"Le chef de la mission diplomatique algérienne Ali Belaroussi et l'attaché diplomatique Azzedine Belkadi ont été t ués" , précisait le texte. La veille, le même groupe avait annoncé sur Internet que son "tribunal islamique" avait condamné à mort les deux diplomates algériens.

"Ce sont deux émissaires de l'Etat algérien, qui n'applique pas la charia et qui s'est allié aux juifs et aux chrétiens. Il les a envoyés pour soutenir les bases des juifs et des chrétiens en Mésopotamie (...). Nous n'oublierons jamais l'effusion du sang des musulmans, les meurtres et les destructions ", en Algérie, ajoutaient les auteurs du communiqué. Ils faisaient référence aux affrontements particulièrement sanglants ayant opposé pendant des années les forces de sécurité algériennes et les groupes islamistes radicaux dans ce pays.

Ils accusaient notamment Azzedine Belkadi, désigné comme un membre des services de renseignement algérien, promu "du grade de lieutenant à celui de capitaine", d'avoir "participé aux massacres de Raïs et Bentalha, qui ont fait des centaines de victimes parmi les enfants du peuple musulman algérien et qui ont été alors imputés -par les autorités algériennes- aux moudjahidins" , c'est-à-dire aux djihadistes.

Les massacres de Raïs et Bentalha, près d'Alger, avaient fait des centaines de morts en 1998. Les islamistes ont souvent accusé les services secrets algériens d'avoir commandité ces massacres en les leur imputant pour salir leur image auprès des Algériens.

UNE COURTE VIDÉO

Ali Belaroussi, 62 ans, était sur le point de terminer son mandat en Irak, avant de prendre sa retraite. Azzedine Belkadi, 47 ans, avait été affecté en Irak une semaine auparavant. Ils avaient été enlevés par des hommes armés alors qu'ils se trouvaient en voiture à environ 100 mètres de l'ambassade d'Algérie à Bagdad. Un haut responsable du ministère irakien de l'intérieur a indiqué, lundi, que deux suspects liés à ce rapt avaient été arrêtés récemment et qu'ils étaient actuellement interrogés.

Vingt-quatre heures avant d'annoncer l'assassinat des deux diplomates, l'organisation Al-Qaida en Mésopotamie avait mis en ligne une courte vidéo, montrant les deux hommes, les yeux bandés, en train de décliner leur identité et d'autres détails personnels.

C'est une réédition de la mise en scène de l'assassinat, annoncé le 7 juillet, du chargé d'affaires égyptien à Bagdad, Ihab Al-Chérif, qui avait été enlevé cinq jours plus tôt dans la capitale irakienne alors qu'il achetait ses journaux. A cette occasion, le groupe de Zarkaoui avait prévenu que d'autres diplomates subiraient le même sort. "Nous répétons que la Mésopotamie n'est pas un lieu sûr pour les ennemis de Dieu" , a réaffirmé le groupe dans le communiqué publié mercredi.

L'assassinat des diplomates algériens a soulevé une vague de dénonciations à travers le monde. Un acte "atroce" pour l'Egypte, "lâche et odieux" pour l'Espagne, "absurde et brutal" d'après le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan qui, comme le président français, Jacques Chirac, a exprimé son "indignation" . ­ (AFP.)

(le monde)

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