La Maison de Lorraine.

Fief du Saint Empire germanique, appartenant à la famille de Lorraine-Alsace (1048-1431), la Lorraine est érigée en duché en 1048. Gérard d'Alsace établit alors résidence à Nancy. Du XIe au XIVe siècle, les ducs ne séjournent qu'occasionnellement dans la ville. Parmi les enfants de Gérard d'Alsace, considéré comme le père de la Maison de Lorraine, deux firent durablement souche. Thierry II, Duc de Lorraine, auteur de la branche aînée de la Maison de Lorraine et Gérard Ier, Comte de Vaudémont, auteur de la branche du même nom.

La mort sans héritier à la bataille de Crécy, en 1346, d'Henri IV de Vaudémont, fait de sa soeur Marguerite, son héritière. Celle-ci est mariée à Anceau de Joinville, Sire de Joinville et de Risnel, dont le fils, Henri, adopte le nom et les armes des Vaudémont et devient Henri V, Comte de Vaudémont, formant ainsi la deuxième Maison de Vaudémont.

Les branches cadettes de la Maison de Lorraine.

Branche des Comtes de Vaudémont (Burelé (10) d'argent et de sable). Maison de Lorraine-Vaudémont ...(De Lorraine, au lambel d'azur). Maison de Joinville (D'azur, à trois morailles (alias broyes) d'or, au chef d'argent, chargé d'un lion issant de gueule).

Le mariage, en 1420, de la fille de Charles II, héritière du duché, avec René d'Anjou crée une nouvelle dynastie, celle des Lorraine-Anjou (1431-1473). Duc de 1431 à 1453 sous le nom de René Ier, celui-ci agrandit le duché en y réunissant le Barrois. En 1434, des héritages lui ajoutent les titres de duc d'Anjou, de comte de Provence, de roi de Naples et de Sicile, ce qui fait de lui l'un des grands princes de la chrétienté.

La croix double, d'origine orientale, que sa famille porte dans ses armes, devient la croix de Lorraine . Le duché accède au rang d'Etat, connaît la prospérité et, bien qu'il fasse partie du Saint Empire, entretient d'étroites relations avec la France .

En 1444-1445, pendant sept mois, René Ier reçoit fastueusement le roi de France Charles VII (1422-1461), qui est le mari de sa soeur, Marie d'Anjou. Ce séjour royal est l'occasion de grands tournois et de fêtes somptueuses. C'est la première manifestation à Nancy d'une brillante vie de cour. La deuxième Maison de Vaudémont s'éteint très vite, et ses biens retournent dans la Maison de Lorraine, par le mariage en 1393 de Marguerite, dame de Joinville et comtesse de Vaudémont, fille aînée d'Henri V, avec Ferry de Lorraine, frère cadet du Duc Charles Ier de Lorraine. L'enfant issu de ce mariage, Antoine Ier, reçoit le Comté de Vaudémont et, dans le cadre de la querelle dynastique exposée pour la branche aînée, la titulature du Duché de Lorraine. Ainsi se forme la troisième Maison de Vaudémont, qui en 1473 accède au trône de Lorraine en la personne du Duc René II, petit-fils d'Antoine 1er.

Le double denier d'argent de Nancy sous René II.

La famille de Vaudémont succède à celle d'Anjou : les Lorraine-Vaudémont sont la troisième et dernière maison de Lorraine (1473-1738). Dépouillé par le roi Louis XI des biens de la maison d'Anjou, René II se consacre à la Lorraine. Il encourage les fondations religieuses et crée, à côté du château ducal, le couvent des Cordeliers, dont l'église, d'une architecture gothique flamboyant, sert de sépulture aux princes de la famille régnante : c'est le Saint-Denis lorrain. Tous les ducs reposent dans la crypte. Dans une chapelle latérale, le gisant de la duchesse Philippe de Gueldre , seconde épouse de René II, est une des plus belles oeuvres de Ligier Richier.

La principale branche cadette dans la Maison de Lorraine, (la dynastie Lorraine Guise) , naît avec Claude Ier de Lorraine (1496-1550), fils de René II.

Cliquez sur les liens pour tout savoir sur les Guise ...ou presque.

Avec le Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle (Mis en ligne par l'Université de Chicago).

La grande majorité des seigneurs, barons de Joinville, Ducs de Guise et Princes de Joinville ont été inhumés dans la collégiale Saint-Laurent à Joinville. Leurs restes furent transférés au cimetière de Joinville à la Révolution y compris la dépouille du célébre Masque de Fer qui, selon les travaux d'un certain nombre d'historiens, aurait été Henri II, duc de Guise et Prince de Joinville. Pour Camille Bartoli, il s'agirait même de l'hypothèse la plus crédible. Du mausolée dessiné par Primatice et sculpté par Domenico del Barbiere dit, le Florentin son élève, seules deux caryatides sont encore visibles (Contactez l'Office du Tourisme : 03 25 94 17 90).

