Biographie et philosophie, l'accouplement idéal : le plaisir en mémoire, ceux qu'on appelle communément les épicuriens...
dimanche 30 octobre 2005 :: A propos du mot "Epicurien", en regard des plaisirs subtils de la vie et de la voluptée... :: Alerter la modération
Car je vis également mon métier de biographe comme un besoin nécessaire de réfléchir sur le sens des choses. Probablement on me traitera de pédante et qu'importe. M'insupporte cette néfaste manie faisant qu'actuellement on accommode les épicuriens à toutes sauces. La plupart du temps sans connaître le sens réel de la pensée du philosophe grec. C'est désespérant de voir à quel point le sens des mots vise à se dégrader...
Ce qu'on désigne communément communément comme "Epicurien", de manière grandement galvaudée, totalement dénaturée et corrompue, idée caricaturale qui veut faire passer qu'il s'agirait là de la qualité de quelqu'un sachant goûter les plaisirs sensuels de la vie en fin connaisseur, voluptueusement et avec gourmandise, n'a rien à voir avec la substance véritable de la philosophie d'Epicure. Sa conception du plaisir est d'un tout autre ordre : Les fondements de la pensée d'Epicure 341-270 av. J.-C.) : Selon Epicure, les plaisirs intellectuels sont préférables aux délectations sensuelles qui tendent à perturber la paix de l'esprit. S'il sont fondés sur la quête du bonheur conformément à sa pensée, les plaisirs de la cérébralité sont le bien suprême et le but principal dans la vie. La maîtrise des sens, pivot de sa philosophie, est non pas basée sur l'Art de la jouissance, comme le serait par exemple celle du médecin et philosophe Julien Offoy de la Mettrie avec "l'Art de Jouir"), mais sur la discipline des passions. Fondée également sur l'absence de souffrance pour le corps et en regard de l'ataraxie (l'absence de "trouble" pour l'âme), sur les contentements naturels et nécessaires. Cet enseignement élevé a généré l'une des grandes incompréhensions de notre époque et plus encore dans le langage courant. Navrante confusion, par l'amalgame parfois aussi avec l'Hédonisme. Association venant certainement de l'antiquité où on l'assimila avec les visions sommairement sensuelles prônées par les Cyrénaïques. L'idéologie hédoniste faisant de la volupté l'aboutissement privilégié et unique d'une existence entière. L'Epicurisme est la morale d'un plaisir calculé, réfléchi : fondée sur une évaluation assez rigoureuse du bien espéré. Et aboutissant paradoxalement à une forme d'ascétisme qui ne doit jamais se transformer en son contraire : la douleur. Donc, elle est une discipline impérative des passions. En quête de la quiétude de l'âme Epicure développa une éthique de la juste satisfaction des biens spirituels et matériels. Pour lui la notion de plaisir est "en un repos". Il y voit presque un repos éternel comparable à la mort. Le sentiment de bien-être d'un homme qui n'a pas soif et ne boit pas. Plaisir qui n'a rien à voir avec la sensualité non plus : pour lui, et là, nous le savons tous, la chair va à l'infini, le risque est à perpétuée que le désir insatiable ne mêle la douleur de l'insatisfaction permanente à des assouvissements toujours morcelés. D'où, à son sens, l'intérêt d'approfondir, de canaliser, de comprendre et de se distancer, ce qui donne toute une dimension. Epicure philosophe austère : sa sobriété de meurs s'accordait du reste peu avec sa doctrine, n'accordant de crédit qu'à la sensation, non-pas à la sensualité. Toutefois il ne réduit pas pour autant toute connaissance à la sensation. Faisant d'elle le support de toute expérience, il ne voit que le contact direct existentiel. Point de salut pour lui hors le domaine pratique et individuel. Il se méfie du discours universel. L'épicurisme étant aussi une philosophie du matériel avant tout, selon la philosophie qu'il enseignait, la recherche du plaisir oui, mais uniquement par la maîtrise de soi, par la modération et le détachement. Épicure enseigne que le vrai bonheur réside dans la sérénité, résultante de la délivrance de la peur, (à savoir à l'époque, de la crainte des dieux, de la mort et de la vie après la mort). Le dessein ultime de toute la pensée d'Epicure sur la nature est de délivrer l'homme de telles craintes.

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1. Le samedi 12 novembre 2005 à 15:12, par Desmotspourledire
2. Le samedi 12 novembre 2005 à 14:54, par jimmy
3. Le dimanche 30 octobre 2005 à 20:19, par archivista :: site