L'homme rend malade les bêtes
mardi 14 octobre 2008 :: Soyons écolo :: Alerter la modération
Recul de la banquise, fonte des glaciers, progression des déserts, le réchauffement climatique n'en finit pas d'alimenter les plus sombres prédictions. Mais la plus grande menace du changement climatique est peut-être la propagation de maladies émergentes véhiculées par les animaux, estime Steven Sanderson, président de la Société pour la conservation de la faune sauvage (Wildlife Conservation Society). Si l'animal subit comme l'homme les perturbations environnementales, il ne sait pas, en revanche, s'adapter aussi rapidement que lui. Et c'est bien là le problème.
Un drame à l'echelle planétaire
Au moins douze agents pathogènes, répertoriés par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), pourraient profiter de la montée du mercure pour atteindre à la biodiversité. Si la température et les précipitations continuaient d'augmenter, la peste et le choléra, par exemple, pourraient se propager et faire des ravages dans la faune sauvage, prédisent les experts.
La tuberculose, la fièvre jaune, le virus Ebola, responsable d'épidémies meurtrières pour l'homme et les primates en Afrique, comptent également au nombre des maladies imputables à la fièvre planétaire. Des zoonoses dont les conséquences potentielles sur la santé humaine sont redoutables. Sans compter que certaines espèces, telles les amphibiens dont un sur trois est menacé de disparition selon l'UICN, sont aujourd'hui victimes du changement climatique sans que l'on sache encore mesurer l'impact sur l'homme. Un autre exemple de zoonose n'en finit pas, lui, de faire trembler les populations humaines : la maladie de la grippe aviaire. Le radoucissement du climat pourrait en effet modifier les routes de migrations des oiseaux, les mettant en contact avec des élevages de volailles domestiques et contribuant ainsi, indirectement, à la propagation du virus H5N1/
Au total, la révolution climatique n'oubliera aucune espèce sur le bord du chemin, assurent les spécialistes. Y aura-t-il une arche de Noé assez grande pour les accueillir toutes ? Par sûr, car les menaces pour l'écosystème n'épargnent ni bêtes ni hommes. Sans tomber dans le catastrophisme, rappelons-nous les paroles du sage fabuliste. Dans ses « Animaux malades de la peste », « ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ».

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1. Le jeudi 6 novembre 2008 à 11:31, par Baume du tigre