..................................................................................................................

LES GUISE

Une famille unie

Ils jouèrent un rôle prépondérant durant le règne d’Henri II puis de ses fils ; ce rôle s’explique à la fois par les prestigieuses alliances matrimoniales qui faisaient des Guise les cousins du roi de France et par l’infaillible unité de la famille et de ses alliés, soudés autour de l’idée d’un catholicisme intransigeant.

Cependant, alors qu’une fraction de la noblesse défendait des conceptions du pouvoir royal qui préfiguraient l’absolutisme des Bourbon, les Guise incarnèrent une politique à la fois féodale, celle de grands seigneurs jaloux de l’indépendance de leur fief et populaire. Ils réclamèrent, contre les réformés, la convocation des états généraux en 1588, rappelant que le monarque ne peut gouverner contre le peuple, dont il tient son pouvoir tout autant que de Dieu.

Un parti structuré

Les Guise et leurs affiliés apparaissent ainsi comme un parti à eux seuls, à l’inverse notamment, du groupe des Montmorency, dont les alliances étaient presque aussi prestigieuses mais qui comptait à la fois des catholiques romains et des réformés. Face au parti protestant, créé peu avant le leur, les Guise ont l’avantage d’une unité de vues, qui porte un seul chef incontesté, le duc de Guise.

Une foi inébranlable

Enfin, leur prestige s’appuie sur de hauts faits d’armes ceux des deux premiers ducs, Claude et François, ce dernier étant considéré comme le meilleur stratège militaire de son époque et une solide implantation au plus haut niveau de l’Église.

..................................................................................................................

CLAUDE 1er DE LORRAINE

Le fondateur de la lignée reçoit, en 1506, ses lettres de naturalité octroyées par Louis XII (leurs ennemis reprocheront toujours aux Guise leurs origines lorraines et qualifieront leur parti d’ « étranger »). C'est en 1508, qu'il hérite de son père René II : des terres d'Aumale, Elboeuf, Mayenne, Lambesc, du comté de Guise en Thiérache et de la baronnie de Joinville.

En 1513, Claude de Guise épouse Antoinette de Bourbon à l'Hôtel des Tournelles à Paris en présence de François Duc de Valois, futur François 1er roi de France. Claude a 16 ans, Antoinette 20.

Avec ce mariage Claude de Lorraine pénètre parmi les plus prestigieuses maisons d’Europe. A Marignan en 1515 où il suit François 1er, il est vingt-deux fois blessé et échappe de peu à la mort. Sur les champs de bataille Claude 1er, en véritable chef de guerre, montre au roi toute l'étendue de sa bravoure et de son savoir faire militaire. En 1519, ils s'installent à Joinville en Champagne pour sa situation stratégique, aux marches de la Lorraine et du Barrois et pas très loin de la Bourgogne. Claude s'illustre au siège de Fontarabie en 1521. En 1522, il chasse les Anglais de Picardie et remporte la bataille de Hesdin ; l'année suivante celle de Neufchâteau. C'est lui toujours qui repousse les impériaux de Bourgogne en 1524 et apporte sa contribution à l'extermination des Rustauds (paysans allemands, révoltés et anabaptistes) en Alsace avec son frère Antoine, duc de Lorraine et de Bar. A maintes occasions, Paris lui doit de ne pas subir les affres d'une occupation par l'ennemi. Le roi François Ier, pour le récompenser de ses faits d’armes, érige en 1527, la terre de Guise en duché-pairie .

En 1544, Charles Quint assiège Saint-Dizier et fait mettre Joinville à sac. Deux ans plus tard, en 1546, le premier duc de Guise fait reconstruire la ville. Dans la même période, il achève les travaux, d'un château, débutés treize ans plus tôt.

Ce château, d'une rare élégance, Claude de Lorraine l'a voulu d'agrément entouré d'un jardin extraordinaire et luxuriant au bord de la marne et aux pieds de son imposant château féodal. Un jardin à l'italienne, fidèle à l’esprit Renaissance, un Jardin des plaisirs :

« Le plus beau et le plus accompli qu’on pourrait souhaiter… ».

C’est ainsi que Rémy Belleau (1528-1577), poète de la Pléiade , décrit le lieu qui allait s’inscrire dans les mémoires comme ‘‘ Le Grand Jardin ’’. (A visiter absolument)

Un plafond à la française, de belle facture, orne la grande pièce rectangulaire à l'acoustique remarquable qui a retrouvé aujourd'hui sa destination d'origine.

