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JPHublet-blog

Présentation d'un roman policier « Prise en eaux troubles » Cannes, sea, sex, sun, meurtres et petites magouilles, édité par les 2 encres et de « L'année américaine » encore sous forme de manuscrit actuellement en attente d'édition, ouvrage finaliste au concours du Grand Prix du Quai des Orfèvres.

Pour le plaisir de relire ce passage.

Pourquoi lui plus qu’un autre ? se dit-il …
Il quitte la vitrine des yeux, pour diriger son regard vers le Batéguier et la pointe du dragon. Vers ces îles qui conservent tout leur mystère. Puis reprend son chemin en direction du Carlton. A hauteur de la rue Commandant André il oblique à nouveau vers la gauche, ce sera son chemin de retour. Dès les premiers pas effectués, une foule de souvenir lui revienne, c’était là qu’habitaient ses grands-parents, au-dessus du « Bon-lait » qui, fait extraordinaire de nos jours, est resté une épicerie artisanale presque semblable au « Bon-lait » d’en temps. Et les prostituées dans le quartier, qu’il prenait malice à regarder, il y en avait plein à l’époque, quatre par croisement de rue dans les bons jours, même plus des fois ! Il se rappelle… Pas très loin dans la rue Hoche, c’était pareil. Même que quelques années plus tard dans l’adolescence qui s’attardait il descendait en ville avec son meilleur pote de l’époque Régis, son aîné d’un an. Privilège en ce temps là Régis avait une 204 cabriolet, pour voir les filles c’était quand même mieux que sa petite 125 qui faisait un bruit d’enfer. Toujours fidèle au poste à l’angle de la rue Hoche et de la rue Hélène Vagliano elle était là leur préférée. Souvent habillée d’une robe orange moulant son buste, avec un volant dans le bas qu’elle prenait plaisir à faire voler en tournant sur elle-même. Un soir ils avaient osé l’aborder mais a part son prénom Caroline c’est tout ce qu’il avait pu récolter, le reste était trop cher pour leur bourse. Paul se demande s’il n’était pas un peu amoureux d’elle à l’époque… Par contre les prostituées ce n’est pas comme le « Bon-lait » elles, elles ont disparues ! Sauf une, Viviane, on pourrait l’appeler l’indestructible, depuis toujours elle arpente la rue des Fréres Pradignac, enfin maintenant avec l’âge elle arpente moins, elle s’assoit, oui elle s’assoit. L’été elle descend son petit fauteuil pliant et s’installe à l’ombre de la toile de store du restaurant qui avoisine sa porte d’entrée. Mais elle est toujours là, elle fait partie du décor et honnêtement se dit Paul, elle est encore bien pour son âge, âge qu’il ignore d’ailleurs.
Le temps de replonger dans ses souvenirs d’enfance, l’enquête lui est sortie de l’esprit, il prend simplement la mesure du chemin parcouru depuis…

Extrait de "Prise en eaux troubles".

Attention plages humides.

Sur Cannes le même temps de cochon sévit, les touristes ont déserté les plages, ils vont envahir commerces, brasseries, cinémas et chambres d’hôtel tout au long de la journée. L’humeur de Paul Graulain est comme le temps, maussade. Une envie subite le prend, il va descendre à pied au centre ville, il compte sur l’aide de la pluie pour s’éclaircir les idées. Mais au fond de lui-même il sait pourquoi, il désire cette balade…Un besoin de passer devant les vitrines de Chaouche, de Ferrante, de Ménarque, devant le Farfala, un besoin de se rapprocher des gens qui entouraient Bellem, un besoin de comprendre…

Eh oui ! Paul Graulain peut descendre sur Cannes aujourd'hui, la pluie est là pour laver les neurones.

L'extrait coquin...

Ce matin là, Paul sort de chez lui avec l’envie d’aller poser quelques questions à Mme Bellem. Il jette un coup d’œil à sa montre 8h33, pas trop tôt donc et bien assez pour surprendre Sylviane Bellem au saut du lit, cette idée le met de bonne humeur.

