Les transformations économiques des pays industrialisés depuis 1945.
samedi 28 mai 2005 :: Leçons Histoire :: Alerter la modération
Pb : Quelles grandes phases peut-on distinguer dans l’évolution économique des pays industrialisés de 1945 à nos jours ? Comment expliquer les fluctuations observées ?
I Les moyens de la reconstruction.
Partout en Europe, la population est sollicitée pour contribuer à l’effort de redressement. Mais dans des pays comme la France la consommation reste encore rationnée après la guerre.
Les cadres économiques de la croissance.
Le système de Bretton Woods.
Les accords de Bretton Woods en 1944 instaurent un système monétaire international où l’or est l’étalon universel des valeurs (étalon de change-or, ou Gold Exchange Standard).
Le dollar devient monnaie de référence internationale. Il est convertible en or : 31.10 g d’or = 35 $. Les Etats-Unis détiennent d’ailleurs à ce moment là les 2/3 du stock d’or mondial. Les monnaies ont donc des parités fixes.
Les Etats s’engagent à définir des parités de change exprimées en $ ou en or qui ne peuvent varier que dans d'étroites limites.
A Bretton Woods également fut mis en place un Fonds Monétaire International , financé pour 1/4 par les EU pour venir en aide aux pays dont la stabilité monétaire était menacée. Une Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement fut fondées , les EU assurèrent 35 % de son finacement. L'URSS présente à cette conférence refusa de participer à ces deux institutions.
Est également mis en place un système de négociations commerciales ( GATT- General Agreement on Tariffs and Trade) . Le premier rounde de discussion eu lieu à Genève en 1947.
Parité fixe : Valeur constante d’une monnaie par rapport à une autre.
Objectifs : Cela permet de stabiliser les monnaies et cela permet aux pays en cours de reconstruction d’obtenir les dollars nécessaires à la reconstruction.
Conditions : pour faire fonctionner le système de Bretton Woods, il faut respecter une certaine discipline.
Le plan Marshall : programme d'aide américain destiné à stimuler la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, proposé par le général Marshall en 1947 et adopté par le Congrès américain en avril 1948. Il était prévu pour une durée de quatre ans et portait sur une somme de dix-sept milliards de dollars, dont 85 % de dons et 15 % de prêts à long terme.
Deux organismes furent chargés de sa réalisation: l'un américain, l'ECA (Economic Corporation Administration); l'autre européen, l'OECE (Organisation européenne de coopération économique). Le plan Marshall fut rejeté par l'URSS et les démocraties populaires, mais accepté par seize pays européens.
II 1945-1973: Les années de croissance.
a) "Les trente glorieuses"
1945-1973 correspond à une période de croissance. En effet, dans cet intervalle, la production mondiale a été multipliée par 3. La croissance annuelle était alors de 5 %. L'économiste Jean Fourastié a donné à ces années le nom de "trente glorieuses".
Croissance: Augmentation durable de la production de biens et de services.
PNB : Produit national brut. Ensemble des richesses réalisées par les entreprises d'un pays.
PIB : Produit intérieur brut : Ensemble des richesses réalisées sur le territoire d'un pays.
b) Les causes de la croissance.
La croissance est due à une combinaison de facteurs.
L’augmentation de la consommation.
La croissance de la population mondiale: elle est passée de 2,5 milliards d'habitants en 1950 à 3,6 milliards en 1975.
Dans les pays industrialisés, l’augmentation de la fécondité constatée après la guerre est confirmée dans l’ensemble jusqu’en 1965. C’est le baby-boom. Dans le même temps, on assiste à un développement du crédit et de la publicité. Cela permet d’entretenir la demande.
L'augmentation du niveau de vie.
Le développement du commerce mondial.
Il est favorisé par le développement des transports.
L’augmentation de la productivité.
De nombreuses innovations techniques ainsi que des matières premières et des sources d’énergie bon marché ont permis de réaliser des gains de productivité.
Productivité : Rapport entre la production et les moyens nécessaires pour la réaliser (temps de travail, matières première, etc...)
c) les acteurs de la croissance.
Les entreprises. On observe dans cette période une importante tendance à la concentration des grandes entreprises. C’est le cas de ITT par exemple aux Etats-Unis. Il s’agit alors de réaliser des économies d’échelle.
On voit se développer les entreprises multinationales. Elles représentent en 1970 20 % de la production mondiale ( pays socialistes exclus)
L’Etat intervient également beaucoup dans l’économie. Il joue le rôle d’Etat providence en fournissant une protection sociale. Mais attention, si la couverture des dépenses de santé est très poussée en France ou en Grande-Bretagne ( Les travaillistes, au pouvoir en 1945 avec Clement Attlee, décident de grandes réformes sociales, qui préfigurent le Welfare State: service national de santé gratuit, assurances sociales, démocratisation de l'enseignement ) elle l’est beaucoup moins aux Etats-Unis.
Certains Etats conservent des secteurs publics importants c’est le cas de la France ou de la Grande-Bretagne qui a nationalisé une partie de sa production sidérurgique.
En France, est même mis en place un système de planification dont l’objectif est de moderniser l’économie. Il est confié à Jean Monnet, l’un des pères fondateurs de l’UE.
III À partir de 1973, la "crise".
a) Les manifestations de la "crise».