Cliquez sur Musique ! pour écouter l'extrait d'une Gaillarde vive et gaie qui se dansait en groupe dans la grande salle de bal. (Autres extraits)

Le château du Grand Jardin n'a, alors, d'autres vocations que d'assurer le repos du guerrier Claude de Loraine, l'apaisement et la distraction de ses visiteurs.

François 1er en est, de ses visiteurs, pour une cinquième mais denière fois, le roi et sa cour se déplacent à Joinville. Claude de Lorraine gouverneur de Bourgogne et grand veneur de France meurt, très peu de temps après son roi, dans son fief de Joinville en 1550 à l'âge de 54 ans. Sa pompe funèbre est des plus impressionnantes, toutes les grandes dynasties, tout le gotha Européen y est représenté. Il est coutume de dire, à l'époque, que le couronnement d'un empereur, le sacre d'un roi de France et l'enterrement d'un duc de Lorraine sont les cérémonies les plus grandioses qu'il soit donné de voir en Europe.

"...Le grand lit d'honneur (qui dissimulait le cerceuil de plomb) contenait dix pieds de longueur et huit de largeur, sur lesquels était tendu un grand drap de fine toile de Hollande, contenant dix aunes de Paris...Puis, par-dessus tout cela, fut vêtu son grand manteau de Duc, Pair de France et fils de Roi (René II duc souverain de Lorraine et roi titulaire de Jérusalem, Sicile et Hongrie). Il était fourré et paré d'hermine mouchetées. La couleur, de velours violet tirant sur le bleu, représentait la Pairie de France, pour ce que l'écu de France est de telle couleur, démontrant que l'autorité du Roi et des pairs vient du ciel. Il était attaché d'une riche agrafe d'or, où il y avait pour plus de 3000 écus de pierreries. Puis était tout semé de croix de Jérusalem faites de toile d'or, et dalérions de Lorraine faites de toile d'argent..." Racontera, l'historiographe, Edmond Du Boullay.

(Une reconstitution en miniature de la pompe est visible à l'auditoire de Joinville).

..................................................................................................................

ANTOINETTE DE BOURBON

En 1552, Joinville devient une Principauté.

La même année, François Rabelais fait paraître son quart livre : une aventure maritime pantagruélique. Un extrait sonore : les paroles gelées. .

Deux ans après la mort de claude de lorraine, alors que le pays est plein de gens de guerre, Henry II et Catherine de Médicis viennent à Joinville rencontrer Antoinette de Bourbon, sa veuve. En remerciement de l'extrême dévouement des Guise à la royauté, Henry II élève alors la baronnie de Joinville au rang de principauté, en lui unissant, entres autres, les seigneuries de Gondrecourt, Ribeaucourt et Montiers sur saulx.

Pareil plaisir la Mere Phrygienne,

Reçoit voyant ses fils auprès de soy,

Que tu reçois, ô Mere Guysienne,

Voiant tes fils tout à l'entour du Roy.

Vers du grand poète Ronsard en l'honneur d'Antoinette de Bourbon.

Autres poèmes de Ronsard et notamment : Sonnet à Hélène.

Version sonore : A une jeune morte.

La Principauté avec

-Ce lien vous plongera dans l'univers fascinant de la Bibliothèque Nationale de France (plus précisément dans sa bibliothèque numérique). Cliquez ensuite sur la carte et naviguez tranquillement sur le territoire de la Principauté de Joinville-

La bonne Duchesse Antoinette partage avec son mari les mêmes grandes ambitions et les mêmes valeurs familiales. Elle sait les infidélités de son mari mais Claude de Lorraine est passé maître dans l'art de se les faire pardonner.

"...elle luy obeïssoit aprés sa mort, avec le mesme respect qu'elle luy avoit rendu durant sa vie. Et luy fit dresser un superbe Mauzolée, dans l'Eglise de saint Laurent du Chasteau de Joinville..." selon Hilarion de Coste : "...n'avoit qu'une sainte curiosité d'embellir les Eglises et les Oratoires, de fonder des Maisons Religieuses et des Hospitaux, et d'avancer la gloire et le service de Dieu: tellement que qui veut voir ses thresors, ses tapisseries, et ses plus riches meubles, il les doit chercher és fondemens, et és murailles des Eglises et Convens qu'elle a bastis aux faux-bourgs et environs de Joinville..."

En 1567, Antoinette de Bourbon commande une mise au tombeau, magnifique de pureté (visible en l'église Notre-Dame de Joinville). Elle fonde, la même année, l'hôpital Sainte Croix dont la pharmacie vient d'être restaurée (visible sur demande auprès de l'Office de Tourisme). Antoinette décéde dans sa bonne ville de Joinville en 1583, soit trente trois ans aprés Claude de Lorraine.

