ROCROI - Musique militaire : Un premier Tattoo tout en couleurs et déliés
lundi 4 juillet 2011 :: Rocroi :: Alerter la modération
Pour la première fois en Champagne-Ardenne, cinq ensembles musicaux ont participé dimanche dernier au Tattoo international organisé par l’Harmonie Municipale de Rocroi, avec le soutien de la Ville.
Les trompettes thébaines ont ouvert le tattoo.
Malgré une concurrence impitoyable (la Fête du cheval à Hargnies et "Montcornet remonte le temps"), le premierTattoo international organisé dans l’ancienne place forte a trouvé son public. Nos voisins belges avaient fait le déplacement comme ils en ont l’habitude.
Il aurait été dommage de manquer cette manifestation, la première du genre en Champagne-Ardenne, qui a demandé plusieurs mois de préparation à Philippe Streveler, directeur de l’Harmonie Municipale de Rocroi, mais aussi à l’ensemble de ses musiciens et de son encadrement.
Les festivités ont été ouvertes par un ensemble de quatre trompettes thébaines. La plupart des spectateurs n'avaient jamais vu ces longues trompettes qui jouent en ouverture des cérémonies pour leur conférer un air plus solennel.
L'Harmonie Muncipale de Rocroi.
Europa Tour avec l'HMR
En hôtesse digne de ce nom, l’Harmonie Municipale de Rocroi accueilliait ses consœurs dès 13h30. Une bève répétition s'est déroulée dans la cour de la caserne Marguenat. A 14h50, les musiciens rocroyens se sont engouffrés dans la rue Dauphine pour se mettre en place.
Jean-Michel, qui endossait ce jour-là l’habit de tambour major, était concentré. “Je ne suis pas particulièrement stressé, confiait-il. Je pense simplement à ce que je dois faire. Il faut que tout soit parfait.” Er le trac ? “Il en faut toujours un petit peu, concédait ce percussionniste, même si on a cinquante ans de musique derrière soi.”
Les Rocroyens ont interprété trois oeuvres. Tout d’abord, “Les Aspirants Chasseurs” du belge Roland Cardon, qui fut commandant de la musique des Forces de l'Intérieur, auteur de la célèbre "Marche des Chasseurs ardennais", décédé en 2001. "Kalinka", connue dans le monde entier grâce aux Choeurs de l'Armée Rouge, a emmené musicalement le public sur les bords de la Volga. La chorégraphie imaginée par le chef a été exécutée à la perfection, même par Michel Nollemans et son énorme sousaphone. Pour clore sa prestation, l'harmonie a interprété une marche entraînante, "Europa Mars", qu'elle avait déjà joué à Rocroi.
L'Harmonie Municipale de Givet.
Givet la wallone
Une autre société municipale a succédé à l’HMR. Une wallone de France : l’Harmonie Municipale de Givet, dirigée depuis 2006 par Sébastien Germain. Les formations givetoise et rocroyenne se connaissent bien, puisqu’elles s’invitent régulièrement. Les musiciens de la cité de Méhul étaient à Rocroi en novembre 2010 pour un concert commun.
Fort de cette proximité géographique et du coeur, Bruno Boquet a présenté la “Botte” de Givet, comme disent fort opportunément les Belges en ce jour de festivités militaires. Givet, une ville qui a été la propriété des évêques de Liège jusqu’en 1680.
Patrie de Etienne Nicolas Méhul, compositeur du “Chant du Départ”, le chant révolutionnaire le plus connu après “la Marseillaise”, Givet se doit de porter haut les couleurs de la musique en uniforme. Son chef actuel a passé deux années dans la musique de l’Armée de Terre, à Paris. Il est aussi directeur du Conservatoire de musique de la Ville de Givet et a créé le Méhul Jazz Band, un ensemble qui “monte”.
