adoptive&amp;nbsp;:
L'enfant est soumis à l'autorité parentale de l'adoptant. S'il est adopté par un mari et sa femme, l'un et l'autre détiennent en commun l'autorité parentale, comme c'est le cas dans la famille légitime.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Attributs de l'autorité parentale&amp;nbsp;:
&quot; Protéger l'enfant dans sa sécurité, sa santé et sa moralité &quot;.
La garde&amp;nbsp;:
L'enfant mineur est domicilié chez le détenteur de l'autorité parentale. Il ne peut sans permission quitter la maison familiale.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La surveillance&amp;nbsp;:
Elle donne aux père et mère le droit et le devoir de veiller sur les déplacements, les activités et les relations de l'enfant. Sauf motif grave, l'enfant a droit aux relations avec ses grands parents (Art.371-4)&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'éducation&amp;nbsp;:
Les père et mère ont le pouvoir et l'obligation de diriger la formation scolaire, professionnelle, religieuse, civique, morale et politique de l'enfant. Ils sont tenus de scolariser l'enfant.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'entretien&amp;nbsp;:
Assurer la nourriture de l'enfant, ainsi que son entretien matériel, psychologique et moral.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La responsabilité des parents&amp;nbsp;:
Ils sont responsables des faits de leurs enfants mineurs (Art.1384 al.4) et des dommages causés par ceux-ci.
La présomption de faute est écartée s'il est établi que dans l'éducation et la surveillance, les parents ont fait preuve de prudence et n'ont pu empêcher l'acte dommageable.
L'enfant mineur doit cohabiter avec ses parents. Ils doivent en assurer la garde effective. Sinon, ils ne sont pas tenus pour responsables.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les biens du mineur&amp;nbsp;:
L'autorité parentale s'exerce aussi sur les biens.
Art. 382&amp;nbsp;: &quot; Les père et mère ont l'administration et la jouissance des biens de leur enfant &quot;.Il appartient aux père et mère de gérer en &quot; bon père de famille &quot;, jusqu'aux 16 ans de l'enfant (Art.384). Ensuite, capitalisation des biens de l'enfant jusqu'à sa majorité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La délégation de l'autorité parentale&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Elle trouve son origine dans la loi du 24 juillet 1889 sur &quot; la protection des enfants maltraités ou moralement abandonnés &quot;&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans tous les cas, il faut un jugement du juge aux affaires familiales.
La délégation volontaire (Art. 377 al.1)
Les père et mère peuvent renoncer à tout ou partie de leurs prérogatives en faveur&amp;nbsp;:
d'un parent,
d'un particulier &quot; digne de confiance &quot;,
d'un établissement ou organisme agréé,
du service de l'Aide sociale à l'enfance (Accueil Provisoire).
Avant la nouvelle loi du 4 mars 2002, cette procédure était également ouverte au tuteur, quand le mineur avait un conseil de famille, et limitée aux enfants de moins de 16 ans, et exigeait en outre l'accord de celui qui allait recevoir la délégation.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La délégation forcée (Art.377 al.2)
&quot; En cas de désintérêt manifeste des père et mère depuis plus d'un an ou s'ils sont dans l'impossibilité d'exercer tout ou partie de l'autorité parentale. &quot;. Cette formulation issue de la nouvelle loi de mars 2002 vise donc soit une situation fautive&amp;nbsp;: le désintérêt, soit une situation objective&amp;nbsp;: l'impossibilité.
En cas d'accueil de l'enfant sans l'intervention des père et mère, l'accueillant doit en avertir dans les 8 jours le maire ou le commissaire de police qui transmet cette déclaration au préfet dans les 15 jours.
Le préfet en avertit les parents dans le mois qui suit. Si, dans les 3 mois de cette notification, les parents n'ont pas réclamé l'enfant, ils sont présumés avoir renoncé à exercer sur lui l'autorité parentale. La personne, l'établissement ou organisme, ou le service départemental de l'aide sociale à l'enfance qui a recueilli l'enfant peut alors demander au juge que l'autorité parentale lui soit déléguée en tout ou en partie.
La délégation de l'autorité parentale n'a pas un caractère irrévocable.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La déchéance de l'autorité parentale (Art. 378 à 381)
Les père et mère de l'enfant peuvent être déchus de l'autorité parentale par une disposition expresse du jugement pénal quand ils ont été condamnés pour crime ou délit commis sur la personne de leur enfant, ou quand ils sont reconnus coauteurs ou complices d'un crime ou délit commis par leur enfant.
La déchéance peut aussi résulter d'un jugement civil lorsque le ou les parents mettent manifestement en danger la sécurité, la santé ou la moralité de l'enfant, par leur comportement (ex&amp;nbsp;: mauvais traitements, ivrognerie habituelle, inconduite notoire, délinquance, défaut de soins, manque de direction, etc.).
Une déchéance peut aussi être prononcée quand, dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative (placement de l'enfant), les parents se sont volontairement abstenus pendant plus de deux ans, d'exercer leurs droits et de remplir leurs devoirs à l'égard de l'enfant. (Code civil art. 378.1 al.2)
La déchéance est prononcée par Le Tribunal de Grande Instance. Elle peut être totale ou partielle (sur la personne et non sur les biens).
