Par Thomas Clément

Pour la première fois, un éditeur, Robert Laffont, décide de publier un blog sous forme de livre en papier : Le blog de Max. Hasard ou coïncidence, ce même éditeur propose également un coffret en trois volumes : Le journal de Jules et Edmond de Goncourt, deux célèbres bloggeurs du XIXème siècle qui ont donné leur nom à un prix littéraire très couru.
Mais revenons au blog de Max. Cadre dans un grand groupe, Max s’ennuie. Comme beaucoup de salariés, il ne semble plus du tout motivé par son travail. Alternant humour cynique et blagues de potaches, Max décrit ses collègues sans complaisance, qu’ils soient soumis, démissionnaires, stagiaires mignonnes, moutons ou rebelles, et nous livre au jour le jour son petit guide de la survie en entreprise.

Morceau choisi : Un élevage de mollets, voilà ce que nous sommes. Pas le mollet fermier coriace à souhait. Non. Celui produit en batterie sous les bureaux, turgescent à mort, prêt à vous péter à la gueule et que l’on solde directement à la douzaine en tête de gondole. J’imagine l’avalanche de barquettes, les chairs écrasées sous film plastique et l’inévitable label rouge fluo « 100% » tertiaire.

Ce roman serait en fait une adaptation puisque d’après l’auteur, le texte a été entièrement réécrit pour le format livre.

Alors, est-ce juste un coup d’éditeur ? (on surfe sur le succès du blog pour assurer les invitations TV et donc les ventes du livre)

Pensez-vous au contraire que les blogs, au même titre que la Comédie humaine de Balzac ou l’oeuvre d’un Houellebecq, constituent des témoignages essentiels de notre époque ?

Pensez-vous que de nombreux autres blogs devraient être eux aussi publiés ?

Iriez acheter en livre un texte que vous avez déjà lu en blog ?