Les causes et les effets sont un.
mercredi 11 janvier 2006 :: Entraînement de l'esprit :: Alerter la modération
Je pensais à ce simple exemple de la transmission par un maître. D’un point de vue duel, on pense que le disciple va voir le maître qui lui fait une transmission, par exemple un mantra avec une visualisation. Là-dessus, les petits malins répondent que rien n’étant extérieur à nous-mêmes, pas plus le maître qu’autre chose, on peut aussi bien choisir un mantra dans son coin et le faire tout seul. Ce qu'on appelle un point de vue faussement non-duel. En fait, les deux ont tort. Ce qui fait la puissance de la transmission, c’est la confession. A savoir la confession qu’on ne s’en sortira pas tout seul. Il y a donc demande. Et quand il y a demande, l’univers ne peut que la remplir. Comme je l’ai dit ailleurs, nous ne pouvons pas bouger un doigt sans que l’univers soit d’accord, et inversement, l’univers ne peut que répondre à notre demande. C’est comme les rouages d’une montre. On ne peut pas en faire bouger un sans faire bouger tous les autres. Bref, le fait d’aller voir un maître est le signe d’une réelle demande. Cette demande est donc exaucée. Ce qui explique d’ailleurs que, selon la façon dont on considère le maître, on aura les accomplissements correspondants. Si vous considérez un bouddha comme une merde, il ne pourra rien pour vous. Inversement, si vous considérez une merde comme un bouddha, vous aurez tous les accomplissements. Mais il faut bien sûr s’entendre sur le sens des mots. Considérer une merde comme un bouddha, ce n’est pas s’imaginer qu’une merde de chien pourrait être un bouddha par exemple. C’est ressentir dans la merde les qualités du bouddha. Et comme nous ne pouvons que ressentir nos propres qualités, forcément elles nous reviennent.
A l’opposé, quand on ne va pas voir de maître, c’est généralement le symptôme qu’on croit s’en tirer tout seul, ce qui est une vue à la fois erronée et sans utilité.
Le fait de croire s’en tirer avec le maître est également une vue erronée, mais il y a du moins un constat d’impuissance de l’ego, ce qui est assez juste. Il ne s’agit pas de s’en remettre aveuglément à un gourou, ce qui infantile. Mais il faut qu’il y ait une ouverture, quelque chose qui lâche. C’est dans l’ouverture que le maître, ou l’univers, ou soi-même, tout est un, peut répondre. Comme on dit dans le christianisme, si on nettoie sa maison, Dieu est obligé d’y venir.
Et nettoyer sa maison n’a rien à voir avec le fait d’être parfait, bien au contraire. C’est reconnaître sa propre impuissance en tant que partie séparée du tout, qui est le chemin pour reconnaître la vacuité du moi. Ce n’est pas la même chose, car dans le premier cas il y a quelqu’un qui est impuissant, mais c’est un début. Dans cette abandon, une certaine clarté peut se glisser, grâce aux pratiques données par le maître, qui fera parvenir plus tard à la réalisation que personne n’a jamais pu se tirer de quoi que ce soit, par définition. Mais croire qu’on s’en sortira tout seul ne laisse place à aucune clarté, car il n’y a aucun abandon, juste une cristallisation de la saisie du moi qui occupe tout l'espace.
Commentaires :: Ajouter un commentaire
1. Le mercredi 11 janvier 2006 à 23:20, par marco :: site