L'autorité parentale peut être restituée, au plus tôt un an après le jugement, si l'enfant n'a pas été adopté entre temps (Art. 381).&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bruno LEROY.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>LE JEU DE L'ÉCHANGE.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/ecriture/index.php/2005/09/30/7630-le-jeu-de-lechange" />
  <issued>2005-09-30T18:26:59+00:00</issued>
  <modified>2005-09-30T18:26:59+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>SCIENCES HUMAINES.</dc:subject>
  <summary>Le principe de base que nous adoptons dans l'existence est le suivant : pas de vie sans échange ; la vie ne naît et ne grandit que par l'échange. La vie, nul ne la détient par...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;pre&gt;&lt;/pre&gt;

&lt;p&gt;Le principe de base que nous adoptons dans l'existence est le suivant&amp;nbsp;: pas de vie sans échange&amp;nbsp;; la vie ne naît et ne grandit que par l'échange. La vie, nul ne la détient par soi-même&amp;nbsp;; elle est toujours donnée, reçue, rendue. Sur le plan éthique, la question qui se pose à la liberté de l'homme est de savoir s'il consent à entrer dans ce mouvement d'échange ou si, au contraire, il l'arrête. Une première attitude possible pour l'homme est de se fermer au jeu de l'échange et cela de deux manières.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première manière consiste à se clore dans l'auto-suffisance. Lorsque j'adopte cette attitude, l'autre me devient indifférent&amp;nbsp;; je ne lui demande rien&amp;nbsp;; il n'a rien à m'apporter. Entre l'autre et moi rien ne se passe, ni paroles ni biens&amp;nbsp;; rien ne se passe&amp;nbsp;: on se croise comme des ombres. Cette attitude poussée à l'extrême est en réalité suicidaire. Car, clôturée dans un système fermé à toute altérité, la vie s'étiole, se dégrade et finalement meurt. Ainsi, par exemple, sur le plan de la vie intellectuelle, la pensée qui ne s'ouvre pas au dialogue, tourne sur elle-même, stagne et se sclérose dans la répétition.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde manière s'intéresse à l'autre, mais sous la forme de l'envie, de la cupidité ou de la jalousie. L'autre, dans cette optique, devient mon concurrent&amp;nbsp;; il est pour moi une menace permanente. Ce qu'il possède ne fait qu'éveiller en moi le besoin de le lui prendre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'autre m'intéresse, mais c'est dans le but de le ramener à moi, de m'assimiler ce qu'il a et ce qu'il est.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette logique de concurrence entre les individus ou les groupes finit par établir des rapports de maîtres à esclaves et devient génératrice de violences, de guerres et de meurtres.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Deux manières de refuser l'échange&amp;nbsp;: soit l'isolement soit la domination.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Dans les deux cas, on se fait le centre. Dans cette attitude, il y a le désir de vivre qui s'exprime, mais ce désir de vivre est vécu sous le mode imaginaire, illusoire et trompeur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Envisageons l'autre attitude, celle qui consiste à jouer le jeu de l'échange, à entretenir avec d'autres des rapports d'alliance. L'alliance refuse aussi bien l'isolement que la domination&amp;nbsp;; elle implique une décentration des partenaires qui, dès lors, peuvent se reconnaître mutuellement et échanger entre eux biens et paroles.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette attitude face à la vie devrait être celle de tous les artistes dont la mission est de chercher à communiquer inlassablement avec autrui, jusqu'à partager les mystères dont ils sont porteurs. Elle devrait être également celle de tout individu ayant pris conscience de sa dimension sociale et cherchant dans le jeu de l'échange une source d'enrichissement individuelle et collective.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La perfectibilité de l'homme ne s'acquière que dans ce jeu communicationnel qui demeure l'enjeu essentiel de la Vie&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;BRUNO LEROY.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>TAIZÉ LA PAIX POIGNARDÉE.</title>
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  <issued>2005-08-17T16:21:39+00:00</issued>
  <modified>2005-08-17T16:21:39+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>SPIRITUALITÉ.</dc:subject>
  <summary>Taizé : un nom qui chante en beaucoup de cœurs. En ce haut-lieu de la chrétienté, affluent constamment d’innombrables jeunes et de moins jeunes, venant de tous pays, confessions,...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Taizé&amp;nbsp;: un nom qui chante en beaucoup de c&amp;#339;urs. En ce haut-lieu de la chrétienté, affluent constamment d&amp;#8217;innombrables jeunes et de moins jeunes, venant de tous pays, confessions, croyances. Car Taizé n&amp;#8217;est pas seulement un monastère «&amp;nbsp;pas comme les autres », mais aussi un lieu de rencontres, de dialogue, de communauté, plus encore un lieu où renaît l&amp;#8217;espoir, où souffle l&amp;#8217;Esprit. Aujourd&amp;#8217;hui encore, Taizé refuse de «&amp;nbsp;s&amp;#8217;installer&amp;nbsp;» pour rester disponible aux appels de l&amp;#8217;Esprit. Témoin spirituel, le frère Roger l&amp;#8217;était incontestablement, mais il le disait avec insistance, il n&amp;#8217;était pas seul. Son témoignage est celui de toute une communauté, car sans elle, affirmait-il, il ne serait rien. Ce jour, les nuages sont moins lumineux qu'autrefois, la mort vient de frapper le plus charismatique fondateur d'une communauté en recherche de paix universelle. Tous les hommes ayant prônés la fraternité entre les peuples sont morts assassinés. Est-ce un hasard de notre histoire ou un Témoignage dérangeant dans un monde violent&amp;nbsp;? Je pencherai pour la deuxième hypothèse. Certains et certaines diront que le monde est devenu fou. Malheureusement cela fait longtemps, trop longtemps que la folie exprimée par le meurtre emplie les pages de nos journaux. Trouver une explication rationnelle à ces phénomènes serait de l'ordre de l'utopie psychologique. La folie peut-elle s'expliquer par la raison&amp;nbsp;?
Frère Roger n'est plus sur cette terre. Il fut le Témoin d'un Dieu ne faisant aucune dichotomie entre les religions et les Hommes.Le plus grand Hommage que nous puissions lui rendre est de pardonner à la personne qui a mis une lame d'arrêt sur sa vie. Une existence vouée aux autres, aux jeunes et prioritairement à Dieu-Amour. Il nous reste la prière, cette oxygénation de l'âme qui nous permettra de reprendre confiance en un Dieu bien au-delà de nos ratiocinations purement humaines. L'Esprit souffle où il veut. Ce n'est pas à nous de juger ce meurtre pathologique commis dans un passage à l'acte. Frère Roger, l'aurait-il fait&amp;nbsp;? Ou aurait-il pardonné les coups de couteaux fatals qui achèvent une vie flamboyante en peu de temps. Oui, tout cela est bien triste. Il m'arrive de penser que nous marchons sur la tête. Les hommes de Paix dérangent une société où la violence est devenue une banalité. Un Témoin est un martyr qui donne sa pauvre existence à Dieu pour servir les hommes envers et contre tout. Taizé demeurera ce lieu de ressourcement où les êtres Humains chercheront la flamme de son Fondateur dans les yeux des autres. En ces instants de larmes, il nous reste la prière comme unique arme contre ce monde cruel où témoignent tant de chrétiens et chrétiennes pour que la paix du Christ règne en nos âmes.Être un authentique chrétien s'est toujours révélé dangereux à l'image du Christ crucifié pour avoir annoncé une société d'Amour. Que cela ne nous fasse point reculer mais, aller de l'avant pour vivre intégralement la Parole de Dieu, tel Frère Roger, notre exemple à jamais. Amen&amp;nbsp;!