Dans ce magnifique vitrail de l'église Notre Dame, on remarque la présence de la croix de Lorraine sur la tour qui symbolise le château féodal des seigneurs de Joinville. D'une qualité exceptionnelle ce vitrail est le témoignage, intact, du savoir-faire des grands maîtres verriers. ..................................................................................................................

DES GUISE REPRESENTATIFS DE LA FAMEUSE LIGNEE :

- MARIE DE LORRAINE , dite Marie de Guise (Bar-le-Duc, 1515 – Édimbourg, 1560).

Marie Stuart et ses parents Jacques V d'Ecosse et Marie de Lorraine, dite de Guise.

Marie de Lorraine fut Reine d’Écosse. Elle était la fille aînée de Claude Ier de Guise. Veuve du duc Louis de Longueville, elle épousa en 1538 Jacques V d’Écosse, et fut la mère de Marie Stuart. Par la régence qu’elle exerça sur l’Écosse à la mort de son mari, elle renforça l’influence des Guise à la cour de France, où l’entente avec l’Écosse permettait une alliance de revers contre l’Angleterre.

..................................................................................................................

- FRANCOIS Ier DE LORRAINE, duc d’ Aumale, deuxième duc de Guise et 1er Prince de Joinville (Bar-le-Duc, 1519 – Saint-Mesmin, près d’Orléans, 1563, inhumé à la collégiale Joinville), marié à Anne d'Este-Ferrare (son portrait), fille d'Hercule d'Este et de Renée de France et petite fille de la splendide Lucrèce Borgia.

Série de portraits d'un homme de pouvoir et d'épée.

Ce fils de Claude Ier de Guise fut un remarquable homme de guerre . Il participa au siège de Boulogne contre les Anglais (1545), au cours duquel il reçut la blessure qui devait lui valoir le sobriquet de Balafré. Audacieux et fin stratège, il se distingua par la résistance acharnée qu'il opposa à Charles-Quint qui assiégeait Metz en 1552. Le 2ième Duc de Guise en fut récompensé en devenant Prince de Joinville. Il vainquit encore les troupes impériales à Renty mais fut moins heureux en Italie, où Henri II l’avait envoyé soutenir le pape contre les Espagnols.

Nommé lieutenant-général des armées, il reprit Calais aux Anglais, repoussa les Espagnols et amena la paix de Cateau-Cambrésis, qui mit fin aux guerres d’Italie (1559). En maître du royaume, il exerça un pouvoir considérable grâce entre autre à sa nièce, Marie Stuart, devenue la femme de François II, roi de France. Fervent défenseur du catholicisme, le Balafré fit réprimer dans un bain de sang la conjuration protestante d'Amboise (1560), soutenue par Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, et encouragée en sous-main par l'Angleterre. Définitivement écarté du pouvoir par la mort de François II, en décembre de la même année, François de Guise fut supplanté à la cour par le parti des Bourbons.

Il fit construit à Joinville en 1561 avec sa mère Antoinette de Bourbon, l'Auditoire, un tribunal de haute justice. (visible sur demande, le bâtiment a conservé ses prisons, ses cachots...d'un grand intérêt). Le Duc de Guise s'opposa violemment à la nouvelle politique de tolérance, qui se traduisit par l'adoption de l'édit de janvier 1562, autorisant officiellement le culte réformé. En chef de file du parti catholique, il provoqua le massacre de Wassy qui marqua le début des guerres de Religion. Immédiatement après, une vague d'anarchie se répandit dans toute la France. Vainqueur des huguenots à Rouen en octobre 1562 et à Dreux en décembre 1562, le Balafré tentait de reprendre Orléans lorsqu'il fut assassiné à Saint-Mesmin le 18 février 1563 par Jean de Poltrot de Méré, certainement commandité par Gaspard de Coligny. C'est la promulgation de l’édit de Nantes (le 13 avril 1598) et la signature du traité de Vervins (le 2 mai) qui mettront fin aux 8 guerres de religion.

Massacre de Wassy, le 1er mars1562.

Le duc de Guise prétexte une préparation en vue d'une éventuelle guerre civile pour orchestrer le massacre de Wassy. Regagnant Paris, traversant ses terres, arrivant à Wassy, à environ une vingtaine de kilomètres de Joinville, il souhaite assister à la messe. Entendant des chants repris par plusieurs protestants, calvinistes, il enrage et une échauffourée commence. Guise et quelques uns de ses hommes sont blessés. Là, fou de rage, il envahit la grange où se réfugient les protestants et les massacre.

..................................................................................................................

- CHARLES DE LORRAINE, cardinal de Lorraine (Joinville, 1524 – Avignon, 1574).