La production: Elle a été ralentie. La croissance du PIB mondial est passée de 6 % en 1973 à 0,6% en 1974.
La production ne baisse donc pas elle ralentit.
On parle de dépression plutôt que de crise.
Dépression: diminution prolongée du taux de croissance de la production.
Le chômage: Il augmente. Il passe, par exemple, de 5 % de la population active en 1975 à 10 % en 1982 dans les pays de l'OCDE .
OCDE : Organisation de coopération et de développement économique créée en 1948 (OECE) pour favoriser la reconstruction européenne. (voir plus haut)
Les prix : Ils augmentent eux aussi. On parle d'inflation. Dans les pays de l'OCDE, l'inflation a atteint 10 % /an en 1975.
Inflation : Augmentation durable des prix.
C’est l’originalité de cette crise, elle associe en effet un ralentissement de la croissance à une augmentation de prix.
On a donc parlé pour la qualifier de stagflation.
Stagflation : situation économique caractérisée à la fois par l’inflation et la stagnation ou ralentissement de la croissance économique
b) Les causes de la dépression.
Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 expliquent en partie seulement la hausse des prix.
En 1973, lors de la guerre du Kippour, les pays du Proche-Orient décidèrent des hausses du prix du brut allant jusqu'à 100 % et l'embargo des livraisons vers certains pays qui soutenaient alors Israël. Le second choc pétrolier survint en 1979 suite à la Révolution iranienne: en un an, les prix du brut doublèrent (de 14 à 28 dollars le baril). Entre 1973 et 1980, le prix du pétrole fut ainsi multiplié par dix. De plus, les variations des cours du brut furent amplifiées par celles des cours des devises: le pétrole étant payé en dollars (les «pétrodollars»), toute hausse de cette monnaie entraînait immédiatement une augmentation de la facture pétrolière des pays importateurs.
Des désordres monétaires sont également responsables de cette évolution.
Mais la confiance dans le dollar décline. Il est victime de crises spéculatives. Le principe des fluctuations limitées des monnaies n’est pas respecté.
En 1971, les Américains décident de supprimer la convertibilité du dollar en or, en 1971, marqua la fin du système de Bretton Woods. Moins limités dans leurs politiques monétaires, les Etats font fonctionner la planche à billets pour financer leurs dépenses. Mais ce gonflement artificiel de la masse monétaire et l’affaiblissement de la valeur des monnaies qui en résulte entretient la hausse des prix.
La baisse de la productivité des entreprises.
Elle a baissé à cause de la hausse du coût du pétrole et d'un essoufflement des innovations et des investissements.
Le tassement de la consommation.
Beaucoup de ménages étaient déjà équipés et dans les pays développés, la croissance démographique s'est ralentie.
c) les réactions
Les entreprises :
Pour réduire leurs coûts et augmenter leur productivité, elles robotisent et délocalisent une grande partie de leurs activités.
Cette attitude rend plus difficile la lutte contre le chômage.
Les Etats
On peut distinguer deux types de politiques
Certains gouvernements adoptent des politiques de relance assimilables à des tentatives keynésiennes.
L’objectif est alors de relancer la production en favorisant la consommation. Des emplois de fonctionnaires sont crées, les indemnisations du chômage sont augmentées. L’Etat intervient dans l’économie en aidant les entreprises en difficulté. Certaines peuvent d’ailleurs éventuellement être nationalisées.
Cette politique a cependant des inconvénients. Elle rend nécessaire le maintien de charges fiscales et salariales importantes. Elles s’accompagnent souvent d’un déficit budgétaire. Cette situation peut favoriser l’inflation et l’affaiblissement de la monnaie.
Exemples : Jacques Chirac en 1975, Pierre Mauroy en 1981-1982 (Il parvient cependant à contrôler l’inflation), Jimmy Carter aux Etats-Unis en 1977-1978.
D’autres gouvernements préfèrent adopter des politiques d’austérité d’inspiration strictement libérale.
Les objectifs sont alors les suivants : rendre les entreprises compétitives en réduisant leurs coûts et réduire l’inflation.
Pour cela, les dépenses publiques sont baissées, le chômage est moins indemnisé, les prestations sociales sont limitées. Dans le même temps, les prélèvements obligatoires sont abaissés et la hausse des salaires est bloquée. Certaines entreprises du secteur public sont privatisées. On assiste à un désengagement de l’Etat.
Seulement les gains de productivité n’ont pas toujours profité à l’investissement. Dans certains pays, comme aux etats-unis, on a plutôt assisté à une augmentation de la spéculation. Par contre, les situations de précarité de l’emploi se sont multipliées et dans certains pays sont apparus de nouveaux pauvres.
Exemples : Margaret Thatcher, 1979, Ronald Reagan 1981.
Aujourd’hui, la politique menée s’apparente plutôt à une politique d’austérité même si le gouvernement s’en défend.
Conclusion: Les chocs pétroliers ne suffisent pas à expliquer la crise. Les politiques pour sortir de la crise sont multiples mais leurs efficacités sont discutables.
Conclusion : Il est possible de distinguer deux grandes phases dans l’évolution économique de 1947 aux années 90. Une phase de croissance exceptionnelle par le rythme et la durée. Une période de crise originale par ces manifestations. La question aujourd’hui est de savoir s’il faut s’habituer désormais à des rythmes de croissance lents.

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