Bruno LEROY.
Éducateur de Rue.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>ILS NE PARTIRONT PAS VRAIMENT...</title>
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  <issued>2005-08-04T20:10:34+00:00</issued>
  <modified>2005-08-04T20:10:34+00:00</modified>
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  <dc:subject>RÉFLEXIONS.</dc:subject>
  <summary>Ils regardent les autres partir pour des rivages qu'ils ne connaîtront point. Les mois défilent comme d'immondes secondes interminables. Ils ont travaillés toute leur vie pour en arriver là. Ne jamais...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Ils regardent les autres partir pour des rivages qu'ils ne connaîtront point. Les mois défilent comme d'immondes secondes interminables. Ils ont travaillés toute leur vie pour en arriver là. Ne jamais partir ou attendre le départ définitif sans broncher. Peu importe, les voisins leurs raconteront bien leurs vacances tel un film inédit. Ils voyageront dans leur imaginaire et s'inventeront des paysages magiques. Même s'ils ont les moyens, leur santé ne permet plus qu'ils bougent.
Les enfants sont partis, les commerçants aussi dans ce désert caniculaire. Ils ne parlent qu'au silence qui semble ne rien comprendre. Et puis, ils se taisent vaincus par tant d'indifférences. Pourvu que le soleil ne soit pas trop ardent, il risquerait en plus de leur donner un aller sans retour. Il dérangerait la Famille si joviale de prendre un repos bien mérité...
Ils attendent leurs cartes postales qui les feront rêver, quelques instants. Parfois, ils se sentent de trop en cette société individualiste. Ils ont lu dans le journal que des amis étaient morts lors, d'un certain été. Maintenant, même le facteur prend de leurs nouvelles quand ils ont du courrier. Malheureusement, en cette période particulière, les lettres se font rares.
Autrefois, trop pauvres pour vivre des jours heureux. Aujourd'hui, trop vieux pour s'en aller vers des rivages mystérieux. Quel dilemme leur offre cette existence. Et pourtant, leurs enfants et amis, les aiment mais ces mois sont vides de leurs présences.
Les journaux écrivent que l'égoïsme tue les personnes âgées. Les journalistes mentent toujours, c'est bien connu. Les enfants et petits enfants les aiment mais, ils ont leur vie. Comme nous avons eu la nôtre. Alors, que faire face au néant&amp;nbsp;?
Retrouver plus intensément encore celui qui nous aime plus que tout. Oui, prier Dieu pour vivre nos Vacances avec Lui. Dans le coeur de Sa Présence. Ah&amp;nbsp;! comme nous plaignons ses générations sans spiritualité. Nous serons tellement dans la joie de l'Esprit que nos enfants nous trouverons transfigurés. Non, la solitude n'est pas si lourde, lorsqu'elle est habitée. Bonnes et mirifiques Vacances à Tous et Toutes. Dieu en Son suprême Amour est à nos côtés. Quand vous rentrerez, notre sourire sera l'expression du bonheur de nous sentir aimés inconditionnellement. Alors, partez tranquilles et de simples gestes de tendresse nous feront plaisir. En attendant votre retour...
Bruno LEROY.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>ÉCOLOGIE MENTALE.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/ecriture/index.php/2005/08/04/4098-ecologie-mentale" />
  <issued>2005-08-04T18:01:55+00:00</issued>
  <modified>2005-08-04T18:01:55+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>SCIENCES HUMAINES.</dc:subject>
  <summary>Mais que peut évoquer le terme "spirituel " pour nos contemporains, lorsque l'on parle de problèmes ou de besoins spirituels ? Nous ne sommes pas si loin de nos racines !


Nous pensons...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Mais que peut évoquer le terme &quot;spirituel &quot; pour nos contemporains, lorsque l'on parle de problèmes ou de besoins spirituels&amp;nbsp;? Nous ne sommes pas si loin de nos racines&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous pensons qu'il évoque d'abord l'intériorité, ce qui est au-delà des apparences, ce qui se donne progressivement à découvrir à un regard attentif et plein de pudeur. Pensons aux paysages intérieurs, ceux des mystiques du XVIe siècle qui les évoquaient en parlant de montagnes et de vallées, ceux d'un musicien ou d'un poète. Pensons à ce qui transparaît dans certains sourires, dans certaines paroles et dans certains silences. Pensons à cette impression que nous donnent certains d'être &quot; habités &quot;, d'exister vraiment, de se tenir par eux-mêmes, alors pourtant qu'ils sont en proie à un grand désarroi psychologique et au déferlement des émotions.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La psychanalyse nous dit, qu'il existe un lien incontournable entre la qualité de relation que l'on entretient avec soi-même et celle que nous souhaitons établir avec l'Autre. Il n'est pas de relation à l'autre si un minimum vital d'amour pour soi n'est pas assuré.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La spiritualité serait donc en chacun ce minimum de cohérence et d'amour avec et pour soi-même qui fait qu'un être humain se tient dans son identité. Une sorte de sérénité ou de sécurité fondamentale, d'acquiescement à sa propre singularité, ce par quoi chacun est incommunicable et qui permet pourtant qu'il entre en relation. Du coup, le spirituel serait aussi ce qui en l'homme passe l'homme, l'ouvre à l' Universel, lui permet de prendre du recul, de ne pas s'engluer toujours dans le particulier, de percevoir les enjeux au-delà de l'immédiat, d'inventer avec d'autres, une histoire.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette dimension spirituelle appartient à tout homme et ne relève pas d'abord du &quot; religieux &quot;. Le spirituel, entendu en ce sens, n'est pas désincarné. &quot; Car le spirituel est lui-même charnel &quot;, nous rappelait Péguy. Comment en serait-il autrement s'il signifie l'adhésion d'un être avec lui-même, en même temps que son ouverture aux autres, tel qu'il est, tels qu'ils sont.