Il doit sonner 3 fois au vidéophone avant qu’une voix se fasse entendre, c’est elle.

- Qui est-ce ?

- Capitaine Paul Graulain, madame.

- Oh ! Désolée de vous avoir fait attendre capitaine, entrez, je vous en prie.

Le portail automatique s’ouvre en grand, laissant apparaître, une vue d’ensemble du jardin digne des meilleurs magazines de décoration. Trônant au milieu de l’allée d’accès, une fontaine à quatre becs en fer, fait office de giratoire, en un débit régulier une eau limpide s’écoule sur des barres porte-seaux dans un bruit de ruisseau.

Ayant parcouru le chemin pavé, Paul devant la porte de la villa patiente jusqu'à l’ouverture de celle-ci. Surprise à la sortie de sa douche, Sylviane Bellem entourée d’une simple serviette de bain en guise de protection, ouvre la porte au capitaine.

Paul se réjouit intérieurement, l’effet attendu est plus que réussi, voilà de quoi démarrer la journée dans de très bonnes conditions.

- Excusez-moi de venir sans prévenir, dit amicalement Paul à madame Bellem, je passais dans le quartier et j’aurai aimé vous poser deux ou trois questions, je peux ?

En même temps qu’il s’exprime, il remarque un miroir face à lui et dos à son interlocutrice. Son regard reste accroché à ce qu’il voit, la serviette a du glisser et ne fait plus le tour du corps parfait qu’elle était censée cacher, bien au contraire, du coup il bafouille.

- Je … je ne voudrais pas vous, vous déranger, je peux repasser plus tard, dans un moment enfin quand vous, quand vous voulez…

Sylviane voyant son embarras, se demande ce qui se passe, et tourne la tête par-dessus son épaule, curieuse de savoir ce qui avait détourné l’attention du capitaine. Elle vient de comprendre… dans son dos le miroir reflète une bonne partie de son anatomie dénudée, elle se tourne vers Paul, lui sourit et prend les choses en mains.

- Non, vous ne me dérangez pas, mais puis-je vous demander quelques minutes pour m’habiller, et ensuite je serai toute disposée à vous répondre… vous voyez bien que je n’ai rien à vous cacher…

Elle quitte le hall d’entrée à reculons, avec un sourire malicieux et laisse planter un Paul au teint légèrement rosé, qui a bien du mal à revenir sur terre.

2ème extrait

Devant le restaurant la croisette est bouclée, quelques badauds sont tenus à distance par
les policiers présents, à l’intérieur Gilles et ses collègues relèvent l’identité des témoins,
le lieutenant Pastorelli prend les premiers témoignages.

- Bonsoir, capitaine, vous avez vu le remue-ménage ?

- Un meurtre sur la croisette cela ne fait pas très propre, c’est sûr ! Vous avez quelques informations à me fournir ?

- Deux mecs en moto, le passager a mis en joue le bonhomme et bang, trois balles, un vrai carton, puis ils sont partis plein pot, par le bord de mer direction la Bocca.

- Des témoins de la scène ?

- Oui plusieurs, dont la femme de l’avocat, mais les pompiers l’ont embarquée, elle est choquée.

- A t-elle dit quelque chose ?

- De prévenir son fils, elle m’a communiqué le numéro.

- Vous l’avez fait ?

- Pas encore !

- Donnez-je l’appelle. On a le signalement des tueurs ?

- Non pas grand chose, ils étaient casqués, les visières fermées et la moto, c’est une grosse cylindrée bleue, un témoin dit avoir reconnu un trail XT Yamaha 6.60.

- Des barrages ont été mis en place ?

- Nous avons prévenu toutes les unités qui étaient dehors et d’autres barrages se mettent en place en ce moment, mais bon, on ne se fait pas trop d’illusion.