D'après une sanguine de François Clouet, Charles de Lorraine, l'homme d'église, prit part à la dernière session du concile de Trente (1562 – 1563).

Deuxième fils de Claude de Guise. François était un grand capitaine, d’une force d’âme extraordinaire, capable de générosité dans la victoire. Charles, au contraire, était lâche dans le péril et insolent dans le succès, sans foi et sans mœurs, mais adroit, d'une éloquence exceptionnelle, plein de ressources et de séductions. Suivant Brantôme, « tout ecclésiastique qu’il était, il avait l’âme fort barbouillée ».il fut cardinal de Lorraine. Etudia la théologie à Paris, au collège de Navarre, devint archevêque de Reims en 1538, cardinal de Guise en 1547, et enfin cardinal de Lorraine en 1550, à la mort de son oncle Jean. À l’avènement de François II, il était surintendant des finances, et tâcha de réduire le déficit royal ; il prit des mesures qui mécontentèrent une partie des nobles, notamment protestants ; un pamphlet du huguenot François Hotman, publié en 1560, faisait de lui «le Tigre de la France».

Après la mort de François II, il perdit une part de son influence politique mais joua un rôle éminent durant le colloque de Poissy, où il tâcha d’adopter une position moyenne entre les intransigeances catholique et calviniste, sans réussir cependant à éviter la rupture. A Trente, il défendit les thèses gallicanes, qui réclamaient une certaine indépendance de l'Eglise de France, attachée aux privilèges nationaux et hostile à l'intrusion de la papauté dans ses affaires. De retour en France, il tâcha d’en faire appliquer les décisions, lesquelles étaient incompatibles avec l’édit de pacification d’Amboise. Conseiller écouté d’Henri d’Anjou, le futur Henri III, il dut se défendre des princes protestants qui l’accusaient des maux du royaume, jusqu’à sa mort, qui survint le 26 décembre 1574.

..................................................................................................................

- CLAUDE II DE LORRAINE, marquis de Mayenne puis duc d’Aumale (1526 – 1573).

Il est à l'origine de la branche de Lorraine Aumale.

Quatrième fils de Claude Ier, Duc de Guise. Grand Veneur du roi sous Henri II, il fut gouverneur de Bourgogne. Il joua un rôle déterminant dans le massagre de la Saint-Barthélemy en aidant activement son neveu le duc Henri de Guise. Il épousa Louise de Brézé, fille de la belle et sensuelle Diane de Poitiers, ce qui scella l’alliance de sa maison avec la maîtresse du roi Henri II. Il fut tué au siège de La Rochelle.

..................................................................................................................

- RENE DE LORRAINE, marquis d'Elbeuf, général des galères du Roi. Né le 14 août 1536 à Joinville, décédé le 14 décembre 1566.

les armes d’Elbeuf portent de sable avec une croix de Lorraine de gueules qui supporte un pied de vigne de sinople, orné de grappes de raisin de gueules.

Huitième fils de Claude Ier, à l'origine de la branche Lorraine Elbeuf , il fut protecteur du poête Rémy Belleau qui le suivit en Italie lors de l'expédition de 1557. Il le nomma professeur et gouverneur de son fils Charles de Lorraine, devenu par la suite duc d'Elbeuf et grand écuyer de France et né à Joinville comme son père.

..................................................................................................................

- HENRI Ier DE LORRAINE , troisième duc de Guise, Prince de Joinville (1550 – Blois, 1588).

L'assasinat, au château de Blois, du Duc de guise dit : "le balafré" .

Fils du duc François Ier. Il eut des qualités encore plus brillantes que son père et fit preuve d’une ambition plus persévérante. Elevé dans la haine des protestants, il apprit le métier des armes au service de l'empereur et se distingua dans la guerre contre les Turcs. Revenu en France après la reprise des hostilités entre protestants et catholiques, il s'illustra à Jarnac (1569), à Moncontour et à Poitiers. La paix de Saint-Germain en 1570, consacrant l'influence de Coligny, le rapprocha de la reine mère. Henri épouse la même année Catherine de Clèves avec qui il aura 13 enfants. Le 22 août 1572, après l'échec d'un attentat contre Coligny, qui risquait de révéler la collusion entre les Guises et Catherine de Médicis, celle-ci obtint de son fils qu'il ordonne le massagre de la Saint-Barthélemy. A l'aube du 24 août 1572, Henri duc de Guise dirigea personnellement le meurtre de Coligny, qu'il tenait pour l'instigateur de l'assassinat de son père en 1563.