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous entrons dans une écologie mentale, l'écologie de l'esprit qui permet de revaloriser le noyau émotionnel et porteur des valeurs de l'être humain, face à la nature. Elle permet de développer l'aptitude à l'intimité, d'être à l'écoute du message que tous les êtres diffusent par le simple fait qu'ils sont là, par leur relation à ce qui les environne, par leur capacité de symbiose avec l'univers pris dans sa complexité, dans sa majesté et dans sa grandeur. Elle conduit au renforcement des énergies psychiques positives de l'être humain pour pouvoir affronter avec succès le poids de l'existence et les contradictions de notre culture dualiste, machiste et consommatrice. Elle favorise le développement de la dimension chamanique de notre psyché. Le chaman qui habite en chacun de nous entre en syntonie non seulement avec les forces de la raison, mais avec les forces de l'univers qui se manifestent en nous par nos impulsions, nos visions, nos intuitions et nos rêves, et par la créativité. Chaque être humain est, dans sa nature intrinsèque, créatif. Même lorsqu'on imite ou copie les autres, il le fait à partir de ses critères individuels, ce qui lui confère toujours une note de subjectivité unique. Ainsi, l'être humain s'ouvre au dynamisme cosmique originel, qui mène le monde, diversifie, complexifie et fait progresser vers des paliers plus élevés de la réalité et de la Vie.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Sans révolution de l'esprit, une révolution de la relation entre l'individu et la nature sera impossible. L'écologie mentale trouve ses racines dans la profondeur humaine. C'est là que s'élaborent les grandes motivations, la magie secrète qui transforme le regard sur la réalité, la transfigurant en ce qu'elle est, un maillon de l'immense communauté cosmique.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Si, l'éthique dégénère en en code de préceptes et d'habitudes de comportement, l'écologie mentale court le risque de se perdre dans la fascinante symbolique intérieure, si toutes deux ne sont pas l'expression d'une spiritualité ou d'une mystique. Quand nous parlons de mystique, nous pensons à une expérience fondamentale englobant toute chose, par laquelle la totalité des choses est captée en tant qu'ensemble organique chargé de signification et de valeur. Quel est le type de poésie qui nous fera redécouvrir le mystère du monde et notre sensibilité, afin que tous les êtres puissent être reliés ?.&lt;/p&gt;

&lt;pre&gt;Bruno LEROY.&lt;/pre&gt;</content>
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  <title>CES JEUNES QUI VIOLENTENT NOS CONSCIENCES.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/ecriture/index.php/2005/08/01/3917-ces-jeunes-qui-violentent-nos-consciences" />
  <issued>2005-08-01T16:00:28+00:00</issued>
  <modified>2005-08-01T16:00:28+00:00</modified>
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  <dc:subject>SCIENCES HUMAINES.</dc:subject>
  <summary>L'inacceptation des contraintes éducatives courantes recouvre très souvent une opposition à certaines circonstances que le jeune n'a jamais pu admettre. N'a-t-on pas noté que le second né d'une...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;L'inacceptation des contraintes éducatives courantes recouvre très souvent une opposition à certaines circonstances que le jeune n'a jamais pu admettre. N'a-t-on pas noté que le second né d'une famille, du fait de sa place de second, avait dans beaucoup de cas un tempérament de révolté. La cause profonde de sa révolte, c'est d'avoir manqué la première place et d'être toujours coiffé d'un aîné qui précède et s'intercale entre les parents et lui&amp;nbsp;; mais les manifestations de son humeur rebelle seront multiples et ne paraîtront pas spécialement dirigées contre l'aîné. La cause oubliée, l'attitude générale restera :le pli sera pris.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les réactions de l'adolescent à la contrainte seront, on le voit, plus faciles à comprendre, si l'on prend la peine d'étudier toute sa situation affective. Quelles que soient les origines reculées de la révolte, nous devons considérer ce qui l'alimente dans le présent. Bien entendu, tout ce qui rappelle la situation traumatique initiale est de nature à raviver la colère et la rancune. Bien des jeunes insurgés cherchent surtout à éprouver l'amour qu'on leur porte, parce qu'ils ont souffert, un jour, de se croire privés de cet amour dont tout être a besoin pour vivre. Il y a des révoltes normales et nécessaires qui visent à de justes conquêtes. Mais il y a aussi des révoltes à l'état pur, qui ne visent à rien du tout et traduisent seulement un état de malaise qui apparaît, chaque fois que l'individu peut se croire injustement lésé ou souffre de la vanité de ses efforts et se sent impuissant à obtenir la satisfaction de désirs dont il n'a parfois lui-même qu'une notion imprécise. L'inacceptation des contraintes imposées du dehors ne vient pas forcément de la nature de ces contraintes&amp;nbsp;; elle peut venir d'un sentiment de gêne intérieure, dont l'individu cherche à se débarrasser par une man&amp;#339;uvre de diversion dirigée contre l'autorité extérieure, prise comme bouc émissaire. Il est plus facile en effet, et moins inquiétant, de s'attaquer à un ennemi concret et connu, qu'à un ennemi invisible qui est au fond de nous et dont nous n'arrivons même pas à nous dissocier complètement. Ce sont les êtres qui vivent dans la plus grande dépendance affective qui ont sans doute le plus violent besoin de se livrer à des démonstrations insurrectionnelles, sans cesse renouvelées parce que toujours inefficaces. Celui qui se montre le plus insubordonné en paroles est parfois celui qui est le moins capable de se refuser à faire ce qu'on lui demande. Car il y a, parmi les révoltés, toute la catégorie des révoltés verbaux qui tirent en général de leur rébellion le maximum de désagrément, à l'inverse des révoltés passifs qui disent toujours &quot; oui &quot; et n'en font qu'à leur tête. Cela correspond à cette tendance à retourner cette agressivité contre soi, que l'on rencontre chez beaucoup de personnes chez qui existe une certaine tension agressive qu'elles sont incapables d'utiliser vraiment contre d'autres, par crainte et par culpabilité. Les réactions d'excessive docilité à la contrainte peuvent être factices et dissimuler quelque calcul hypocrite&amp;nbsp;; mais elles procèdent souvent d'un certain infantilisme moral qui se traduit par une véritable impossibilité de concevoir la désobéissance à l'adulte. Ce dernier a, somme toute, trop bien réussi dans sa propagande&amp;nbsp;; il n'a pas permis à l'adolescent d'imaginer un idéal plus élevé que la soumission et, du même coup, il l'a retenu au stade du