(L'enfer des sables)

(Livre : L'ENFER D'INAL, mauritanie l'horreur des camps....)
"Le livre de Mahamadou SY a ceci de singulier que le récit circonstancié des faits qu'il relate en ralentit d'entrée de jeu la lecture. Non pas que le précieux témoignage oculaire de SY, rescapé miraculé d'un camp d'extermination de «Négro-Mauritaniens», ne vaille pas la peine d’être lu. C'est que les actes de barbarie décrits, à nuls autres pareils, ont trop mauvaise haleine pour tenir en haleine la curiosité du lecteur qui, au bout de quelques pages, est bien obligé, sinon d'arrêter définitivement sa lecture, du moins de la suspendre : une réaction naturelle à la lecture de faits qui relèvent du MAL ABSOLU, que seule est capable de commettre la plus basse extraction humaine. En l'Homme cohabitent, en effet, de manière antithétique LA SUBLIME VERTU et le PLUS IGNOBLE VICE :
«Très certainement, Nous avons créé l'homme en la plus belle stature. Ensuite, Nous l'avons renvoyé au plus bas des bas», souligne le coran.
«laqad khalaqnâ al-insâna fî ahsani taqwîmine soumma radadnâhou asfala sâfilîna», (sourate : at-tîni ; versets : 3 et 4).
Ce qui donne des sueurs froides au lecteur et le révulse, c'est autant l'outrance de bourreaux illuminés et obnubilés par leur religion haineuse qu'un certain outrage à l'HUMANITE : déshumanisation des prisonniers que la féroce bestialité des tortionnaires désigne comme des victimes expiatoires d'un massacre justifié au nom d'une certaine mystique ethnique et nationaliste de «l'hominis arabis» ; déshumanisation des bourreaux eux-mêmes, abêtis et avilis par leur haine irrémissible et dégradante.
Il ne s'agit pourtant pas d'une oeuvre de fiction dans la veine des «cercles infernaux» dantesques, où le sadisme le dispute à la cruauté. Encore que les hôtes de Pluton (Dieu des enfers) chez Dante sont châtiés après leur mort et pour leurs péchés dans l'ici-bas. Ce dont se fait du reste l'écho le coran : «Puis, ce jour-là, on ne manquera à personne. Et vous ne serez payés que de ce que vous oeuvriez»
«fal yawma lâ touzlamou nafsoune chay'ane fa lâ toujzawna illâ mâ kountoume ta 'maloûna» (sourate 36, yâssîne; verset : 54).
Il ne s'agit pas non plus d'un récit de la « Jâhiliyya ﻟﺠﺎﻫﻟﻴﺔ ﺍ », l’époque anté-islamique considérée avec dédain par les musulmans. Encore qu'à cette époque, l'éthique chevaleresque du Bédouin de l'Arabie reposait sur le «mouroû'a ﻤﺮﻮﺀﺓ» (sens de l’honneur ; virilité) qui exclut tout acte de lâcheté, le «hilm ﺣﻟﻡ » (maîtrise de soi ; mansuétude) qui exclut toute infamie et le «zarf ﻇﺮﻒ » (Courtoisie ; finesse d’esprit), qui est aux antipodes de la sauvagerie des bourreaux que nous décrit Mahamadou SY.
Il ne s'agit rien de plus que de notre Mauritanie contemporaine régentée par une engeance infecte...
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