Henri de Guise, gouverneur de la Champagne etait surnommé, à l'instar de son père, le Balafré à la suite d’un coup d'arquebuse, reçu à la joue droite au cours de la bataille de Dormans, contre l'armée de Condé, près de Château-Thierry en 1575. L'année suivante, après que le nouveau roi Henri III eut signé, à Beaulieu, la « paix de Monsieur », le duc de Guise devenait le chef de la Ligue formée par les nobles catholiques, hostiles à tout compromis avec les huguenots. En 1584, la mort de François, duc d'Anjou et frère d'Henri III, qui faisait du protestant Henri de Navarre l'héritier du trône, radicalisa encore la Ligue. En décembre Henri de Guise, inquiet de l'attitude trop conciliante d'Henri III, recevait dans son château de Joinville le commandeur Moreo, envoyé par Philippe II, roi d'Espagne, négocier le traité dit : de Joinville qui disposait que jamais un prince non catholique ne pourrait devenir roi de France. Par ce traité Philippe II, acceptait de verser, à la Ligue, chaque mois la somme considérable de cinq mille écus d'or .

Ses nouvelles victoires, remportées en novembre 1587 sur les protestants allemands, à Auneau et à Vimory, accrurent encore la popularité du duc de Guise, et firent de lui le rival du roi, dont il ne se cachait plus de briguer la succession, au nom d'une hypothétique ascendance carolingienne. Malgré l'interdiction du roi, il fit son entrée à Paris, tandis que la Ligue s'y soulevait en sa faveur.

Le 12 mai 1588, au cours de la journée des Barricades, où il prit une part trés active, le parti catholique offrait la couronne à Henri de Guise qui, par un reste de loyalisme, la refusa et laissa Henri III fuir la capitale. Celui-ci, feignant de se soumettre aux exigences de la Ligue, nomma le Balafré lieutenant général du royaume le 4 août 1588, mais, l'ayant attiré dans un guet-apens à Blois où se tenaient les états généraux il le fit assassiner dans sa propre chambre, par des membres des « Quarantes-cinq », sa garde personelle. La première des réflexions d'Henri III fut celle-ci : " Qu'il est grand, encore plus grand mort que vivant ! ", la seconde à l'adresse de sa mère, qui doutait de ce coup d'éclat : " A présent, je suis roi ". Le corps du duc de Guise fut brûlé dans une des salles du château et ses cendres jetées dans la Loire.

( Alexandre Dumas dresse un formidable portrait du duc de Guise dans son roman la Reine Margot , ou encore dans sa pièce de théatre Henri III et sa cour -à lire ou relire en ligne-).

..................................................................................................................

- CHARLES DE LORRAINE, duc de Mayenne (1554 – 1611). Deuxième fils de François Ier de Guise.

De gauche à droite : Louis II, Cardinal de Lorraine, Henri Ier, 3ième Duc de Guise, dit : le balafré et Charles. Les trois fils de François1er de Guise forment un clan soudé et ambitieux.

Charles fut premier chambellan, gouverneur de Bourgogne et fondateur de la branche de Lorraine Mayenne . Il prit Brouage lors de la sixième guerre de Religion (1577), et enleva La Mure aux protestants du Dauphiné lors de la prise d’armes suivante. Il fut amiral de France jusqu’en 1582, poste qu’il perdit au profit du duc de Joyeuse, l’un des deux « archimignons » d’Henri III. Il succéda à son frère Henri à la tête de la Ligue après l’assassinat de celui-ci (1588), et fit du cardinal de Bourbon son candidat au trône. Il fut vaincu par Henri IV à Arques et à Ivry. Les États généraux, convoqués à Blois, virent le triomphe de la Ligue : le roi renouvela l'édit d'union et les États lui refusèrent tout subside. Les États généraux furent clos en janvier 1589.

Le duc de Mayenne, arriva à Paris en février 1589 et fut nommé lieutenant général du royaume. Paris entra en révolte ouverte contre le roi et mit à sa tête un Conseil des Seize ; la province suivit. Ne restait à Henri III que le Dauphiné, Bordeaux, Angers, Tours, Blois et Beaugency. Mayenne marchant sur Tours, le roi dut s'allier à Henri de Navarre. Bientôt, Paris fut assiégé par les deux souverains. C'est alors qu'un religieux jacobin, Jacques Clément, assassina Henri III : c'était le premier régicide de l'histoire de France. Avec Henri III finit la dynastie de Valois qui gouvernait la France depuis 1328. La couronne passa à son cousin éloigné Henri de Navarre.