nourrisson qui n'est capable de rien par lui-même, sans l'aide, ou tout au moins l'approbation, de la grande personne. L'initiative, l'énergie, l'imagination, l'invention, l'originalité, le dynamisme se trouvent dévalorisés. L'esprit critique ne saurait se développer&amp;nbsp;; et il ne saurait être question de savoir se conduire seul, un jour, dans l'existence. Rien n'est plus faux en l'occurrence que l'affirmation commune &quot; Pour apprendre à commander, il faut savoir obéir &quot;. En effet, il serait dangereux de se réjouir d'une docilité si grande qui va tout à fait à l'encontre du but essentiel de l'éducation&amp;nbsp;: apprendre aux jeunes à se passer de ses éducateurs. Il est sans doute difficile à l'adulte de fomenter une révolte contre sa propre autorité&amp;nbsp;; aussi bien n'est-ce pas ce qu'on lui demande&amp;nbsp;! Le jeune passif a besoin d'être encouragé et incité à donner en chaque circonstance son avis personnel, que l'on se gardera bien de contrer brusquement, même si l'on est pas tout à fait d'accord avec lui. Mais il y a là toute une éducation à entreprendre qui souvent a été gâchée, dans les débuts, par la fâcheuse et trop fréquente tendance à se substituer au jeune en toutes circonstances, sans lui laisser acquérir le sens et l'autonomie de sa personnalité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Tout adolescent revendique inconsciemment mais légitimement, le droit de rester un être autonome. Rien ne peut le blesser plus que l'idée qu'on lui témoigne un amour intéressé. D'où cette attitude de défense si fréquemment rencontrée chez les adolescents qui se veulent &quot; durs &quot; et s'accrochent désespérément à une formule qui montre bien au fond leur faiblesse&amp;nbsp;: &quot; on ne m'aura pas &quot;. Ils s'efforcent par cette affirmation ( qui est une sorte d'engagement vis-à-vis d'eux mêmes ) de consolider leur résistance. Ils ne se défendent pas seulement contre l'humiliation de céder, mais contre la déception sentimentale. L'essentiel pour eux est d'être assurés qu'on s'intéresse à eux pour autre chose que pour les &quot; avoir &quot;. Ils se méfient d'ailleurs en général des déclarations et des démonstrations&amp;nbsp;; ils préfèrent souvent les chefs qui se montrent fermes et stricts, avec une bienveillance réelle mais tacite, à ceux qui se prétendent d'emblée leurs amis et font appel aux ressources de la plus séduisante persuasion. &quot; On ne m'aura pas&quot; ne signifie pas tellement &quot; on ne me fera pas céder &quot;, mais plutôt&amp;nbsp;: je ne me laisserai pas prendre à la duperie des sentiments. Malgré l'apparence, c'est une attitude plus affective que rationnelle. Le rôle de l'éducateur avec ces &quot; durs &quot; n'est pas tant de les enchaîner que de les libérer d'eux-mêmes. Seuls, des adultes vivant des convictions et valeurs humaines sans les imposer mais par une cohérence de vie, deviendront les modèles identificatoires salvateurs dont les jeunes éprouvent une criante nécessité et qu'ils cherchent désespérément dans certaines stars de la télévision ou joueurs de football dont le quotient intellectuel est rarement élevé. Le drame de notre société est de manquer cruellement de personnes ressources dont les adolescents pourraient puiser quelques pensées pour forger leur personnalité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bruno LEROY.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>CES ENFANTS MALTRAITÉS.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/ecriture/index.php/2005/07/29/3742-ces-enfants-maltraites" />
  <issued>2005-07-29T11:00:27+00:00</issued>
  <modified>2005-07-29T11:00:27+00:00</modified>
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  <dc:subject>SCIENCES HUMAINES.</dc:subject>
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  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;Il y a des parents qui ont l'apparence de la normalité et se cachent derrière. Ce sont par exemple d'anciens enfants maltraités. Par nature, dans la plupart des cas, ils montrent peu d'affects, une rigidité affective avec des traits de comportement obsessionnel. Ces parents ont une forte emprise sur l'enfant et une mauvaise image d'eux-mêmes, liée à un passé de frustration et de carences profondes. Ils montrent une grande intolérance à la frustration et vivent souvent repliés sur eux-mêmes, isolés et sans amis.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est à la naissance de l'enfant que ressurgit ce passé: ils peuvent s'identifier à de bonnes images parentales. Si la grossesse est désirée, l'enfant est investi d'un pouvoir de réparation, il doit combler le vide, le manque d'amour des parents. Dans ce contexte, le moindre problème vécu par l'enfant est vécu comme une persécution: il le fait exprès&amp;nbsp;! En fait, ils se sentent mauvais et projettent cela sur l'enfant: c'est lui qui est mauvais. L'enfant devient ainsi l'image vivante et permanente de leur échec et les mauvais traitements servent à faire disparaître cette image.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Derrière cette apparence de normalité, il y a aussi les paranoïaques pour lesquels l'enfant devient l'objet de leur &quot;toute-puissance&quot; destructrice, et les pervers qui trouvent leur jouissance dans la souffrance de l'autre.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il y a encore &quot;les cas sociaux&quot; , familles chaotiques à problèmes multiples. Souvent isolés de leur famille jeunes, ils ne peuvent se projeter dans l'avenir. Les grossesses ne sont pas désirées et l'enfant doit ici aussi combler un vide. On rêve que lorsqu'il sera là, tout ira mieux&amp;nbsp;; quand il arrive, c'est une bouche de plus à nourrir.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'enfant peut être marqué dès le départ: enfant adultérin ou handicapé, hyper-investi par la mère. Le père ne le supporte pas. S'il a une petite malformation, cela peut paraître énorme à certains parents. Ces enfants vivent ce petit handicap comme la preuve de leur incapacité à faire quoi que ce soit de bon&amp;nbsp;! Ce peut être un enfant issu d'une première union, un enfant de remplacement arrivant après un deuil ou un enfant ressemblant à quelqu'un que l'on tait.