- La femme de l’avocat, les pompiers l’ont emmené aux Broussailles c’est çà ?

- Oui, aux urgences.

- Ah ! Graulain je vous cherchais, interpelle le procureur Thomas Laroussin qui vient d’arriver sur les lieux, que s’est-il passé ?

Paul lui expose les faits et le peu d’élément qu’ils ont en mains pour l’instant. A la suite de son récit, Laroussin informe le capitaine qu’il a en charge l’affaire « puisque les deux victimes étaient liées autant que ce soit le même enquêteur ».

A cette heure tardive le procureur n’a pas l’intention de traîner sur les lieux, contrairement à son habitude son cinéma se limite au strict minimum. Un coup d’œil périphérique, une tape amicale sur l’épaule du capitaine, puis il tourne les talons et prend le chemin de son véhicule d’un pas pressé, Paul reprend la direction des opérations.

- Ecoutez, pour ce soir, enfin cette nuit nous ne ferons rien de plus ici, faites un peu le ménage et rentrez chez vous.

- C’est gentil mais je suis de service je rentre au poste ! Annonce l’air dépité Pastorelli.

- Ah désolé ! Pas de bol ! De mon côté, je vais voir si je peux parler à madame Vercelin et je rentre chez moi, bonne nuit quand même !

- Merci à vous aussi.

Un extrait...

Il est 16h20, Gérald n’en croit pas ses yeux…

Sa vue se trouble derrière son masque,

Sa respiration est désordonnée…

Le spectacle qu’il découvre est difficile à soutenir…

Il manque d’air…

Les secondes qui s’écoulent sont interminables…

Partagé entre l’envie de remonter et celle de ne pas quitter des yeux cette forme difforme… S’il continue ainsi à si mal se maîtriser, il va boire la tasse…

Lentement sa respiration se réorganise, ses pulsations se calment, son regard se porte à nouveau sur la chose. Cette chose ! Son masque aux effets de loupe rend la chose encore plus volumineuse et boursouflée.

Un corps, un corps nu cerclé par trois ceintures de plomb, entrain de se décomposer, partiellement déchiqueté gît là, à l’abri des posidonies.

Son coéquipier vient de se rendre compte de la découverte, comme pour se masquer les yeux il met sa main devant son masque et fait signe qu’il remonte. Yves Galli d’un geste du bras appelle ses collègues sur la vedette. La manœuvre est rapide à peine trois minutes suffisent pour lever l’ancre, parcourir les quelque cent vingt mètres qui les séparent et venir s’immobiliser, à l’aplomb de la chose.

- Lieutenant ça y est, on l’a repéré, le corps est là, dessous, à dix mètres.

- Vous pouvez le remonter ?

- Pas en l’état, il est plombé ?

- Plombé ?

- Oui par trois ceintures de plongée, il est ligoté avec. Donnez-moi trois bouts nous allons l’attacher vous le remonterez depuis le bord. A moins que vous vouliez que je coupe les ceintures pour le remonter plus facilement.

- Non surtout pas, il faut le remonter en l’état pour l’enquête ! Proteste Paul. Didier ouvre un coffre situé sous une des banquettes, sort trois filins, les délits et donne chacune des trois extrémités à Yves. - Ok, nous attendons ton signal.

Yves replonge, rejoint Gérald, chaque bout est noué autour des ceintures de plomb, Yves tire trois coups secs, le message est compris, le corps se soulève lentement du linceul de posidonies et remonte en surface, les deux plongeurs l’accompagnent.

A bord Julien, Sébastien et Didier hissent avec difficulté le cadavre sur le pont, le lest qui l’entoure et l’eau dont il doit être rempli le rendent très lourd.

Le lieutenant Benezet par radio fait appeler une ambulance pour venir récupérer le « colis » au quai St pierre.

De son côté le capitaine Paul Graulain prend conscience que sa tâche ne fait que commencer. Le voilà maintenant c’est sûr, avec un homicide sur les bras.

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