En 1591, Charles fit pendre les dirigeants de la Ligue parisienne qui, eux, venaient de faire pendre Barnabé Brisson, premier président du parlement de Paris, scellant ainsi la rupture entre la Ligue nobiliaire et la Ligue urbaine. Il échoua à se faire élire roi par les états généraux qu’il avait convoqué à Paris en 1593. Il fit acte de soumission solennelle à Henri IV en novembre 1596, en échange de 3 580 000 livres et de trois places de sûreté en Bourgogne, dont il perdit le gouvernement. Deux ans après en 1598, l'Edit de Nantes "ménage" le duc de Guise : Suivant l'Édit fait par Sa Majesté pour la réduction du sieur duc de Guise, l'exercice de la religion prétendue réformée ne pourra être fait ni établi dans les villes et faubourgs de Rheims (Reims), Recroy (Rocroi), Saint-Pizié (Dizier), Guyse (Guise), Joinville, et Montcomet ès Ardennes.

..................................................................................................................

- LOUIS II DE LORRAINE , deuxième cardinal de Lorraine (Dampierre, 1555 – Blois, 1588). Troisième fils de François 1er Duc de Guise. Il fut archevêque de Reims, abbé de Saint-Denis et de Fécamp. Alors qu'il y présidait le clergé dans la réunion des états généraux, il fut assassiné le lendemain de son frère Henri, au château de Blois également.

Louis II cardinal de Lorraine et son frère, à sa gauche, Henri Le Balafré chef du parti catholique sont reçus par Henri III le 23 décembre 1588 à Blois. Ils y seront donc tous les deux assassinés, du vivant de Catherine de Médicis.

..................................................................................................................

- CHARLES 1er DE GUISE, quatrième duc de Guise et Prince de Joinville (né à Joinville en 1571, mort en 1640, inhumé à la collégiale Joinville). Fils de Henri Ier de Guise. Il fut arrêté le jour même de l'assassinat de son père. La Ligue songea un temps à le faire élire roi de France. À l’automne 1594, il obtint d’Henri IV le gouvernement de la Provence et près de quatre millions de livres pour prix de son ralliement ; son frère Louis reçut pour sa part les abbayes de Saint-Denis, Ourscamp et Corbie. En 1630, des intrigues l'opposèrent à Richelieu, il fut contraint de se réfugier en Italie où il mourut. Louis XIII accompagné de Richelieu entre dans Joinville en 1639 et se fait remettre les clefs de la ville par le Bailli. Deux ans après, il confisque la Principauté.

Mlle de Guise et son père Charles 1er. L'hôtel des Guise, au 58 rue des Archives dans le Marais, abrite aujourd'hui une partie des Archives Nationales. Les Guise se sont longtemps partagés entre leur hôtel parisien et leur château de Joinville.

..................................................................................................................

- HENRI II DE LORRAINE ET DE NAPLES, cinquième duc de Guise (1614 – 1664, inhumé à la collégiale Joinville) Archevêque de Reims. Fils de Charles Ier et frère de Marie de Lorraine dite : Mlle de Guise.

Henri II tenta vainement de disputer le trône de Naples à Philippe IV d'Espagne. Un temps impliqué dans la Fronde, il fut grand chambellan de Louis XIV. Pour avoir comploté contre Richelieu, il fut condamné à avoir la tête tranchée et ses biens confisqués en 1641. Il s'exile dans les Flandres, grâcié, il revient en France en 1643. Il obtient avec sa mère Henriette Catherine de Joyeuse la même année la rétrocession de la Principauté de Joinville. Il meurt sans descendance à Paris et sera inhumé à la collégiale de Joinville.

Etait-ce le célèbre Masque de Fer ? Le mystère reste entier. Pour beaucoup de spécialistes, Henri II duc de guise fait effectivement partie de la longue liste des prisonniers potentiels. 1664 ne serait pas, dans cette hypothèse, la date de la mort du beau Prince de Joinville mais celle de son incarcération. Pour l'historien Camille Bartoli , le duc de Guise à cause de son succès auprès des femmes demeure la "piste" la plus plausible comme il a essayé de le démontrer dans une étude publiée en 1977.

..................................................................................................................

- LOUIS DE LORRAINE (1622 - 1654, inhumé à la collégiale Joinville) est chevalier de Guise puis duc de Joyeuse. Il est le fils de Charles 1er donc le frère de Mlle de Guise. Il épouse Françoise-Marie de Valois avec qui il a un fils, Louis-Joseph qui suit.

- LOUIS-JOSEPH DE LORRAINE (1650-1671, inhumé à la collégiale Joinville), sixième duc de Guise, duc d'Angoulème et de Joyeuse, épouse Elisabeth d'Orléans dite : Madame de Guise qui n'est autre que la fille de Marguerite de Lorraine et de Gaston de France, duc d'Orléans, fils d'Henri IV et de Catherine de Médicis et frère de Louis XIII. En 1675, leur fils FRANCOIS-JOSEPH DE LORRAINE, septième duc de Guise et Prince de Joinville, meurt à l'âge de 5 ans de la petite vérole. Il est inhumé à la collégiale Joinville.