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Nous sommes tous responsables de la maltraitance de ces enfants. Les bribes psychopathologiques que je viens d'évoquer et qui sont les plus représentatives doivent être traitées à la racine puisque nous en connaissons désormais les causes. Pourquoi tant de silence face à ces situations de violences sur enfants&amp;nbsp;? Il faut ajouter les violences par &quot;omission&quot;&amp;nbsp;; carences qui peuvent être responsables de dénutrition, voire de morts d'enfants&amp;nbsp;; carences affectives qui peuvent avoir des répercussions dramatiques ( hospitalisme )&amp;nbsp;; mauvais traitements psychologiques tels que sadisme verbal, humiliation, dévalorisation, exigences éducatives inadaptées à l'âge de l'enfant, rejet, mise à l'écart...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Lorsque nous sommes témoins de tels manques destructeurs, nous devons nous sentir concernés et mettre en accusation les personnes pratiquant de tels sévices. Il ne s'agit nullement de juger les humains qui projettent leurs propres souffrances mais, de venir en aide à toute une famille qui ne sait pas ou plus où sont ses repères. Notre conscience sociale exige que la majorité ne se taise plus par souci de tranquillité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les enfants du présent sont la société du futur proche. Il nous suffit de parler de ces actes moralement réprobateurs pour que des psychologues ou des éducateurs soient nommés par un juge afin de mettre en place une rupture de ces schémas aliénants et qui risquent de se répercuter dans l'avenir. Les enfants maltraités ont besoin de savoir qu'ils ne sont pas coupables des gestes de leurs proches car, souvent ils s'imaginent que les violences commises ne sont que des sanctions de leurs comportements atypiques. Seule, une rupture définitive du silence leur fera comprendre qu'ils existent aux yeux de la société et que leur vie n'est pas un désert mortifère. Il en va de notre volonté de changer le devenir de l'humanité.
BRUNO LEROY.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>PÉDAGOGIE DE LA LIBERTÉ.</title>
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  <issued>2005-07-27T10:55:09+00:00</issued>
  <modified>2005-07-27T10:55:09+00:00</modified>
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  <dc:subject>SCIENCES HUMAINES.</dc:subject>
  <summary>La liberté en tant que moyen pédagogique ou thérapeutique, est la somme des permissions accordées par l'entourage ; la liberté en tant que but, est un état que l'on réalise à l'intérieur de...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;La liberté en tant que moyen pédagogique ou thérapeutique, est la somme des permissions accordées par l'entourage&amp;nbsp;; la liberté en tant que but, est un état que l'on réalise à l'intérieur de soi-même et qui correspond à l'épanouissement de la personne tout entière par un développement harmonieux de toutes ses facultés. Il est aisé de comprendre que les permissions, données judicieusement, favorisent un exercice naturel des facultés et par suite leur développement. C'est dans un climat ouvert et confiant que l'être peut s'épanouir. Assurément, il est des permissions qui n'engagent guère la responsabilité de ceux à qui elles sont accordées&amp;nbsp;: on peut ainsi permettre de lire un livre, de faire une excursion, d'assister à un spectacle. L'éducateur en conserve toujours la responsabilité&amp;nbsp;; ce sont des permissions limitées à une circonstance&amp;nbsp;: on pourrait dire que ce sont des levées d'interdiction et rien de plus. La vraie permission est celle qui donne le droit de choisir, et peut-être même qui met l'individu en demeure de faire un choix&amp;nbsp;: ce n'est plus simplement une sorte de cadeau qu'on accorde à l'adolescent parce qu'il a été bien sage ou parce qu'on a envie de lui faire plaisir&amp;nbsp;: c'est une initiative qu'on lui laisse et par conséquent une responsabilité dont on le charge.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La liberté ainsi comprise n'est donc pas chose facile&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Au fur et à mesure qu'elle s'affirme et se précise, elle se rapproche du but, elle se confond de plus en plus avec lui, sans cesser pour autant d'être un moyen de s'en rapprocher davantage. Plus le moyen se perfectionne, plus il participe au but qui, par principe est supposé parfait. De même que selon la sagesse populaire, &quot; c'est en forgeant qu'on devient forgeron &quot;, c'est en étant libre qu'on apprend à être libre. L'expérience nous apprend que les circonstances dans lesquelles on n'a aucune décision à prendre sont celles qui entraînent le moins de dépense nerveuse. Beaucoup d'hommes ont été amenés à constater que le temps du service militaire avait constitué pour eux une détente dans la mesure où ils se sentaient pris en charge par l'armée et délivrés du souci d'agir par eux-mêmes et de s'occuper de leurs propres intérêts.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;C'est la Liberté intérieure qui est le but de l'éducation, parce qu'elle correspond à la santé psychique, au bien-être moral, à un accord de soi avec soi-même. Elle seule répond vraiment à l'aspiration profonde et naturelle de l'homme, toujours en quête de son unité. Nous ne la concevons d'ailleurs pas comme quelque chose de fermé, qui n'aurait aucun rapport avec le monde extérieur, car un tel isolement ferait de l'individu un être incomplet qui, à vrai dire, n'aurait aucune raison d'être, non plus que sa belle liberté dont il n'aurait désormais que faire. Pour que celle-ci ait quelque valeur, il faut au contraire qu'elle soit une réponse au monde extérieur et non une jouissance purement personnelle que les contacts du dehors seraient destinés à ternir. Elle doit nous mettre à l'unisson de la Vie et non nous en retrancher. Comment pourrions-nous être vraiment d'accord avec nous-mêmes en commençant par nous amputer de toutes nos tendances sociales et de notre besoin d'agir&amp;nbsp;? Loin d'être marquée par l'épanouissement de nos facultés, cette pseudo-liberté correspondrait à une atrophie de notre personnalité. En fait, la liberté, en tant que but de l'évolution humaine, réclame de l'individu deux conditions préliminaires&amp;nbsp;: un accroissement du sens de la Réalité et un accroissement des forces qui permettent d'affronter cette dernière.