Pour leur prestation rocroyenne, les Givetois (et parmi eux, Claudie, une habitante de Regniowez) ont réveillé les éventuels spectateurs assommés par la chaleur en leur jouant un enlevé "Wake up !". Ensuite, "Le Caïd", chef de section dans le jargon militaire, a mis à l'honneur la Légion Etrangère. Puis, les musiciens de la Pointe - enfin, la Botte ! - sont allés faire un tour en terre "Apache", en compagnie des Shadows. Avec "Bruresmarsj", ils ont joué une marche nuptiale de Norvège (Jan Magne Førde) avant d'achever leur performance de manière cinématographique, en interprétant la bande originale du film "Le Pont de la rivière Kwaï".
Le Caber Feidh Pipe Band.
Les Ecossais de Belgique
Le Caber Feidh Pipe Band est le plus ancien Pipe Band de Wallonie (1993). Il s'agit d'une asbl qui s’est donnée pour mission de promouvoir la culture celtique en Europe, à travers la musique et le folklore. Elle est composée de plusieurs formations : le Pipe Band (cornemuses et tambours), The Auld Scottish City Guard (garde en costumes d’époque), The Thistles of Scotland (chants) et Damhsamh (danse).
Le Pipe Band est dirigé par le Pipe Major Philippe Broisson. Il est, selon ses membres, la clé de voûte de l'association. Son répertoire est basé essentiellement sur des airs traditionnels écossais. Divisé en deux corps, il comprend celui des Pipers (cornemuses) et celui des Drummers (tambours). Une quinzaine de musiciens expérimentés le composent. Pour décrocher leurs barrettes de titulaires et gagner le droit de les accrocher sur leurs uniformes, les membres doivent passer plusieurs examens.
La celtitude qui sommeille en chacun des fils et filles d’Arduinna s’est réveillée aux sons de la cornemuse et des tambours. La titulaire de la grosse caisse a impressionné le public. Elle portait une peau de bête (un faux léopard, rassurez-vous) par-dessus son uniforme. Cette jeune femme - très menue - a bataillé sans fléchir avec l’imposant instrument qui rythmait les mélodies - plus ou moins guerrières - qui ont jadis hanté la lande de Braveheart.
Le Caber Feidh Pipe Band a notamment joué "Highland Cathedral", une composition moderne (1982) de Michael Korb et Ulrich Roever, deux compositeurs allemands inspirés par l'histoire du roi Jacques 1er d'Ecosse, qui avait convoqué tous les chefs de clan à une réunion secrète à la Highland Cathedral (Glasgow). Cet air est connu pour avoir été jouée lors du mariage de Madonna. Il fut aussi jrepris dans le film "Quatre mariages et un enterrement".
La Musique Royale de la Police de Namur.
La Police namuroise
Pour clôturer les prestations individuelles, l’armée - enfin, la police - a repris tous ses droits avec la musique royale de la police de Namur, sous la baguette de Pierre Bodart. La formation est née en 1947, en tant que clique, avant de devenir fanfare.Cinquante ans après sa création, elle a obtenu le titre honorifique de "royale".
Indissociable des cérémonies officielles de la ville, la musique royale de la police de Namur se déplace non seulement en Beglique, à l’occasion de manifestations - festives - de police, mais elle participe régulièrement à des rassemblements en France ou en Allemagne. Elle est d’ailleurs jumelée avec l’Harmonie de Marsannay-la-Côte (Bourgogne).
Très martiale dans son programme, elle a joué cinq titres, dont “The Thunderer”, une marche composée en 1889 par John Philip Sousa, le "pape" de la musique militaire aux Etats-Unis, auquel l'Harmonie Municipale de Rocroi devrait rendre un hommage mérité d'ici fin 2011.
Les policiers namurois ont aussi interprété la "Marche des parachutistes belges" (Pierre Leemans), qui fut jouée pour la première fois à Bruxelles, le 8 mai 1946. Furent égrenées ensuite les notes de la "Marche de la Brigade Libération". A la fin de leur mini-concert, les cuivres namurois ont emmené le public sur les plages du Débarquement, où se déroulait "Le Jour le plus long”, mais sans les bombes et la pléiade de stars.