..................................................................................................................

- MARIE DE LORRAINE (1615 - 1688) est Mademoiselle de Guise, fille de Charles 1er de Guise, huitième duchesse de Guise, Princesse de Joinville, Sénéchale héréditaire de Champagne, (un titre que portait déjà Jehan sire de Joinville, il y a 450 ans). A la mort du petit François-Joseph, c'est elle qui hérite de Guise et de Joinville. Elle dispose, alors, d'une fortune considérable (Voir Gaignières , gouverneur de Joinville). Mademoiselle de Guise adore la musique et a à cœur d'entretenir dans son hôtel un ensemble de musiciens et de chanteurs auxquels Marc-Antoine Charpentier ne dédaigne pas se joindre. (Un site consacré à M-A Charpentier à visiter absolument).

La lignée des Guise s'achève avec elle, puisqu'elle meurt sans laisser de descendance. Marie de Lorraine légue par testament Guise et Joinville à un cousin éloigné, Charles de Stainville comte de Couvonge. Mais un an aprés son décés, le Parlement de Paris annule l'acte au profit d'Anne Henriette Julie de Bavière, arrière petite-fille de Charles de Lorraine duc de Mayenne, sa plus proche parente. Anne Henriette est la femme d'Henri III Jules de Bourbon, Prince de Condé. Le duché de Guise passe alors aux mains des Condé, un comble lorsque l'on sait la haine que vouait à ces huguenots, le papiste François 1er de Lorraine, 1er Prince de Joinville et 2ième Duc de Guise. Le château de Joinville et 2/3 de la Principauté reviennent, eux, à la "Grande Mademoiselle" dont la grand-mère, Catherine-Henriette de Joyeuse, est la mère de Mademoiselle de Guise.

..................................................................................................................

- ANNE-MARIE D'ORLEANS (1629 - 1693) duchesse de Montpensier, dite : la Grande Mademoiselle a pour père Gaston d'Orléans et pour mère Marie de Bourbon, la fille de Catherine-Henriette de Joyeuses et d'henri de bourbon, duc de Montpensier.

Richissime héritière de sa mère et de Mademoiselle de Guise dont elle est la demi-nièce. La Grande Mademoiselle se marie enfin, en 1670, avec le Duc de Lauzun (ils n'auront pas d'enfant). Elle décéde en 1693 et transmet Joinville à son cousin, issu de germain, Philippe de France, dit : Philippe I d'Orléans (1640-1701). Second fils du Roi Louis XIII, frère cadet de Louis XIV, le Duc d'Orléans devient donc Prince de Joinville.

..................................................................................................................

En 1704, le duché-pairie de Guise fait l'objet d'une nouvelle érection au profit d'Henri III Jules de Bourbon (1643-1709) Duc d'Enghien, Prince de Condé, duc de Châteauroux, duc de Montmorency, et donc 1er duc de Guise, nouvelle érection. Son épouse Anne Henriette Julie de Bavière devient, elle, la 1ière duchesse de Guise. Se succèdent ensuite : Louis III de Bourbon, 2ième duc de Guise (1668-1710) - Louis Henri de Bourbon, 3ième duc de Guise (1692-1740) - Louis Joseph de Bourbon, 4ième duc de Guise (1736-1818) et enfin Louis Henri Joseph de Bourbon, 5ième duc de Guise (1756-1830).

A la Révolution de 1789, le domaine de Joinville appartient à PHILIPPE-EGALITE, duc d'Orléans époux de Louise duchesse de Penthièvre, d'Aumal et de Châteauvillain. Il vend alors le château, laissé à l'abandon.

A partir de 1832, après l'extinction de la Maison de Bourbon-Condé, les Bourbon-Orléans, l'actuelle famille royale de France, utilisent les titres de Duc de Guise et Prince de Joinville , comme titres de courtoisie

Le fils de Philippe-Egalité, LOUIS-PHILIPPE, duc d'Orléans devient roi des Français. Les titres de Prince de Joinville, duc de Châteauvillain sont alors attribués à son 3ième fils, FRANCOIS-FERDINAND.

Pour découvrir la suite, cliquez sur la flèche.

En 1991, Micaela Cousiño y Quiñones de León , épouse d'Henri d'Orléans comte de Paris, reçoit le titre de courtoisie de « Princesse de Joinville ». A l'invitation du Maire de Joinville, elle visite la ville et le château du Grand Jardin bâti par Claude de Lorraine.

Recherches et compilations historiques Yves RENAUD

..................................................................................................................

English Version :

-The Guise - Claude de Lorraine, First duke of Guise

- Wars of religion - Duke of Guise - House of Guise