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La première de ces conditions implique tout d'abord que l'individu ait l'intelligence de ses actes, c'est-à-dire qu'il soit capable de prévoir et de mesurer leurs conséquences. Or, la possibilité de se diriger soi-même comme il faut est un des attributs essentiels de la liberté&amp;nbsp;; on dit d'un homme qui évolue avec aisance au milieu des obstacles qu'il a une grande liberté de mouvements et cela, non parce qu'il ignore les obstacles, mais parce qu'il sait en tenir compte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La réalité qu'il faut connaître n'est pas seulement matérielle&amp;nbsp;: elle est aussi psychologique&amp;nbsp;; il faut se connaître, soi, et connaître les autres, car rien ne peut rendre plus dépendant que l'ignorance des vrais mobiles qui animent les individus. C'est en découvrant le déterminisme physique et en utilisant ses données que l'homme est parvenu à se délivrer de nombreuses servitudes que la Nature lui imposait. De même, la connaissance des déterminismes psychologiques est la seule chance que nous possédions de nous délivrer de leur implacabilité. Il faut avoir conscience de l'interdépendance des êtres, des choses et des actions pour ne pas en être le jouet. Plus notre route sera éclairée, plus il nous sera loisible de choisir notre direction.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;La seconde condition de la liberté réside dans l'accroissement de nos forces. Savoir choisir ce qui va dans le sens de sa nature, de son rôle et de sa destinée constitue donc une qualité qui fait partie des conditions de la liberté humaine. Cette faculté de discrimination permet à l'individu de trouver tout de suite un chemin qu'il ne regrettera pas d'avoir pris et qu'il pourra par conséquent suivre d'un bout à l'autre sans se sentir contraint. Les regrets sont en effet des boulets que nous traînons à nos pieds comme un signe de servitude, c'est-à-dire des contradictions qui nous enchaînent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Pour être libre, il faut que l'homme soit fort, et pour être fort, il faut qu'il soit cohérent sans que cela lui coûte. A ce moment, ses instincts et ses impulsions ne sauraient plus lui faire peur ni par conséquent attenter à sa liberté. Il ne se croira donc pas obligé de les nier ou de les ignorer&amp;nbsp;: il n'aura pas besoin de réclamer des garde-fous, de s'inventer des barrières artificielles. Plus on est fort, moins on a besoin de fortifications. La liberté véritable n'est pas immobilité, mais aisance. Celui qui est vraiment libre dispose de la plénitude de ses facultés parce qu'il peut penser et agir sans éprouver toujours le sentiment qu'il désobéit à une puissance invisible, prête à le rappeler à l'ordre. Il pense, il sent, il juge et il agit librement&amp;nbsp;; c'est-à-dire en pleine connaissance de cause, sans être retenu ou paralysé par des motifs confus ou inavoués. Son comportement est conforme à son jugement qui est conforme à sa pensée, elle même conforme à ses sentiments.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'individu libre a droit à se libérer des contraintes étrangères qu'il estime inacceptables&amp;nbsp;; mais si, par hasard, il se trouve d'un coup débarrassé de ces contraintes sans avoir atteint l'autonomie et la maturité nécessaires, il apparaît comme un petit enfant à qui l'on a donné un jouet magnifique et compliqué, dont il est incapable de se servir. Il possède alors en effet une Liberté sans but et sans raison d'être, qui ne l'empêche pas de souffrir sourdement de sentiments de dépendance, d'autant plus difficiles à supporter qu'il ne peut même pas discerner leur cause exacte ni par conséquent donner un objet à sa révolte.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il est évident que l'éducateur, en tant que tel, ne peut prétendre modifier directement les conditions que rencontrera l'adolescent dans sa vie d'adulte. Le seul but qu'il puisse s'assigner, c'est la formation du jeune lui-même et par conséquent, sa liberté, dans la mesure où, celle-ci devient synonyme de maturité et correspond au développement équilibré de toutes ses potentialités. Je me suis efforcé, alors que le mot &quot; liberté &quot; demeure confusionnel, de ramener le débat, d'une part à une technique éducative, d'autre part à un problème plus vaste qui touche au sens même de l'éducation et, peut-être un peu, de la Vie. Disons même que c'est à partir du moment où nous avons conquis cette liberté qu'il nous devient possible de faire vraiment quelque chose de notre existence. L'adolescent doit devenir cet adulte qui assume sa propre destinée, celui à qui revient la responsabilité de ses actes et qui doit subir leurs conséquences dont personne ne cherche plus à le préserver. Une telle adaptation de soi à soi-même, si elle répond à la définition de la liberté humaine, répond aussi à la définition sans doute plus valable du Bonheur.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Bruno LEROY.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Éducateur de Rue.&lt;/p&gt;</content>
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  <title>L'ACQUISITION DE L'AUTONOMIE.</title>
  <link rel="alternate" type="text/html" href="http://blog.francetv.fr/ecriture/index.php/2005/07/24/3387-lacquisition-de-lautonomie" />
  <issued>2005-07-24T19:01:54+00:00</issued>
  <modified>2005-07-24T19:01:54+00:00</modified>
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  <author><name></name></author>
  <dc:subject>L'AFFIRMATION DE SOI.</dc:subject>
  <summary>L'acquisition de l'autonomie n'est pas une tâche aisée. Peut-être encore moins dans une société où la prolongation des études, l'absence d'autonomie financière et la prolifération du chômage poussent...</summary>
