Il s'appellait Pierre. Ses parents disaient plus volontiers Pierrot. M et Mme Spitzer, des français d'origine hongroise, dirigeaient une agence de presse, l'agence Lynx, sise au 142 de la rue Montmartre, juste un étage au dessus de " La Presse magazine", le journal pou r lequel je travaillais alors. J'en devins tout naturellement un collaborateur. Lynx vendit plusieurs de mes reportages à l'étranger. C'est ainsi que je fis la connaissance de Pierre qui devint malgrè notre différence d'âge, il avait 17 ans, un copain.

C'est lui qui me révéla l'existence du Golf Drouot. Dans un premier temps j'y dépêchais ma consoeur et collaboratrice Marie-Ange Régnault, dans un second je me décidais à y faire un tour en personne. On connait la suite;

Peu à peu Pierre Spitzer se mit au métier et fit ses premières armes de photographe. Une concurrence dont je m'accomodais d'autant plus que la photo n'était qu'une phase accessoire de mes activités journalistiques. Ses parents me confièrent Pierrot. C'est ainsi que je l'amenais avec moi en vacances, en Corse. C'est là qu'il connut ses premières amours. adolescentes Je le vois encore, je l'entends, debout sur une falaise, face à la mer, hurlant un tonitruant  et pathétique " Je t'aime" porté par le vent.

Pierrot n'est plus là depuis bien longtemps. Il a perdu la vie au volant de sa voiture, une Mercédes, comme plus tard Lady Dy allait le faire, sur les berges de la Seine. Sous un pont.

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Pierre Spitzer avait un frère, Georges, photographe également, une nature comme l'on dit. J'eus l'occasion de faire la fête et de travailler (c'était un peu la même chose) avec lui alors que j'étais à EXTRA, magazine de Pop music dont Gérard Baquet était le rédacteur en chef. Je quittais Extra le jour où il fusionna avec le Best de Sacha Reins. Best, Extra, Rock and folk (dont Philippe Paringault était la meilleur plume) seul ce dernier a survécu. C'était le meilleur.