Philippe Streveler a dirigé les quatre formations.
Point d’orgue
Après les prestations individuelles, les spectateurs ont eu droit à un final éblouissant, comme un feu d’artifice. Les quatre formations principales sont revenues sur la place d’Armes pour une prestation d’ensemble, avec Philippe Streveler au pupitre.
Honneur au commandant Cardon et à ses “Anges Gardiens”, surnom donné aux motards de la Police de la route belge. Roland Cardon, compositeur de nombreuses marches, était chef de la Musique de la Gendarmerie Royale de Belgique.
Presque aussi vive que “La Truite”, la “Marche militaire” de Schubert a su allier romantisme et rigueur spartiate. Un intermède "écossais" a permis aux cornemuses du Caber Feidh Pipe Band de présenter un medley et de jouer un morceau avec seulement les tambours.
Reprise martiale avec la troisième marche militaire la plus jouée au monde : la marche du Régiment de Sambre et Meuse, dont l’histoire est assez inattendue. En 1876, le colonel Millot demande à Joseph Rauski d’adapter une romance en vogue à l’époque. Sambre et Meuse sera jouée pour la première fois à Pau, en 1879. Elle est si entraînante qu’il a fallu se faire violence pour ne pas défiler autour de la Place d’Armes.
Heureusement, le dernier titre était plus serein. Avec “Amazing Grace”, le public a appris que les aris les plus mélodieux peuvent avoir des connexions avec le pire visage de l’humanité.
L’origine de ce chant emblématique de l’Amérique puritaine est John Newton, un ancien capitaine de navire négrier devenu pasteur et abolitionniste. Il est l’auteur des paroles, tandis que la musique aurait été inspirée par un chant d’esclaves africains.
Les cornemuses du Caber Feidh Pipe Band ont entonné les premières mesures, relayées par les trois harmonies. Puis, comme elles l’avaient ouvert, les trompettes thébaines ont clôturé ce premier Tattoo international.
Bruno Boquet, Denis Binet et Patrice Petit (maires-adjoints) remettent ses cadeaux à Pierre Bodart.
L’hymne européen
Le protocole a ensuite repris ses droits avec une courte allocution du président Bruno Boquet, qui a remercié les sociétés participantes, la ville de Rocroi, les membres et amis de l’Harmonie Municipale de Rocroi, le public et Philippe Streveler, “qui a trouvé les sociétés présentes aujourd’hui, qui a choisi le programme de notre harmonie mais également les morceaux d’ensemble, qui a porté à bout de bras ce premier tattoo, comme il a l’habitude de le faire, depuis vingt ans, pour chacune de nos manifestations.”
Le président de l’HMR a ensuite invité son directeur et deux adjoints au maire de la ville de Rocroi à la rejoindre pour la remise officielle des cadeaux. Puis, la foule s’est levée pour l’hymne européen, qui n’est autre que l’Ode à la Joie (Beethoven).
Les différentes fanfares ont quitté la place après un dernier tour d’honneur, sous les applaudissements du public. Un verre de l’amitié a rassemblé les musiciens et leurs familles au Bastion du Dauphin.
Harmonie Municipale de Rocroi
1860 : Naissance de la Philarmonie de Rocroi.
1882 : Devient Fanfare Municipale.
1991 : Philippe Streveler, musicien professionnel à la Musique Royale des Guides de Bruxelles, est nommé directeur.
Janvier 2000 : Devient Harmonie Municipale.
2003 : Participation au concours international de classement des harmonies de Charleville-Mézières.
2005 : Obtient à Cambrai un 1er Prix ascendant, ce qui lui permet d’accéder à la Première division.
Septembre 2005 : Représente la France au Tattoo de Bruxelles (175ème anniversaire de l’Indépendance de la Belgique).
Septembre 2006 : Participation au Tattoo de Gand.
2009 : Sortie dun premier CD, “Rocka Barocka”.
Le public a chaleureusement applaudi les ensembles.
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1. Le mercredi 6 juillet 2011 à 23:23, par Anonyme