  <content type="text/html" mode="escaped"> &lt;p&gt;L'acquisition de l'autonomie n'est pas une tâche aisée. Peut-être encore moins dans une société où la prolongation des études, l'absence d'autonomie financière et la prolifération du chômage poussent de plus en plus de jeunes vers la marginalisation. Les conditions socio-économiques ne suffisent cependant pas à expliquer pourquoi certains jeunes n'accèdent pas à l'autonomie. Encore faut-il considérer le type de famille dans laquelle ils évoluent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Chaque famille, chaque couple entretient des inquiétudes quant à sa survie. L'adolescent, de son côté, a besoin de la survie de la famille pour se développer au plan physique, mais aussi au plan affectif. Il a besoin de sa famille pour maîtriser son environnement et préparer son avenir. D'où l'inquiétude de perdre un membre de la famille, ou d'y perdre sa place. Inquiétude vécue non seulement par chacun des enfants, mais aussi parfois par chacun des conjoints. Dans ce contexte, tout comportement ou attitude qui risque d'être perçu comme une menace pour la famille devra être évité.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Cette inquiétude repose au fond sur une illusion&amp;nbsp;: si la famille change ou évolue, chacun risque de ne pas survivre psychologiquement. D'où la nécessité de répéter sans cesse les mêmes comportements, plutôt que d'investir dans la croissance et la quête de l'autonomie. Une famille devient moins fonctionnelle quand ses membres considèrent leurs efforts vers l'autonomie comme une menace à la survie de l'unité familiale plutôt que comme un processus de croissance.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;L'acquisition de l'autonomie n'est jamais une tâche facile&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Elle se fait toutefois plus aisément si, dans la famille, chacun cesse de dépendre de l'autre pour sa survie. A l'encontre du mythe entretenu dans certaines familles, mythe selon lequel leurs membres doivent maintenir leurs schèmes relationnels familiers actuels afin de survivre psychologiquement. Chacun porte la responsabilité de sa croissance, avec ses désirs et ses limites, et s'enrichit à partir de l'autre. Une relation conjugale saine, une famille épanouie ne résulteront jamais de la fusion de deux ou quatre individualités en une seule, mais de l'épanouissement de personnes qui évoluent ensemble.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Entouré d'adultes cohérents dans leur vie personnelle, le jeune pourra plus facilement poursuivre son cheminement vers l'autonomie. Cette autonomie qui permet de contrôler adéquatement son environnement, de réaliser l'unité de sa personne, de se percevoir correctement dans le monde qui l'entoure, de faire arriver dans sa vie les événements qu'il souhaite plutôt que de simplement réagir à ceux qui se préparent.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Même si, dans son enfance, un jeune a subi de mauvais traitements ou a été l'objet d'agression ou d'exploitation, parvenu à l'âge adulte, il garde toujours la possibilité de poser certains choix à partir desquels il peut rebâtir sa vie. Mais cela ne se fera pas sans aide. Et l'aide disponible pour ces jeunes, une aide sans complaisance mais aussi non menaçante, demeure difficile à trouver dans un contexte où les services sociaux sont surchargés. Mais, bon nombre de jeunes arrivent rapidement à prendre leur vie en main avec, un minimum d'aide.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;A travers différentes étapes, un adolescent arrive à se définir aux plans sexuel, social et professionnel, en référence à certains modèles qu'il choisit. En référence à d'autres jeunes de son âge avec qui il entre en relation. A partir de cette identité qu'il arrive à se reconnaître, le jeune peut entreprendre une carrière, choisir un ou une partenaire, fonder un foyer, vivre sa vie, sans se laisser arrêter par les blessures du passé ou les aspects les plus douloureux de son expérience antérieure. Entourés d'adultes engagés au plan social et communautaire, les jeunes pourront apporter une contribution dynamique et enthousiaste à la construction de communautés humaines et fraternelles dont nous tous, jeunes et adultes, avons tant besoin.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Les difficultés rencontrées par les jeunes renvoient les adultes à la cohérence de leurs valeurs vécues, au-delà de celles énoncées verbalement, et les appellent à une plus grande authenticité. Dans la vie des adultes, quelle place concrète est faite à la solidarité et au partage, plutôt qu'à l'argent et au pouvoir que celui-ci procure&amp;nbsp;? Quelle place est faite au respect de la vie, mais aussi l'aide apportée aux familles monoparentales, sans parler de la tolérance affichée face aux marchands de canons qui s'installent parfois à nos portes&amp;nbsp;? Les exemples d'une cohérence à redécouvrir et à mieux incarner dans la vie de chaque jour pourraient ainsi se multiplier.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Interrogés par les jeunes sur la cohérence de leurs valeurs, les adultes sont aussi remis en question dans la cohérence de leur vie affective. Il arrive parfois que les adolescents soient l'enjeu des désirs contradictoires des adultes qui les entourent. Il arrive que les jeunes cristallisent les différences non assumées dans le couple et en incarnent les nombreux malentendus. La cohérence de la vie affective implique que chacun se situe face à lui-même et face à son conjoint, assumant ses attentes et ses frustrations, sans rendre les jeunes responsables des tensions vécues à l'intérieur du couple. Cohérence aussi d'une sexualité équilibrée et épanouie qui intègre la communion et le plaisir sans le dissocier l'un de l'autre, sans nier l'un au profit de l'autre...&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;Il existe des comportements incontournables qui rejoignent ce que j'appelle ici des adultes cohérents&amp;nbsp;: mieux entendre le besoin de sécurité des jeunes, mériter leur confiance, leur permettre de rencontrer de vrais adultes, répondre à leurs besoins de modèles, les responsabiliser et leur donner à entendre des pensées et des convictions cohérentes. Un éducateur tel que Guy Gilbert incarne bien cette cohérence de convictions vécues au quotidien et cela fait sa crédibilité face aux jeunes dont il a la charge mais aussi, face au monde entier car ses valeurs ne sont pas de surface, elles jaillissent de son être profond. Nous devrions tous acquérir cette autonomie d'adulte par une cohérence de vie et devenir contagieux auprès de tout être rencontré afin de prouver aux jeunes qu'une existence autonome est viable quand un homme parvient à un sens supérieur des responsabilités, lorsqu'il cultive, telles de splendides fleurs, la beauté de ses valeurs intérieures qui le laissent debout en toutes circonstances.&lt;/p&gt;


&lt;p&gt;BRUNO LEROY. ÉDUCATEUR DE RUE.&lt;/p&gt;</content>
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